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Des fonds d’investissement français dans le collimateur

C’est le mensuel Capital qui rapportait hier cette information dans son édition online. Des fondateurs de start ups innovantes, victimes de pratiques abusives de la part de fonds d’investissements hexagonaux dénoncent un système organisé de kidnapping d’entreprises ! Que se cache-t-il derrière cette annonce au parfum de scandale ? 

Il ne s’agirait pas d’un cas isolé puisque ces entrepreneurs se sont regroupés en collectif et ont publié un livre qui décrit comment ces fonds spécialisés dans l’innovation parviennent à prendre impunément le contrôle des jeunes pousses. 

Tout y passe ! A la manière d’un mini pamphlet comme Péan sur Kouchner (à ceci près qu’ici les accusés ont des problèmes avec la justice) l’auteur raconte avec éloquence les méthodes cavalières employées par des directeurs de participation pour s’approprier la matière grise de ces entreprises, virer les fondateurs et revendre, après dépeçage, au plus offrant. 

La méthode semble bien rodée et le réquisitoire développé met en garde les inventeurs contre les déconvenues qui les guettent dès leur arrivée en « incubateur », jusqu’au jour où ils seront récompensés de leurs efforts par le label OSEO, et deviendront une proie facile pour des financiers sans morale qui n’auront qu’à se baisser pour ramasser les valeurs accumulées.

Le livre est téléchargeable gratuitement sur leur site : www.fcpi-pratique.com
Seule restriction (volontaire), le collectif n’indique pas nommément quels sont les fonds mis en accusation ni quelles sociétés, en amont, gèrent ces filiales douteuses. Des révélations qui pourraient se préciser rapidement, tant cette nouvelle polémique rajoute aux déboires actuels de la place financière et qu’on imagine mal l’Etat fermer les yeux sur ce nouveau scandale.

Malheureusement, c’est tout un système qui sent la gangrène.

Les incubateurs n’accueillent toujours pas en nombre suffisant les chercheurs. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas forcément vocation à devenir entrepreneurs ou à se substituer à eux. Pour pallier à ce manque, la mission des cellules de transfert pourrait être considérablement accrue. Tous les labos regorgent de potentielles innovations de rupture susceptibles de rencontre un jour un marché. Mais comment les valoriser efficacement ?

D’autre part, les incubateurs qui ont pour mission de faire décoller ces innovations souffrent d’un manque d’encadrement qualifié. A peine « incubés », les porteurs de projets entrent dans une course aux aides publiques, assistés par des praticiens de l’administration, rompus, certes, au ficelage des aides à l’innovation, mais souvent ignorants de la réalité du business de terrain qui attend les innovateurs.

Leur motivation n’est pas toujours non plus en adéquation avec les entrepreneurs : les incubateurs vivent de la part des subventions qu’ils rapportent aux projets ; les entrepreneurs ont d’autres nécessités qui ne collent guère au cadre et aux méthodes qui leur sont imposées.

Enfin, le nerf de la guerre, c’est la valorisation et le financement. Et là, force est de constater qu’en dehors des magnifiques PowerPoints qu’on leur soumettra, aucun porteur de projet ne bénéficiera de conseils d’expert susceptible de l’accompagner dans cette étape essentielle.

Du coup, en dehors de quelques managers formés à ces pratiques, peu seront capables de juger avec le recul nécessaire les schémas de capitalisation qui leur seront proposés. D’autant que les cabinets juridiques qui conseillent les levées de fonds sont généralement ceux du fonds d’investissement. Toutes les dérives sont alors possibles…

Ce que raconte le livre mentionné plus haut constitue hélas un décryptage sans fard de ces pratiques et nous invite à entamer une vraie réflexion sur le pilotage de l’innovation en France.

Source : capital.fr

par Xavier Bellecourt mercredi 4 mars 2009 - 19 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Lisa SION 2 (xxx.xxx.xxx.73) 4 mars 2009 13:17
    Lisa SION 2

    " Tous les labos regorgent de potentielles innovations de rupture susceptibles de rencontre un jour un marché. "

    Toute la difficulté repose sur le fait que chaque innovation met en péril un ancien système, comme la lampe Led qui consomme un watt heure pour un éclairage équivalent met en veille les factures Edf, les consommations et factues privées et les fabriquants de lampes à néon avec leur usine interne et les douilles différentes.

    Les labos regorgent de potentielles innovations qui nécessitent de changer le modèle auquel sont attachés des quantités d’acteurs et pas les moindres. Il existe des systèmes qui coûtent dix fois moins cher que les anciens et dont les consommations passent presque à zéro.

    les grandes entreprises souaiteraient que leur noms apparaissent sur les nouveaux produits et participent au système qui va ruiner les chances des jeunes entrepreneurs. Ainsi, ils rachèteront les actis dont les brevets pour une bouchée de pain. C’est le cas pour Gemplus et Uniross, entreprises françaises leaders dans la carte à puce et la batterie rechargeable...

  • Par Olivier Malvidine (xxx.xxx.xxx.7) 5 mars 2009 18:39

    @Frechin. Rentrons dans le vif du sujet comme vous le suggérez. J’ai moi-même fondé une entreprise sur la base d’une innovation dans les biopharmas. J’ai été « incubé », encouragé, adoubé. J’ai reçu des aides publiques, déposé des brevets, été élu lauréat par de magnifiques commissions (où siégeaient des concurrents ) puis ai réussi à lever des fonds auprès d’un FCPI qui a imposé un audit, nouveau business plan, un dirigeant de transition, un pacte d’actionnaires, etc.. Comme beaucoup d’autres, j’ai signé, persuadé par tant de professionnalisme, d’avis expérimentés et la conviction que mes trois années de travail aboutissaient enfin. J’ai tout accepté. Comment dire non à tous ces spécialistes du business-développement et leurs conseils ? Trois mois après, je comprenais que le capital levé n’avait qu’un but : « habiller la mariée ». Plus question de marketing et d’industrialisation. Six mois après, ma société était délocalisée et un an après j’étais viré… Oui, j’ai porté plainte, mais dans 5 ans lorsque l’action judiciaire aboutira, cette entreprise n’existera plus, le fonds se sera remboursé (en vendant ou en faisant jouer sa garantie), mes brevets se seront envolés (les aides publiques aussi) et ce FCPI sera déclaré « meilleur financier de l’innovation de l’année » !
    Le pire, c’est qu’ici je ne peux même pas dire son nom sous peine de me prendre une nouvelle assignation pour diffamation ou tout autre prétexte. Le harcèlement juridique est leur arme privilégiée. Quant à la « corporation », tout son intérêt est de contribuer à ce nettoyage nécessaire. Les institutionnels ne peuvent non plus continuer à ignorer cette situation ou feindre l’étonnement. C’est tout l‘édifice de l’innovation qui est en danger.

  • Par Olivier Malvidine (xxx.xxx.xxx.7) 5 mars 2009 11:53

    Quelle histoire ! Certes ce n’est pas nouveau, mais il faudrait maintenant réagir. Oui, des fonds d’investissement font très mal leur boulot. Oui, on compte de plus en plus d’entrepreneurs dépossédés de leurs biens par des financiers douteux. Oui, tous ne sont pas à mettre dans le même panier. Mais combien d’années encore devrons-nous attendre pour qu’enfin la profession sanctionne ces pratiques ? Cette réalité est pathétique. Il existe pourtant des institutions chargées de contrôler ces professionnels, l’AMF et l’AFIC entre autres. Que font-elles ?
    Le problème est que la plupart des entrepreneurs victimes n’osent pas communiquer sur ces agissements. Et on peut les comprendre. Comment feraient-ils ensuite pour se relancer, remonter des entreprises, lever à nouveau des fonds ? Une exposition médiatique leur serait plus nuisible encore. Ils n’ont d’autre issue que mettre genou à terre, tenter de récupérer les restes de leur investissement et s’effacer. Une vraie paire de rames. Les moins fragiles repartiront (à l’étranger) ou seront casés comme salariés avec un titre honorifique. Leur silence et leur abnégation seront salués. Quelle mascarade !

    Je trouve personnellement ce bouquin particulièrement aimable. Il mériterait une édition augmentée d’exemples. Le contenu de certains pactes d’actionnaires est effarant. Bercy devrait faire le ménage et s’inquiéter simplement de l’application des textes de loi. Comment voulez-vous motiver les chercheurs et les entrepreneurs si les seuls débouchés de l’innovation sont la constitution de sociétés à dominante financière qui n’ont plus aucun lien avec l’essence même de l’entreprise et son objet d’origine ? 

  • Par Michel FRECHIN (xxx.xxx.xxx.252) 6 mars 2009 10:01

    @Olivier
    je vous lis avec circonspection. On est tenté de vous dire qu’il ne faut pas écrire n’importe quoi.
    Mais si vos propos peuvent être confirmés ou prouvés, je vous répondrais que nous sommes encore en France, avec une justice et que des conduites comme vous le révélez sont scandaleuses et qu’elles doivent être jugées et punies.
    j’insiste tout de même sur le fait qu’on a peine à vous croire.
    le process que vous décrivez servirait à quoi ?
    Pourquoi vous piquer votre entreprise ? vous avez inventé l’eau chaude ?
    une telle découverte qu’ils ne veulent pas partager le gateau ?
    ça, je comprendrais volontiers, en pensant tout de même que c’est scandaleux, sans éthique, et que c’est du vol. mais cela existe dans toutes les corporations et c’est pourquoi ce doit être puni.
    mais dites le !, dites qui vous êtes !, faites le savoir partout !
    ce qui ressort également de la lecture de votre contribution, c’est qu’il faut une véritable organisation pour arriver à réliser tout cela.
    on ne monte pas une telle opération de "capture" sans avoir de l’expérience et sans avoir la tête et les mains prêtes à ces actes de pirates.
    Votre histoire me fait penser à un homme politique (que j’ai hélàs connu) qui fut connu dans les derniers vingt ans pour avoir fait une carrière extraordinaire et tellement inattendue !
    Il était contre toute attente devenu le seigneur de sa région. Peu de gens - ses proches, ses esclaves et ceux qui acceptaient sa protection moyennant silence - avaient conscience de ses façons de faire ignobless et il était exclu de dire quoi que ce soit sinon la tête tombait dans l’heure.
    sauf qu’un jour, il ne fut plus réélu en raison d’une bêtise : jugez plutôt, un brave homme refusa de se taire et révéla que ce politique avait fait carrière "les mains dans le cambouis".En révélant sa propre histoire, ce brave monsieur révéla aussi avec force de pruves à l’appui les souffrances qu’il avait du endurer.
    en quelques semaines le château de cartes s’effondra !
    et ainsi la ville et la région découvrirent une multitude de coups tordus, de saletés, d’ignominies, de la puissance inventée et imaginée, les langues se délièrent et enfin le grand public apprit avec stupéfaction et dégoût, quel genre d’individu il avait élu et réélu pendant plus de 30 ans.
    le plus sordide est que c’est la politique prit un mauvais coup.
    Il semblerait que les fonds dont vous parlez sont ou jouent les seigneurs dans leur domaine.
    alors continuez, parlez, dites la vérité.
    il arrivera un moment - si vous dites juste - où, en raison du petit qui aura parlé, ils s’effondreront, et la vie ou la société les obligeront enfin à se comporter loyalement.
    Ma petite histoire est authentique, je peux vous la prouver.
    Mais elle veut dire aussi que tous les hommes politiques ne sont pas comme celui que j’ai évoqué, et que tous les fonds ne sont pas comme ceux dont vous parlez.
    après tout n’oubliez pas qu’ils ne sont qu’un (petit) pan de la finance...... château branlant !  !!!! 

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