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Accueil du site > Actualités > Economie > Dette américaine : S&P tire la sonnette d’alarme

Dette américaine : S&P tire la sonnette d’alarme

L'agence de notation Standard & Poor's vient d'abaisser sa perspective de note sur la dette américaine, dans un contexte politique difficile pour Barack Obama.

Coup de tonnerre à Washington. Standard & Poor’s (S&P), la célèbre agence de notation américaine, a abaissé sa perspective de note sur la dette américaine de stable à « négative. » Il s’agit de la première fois depuis 1941 et l’instauration de cette notation que les États-Unis voient leur note « triple A » menacée. L’effet de cette annonce a été vivement ressenti sur les marchés financiers, tous les secteurs accusant une baisse d’au moins 1% sur l’indice S&P 500. Le dollar et la dette américaine ayant fait office jusque-là de recours et de valeur de référence, le choc en est d’autant plus brutal. Au-delà, ce virage soulève de nombreuses questions sur la pérennité de la politique budgétaire actuelle et sur le rôle joué par l’État dans l’économie.

Cette décision intervient en plein débat sur le relèvement du plafond de dette et les moyens de lutter contre le déficit. Depuis la Commission du Budget dont il assume la présidence, le Républicain Paul Ryan a ainsi émis d’audacieuses propositions pour réduire la dette américaine – avec un objectif de « zéro déficit » et une réduction de dette évaluée à 6 200 milliards à horizon dix ans. Ce programme reflète la volonté qu’a la nouvelle majorité à la Chambre des Représentants d’en finir avec la détérioration des finances publiques. Sommé de répondre et placé dans une situation délicate, le Président Obama en est venu à proposer un plan plus timide prévoyant 4 000 milliards de réduction sur douze ans. Il illustre la difficulté du Président à dicter son agenda et à avoir une longueur d’avance sur ses opposants.

Toutefois, certains s’interrogent sur la question de savoir si l’agence S&P a bien choisi son moment pour procéder à cette baisse de perspective. Les membres du Congrès ont semblé longs à répondre, d’autant que la période coïncide avec celle des vacances de Pâques et que nombre d’entre eux sont rentrés dans leurs circonscriptions. L’administration Obama a, quant à elle, montré son irritation et son incompréhension. Certains fonctionnaires du Trésor se sont ainsi exprimés pour dire qu’une amélioration de la situation sur le front des déficits et de la dette était tout à fait atteignable.

Néanmoins, un des meilleurs aspects de ce changement de bord est certainement d’augmenter la pression reposant sur le monde politique. Trouver un accord viable, y compris au Sénat, sur ces questions financières et budgétaires apparaît de plus en plus comme incontournable. Il s’agit d’une attente forte aussi bien des électeurs que de la communauté financière. Le crédit et la position des États-Unis sont en jeu.

Au reste, la décision de S&P donne un singulier éclairage sur les évènements intervenus depuis la crise économique de 2008. De nombreux acteurs et analystes prédisaient un grand retour de l’État. Ils attendaient de ce dernier un rôle protecteur, régulateur, pour mettre fin aux perturbations intervenues sur les marchés et au niveau du secteur privé. L’initiative devait changer de bord, au profit des structures étatiques. Pourtant, trois ans après, on s’aperçoit que les États doivent maintenant faire des efforts, resserrer leurs budgets et effectuer des économies.

De fait, les dépenses parfois colossales employées pour relancer l’économie n’ont porté que très imparfaitement leurs fruits. Pendant ce temps, les déficits se sont creusés à des niveaux inédits. La crise de la zone euro a placé des pays comme la Grèce, l’Irlande ou le Portugal dans l’obligation de demander une aide extérieure pour résoudre leurs difficultés financières. Aux États-Unis, on s’aperçoit que le niveau de dépenses actuel de l’État n’est pas soutenable à long-terme et fragilise le pays. Il reste à espérer que la décision de S&P participe d’un effet d’ « électrochoc » nécessaire. Il revient maintenant aux responsables politiques américains de prendre les décisions courageuses qui s’imposent et d’effectuer un virage vigoureux en matière budgétaire et économique.

Un article du Bulletin d'Amérique.


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7 réactions à cet article    


  • Talion Talion 20 avril 2011 10:53

    Mieux vaut tard que jamais comme on dit...


    • Robert GIL ROBERT GIL 20 avril 2011 10:59

      voir comment les reformes fiscales ont endetté les USA....

      http://2ccr.unblog.fr/2010/11/21/modele-americain/


      • non666 non666 20 avril 2011 12:12

        Nous avons donc un pays dont la monnaie pourrait ne rien valoir mais qui sert de monnaie de reserve au monde entier et de devise d’echange « obligatoire »...

        Doit on rappeler que la condition du systeme financier mondial pour continuer a defendre le monopole du dollar etait justement que le probleme de la dette US soit réglée etcela depuis que les DTS ont été mis en place en lieu et place de l’etalon OR ?
        Dois t’on rappeler que Degaulle a été le seul a exiger le retour de ses encours dollar en OR au moment ou la monnaie de singe a été imprimé a tout vat ?
        Doit on rappeler que Sarkozy a fait exactement le contraire en bradant le stock d’or de la banque de France(le deuxieme stock public) pendat son ministere des finaces ET sa présidence de la republique ?
        Doit on rappeler que tout est desormais en place pour un effondrement generalisé des systemes financiers et une confiscation pure et simple des biens physiques par ceux qui seront « solvable » en monnaie de singe ?

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