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Des nouvelles de l’usine à gaz

La décision du Conseil constitutionnel, relative au projet de loi voté par l’Assemblée nationale sur le secteur de l’énergie, ne se contente pas de renvoyer au 1er juillet 2007 la privatisation de GDF. Elle fait également disparaître l’obligation de « tarif réglementé », tout en conservant le retour au « tarif transitoire ». Conclusion : à partir du 1er juillet 2007, que la privatisation de GDF se réalise ou pas, préparez-vous à de sévères augmentations.

Cette décision repousse au 1er juillet 2007 la privatisation de GDF, car c’est à cette date que GDF perd sa qualité de service public :

26. (...) ce n’est qu’au 1er juillet 2007 que Gaz de France perdra sa qualité de service public national ; dès lors, le transfert effectif au secteur privé de cette entreprise ne pourra prendre effet avant cette date.

C’est en effet seulement à cette date que prend effet la directive abolissant tout monopole de vente d’énergie, aux industriels et aux particuliers :

12. (...) son transfert au secteur privé ne saurait en tout état de cause intervenir avant le 1er juillet 2007, date de l’ouverture à la concurrence du marché de la fourniture de gaz naturel aux clients domestiques.

Mais les prix, dans tout ça ? A l’heure actuelle, les particuliers payent un "tarif réglementé". Le Conseil constate que ce prix fixé par l’Etat n’est pas un service public défini, et que l’obligation de le proposer est contraire aux directives européennes transposées :

9. Considérant que les dispositions de l’article 17 de la loi déférée concernent les tarifs réglementés (...) qu’elles ne se bornent pas à appliquer les tarifs réglementés aux contrats en cours mais imposent aux opérateurs historiques du secteur de l’énergie, et à eux seuls, des obligations tarifaires permanentes, générales et étrangères à la poursuite d’objectifs de service public ; qu’il s’ensuit qu’elles méconnaissent manifestement l’objectif d’ouverture des marchés concurrentiels de l’électricité et du gaz naturel fixé par les directives précitées, que le titre premier de la loi déférée a pour objet de transposer ; qu’il y a lieu, dès lors, de déclarer contraires à l’article 88-1 de la Constitution les II et III des nouveaux articles 66 et 66-1 de la loi du 13 juillet 2005 susvisée, ainsi que, par voie de conséquence, les mots « non domestique » figurant dans leur I concernant les contrats en cours...

Les articles annulés du projet de loi stipulaient ceci :

I. - L’article 66 de la loi n° 2005-781 (...) est ainsi rédigé :

« Art. 66.

« II. - Un consommateur final domestique d’électricité ou de gaz naturel bénéficie, pour un site, des tarifs réglementés de vente d’électricité ou de gaz naturel s’il n’a pas lui-même fait usage pour ce site de la faculté prévue (d’y renoncer) (...).

I bis (nouveau). - Après l’article 66 de la loi n° 2005-781 de la même loi, il est inséré un article 66-1 ainsi rédigé :

« Art. 66-1. - Pour les nouveaux sites de consommation (...) les organismes en charge de la mission définie (...) sont tenus de proposer une fourniture d’électricité à un tarif réglementé de vente (...).

« Pour les nouveaux sites de consommation (...) Gaz de France et les distributeurs mentionnés (...) sont tenus de proposer une fourniture de gaz naturel à un tarif réglementé de vente (...).

Imposer à GDF privatisé un tarif réglementé est contraire à la directive européenne. Cela paraît logique : dans un marché, ce n’est pas l’Etat qui fixe les prix. Il peut subventionner des tarifs sociaux, mais à tous les opérateurs, ce qui est d’ailleurs prévu dans le projet de loi.

La conclusion en est qu’en vertu des directives transposées, les tarifs réglementés disparaissent au 1er juillet 2007, au moins pour tout nouvel abonnement domestique, qui se retrouvera donc sur le "marché libre".

Mais ces nouveaux abonnés ne pourront-ils pas souscrire au tarif "réglementé transitoire", dont je parlais dans un article précédent ? Hélas pour eux, ccelui-ci ne s’applique qu’à ceux qui ont déjà choisi le "marché", c’est-à-dire les industriels.

Mais pourquoi ce tarif "transitoire" n’a-t-il pas été sanctionné lui aussi, alors qu’il s’applique également à de nouveaux contrats ? Parce que ces contrats sont limités à deux ans. Au bout de deux ans, tout le monde à l’eau ! En théorie. Les particuliers n’auront pas cette sauvegarde.

Cette décision est limpide : privatisation ou pas, l’Etat ne pourra plus fixer les tarifs ni du gaz, ni de l’électricité. Ils viendront dès l’an prochain du seul "marché". Que les libéraux se réjouissent, nous allons pouvoir constater de visu si le marché de l’énergie a un sens. C’est-à-dire, à mon avis, voir si l’on peut faire mieux qu’Enron. J’espère en tout cas que la grande inspiratrice de cette libéralisation, Mme de Palacio, qui est maintenant administratrice de BNP Paribas, un des principaux actionnaires de Suez, en sera satisfaite.


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19 réactions à cet article    


  • T.B. T.B. 7 décembre 2006 12:16

    Article bien étayé, comdab de la part de Forest, mais j’ai une autre analyse se plaçant sous un autre angle.

    Privatisation ou non d’EDF GDF, sur la place publique, depuis des mois m’exaspère un peu.

    Les médias en parle principalement sous la pression des 300 000 Electriciens et Gaziers de France qui ne veulent pas perdre avantages, statuts, régimes spéciaux qui leur ont été accordé depuis la création du CEA (Commissariat à l’Enérgie Atomique, 1ère épic) dans les années 1950.

    Avantages d’une corporation corrompue et à productivité nulle (sans parler des cotisations qui n’ont jamais été payées par les agents EDF GDF, l’équivalent de plusieurs dizaines de milliards d’euros qui manquent aujourd’hui dans les caisses de l’ACOSS / URSSAF) qui doublent voire triplent le prix de nos factures, nous, en tant que particuliers.

    Pourtant, et honteusement, le gouvernement a signé avec eux un contrat stipulant qu’ils ne perdront pas leurs régimes spéciaux (retraites et autres avantages scandaleux). Par ailleurs, si le monopole d’EDF GDF est perdu, il rebondira en duo ou oligopole avec d’autres grands groupes européens comme nos 3 opérateurs français de téléphonie mobile ne se privent pas, avec la complicité de l’ART, de s’entendre illégalement sur les tarifs poussés au maximum supportable vers le haut.

    J’ajoute que les français ont tout intérêt à s’équiper de cellules photovoltaïques et d’éoliennes « maison » dont les qualités, les rendements ne cessent de progresser et leur coût de diminuer ( sauf en France pour cette partie car le prix des composants est bloqué par l’ADEME, autre épic, établissement public à caractère industriel et ... commercial !!!) , l‘ensemble couplé à d‘autres innombrables solutions d‘énergie renouvelables à souhait, et non relié au réseau EDF. L’ensemble déjà pour un moindre coût et à plus fortes raisons si les citoyens font d’eux-mêmes s’envoler le marché privé qui, lui, joue à fond la concurrence sur les prix.

    - Coût des charges ( entretien) du nucléaire : 80 % de son prix !!!
    - Coût des charges ( entretien) des énergies renouvelables « chez soi » : quasiment nul.
    - Coût des charges ( entretien) des centrales éoliennes EDF avec des mastodontes de 80 m de haut : 20 % du prix.

    Sans oublier environ 30 % de perte énergétique lors de son transfert ou acheminement moyen alors qu’aucune perte n’a lieu directement acheminée par le toit de votre maison ou celui de votre entreprise.

    EDF GDF veut prendre de vitesse le marché privé de l’énergie non-polluante (pas d’émission de CO2 ni de traitement monstrueux des déchets nucléaires) pour 2 raisons :
    - Ne pas payer les lourdes pénalités si les chiffres fixés par le protocole de Kyoto ne sont pas atteints.
    - Eviter l’éffondrement du marché monopolistique qui dévoilerait le principal objectif d‘EDF : le maintien ou le développement et l’export du nucléaire militaire sous l’égide du Conseil de Sécurité dont dépend l’ONU et ses OMS, OMM, OMPI, OIT, UIT, HCR, HCDH.


    • Gnole (---.---.192.187) 7 décembre 2006 21:16

      Tu m’explique alors comment on fait pour avoir une des électricité les moins cher du monde si la « productivité » des agents d’EDF est « nulle » ?

      Faut revoir complètement l’argumentaire mon petit smiley


    • T.B. T.B. 8 décembre 2006 01:25

      Mon grand,

      Et d’une « une des électricités les moins chères du monde » cela ne veut pas dire grand-chose, car il faut distinguer, dans la composition du prix ...Hors taxes, Autres taxes et TVA.

      Sur les 30 pays de mon tableau-lien plus bas la France arrive en 16ème position pour le prix total le plus bas de l’électricité pour les ménages :

      http://www.jakouiller.com/share/Image/elec%20compo%20prix.jpg

      Ce n’est donc pas une des moins chères au monde, idée faussement répandue par les intéressés eux-mêmes. Pour le prix du gaz le résultat est sensiblement identique.

      Ensuite, la productivité résulte de deux types de considérations
      - Sur le rendement, relativement à la question de l’énergie (comment ai-je travaillé)
      - Sur l’efficience, relativement à la question de l’intelligence (qu’ai je fait ?)

      Pendant longtemps, EDF a souffert d’une rentabilité (ou rendement ou productivité) très basse pour un groupe bénéficiant d’un tel monopole, d’autant plus qu’à la faiblesse de ses résultats sur le marché domestique, s’ajoutaient les contre-performances de ses filiales étrangères. Son parc français de 58 centrales nucléaires (en 2004) est bien amorti et l’entreprise dégage aujourd’hui des excédents bruts d’exploitation imposants (13 milliards d’euros). Malgré cela, son bilan est très fragile, à cause de son développement international, de sa politique tarifaire en France et de la dégradation accélérée de sa rentabilité.

      Isoler un élément que l’on considère hâtivement fallacieux (alors que c’est toi qui ne connais pas bien le dossier) pour dénigrer l’ensemble n’est pas intellectuellement honnête.

      Je termine en disant que mon commentaire plus haut se veut dépasser le cadre le l’article car je ne souhaite ni la privatisation, ni le retour à la nationalisation du groupe EDF GDF mais sa disparition pure et simple au profit d’une autonomie énergétique entière pour chaque ménage car la chose est parfaitement possible à l’échelle d’une nation. Et pour un moindre coût.


    • Rage Rage 7 décembre 2006 12:52

      Bonjour Forest,

      Toujours un plaisir que de lire l’article du vieux sage de la forêt de SDA !

      En effet cette belle usine à gaz est aussi opaque que vicelarde. D’une part on ne demande en rien l’avis aux citoyens concernés, d’autre part on sait que cela va inévitablement tirer les prix vers le haut.

      Un bon petit documentaire sur Enron à 20h le dimanche soir en calmerait plus d’un sur la « privatisation » des marchés de l’énergie.

      Comme je l’avais déjà dit, je ne vois en RIEN l’avantage de privatiser GDF (ni EDF du reste) si ce n’est engraisser des actionnaires et des agents qui du coup se taisent (forcément une action à 30€ côté 52€ (EDF) ça fait taire, surtout quand on a des options à 10€ à l’achat...). Double prime à EDF-GDF pour ceux qui décidémment se seront gavés sur le dos des français. Double peine à ceux qui payent, puisque eux doivent subit des hausses que le marché régulé aurait pu et du contenir mais que le marché ouvert réadapte forcément à la hausse puisqu’ailleurs l’énergie est plus chère (on a pas tout un parc nucléaire comme en France).

      Bref, quoiqu’il advienne, cela va encore pénaliser ceux qui sont les plus fragiles et les consommateurs de base qui viennent déjà d’encaisser +40% de hausse en 3 ans.

      Ah, vivement que le chauffage devienne un luxe ! (humour noir)

      Disons seulement qu’à l’élection de 2007, si la gauche passe (ou autre que Sarko-UMP) on peut encore avoir un espoir de modification des règles du jeu, d’où le report post mai 2007 d’une bombe électorale en puissance.


      • L'ancien L’ancien 7 décembre 2006 13:07

        Je ne suis pas d’accord avec la conclusion de cette analyse, effectivement bien construite quoi que partielle, laissant sous-entendre que Suez est le grand méchant loup... En plus, il ne faut pas oublier qu’il y a une élection présidentielle en 2007. Lire ci-dessous, mon article (réaction à chaud) de vendredi matin, refusé par la rédaction (article confus, imprécis sur la forme) Par ailleurs, avec la bourse les choses sont très mouvantes, lire cette dépêche par exemple : AOF le 07/12/2006 12h25 : EDF : JP Morgan juge l’emballement démesuré (AOF) - Le cours de l’action EDF a grimpé de plus de 14% ces 4 derniers jours. Selon JP Morgan, cette hausse s’explique par l’optimisme démesuré provoqué par l’annonce du Conseil constitutionnel du 30 novembre sur les tarifs réglementés. En effet, la fin de la réglementation tarifaire devrait permettre à l’électricien français de générer d’importants profits. Mais le broker insiste sur le fait que les Sages n’ont pas supprimé les tarifs réglementés, ce qui n’est pas contraire à la législation européenne. JP Morgan estime qu’il n’y aura pas de réelle déréglementation avant 2010 et que les effets ne seront pas immédiats.

        ==================================================== Ci-dessous : mon article refusé de vendredi dernier

        La libéralisation du marché de l’électricité européen progresse tous les jours un peu plus, pour le plus grand bien des citoyens européens nous dit la commission européenne. Aujourd’hui l’action EDF flambe de plus de 5% [1], les actionnaires se frottent les mains. Demain les consommateurs, payeront-ils toujours plus ?

        Tout d’abord rappelons quelques faits : depuis plusieurs années l’Europe conduit/pousse à la libéralisation des services considérés comme publiques [3], et en particulier du marché de l’électricité, pour tous ses états membres. En France, à gauche comme à droite, bien conscient de la spécificité électrique Française, le nucléaire, les humains politiques avancent à reculons pour libéraliser le marché. Par ailleurs, l’expérience Californienne, avec Enron [4], ne passe pas pour réussite flamboyante pour les politiciens pragmatiques.

        Puis finalement en novembre 2005 le capital est ouvert à hauteur d’environ 15%. Les tenants de la mondialisation gagne cette première bataille en faisant notamment miroiter la plus grande facilité pour une entreprise à capital non entièrement étatique d’aller profiter de l’énorme marché potentiel de l’électricité nucléaire en Chine. Au jour d’aujourd’hui, les contrats énormes d’EDF en Chine où sont-ils ? En attendant, c’est vrai l’action EDF se porte très bien, +60% depuis le premier janvier 2006 !

        Deuxième bataille, assurer la disparition de tarif régulé par l’état, garant d’une hausse des prix de l’électricité et des bénéfices qui vont avec. Donnez nous un monopole, ne contrôler pas les prix, nous actionnaires, nous voterons pour. Les citoyens consommateurs n’ont rien à dire, ils ne comprennent pas les impératifs du marché.

        Hier soir (le 30/11/2006), tombe la décision du Conseil Constitutionnel [2] qui semble aller dans le sens souhaité par « le marché » : la libéralisation des prix pour les particuliers au 1er juillet 2007. Ce matin le marché vote, encore et encore, il vote pour le monopole EDF. L’action EDF flambe, mais pas celle de son principal concurrent en France, Suez. C’est étrange ? La concurrence ne profite pas de cette annonce ? Et non... Le marché vote, comme dans le cas des autoroutes, pour s’approprier une rente de monopole nucléaire qui appartenait à tous les Français. C’est tellement plus simple, et plus rentable.

        La libéralisation de l’électricité, avec la montée de l’action EDF, cela ne fait donc que débuter. Au regard de l’histoire californienne [4] et de l’histoire récente en Europe [5], les factures lourdes et les délestages [6] synonymes de noir pour les citoyens aussi ?

        [1]www.boursorama.com/conseils/detail_conseils.phtml ?&symbole=1rPEDF&news=3819311 [2] http://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2006/2006543/2006543dc.htm http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_societes.phtml ?&symbole=1rPEDF&news=3819393 [3] http://www.agoravox.fr/article.php3 ?id_article=15461 [4] http://www.monde-diplomatique.fr/2002/02/FRANK/16103 [5] http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-830940@51-830943,0.html [6] http://www.rte-france.com/htm/fr/accueil/coupure.jsp


        • Forest Ent Forest Ent 7 décembre 2006 13:39

          « Je ne suis pas d’accord avec la conclusion de cette analyse laissant sous-entendre que Suez est le grand méchant loup. »

          Je ne voulais pas dire cela. Pour moi, Suez n’est qu’un des loups de la horde, peut-être pas le plus gros ni le plus méchant. Je l’ai pris à titre d’exemple pour plusieurs raisons.

          A mon avis, en droit français, le rôle de Mme de Palacio pourrait être qualifié de « prise illégale d’intérêt ».

          Une autre chose intéressante avec Suez est qu’un autre de ses plus gros actionnaires est Paul Desmarais, ami de M. Sarkozy et de G.W. Bush, et en relation d’intérêt avec BNP, Dassault, ... Voir mon site pour plus d’infos.

          Mais il y a bien sûr d’autres prédateurs dans la forêt, et je suis preneur de toute information là-dessus.

          « il ne faut pas oublier qu’il y a une élection présidentielle en 2007 »

          Ca peut changer la privatisation de EdF et GdF, mais ça ne changera rien à la fin des tarifs, qui découle d’une directive européenne. Si la gauche passe en 2007, pour rétablir les tarifs, il faudrait qu’elle change la loi, et qu’elle invente un service public, associé au prix MOYEN de l’énergie, et compatible avec la libéralisation européenne. Ca n’a rien d’évident et prendra pas mal de temps. En attendant, Enron est là.

          Ce qui reste à discuter, c’est le périmètre : la fin des tarifs sera t elle uniquement pour les nouveaux contrats (construction, déménagement) ? Ou bien ne doit-elle pas être étendue à TOUS les contrats ? Je suppose qu’il y a quelques conseillers d’Etat en train de torturer le texte en ce moment.


        • L'ancien L’ancien 7 décembre 2006 14:33

          Merci pour ces précisions.

          Il semble donc qu’on converge une fois encore vers la Brussel, la BCE & Co... Dérégulation quand tu tiens nos technocrates...

          N’oublions pas deux poins :
          - edf : prolongement de la durée de vie des centrales de 40 à 60 ans => rente nucléaire pendant encore longtemps, les tarifs pourront toujours être re-régulés artificiellement (style TIPP, électricité gratuite pour les RMI...) par l’Etat si les Français souhaitent cela et surtout si ils le manifestent (au deux sens du terme...),
          - gdf : les tarifs seront soumis au risque Gazprom... et là effectivement, selon moi, il vaut mieux être gros pour essayer de négocier avec les Russes.

          L’ancien


          • (---.---.229.236) 7 décembre 2006 14:52

            La hausse des tarif est une bonne chose pour l’environement, ainsi que pour les finances de l’Etat.

            Par contre, Suez ne semble absolument pas vouloir de GDF, un truc plein de fonctionnaires qui n’ont jamais vraiment travailler.


            • Forest Ent Forest Ent 7 décembre 2006 19:25

              « la hausse des tarif est une bonne chose pour l’environnement »

              Oui.

              « ainsi que pour les finances de l’Etat »

              Non. Pour les finances des vendeurs. Si EdF et GdF sont privatisés, l’Etat ne touchera rien. Et sinon, cela reste des établissements à but commercial, qui ne seront pas obligés de transférer à l’Etat leur plus value. L’Etat se finance en fait par des taxes. Le niveau des prix et l’environnement d’un côté, et la privatisation et la libéralisation d’un autre côté, n’ont strictement rien à voir entre eux.

              « Suez ne semble absolument pas vouloir de GDF, un truc plein de fonctionnaires qui n’ont jamais vraiment travaillé »

               smiley smiley smiley

              Vous voulez dire que c’est GdF qui a été chercher Suez ? Puis-je rappeller que le prétexte de la privatisation de GdF était une OPA de ENEL sur Suez ?

              J’ai eu la même opinion que vous à une époque. Et puis je me suis rendu compte qu’après privatisation les prix augmentaient, les salaires diminuaient, et la différence, bénéfice supplémentaire, n’était pas réinvestie. Alors bon ...


            • mijo (---.---.154.16) 7 décembre 2006 18:03

              Cet article est intéressant, mais je ne partage pas du tout cette conclusion de l’auteur : « à partir du 1er juillet 2007, que la privatisation de GDF se réalise ou pas, préparez-vous à de sévères augmentations ». Pour ma part, je me prépare à la concurrence et j’ai l’espoir qu’elle sera plutôt profitable aux particuliers comme l’a été l’ouverture du marché des télécom qui a permis l’émergence de nouveaux opérateurs (Free, Neuf Cegetel, Alice, Télé2,...)a créé une saine émulation entre eux, avec quand même à la clé la réduction des factures téléphoniques et ADSL pour les particuliers. Certes, le marché de l’énergie est un peu différent, certes la concurrence risque d’être un peu faussée au départ, mais il y a des acteurs tels que Poweo, Direct-Energie, Enercoop et GEC susceptibles de faire des offres attractives car ils n’ont pas les faramineux coûts de structure d’EDF. D’autre part, il y a aussi des particuliers qui, tarifs régulés ou non, quitteront sans regret la vieille dame, car son jus, produit à 80% dans les cuves nucléaires, n’est pas à leur goût. Vive l’Europe et vive la liberté.


              • Forest Ent Forest Ent 7 décembre 2006 19:39

                « Que les libéraux se réjouissent » ai-je clamé. Nous pourrons voir le résultat d’ici moins d’un an. smiley

                Cela dit, je ne risque pas grand chose à ce pari, pour des tas de raisons.

                Le prix du marché est assis sur le pétrole, sensiblement plus cher que le nucléaire, et qui n’a pas l’air parti pour baisser.

                Ensuite et surtout, le prix de marché contient une intermédiation du risque qui était « mutualisé » (assuré par la collectivité) dans le tarif régulé.

                Enfin, il n’y a aucune chance de voir apparaitre rapidement beaucoup d’entreprises capables de distribuer partout. On vient donc de créer de nouveaux oligopoles comparables à ceux des eaux ou du GSM.

                La comparaison avec le téléphone est trompeuse, car la libéralisation de celui-ci s’est faite dans un contexte de bouleversement technologique impliquant la construction de nouvelles infrastructures, ce qui n’est pas le cas de l’énergie et du rail, dadas de Mme de Palacio.

                Notez d’ailleurs bien que l’électricité ne se transporte pas. Quand vous l’achèterez à un fournisseur lituanien, celui-ci ne la produira pas. Il l’achètera tout bonnement à EdF. Son métier sera, comme Enron, courtier en produits dérivés du marché de l’énergie. J’insiste sur ce point car il me semble important pour comprendre la réforme : elle ne crée pas de producteurs mais des intermédiaires financiers. Vous n’achèterez plus de l’énergie mais le produit d’une usine à gaz.


              • mijo (---.---.154.16) 7 décembre 2006 22:09

                Vous dites : « La comparaison avec le téléphone est trompeuse, car la libéralisation de celui-ci s’est faite dans un contexte de bouleversement technologique impliquant la construction de nouvelles infrastructures, ce qui n’est pas le cas de l’énergie et du rail,... » Je pense que le secteur de l’énergie est en pleine évolution. Il est lui aussi dans un contexte de bouleversement quant à son mode de production (énergie solaire photovoltaïque, éolienne, fusion nucléaire - seulement à l’état de recherche pour cette dernière -). D’ailleurs l’émergence de ces nouveaux modes de production (solaire photovoltaïque)a contribué à dynamiser l’économie allemande. Le parallèle marché de l’énergie /marché des télécoms est un peu délicat mais je persiste à trouver des analogies : France Télécom, à la fois propriétaire du réseau et fournisseur unique du service, était un sacré verrou qui a fini par sauter (du moins pour la partie fourniture de services).

                Quand vous dites : « Notez d’ailleurs bien que l’électricité ne se transporte pas. Quand vous l’achèterez à un fournisseur lituanien, celui-ci ne la produira pas. Il l’achètera tout bonnement à EdF ». Il se trouve que, en France, Poweo (concurrent D’EDF et GDF)s’est engagé dans un projet industriel : Le développement de la 1ère CCGT, centrale à cycle combiné à gaz, à Port sur Sambre (Nord) d’une capacité de 412 MW et que sa mise service opérationnelle est prévue fin 2008. En souhaitant qu’il fasse des émules, salutaires pour notre économie un peu plombée par des boulets monopolistiques...


                • Forest Ent Forest Ent 7 décembre 2006 23:51

                  Mais rien ne l’empêchait de la faire avant la réforme ! EdF n’a jamais eu le monopole de la production d’électricité. Seulement celui du transport et de la distribution.

                  Comme « boulet », EdF vendait quand même l’électricité la moins chère d’Europe. Il n’était pas intéressant pour Poweo de faire une centrale à gaz à l’époque des prix régulés. Maintenant que les prix EdF remontent vers les prix du gaz, ça le devient. Est-ce bien cela que vous souhaitiez ? Faire monter les prix afin de substituer les hydrocarbures au nucléaire ?

                  Je le répète : la réforme ne crée pas les producteurs. Le marché de la production était déjà libre. Les principaux métiers créés par la réforme sont les suivants : « responsable d’équilibre », courtiers et grossistes, gestionnaires de marché (style Powernext), sans oublier les commissions de contrôle comme la CRE, les gestionnaires de réseau de transport, comme RTE. Tous ces métiers peuvent être faits dans un bureau avec un ordi. Il ne s’agit pas d’industrie, mais de finance.


                • Bulgroz 8 décembre 2006 00:20

                  Usine à Gaz ?

                  Lors d’une réunion préparatoire à l’organisation de la 2ième phase du marché de l’énergie en UK, et lors d’un break et tasse de thé à la main, j’ai pris par la manche un représentant de l’Ofgem en lui disant que leur nouveau machin était une vraie machine à gaz et que je ne voyais pas comment l’énergie allait devenir moins cher, celui ci m’a répondu sans l’ombre d’une ironie que ce nouveau marché n’avait pas pour objet de faire baisser les prix de l’énergie (objectif premier pourtant annoncé par l’Ofgem), mais de faire vendre le sysytème à de nombreux pays (Singapour, Australie...) et ainsi faire travailler les metiers de la consultance qui sont largement britanniques !!! (Sic).

                  Par ailleurs, il est à noter que faire cohabiter sur un même réseau plusieurs suppliers fait que le gestionnaire du réseau ne connait plus son taux de perte : En UK, les pertes techniques ou commerciales ne sont pas connues par réseau mais nationalement. Ainsi, une fois connues, les pertes sont péréquées sur les différents distributeurs.

                  Donc, un distrinuteur n’a pas intérêt à améliorer son taux de perte car il paie comme les autres ou pour les autres.

                  Au moment où il faut faire des économies, ca la fout mal.


                  • Forest Ent Forest Ent 8 décembre 2006 00:53

                    Le mieux, c’est quand même les « responsables d’équilibre » !

                    Quand on a 1000 clients, les erreurs se compensent et il n’y a pas de problème. En facturant à chacun ses erreurs de prévisions, on crée un marché à partir de rien. C’est encore mieux que le vide quantique.

                    Et tout ce monde s’agite et vibrionne et se congratule et fait des conférences et vend du conseil et ne sert à rien.


                  • Rage Rage 8 décembre 2006 00:20

                    Oui Forest, et en plus, ils n’apportent aucune plus value et surtout un surcoût à la facture, puisqu’il faut bien les payer ces pauvres courtiers.

                    Quand j’étais gamin, je disais à mes vieux qu’en France on faisait toujours les mêmes conneries que les américains, en pire, 10 à 15 ans plus tard (le temps de bien se confirmer que c’est une connerie, mais pour bien insister).

                    L’avantage avec Enron, c’est que cela date de 2001 (qu’est ce qu’on s’est marré en 2001 à la bourse, tout le monde a compris que le casino boursier c’était avant tout du pipeau). En faisant encore plus vite, fera t’on encore pire ?

                    On demandera alors à Mme de Palacio de rendre le fric qu’elle aura gagné par biais interposés dans l’actionnariat dans Suez... Suez elle même à la botte de Sarko (étrange ?!) et de... ah non toujours les mêmes.


                    • Rage Rage 8 décembre 2006 00:24

                      J’oubliais : Aux US, Skilling and co ça a été arrêt cardiaque (la moule) et 20 ans ferme.

                      Sinon, pour l’aspect « durable » j’imagine qu’en perdant le contrôle globale (chose qu’on aimerait TANT avoir pour pleins de choses) on va perdre de vue les pertes réseaux, les probo-koala qui trainent et autres...

                      En effet, ça la fout mal Bulgroz.


                    • mijo (---.---.98.149) 8 décembre 2006 14:31

                      Forest,

                      Vous dites : « Comme »boulet« , EdF vendait quand même l’électricité la moins chère d’Europe » Si la France a eu longtemps l’électricité la moins chère d’Europe, il me semble que c’est parce qu’une bonne partie des coûts réels ne sont pas comptabilisés. Soit ce sont les contribuables qui payent, soit les coûts sont transférés aux générations futures (et c’est pas un cadeau !). Le coût du Kwh nucléaire inclut-il le coût du traitement des déchets, de leur stockage à long terme, du démantèlement des vieilles centrales ? La libéralisation du marché de l’énergie, que curieusement beaucoup redoutent autant à droite qu’à gauche, va peut-être ouvrir une boîte de Pandore... et révéler que l’énergie nucléaire n’est somme toute pas si intéressante que ça (mais c’est juste une hypothèse...)

                      Quand vous dites « Est-ce bien cela que vous souhaitiez ? Faire monter les prix afin de substituer les hydrocarbures au nucléaire ? » Ma réponse est : Bien sûr que non. Je ne souhaite pas choisir entre la peste et le choléra. Je pense que pendant longtemps les investissemrents en France dans le nucléaire l’ont été au détriment de ceux dans d’autres énergies. Ce qui explique notre retard dans le solaire par rapport à nos voisins comme l’Allemagne et l’Espagne. (Ceci dit, pendant un certain temps en France, le minitel a freiné le développement d’internet, mais n’a pas pu l’empêcher. Maintenant qui regrette le minitel ?)

                      Qu’une firme comme Google choisisse de s’équiper en énergie solaire et que ces 2 fondateurs, qui ne sont pas des loosers, investissent personnellement dans Nanosolar, une compagnie de production de cellules photovoltaïques, est pour moi un signe que des enjeux prometteurs se dessinent de ce côté là.

                      Je pense qu’il fait savoir prendre certains virages, pour élargir ses horizons et j’ose espérer que l’ouverture du marché va y aider. Je souhaite à mes enfants de vivre dans un monde plus ouvert, plus libre, avec plus de choix et non plombé par le nucléaire. J’espère qu’ils n’auront pas à quitter la France pour poursuivre leurs rêves et entreprendre ce qu’ils souhaitent.


                      • Forest Ent Forest Ent 8 décembre 2006 18:47

                        Je souscris entièrement à votre vision des sources énergétiques. Vous pouvez d’ailleurs le vérifier sur un de mes articles précédents où j’analysais les défauts du nucléaire et indiquais qu’il faudrait en sortir un jour.

                        Que le démantèlement des centrales nucléaires ait été sous-provisionné est par ailleurs une évidence, mais j’ai la conviction que cela restera une dépense publique, même si EdF est privatisée. Avez-vous déjà vu une grande entreprise privée mondialisée assumer ses « friches » polluées ? L’affaire Rhodia (Rhône-Poulenc/Hoechst) est assez emblématique sur ce point.

                        Là où le sujet achoppe un peu, et je sais avoir du mal à l’expliquer, est que la libéralisation du « marché » n’améliore en rien la situation. Cette réforme n’a pas pour but de changer les politiques d’approvisionnement, mais de créer une concurrence, parce que c’est comme ça, et par pure idéologie. Je ne vois pas du tout en quoi elle permettrait de diversifier nos sources, bien au contraire.

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