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Déflation : ces « remèdes » de la zone euro qui accentuent le mal

La semaine dernière, les dernières statistiques ont fait état d'une nouvelle baisse de l'inflation dans la zone euro, qui tombe au niveau historiquement faible de 0,3%. Nul doute que les historiens seront sévères avec des dirigeants qui accentuent le mal par leurs "remèdes".

Le danger de la déflation se précise
 
En effet, sur le fond, rien ne justifie cette baisse continue de l'inflation, passée de 1,3 à 0,3% en seulement un an. Il n'y a eu ni effondrement du prix des matières premières, ni effondrement économique, comme lors de la grande crise financière de 2008. C'est pour cela que la baisse des prix est encore plus inquiétante. Elle semble refléter une tendance de fond des économies de la zone euro, dont la moyenne cache des situations différentes, puisque les prix baissent déjà dans quelques pays, au premier rang desquels la Grèce et l'Espagne. Et la déflation est un grand danger pour la majorité, à plusieurs titres, même si elle peut parfois profiter aux plus riches si la valorisation des actifs ne baisse pas davantage.
 
D'abord, la baisse des prix ou une hausse trop faible a tendance à avoir un effet négatif sur l'activité puisqu'elle pousse à reporter les achats dans la mesure où les prix sont susceptibles de baisser, comme on a pu le voir au Japon. Cette moindre croissance pèse sur l'emploi, mais aussi la dette, doublement, puisque tant la hausse de l'activité et celle des prix contribuent à en alléger le poids, qui, ici, a tendance à rester toujours aussi lourd, quand ellle n'augmente pas en proportion du PIB dans les exemples extrêmes de déflation comme en Grèce (où le PIB a reculé de plus de 20%, ce qui revient à une augmentation de 25% du poids de la dette), ou, dans une moindre mesure, en Espagne.
 
Des solutions ubuesques

Face à ce risque de déflation, trois politiques sont menées aujourd'hui en Europe : un léger assouplissement de la politique monétaire, la réduction des déficits publics et la baisse du prix du travail. Si je suis favorable à des politiques monétaires expansionnistes en cas de crise ainsi qu'à la monétisation de la dette publique, en revanche, les politiques monétaires expansionnistes sont à double tranchant, comme on l'a vu dans les années 2000, suite à l'éclatement de la bulle Internet. L'argent ainsi injecté dans le circuit économique, s'il n'est pas mieux dirigé, comme on le voit en Europe avec les programmes de la BCE, peut ignorer l'économie réelle et ne se diriger que vers la finance, nourrissant une bulle classique qui accroit encore davantage les inégalités et accentue les déséquilibres de nos économies.

Pire, la baisse des déficits publics et celle du prix du travail contribuent, elles, à amplifier la déflation, comme dans la zone euro. Ce n'est pas pour rien que les prix baissent à Athènes et Madrid : c'est parce que les dirigeants de ces pays réduisent à marche forcée les déficits et ont baissé les salaires, ce qui pousse les prix vers le bas. Il y a quelque chose d'effarant à voir les dirigeants européens dénoncer les risques de déflation et mener des politiques ouvertement déflationnistes (le pacte de responsabilité de François Hollande n'en étant qu'une version un peu moins extrême). Encore plus effarant, ces dirigeants demandent un cocktail explosif où l'assouplissement monétaire serait sensé compenser l'austérité budgétaire et salarial, mais un tel shéma rend l'économie à la fois plus instable et inégale...

Oui, il y a un vrai risque déflationniste. La monnaie unique joue un rôle majeur ici car la baisse des salaires se substitue à la dévaluation, même si elle est bien plus douloureuse. Mais en demandant à la BCE d'agir, les dirigeants ne demandent qu'un euphorisant temporaire, dont les conséquences sont loin d'être anodines, sans corriger les vices fondamentaux du système délétère qu'ils ont construit.


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5 réactions à cet article    


  • caillou40 caillou40 7 septembre 2014 08:18

    Il y a six mois j’avais dit que l’UE allait imploser....ben c’est pour très bientôt.. !


    • caillou40 caillou40 7 septembre 2014 14:09
      Déflation...ça m’arrive d’en avoir après avoir mangé des flageolets...mais ça passe...Allez..bon vent.. !

    • ecolittoral ecolittoral 7 septembre 2014 10:30

      « En effet, sur le fond, rien ne justifie cette baisse continue de l’inflation... »

      Vous plaisantez ?

      Et les 200, 300 % d’augmentation des prix depuis la disparition des monnaies nationales ?

      Les salaires qui n’augmentent pas ou qui disparaissent ?

      On achète quand on en a les moyens. On vend comme on peut et quelques fois à prix coutants ou, dans le pire des cas, à perte.

      En effet, sur le fond, c’est ce qui justifie cette baisse continue de l’inflation.

      Une monnaie trop chère (l’euro) ne permet pas l’échange.

      Elle paralyse le commerce et les productions ; comme elle condamne les revenus à baisser.

      L’inflation est un luxe de riche.


      • lechoux 8 septembre 2014 13:54

        Bonjour,

        Tout à fait d’accord. La période actuelle est le recalage de l’économie vis à vis du pouvoir d’achat de la population active, population qui s’est amoindrie avec la crise.

         Les dépenses publiques à crédit et la concentration des dépenses sur une économie à la mode ont caché la situation catastrophique de notre économie jusqu’à présent, cette économie à la mode ayant pour fournisseurs des entreprises étrangères.

        Qui s’est inquiété de la disparition à grande échelle d’entreprises de plus de 500 salariés ?

        C’est par l’inflation et le figeage des salaires que nous nous sommes fait voler notre pouvoir d’achat et nos économies.

        Imaginez que les salaires aient suivi l’inflation : un smic à 4500 € !!!

        Une déflation ?? La belle affaire pour les rentiers !


      • zygzornifle zygzornifle 7 septembre 2014 12:59

        Normal que le remède accentue la mal car il est pris par ces mêmes politiques incapables qui ont saccagés leur pays respectif ....

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