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Accueil du site > Actualités > Economie > Deux idées pour sortir de la crise !

Deux idées pour sortir de la crise !

Il y a quelques mois nous dissertions dans ces colonnes en distinguant la crise financière, de la crise boursière. L’heure n’est plus à ce débat. Pas non plus à celui de la liquidité bancaire bien que la crise soit maintenant, celle du système bancaire dans son ensemble. En effet, depuis hier, 8 octobre 2008, la BCE a, en plus d’avoir un peu baissé son taux d’intervention, dit qu’elle assurait désormais la liquidité totale des banques de la zone euro qui lui en ferait la demande. Donc, le problème aurait dû être réglé, si c’était bien celui de la liquidité bancaire. Les bourses devraient maintenant être rassurées et reprendre leur course haussière ? Eh bien non, elles continuent leur plongeon ! Pourquoi ?
Faisons un peu d’économie bancaire. Si le crédit exprime de la part de l’emprunteur un besoin de liquidité, c’est-à-dire de monnaie, il exprime aussi chez la banque prêteuse un besoin de liquidité, mais en une monnaie très particulière, la monnaie banque centrale, c’est-à-dire la monnaie BCE. En effet, la banque qui a fait un crédit doit faire face à plusieurs contraintes qui l’amèneront à devoir disposer de liquidité en monnaie BCE. D’abord, la contrainte des ratios prudentiels et de solvabilité (comité de Bâle et Mac Donough) qui lui imposent de maintenir un équilibre entre ses fonds propres et les risques pris (rappel : un crédit comporte un risque potentiel de non-remboursement). Ensuite, le ratio de liquidité qui lui impose de maintenir un volume d’actifs liquides proportionnel au volume de son passif exigible, dont les dépôts naturellement (rappel : les crédits font les dépôts). Enfin, la contrainte d’honorer son courant de fuite, toujours en monnaie banque centrale (exemple : le virement que son client effectue chez une banque concurrente fait partie du courant de fuite).
 
Donc, plus une banque fait des crédits et plus son besoin en liquidité BCE grandit. Rappelons que c’est par ce biais que la banque centrale règle le volume de la masse monétaire dont la principale source est la création monétaire effectuée par les crédits à l’économie dispensés, normalement, par le système bancaire. Mais, plus elle fait crédit et plus elle court aussi le risque de voir son crédit non remboursé du fait de la défaillance de l’emprunteur. Et, c’est bien là le vrai problème d’aujourd’hui. En période de récession, chacun sait que le nombre de faillites augmente. La banque, aujourd’hui confrontée à des difficultés liées aux actifs pourris venus des Etats-Unis, ne veut pas, en plus, prendre de nouveaux risques sur des crédits qu’elle accorderait à des agents économiques eux-mêmes fragilisés par la récession.
 
On le voit, le besoin de liquidité prend sa source dans l’octroi de crédits à l’économie. Donc, il n’y a quasiment pas de besoin de liquidité bancaire si les banques ne font pas de crédits, comme aujourd’hui. Le problème est donc bien ailleurs ! Et, actuellement, c’est ce type de risque que les banques n’entendent pas du tout prendre avec de nouveaux crédits à l’économie. Les bourses l’ont bien compris et c’est pour cela qu’elles continueront leur baisse tant que le problème du risque de crédit n’aura pas été réglé.
 
Si les pouvoirs publics veulent arrêter cette spirale baissière infernale, ils doivent se préoccuper de manière urgente des causes du credit-crunch, tel que nous l’écrivions hier dans ces mêmes colonnes.
 
Il faut que les banques puissent rapidement revenir à leur métier de base qui est de recevoir des dépôts et… de faire des crédits. Sans crédit, c’est l’asphyxie de l’économie. Des faillites, des files de chômeurs et, in fine, des bourses qui ferment et des Etats aux abois qui risquent de voir ressurgir des nationalismes haineux et de toutes sortes.
 
Alors, que faut-il faire ?
 
Il faut un électrochoc ! La nationalisation des banques est-elle pertinente ? Non, car certaines banques sont largement in bonis, mais ne veulent pas encore prendre de nouveaux risques sur le crédit. Par ailleurs, si l’Etat nationalise, il devra dire qui prendra le risque de contrepartie né de tout crédit à l’économie qui sera distribué ?
 
Alors, avant d’aller vers une solution de facilité telle que celle de la nationalisation, nous avançons deux idées, peut-être les dernières. Il faudra :
 
1- Que les pouvoirs publics disent qu’ils prennent à leur charge et durant quelques semaines, afin que les choses se calment, le risque de crédit né des crédits nouveaux. Naturellement, les banques devront continuer à faire l’analyse normale du risque afférent à tout crédit dispensé. Pas question de ne plus être professionnelle et de financer tout et n’importe quoi, sous prétexte que c’est l’Etat qui paie.
 
2- Parallèlement à cela, il faut que la BCE baisse à nouveau son taux d’intervention. En le ramenant, par exemple pour deux ou trois mois, au niveau de celui de la Fed, à 1,50 %. On rappelle ici que celui de la Banque centrale du Japon est toujours à 0,50 %. Oui, proche de zéro pourcent. C’est bien cela !
 
Donc : baisse des taux de la BCE de 2,25 points et prise par l’Etat du risque de crédit durant quelques semaines, c’est ce type d’électrochoc que les marchés attendent. Les chômeurs et futurs chômeurs aussi !
 
Alors, courage Messieurs les politiques, c’est au pied du mur qu’on voit le maçon. Et, pas devant les caméras, tant qu’il n’a pas réussi !
 

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15 réactions à cet article    


  • Kalki Kalki 9 octobre 2008 11:18

    La bourse est fondé sur l’AFFECT des personnes qui joue avec des chiffres.

    Et pour eux, leur salaires c’est des chiffres,c’est pourquoi ils sont déconnecté de la réalité.

    Comment peuvent ils admettre qu’en se mettant d’accord pour augmenter les prix des ressources de base, ils feront et plus de bénéfice car plus d’argent passera entre leur mains et ils tueront des millions de personnnes.

    La justice est aveugle, tout comme l’homme aveuglé par sa folie dans le monde qu’il s’est créé.

    La bourse est fondé sur la confiance.

    Et tout le monde à raison de ne plus se faire confiance.

    Il n’y a aucune raison de se faire confiance, quand tout le monde se met d’accord pour arnaquer, ou faire des profits sur les autres.


    • foufouille foufouille 9 octobre 2008 11:44

      la plus grande partie des gens ayant des petits revenus, ils ne peuvent que faire des petits credits immo
      donc les prets sont essentiellement pour les csp+
      si c’est pour faire du credit conso, reculer pour mieux couler
      il faudrait etendre les gros credits, avec un faible taux, a tout le monde. et si la duree etait porte a 50a plus de gens pourraient
      bien sur les banquiers devraient etre honnete............


      • décurion 9 octobre 2008 12:51

        Malgré le dicton, le maçon n’est jamais au pied du mur, mais face à son ouvrage.
        Etre au pied du mur, s’est etre face à ses responsabilités, mis en demeure de ......
        Apparemment , pour les banques, selon vous, cela consiste à racler la peau aprés l’avoir tondue.
        Une seule question  : Croyez vous vraiment ce que vous écrivez ?


        • Cug Cug 9 octobre 2008 12:54

           Pour sortir de la crise (30 ans déjà) il faut sortir du système libéral libre échangiste piloté par l’oligarchie financière anglo-saxonne et du coup découvrir de nouvelles personnalités politiques proposant un nouveau système politque et économique.

           Bref faut allez voter et pas avec ses pieds.


          • pseudo 9 octobre 2008 14:37

            POUR UNE FRANCE DE PROPRIETAIRE un système gagnant gagnant

            Pourquoi ne pas casser le monopole des banques sur le crédit et de le transférer vers les acteurs de l’immobilier ?
            Comme l’adage le dit : Quand le bâtiment va, tous va ?
            Les professionnels du bâtiment sont des personnes responsables, donnons leur le monopole des prêts pour leurs secteurs d’activités. Aujourd’hui 100 000 personnes risquent de perdre leurs emplois dans les mois qui viennent.
            Comment créer des prêts nouveaux, peut chère et sans risque pour les acquéreurs, ni pour l’état ?
            Les prêts pourraient se faire comme aujourd’hui sur une hypothèque et la capacité de l’emprunteur à rembourser le tout garantie par une assurance ou l’état. Les propriétaires défaillent deviendraient provisoirement locataire de leur habitation.
            Le vendeur pourrait recevoir au lieu de liquidité, un bon d’achat immobilier en valeur d’euro. Ce bon permettra de racheter une nouvelle maison, ou être donner lors d’un héritage pour de future primo accédant. Ces prêts pourraient être accordé avec des frais de dossier et sans intérêts. Pour éviter l’inflation du système les prix ventes seraient plafonné par le coût de la construction neuf prix m2. Pour les biens de haut standing un expert serait obligatoire pour l’estimation. Le surplus financier du système serait réinjecter sous forme de prime pour l’amélioration de l’habitat.


            • foufouille foufouille 9 octobre 2008 18:05

              faut pas rever
              tucrois quand meme pas que les partis politiques vont renoncer a leur HLM ?


            • Antoine Diederick 9 octobre 2008 22:50

              Ce que vous proposez est peut -être intéressant....je ne sais pas si c’est la solution, mais il serait bien que des initiatives soient prises en établissant pour certains types de logement des régimes particuliers d’acquisition et de transmission selon des principes nouveaux.

              Des initiatives pourraient aussi naître dans le chefs de particuliers qui organiseraient par eux-mêmes en se groupant l’acquisition collectives de logements selon des régles à définir....

              Il y a plein de possibilités pour les personnes entreprenantes pour vivre le logement autrement, mais il faut donner l’impulsion....


            • marc berger marc berger 9 octobre 2008 14:59

              Un bon petit lien qui rappelle les fondements de nos économies : http://www.bayard-macroeconomie.com/

              C’est un peu raide à tout digerer mais on comprends largement mieux ensuite.

              Il faut surtout revenir à des Etats qui gèrent leurs propres emission monétaire. Pour aller payer des intérêts à des banques privées alors que l’Etat (donc nous au final) pourrait faire payer des intérêts bcp plus bas et surtout ces derniers nous reviendrais.

              Voila un réel changement et une réelle solution, car si on repars comme c’est actuellement ce sera toujours les même qui s’en mettront plein les fouilles, comme d’hab et surtout ce sera toujours les mêmes boeufs (nous) qui paierons l’adition.

              STOP à l’arnaque mondiale ! le monde va changer


              • HELIOS HELIOS 9 octobre 2008 16:52

                Je voulais ecrire une article sur ce que j’appelle "le hold-up planétaire de 2008", mais faute de temps il reste dans les cartons.

                Toutefois, cela ne m’empecher pas de vous donner quelques arguments, que je qualifie de bon sens. Comme l’article tend a le montrer, dans un credit il y a deux bout, le preteur (on lui attribue ma crise) et l’emprunteur.

                Il me semble que cette crise planétaire proteiforme, dans la quelle emergent un peu comme apres le VIH, les maladies opportunistes, les diverses faillites, craintes, rachats y compris les emplatres sur jambes de bois de nos ministres,... qu’il existe d’une part des gens qui sont tres content de ce qui se passent et d’autres qui subissent avec plus ou moins de chance, et... attendent que l’orage passe pour mesurer les dégats.

                Personne pourtant ne se pose la question de savoir si les particuliers et les entreprises PEUVENT et, veulent emprunter, et pourquoi le feraient ils !

                En effet, cette "crise des subprimes" n’a pris naissance que parce que les taux que les banques se sont mis a pratiquer aux USA ont fortement augmentés. ils ont augmentés parce que les banques ne gagnaient plus assez, selon leur point de vue. ... Et leurs clients, frappés par la baisse d’activité due aux délocalisations (eh, oui, on y arrive), se sont retrouvé les poches vides...

                Plus de client , plus non plus d’entreprise veut dire une contraction de l’activité, une augmentation du chomage et du coup destruction lente mais sure du tissu economique. Ressortent alors les dettes, les impayes et.... les subprimes qui n’auraient jamais dus apparaitre. De fil en aiguille, et avec quelques mois d’ecart, le même scenario se reproduit dans toutes les zones dites "riches" c’est dire dans les zones où les entreprises ne produisent plus rien ! ... recession technique qu’ils disent !

                Mais pire, la contagion se propage aussi aux pays pauvres, qui en general sont producteurs de matieres premieres et peu de valeur ajoutée. Les entreprises qui meurent ou qui consomment moins leur achetent moins, et je trouve etonnant qu’on ne parle pas de ces pays producteurs, hormis le petrole qui semble me donner raison en s’effondrant.

                En bref, tout le monde a les yeux fixés sur la bourse et personne ne se preoccupe de l’autre bout de la chaine. Donner du pouvoir d’achat aux gens, leur permettra d’acheter... a credit aussi. Les entreprises vont alors produire et probablement investiront... a credit. Les banques gagnreront leurs vie sur ces credits, les tissus economiques vont se reconstituer et tout rentrera dans l’ordre si..... ben si tout le monde ne se precipitr pas sur les produits chinois ! Je suppose que mon message subliminal est clair

                Nicola Sarkozy, président du pouvoir d’achat.... vous me suivez ? pour en redonner une seule mesure est suffisante et s’appelle DROIT DE DOUANE... eh oui, l’ouverture ça a du bon quand elle est maitrisée... et n’oubions pas non plus d’appliquer ces droits aux capitaux aussi...

                Bonne journée a tous.


                • Bernard Dugué Bernard Dugué 9 octobre 2008 20:49

                  Bonsoir,

                  Etrange idée que de baisser les taux d’intérêt, c’est ce qui a favorisé la crise, quand Greenspan les a baissés après 2001, favorisant les opérations qui ont plongé la finance dans le marasme actuel. No Comment !


                  • Antoine Diederick 9 octobre 2008 22:34

                    Bonsoir,

                    Baisser les taux, oui....c’est ce que feront , à mon avis, les autorités financières lorsque la deuxième vague va arriver car on dit déjà que les "credits pourris" sont plus qu’énormes.....

                    Paulson a prévenu, il y aura encore des difficultés de faillites.....il va falloir protéger à tout prix cette crise de liquidité qui menace les économies des ménages .....sinon ce sera la révolution sourde.

                    Mais ensuite ? Après la stabilisation viendra le moment des questions et réponses......

                    Les mesures prises pour l’instant sont là pour amortir le choc.....mais ensuite ? C’est l’inconnue.

                    Personne ne fait, à ma connaissance de projections sur ce qui va se passer d’ici 4 à 5 ans....car cela va se payer, en points de croissance et en nécéssaires réformes....et même en effets inattendus.

                    Le hold up est double : non seulement les Etats doivent aller de leur poche avec l’argent public mais ce faisant dans cette urgence, ils lèsent les actionnaires, les petits actionnaires surtout qui utilisent les placements pour faire fructifier leur épargne. Les Etats les lèsent pour la bonne cause, tout en ne respectant pas les règles légales du fonctionnement des "corporates".....

                    C’est l’alliance du "sauve qui peut étatique "à l’incurie des banques....


                    note : reste que les banques répugnent à se soutenir les unes, autres....

                    Belle gueule de bois en perspective....




                    • Antoine Diederick 9 octobre 2008 22:38

                      J’oublie les entreprises qui vont avoir du mal a se financer.....





                    • oj 10 octobre 2008 02:46

                      c’est bien beau mais en effet une fois la situation revenue ’théoriquement’ correcte, cela ne change pas le fait que notre pays crée de moins en moins de biens ayant une valeur d’echange réelle puisque nos chers marchands délocalisent.

                      Donc moins de richesse , plus de charges liées a la santé et a la vieilesse , donc fatalement baisse du pouvoir d’achat , baisse de l’utilisation du credit et depense sur 1 génération du patrimoine parental acquis au cours des trente glorieuses pour leur retraite et aider la génération suivante en grande dificulté.

                      nous sommes donc condammné a tous construire des airbus et des centrales nucléaires sinon la pauvetré nous guette.

                      sinon...comme je le suggère parfois un gros de force pour ....renforcer l’europe et rendre nos frontières moins perméables aux produits etrangers car face aux desordres de l’exterieur, nous avons en europe de quoi bien vivre mais nos marchands sont en train de la detruire a petit feu.

                      Le solutionnement de la crise actuelle ne changera rien a cette situation galopante basée sur le déséquibre.

                      Si nous voulons defendre notre systeme il faut se lever..vite ..et le faire savoir.





                      • Paul Kayat 10 octobre 2008 13:49

                        Finalement l’auteur semble avoir un peu raison.
                        La banque d’Angleterre vient de décider de garantir certains prêts et donc de prendre à sa charge le risque de crédit.
                        Bravo ! Maintemant la BCE doit baisser à 1,5 % et le tour sera joué.


                        • Stéphane Jean steph 11 octobre 2008 00:34

                          Bonjour,

                          Que l’etat garantisse le risque lie aux nouveaux credits bancaires veut bien dire que l’etat prenne un risque. Souhaitons-nous cela ? Si ce pari est gagnant, alors effectivement vous aurez eu raison pour un temps et on repartira pour un tour comme en 1987. Mais si le risque se realise, alors l’etat doit se retrouve avec une ardoise de plusieurs centaines de milliards d’euros, ce qui signifie emission de bons du tresor, lesquels (si l’on a encore la chance que la crise n’est pas grave au point qu’ils ne trouvent plus preneur !), et donc paiement des interets, c’est-a-dire augmentation drastique de la pression fiscale ! Et bien sur, le tout dans un contexte de crise economique puisque le pari de la reprise aurait ete perdu !
                          Bref, votre solution n’est-elle pas extremement dangereuse ? Ne nous fait-elle pas prendre le risque d’une faillite de l’etat a la place du secteur financier ?

                          Je prefere qu’on dise stop, qu’on laisse le systeme financier s’effondrer ; les banques nous ont voles pendant les dernieres decennies, et sont en passe de rompre le contrat social si elles ne remboursent pas les dettes qu’elles ont elles-memes crees ! Je pense qu’on devrait repartir sur de meilleures bases, meme si cela a des consequences economiques graves pendant un certain temps. Mais ne gageons pas l’avenir. 

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