Les économistes et les politiques ont les yeux rivés sur un chiffre : celui de la croissance économique, baromètre essentiel de la survie à long terme de notre société. On peut survivre quelques mois sans croissance mais il ne faut pas que cela dure.
Et pourtant, sommes-nous bien certains que cette croissance économique soit toujours un indicateur fondamental pour notre monde ?
Comment en est-on arrivé alors à présenter la croissance comme quelque chose de positif et d’indispensable ? On a souvent confondu la croissance économique et le progrès humain.
Bien sûr, on va se réjouir qu’un pays qui vivait dans la menace continuelle de la famine ait connu des progrès agricoles qui lui ont permis d’atteindre la sécurité alimentaire : un progrès a été réalisé mais, une fois cet objectif atteint, pourquoi continuer à chercher la croissance ? On va se réjouir des progrès de la médecine, des arts, de l’intelligence mais il ne s’agit pas de croissance économique. Comment ne pas encourager un jeune à grandir et à progresser en sagesse et en tolérance ? mais il s’agit avant tout de progrès humain.
Il en va de même pour la croissance économique car elle prend ses sources dans la nature.
« Non seulement le PIB ne rend pas compte de la dégradation et de la destruction des ressources naturelles et des services écologiques, mais en plus il nous pousse à les exploiter toujours davantage. Cette destruction des ressources naturelles par l’économie est, en fait, comptabilisée positivement dans le PIB, soit parce qu’elle permet de nouvelles productions soit parce qu’elle engendre des coûts de réparation. C’est ainsi que de nombreux phénomènes néfastes font croître le PIB par les coûts de réparation qu’ils engendrent : dépolluer les plages suite aux marées noires, construire des stations d’épuration de l’eau, construire des digues pour se protéger des mers suite à la destruction des écosystèmes côtiers protecteurs (mangroves, coraux)… » peut on lire sur le site de la Fondation Nicolas Hulot.
Faudra-t-il toujours dire et redire que notre planète est un univers fini et que vouloir puiser indéfiniment dans ses réserves n’est pas possible, est même fondamentalement incompatible avec cette réalité incontournable d’un monde limité ? Que vouloir y installer partout une croissance infinie est un non-sens ?
Même le développement des énergies renouvelables est une solution illusoire. En effet, si le soleil et le vent sont bien des forces indéfiniment renouvelables, les matériaux, parfois rares, qu’il faut utiliser pour capter ces énergies ne sont pas renouvelables, eux.
On n’a pas le choix : il est devenu urgent de songer à limiter notre consommation, il n’y a pas d’alternative. Non seulement la croissance n’est pas indispensable au bonheur mais elle est dangereuse pour l’avenir de l’être humain.
Que dirait-on d’une famille qui, ayant déjà une elle maison de taille suffisante, passerait son temps à faire des travaux pour l’agrandir ? On lui conseillerait de souffler un peu et d’en profiter.
Que dit-on d’un pays déjà bien équipé qui cherche toujours à produire plus ? Que la croissance y est bonne. Mais dit-on que ses habitants sont heureux et profitent de la vie ? On ne se hasarde pas jusque là.
Le courant de la simplicité volontaire, avec l’écrivain québécois Serge Mongeau, explore certaines pistes pour vivre autrement que dans la croissance économique sans fin : il suggère ainsi de privilégier la qualité de la vie et les relations humaines, de savoir vivre sobrement, sans gaspiller et de prendre le temps de vivre.
"Vivre mieux avec moins"

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