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Accueil du site > Actualités > Economie > Des vertus du Libéralisme Equitable sur l’emploi et les (...)

Des vertus du Libéralisme Equitable sur l’emploi et les revenus

Le chômage au cœur des débats en temps de crise.

L’humain a t’il sa place dans une économie mondialisée et plus encore en temps de crise ?

On peut en douter au regard de l’évolution des chiffres du chômage. Le Bureau international du travail (BIT) a revu, fin janvier, ses chiffres à la hausse, prévoyant entre 210 millions et 240 millions de chômeurs dans le monde fin 2009 (51 millions de chômeurs de plus qu’en 2007). Le BIT annonce aussi 200 millions de travailleurs extrêmement pauvres supplémentaires.

A combien s’élèveront ces chiffres à fin 2010, et comment nos économies pourront-elles faire face à cette situation ?

Si nul ne le sait, il y a cependant fort à parier que sans réaction globale de la part de nos dirigeants, la sortie de crise aura des allures de gueule de bois.

Car après une première mi-temps consacrée à la crise financière, nous vivons la deuxième mi-temps consacrée à l’effondrement de nos industries privées de financements par des banques plombées par la crise des subprimes lors de la première mi-temps.

La fin de match est donc amer pour les laissés pour compte : les salariés mis au chômage et les chefs d’entreprises ayant déposé le bilan.

Une troisième mi-temps sous forme de crise sociale et de revendications pour le pouvoir d’achat est-elle donc à redouter ? A n’en pas douter, cette crise porte en germes tous les signes de conflits sociaux (qui ne peuvent qu’être irrationnels en période difficile !). Les critiques virulentes contre le capitalisme prennent une ampleur sans précédent avec en tête le rejet de tout ce qui touche aux avantages en faveur des plus riches. Des bonus aux retraites chapeaux en passant par les stocks options ou les avantages fiscaux, tout y passe, et rien ne passe !

Les populations de tous les pays touchés par la crise ne digèrent plus les avantages des plus aisés et la « crise de foi » menace même les états les plus libéraux, à l’image des états unis qui voient les salaires des patrons d’entreprises aidées par l’état plafonnés et soufflent le chaud et le froid sur la nationalisation de certains établissements financiers (comme en Angleterre). En France, c’est le rejet de la loi TEPA (le paquet fiscal) qui trouve un nouveau souffle avec la crise. Pour le reste du monde, la cible se situe du coté des paradis fiscaux, accusés de priver l’économie mondiale de milliers de milliards d’euros (ou de dollars, qu’importe a ce niveau !).

Bien sûr, dans un tel contexte toute nouvelle mesure de licenciement attise la colère et stigmatise les plus aisés face à la détresse de ceux dont l’avenir est hypothéqué (dans tous les sens du terme). Rien ne passe ! Ni le montant des indemnités de départ d’un dirigeant de groupe en difficultés, ni le versement des bonus aux traders ou aux brokers. Pourtant, la colère est toujours mauvaise conseillère et la peur n’a jamais évité le danger ! Car du chômage il y en aura toujours plus si rien ne change dans l’organisation de notre modèle de société, conséquence d’une mondialisation dont on commence seulement à mesurer les limites.

Alors, remettre l’humain au cœur de l’économie, au cœur du système de production en le remettant au travail a-t-il du sens ? Et cela suffira t’il à éviter la troisième mi-temps sociale de cette crise ? Mais surtout, est-ce encore possible ?

Des excès du capitalisme.

Faisons le pari qu’un changement radical de mode de fonctionnement de nos sociétés peut inverser le cours des événements et voyons quel impact peut avoir le Libéralisme Equitable appliqué à l’emploi.

Le travail a de tous temps été le moteur essentiel des relations sociales pour l’homme. Sans emploi, l’homme perd la reconnaissance des siens et l’estime de soi. Or, le modèle de société vers lequel la mondialisation nous a entrainés laisse de moins en moins de place à l’homme, et en particulier à ceux qui sont les moins qualifiés. Car si la mise en place de la division du travail a eu des effets bénéfiques sur la Richesse des Nations, « un pays qui contient trop d’improductifs (« une cour nombreuse et brillante, un grand établissement ecclésiastique, de grandes flottes et de grandes armées ») peut leur consacrer une part si grande de son revenu qu’il n’en reste plus assez pour maintenir le travail productif à son niveau, ce qui provoque une diminution du revenu national d’année en année ». (Adam Smith).

Et c’est bien à cette limite que nous devons aujourd’hui faire face. L’usage intensif (intempestif ?) de machines et d’automatismes pour assurer une productivité accrue cause des dégâts collatéraux qui pervertissent le cercle vertueux de l’augmentation général du niveau de vie.

Le mode de fonctionnement actuel de nos économies peut donc aisément être qualifié de Capitalisme Egoïste si l’on considère que l’accumulation de capital ne se fait plus par une épargne croissante de l’ensemble des populations mais par une richesse accrue d’un petit nombre d’individus seulement. En rejetant l’homme du système de production, on a certes amélioré la profitabilité des entreprises, mais on a appauvries les nations.

Ce système pernicieux d’exclusion de la valeur travail a pu survivre jusqu’à présent à ses propres contradictions grâce au renforcement de l’état providence, ou plutôt, devrait-on dire, l’état abondance. En lieu et place d’une recherche approfondie sur les moyens de créer du travail, les économies les plus développées ont préféré botter en touche et camoufler l’impact social du chômage par la mise en place d’un revenu d’inactivité et même (comble d’échec économique et social) d’un revenu de solidarité. Pendant ce temps, les pays les plus faibles se sont retrouvés avec un niveau de pauvreté toujours plus grand devenu même explosif. On peut effectivement y distinguer la pauvreté des champs, où l’on trouve encore à manger, de la pauvreté des villes, où la désespérance des ventres vides peut facilement mener à la révolte.

Si l’on considère la situation des pays développés, l’équation parait pourtant simple :

plus de chômage = plus d’allocations chômage

plus d’allocations chômage = plus de dépenses publiques

plus de dépenses publiques = plus d’impôts

plus d’impôts = moins de pouvoir d’achat …

Dans un tel schéma, il n’est donc pas étonnant que la pauvreté augmente et que l’on creuse des déficits abyssaux sans savoir comment ils seront remboursés. Car, à périmètre constant, les allocataires de cet état abondance (toujours plus nombreux) ne seront sûrement pas les contributeurs aux remboursements de ces déficits !

Maintenant, ayons la folie de modifier notre équation en remplaçant les « plus » par les « moins » et vice-versa. Etonnant non !

Bien sur, l’inconnue de l’équation n’est pas neutre : comment parvenir à « moins de chômage » ? Et s’il suffisait de donner du travail à tous pour résoudre nos problèmes de société, pourquoi ne l’avons-nous pas fait avant ?

Du travail pour tous…

Et si c’était possible !

Faisons le constat de notre société productiviste. Dans une logique de profits toujours plus grands et en réponse à la mondialisation des échanges on produit plus (et parfois mieux) en automatisant toujours plus les tâches. Or, pour maintenir ce rythme, il faut concevoir un modèle de société en croissance infinie (…), à ne surtout pas confondre avec un modèle de développement durable. Pourtant, le simple bon sens nous alerte sur cette capacité hypothétique à générer toujours plus de ce sacro-saint Produit Intérieur Brut. PIB, Ce gros mot censé représenter le saint graal du capitalisme. Enchainés à la logique consumériste des pays développés et rêvant du potentiel de consommation des pays émergents, les industriels, focalisés qu’ils étaient sur les taux de croissances « stupéfiants » des pays émergents, ont oublié de prendre en compte les dérèglements de la consommation liés à l’endettement (une notion très éloignée des réflexions d’Adam Smith ou de Jean-Baptiste Say). Leurs investissements ont donc été disproportionnés par rapport à la capacité réelle d’achat des consommateurs. L’automobile en est un exemple.

Alors, « du travail pour tous » est-ce une vue de l’esprit ? En répondant par l’affirmative, on ferait un constat d’échec inutile et surtout fataliste, ce qui n’est pas le propos de cette réflexion. En répondant par la négative, on s’oblige en conséquence à repenser notre modèle de société et à remettre l’humain au cœur du système de production.

Mais pour que des emplois soient créés, il faut cesser la course au productivisme et transformer radicalement nos outils de production pour passer d’un mode quantitatif à un mode équitable. Moins de machines, plus d’hommes, pour produire moins mais mieux et durablement. En d’autres termes, il convient de mettre en œuvre un nouveau modèle de division du travail afin de lutter contre la soustraction (de l’homme) du travail.

Soyons clairs. Le propos n’est pas de faire le procès du capitalisme (ne pas se méprendre sur la charge précédente !). Les capitaux restent un élément nécessaire à la création d’emplois et à l’amélioration de la qualité de vie par le progrès qui peut en découler. Mais ce n’est pas le chemin qui a été suivi jusqu’à présent faute d’avoir privilégié le facteur humain.

Il est donc de l’intérêt même du capitalisme de redonner toute sa place à l’homme dans le processus de production afin de mieux maitriser le développement économique pour qu’il devienne (enfin !) durable. A défaut, l’accumulation égoïste de capital ne pourra qu’être éphémère et relative, sujette aux aléas des crises et aux contraintes des cycles économiques. Pire (pour les capitalistes tout au moins), en ayant mis l’homme à l’écart du processus de production, la variable d’ajustement habituelle que représente l’emploi face à une baisse de la demande ne peut pas jouer sur la partie de production automatisée. Celle-ci entraine donc un risque systémique du fait de poids de l’endettement requis pour l’acquisition des machines. Faute de marchés, les investissements ne sont plus amortis et les dettes non remboursées menacent l’entreprise. C’est la faillite !

Résumons : l’homme au cœur du système de production, ca c’est fait ! Mais dans l’esprit du libéralisme équitable, deux composantes principales s’ajoutent à la nouvelle équation : une meilleure répartition des richesses et une obligation écologique.

La notion d’écologie requiert à elle seule une réflexion à part entière que nous avons abordée dans un chapitre précédent (1). La répartition des richesses relève quant à elle d’un lien très direct avec l’emploi et son revenu.

… et des revenus Equitables !

Concernant la répartition des richesses, il est intéressant de noter que les 25 premières fortunes mondiales représentaient $ 791 Mds en 2008 contre $ 166 Mds en 1991. A elles seules, les 3 premières fortunes mondiales de 2008 ($ 180 Mds) dépassaient les 25 de 1991.

Si l’on additionne la fortune des quelques 946 milliardaires de la planète en 2007, on atteint la somme de $ 3.500 Mds ! A titre de comparaison, Le PIB mondial en 2007 totalisait la somme d’environ $ 55.000 Mds pour environ … 6,7 milliards d’individus.

Ce rapport fait frémir ! Non pour ce qu’il apporte aux détenteurs de ces richesses, mais pour ce qu’il retire à ceux qui n’en disposent pas ! Car c’est bien là que le mal est le plus grand. Si l’on parle de richesse, on parle de « stock » d’argent et non des « flux » d’argent que représentent les revenus. Or, ces stocks sont une immobilisation de richesse issue d’une redistribution inéquitable de revenus. C’est donc autant de revenus non perçus par ceux qui ont œuvré à la création de richesse et autant de déperdition de capacité d’investissement productif.

Une nouvelle fois, l’idée n’est pas de remettre en question les revenus du capital (question évoquée plus haut) mais plutôt leur utilisation et la question éthique et morale qui y sont liées. A titre d’exemple, afin de rassurer les marchés financiers sur sa bonne gestion, un grand groupe français lance en pleine crise financière un « plan d’économies » de 35 millions d’euros en 3 ans et met au chômage 400 personnes dans ce but. A titre anecdotique, le propriétaire de l’enseigne (grand collectionneur d’art contemporain !) possède une fortune de 10 Milliards d’euros …

Mieux répartir les richesses et replacer l’homme au centre des préoccupations économiques ! Nous avons évoqué précédemment quelques raisons de tendre vers cet objectif. Reste à intégrer cette composante dans un modèle de société capable de proposer un travail à tous et un revenu équitable.

L’erreur à ne pas commettre au départ est sans doute de confondre revenu et salaire !

Le salaire est évidemment au cœur des préoccupations des populations puisqu’il représente la quasi-totalité de leurs revenus. Bien évidemment, la meilleure façon d’améliorer son revenu lorsqu’on est salarié est d’obtenir une augmentation. Cette augmentation des salaires répond théoriquement à l’objectif de hausse du pouvoir d’achat et participe d’un meilleur équilibre dans la répartition des profits tout en contribuant efficacement à l’investissement grâce à l’accumulation de capital résultant de la croissance de l’épargne (schéma d‘Adam Smith).

Un brin populiste (…) cette solution est certes efficace pour la relance de la consommation dans le pays qui la pratique mais présente de nombreux inconvénients :

  • Pour le pays dont le revenu par habitant s’accroit, il faut disposer d’un appareil productif conséquent afin ne pas dégrader la balance des paiements. Par ailleurs, sans contrepartie en gains de productivité ou en hausse de production, ce revenu supplémentaire a un effet inflationniste faisant perdre l’avantage en pouvoir d’achat de la hausse de salaire (retour à la case départ !).
  • Les entreprises qui pratiquent ces hausses de salaire sont confrontées à un désavantage « compétitivité-prix » par rapport à leurs concurrents. Par ailleurs, dans la pratique, augmenter les salaires en période de crise ne fait qu’accroitre les difficultés des entreprises déjà soumises à une baisse de chiffre d’affaire et de profits par la tension sur les marges.

Pour les salariés eux-mêmes, l’avantage est significatif puisqu’à travail égal la rémunération est supérieure. Et, toutes choses égales par ailleurs, le pouvoir d’achat supplémentaire contribue à l’amélioration du confort de vie.

Seulement, voilà, toutes choses ne sont pas égales par ailleurs ! Dans un modèle économique mondialisé où les barrières douanières sont tombées (trop vite ! A tort ?), où la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes rend le commerce international perméable à toutes les pratiques non éthiques (travail des mineurs, chasse aux subventions, dumping …), cette première option (l’augmentation des salaires) présente objectivement autant d’inconvénients que d’avantages au plan économique (surtout en période de crise), et ne redonne surtout en aucun cas une place de choix à l’homme dans l’activité économique. En versant un plus gros salaire à ceux qui ont du travail, on n’a pas offert l’opportunité de créer des emplois pour les chômeurs et on prend même le risque de voir son entreprise délocaliser son activité vers un pays plus « accueillant » financièrement. Par ailleurs, comme nous l’avons évoqué plus haut, cette fausse solution de la hausse des salaires sans contrepartie productive porte un risque inflationniste intrinsèque qui n’est pas souhaitable.

Ceci étant posé, on n’a pas encore répondu au besoin (au souhait, au désir, à la nécessité …) de distribuer un revenu équitable. Alors peut-être faut-il commencer par définir ce qu’est un revenu équitable !

Ce revenu équitable comprend 2 composantes principales que sont le salaire fixe et le revenu variable.

Un salaire fixe, bien sûr, afin de rémunérer le travail fourni par le salarié. Nul doute que l’on n’a rien inventé de mieux comme référence pour établir un lien entre le travail et sa valeur. Pour autant, la mondialisation nous oblige aujourd’hui à repenser sérieusement la notion de salaire minimum. En effet, l’expérience nous montre que la recherche par les entreprises d’un profit toujours plus élevé trouve une réponse dans les délocalisations vers des pays à main d’œuvre bon marché. Qu’il s’agisse de main d’œuvre avec ou sans qualification, la course aux salaires les plus bas a été lancée de longue date et ne s’arrêtera pas en chemin. Prenons simplement l’exemple des sociétés d’externalisation des services qui, surtout en temps de crise connaissance une croissance exceptionnelle, aggravant plus encore le chômage des pays développés dont les coûts salariaux sont plus élevés.

Il apparait donc clairement que le salaire minimum a vécu et doit être refondu dans une approche plus globale de rémunération du travail. A défaut, les pays développés continueront de perdre leurs emplois au profit des pays les plus pauvres, pour un bénéfice principalement orienté vers les détenteurs de capitaux (le capitalisme égoïste), les salaires versés dans les pays en développement ne correspondant bien souvent qu’au minimum vital.

Alors, de quelle manière peut-on réformer ce salaire minimum ?

Osons l’idée d’une possibilité de moduler ce salaire minimum selon les secteurs d’activité ! La notion de SMIC à la française devient de facto caduque et est alors remplacée avantageusement par un Salaire Modulable d’Activité Catégorielle (SMAC). Autrement dit, dans l’idée de maintenir les emplois dans les pays développés et de les répartir plus uniformément et de façon plus équilibrée au niveau géographique, il convient d’encourager chaque branche d’activité à réfléchir à un salaire horaire équitable (et non plus minimum) applicable pour l’ensemble de la filière quelque soit le lieu de production ou de prestation. Ce salaire serait alors applicable au niveau international pour toutes les entreprises de la filière.

Ce SMAC International autoriserait alors une révision complète de notre modèle de société aujourd’hui axé sur la recherche du profit maximum pour orienter désormais les économies vers la recherche d’un meilleur équilibre écologie-social- économie.

 

Les avantages du SMAC sont nombreux !

Pour commencer, on moralise les délocalisations devenues sauvages depuis plusieurs décennies. Cette formule stoppe en effet tout intérêt aux « délocalisations salariales » en réduisant la formule de compétitivité prix aux seules variables coût du capital et taux de change. Le choix d’une entreprise de délocaliser son activité n’a désormais plus d’intérêt que dans le cas d’un environnement mieux adapté ou attrayant et assurant des débouchés plus intéressants.

De même, on note un impact écologique majeur puisque l’on supprime la partie transport afférente aux délocalisations précédentes en autorisant le retour de la production au plus proche des marchés de destination des biens.

Ensuite, on équilibre la répartition des pôles d’activités au niveau géographique en cassant la dynamique (ou plutôt la « statique » !) de spécialisation des compétences par pays, artificiellement entrainée par la seule recherche de salaires bas. Ainsi, on redonne aux pays développés une opportunité de créer de l’emploi non qualifié et de conserver des savoir-faire propres à l’identité de ces pays.

De même, pour les entreprises, les coûts et risques liés à chaque délocalisation sont de fait supprimés.

Quant aux pays en développement, la perte potentielle d’emplois résultant de ces mesures trouve une compensation dans la hausse moyenne des salaires versés par les entreprises. Car inévitablement, ce SMAC fera l’objet d’un nivellement par le haut des salaires pour ces pays !

 

Mais des inconvénients existent.

L’inconvénient majeur est bien sûr la révision du salaire minimum. Car si l’on peut miser sur une hausse des salaires moyens dans les pays en développement en se basant sur le principe du SMAC, il est donc clair que le salaire moyen versé dans les pays développés sera lui-même inférieur au salaire actuel.

Mais il faut savoir ce que l’on veut ! Actuellement (et durablement) le modèle de société en place nous mène dans l’impasse ! En détruisant les emplois dans les pays développés pour les localiser dans des pays en développement on ne fait qu’accroitre les déficits des pays développés (l’état et les ménages s’endettant pour continuer à vivre au dessus de leurs moyens) et on déstabilise les pays en développement par la course permanente aux délocalisations en entrainant une hausse du coût de la vie lors de l’arrivée des entreprises étrangères (immobilier, biens de consommation …) et en rendant les économies locales dépendantes des investissements étrangers (par un spécialisation économique trop forte). Autant de points qui laissent les pays concernés dans la misère au départ des entreprises étrangères …

On ne peut donc rester dans cette situation plus longtemps, mais une compensation doit être mise en place face aux réductions de salaire éventuelles liées au SMAC.

 

Quelle compensation appliquer au SMAC pour atteindre un revenu équitable ?

Plaçons nous dans la perspective principale du Libéralisme Équitable qui revient à définir les conditions d’une plus juste répartition des richesses. Sur ce principe, le SMAC apporte aux pays en développement une base salariale en progression, ce qui revient à élever une partie de la population au rang de « classe moyenne ». On peut donc faire l’hypothèse de la création d’emplois de services (à la demande de cette nouvelle classe moyenne) et de la mise en place d’une meilleure politique de redistribution au profit des classes les plus basses (grâce à une base de cotisations sociale élargie). Ce nouvel ensemble devient donc un modèle de développement durable et vertueux.

Pour les pays développés, au contraire, la masse salariale (volume de salaire payé en contrepartie du travail effectué) est en baisse, mais la base salariale (nombre d’emplois rémunérés) est en hausse (grâce aux emplois rapatriés). Il convient donc de compenser cette perte de revenu net pour ne pas pénaliser les salariés des pays développés.

Pour ce faire, le premier levier est celui du partage plus équitable des richesses. Dans l’introduction à cette réflexion (2), nous avons développé l’idée de « la généralisation des règles d’intéressement et de participation adaptées de façon sectorielle entre les entreprises et les partenaires sociaux sous le contrôle des états ». Ces éléments de rémunération doivent s’appliquer dans la juste mesure d’une compensation de revenu pour l’ensemble des Catégories d’activités dont les salariés toucheraient un salaire basé sur un SMAC inférieur au salaire minimum actuel. Quel intérêt pour l’entreprise alors ? L’idée est d’exonérer l’entreprise de toute cotisation et taxe cette part de rémunération. L’entreprise est ainsi gagnante et l’état compense cette perte de recettes par la suppression de la charge liée au traitement social du chômage.

Et pour les Catégories d’activités dans lesquels ce rapport serait favorable aux salariés (tous pays confondus) une taxe (équivalente à une portion seulement du revenu supplémentaire) prélevée à la source par l’entreprise doit être reversée à l’état afin d’alimenter un Fonds Mondial de Régulation des Economies (FMRE) géré par la Banque Mondial et destiné au développement des infrastructures essentielles au développement durable sur la planète.

Le second levier concerne les notions de Malus Social et de Dividende Social (également développés dans le volet « Du Libéralisme Equitable », versés a l’état afin de constituer un Fond de Formations de Reconversion et d’Investissement en vue de relancer l’activité et soutenir la création d’emplois.

 

Comment inciter les entreprises à rentrer dans ce schéma ?

Posons déjà comme préalable que le Libéralisme Equitable implique un rôle plus fort du régulateur. Cette règle essentielle au bon fonctionnement de l’économie inclus dans son organisation les états et le FMI dans une relation plus étroite avec des moyens renforcés grâce aux recettes directes du mode de gestion des emplois et revenus avec un objectif de maitrise de la croissance mondiale (à venir : De l’équilibre public-privé dans une économie Libérale Equitable).

 

Ainsi, le modèle de Libéralisme Equitable présente une réponse positive quant à la place de l’humain dans la société et son système de rémunération en le replaçant au cœur du système de production. Mais surtout, ce modèle ouvre la voie à une réflexion jusqu’alors dans l’impasse et qui nous permettra de traiter dans un prochain volet « des vertus du Libéralisme Equitable sur l’équilibre public-privé ».

 

(1) http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/des-vertus-du-liberalisme-54637

(2) http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/du-liberalisme-equitable-ou-54588


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