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Départ des baby boomers et évolution des emplois

Départ des baby boomers et évolution des emplois.

Les baby boomers partent en retraite, et vont donc laisser des emplois vacants aux nouvelles générations. En même temps, le profil de notre industrie et de nos services se modifie et génère des besoins de main d’oeuvre différents de ceux d’aujourd’hui. La combinaison de ces deux phénomènes crée la demande du marché du travail pour l’avenir en nombre de postes et en qualifications demandées. C’est, bien entendu, un élément important à connaître pour orienter nos enfants dans des études qui ne débouchent pas sur le chômage. Ce sont aussi, en principe, des éléments fondamentaux à prendre en compte, pour l’Education nationale, notamment l’enseignement supérieur, pour que l’offre de formations et de diplômes soit en adéquation avec la demande future.

Le Commissariat au Plan -qui vient de faire la une des journaux pour cause de disparition brutale- et la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques(DARES) du ministère de la cohésion sociale, viennent de réaliser une étude commune pour savoir quels seront les postes dont le pays aura besoin au moment de la période de retrait des baby boomers, soit 2005/2015, et quelles qualifications seront demandées.

Première bonne nouvelle, les postes à pourvoir (750 000/an) pendant la période seront supérieurs aux départs de l’emploi (600 000), pour donner un nombre de créations nettes d’emplois de 150 000 par an. C’est un niveau proche de celui des années Jospin. A noter que ce nombre de créations de postes repose sur une hypothèse de croissance annuelle de 2pct sur la période, un niveau de chômage pour 2015 de 7.5 pct, et un accroissement de la productivité de 1,6pct par an(dans l’industrie).

L’évolution des besoins sera dans la continuité de la tendance actuelle, c’est-à-dire d’un côté une demande croissante en postes dans le secteur tertiaire, les services, et de l’autre une bipolarisation de la demande vers le haut, les cadres, et vers le bas, les emplois peu qualifiés.

En entrant un peu plus dans le détail, on observe un repli des métiers industriels, un développement des métiers qualifiés dans l’informatique, le secteur commercial, la comptabilité et la finance, la logistique. Egalement, avec le vieillissement des populations, on verra croître les besoins en infirmières, aides-soignantes dans les établissements, et à domicile, en employés de maison et aides à domicile. Dans la fonction publique, les emplois devraient soit se stabiliser (enseignants), soit diminuer en nombre, résultat de l’amélioration de productivité de ce secteur.

Le secteur de l’agriculture et des travailleurs indépendants (petits commerçants, restaurants, hôtels) verra ses effectifs se réduire, du fait de la concentration des exploitations ou de la concurrence de la grande distribution ou des chaînes.

Au total, on va vers une société en tout ou rien, dans laquelle la classe moyenne risque de diminuer en raison de la poursuite d’une certaine désindustrialisation et de l’augmentation de la demande en postes peu qualifiés, phénomènes liés au vieillissement des populations. Dans une certaine mesure, par contre, cette situation devrait aider à une meilleure intégration des habitants des banlieues, dont l’offre va majoritairement vers des emplois peu qualifiés.

Des conclusions qui laissent rêveur, néanmoins, sur les possibilités de promotion sociale qui avaient constitué la principale motivation à réussir de la génération précédente, et, au-delà, une des raisons du développement du pays tout entier.


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2 réactions à cet article    


  • (---.---.93.175) 17 janvier 2006 09:47

    Permettez-moi de douter de la pertinence de l’étude. En effet, le coût élevé du travail, surtout sensible pour les postes peu qualifiés pousse les industriels à automatiser ou délocaliser. Dès lors, si ce mouvement se poursuit comme l’étude le prévoit, la population non qualifiée restera toujours sur le carreau. D’autre part, regarder ce qui se passe aux usa donne aussi quelques pistes. Ainsi, cette étude tient-elle compte des délocalisations dans l’informatique, la compta ou la finance ? celles-ci sont inexistantes actuellement chez nous, mais déjà fortes aux usa. Enfin, un allongement de la durée du travail n’est pas à exclure, ce qui empècherait encore d’avantage les promotions dans les entreprises. Aujourd’hui il faut raisonner en termes de métiers délocalisables ou non-délocalisables. En pourcentage de l’emploi total, les métiers délocalisables verront leurs effectifs baisser, et ceux non-délocalisables augmenter. Le niveau d’emploi global et la « délocalisablilité » des métiers dépendent pour partie de l’action gouvernementale. Espérons que le futur sera meilleur et que nos jeunes n’aient plus besoin de s’expatrier pour trouver un travail correspondant à leurs études ou leur tempérament.


    • (---.---.188.5) 20 janvier 2006 19:17

      Réponse de CaDerange :

      Ce que dit l’étude est tout a fait en ligne avec vos propres commentaires. L’industrie perd des postes non qualifiés et qualifiés du fait de l’automatisation et des délocalisations. La montée des postes non qualifiés dans l’avenir consiste en postes non délocalisables car postes de proximité dirigés vers les soins aux personnes agées. Les jeunes vont ils apprécier ces postes ? Rien n’est moins sur sauf peut être des primo immigrants qui y verront une aubaine pour s’intégrer.

      En ce qui concerne les délocalisations et externalisations dans l’informatique,les call centers, et dans une moindre mesure la compta et la Finance, ils ont sans doute été pris en compte car ils sont apparus dans l’industrie il y a déjà quelques années.

      Quant à l’impact de l’Etat sur les créations d’emplois, j’ai toujours été très sceptique(en dehors des fonctionnaires bien sur) sur leur réalité car ce sont des milliers de décisions individuelles qui sont basées sur une logique qui n’a rien à voir avec la pure recherche de subventions ou d’aides. D’ailleurs, trente ans d’echec dans le traitement social du chomage en sont, malheureusement, une démonstration parlante.

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