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Accueil du site > Actualités > Economie > Démocratiser la monnaie

Démocratiser la monnaie

Les réponses pour changer la donne actuelle doivent aller dans le sens opposé à la tendance actuelle : concentration, uniformisation et spécialisation. Féru d’efficacité et de rentabilité, « homo-economicus » concentre, fusionne, agrège. C’est ainsi que collusion, oligopoles et accords tacites prennent bien plus le pas sur la prétendue « concurrence libre et non faussée »[1].

Diversification et relocalisation se feront au détriment de la rentabilité occidentale unilatérale. Elles se feront au détriment de la sacro-sainte croissance mais elles seront salutaires. Elles s’inscrivent dans le vaste et difficile programme d’émancipation de l’homme. Graines de consciences, elles sont à la base du 5ème « pouvoir ». Un pouvoir exercé par tous et pour tous. Indicible et transcendantal, Internet est aujourd’hui son média, une certaine conscience universelle est sa voie. Cela tout en nuance, humblement et par tâtonnement puisque bien et mal sont abstrait et que l’un n’existerait pas sans l’autre.

Résilience vs Efficacité

Comme le démontre Bernard LIETAER s’inspirant des travaux de Robert ULANOWICZ sur l’étude des écosystèmes et leur résilience[1], un système est d’autant plus stable et durable qu’il respecte un parfait équilibre entre diversité et efficacité. Une affirmation basée sur l’étude des écosystèmes mais qui est généralisable à tout type de système : énergétique, biologique, mécanique, économique ou monétaire. Depuis plus de 30 ans dans les systèmes monétaires, Bernard LIETAER recommande donc la mise en place d’un panel de monnaies complémentaires[2] pour éviter le risque de concentration et pour une efficacité maximale. Bernard dit des monnaies conventionnelles qu’elles sont beaucoup trop Yang (masculines) et qu’il faudrait des monnaies plus Ying (féminines) pour contrecarrer cette indéfectible tendance machiste d’efficacité et de domination du monde. Efficacité toute relative selon le point de vue : Nord-Sud, Occident-Orient, Masculin-Féminin, Tradition-Modernité. Bernard LIETAER et Patrick VIVERET sont à l’origine du SOL, une expérimentation de monnaie complémentaire financée entre autre par l’Union Européenne. Présent déjà dans 8 régions françaises, le projet SOL a débuté en 2005. Avec la crise, il fait de plus en plus d’émules… Qu’attendent les médias et eurocrates pour en parler avec autant de verve et passion que le port du voile, la pratique du foot ou les excentricités du monde people ?

Vidéo Bernard LIETAER : http://www.youtube.com/watch?v=wp-zShLcsTE

Politique vs Economique

Si le politique ne se réapproprie pas la monnaie, il restera toujours la chose de l’économique ou, plus précisément, des marchés et des grands détenteurs de capitaux. Car il ne faut pas confondre économie et capitalisme ! L’économie de (ou avec) marché n’est pas indissociable du capitalisme. C’est ce que la pensée néolibérale dominante essaye de nous bourrer dans le crâne. « Ceux qui veulent confondre économie de marché et capitalisme sont ceux qui trouvent évident (le plus souvent sans même y avoir réfléchi) que la terre, la monnaie et le travail sont des marchandises qui peuvent donner lieu à des transactions marchandes » nous dit Christian ARNSPERGER sur son blog[3]. Le troc, le don et le contre don ou les échanges en coquillages, plumes ou cigarettes n’impliquent pas forcément accumulation du capital.

La monnaie, vecteur d’échange, ne peut en aucun cas être au service de ses plus grands détenteurs au détriment du bien commun. L’intérêt monétaire n’est-il pas une forme d’impôt obligatoire du créancier (privé) sur le débiteur ? Selon une étude réalisée en Allemagne, l’ensemble des prix hors taxe des biens et services échangés sur le marché sont en moyenne majoré de 30 à 40% d’intérêts à rembourser aux créanciers, aux détenteurs de capitaux[4]. Si la monnaie était publique, les Etats n’auraient pas à s’endetter auprès des banques. Les Etats n’auraient pas à se financer par l’impôt aux contribuables (public) pour rembourser des intérêts aux capitalistes (privé)[5]. La monnaie doit être publique et démocratique (gérée par tous et pour tous) par essence.

Main visible ou invisible ?

Quant à savoir s’il faut confier la monnaie à des banquiers mandatés par une caste avide de profits ou des politiques avides de pouvoir, AJ HOLBECQ et P DERUDDER répondent en page 38 de leur livre Les 10 plus gros mensonges sur l’économie : « Il semble bien que dans ce cas, ce soit bonnet blanc et blanc bonnet. Mais il n’en demeure pas moins que l’argent, doit être considéré comme le sang du corps de l’humanité dont la gouvernance ne doit relever que de la tête et non de l’un de ses organes. Le destin des peuples devrait être conditionné par ses choix politiques, au sens noble du terme, et non dicté par le commerce ou la finance. La question ne devrait même pas se poser ! Pourtant, c’est bien ce dernier cas de figure qui préside actuellement, de sorte que la marge de manœuvre de nos gouvernements est restreinte à ce que leur autorisent ceux qui tiennent les cordons de la bourse. »[6]

L’insidieuse crainte ploutocrate du risque de défaillance du politique pourrait trouver réponse dans la proposition de réforme monétaire de James ROBERTSON consistant à faire du pouvoir monétaire la quatrième branche de séparation des pouvoirs - fondement de l’Etat de droit - aux côtés de l’exécutif, du législatif et du judiciaire[7].

Par le Haut ou par le Bas ?

Pour « dé-concentrer » ou démocratiser la monnaie il existe deux voies possibles : par le haut, la voie institutionnelle et politique ; ou par le bas, la voie citoyenne et engagée. Comme le précise Bernard LIETAER, rien n’empêche d’emprunter les deux voies en même temps. Le cas du SOL comme voie de sortie par le haut est un bon exemple mais celui de la Grèce prouve que l’Europe reste prisonnière de ses dogmes et de son traité de ploutocratie[8]. L’explosion de Système d’Echanges Locaux (SEL), sorte de troc moderne multilatéral grâce à un système comptable, un peu partout en Europe est un bon exemple de voie de sortie par le bas. Un autre exemple qui fera probablement partie de notre quotidien d’ici peu est l’arrivée des monnaies libres ou open money promues par Jean-François NOUBEL et Michael LINTON[9]. Grace à Internet, tout un chacun pourrait être en mesure de créer sa propre monnaie pour réaliser tel ou tel échange selon telle ou telle modalité, convention, conception.

Vidéo Jean-François NOUBEL : http://thetransitioner.webnode.com/francais/

Ce foisonnement d’initiatives monétaires, n’est-il pas un gage de démocratie ? Il n’y a pas si longtemps, nous prenions pour fou ceux qui disaient que bientôt tout le monde serait en mesure de publier quelque chose qui serait lu par des milliers de gens. Aujourd’hui, les blogs, sites personnels, réseaux d’échanges et de communication sont légions. Bien-sûr ils sont souvent inféodés au pouvoir de l’argent comme le démontrait l’article sur la concentration des médias traditionnels mais il n’en reste pas moins qu’Internet est aujourd’hui la seule source d’information qui permette un semblant de transparence démocratique.

Démocratiser la monnaie

Ainsi l’avènement des monnaies libres permettrait de s’affranchir de la chape monétaire ploutocrate (Euro, Yuan, Dollar, Rouble). Les monnaies libres type NOUBEL[10] et les monnaies régionales type LIETAER[11] sont en quelque sorte, un pari démocratique[12]. Selon l’esprit et l’organisation des personnes qui supportent ces monnaies, certaines disparaitront, d’autres prendront de l’ampleur. Si l’esprit est le profit, on tendra vers un système type « capitaliste », si l’esprit est l’éthique, le durable, le souci des autres et du prochain, on tendra vers un système qui se voudra plus distributif et égalitaire. Le problème actuel c’est que le système et les règles en vigueur ne permettent aucune marge de manœuvre. Comme le dit Jean-François NOUBEL, « si vous faites jouer les 10 plus grands sage de la planète au Monopoly, il y aura toujours un gagnant et un perdant ».

L’option de sortie par le bas à la LIETAER – NOUBEL n’a rien de farfelu puisqu’en Suisse une monnaie business appelée WIR existe depuis 1934, en Allemagne le Chiemgauer existe depuis 2003 et bien d’autres monnaies régionales prennent cours. En Suède, la banque JAK existe depuis 1970, elle prête de l’argent en réclamant des intérêts nuls ou dérisoires. Constatons que deux de ces initiatives les plus souvent citées (WIR et JAK) sont nées dans deux pays qui ne font pas partie de la zone Euro. Au Royaume-Uni le parti travailliste projette la création d’une véritable banque postale à l’image de la KiwiBank en Nouvelle Zélande[13]. En Belgique, certains proposent la création d’une FritiBank également à l’image de la KiwiBank. En Italie il y a le SCEC et la banca del tempo. Un peu partout en Europe et ailleurs il y a les SEL (Système d’Echange Local) ou LETS (Local Exchange and Trade System), etc. etc. Bref, de plus en plus de monnaies alternatives qui tentent de combler les défaillances du système officiel dominant : chômage, crise, inflation, spéculation, concentration.

De par le monde, il y aurait pas moins de 5000 expériences de monnaies alternatives / plurielles / locales / régionales / complémentaires / sociales : le Saber au Brésil, le Trueque en Argentine, l’Ithaca-Hours aux Etats-Unis, les LETS au Canada et les WAT, Fureai Kippu, Dandan, Yufu au Japon. Le Japon est le maître incontesté en la matière puisqu’il connait la crise depuis 1990. Voir aussi la carte mondiale des Systèmes d’Echange Locaux.

Pour illustrer l’importance et la force de ces initiatives, voici une brève explication du Fureai Kippu au Japon. « Au Japon les "Fureai Kippu" apportent un début de réponse à la crise du vieillissement démographique. Leur principe ? Un jeune fait des courses, prépare la cuisine et fait prendre son bain à une personne âgée à la motricité réduite. Pour ce service, ce jeune perçoit des "tickets de soin" ou Fureai Kippu, qu’il dépose sur un compte. S’il tombe malade, il peut utiliser ces tickets pour payer une aide à domicile. Il peut aussi faire un transfert électronique sur le compte de sa mère, à l’autre bout du pays, afin que celle-ci puisse s’offrir une aide à domicile. L’intérêt : les personnes âgées peuvent demeurer chez elles, plutôt que vivre dans des maisons de retraite déprimantes et qui plombent les finances publiques »[14]

Les 3 grandes caractéristiques des monnaies sociales[15]

Ces monnaies alternatives, se distinguent des monnaies officielles par 3 principales caractéristiques.

1) Elles sont ancrées dans le local de manière à privilégier les transactions locales et l’usage local de revenus tirés d’une production ou d’un service local. La monnaie est ainsi représentative d’un terroir, d’une communauté, d’une spécificité territoriale ou communautaire. Ainsi ancrée, elle est aussi un gage de transparence et d’investissement démocratique. Chaque membre de la communauté est potentiellement responsable de la monnaie et de son usage. Il en est responsable dans son fonctionnement interne et dans ses applications externes. Ces monnaies sont donc un formidable outil d’expérimentation démocratique par une forme d’obligation communautaire d’investissement et de responsabilité vis-à-vis de la société civile.

2) L’objectif premier est de dynamiser les échanges. Elles refusent l’accumulation fondement du capitalisme et de nos pulsions les plus profondes. Elles sont donc intrinsèquement conçues pour empêcher la thésaurisation, la concentration ou la conservation de richesses. L’argent n’est donc plus rémunéré quand on le stocke mais il perd de sa valeur. C’est la cas des monnaies fondantes remise au goût du jour par Silvio Gessel[16] et que nous aborderons un peu plus bas.

3) Elles cherchent à transformer les pratiques et représentations de l’échange. C’est en cela que ces monnaies méritent bien plus le nom de monnaies sociales que tout autre nom. Ces monnaies sociales affectent en effet le statut des échangistes et la relation entre eux. Elles affectent aussi les règles marchandes. Pour le statut, le concept clé à retenir est celui de « prosommateur » ou l’individu, à la fois producteur et consommateur, est responsabilisé et peut valoriser une certaine vocation escamotée par le statut de salarié. La relation entre échangistes cherche à aller au-delà du vulgaire calcul propre à l’échange. La monnaie se veut ici promotrice de liens interpersonnels, de contacts. Concernant les règles marchandes il y a volonté de s’éloigner de la stricte logique marchande en tentant par exemple des modalités de fixation des prix dépourvues du principe d’économie d’échelle, des avantages comparatifs et d’agrégation (effet Pareto).

Une monnaie non marchande

Pour que la monnaie reste socialement admise comme norme extérieure, elle ne pourra également jamais être considérée comme un bien marchand[17]. Seul un système purement comptable de crédit mutuel dans lequel le solde global des comptes des adhérents est toujours nul permet d’éviter la marchandisation de l’argent. Dans le cas des SEL ou de tout système fondé sur une comptabilité pure, seul l’échange provoque un flux comptable d’un compte vers un autre (compte crédité quand on « donne », débité quand on « reçoit »). Il n’y a pas d’intérêts, crédit et débit vont de pair, ils sont gratuits et automatiques dès qu’il y a échange. La monnaie ne préexiste donc pas à l’échange mais lui est consubstantielle (inséparable)16. Inflation et accumulation capitaliste de richesses (argent qui travaille à notre place) sont étrangères à ce type de fonctionnement. Ce système de comptabilité pure n’est-il pas un bon catalyseur d’égalité, de partage et de démocratie ? Avec les progrès des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) rien - hormis la force du pouvoir en place, la peur et l’endoctrinement monétaire - ne s’oppose à la mise en place d’un tel système comptable à échelle locale, régionale ou même nationale et internationale. Le seul argument réfractaire recevable serait celui des contraintes matérielles ou éthiques. Existe-t-il suffisamment de ressources et d’énergies pour étendre l’usage des TIC au monde entier ? Cette volonté ne serait-elle pas l’exemple paroxystique d’un orgueil totalitaire technoscientifique à la mode occidentale ? Enfin, rien ne garantit les possibles dérives dans le domaine technologique. Sans réel travail personnel d’autocritique et technique de contrôle communautaire, un petit malin pourra toujours trouver le moyen de s’allouer du crédit sans débit chez un tiers au nez et à la barbe de la communauté… C’est justement ici que se situe tout l’enjeu des monnaies sociales : trouver des techniques d’autocontrôle, de transparence et de gouvernance tournante de manière à permettre l’expression saine et harmonieuse du principe démocratique. Les monnaies (re)trouveraient alors leur titre de noblesse en (ré)intégrant la sphère démocratique[18].

Une monnaie fondante

Si la monnaie est matériellement émise, le remède actuellement connu pour contrecarrer l’inhérent effet Pareto est celui des monnaies fondantes. Partant du principe que l’argent doit circuler plutôt qu’être stocké, Silvio GESSEL inverse la vapeur en proposant la suppression de la rémunération de l’argent immobilisé et la mise en place d’une taxe à la circulation. Il s’agit en quelque sorte d’un intérêt négatif. Cet intérêt négatif prend la forme de timbres payant (taxe à la circulation) à apposer régulièrement au verso des billets pour éviter qu’ils ne perdent leur valeur. Comme une sorte de chaise musicale, tout le monde fait tourner le billet aussi vite que possible en espérant que la musique (le temps qui passe) ne s’arrête pas (fin du mois par exemple) au moment où l’on s’en sert. Sans quoi, la personne détentrice du billet se verra dans l’obligation de payer la taxe en y apposant un timbre dont la valeur peut osciller entre 2 et 5% de la valeur du billet.

Une fois un billet taxé un certain nombre de fois (12 fois après 1 an si taxation mensuelle) il est alors retiré de la circulation et d’autres billets sont alors émis au prorata des besoins économiques parfaitement quantifiable par une comptabilité régionale ou nationale.

L’argent stocké en bon père de famille en vue d’un investissement futur ne sera pas frappé d’un intérêt négatif mais ne sera pas rémunéré non plus comme c’est le cas aujourd’hui. La somme restera figée et pourra éventuellement perdre un peu de sa valeur suite à une inflation « naturelle » - pression démographique, raréfaction des ressources, offre peu réactive (de plus en plus rare de nos jours sauf dans le cas de l’immobilier par exemple) - et pas une inflation gonflée artificiellement par l’exigence de rentabilité sur capital. Il faut en effet rappeler que l’intérêt bancaire consomme chaque année près de 40% du PIB national. Cette ponction annelle contribue largement à l’inflation au seul bénéfice des capitalistes, des rentiers, des détenteurs de fonds.

Ceci dit, une érosion lente de ce à quoi nous attachons de la valeur n’est-il pas dans l’ordre des choses ? Même les pyramides, les grandes œuvres d’art ou l’or se dégradent dans le temps, alors pourquoi pas la monnaie, vecteur de nos échanges et communément admise comme équivalent universel ? Cette non dégradation monétaire est tout à fait symptomatique d’un humain désemparé face à la mort, à la perte et à l’évanescent.

La pratique du taux d’intérêt négatif ou « demurrage » existait déjà au Moyen-âge et permettait la réalisation d’édifices nécessitant souvent plus d’une génération pour les construire. Ce genre de vision à long terme est totalement incompatible avec une monnaie à intérêt positif qui privilégie la thésaurisation et la fuite de capitaux au détriment de l’investissement local.

Sortir de l’économie

Ces détails techniques d’aboutissement d’une telle monnaie dépendent avant tout du degré de conscience de ceux qui l’utilisent. Une telle monnaie n’est qu’un pari, un succédané de confiance dans la vie et les autres… In fine, elle ne devrait même plus être nécessaire. Nous sortirions, enfin, de l’économie…

Nous sommes bien conscients que c’est l’homme qui est à l’origine du système aussi abouti qu’aliénant et destructeur que nous connaissons aujourd’hui. Le dire, ne signifie pas uniquement que la nature humaine est mauvaise mais qu’elle est aussi capable d’introspection et de dépassement. C’est, à mon sens, la caractéristique principale du genre humain… Monnaie et économie font partie de l’apprentissage.

Réapproprions nous la monnaie et tâchons de la gérer collectivement tout en restant parfaitement lucide et critique sur les causes profondes du bourbier actuel. C’est ce que Christian ARNSPERGER appelle, « le militantisme existentiel »[19] : l’observance d’une vigilance/réflexion/méditation de tout instant pour éviter les tentaculaires appropriations capitalistes aussi bien individuelles que collectives. Ne passons pas simplement d’un capitalisme gris à un capitalisme vert ou « social ». Ce dernier n’est qu’un avatar encore plus destructeur que le premier puisque affublé de vertus « socio éco environnementaliste ». La logique interne ne change pas (profit individuel), seule l’application externe change (éoliennes, universités, hôpitaux).

« Une pute d’apparat, une grue en drap d’argent,

dont la traîne est portée,

et l’âme traînée dans la fange »

THOREAU, La désobéissance civile, p.17


[1] Bernard LIETAER White Paper, http://www.lietaer.com/images/Sapiens_text_final.pdf, p.13.

[4] Helmut CREUTZ cité par Margrit KENNEDY, If money rules the world

– who rules money ?, p2

[5] André Jacques HOLBECQ, Philippe DERUDDER, La Dette Publique, Appel à mobilisation citoyenne, www.public-debt.org 

[6] André Jacques HOLBECQ, Philippe DERUDDER, Les 10 plus gros mensonges sur l’économie, p38.

[9] Terra economica N°40 - 09/12/2004 - Par ici, la monnaie !, www.selidaire.org

[14] Terra economica N°40 - 09/12/2004 - Par ici, la monnaie !, www.selidaire.org

Documents joints à cet article

Démocratiser la monnaie

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66 réactions à cet article

  • yoananda (---.---.---.10) 25 août 2010 12:01

    OUI ! Nous DEVONS reprendre le contrôle de la monnaie aux banques centrales. Tout simplement le libéraliser, ne pas leur laisser le monopole !

    Ithaca Hour : http://www.ithacahours.com/french.html
    OpenMoney : http://www.openmoney.org/
    Flattr : http://flattr.com/
    occitan : http://www.deviseoccitan.org/

  • DominiqueBoscher (---.---.---.139) 25 août 2010 12:16
    DominiqueBoscher

    L’affaire n’est pas simple et je vous livre le fruit de ma réflexion depuis plus de 20 ans :
    J’ai créé la banque du temps : http://www.Banquedutemps.com malheureusement, comme pour les SEL, même si l’idée est belle, cela ne fonctionne pas ou peu dans la pratique.

    Si l’objectif est de créer une société plus saine et plus efficace, mon intime conviction repose sur la nécessité de supprimer l’argent liquide : plus d’infos ici : http://Clarification.Realisme.org
    Je me suis présenté il y a plus de 20 ans aux élection législatives sur ce thème ; je me suis pris un râteau, mais quelques décennies après je reste convaincu que c’est la clé d’un grand nombre de problèmes de notre société, mais il faut arriver à se désenclaver du carcan monétaire et de la certitude que la suppression des « espèces » serait un frein aux libertés.... Mais les mentalités évoluent, le Centre des Jeunes dirigeants à mis, à l’occasion de son 70ème anniversaire, le concept de la suppression de l’argent liquide dans ses 7 idées pour faire évoluer la France : http://www.jeunesdirigeants.fr/Default.aspx?tabid=1159
    • foufouille (---.---.---.172) 25 août 2010 13:19
      foufouille

      ou comment les ploutocrates controleront tout
      une monnaie virtuelle se manipulent facilement
      on voit ca avec les traders

    • DominiqueBoscher (---.---.---.139) 25 août 2010 13:46
      DominiqueBoscher

      Essayons d’être constructif et d’analyser consciemment les faits indépendamment de toute idéologie marquée dans le bronze... Le problème des traders est déjà existant en l’état, la solution, si elle existe, peut donc se trouver dans l’organisation en place actuellement. La Clarification (suppression des espèces) ne réglerait certes pas le problème des traders mais permettrait de régler et d’assainir beaucoup d’autres problèmes de notre société.

    • foufouille (---.---.---.172) 25 août 2010 14:29
      foufouille

      ca permetrait surtout de supprimer l’economie souterraine
      et de taxer les plus pauvres qui survive avec

    • Peretz (---.---.---.24) 7 septembre 2010 17:52
      Peretz

      La monnaie locale me rappelle la période où c’était le seigneur qui battait sa monnaie. Epoque où il y avait des régions ultra riches et d’autres ultra pauvres. Chacun pour soi. C’est à ça que vous voulez revenir ? ? ? Il faut arrêter de croire à de pareilles inepties : il faut une ou (deux) monnaies mais NATIONALES. www.citoyenreferent.fr

    • ploutopia (---.---.---.131) 8 septembre 2010 10:18
      ploutopia

      @Peretz

      Vous n’avez pas compris le sens de l’article. Votre idée d’assemblée référendaire est bien originale et plus juste mais vous semblez ignorer que si nous sommes dans le cas de figure actuel c’est justement parce que tous les pans sociétaux sont inféodés au pouvoir monétaire. La démocratie ne pourra jamais s’exprimer pleinement dans le cadre d’une monnaie unique dont le seul but est de faire des petits. Peut-être est-il bon de rappeler que dans le système féodal que vous dénoncez avec ses Louis d’Or et monnaies seigneuriales, il existait néanmoins les méreaux, monnaies populaires en bronze, cuivre, plomb, qui servaient à la vie quotidienne. Notez également que les seigneurs étaient identifiés et identifiables, aujourd’hui les seigneurs sont vous et moi par le biais de nos économies, de nos fonds de pensions placés, transférés et replacés de manière occulte et inique pour la seule et unique satisfaction de nos égos ou petite sphère personnelle (famille, amis proches).

      Alors votre idée de nouvelle constitution et de meilleur partage de pouvoir est bonne mais elle doit s’accompagner d’une plus grande diversité et transparence monétaire. Sans cela, toutes les initiatives citoyennes ou politiques sans révision du dogme monétaire sont vouées à l’échec.

  • foufouille (---.---.---.172) 25 août 2010 13:17
    foufouille

    si on ne laisse pas une place aux chrognards, forcement, ils chercheront a reprendre le pouvoir
    nous avons supprimer les predateurs naturels
    resultat : multiplication des bebetes

  • plancherDesVaches (---.---.---.78) 25 août 2010 13:44

    La monnaie fondante est en effet un remède absolu contre la concentration qui nous donne la crise actuelle.
    Elle est tout aussi valable que le BANCOR (ré-équilibrage des économies entre pays) défendu par Paul Jorion.

    Il y a malgré tout deux soucis.
    - d’une part, ceux qui ont l’argent ont actuellement le pouvoir.
    - d’autre part, mettre d’accord tous les dirigeants du monde est utopique. Les milliardaires sont quasiment plus solidaires pour défendre leurs avantages.
    (ce qui est un bon signe, vu la crise actuelle)

    Seul un parent voudra sauver son enfant quitte à mourir.
    Homo, Hominem, lupus est.

  • Kalki (---.---.---.180) 25 août 2010 14:38
    Kalki

    Très bien, très bon système :

    Mais insuffisant

    Pourquoi ?

    C’est le système capitaliste parfait.

    Probleme : LE TRAVAIL A DISPARU, LA TECHNOLOGIE CONTINU D’AVANCER

    Prenez une image vraie de la réalité du monde
     ; pas celle de capitaliste US ou de marxiste : le travail humain VAUT ZERO : TOUT absolument TOUT peut être fait avec des machines.

    C’est une réalité qu’aucun système ou monnaie , ne pourra changer.

    Donc insuffisants, vous devez FAIRE MIEUX, et il y a mieux.

    • jako (---.---.---.164) 25 août 2010 14:56
      jako

      Kalki « TOUT absolument TOUT peut être fait avec des machines » vous exagérez un peu non ?

      Dominique , pour la supression du liquide je sais que le patron de Visa fait du lobying pour cela et que cela revient de temps en temps dans certaisn discours.

    • Kalki (---.---.---.180) 25 août 2010 15:19
      Kalki

      Non jako je n’exagère rien. Ne me croyez pas, faites vos recherches.

    • Kalki (---.---.---.180) 25 août 2010 15:29
      Kalki

      Et je ne propose rien : pas même la suppression de la monnaie

      Je rappelle la réalité, le secteur primaire a disparu : une grande partie du travail reste a opérer une machine ( qui peut etre automatisé / robotisé ) , le secteur secondaire a disparu : une grande partie du travail reste l’opération de machines qui peuvent être totalement automatisé , ( avec des chaines 100% automatisé )

      Le secteur tertiaire disparait. IL vont par exemple aussi dans d’autres pays pour leur hotline. ( il existe aussi des hotline automatique, mais sachez qu’il y a de la hotline bien plus évolué avec reconnaissance vocale et compréhension qui arrive ).

      Les achat se font sur internet : sans travail tertiaire ( ou beaucoup moins )

      Il y a de la robotique dans les hopitaux. Il y a de la robotique, ou des modes d’organisation informatique pour remplacer tout le monde, la femme de ménage, la secrétaire, le vendeur de soushi, la caissière

      Le propre de l’humain : est la création d’outil pour se faciliter la vie.

      Le processus de création est facilité par l’informatique, et l’intelligence artificielle depuis longtemps, mais de plus en plus profondément.

      NOUS SOMMES A LA FINALITÉ DE CE PROCESSUS.

      Le processus de création, de recherche scientifique, de recherche et développement : s’accèlère.

      L’espérance de vie actuelle RÉELLE est de plus de 100 ANS


      Et ca ne s’arrêtera PAS LA !

    • jako (---.---.---.164) 25 août 2010 15:57
      jako

      Oui, il y a beaucoup de travail fait par des machines, mais il faut les fabriquer ces machines, les surveiller, les soigner, les piloter, les améliorer.
      Dans les champs il faut travailler , les maisons sont toujours faites à la main , les routes les ponts etc.
      Les ordinateurs doivent être programmés , surveillés, corrigés etc
      Non le 0 travail de l’homme je n’y crois pas une seconde, pour l’espèrance de vie à 100 ans encore moins

    • Peretz (---.---.---.206) 25 août 2010 15:58
      Peretz

      A monnaie locale, échanges locaux. Comment faire alors pour que sur les marchés locaux on trouve tout ce dont on a besoin ? Une région ne produit pas forcément des lave-linges ou des voitures. Il faut donc encore une monnaie nationale. Ou alors un système de changes entre les monnaies locales entre elles et l’on se retrouve dans système féodal où chaque seigneur battait sa propre monnaie. Avec ce que cela supposait d’inégalités des richesse régionales. On ne peut donc remettre les frontières d’antan ce qu’on appelait des octrois. L’idée de vouloir détacher la monnaie de la production est séduisante mais impossible telle quel. Il y a d’autres solutions plus logiques.

    • Kalki (---.---.---.180) 25 août 2010 16:02
      Kalki

      Et pour ceux qui sont pour la guerre à ce moment de l’histoire j’ai un message pour vous

      http://www.youtube.com/watch?v=JiXZmHR6rpU

      C’EST LA PAIX POUR TOUT LE MONDE,

      OU C’EST LA MORT POUR TOUT LE MONDE

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