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Accueil du site > Actualités > Economie > Démondialisation ’made in China’

Démondialisation ’made in China’

Les propositions fleurissent pour revenir sur les ravages de la mondialisation, vrais ou supposés. Il faut se méfier pourtant des miroirs aux alouettes. Et ne pas oublier qu'un blocage du commerce international résultant d'un renforcement des barrières douanières produirait des effets désastreux. Cela reste toutefois un scénario plausible, qui commence en Chine et non en Europe ou aux Etats-Unis.

Econoclaste annonce la couleur dès le départ. La mise en perspective de la mondialisation est un tour de force. Douter des vertus d'une politique visant à la contre-carrer provoque à l'inverse l'hostilité. Plusieurs personnalités politiques se sont ainsi déclarées pour une cause aux contours mal définis. Elles militent pour une démondialisation en s'intéressant moins à la mise en œuvre qu'aux résultats attendus. La complexité rebutant toujours, les tribuns palabrent à bon compte, dans l'espoir de remporter le plus de suffrages, à droite comme à gauche (source).

S'opposer à la mondialisation ne suffit pas à dessiner une politique économique cohérente. Le commerce international évolue depuis maintenant plus d'un demi-siècle dans le sens d'une augmentation des échanges en volumes et en valeur. Cela ne signifie pas pour autant que les frontières d'Etat ont disparu. Elles se réduisent cependant à peu de choses à l'intérieur des sphères géographiques concernées. Ainsi, les Européens échangent d'abord entre eux avant le reste du monde. Comme le rappelle un commentateur (n°35), en 2009, le commerce extérieur français " avec l'Allemagne (71.5 milliards d'importations, 55.5Mds d'exportations) est plus de trois fois supérieur que celui avec la Chine (29.9 Mds M, 7.9 Mds X). La mondialisation, c'est d'abord et avant tout le commerce avec nos voisins (Chine 7è partenaire, Inde 15è peut-être). Sortons du fantasme du "Sud" à nos portes ! "

On peut ajouter que l'Amérique du Nord et le Japon élargissent le 'cercle' des échanges inter-continentaux, créant une sphère de commerce caractérisée par une homogénéité relative des droits du travail, des niveaux de salaires, etc. Il y a plus frappant encore. Hors de cette sphère riche et développée les matières premières, les produits manufacturés ou les services venus du Sud n'en rentrent pas moins dans le cadre d'échanges Nord - Nord. Un géant de l'ameublement au nom scandinave importera au besoin des composants fabriqués en Asie. Point n'est besoin d'être une multinationale pour se jouer des barrières douanières et des différences fiscales, environnementales ou salariales entre pays. Archos, assemble en France des pièces détachées fabriquées en Chine pour obtenir des tablettes tactiles françaises à des prix défiant le leader américain du marché.

Bien sûr, le développement des transports a accompagné l'augmentation des échanges commerciaux [Une poignée de noix fraîches]. Mais les circuits courts bénéficient parfois plus qu'ils ne pâtissent des innovations techniques : Internet, bras armé de la mondialisation ? Les échanges transcontinentaux demeurent marginaux, même s'ils n'ont jamais atteint de tels volumes par le passé : le modèle de gravité pose les données quantitatives de ce paradoxe apparent. On continue à commercer dans une aire géographique relativement contrainte [1]. Rien n'y fait pourtant, les Français se plaignent des délocalisations et de la désindustrialisation. Une minorité se résignent devant ce qu'ils estiment être inéluctables. Une majorité se rebiffent. Pour tenter de captiver cette deuxième catégorie, la gauche plaide pour une politique de l'instruction, de l'innovation et de la création ('nous serons plus intelligents et subtils que les autres') tandis que la droite vante les vertus de l'abnégation et du travail aujourd'hui bridés par des 'archaïsmes' ('nous serons plus forts et plus courageux que les autres').

Quoi de plus normal que de ne se reconnaître ni dans l'une ni dans l'autre alternative et de prôner une sortie du jeu ? 'Pouce', en relations internationales se traduirait par 'j'impose des barrières douanières.'

Tout le mérite d'Econoclaste est de montrer d'une part que le protectionnisme existe déjà et qu'il ne faut pas en attendre plus de miracles qu'il ne peut en donner. Les biens et services s'échangent d'abord à l'intérieur du continent (dans le cas de l'Europe). Si l'Irlande a attiré les investisseurs, c'est parce que Dublin prélève moins de taxes qu'ailleurs dans l'Union ['Les émigrés, dehors !']. Si les entreprises allemandes exportent, c'est parce qu'elles ont délocalisé une partie de leurs productions en Europe de l'Est ['Le paradoxe du Hamburger']. Si bien des grandes entreprises françaises rivalisent avec les plus grandes multinationales dans leurs secteurs respectifs, c'est parce que l'Etat leur garantit souvent des rentes de situation dans l'Hexagone. Et si les banques grecques ont cédé à la facilité, c'est bien avec des aides extérieures ['Quand les coqs auront des dents']. Tous ces exemples résument des situations généralement un peu plus complexes. A l'inverse, les partisans d'un protectionnisme européen ou national qui évoquent des taxes environnementales ou une TVA sociale font miroiter une parade simple [2]. Ils laissent entendre à tort que l'espace européen est celui de la circulation sans entraves.

Les gains de productivité provoquent d'autre part autant d'effets sur l'emploi que le 'dumping social' des pays à bas coût de main-d'oeuvre. Que l'on songe aux Canuts lyonnais brisant les métiers à tisser en novembre 1831 (source). La productivité progressant plus vite que les carnets de commandes ne se remplissent, l'emploi industriel trinque. Le recours à la sous-traitance a également considérablement accru l'instabilité des salariés, pour le meilleur (parfois ?), mais surtout pour le pire. On pourra toujours accuser les travailleurs asiatiques de concurrence déloyale. Ils n'expliquent pas tout ! Ce sont les bonnes idées qui relanceront une croissance en berne, pas des taxes supplémentaires sur des produits importés. Celles-ci peuvent même s'avérer contre-productives [3]. Dans le Monde Alain Faujas compare l'attrait pour les barrières douanières à celui de la ligne Maginot à la fin des années 30 (source).

Sur un point néanmoins, je reste sur ma faim avec l'argumentaire d'Econoclaste. Dans ce balayage des idées reçues sur la démondialisation, un obstacle se dresse toujours. C'est celui de la Chine de l'après Deng Xiaoping, la Chine de l'ouverture économique. Bien des reproches formulés à l'encontre de la mondialisation trouvent en partie leur justification dans les règles imposées par le régime communiste chinois : politique monétaire, blocage de l'épargne, absence de droits salariaux, utilisation d'une main d'oeuvre mal payée (mingongs) ['Le coût du lapin']. La force de travail de quelques dizaines de millions de Chinois - et l'enrichissement incontestable d'une portion d'entre eux - a révolutionné le mode de vie des Occidentaux, et mis à jour le manque de compétitivité de nombres d'industriels. Ceux-ci ont fermé des usines et renvoyé leurs personnels au chômage.

Gardons-nous toutefois d'idéaliser le passé. La première révolution industrielle a accompagné le développement des grands empires coloniaux. Dans un temps qui n'est pas si lointain, l'arachide d'Afrique occidentale, le riz indochinois, les minerais du Congo, le coton de l'Indus ou le charbon sud-africain ont été produits ou extraits sur la base de coûts salariaux parfois réduits au minimum. A l'inverse les colonies devaient acheter les productions des métropoles, même s'ils n'étaient pas compétitifs. Jusqu'au jour où le système s'est grippé. Les Chinois ont pris la place des colonisés d'hier. Les Occidentaux criant haro sur la mondialisation songent-ils qu'ils font figures pour les Chinois de bénéficiaires ingrats ?

A l'approche d'un dépassement annoncé des Etats-Unis par la Chine (source), Pékin pense avoir retourné les armes de l'Occident contre lui et savoure bruyamment ce qu'il estime être une revanche sur les humiliations infligées par les Traités Inégaux (plaque commémorative, ci-dessus) Les autorités chinoises ont réussi à battre les anciennes puissances occidentales à leur propre jeu. Elles ont cependant pris le risque de se placer sur le même terrain, grisées par le vent de la compétition et en fin de compte dédaigneuses de ce qui ne permet pas de gravir les marches des podiums. Lorsqu'un gouvernement européen appelle la Chine à la rescousse, la satisfaction se lit sur les lèvres : Wen Jiabao à Budapest.

Le rapport à l'économie n'a cependant rien à voir entre les uns et les autres. L'annonce des performances de tel ou tel secteur industriel obsède les dirigeants de pays démocratiques. Mais ils ne fixent généralement pas d'objectifs quantitatifs. Car ils n'agissent sur le réel économique qu'indirectement. A Pékin, la distinction entre l'économique et le politique n'existe pas. Dans le 12ème plan quinquennal annoncé en mars dernier les deux se mêlent (source). Un ancien premier ministre (Li Peng) - lui-même ancien ingénieur - porte une responsabilité directe dans la construction du barrage des Trois-Gorges ['... profondes désillusions à venir'].

Michel Juvet, dans les Echos m'aide à conclure. Il ne doute pas que les victoires engrangées par la Chine communiste ont été très chèrement remportées. Que vaut le butin péniblement amassé ? ['Cachez cette bulle que l'on ne saurait voir']. Résumons. La banque centrale chinoise émet du yuan à un rythme soutenu (multiplication de la masse monétaire chinoise par deux en quatre ans). Les Chinois ne pouvant officiellement investir hors de leurs frontières, les crédits s'accumulent, représentant 150 % du PIB. En imposant des taux très bas, la banque centrale chinoise laisse peu de choix aux épargnants : soit acheter un (des) logement(s) ['Après l'ail, ouille !'], soit jouer en bourse à Shanghai. Combien préfèrent tout bonnement constituer des bas de laine, garder de l'argent liquide en cas de besoin : l'hopital coûte très cher, pour un Chinois qui veut se faire soigner à l'Occidentale ou qui souffre de maladie grave (source). Il n'y a pas de maisons de retraites, et les couples doivent calculer que leur(s) enfant(s) ne pourra (ont) les prendre en charge (source).

" La politique monétaire chinoise, qui a maintenu à des niveaux artificiellement bas la rémunération des dépôts d'épargne des citoyens chinois, a permis de financer, à bon compte, successivement les banques et les industries publiques de même que les collectivités régionales. Les citoyens chinois ont ainsi été plumés dans une casserole fiscale déguisée et ont subventionné sans contrôle politique des excès en tout genre : surcapacités de production, projets peu rentables ou immobiliers mégalomanes, etc.

Mais, plus grave, face à l'explosion de leurs prêts bancaires, et afin de maintenir des ratios de fonds propres attrayants selon les normes internationales, les banques chinoises ont pratiqué une comptabilité créatrice. La même que leurs consoeurs américaines avaient adopté dans la période 2005-2007. Elles ont ainsi largement affecté ces prêts, dans des opérations hors bilan, à des sociétés appartenant à des collectivités publiques, dédiées aux investissements immobiliers. Certains n'hésitent plus à estimer que, en cas de crise immobilière majeure, la moitié des fonds propres des banques chinoises partiraient en fumée. Qui a parlé de « too big too fail » ? Les énormes réserves en devises de la banque centrale (4.000 milliards de dollars) ne seraient donc que le fragile reflet des coûts financiers cachés jusqu'à présent ? "

Une crise du modèle chinois précipiterait le monde dans une récession de grande ampleur, avec une diminution des échanges internationaux et une hyper-inflation dans le monde développé. Une démondialisation made in China sans l'aide des barrières protectionnistes occidentales. Certains pressentent quelque chose (source). Car les Chinois grognent. Des émeutes du printemps, nous n'avons que de pâles échos en Europe : ici dans le Guandong, dans le Jiangxi ou en Mongolie intérieure. Qui écoute néanmoins les rumeurs ?

PS./ Geographedumonde sur la Chine : Le coût du lapin et Le bon sens paysan et la spéculation.

Incrustation : Contre-points s'interroge justement sur l'avenir du Made in China.

  1. " Si vous voulez comprendre la répartition et l'ampleur du commerce international, il n'y a qu'une seule relation à connaître : le modèle de gravité. Le commerce entre deux pays est proportionnel au produit de leurs PIBs respectifs, divisé par la distance entre les deux pays, mise à la puissance 0,9. Pour préciser, cela signifie qu'à chaque doublement de la distance entre deux points, le commerce entre ces deux points se réduit de 90%. La distance a un impact considérable sur le commerce. Le modèle gravitationnel est l'un des résultats les plus marquants de l'économie internationale, pour deux raisons. La première, c'est que cet effet est constant depuis les années 50. Oui, vous avez bien lu : alors que les coûts de transport se sont effondrés, malgré l'invention de l'internet et les révolutions technologiques, malgré l'OMC et le libre-échange mondialisé, la distance continue d'exercer exactement le même effet -important- sur les échanges internationaux. C'est absurde, direz vous : depuis 15 ans, chacun a pu expérimenter le fait que la Chine (qui est toujours à la même distance, aux dernières nouvelles) nous vend bien plus de ces camelotes qui envahissent les linéaires des hypermarchés. C'est exact, mais n'oubliez pas le numérateur de l'équation : le commerce est proportionnel au produit des PIB. Dès lors que la Chine devient plus riche, automatiquement, les flux d'échanges augmentent. C'est assez logique d'ailleurs. Imaginez que toute la production mondiale soit concentrée en un point, il n'y aurait aucun commerce. Imaginez maintenant que toute la production soit concentrée en deux points, et le commerce apparaît entre les deux. Les pays émergents ne sont pas plus proches sous l'effet du libre-échange : ils sont simplement plus gros.
  2. Même chose pour le serpent de mer de la TVA sociale, qui émerge régulièrement, parfois sous des formes bouffonnes. Des dizaines de têtes d'oeuf à Bercy se sont penchées sur la question, pour arriver chaque fois à la même conclusion : les conséquences sont tellement variées selon les secteurs d'activité (importateurs, exportateurs, bien non échangeables) que l'effet positif sur l'emploi n'est aucunement garanti. Les interdépendances, sous l'effet de l'externalisation et des chaînes globales de valeur, sont devenues tellement importantes que les entreprises ont de plus en plus à perdre à des barrières protectionnistes qui causeraient la désorganisation de leur système productif. Considérez deux pays. (...)
  3. L'un d'eux (A) est au sommet d'une montagne, l'autre (B) au pied. Pour envoyer des marchandises vers B, A n'a qu'à les laisser rouler sur la pente ; mais pour que les produits de B aillent vers A, il faut payer des porteurs très cher. Cela ressemble assez à la situation de l'Europe par rapport au reste du monde, tel que décrite par ceux qui critiquent la "naiveté" européenne en matière de commerce international ; les autres érigent des barrières, nous ne le faisons pas, le terrain n'est pas égal. Sauf que, qui vous dit que c'est B qui va payer les porteurs pour acheminer les produits vers A ? si les produits de A sont abondants et peu désirés dans B, et qu'à l'inverse, les produits de B sont rares dans A, ce seront les consommateurs de A qui paieront pour les porteurs. Si A a fabriqué sa montagne à l'aide de barrières douanières, alors, ce sera A qui en paiera les conséquences, pas B. Croire que l'on peut facilement modifier le terrain compétitif à son avantage, c'est s'exposer à de gros risques de déconvenues."

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22 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 28 juin 2011 10:26

    La concurrence internationale est telle que pour survivre, il faut soit s’adapter,
    soit disparaître. Bien ! Présenté comme cela, il n’y a aucune place au doute. Il n’y a
    rien à faire, la mondialisation ne peut être remise en cause : c’est une loi physique
    du même ordre que lorsque l’on lâche un caillou il tombe au sol. Il y a des forces
    que l’on ne peut remettre en cause. Sauf que la mondialisation n’est pas une loi
    physique, ni la volonté d’un vieil homme avec une barbe blanche : la
    mondialisation est du ressort de la décision des hommes ! Lire ci-dessous :

    http://2ccr.unblog.fr/2011/02/02/concurrence-et-mondialisation/


    • Mor Aucon Mor Aucon 28 juin 2011 16:46

      Je trouve très intéressantes toutes les critiques à la mondialisation, sauf quand elles ne sont exposées que par des tracts car je me refuse à n’être qu’une machine à bouffer du télégramme. Je ne vous dis pas cela comme une critique à ce que vous proposez contre la mondialisation dont vous parlez puisque, justement, mon parti-pris contre les tracts m’empêche de télécharger celui vers lequel vous nous dirigez. Si vous pouviez développer ce que vous pensez, je pourrais, peut-être, critiquer ou être d’accord, tout est possible.

      Pour ma part, oui je pense qu’une certaine mondialisation est inévitable et même très bénéfique pour tout le monde. Celle qui est actuellement en marche est, au contraire, catastrophiquement préjudiciable. La cause en est assez simple à voir au final, bien que les solutions à promouvoir le soient beaucoup moins. Il n’y a actuellement, aucun principe de base, commun à tous les peuples, qui puisse réguler l’activité économique mondiale. Contrairement aux droits de l’homme, presque universellement reconnus ( il reste du travail à faire, bien sûr ), qui ont apportés une base solide sur laquelle ont pu s’appuyer les législations locales, dans l’économie la place est vide. Il n’y a aucune base rationnelle et juste qui puisse servir de socle à tout le reste.

      Pourtant, le problème au niveau conceptuel ( qui est bien le premier à régler avant d’espérer pouvoir passer à la pratique ), la solution apparaît évidente, à mon avis. Déclarer des droits économiques universels de l’homme. Un exemple : toutes les délocalisations, qui détruisent les économies productives locales, ont, pour leur majeure proportion, leur origine dans le déficit démocratique ( droits des travailleurs, etc...) existant dans les pays qui les reçoivent et sans que ce déficit n’ait de répercussion sur les coûts de leur production. Bien au contraire, il se transforme en avantage commercial.

      Le protectionnisme depuis l’intérieur leste et appauvrit toujours les économies qui le pratiquent. La mondialisation du protectionnisme ( si je puis dire ), entendue comme une compensation des échanges entre les pays ayant des coûts démocratiques différents me semble la seule voie possible. Compliqué, difficile, long à mettre en place, certes, mais inévitable si on ne veut pas avoir à choisir entre rabougrir la croissance ( la vraie ) ou se voir envahis de produits chinois et autres. Les avantages pour les travailleurs de ces pays seraient évidents aussi, puisque le déficit démocratique cesserait, peu à peu, d’être un avantage commercial important.

      L’adaptation à la demande des marchés locaux auxquels ils sont destinés, des biens circulant sur le marché international devrait aussi être un facteur tenu en compte par ce système de compensation. Les gosses du monde entier n’ont rien à gagner à tous jouer avec les mêmes jouets, par exemple. Cela peut s’extrapoler à une grande quantité de biens culturels et de consommation.

      Pour finir, tout cela ne peut être envisageable, sans un contrôle strict des marchés financiers et des échanges monétaires internationaux à travers, eux aussi, de ce système de compensation. Voila les idées de base que j’aimerai voir, pour ma part, prises en compte à l’heure d’aborder le problème de la mondialisation.

      En résumé, la mondialisation est un phénomène inévitable mais pas celle du fou laissez-faire que nous vivons aujourd’hui. Le but de l’économie est, avant tout, d’éliminer la pauvreté, comme disait Keynes.


    • LE CARDINAL 28 juin 2011 10:36

      tout à fait ROBERT... et c’est le rôle du POLITIQUE de changer la donne. L’intendance suivra ! smiley


      • lauraneb 28 juin 2011 13:45

        ce type de mecanisme n’est valable que si il s’appuye sur le principe de propriété : je veux acquerir ce que l’autre fait...Mais si nous n’avons plus besoin de posseder ???, si nous sortions de cette notion d’appropriation ??? nous sortons de ce fait de son contraire systemique : la frustration... la frustration de ne pas posseder.... et nous sortons de la différenciation Riche/Pauvre que génère le capitalisme mondialisé...


        • Mor Aucon Mor Aucon 28 juin 2011 19:53

          Je pense que vous vous trompez d’ennemi et que cette méprise est provoquée par le groupement sous le terme capitalisme de toutes les modalités de formation et inversion du capital qui est le moteur essentiel de toute économie. Qu’il soit d’état ou de propriété privée, le capital est indispensable à la création de projets même d’envergure réduite. Ce capitalisme existe depuis la révolution agricole du néolithique. Celui né au temps de la révolution industrielle est un cas particulier, une variante particulièrement inadaptée à résoudre les problèmes en vue de l’intérêt général et non de celui du détenteur du capital avant tout.

          Tout le problème réside dans le contrôle de l’usage de ce capital, rendu très difficile voire impossible grâce à des sophismes comme le concept actuel de liberté économique. Celle-ci, tout en étant parfaitement défendable et même indispensable, doit avoir des limites de la même manière que la liberté individuelle de disposer de son propre corps permet de se transformer en machine à tuer en s’entraînant 12 heures par jours aux arts martiaux, mais ne va jamais donner la liberté de l’exercer sur les autres.

          Un autre sophisme est celui de considérer la loi de l’offre et de la demande comme un fait naturel et ainsi prôner sa totale dérégulation puisqu’il est censé s’équilibrer naturellement. Or, le système de formation puis inversion du capital n’a pu naître que grâce à la domestication de la force naturelle des grands fleuves (Nil, Tigre, Euphrate ) aux bords desquels, les premières civilisations agricoles se sont développées. Aucun fait naturel n’est totalement bon ou mauvais pour l’homme, il existe et peut devenir l’un ou l’autre, selon les circonstances. Seul son contrôle par la domestication permet de le rendre, au moins, prévisible et donc bénéfique la majeure partie du temps.

          Je pense, donc, qu’il doit exister une forme de capitalisme moral c’est à dire, respectueux du plus grand nombre d’individus où qu’ils soient situés par rapport au capital. Pour le théoriser, il suffit d’abandonner les idées reçues d’un côté et le cynisme intéressé de l’autre. C’est le pas le plus difficile à faire. J’ai comme l’impression que ce n’est pas pour demain. Mais souvent les cataclysmes font réfléchir et nous y sommes presqu’au bord.


        • lauraneb 29 juin 2011 08:30

          en quoi le capitalisme est nécessaire à la création ?????
          Croire que l’humanité est guidé par cette notion de capitalisme et la faire passer pour une loi naturelle est une maladie occidentale....Beaucoup de tribus ne fonctionnent pas sur ce modele, mais on ne tient pas à ce que vous le sachiez...
          la seule chose qui soit nécessaire à la création est l’Homme....le reste n’est que des foutaises servant à s’accaparer ou privatiser la creation...


        • Mor Aucon Mor Aucon 29 juin 2011 12:01

          Non madame. Le simple fait de vouloir construire une maison exige la formation d’un capital, même si dans les sociétés auxquelles vous vous référez, il consiste plus en force de travail qu’en biens. Vous vous laissez aveugler par le mot capital.
          L’économie est un fait naturel qui se développe dès qu’une espèce interagit avec son milieu, c’est pourquoi l’espèce rationnelle qu’est l’humanité se doit de la domestiquer. Vous pouvez détecter facilement dans votre propre économie familiale, à une échelle beaucoup plus réduite bien sûr, des mécanismes de formation puis inversion de capital.
          Sans formation de capital, nous serions des chasseurs-cueilleurs, pas encore agriculteurs, vivant au jour le jour. Personnellement ça ne me dérangerait pas trop mais il me semble qu’il y a beaucoup de gens qui ne seraient pas très d’accord. Vous sentez-vous capable de leur imposer votre romantisme ?


        • Mor Aucon Mor Aucon 29 juin 2011 12:15

          Pour compléter, vous pouvez trouver des exemples de gestion du capital dans la nature. Les fourmis par exemple, qui font jusqu’à de l’élevage, forment un capital de manière totalement collectiviste. Mais elles sont génétiquement adaptées à ce collectivisme et à la spécialisation du travail, ce qui n’est pas le cas pour l’espèce humaine. Cette négation d’une nature biologique humaine déterminante est d’ailleurs, à mon sens, la cause profonde de la faillite des systèmes économiques collectivistes centralisés et totalement planifiés. Nous ne sommes ni des fourmis ni des ours solitaires.


        • sisyphe sisyphe 28 juin 2011 14:32

          Le problème n’est pas, pour moi, comme pour beaucoup d’autres, la mondialisation, mais la façon dont elle s’opère, relativement au système de création monétaire. 


          La mondialisation est inévitable, et pourrait être une bonne chose, SI (et seulement si) une réforme monétaire redonnait aux états le pouvoir de création monétaire (et d’emprunt aux banques centrales sans intérêt), et l’interdisait aux banques privées, en limitant, de ce fait, considérablement les dégâts de la spéculation, et des jeux de casino boursiers. 

          On ne prend pas de risque inconsidéré quand l’argent dont on dispose est emprunté à des taux d’intérêt conséquents. 

          Du coup, seraient supprimées les dettes des états, et ce sont les banques qui hériteraient des dettes de l’argent emprunté. 

          Voilà ce qui changerait la donne du tout au tout, et pourrait permettre une mondialisation bénéfique pour tous. 

          Quant à la Chine « communiste » (à l’intérieur), elle a parfaitement assimilé le système capitaliste à l’’extérieur, et, pas folle, elle (l’état) garde la mainmise totale sur la création monétaire, les organismes financiers et les banques. 

          Du coup ; non seulement pas de dettes, mais une énorme croissance, qui lui permet d’engranger de colossaux bénéfices, et d’acheter, progressivement, le monde (moitié de la dette US, terres achetées en Afrique, en Europe même (Grèce), dans toute l’Asie, etc...).

          Si l’on veut pouvoir lutter d’égal à égal avec les deux principales puissances (USA, Chine, et donc Yuan et Dollar) actuelles, il nous faut pouvoir disposer des mêmes armes (à l’échelle européenne) ; que les états européens, par l’intermédiaire d’une BCE réellement au service des états, aient la maîtrise de l’argent, de la création monétaire, et ne pas l’abandonner au privé ; ce qui entraîne nécessairement la chute de l’€uro, et celle de l’Europe. 

          Réforme monétaire, ou Glass-Steagall Act II ; c’est notre seule solution pour éviter que la mondialisation ne se transforme en privatisation de l’Europe, et en cauchemar pour les citoyens et les peuples d’Europe. 

          A ce propos, j’ai lu que la dette française appartenait essentiellement à trois créanciers : 
          les Iles Caïman, le Luxembourg, et... la Grande-Bretagne ! 

          POur ce qui est des Iles Caïman et du Luxembourg, chacun sait que ce sont des paradis fiscaux ; pour la Grande-Bretagne, je ne connais pas la part exacte : si quelqu’un d’informé peut nous apporter des précisions, ce sera avec plaisir... 

          Parce qu’annuler la dette revenant à des paradis fiscaux, ne pourrait être qu’une oeuvre de salubrité publique. 

          • titi 4 juillet 2011 09:54

            « Parce qu’annuler la dette revenant à des paradis fiscaux, ne pourrait être qu’une oeuvre de salubrité publique. »

            Je trouve cette remarque effarante.
            Cet argent a été prêté ou pas ? Si il a été prêté, il est du. Point barre. Qu’il provienne des Caïmans ou de Vesoul cet argent a été demandé, et a été fourni à un moment ou l’Etat en avait besoin. Sans doute pour en faire des conneries, mais il en avait besoin.

            Pour ne pas être dépendant de la dette, il suffisait de ne pas la créer : dépenser l’argent que l’on a, et seulement celui là.


          • JL JL 4 juillet 2011 10:12

            titi,

            non, la dette n’a pas à être payée par ceux qui n’ont rien demandé !

            Vous avez un gouvernement de droite qui creuse le déficits, les banques se gobergent en vendant du crédit pas cher à tout va et à qui veut !

            Les citoyens trouvent que l’Etat en fait trop pour les riches, élisent un gvt de gauche, les agences de notations plombent la note, les marchés s’affolent, les taux grimpent, ...

            Le FMI intervient, et les « citoyens très méchant avec la droite » sont punis, trois fois ! Et les « banquiers très gentils avec la droite » sont gagnants trois fois : beaucoup de crédit, des taux d’usure, et des privatisations à gogo !

             smiley 

            Vous êtes qui, titi, pour tenir des propos qui, je ne vous le souhaite pas, pourraient vous faire pendre un jour ?


          • JL JL 4 juillet 2011 10:14

            hum, erreur de smiley, je voulais mettre un ’sadley’ ou plutôt, un ’angerley’


             smiley


          • JL JL 4 juillet 2011 11:23

            Alors titi ! Plus personne ?

            Ai-je besoin de vous rappeler que ces banquiers qui réclament le paiement de la dette sont ceux qui ont mis en place cette machine infernale qui interdit aux Etats d’emprunter à la Banque centrale en les obligeants à recourir aux banques privées qui prêtent dix fois, vingt fois des capitaux qu’elles ne possèdent pas !?

            En faisant sur ces capitaux fictifs une taux d’usure ? Et en se prétendant « too big to fail » ?!! Autrementdit, en se prévalant de leur propre turpitude ! Le comble des salopards !


          • titi 4 juillet 2011 19:57

            « non, la dette n’a pas à être payée par ceux qui n’ont rien demandé ! »

            Ah mais je suis bien d’accord avec vous.

            Sauf que lorsque l’on dit, tient voici une commune passée de 2400 habitants à 1800 habitants en 30 ans, on va fermer un classe, c’est haro sur tel ministre !

            Les francais sont devenus accros à la dépense publique.
            Mais comme pour bien des sujets, la faute est toujours à l’autre.


          • titi 4 juillet 2011 19:58

            « Alors titi ! Plus personne ? »

            J’ai un métier.


          • titi 4 juillet 2011 20:11

            « -je besoin de vous rappeler que ces banquiers qui réclament le paiement de la dette sont ceux qui ont mis en place cette machine infernale qui interdit aux Etats »

            Turlututu..

            Dois je vous rappeler l’épisode de la « gagnotte fiscale » à la fin des années 90 ?
            La dette, c’est avant tous les francais qui en sont responsables en élisant des irresponsables.


          • JL JL 4 juillet 2011 20:33

            titi,

            je suis en partie d’accord avec ça : « La dette, c’est avant tous les francais qui en sont responsables en élisant des irresponsables »

            Mais pour ajouter aussitôt qu’il faut relativiser : Sarko n’a été élu qu’avec à peine 18% des Français. Cherchez l’erreur !


          • titi 4 juillet 2011 20:43

            Cela prouve que vous avez la mémoire courte : la dette ne date pas de Sarko.

            Et votre exemple montre bien l’ampleur du problème : la dette n’est qu’un argument électoral. Chacun dénonce la dette de l’autre mais se garde bien d’y trouver une solution.


          • JL JL 5 juillet 2011 07:52

            titi,

            certes, la dette ne date pas de sarko. Mais vous-même avez la mémoire sélective : d’une part, sarko a plombé le déficit comme jamais aucun gvt ne l’a fait ; par ailleurs, il est connu que la droite crée les déficit que la gauche, quand elle parvient au pouvoir, peine à combler.

            En ce moment j’écoute Sylvie Goulard député européen qui en parle sur FQ : elle dit, je cite : « si la Grèce n’avait pas été membre de l’UE, elle aurait dévalué, ce qui reviendrait au même »

            Faux ! Archi faux ! Une dévaluation est une flat tax qui frappe le capital comme les revenus alors que la dette présente les trois fléaux dont le peuple est accablé et qui se traduisent par trois bénéfices pour les riches ! La dette des pays de l’euro c’est le contraire de la dévaluation : l’une frappe les pauvres et bénéficie aux riches, l’autre frappe tout le monde équitablement.

            Conclusion : la dette est inique, la dévaluation est démocratique.

            La vérité c’est qu’on assiste à une guerre des riches contre les masses.


            • Alex Alex 28 juin 2011 18:25

              Théoriquement, la mondialisation n’est pas fondamentalement mauvaise.
              Dans la pratique, c’est tout autre chose.
              Ses conséquences se résument à des destructions d’emploi qui ne feront que s’accroître, et à l’enrichissement d’un petit noyau de gros commerçants déjà richissimes.
              Pour le moment, ce n’est pas encore dramatique. Mais avec un peuple intelligent et travailleur comme les Chinois, on peut s’attendre à moyen terme à perdre ce qui nous permet encore de survivre : les industries de pointe.
              Si les échanges entre pays de l’Ouest restent les plus importants, il serait intéressant d’étudier quels domaines ils concernent : des chiffres bruts ne veulent absolument rien dire.

              N’oublions pas aussi que la population de la Chine est supérieure à celle des pays du monde occidental.

              Mais nos « experts » économistes s’en moquent : leurs livres affirment autre chose.
              Les gourous économistes (Attali, Minc) affirmaient dans les premiers mois de la dernière crise qu’elle était « psychologique ». Elle a effectivement eu peu d’effet sur leur train de vie, et ces fonctionnaires ne risquent guère se retrouver au chômage.

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