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Accueil du site > Actualités > Economie > Dette de Marseille : 1 800 000 000 € ! (sans agios)

Dette de Marseille : 1 800 000 000 € ! (sans agios)

Fier d’être marseillais, vraiment ? Dans ce cas, vous ne rechignerez pas sur les 1,8 milliard de dette de la ville, soit 2 300 € par habitant ! Une dette colossale mais « bonne » pour Roland Blum, premier adjoint au maire, qui insiste sur les investissements que réalise la municipalité pour attirer entreprises, nouveaux ménages et touristes, permettant ainsi de faire rentrer des sous dans la caisse ! Du coté de l’opposition, certains « investissements ne sont pas toujours judicieux » et « le manque d’entreprises » handicape le remboursement des créances, pour Jean-Marc Coppola vice-président Front de Gauche de la région PACA.

A l’heure où la dette fait la Une de l’actualité avec la Grèce, les Etats-Unis sans oublier la France, News Of Marseille, s’est intéressé à la dette marseillaise : 1,8 milliard € soit plus de 2 300 € par marseillais(se) ! La cité phocéenne fait partie des 20 villes les plus endettées de France et il lui faudrait environ 17 années pour honorer ses créances.

Pour Roland Blum, premier adjoint délégué à l’expansion économique, la dette de la deuxième ville la plus peuplée de France est comme le bon cholestérol ! Un signe que « Marseille accélère », investit, notamment dans le secteur tertiaire, pour attirer de nouvelles entreprises et touristes pour in fine récupérer de l’argent via les impôts. Pour Jean-Marc Coppola, conseiller municipal et vice-président Front de Gauche de la Région Paca délégué aux investissements, Marseille « ne peut pas devenir une ville uniquement de tertiaire ! L’industrie, créatrice de richesses est à développer de nouveaux dans la ville si on veut rembourser cette dette colossale ! »

Compte de la ville : mode d’emploi

Qu’il s’agisse d’un compte personnel, de celui d’une ville ou d’un état, le principe reste le même : des rentrées et des sorties. Pour la ville de Marseille : « le compte de la collectivité est divisé en deux : une section de fonctionnement et une d’investissement », explique Gilles Dufrénot, professeur d’économie à la faculté d’Aix-Marseille.

Servant à payer les fonctionnaires ou octroyer des subventions, la section de fonctionnement est alimentée par les recettes qui regroupent principalement nos impôts locaux (taxe d’habitation, taxes foncières…) et les dotations de l’Etat.

La section dédiée à l’investissement est financée par emprunt et fonds propres. A savoir, qu’une collectivité ne peut être en déséquilibre. La cas échéant, le préfet, après avis de la Cour des comptes, reprend les clefs de la ville au maire. Un risque, que court, à quelques kilomètres de nous la Seyne-Sur-Mer, deuxième ville du Var.

Jean-Claude Gaudin qui détient le chéquier et carte bleue du compte de la ville depuis maintenant 17 ans semble être « un bon gestionnaire » d’après notre universitaire. La majorité n’hésite d’ailleurs pas à rappeler que « nous avons le même niveau d’endettement lorsqu’en 1995, M. Gaudin a pris la tête de la mairie ». A contrario des impôts locaux qui eux, ont augmentés de 40% entre 2001 et 2007.

Mais nos impôts servent aussi à rembourser la dette puisque cette dernière ne peut servir qu’à financer les investissements et non le fonctionnement. Contrairement à un état, une collectivité locale ne peut se permettre de vivre à crédit.

Vélodrome et hôtels de luxe : les grands travaux de Gaudin

« Marseille a voulu faire comme Paris avec Jacques Chirac lorsqu’il en était le maire : rendre attractif le territoire, en investissant dans les infrastructures, dans le but d’attirer ménages et entreprises pour rembourser à terme via les impôts sa dette », explique Gilles Dufrénot. Cependant pour l’économiste, rien ne semble encore gagné pour Marseille et les défis sont encore nombreux.

Parmi les grands travaux de Jean-Claude Gaudin : l’extension du métro, la réouverture du tramway ou encore la réalisation du tunnel de la Joliette… Des éléments qui « répondent aux besoins de la population, mais un métro et une ligne de tram qui font le même parcours, ça n’est pas très judicieux », fait remarquer Jean-Marc Coppola.

Cette année le budget d’investissement a dépassé les 200 millions € ! Une volonté de faire accélérer Marseille qui n’est pas étrangère à la floraison d’évènements que doit accueillir prochainement la ville. Marseille 2013 Capitale Européenne de la Culture a donné lieu à de grands chantiers : le Mucem ( Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée ), le CRM ( Centre Régional de la Méditerranée) ou encore le Silo. Le bâtiment qui autrefois servait au stockage et à la transformation du blé, va être transformé à son tour en centre culturel !

Le tertiaire ? Le choix du développement de la municipalité qui vante chaque année la hausse de son nombre de touristes. D’où la création d’hôtels de luxe, comme le Radisson ou l’Hôtel Dieu, toujours en construction. « Pour chaque touriste qui vient à Marseille, c’est plus d’une centaine d’euros de retombées pour la ville […] puisque si le chiffre d’affaires d’une entreprise augmente, la ville récupère une partie », rajoute le premier adjoint du maire.

Si le principe d’investir est plébiscité par l’opposition, « les taux d’intérêts des banques privées qui pèsent sur la dette » et l’orientation des dépenses le sont beaucoup moins.

La rénovation du Stade Vélodrome qui accueillera l’Euro 2016 fait polémique. Coup de l’opération : 267 millions. La nécessaire couverture du stade s’est transformée en zone tertiaire avec hôtels, boutiques et restaurants. 40 millions sont pris en charge par la ville auxquels il faut ajouter les 100 Millions d’euros sur 30 ans qui doivent être remboursés au constructeur, le groupe Bouygues. « Les nouvelles négociations entre la Commanderie et la municipalité iront de 0 à 11 millions. Si le club ne prend pas en charge 11 millions, le reste sera payé par le contribuable », alerte l’élu du Front de Gauche.

Du côté de la municipalité, ont fait valoir la création d’emploi et le nouvel afflux de nouveaux touristes. Un argument réfuté par l’élu de Front de Gauche : « avec cet argent il aurait mieux fallu construire des écoles maternelles et l’utiliser pour développer l’industrie . Il y a 50 ans, Marseille était une pépinière d’industries, aujourd’hui il n’y a plus rien ! Les banques ne prêtent qu’aux activités qu’elles estiment les plus rentables, Net Cacao en est le parfait exemple ».

Pour Jean-Marc Coppola, plaide plus pour une diversification de l’économie : « les recettes que fournissent l’industrie sont plus importantes que celles du tourisme. Et d’ailleurs, l’industrie fait fonctionner les services et donne à la ville une certaine forme indépendance ! »

Accélérer sans trébucher

« Pour qu’une ville soit compétitive il faut aussi que sa population ait un haut niveau de qualifications dans différents secteurs », insiste Gilles Dufrénot. Marseille possède certains atouts en la matière : des classes préparatoires au lycée Thiers et une faculté de médecine renommées. Idem du coté de la recherche : Marseille est le 2ème pôle régional du CNRS (Centre National de Recherche Scientifique).

Cependant « des progrès restent à faire autour des nouvelles technologies et de l’ingénierie », tempère l’économiste. « Beaucoup de jeunes avec des diplômes sont obligés de partir faute d’avoir trouver un travail ! […] Marseille devient le bronze-cul de l’Europe ! », s’indigne le vice-président de la région Paca.

Autre défis : la mixité urbaine. Qu’il s’agisse de l’énorme chantier de rénovation et développement économique Euroméditerranée à 22,5 millions € pour la ville, ou la construction tout azimut de logements sociaux pour être dans les clous de la loi SRU… L’opposition critique l’exclusion sociale des plus précaires vers les quartiers Nord.

Selon l’économiste, l’égalité des chances par la mixité sociale serait la condition sine qua non pour transformer, Marseille la populaire en Marseille la compétitive ! Une véritable mutation sur du long terme qui permettra in fine de rembourser cette chère et tendre dette !

Pour voir l'interview, cliquez ici.

Coralie Mollaret - News of Marseille

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13 réactions à cet article    


  • Neosysteme Neosysteme 21 juillet 2011 12:01

    Vu que l’euro et le dollar vont s’écrouler, les créances des villes et des état font disparaître dans l’anarchie qui va en découler...

    Il faut arrêter de compter les dettes ; les villes, les états, les entreprises, les ménages sont endettés...

    Il n’y a pas assez d’argent sur la planète pour rembourser ces dettes !

    Ne cherchez pas des solutions où mécaniquement il n’y en a pas ; l’effondrement (inévitable, sauf sur TF1) va nettoyer toute cette fange et malheureusement pour les peuples ; ça va saigner...


    • Neosysteme Neosysteme 21 juillet 2011 12:04

      Qui peut me citer quelqu’un qui n’est pas endetté et qui vit dans une commune non-endettée (s’abrège en N.E), dans une région N.E, dans un état N.E ???

      Pas grand monde en europe...


      • manusan 21 juillet 2011 15:19

        C’est une question d’ordre de grandeur, qu’il ait des dettes c’est normal tant qu’elles sont maitrisée. Les différences entre certaines villes sont par contre inacceptables.


      • suumcuique suumcuique 21 juillet 2011 13:55

        Les 0, 004 % d’Européens non endettés n’ont pas à payer pour les endettés, les « possédés » de la consommation, ceux qui veulent vivre au-dessus de leurs moyens pour ressembler à leur starlette préférée.


        • Neosysteme Neosysteme 21 juillet 2011 14:17

          L’UE ne te demande pas ton avis, il n’existe aucun moyen pour toi d’interagir.

          La seule chose possible est la pétition auprès du parlement à plus d’un million de signataires, mais ça n’a qu’un rôle consultatif et donc aucune retombée...


          • Neosysteme Neosysteme 21 juillet 2011 14:18

            Bienvenue dans l’Europe libre et non-faussée (du pognon, pas des gens, hein...).


            • plancherDesVaches 21 juillet 2011 14:26

              Ouaich...

              Vu le nombre de truands tués en pleine rue, le nombre de politiciens qui se retrouvent en prison, et le climat ambiant de corruption, la dette va vite être réglée par une diminution naturelle de la population.
              Sauf si l’OM continue de gagner contre le PSG... smiley

              L’argent et le foot font bon ménage.


              • manusan 21 juillet 2011 16:24

                Le genre de truc qu’on ne voit qu’à Marseille :

                L’histoire semble ubuesque. Deux mineures, interpellées en flagrant délit par la police municipale alors qu’elles venaient de cambrioler une villa à Plan de Cuques, ont été relâchées quelques heures plus tard faute de personnel au commissariat de Marseille. Les deux filles sont même reparties avec une partie de leur butin en poche. Une situation incompréhensible pour les victimes.

                http://www.europe1.fr/Faits-divers/Deux-voleuses-dans-la-nature-a-Marseille-637259/


                • cameleon29 cameleon29 22 juillet 2011 01:52

                  Marseille comme les B du R et comme tout le Sud est, est un pays tout pourri est la mafia règne en maitre et si on rajoute les Grandes Gueules ou bouche de vieilles qui se croient etre le nombril du monde, je vous souhaite un bel avenir sous le soleil, peuchère !!


                • cameleon29 cameleon29 23 juillet 2011 10:35

                  Belle façon d’imaginer la démocratie juluch......
                  En 1985, on m’a proposé de m’embaucher dans le complexe sidérurgique de FOS après 1 an 1/2 de présence, 1 an 1/2 qui m’ont permi de découvrir les mentalités du sud.......
                  J’ai fuit !!


                • cameleon29 cameleon29 23 juillet 2011 22:06

                  T’es un amour !


                • Lutin Lutin 21 juillet 2011 20:36

                  Marseille est à plus de 800 bornes de chez moi, c’est encore trop près


                  • kemilein 21 juillet 2011 22:25

                    dis moi un truc l’intellectuel, quand une ville veut « attirer » de nouvelles entreprises, elle veut pas les créer, mais bien les prendre a une autre ville, donc une ville « concurrente » et si cette autre ville s’endette de la même façon pour elle aussi attirer et conserver ses propres entreprises...

                    dites moi Ô grand Dieux de la débilité profonde Humaine, a part pour les banques, en quoi est-ce d’un quelconque intérêt pour le peuple dans son ensemble et sa globalité ?

                    réponse en rien.

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