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Accueil du site > Actualités > Economie > Désendettement : copions le Canada...

Désendettement : copions le Canada...

Le Canada s’est trouvé, il n’y a pas si longtemps, dans la même situation budgétaire que nous, une dette publique qui était montée jusqu’à 67,5 pct du produit intérieur brut du pays, en 1995/96. Et pourtant, il semble s’en sortir après huit années d’efforts persistants. Il est donc particulièrement intéressant de se pencher sur les raisons de la montée de cet endettement, et surtout sur les recettes qui ont été appliquées là-bas pour revenir à une situation normale d’endettement.

hydrolienne_001Les raisons de la constitution de cette dette étaient les mêmes qu’en France, un déficit permanent des budgets successifs sur 20 ans également, avec, dans les derniers temps, un déficit supérieur à 5 pct du PIB. Le service de la dette absorbait le montant de l’impôt sur le revenu, soit 35 pct du budget, comme en France. Mêmes causes, mêmes effets, donc.

Simplement, une prise de conscience et une appropriation du problème par des électeurs, piqués dans leur orgueil national par les critiques des médias du frère américain. Des élites politiques qui ont compris que l’assainissement des finances publiques ne passait pas par des modifications cosmétiques de l’organisation de l’État et de ses dépenses,, mais par un véritable projet de société.

Cette réforme fondamentale de l’État Canadien s’est basée sur une revue critique de toutes les fonctions de l’État, ministère par ministère, de tous ses grands services et de ses grands projets. Revue qui s’est faite sur la base de 6 critères communs : l’intérêt public du programme considéré, l’efficacité de ce programme ou service, les fonctions régaliennes de l’État, le rôle de l’État fédéral par rapport aux provinces, la capacité des contribuables à payer tel ou tel service, la disponibilité de services privés alternatifs, etc. hydrolienne_002

Certaines fonctions ou programmes ont été fortement réduits, d’autres plus modestement, parfois la révision est allée trop loin. Mais au total, tous les ministères ont vu leurs fonctions redéfinies de manière critique et adaptée aux possibilités financières du pays.

Au total, les dépenses de l’État sont tombées de 17 pct à 11 pct du PIB. Les effectifs de la fonction publique ont diminué de 23 pct et, depuis 1997, le budget de l’État est devenu excédentaire. Résultat, la dette de l’État est descendue à moins de 40 pct du PIB, et le service de la dette à moins de 20 pct, et l’économie a été dynamisée.

C’est une revue critique des missions de l’État du même type que j’ai eu l’occasion de demander moi-même dans ces colonnes, à plusieurs occasions. Je suis heureux de voir que cela peut être efficace, et donc qu’il y a des débuts de solutions à la situation de notre pays. Espérons que nos hommes politiques, de droite comme de gauche, comprendront enfin le sérieux de la situation, et surtout qu’ils prendront le problème à bras le corps, pour le résoudre, plutôt que de se complaire dans leurs bisbilles politiciennes.

Et espérons aussi que les électeurs et citoyens français s’approprieront le problème…

 

 

 


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17 réactions à cet article    


  • Phil (---.---.190.182) 20 décembre 2005 14:14

    Au final, tout ceci a t-il eu un impact sur l’emploi ? Et quelles conséquences (concrètes et par delà les discours entendus ou les analyses macro-économiques) sur la vie de chacun ?


    • (---.---.162.15) 20 décembre 2005 14:24

      Merci pour nous montrer ainsi un intéressant point de repère, nous en avons effectivement besoin comme un levier... pour échapper aux impuissants moulinets qu’on actionne ici depuis quelques années.

      Chez nous donner la parole aux citoyens, ça pourrait signifier diminuer fortement le budget de la défense, mais « la France d’en haut » n’est guère d’accord...

      D’après votre graphique, c’est un peu pareil chez vous, on a davantage économisé sur l’environnement que sur la défense... Vous êtes sûrs que ce sont les citoyens qui ont fait ce choix ?

      Je rêve qu’un jour on me demande en bas de ma feuille d’impôts « Sur quel ministère voulez-vous qu’on fasse des dépenses ? », c’était comme ça chez vous ?

      Vous n’avez pas parlé des impôts, cela veut-il dire qu’il n’ont guère évolué durant cette période de redressement ?

      Am.


      • Phil (---.---.190.182) 20 décembre 2005 14:41

        Sur le budget de la défense et son éventuelle réduction, j’ai quelques unes de mes connaissances (initialement assez anti-militaristes et de la classe des nouveaux coopérants façon ONG) qui ont été assez satisfaites de pouvoir bénéficier d’une « extraction » par une armée disposant encore de suffisament de moyens. Faute d’argent précédemment alloué au budget militaire, ils se seraient sans doute retrouver « en caleçon » au fin fonds de la brousse (leur petit cerveau bien pensant n’avaient évidemment pas prévu cette option).

        Pour en revenir au papier de Cadérange , j’aimerai connaître les conséquences d’une réduction drastique des financements publics sur la population d’un pays industrialisé comme le Canada ... Au demeurant, je m’interroge sur la pertinence de la comparaison, France et Canada n’ayant économiquement que peu de similitudes ...

        Phil


      • Mathieu (---.---.177.128) 20 décembre 2005 15:04

        Peut-on vraiment, sous prétexte que ça a marché au Canada, décider de faire la même chose en France ? Diminuer les budgets de certains ministères c’est réduire la satisfaction des besoins de la population concernant ces ministères, la population française a t-elle les mêmes besoins que la population canadienne ? Pas de réponse dans cet artcile, c’est dommage. Mais surtout, quelles ont été les conséquences de cette politique de désendettement ? Je ne parle pas des chiffres que vous nous présentez mais des conséquences sur la vie de canadiens. L’article n’en parle pas c’est dommage... Evidement il faut agir sur le datte de l’Etat mais pas à n’importe quel prix


        • (---.---.112.210) 20 décembre 2005 18:37

          Et si on ne diminuait plus les impôts ? Et si on ne faisait plus de cadeaux fiscaux ? Et si les privatisations allaient au remboursement de la dette ? Et si le budget militaire n’augmentait pas autant ?


          • Zamenhof (---.---.246.213) 2 janvier 2006 18:34

            Exactement il faut non seulement cesser cette baisse des impôts, mais les réaugmenter ; tout ça n’est bien sûr sur un discours démagogique pour citoyens ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez, que pour flatter la clientèle bourgeoise et surtout des financiers et investisseurs ! On fait des cadeaux aux plus riches, et c’est le pays tout entier qui paye les pots cassés.


          • amsp (---.---.58.225) 20 décembre 2005 19:21

            On parle de 180 000 foctionnaires au ministère de l’économie, en France, contre seulement 470 en Suède. Comment font-ils ? Toutes les déclarations (impôts) se font par internet ?


            • Sylvio (---.---.20.130) 20 décembre 2005 20:05

              470, j’aimerai bien voir ça...

              Rien que leurs parlementaires et leurs assistants doit dépassé ce nombre.


            • (---.---.112.210) 20 décembre 2005 19:36

              Où sont-ils ces 180.000 fonctionnaires et que font-ils ?


              • Michel Monette 20 décembre 2005 23:19

                Il y a eu des choix politiques appropriés, je l’avoue, mais il y a eu aussi beaucoup de détournement de désendettement. Je m’explique : au moment où les provinces faisaient face à une montée des coûts liés à leurs obligations constitutionnelles, la santé et l’éducation notamment, le gouvernement fédéral a unilatéralement diminué les transferts de fonds vers les administrations provinciales.

                Ces transferts se font en vertu du principe de la péréquation (redistribution de la richesse des provinces les plus riches vers les provinces les plus pauvres), mais aussi d’ententes de financement de services assumés par les provinces.

                Une large part de la diminution de la dette a donc été absorbée par les provinces, contre leur gré. Un des grands thèmes de la campagne électorale fédérale au Québec est justement le déséquilibre fiscal.

                Même la province voisine, l’Ontario, un fief du premier ministre actuel, réclame le rééquilibrage de la fiscalité pour que les provinces puissent assumer leurs responsabilités. Or Ottawa les affame pour pouvoir envahir leurs champs de compétence en vertu de son « pouvoir de dépenser pour la paix, l’ordre et le bon gouvernement. »

                Un des plus grands paradoxes du Canada est que le gouvernement fédéral nage dans les surplus alors que celui du Québec n’est même pas en mesure d’offrir au moins la protection du pouvoir d’achat à ses fonctionnaires à qui il vient d’imposer deux ans de gel de salaire par une loi spéciale.


                • caderange (---.---.21.177) 21 décembre 2005 23:07

                  Réponse de CaDerange :

                  Je n’ai malheureusement pas les réponses aux questions que vous posez sur l’impact sur les services proposés, sur l’impact sur les impots et sur la satisfaction des citoyens et consommateurs. Je vais essayer de me renseigner à ce sujet.

                  Le commentaire de Michel Monette, qui, si je ne m’abuse est ou vit au Canada apporte un début d’éclairage sur la manière dont le desendettement a été obtenu, en l’occurence en rebalançant sur les provinces certaines dépenses et en leur coupant un peu les vivres.

                  Si la même méthode venait à être appliquée en France, gageons qu’il se passerait aussi quelques passages de patate chaude entre pouvoir central et régions.

                  Par contre je crois qu’il est a peu prêt évident que réduire un endettement aussi considérable que le notre ne peut pas se passer sans un GROS effort pour tous les français soit en diminution de prestation, soit en augmentation d’impots(incidemment c’est ce que va faire l’allemagne). Je suis persuadé qu’il y a des gisements d’économies importants dans les rouages de l’Etat, des duplications de services( j’en connais), des services dont l’utilité est très discutable et dont nous pourrions nous passer sans que cela soit seulement noté par les citoyens, des missions qui pourraient être confiées au privé etc.

                  Je ne demande rien d’autre que l’Etat revoit d’un oeil critique les missions qu’ils s’est attribué au fil des ans sans jamais en supprimer aucune.

                  Je suis tout à fait d’accord également que l’exemple du Canada n’est pas transposable à l’identique en France et que leurs choix ont pu être discutables. D’ailleurs, à ma connaissance, ils sont revenus sur des coupes d’activité pour lesquelles, à l’expérience, ils étaient allés trop loin. Mais au moins ils ont attaqué le problème à bras le corps et ont apparemment réussi à le résoudre assez largement.


                • philippe montagne (---.---.171.175) 21 décembre 2005 03:12

                  bravo le canada ! mais ce pays souffreteux et recroqueville qui est le notre, ce pays de plus en plus souvent synonyme de ringardise et d’egoisme irresponsable sur la scene internationale, ce pays ficele et immobilise par ses dirigeants fonctionnaires, comment va-t-il faire pour prendre la meme voie ?

                  le canada a commence son evolution par une prise de conscience de ses dirigeants politiques et de ses journalistes, qui ont ensuite informe et convaincu le public.

                  la france ne peut pas compter sur ses dirigeants politiques pour s’atteler a la tache de sauver le pays.ils sont bien bien trop occupes a s’entre dechirer pour le pouvoir, regardez fabius a gauche, regardez bayrou a droite...

                  peut-etre la presse devrait elle donc enfin dire la verite aux francais de facon claire et lisible, de facon repetitive, jour apres jour, mois apres mois, jusqu’a ce que la situation reelle du pays rentre dans nos tetes de cabochards ?


                  • (---.---.34.171) 21 décembre 2005 07:09

                    c’est facile pour la France avec ses 8 000 000 DE FONCTIONNAIRES......... alors que 3 M suffisent............ une occasion se présente avec la prise de retraite des baby-boumers nos politiques corrompus vont elle la saisir ou condamner définitivement la France à devenir en 2050 comme le Mali .........

                    Et toutes les commissions consultatives payées à prix d’or.... à quoi servent-elles ? Et le sénat ? les partis politiques les dépenses de santé inutiles (au moins 50 %) les cadeaux aux grosses fortunes (fiscaux, et par les magouilles diverses qui peuvent être énormes en montant)

                    etc. ces hommes au pouvoir se servent dans notre caisse, à quand leur jugement pour haute trahison ?


                    • (---.---.135.235) 21 décembre 2005 08:58

                      Ces chiffres, c’est n’importe quoi. Avant de dire des betises, des verifications s’imposent.


                    • orange (---.---.38.61) 28 décembre 2005 17:34

                      allez voir comment le Canada a fait


                      • Daniel Bainville-Latour (---.---.120.216) 28 décembre 2005 19:27

                        La question de la dette publique, pour l’apurement de laquelle l’exemple canadien peut, certes, nous inspirer, n’est - helas - qu’un des aspects de la reconfiguration generale ( le « reengineering » ) que l’organisation francaise, dans son ensemble, doit operer.

                        Toute la societe civile ressent bien que rien ne va plus dans ce pays ou les politiques publiques sont aussi couteuses qu’inefficaces dans la quasi totalite des domaines.

                        Il ne faut pas compter sur la techno-structure administrative pour se remettre en cause. Aux politiques d’avoir le courage et la volonte de l’imposer. Sinon, c’est la rue qui l’imposera. Pour parler familierement, il y a le feu.


                        • Georgia (---.---.67.130) 31 décembre 2005 17:11

                          Désendettement, problèmes structurels, architecture condamnable, chomage, problèmes de banlieues, médecine ruineuse et inefficace dans les maladies chroniques... et j’en passe. Les solutions ? toujours les mêmes : augmenter les impôts !

                          Qui paye vraiment des impôts en France ? Certainement pas les fonctionnaires qui ne font que restituer un maigre pourcentage de leurs salaires payés par l’impôt de ceux qui coûtent peu et rapportent gros. La France, un des pays les plus chers au monde sur le plan de la fiscalité, est en train de ruiner sa poule aux oeufs d’or pour prolonger jusqu’à la faillite ses politiques d’assistanat global dont bien moins que la compassion le désir de contrôler des populations est le moteur d’origne de cette folie suicidaire.

                          Oui, folie suicidaire que ces légions de mendiants qui, incapables de se concevoir comme des fragments du libre univers avec tout son potentiel créatif, ou comme dans le folklore islamique, des « génies enfermés dans la bouteille », se promènent, des cailloux à la main, la bouche tordue, ou bien brandissent un panneau agressif pour réclamer ce qu’ils estiment être leur dû.

                          Rien n’est dû à l’homme, jamais, c’est une illusion que la vie, pour chacun, à son heure, se chargera de détruire...

                          C’est l’amour et l’amour seul qui accorde des droits à l’autre. C’est l’amour et l’amour seul qui crée les chemins de la complicité avec la vie, dégageant la juste place, le juste souffle pour chacun...et la fin de la fatalité qui s’ensuit... naturellement.

                          Mais ici pas d’amour, de la bonne conscience pour les nouveaux hypocrites,des moyens de contrôle et de pression,oui... Et dans ce bordel ambiant, tout le monde veut le beau, le vrai, le bien mais sans rien à payer... Le charity business, y compris...

                          Pour payer il y a les autres, les riches, les propriétaires, les boucs émissaires, les contribuables, enfin ceux qui contribuent vraiment. Et qui payent pour : les jeunes, les vieux, les malades, les chomeurs, les réfugiés, les économiquement faibles, les aides et subventions aux entreprises, aux associations, enfin et surtout, les fonctionnaires et les tentaculaires développements de ces pieuvres géantes, y compris européennes que les états nous ont collé sur le dos.

                          Saviez-vous qu’un milliardaire en France peut payer jusqu’à 80% d’impôt ? Et là il n’a évidemment pas encore payé la TVA sur tout ce qu’il achète, ni les taxes cachées, tabac, essence etc...Vous vous en foutez ?

                          Bien sûr, pourquoi pleurer sur le sort des pauvres gens riches ? Ce n’est pas sur son sort qu’il faut pleurer, c’est sur le vôtre... Car faire de l’argent, (je ne parle pas des planqués à gros salaire, je parle des bâtisseurs de fortune) c’est parfois un art, la plupart du temps une capacité et un talent qui ne s’enseigne pas, ne se décide pas, c’est là ou pas, et le désir est le moteur de l’action qui y préside. Et aucun milliardaire n’acceptera de ne conserver que les miettes de ce qu’il gagne, même si l’argent est rarement son but... ALors il reste en France, peut-être mais n’y investit plus rien. POur cela il y a l’ULkraine, l’amérique latine ou l’Asie.

                          Alors comme ça vous voulez encore plus d’impôts ? Surtout pas de baisse, non continuons à rendre la France, inintéressante au possible et n’attendez pas 2040 pour finir en quart monde, sans RMI et sans allocations... pendant que des tribus d’irresponsables se promènent dans les rues en réclamant ce qui ne leur est pas dû et que d’autres bloquent, paralysent, tendent la main et insatisfaits d’eux-mêmes en définitive -et là ils ont raison ... - sont prêts pour nourrir leurs égoîsmes forcenés à faire crever la France, la surendetter jusqu’à la faillite qui s’approche à toute vitesse...

                          Les riches resteront riches ailleurs.. là où d’autres apprécieront dans un confort qui les perdra à la longue, combien il est avantageux de conserver ces gens dans un pays, car ne devient pas milliardaire qui veut et les retombées nourrissent tout le monde, fabriquant qui plus est des contribuables pour le bonheur de tous...

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