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Accueil du site > Actualités > Economie > Dette publique : danger !

Dette publique : danger !

Nous sommes à la mi-octobre. Désormais, et jusqu’au 31 décembre, toutes les dépenses publiques sont financées par l’emprunt.

La question de la dette publique est très largement passée sous silence par la classe politique, en particulier par les candidats aux présidentielles. Ses implications pratiques ne sont que rarement évoquées, jamais popularisées. Trop compliqué, laissons la dette aux technocrates...

Pourtant, il y a un an, la commission Pébereau remettait son rapport au ministre des Finances. Composée de personnalités de toutes tendances (politiques, fonctionnaires, économistes et journalistes), elle alertait les Français sur la gravité de la situation de nos finances publiques. Le rapport expliquait comment la France en était arrivée là, et donnait des pistes concrètes pour en sortir.

Le montant de la dette publique représente actuellement plus de trois ans de l’ensemble des impôts et plus de vingt-cinq ans d’impôts sur le revenu ! Au rythme de 5 Md d’euros/an (montant des remboursements évoqué pour 2006), sans emprunt supplémentaire et hors intérêts, il faudrait 400 ans à l’Etat pour apurer ses dettes...

Le paiement des intérêts de la dette est maintenant le deuxième poste budgétaire de l’Etat. Cette situation ne cesse de se dégrader avec les déficits permanents : chaque année, à partir de la mi-octobre, l’Etat emprunte pour régler ses dépenses de fonctionnement. Ainsi, la dette continue de gonfler.

Pour être encore plus concret : l’Etat consacre 40 Md d’euros à rembourser les seuls intérêts de la dette. Soit 5 Md de plus que les budgets de sécurité, justice, transport, ville et logement cumulés !

Trop compliqué ? Pourtant, les données du problèmes sont terrifiantes et doivent être connues des Français. C’est l’objet de l’avis d’imposition factice diffusé par Energies2007 et Christian Blanc (dont Le Parisien, l’AFP et Les Echos se sont fait... l’écho) et disponible sur www.dette-gouv.fr.

En 1994, notre dette faisait de nous le 2e pays le moins endetté (en % du PIB) de l’Europe des Quinze. En 2005, nous étions passés à la 11e place.

Crédible, la France ?

Cette situation, connue de longue date, est issue du choix de la facilité. Depuis vingt-cinq ans, les déficits successifs ne servent qu’à financer les dépenses courantes de l’Etat ainsi qu’à reporter nos dépenses de santé sur les générations futures. Nous ne nous sommes pas endettés pour investir ou favoriser la croissance, l’effort pour la recherche et l’enseignement supérieur a stagné.

Deux sources de gaspillage ont été mises en évidence par le rapport Pébereau :

  • faute de mobilité interne, les investissements informatiques n’ont pas été utilisés pour rationaliser l’organisation de la fonction publique
  • le nombre élevé d’échelons administratifs, de commissions et d’agences de toutes sortes complique à l’extrême le travail des fonctionnaires concernés et génère d’importants surcoûts.

La situation va empirer si rien n’est fait. Les taux d’intérêt, historiquement très bas, augmentent et vont encore grimper, accroissant ainsi le coût de nos emprunts. Les dépenses de santé et de retraite augmentent mécaniquement du fait du vieillissement de la population.

Il est encore possible d’agir, à condition de le faire vite et fortement. D’autres pays ont su le faire sans sacrifier leur protection sociale : entre 1994 et 1998, la Suède et la Finlande ont diminué de 10% le poids des dépenses publiques dans le PIB.

Charles de Courson l’a montré hier, la dette publique n’a toujours pas été traitée. La teneur du débat présidentiel qui s’engage est loin d’être rassurante à cet égard...


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89 réactions à cet article    


  • Jusqu’ici, tout va bien (---.---.178.8) 24 octobre 2006 10:35

    Nous sommes à la mi-octobre. Désormais, et jusqu’au 31 décembre, toutes les dépenses publiques sont financées par l’emprunt. Regardez un peu ça. Flippant, non ? La question de la dette publique est très largement passée sous silence par la classe politique,


    • Dimitri (---.---.41.48) 24 octobre 2006 11:01

      Sans oublier le coût de la corruption, notamment les surfacturations lors des appels d’offre, qui touche aussi les entreprises privées.


      • parisien18 (---.---.246.33) 24 octobre 2006 18:31

        2000 milliards seulement ? Rappelons que le patrimoine total de la France est de 8200 milliards d’euros selon l’INSEE, au sein desquels 6350 milliards oui 3 fois la dette sont possédés par les ménages (amusant de voir qu’on présente toujours le passif et pas l’actif).

        Il suffirait que les Français vendent un tiers de leur patrimoine pour que la totalité de la dette publique soit effacée. Et il restera après cela plus de 6000 milliards de patrimoine (dont 4000 appartenant aux ménages)...

        Il restera aussi la dette privée à traiter. Mais là-dessus la plupart des hommes politiques semblent bcp moins concernés. La dette privée pousse à consommer, consommer pousse à la croissance, croatre croatre ils sont contents.

        Plus d’infos sur le patrimoine des Français sur : http://www.modele-social.ouvaton.org/article.php3?id_article=35


      • pierrot (---.---.23.48) 25 octobre 2006 10:55

        Bonjour,

        Article intéressant mais présentant quelques manques.

        Il ne faudrait surtout pas comparer la dette de l’Etat à celle d’un individu. Par exemple j’étais très endetté de 30 à 55 ans (tout à vivant bien) et non endetté après et j’avais un patrimoine (mais je vis un peu moins bien).

        L’Etat (comme une administration, une entreprise ...) est considéré comme éternel et n’a pas le cycle de vie d’un citoyen. Idem pour quasi toutes les entreprises qui se portent fort bien : elles sont endettées mais ont un patrimoine.

        Le bon critère à mon avis est la comparaison de l’endettement de l’Etat et de son patrimoine. Là la situation est confortable.

        Ne pas oublier, non pris que l’endettement de l’Etat correspond à la grande richesse latente des Français qui ont souscrit aux emprunts. On peut donc dire : les Français (certains) sont très riches parce que l’Etat est endetté. On voit ainsi la relativité des choses économiques.


      • Ebitda (---.---.64.135) 24 octobre 2006 11:15

        Si on considére l’état comme une vulgaire entreprise alors il faut du bénéfice et surtout pas de dettes !« Grace » au capitalisme ,les états sont mis en concurrence avec des multinationales .Combien de temps vont ils tenir ?


        • gem (---.---.117.249) 24 octobre 2006 11:48

          ça dépendra d’eux : être mis en concurrence ça ne veut pas dire forcément « perdre » ni surtout « perdre définitivement », ça veut dire « bosser » et « s’entrainer », au lieu de se prélasser au bord de la piscine, en sirotant peinard une gorgée de taxe...


        • Français Fier & Fou Furieux (---.---.147.254) 24 octobre 2006 23:01

          « les états sont mis en concurrence avec des multinationales .Combien de temps vont ils tenir ? »

          **Les états tiendront aussi longtemps que les multinationales le leur autorisent ! Après : Cloups !

           smiley

          FF&FF


        • Charles André (---.---.48.122) 24 octobre 2006 11:32

          Ebitda,

          vous avez du mal lire, ou vous contenter de lire le titre de l’article : la dette est malsaine parce qu’elle ne sert aucun intérêt public (comme l’investissement pour préparer l’avenir, pour des infrastructures, pour la solidarité) mais des intérêts catégoriels ; l’Etat français y a recours avant tout pour s’autoriser une gestion laxiste.

          Selon-vous, la Suède et la Finlande sont des Etats qui se comportent comme de vulgaires multinationales capitalistes obnubilées par le profit et l’exploitation ? Si oui, toutes les classes populaires et moyennes se vautreraient avec bonheur dans l’exploitation capitaliste !

          La situation actuelle, où l’Etat emprunte aux banques et sur les marchés boursiers, où, donc, il est tenu par ces multinationales que vous décriez (et où il le sera de + en + puisque les taux d’intérêt augmentent), est ce qu’il y a de plus malsain.

          Quand vous êtes malade, vous attendez que votre médecin vous dise que tout va bien ?

          Et si vous êtes malade, vous accuserez la mondialisation en vous regardant le nombril sans vous soigner, même si c’est vous qui avez mangé un plat avarié ?

          Soyez cohérent(e) et sérieux(/se) svp.


          • Bergame (---.---.21.92) 24 octobre 2006 13:19

            Je pense que vous n’avez pas tort, mais que Ebitda dit -laconiquement- quelque chose qui a aussi du sens : On parle beaucoup de la dette publique, et si rien ne se fait de véritablement efficace pou la réduire -et comment cela pourrait-il être ? Globalement, il n’y a pas grand-chose d’autre comme solution que d’augmenter les prélèvements- c’est un argument électoral fort -surtout à droite, ce qui est d’ailleurs assez drôle, quand on est au clair sur le remède. Mais c’est surtout un argument électoral. Dans les faits, aujourd’hui, il n’y a pas mort d’homme -c’est du moins mon avis. La dette ne se réduira pas, elle augmentera même, mais la dette publique augmente dans tous les pays économiquement développés, et le système économique mondial, tel qu’il est aujourd’hui organisé, fait que -c’est en quelque sorte le bon côté de la mondialisation- il n’est pas possible de considérer qu’un pays voit sa note se dégrader en raison de sa dette. Ou plutôt, soyons clair : Si les institutions financières internationales décidaient que la dette de la France n’est plus gérable, songez ce que serait alors le sort du Japon (2 fois la dette française), de l’Allemagne (la même dette que la France) et peut-être même des Etats-Unis (même si on a l’habitude d’opposer alors l’argument de la planche à billets- d’ailleurs également très discutable). Bref, le fait que les économies nationales soient aujourd’hui tellement intégrées fait que, par contrecoup, la dette publique ne soit pas le problème monstrueux qu’on nous présente. Même si cela reste un indicateur économique, certes, mais pas plus important qu’un autre -et d’autres sont d’ailleurs plus inquiétants, à mon sens bien entendu, dont on parle pourtant beaucoup moins.

            Reste le fait que la perte de marges de manoeuvres financières de l’Etat sert la privatisation croissante de l’économie. Tout ce que l’Etat est considéré comme ne pouvant plus gêrer, et bien il faut le laisser faire par des entreprises privées, tellement plus « efficaces ». Où l’on comprend mieux peut-être pourquoi la droite brandit à tout instant l’épouvantail de la dette, en se gardant bien d’appliquer la solution idoine.


          • Charles André (---.---.48.122) 24 octobre 2006 13:37

            @Bergame (j’ignore pourquoi, je ne peux réagir à votre commentaire).

            Vous ne devez pas suivre l’actualité : la notation financière de l’Italie vient d’être abaissée (donc le poids de sa dette augmente).

            Tous les pays développés ne voient pas leur dette augmenter. Ce que vous avancez est tout simplement faux. Cf le rapport Pébereau (ou ce graph :
            http://touvabien.typepad.com/photos/uncategorized/evolutiondetteeurope_1.jp g).

            Et toutes les dettes ne se valent pas.

            Rappelez-vous que la Révolution française fut en grande partie issue d’une crise d’un endettement non résolu.

            Alors oui, le seul moyen que la dette ne soit pas in fine remboursée par les Français (en particulier les classes moyennes et populaires), c’est que le système financier international explose. Ce qui n’est pas exclu. Et, en effet, le poids de la France dans une telle explosion serait bien faible.

            On peut tous mourir d’une pandémie, pourquoi donc soigner nos maladies ?! C’est votre raisonnement, si je vous suis bien.

            Allons donc, ne faisons rien puisqu’on va tous exploser ensemble. De toutes façons les fanatiques se font sauter et détiennent la bombe atomique, les Américains lancent des guerres partout, Ben Laden est toujours là, Israël-Palestine c’est pas réglé, la planête va brûler de réchauffement, Kim-Jong Il est taré, Poutine tyrannique et les Chinois assoiffés de conquêtes...

            Puisqu’on se salit, pourquoi se laver ?


          • Charles André (---.---.48.122) 24 octobre 2006 13:39

            J’ajoute juste une chose : personnellement, je souhaite que l’on mette fin la spirale déficit-endettement précisément pour que l’on n’aie pas à privatiser (cf Le jour où la France a fait faillite).

            Enviez vous le sort des Argentins ?


          • Bergame (---.---.21.92) 24 octobre 2006 14:01

            Pardonnez-moi, à moins de vouloir à tout prix faire de la polémique, je ne pense pas utile d’employer des métaphores hors de propos. Nous parlons d’économie, et pas de propreté ni de santé.

            Si cela n’était pas clair dans mon post, je ne pense pas que toutes les dettes publiques sont amenées à augmenter, je pense que la dette de la France devrait être amenée à le faire -ne serait-ce, encore une fois, parce que le seul vrai remède serait la hausse des prélèvements, et que ce n’est pas tellement le discours politique à la mode. Je comprends d’ailleurs que vous faites le même constat : Le seul moyen, in fine, c’est que les Français remboursent la dette. Et bien, effectivement, il faut peut-être tenter de convaincre les français de payer plus d’impots. Et manifestement, c’est ce à quoi vous vous employez. Moi, je constate que, du côté des politiques, on ne s’y ose pas vraiment. Et ensuite, on feint de s’étonner : « Regardez Chirac qui avait promis de réduire les prélèvements, et au final, ils ont plutôt augmentés ! » Evidemment, ils ne peuvent qu’augmenter, si on s’attaque à la dette !

            Bref. Si les français décident comme un seul homme de payer plus d’impots, personnellement, je ne serai pas malheureux. Seulement je n’y crois pas, car nous évoluons à mon sens dans un environnement idéologique qui va plutôt à l’inverse. En revanche, je ne crois pas non plus à une explosion du système financier international. Je crois plutôt à un équilibre émergent. Du moins, c’est bien ainsi qu’on nous le présente, n’est-ce pas ? Et bien dans ce genre d’équilibre, il y a beaucoup d’inconvénients, mais il y a au moins un avantage : Chaque partie est dépendante des autres.


          • Bergame (---.---.21.92) 24 octobre 2006 14:09

            Et bien parfait, je suis d’accord. Simplement, si mon argument n’est pas clair, je pense que la dette est utilisée pour JUSTIFIER la privatisation croissante de l’économie. Je dis donc : La question fondamentale, ce n’est pas la dette, ça, c’est essentiellement un argument doctrinaire. La question fondamentale, c’est quelle organisation économique voulons-nous. Et comme à cete question, chacun répond : « De toutes façons, il y a pas le choix, regardez le reste du monde », et bien il n’y a aucune chance que nous adoptions les solutions EFFICACES qui permettraient à la dette de se résorber. Voila en tous cas mon avis.


          • Charles André (---.---.48.122) 24 octobre 2006 14:22

            Je veux une organisation économique en clusters et une économie régionalisée pour favoriser l’innovation et, donc, la croissance. Cf l’excellent bouquin de Christian Blanc La croissance ou le chaos à ce sujet. C’est limpide, nous devons valoriser nos potentiels créatifs !

            Et un Etat enfin organisé et géré pour ne pas accumuler les déficits (donc dette) tous les ans depuis 25 ans. Un Etat de nouveau capable d’agir sur le réel. Et non plus soumis aux corporatismes.

            En ce sens, je me retrouve pleinement derrière les priorités définies dans l’Appel de Christian Blanc avec Energies2007.

            Le dynamisme économique sert le peuple et les classes moyennes. Les rentiers n’ont pas besoin de lui. Favoriser l’’innovation sert ceux qui ont des idées, pas ceux qui ont hérité de positions.

            Dans la société de l’innovation, les banlieusards -comme ce jeune qui a pris la défense du peer-to-peer l’année dernière- auraient un grand rôle à jouer. Lisez le Bondy Blog, ils se mettent eux aussi à valoriser l’innovation...

            J’y crois, le chaos n’est pas encore là !


          • Nikos (---.---.185.128) 5 novembre 2006 18:04

            Les particules ajustables du marché de l’emploi attendent la passation de pouvoir avant d’essuyer la dette laissée en héritage

            Ca fait déjà plus de 20 ans que tout les soirs, à la même heure, au 20 heures, on aperçoit les mêmes têtes bien pensantes nous donner leur vision du monde et de l’économie française. Quand on avait 20 ans, il est vrai que la plupart d’entre nous s’en foutaient un peu car on ne pensait pas que les mêmes hommes politiques, les mêmes journalistes, les mêmes experts sociologues et autres défenseurs de l’évangile du « politiquement correct » seraient encore présents 10 ans après, en 2006. Et pourtant si ! En guise d’experts de société, on persiste à interviewer Mr Duhamel comme analyste de la société face à Jacques Marseille (tiens, un nouveau de la même génération !) pour parler du dernier pamphlet de Nicolas Baverez, la quarantaine, un gamin quoi, brillant analyste et pourtant trop mal relayé dans les grands médias de la France qui s’effondre. Non contents de les voir à la télévision depuis plus de 30 ans pour certains, les anciens nouveaux chiens de garde s’accrochent au pouvoir médiatique et politique à des âges où leurs parents eux-mêmes auraient bien apprécié un peu de repos. Forcément, après avoir digéré une seconde guerre mondiale puis reconstruit la France à l’huile de coude, ceux qui avaient vingt ans en 1945 étaient beaucoup plus usés que ne le sont les éternels médiatisés, dont certains ne connaissent l’entreprise et ses pratiques que par ouvrages universitaires interposés. Pourtant, ils ont un avis sur tout : les 35 heures, bien sûr pour les générations suivantes, afin de préserver leur « capital loisir » durement acquis par des années de pénibles spéculations financières et immobilières. Le pouvoir d’achat ? En captant la partie la plus élevée des gros salaires du fait de la mise en place- à leur seul profit - des régimes de retraites dits spéciaux. Bien sûr, ceux qui ont imposé les « emplois jeunes » pour permettre à une génération très diplômée s’y retrouvent. Avec des salaires et des retraites parmi les plus généreuses au monde, nul doute que le fait d’étirer les derniers week-ends avant la retraite est un indéniable avantage... POUR EUX ! Peu importe si les PME françaises génèrent des stressés en série pour cause de surproductivité (le vendredi après midi est désormais une après midi chômée en France du point de vue commercial).

            Syndicats de retraités

            Enfin, avec un actif pour un retraité en 2020, que penseront-ils- quand la génération de leurs enfants, alors en prise avec l’économie et les choix à faire dans ce domaine- alors que, le trou de la sécu étant encore béant (et, en vieillissant, les soixante-huitards seront plus soignés, faute d’avoir trouvé la formule de l’eau de jouvence), les trentenaires, approchant alors la cinquantaine, leur parleront de « retraite vieux », (environ 55 % du SMIC). En réponse aux salaires morcelés et aux contrats à durée déterminée à rallonge que la plupart de la génération « Vincent Delerm et Bénabar » ont subi pendant plus de dix ans car, démographiquement ou idéologiquement, ces derniers n’ont eu que les miettes d’une concentration de pouvoir à une seule génération. Peut-être de nouveaux syndicats de retraités, des cousins éloignés de feu la CGT des années 70-90 verront le jour. On verra fleurir des pancartes telles que « Touche pas à mon mas dans le Lubéron ! », « Non aux taxes injustes sur les 4x4 ! », « Oui à la défiscalisation pour les plus de 70 ans exclusivement ! » et autres slogans rageurs de ceux qui ont tout même posé des barricades en 1968, alors que la France était trop prospère à leur goût, selon eux. Mais bon, ceci n’est qu’un mauvais rêve. En tout cas, en regardant la télévision chaque soir, on n’imagine pas à quel point cette France-là, véhiculée par « les révoltés d’un mois dans leur vie », ne concerne plus vraiment les réalités du marché économique mondial actuel. Avec 7 millions de pauvres en France dont de plus en plus de jeunes trentenaires, « intellos précaires » formés sur les rangs de l’université, nul doute qu’il est tant de dire la vérité aux Français ou bien couper définitivement son poste de TV. Même Jacques Séguéla et ses amis bronzés toute l’année ne font plus rêver les minettes de 20 ans. Décidemment, la pub n’est plus ce qu’elle était. Les trentenaires sont moins cons qu’on ne le pensait !

            Un trentenaire lucide


          • le sondagophobe (---.---.126.57) 24 octobre 2006 11:32

            A quelle vitesse va-t-on dans le mur ?

            Pourcentage de la dette au sens de Maastricht par rapport au PIB :

            en 1980 : 20,7 %
            en 1985 : 30,6 %
            en 1990 : 35,1 %
            en 2000 : 57,2 %
            en 2002 : 59,0 %

            Pour simplifier, la dette au sens de Maastricht ne tient pas compte des participations de l’Etat dans les entreprises. L’avoir du pays est donc sous-estimé.

            D’autre part, elle ne tient pas compte non plus des engagements des administrations au titre des retraites. Le passif est donc sous-estimé.

            Or en vingt ans, d’un côté les privatisations ont diminué le patrimoine et la part des revenus, et d’un autre côté l’allongement de la vie augmente le poste retraite.

            La situation est donc plus critique que le laisse supposer la simple lecture des pourcentages.


            • (---.---.23.177) 24 octobre 2006 12:29

              « Pour être encore plus concret : l’Etat consacre 40 Md d’euros à rembourser les seuls intérêts de la dette. »

              40 Md d’euros, cela represente les impots sur le revenu.

              Et avec une inflation en dessous de 2% l’etat peut emettre des obligation a 4%. Si demain l’inflation passe a 5%, il sera oblige d’emprunter a 8%, et la, il faudra 80 Md d’euros pour rembourser les intérêts de la dette.

              Comment ? en doublant les impots sur le revenu ?


              • Charles André (---.---.48.122) 24 octobre 2006 12:32

                La hausse des taux d’intérêts -en cours- pose la même question.


              • Sacha Guitry (---.---.123.162) 24 octobre 2006 12:33

                Un docu édifiant sur la dette...http://www.dette-gouv.fr/


                • krokodilo (---.---.65.119) 24 octobre 2006 12:48

                  Il y a aussi le Québec qui a réussi un rétablissement spectaculaire de ses finances, allant jusqu’à rendre publiques les notes de frais de ses ministres... Mais chacun peut agir, écrire par exemple à son député ou au gouvernement pour arrêter cette folie d’une télévision française en anglais (France 24, qui va démarrer bientôt), une goutte d’eau peut-être mais à 80 millions d’euros par an je crois.


                  • Charles André (---.---.48.122) 24 octobre 2006 12:50

                    Surtout qu’il y a déjà Euronews !


                  • De passage (---.---.176.42) 24 octobre 2006 12:51

                    Houlala j’ai peur !


                    • Paldeolien (---.---.3.199) 24 octobre 2006 13:12

                      L’etat, c’est le tonneau des Danaïdes.

                      Les politiques veuilent profiter des citoyens, mais le système social en place permet aux citoyens de profiter du système entier. Qui va gagner ?

                      Tout le monde va y perdre ; voilà mon avis... Il n’empeche, que manger ou être manger, je préfère me placer coté prédateur et aiguiser mes quenottes...

                      ^^


                      • Voltaire Voltaire 24 octobre 2006 13:19

                        Le coût de cette dette qui enfle à chaque mandature repose sur les épaules de nos enfants. C’est une politique de l’« après moi le déluge » qui prévaut depuis 25 ans. Cela serait supportable si on pouvait envisager des années de forte croissance à court ou moyen terme, comme au japon ou aux Etats-Unis. Or cela n’est pas crédible, puisque les gouvernements successifs n’ont pas investit dans les moteurs possibles de cette croissance (recherche, innovation etc...). Faute de cet investissement, l’unique solution est bien de limiter les dépenses (les prélèvements atteignants des niveaux pénalisants pour l’économie)...

                        A ma connaissance, seuls François Bayrou et Dominique Strauss-Kahn proposent, de façon crédible et argumentée, au moins une stabilisation de la dette.


                        • gigi432 (---.---.101.8) 24 octobre 2006 13:56

                          Je lis dans ma boule de cristal :

                          1. rien ne va changer réellement au niveau politique

                          2. rien ne va changer au niveau des français qui vont continuer à ronchonner, pleurer, taper du pied

                          3. les agences internationales de notation vont dégrader la note de la france.

                          4. les emprunts vont donc couter plus cher et donc une accélération de la dette jusqu’à un crash à l’argentine quand dans un phénomène difficilement controlable, la goutte va déborder du vase ...

                          5. entre temps, nous aurons peut-être connu une nouvelle explosion dans les banlieues ...

                          et pour finir agitations et guerre civile ...


                          • Grimbert Grimbert 24 octobre 2006 14:19

                            Il est déjà trop tard, rien ne peut arrêter le train fou, et la station suivante s’appelle Argentine...

                            Oh, rien de grave, y a pas mort d’homme. Tout le monde s’appauvrit, et les privilégiés qui n’ont jamais eu encore à rendre de compte (énarques, politichiens, syndicalistes...) risquent de passer un mauvais quart d’heure.

                            Quoique... Les Français n’étant pas très malins, il est probable que les mêmes parasites restent en place et essayent de nous vendre leurs « solutions »...


                            • Charles André (---.---.48.122) 24 octobre 2006 14:23

                              On peut aussi supprimer le cumul des mandats, pour mettre fin à tout ça...


                            • Slovar (---.---.92.11) 24 octobre 2006 14:34

                              @ Charles André,

                              On peut aussi supprimer les élus !!!! Il ne me semble pas que les français manifestent la moindre hostillité à ce que leur maire soit également conseiller général, député ou maire.

                              Ne détenir qu’un seul mandat ne veut rien dire. C’est la qualité du détenteur qui est importante.


                            • (---.---.48.122) 24 octobre 2006 15:38

                              @ Slovar « Ne détenir qu’un seul mandat ne veut rien dire. C’est la qualité du détenteur qui est importante. » La qualité du détenteur est certes importante et la possibilité de cumuler est envisageable pour les maires de petites villes et villages.

                              Cependant, le fait de remplir effectivement et à plein temps une mission pour laquelle on a été élu(e) me paraît encore plus important. D’autant plus lorsqu’il s’agit du travail législatif et de contrôle du gouvernement. D’autant plus enfin lorsque cette mission est rémunérée par les électeurs eux-mêmes. Supprimer le cumul des mandats libérerait également un certain nombre de postes. Ce qui permettrait peut-être à certaines parties de la population d’être mieux représentées. De l’air !


                            • Charles André (---.---.48.122) 24 octobre 2006 16:26

                              Je parlais du cumul des mandats chez les parlementaires.

                              N’avez vous pas noté une hausse contante de l’abstention et des votes extrêmes depuis plus de 20 ans ? Une demande profonde de renouvellement (qui explique presque à lui seul l’attrait de Ségo-Sarko) ?

                              Or, le système et le cumul (même si ceci n’est pas tout, puisqu’il y a aussi, par exemple, le problème des règles de financement des partis ainsi qu’au scrutin) sont verouillés au profit des insiders. Ne faites donc pas comme ci les Français étaient libres de leurs choix...et comme si tous les Français étaient sur un pieds d’égalité dans la compétition électorale.

                              Et puis, le cumul fait de nous une exception parmi tous les pays développés (cf tableau comparatif dans ce document).

                              Votre formule était néanmoins bien trouvée...


                            • Marie Pierre (---.---.18.142) 24 octobre 2006 18:06

                              D’accord avec l’auteur sur les cumuls. Miterrand avait déjà augmenté lenombre de parlementaires.

                              Combien coûte le financement des partis politiques ? De tous ceux qui pondent des rapports passés aux oubliettes ? Je m’arrête là mais s’il fallait tout compter !!!


                            • Plus robert que Redford (---.---.215.216) 24 octobre 2006 14:35

                              Cet aricle me semble un condensé du livre « Plus encore » de François de Closets, que je viens de terminer et auquel je convie chacun de se référer, pour le frisson...

                              Si, à titre personnel, une dette s’éteint avec son contractant, il n’en est pas de même pour l’Etat, lequel, effectivement, reporte les problèmes sur les générations futures.

                              Relisez « Les routes du Coton » d’Erik Orsenna, où un vieux chinois lui dit, en épilogue, « Pourquoi, en europe, n’aimez vous pas vos enfants ?? » Car pour nos enfants, il serait bien de ne pas leur léguer une vie de servage !

                              Ou bien le pari est fait d’une explosion finale où plus personne ne sera responsable de quoi que ce soit ??

                              Il semble bien que ce soit le scénario envisagé outre-atlantique...


                              • chiffo (---.---.86.34) 24 octobre 2006 15:14

                                L’image de l’enfant endetté est un peu abusive et caricaturale. On oublie les avoirs et le capital que reçoit chaque enfant à sa naissance. Est il anormal que l’enfant paie pour l’éducation qu’il va recevoir ou le réseau de santé auquel il pourra s’adresser ?

                                Sinon, petit rectificatif technique : un budget déficitaire peut permettre de rembourser la dette. Il suffit pour cela que le déficit soit inférieur au montant du remboursement de la dite dette (soit 40 milliards d’euros cette année).

                                Un budget à 0 ou bien excédentaire n’est pas nécessaire et surement pas souhaitable pour des raisons de soutien à la croissance.


                                • gem (---.---.117.249) 24 octobre 2006 19:12

                                  Le budget éducation de la nation, de mémoire, c’est environ 8000 € par élève pour toute sa scolarité. Quant il est scolarisé... Et pour la santé, quelques centaines d’euros pour trois malheureux vaccins, quelques visites médicales et une poignée de prophylaxie. Ajoutons quelques bricoles diverses : tarifs préférentiels, allocations familliales, etc. Si on monte à 12 ou 15 000 € c’est vraiment le bout du monde pour un jeune à 20 ans. En tout cas fort loin des 40 000 €. Quand à sa santé future et sa pension de retraite, elle n’est pas dans la note : faudra qu’il la paye lui-même, le pactole équivalent aux « fond de pension » anglo-saxon a été dépensé par les baby-boomer.

                                  En outre, si cette contribution de la nation à la jeunesse est un prêt remboursable à un taux d’usurier (au triple, c’est un record, je crois smiley ), va falloir revoir le plan de communication du « modèle français », c’est pas tout à fait ça qui était sur le prospectus...

                                  petite précision technique : j’ai fait la même erreur que vous, on m’a contredit, j’ai vérifié : les 40 milliard, c’est pas le remboursement, c’est juste les intêrets (ben oui, c’est facile : 1000 milliard de dette à 4 % l’an ça fait 40 milliards rien qu’en intérêt). Le remboursement, il est pas dans le déficit et même pas dans le budget ! La preuve par le minefi lui-même . Hélas, tout le déficit c’est bien de la dette en plus puisqu’on n’a même plus la « planche à billet » pour compenser.

                                  Et, toujours hélas, rien ne prouve que le déficit contribue pas à la croissance, en fait il semble même qu’il la gène !


                                • Charles André (---.---.48.122) 24 octobre 2006 20:46

                                  Là, l’enfant paie pour les salaires et retraites des fonctionnaires, le système de santé de ses parents...

                                  Je répète, nos déficits n’ont servi qu’à financer des dépenses de fonctionnement.

                                  Et vous savez aussi bien que moi que l’état de nos déficits ne correspond absolument pas au niveau nécessaire pour rembourser la dette.

                                  Et vous savez aussi que les taux d’intérêts montent...


                                • chiffo (---.---.86.34) 25 octobre 2006 09:14

                                  Connaissez vous beaucoup de pays ou la dette publique est nulle ? Personnellement, je n’en connais aucun. Baisser cette dette en valeur n’est pas essentielle. La stabiliser suffit. Alors, elle descendra automatiquement relativement au PIB. Pour cela, il suffit donc de payer les intérets. Sur 10 ans, en payant les intérêts, la dette passe de 60% à environ 45% du PIB (à moduler selon la croissance).

                                  Dans votre calcul sur les frais d’éducation et de santé nécessaires à un enfant vous oubliez seulement la formation des enseignants, des infirmières et des medecins, la construction des écoles et ainsi de suite. Une paille quoi !!


                                • chiffo (---.---.86.34) 25 octobre 2006 09:22

                                  L’enseignement est il une dépense de fonctionnement ou bien d’investissement ? On parle la du plus gros poste budgétaire. Cela vaut donc le coup de se poser la question.


                                • gem gem 25 octobre 2006 21:05

                                  Chiffo, tu dérailles. C’est bien un cout tout compris : salaires, bâtiments, chauffage, papier, entretien, etc. Etat et collectivités locales.

                                  Un investissement ça rapporte et ça s’amortit. L’élève est-il une machine à sous qu’on va faire cracher ensuite ?

                                  Si non, tu oublie la facile réthorique de « l’éducation est un investissement ».

                                  si oui, tu assumes le coté esclavagiste et « l’humain mis au service du système ». Et tu n’oublies pas de comptabiliser en recette, comme il se doit, les flux d’amortissements du capital (humain) ainsi investi ... et au final, ton amortissement sur l’ensemble des adultes éduqués va à peu près équilibrer ton investissment, sans justifier un sou de plus ! Tu auras jouer à l’esclavagiste propriétaire des gamins pour rien !

                                  De toute façon c’est en fait sans importance : investissement ou fonctionnement, on paye.


                                • gem gem 25 octobre 2006 21:09

                                  @ chiffo par contre l’idée qu’il suffit de stabiliser la dette en valeur, et de laisser la croissance du PIB réduire la dette relative n’est pas fausse.

                                  A mon avis elle est même consensuel (ou presque, si on excepte les fous qui trouve que la dette peut encore grimper)


                                • rhass (---.---.65.15) 24 octobre 2006 16:24

                                  La dette n’est qu’un indicateur, et il y en a un autre que beaucoup négligent.....la démographie ! offrez vous « Le PAPY KRACK » de B FRITZ, instructif et accablant.(je ne touche pas de commissions sur les ventes !) A chaque fois que l’on éveillera l’interêt des français, et surtout des moins de 40 ans, on fera oeuvre utile. Si, cette France, prend conscience, et évacue, les partis de gouvernements, et les politiques professionnels, du cumul et de la longévité, une voie nouvelle peut s’ouvrir. Merci ;

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