Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Dévaluations : une guerre des devises durant les fêtes ?

Dévaluations : une guerre des devises durant les fêtes ?

Lors de son premier New Deal, Roosevelt avait dévalué le dollar de 59 %, pour disait-il : "transformer le recul en une progression vers l’avant". Ce fut l’une des clés de sa réussite. Apparemment exemplaire, puisqu’aujourd’hui beaucoup parlent de faire un New Deal. Ainsi, par le passé, aucun plan majeur de relance n’a omis d’utiliser l’instrument monétaire comme électrochoc pour accentuer son efficacité et sa rapidité d’impact sur l’économie. Dans cet esprit, comment utiliser l’arme monétaire et quel(s) pays pourrai(en)t la mettre en œuvre rapidement ?

D’abord, cela commencera indispensablement par une forte baisse du taux directeur de la banque centrale pour relancer l’investissement des entreprises et la consommation des ménages. Puis, afin d’enfoncer profondément le clou pour relancer les exportations tout en freinant les importations en les renchérir … on dévaluera le cours de la monnaie. C’est aussi simple que cela et, on le fera nuitamment durant un week-end, bien sûr !

 
Les mots d’investissement, de consommation, d’exportation, d’importation … nous ramènent totalement dans les discours ambiants et actuels de tous les gouvernements de la planète, notamment occidentaux et asiatiques.
 
Aujourd’hui, où les plans de relance se succèdent à la queue leu leu, ici et ailleurs, souvent à hue et à dia, les Etats peuvent-ils faire l’économie d’une utilisation massive de l’instrument monétaire, c’est-à-dire d’une dévaluation, sinon de sa réflexion ? Si oui, qui tirera le premier ? La Chine ? Les Etats-Unis ? Le Royaume-Uni ? L’Euroland ?
 
Tout d’abord, il convient de rappeler que l’on ne parle de dévaluation monétaire que dans le cadre d’un système de changes fixes ou concertés entre monnaies de différents pays. Ce système n’est plus celui opérant aujourd’hui. En effet, depuis la fin du système de Bretton Woods à Kingston en janvier 1976 et sauf à de très rares exceptions, le cours des monnaies fluctue au gré de l’offre et de la demande sur les marchés des changes internationaux. Dans ce cas, quand le cours d’une monnaie baisse par rapport à une ou plus autres devises, on parle de dépréciation. Cette monnaie étant plus vendue qu’achetée, son prix diminue, comme le fait toute marchandise sur laquelle l’offre est supérieure à la demande. En sens contraire, son cours augmente et l’on parle alors d’appréciation de la dite monnaie par rapport à une ou plusieurs autres devises.
 
Donc, aujourd’hui, il faut parler de dépréciation plutôt que de dévaluation. Ainsi, si un pays ou groupe de pays émetteur d’une monnaie via leur banque centrale, souhaitait la déprécier pour accompagner un plan de relance, il lui faudrait passer par le marché de l’offre et de la demande et, amener les opérateurs à se débarrasser de la dite monnaie au profit d’autres. Comment procéderait-il ?
 
Pour cela, toute banque centrale dispose d’au moins quatre leviers :
 
- D’abord, baisser fortement son taux d’intérêt et annoncer clairement à l’avance qu’il sera bientôt proche de zéro pourcent. De fait, les possesseurs de la dite monnaie – et même ceux qui ne la possède pas, les vendeurs à découvert par exemple – vont l’arbitrer au profit d’autres devises mieux rémunérées et donc plus rentables. Cette action, très simple, aura aussi l’avantage de provoquer des anticipations tout en relançant le crédit à l’économie de la zone monétaire en question.
 
- Ensuite, vendre elle-même massivement sa monnaie contre d’autres devises sur les marchés internationaux. Cette action doit être affirmée dans la continuité. Elle ne souffrira d’aucun relâchement qui pourrait faire douter de la volonté politique des autorités de la zone monétaire concernée.
 
- Puis, battre monnaie, c’est-à-dire faire tourner sa planche à billets pour inonder les marchés de sa monnaie. Tous les marchés, même le sien. Monnaie rapidement baptisée "monnaie de singe", car ne valant plus grand-chose pour cause d’inflation, si la planche à billets est utilisée sans discernement. Cette option a la particularité d’être uniquement à la disposition des pays autonomes, c’est-à-dire qui ont le droit de battre monnaie comme ils le souhaitent, tels : les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil, pour ne citer que les plus intéressants conjoncturellement. Pour ne pas être provocateur, ne n’avons naturellement pas cité le Zimbabwe qui, chaque jour, fait chauffer au rouge sa planche à billets en imprimant des millions de grosses coupures pour faire face, non pas à un plan de relance sans précédent … mais à une inflation de plusieurs millions de pourcents par an. Eh oui, cela existe encore aujourd’hui !
 
Quant à l’Euroland, il pourrait battre monnaie, mais il faudrait pour cela qu’il renie ses statuts et qu’il ait l’accord de tous les pays qui le composent.
 
- Enfin, ultime levier, mener une politique budgétaire dispendieuse et suicidaire, en faisant craindre la faillite prochaine de l’Etat concerné, provoquant irrémédiablement une fuite devant sa monnaie, elle aussi bientôt nommée "monnaie de singe". Cet outil, bien que dangereux s’il est utilisé de manière irresponsable, est à la disposition de tout pays automne en matière de politique monétaire (cf. supra).
 
Le décor est planté. On voit ses nombreuses limites. La question finale peut maintenant être posée : quel Etat pourrait demain avoir la volonté politique – et malfaisante – de choisir comme scénario de relance massive, celui qui le conduirait à utiliser concomitamment les quatre outils cités ci-dessus, pour faire en sorte que sa monnaie soit durablement dépréciée sur les marchés internationaux – ce qui reviendrait à une dévaluation de fait, mais donnerait un bon coup de booster à son économie ?
 
Si le premier outil, celui des taux, est relativement acceptable et donc utilisable comme premier outil d’une politique de relance, les trois seraient une véritable déclaration de guerre économique et peut-être … de guerre tout court.
 
Il convient cependant de noter que vendre et brader sa monnaie sur les marchés des changes est une action heureusement parfaitement visible, dès les premières transactions d’ampleur et récurrentes.
 
Par contre, mener une politique budgétaire dispendieuse et irresponsable, peut échapper durant plusieurs semaines à beaucoup de personnes, même aux organismes internationaux chargés de scruter les politiques conjoncturelles des pays adhérents.
 
Quant à battre monnaie, c’est la même chose. En effet, cela peut être parfaitement discret dans un premier temps et donc échapper aux organisations internationales chargées des statistiques. Mais, une fois découvert, plusieurs mois après, le mal étant fait, les autres pays seraient alors devant le fait accompli et … totalement impuissants.
 
Donc, comme on le voit, le pays qui voudrait utiliser l’arme monétaire pour accompagner ses plans de relance à répétition, pourrait facilement le faire. Les outils, plus ou moins voyant, ne manquent pas. A court terme, ils ont souvent montré leur efficacité. A moyen et long terme, ils peuvent être catastrophiques s’ils ne sont pas accompagnés de politiques structurelles visant à équilibrer la quantité de monnaie émise avec le volume de production et le niveau des prix - c’est léquation quantitative de Fisher : MV = QP.
 
Si un Etat est amené à utiliser aujourd’hui l’arme de la dépréciation massive de sa monnaie c’est, soit qu’il est incompétent, car il n’aura pas su mettre en œuvre le bon plan de relance au bon moment, soit qu’il se moque totalement de ses partenaires économiques, soit les deux en même temps … soit qu’il ne craint personne à quelque niveau que ce soit.
 
Alors, quid de Roosevelt en 1933 ? Roosevelt avait à cette époque le devoir de sauver les Etats-Unis d’Amérique du gouffre de la grande dépression. Il l’a fait. Il a réussi et, l’once d’or qu’il a dévaluée à 35 dollars est restée la référence mondiale durant quarante-trois ans, exactement.
 
L’exemple de Roosevelt est-il encore valable aujourd’hui ? Quand il s’agit de sauver son pays de la récession, voire d’une amorce de dépression, des fermetures d’usines à la chaîne, des files de chômeurs qui s’allongent … aucun Etat ne peut, en conscience, renoncer à utiliser tous les outils à sa disposition sous prétexte qu’il porterait atteinte à ses partenaires économiques. La raison d’Etat prime !
 
Alors, une fois la chose décidée, celle de procéder à une dévaluation compétitive, il faudra agir vite et surtout sans préavis. Quand ? Peut-être durant les fêtes, période très propice à l’action masquée et surprise ? Le premier Etat qui tirera, prendra un avantage concurrentiel et compétitif déterminant pour le salut de son économie. Ben Bernanke a prévenu : "Je suis prêt à utiliser tous les instruments à ma disposition pour sauver le pays de la récession". A bon entendeur … ! Il est déjà passé à l’action. La Fed a baissé son taux cible close to zero (proche de zéro), mercredi 17 décembre 2008. Jusqu’où ira-t-elle ? La BCE va-t-elle réagir, avec la même ampleur, si elle ne veut pas être distancée de manière irréversible et plonger la zone euro dans une catastrophe récessionniste qui marquera son histoire et la présidence Trichet ?
 
Les prochains jours ou tout au plus les prochaines semaines, devraient être porteurs de décisions très fortes, cette fois-ci non conventionnelles et donc vraiment sans précédent.
 
La décision ultime de déclarer une guerre des devises viendra-t-elle d’un grand pays tel que la Chine, des Etats-Unis d’Amérique … ou tout simplement d’un petit royaume comme celui de Grande-Bretagne, pas vraiment intégré à l’Union européenne et à ses solidarités de façade ?
 
A suivre ! 

Documents joints à cet article

Dévaluations : une guerre des devises durant les fêtes ?

Moyenne des avis sur cet article :  4.78/5   (54 votes)




Réagissez à l'article

42 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 19 décembre 2008 11:42

    passé l’effet Obama , le dollar replonge vers sa valeur réelle qui n’est que le reflet de l’état de l’économie US en général . Mécaniquement , ça fait grimper l’or !


    • Internaute Internaute 19 décembre 2008 11:45

      J’ai lu quelque part que la monnaie est au pays ce que l’action est à l’entreprise. Son cours reflète la valeur de l’affaire.


    • Gandalf Tzecoatl 19 décembre 2008 12:59

      Tu sais lechat, si la monnaie n’a aucune valeur sans travail, le travail sans monnaie en face non plus, du moins dans un contexte marchand.


    • non666 non666 19 décembre 2008 13:26

      Ce qui est le plus grave , c’est que le dollar ne vaut mevaniquement plus rien depuis des années.

      La fin de bretton wood, on l’oublie souvent est du au fait que le dollar etalon, basé sur l’or et "as good as gold" avait cours forcé EN ECHANGE DE SA CONVERTIBILITE.
      En ayant jusqu’en 1976 usé et abusé de la planche à billet , les etats unis avait en fait exporté leur inflation puisque leur devise avait cours partout.

      La banque de france, sous Degaulle, avait donc souhaité se faire rembnoursé ses dollars en or, conformement aux promesses de bretton wood.
      Il etait déja trop tard, cela aurait entrainé la banqueroute des etats unis à une epoque ou la solidarité "occidentale" etait necessaire fasse à l’union soviétique.

      Très clairement la faillite des etats unis a juste été "reportée".
      Le FMI a herité de l’affaire et le systeme mis en place depuis "partage" l’inflation entre les pays qui acceptent de considerer que le dollar ait encore une valeur. Les DTS (droits de tirages speciaux) sont donc en fait des chèques en dollar sur l’emission de dollar par les etats unis sans contrepartie marchandise produite.
      La condition etant bien sur que personne ne remet en cause "l’existant" c’est à dire la bulle existante.

      Or depuis 5 ans, lentement , mais surement, toutes les banques centrales modifient leurs reserves de change en diminuant la pârt du dollar au profit de l’euro, du yen du yuan.
      Comme le seul pays qui est obligé d’accepter des dollars sont les etats unis, cela a provoqué un petit boom economique.
      Seulement maintenant, viens d’apparaitre la contrepartie inevitable de toute emission massive de monnaie : la devaluation, la perte de confiance .

      Du coup, cela profite quand meme aux etats unis puisque le monde entier lui a preter de l’argent au moment ou le dollar valait quelquechose et se fera rembourser avec un dollar qui ne vaut plus rien.

      Le krach actuel n’est que le masque de brume destiné a nous empecher de voir ce qui va suivre.
      L’escroquerie US sur les subprime, les ruines de mazof, des banques US est juste destiné a faire disparaitre de l’argent. L’effondrement du dollar va apparaitre comme une conséquence alors qu’en fait il est la cause profonde de tout ce merdier.



    • LE CHAT LE CHAT 19 décembre 2008 15:04

      @NON666
      Le krach actuel n’est que le masque de brume destiné a nous empecher de voir ce qui va suivre.


      Je rigole rien qu’à penser au masque des burnes quand ils verront que leur pognon vaudra plus rien !  smiley


    • night 19 décembre 2008 18:05

      juste un petit problème dans ton raisonnement : l’écrasante majorité des payements internationaux sont libellés en dollar ( notamment le pétrole ).

      Donc le dollar est toujours massivement acheté independamment de la dette de USA.

      Désolé smiley


    • non666 non666 19 décembre 2008 20:49

      C’est effectivement ce qui l’empeche de tomber plus bas.

      Le rouble avait lui aussi une valeur surcoté tant qu’il etait l’unité de compte obligatoire des pays du comecon.
      Il s’est effondré brutalement quand ce privilège a céssé d’etre.

      Pour les etats unis, ce privilège est encore plus enorme puisqu’il a valeur MONDIALE.
      Cela n’empeche pas que fondamentalement , il ne vaut plus riensi on ne le considère que sous l’aspect de devise "nationale" des etats unis.
      Le FMI , indirectement sert d’outil pour imposer son usage.
      Quand un pays produit trop de monnaie par rapport a ce qu’il produit comme richesse , il n’est maintenu dans le commerce mondial que contre de couteux plan de "reajustement social" qui coupent court a toute les depenses de cet ETAT.

      On regardera ce qui est arrivé aux pays d’amerique latine il y a 10 à 20 ans à la corée , à la Turquie....
      Mais pour les etats unis, l’augmentation du commerce mondial sert de pretexte à l’emission de toujours plus de monnaie qui "disparaissent" dans les echange au seul profit des etats unis.

      ...Sauf bien sur en cas de recession ou la, il faut bien une opération magique pour faire disparaitre d’un coup des milliards de dollar sans valeur reelle.


    • Fadge Fadge 21 décembre 2008 16:09

      Pourquoi l’indépendance des banques centrales est un scandale
      article très interressant de L’Observatoire de L’Europe

      BCE et FED sont anti-démocratique. Elles sont en train d’emmettre de la monnaie a tour de bras pour racheter les actifs toxiques de leur amis des banques privés, fesant ainsi porter le cout de la crise provoquer par le privé, sur le public. La FED ne publie même plus le M3 (la masse monétaire)
      Les banques privée ont menti, triché, blanchi de l’argent sale

      Il est grand temps que les Etats reprennent ce qu’ils n’auraient jamais du ceder au privé : LA CREATION MONETAIRE

      Une création monétaire publique est un gage de transparence, et démocratiedonc d’efficacité pour le bien commun, et non pour des interets privés.

      REVEILLEZ-VOUS, ne vous trompez pas de combat, EXIGEZ UNE CREATION MONETAIRE PUBLIQUE


    • Napakatbra Napakatbra 22 décembre 2008 11:22

      Bel article !

      Car on est là, effectivement. Les Etats tirent leurs dernières cartouches et font tourner la planche à billet. D’autant qu’il n’y a plus guerre le choix car la Chine vient de déclarer qu’elle comptait lever le pied sur le financement de la dette US, et il se pourrait bien que la dette soit de moins en moins financée. Ca aurait déjà commencé... 

      Et autres joyeusetés.

      Lire aussi :


      Les doigts dans la crise : les Etats tirent leurs dernières cartouches
      La Chine avertit les USA qu’elle pourrait bientôt cesser de financer leur dette

      La déflation aux Etats-Unis atteint les niveaux de la crise de 1929


    • Nono Ladette Nono Ladette 26 décembre 2008 00:47

      Si le dollar "ne vaut mecaniquement plus rien" et que l’Etat americain n’a pas prevu de rembourser ses dettes, comment expliquer que des millions d’investisseurs dans le monde continuent a leur preter des milliards a des taux incroyablement faibles en achetant leurs bons du tresor ?


    • armand armand 26 décembre 2008 09:56

      Il est temps surtout que les Etats reprennent le droit de battre monnaie, certes, mais surtout de garantir cette monnaie comme instrument autonome d’échanges et "store of value’ - c’est-à-dire une monnaie à valeur intrinsèque.
      Toutes les monnaies ’fiat’ ne sont que des instruments de tripatouillage aux mains des Etats, des banques centrales, des banques privées - d’autant plus que la dématérialisation de l’économie permet tous les excès. 

      Rappelons que la Constitution U.S., violée depuis 1862 par ceux qui en sont les gardiens, stipule que seul le Congrès a le droit de battre monnaie "en espèces d’or et d’argent"...
      Le dollar-papier s’est imposé tout d’abord grâce à la victoire du Nord pendant le G. de Sécession (il fluctuait au gré des fortunes militaires), puis il s’est imposé simplement parce qu’il était plus pratique, et pour finir, nombre de billets U.S. portait jusqu’au New Deal la promesse solennelle d’être remboursable en or. Avec des procédés dignes des autres dictateurs des années ’30, Roosevelt a suspendu la convertibilité pour les particuliers, la possession d’or restant un délit fédéral jusqu’à la fin des années ’60.
      Et on parle de libéralisme...


    • Internaute Internaute 19 décembre 2008 11:44

      N’oubliez pas qu’à l’époque de Roosevelt, la circulation des dollars était faible, les réserves internationales de change des autres banques centrales n’en contenant pas beaucoup.

      Aujourd’hui, la Chine, l’Europe et le Japon regorgent de bons du trésor que l’Etat US n’a aucune intention de rembourser un jour. Tout le monde l’a bien compris. A qui vont-ils vendre leurs bons du tésor ? A leur propre population au chômage ? C’est du granguignol. Si vous avez du cash achetez des biens tangibles avant que votre argent ne vale plus rien.

      Les bidouilles financières proposées par nos politiques ne vont rien relancer du tout car le problème n’est pas financier et c’est la grande différence avec l’époque de Roosevelt. La source du problème vient des politiques mondialistes que nous imposées nos députés et qui font qu’en France on ne produit plus rien, même pas notre nourriture dont une partie doit être importée. La valeur de la monnaie ne sera jamais que le reflet de notre production de richesse.

      Je crois qu’on s’approche d’une grosse remise à zéro des compteurs et d’une méfiance mutuelle entre les nations qui va durer 50 ans. Regardez la vidéo de Larouche. Hormis le côté complotiste que je ne partage pas du tout, elle présente trés bien la question économique et ses possibles solutions.


      • zelectron zelectron 19 décembre 2008 23:54

        Ce sont les nations riches qui battent monnaie sur le dos des pays les plus pauvres...en augmentant leur misère


      • tonton max 19 décembre 2008 12:55

        Les anglais ont déjà commencé à tirer
        Voir ici le graphe
        C’est clair et net


        • K K 19 décembre 2008 14:32

          Ils tirent toujours les premiers. Mais si la Livre continue sa chute, ca m’arrange bien !


        • tonton max 19 décembre 2008 15:31

          Salut Mage,

          Sérieusement alors, je pense qu’il faut faire comme Warren Buffet : acheter quand tout le monde vend.
          C’est ce que je fais personnellement avec les actions de la "Royal Bank of Scotland" ( reprise à 58% par l’Etat britannique ). Bien sûr, il faudra patienter une petite année avant que ça paye. Mais là, ça payera gros : 2 fois la mise facilement.

          Maintenant + généralement, je pense qu’il ne faut pas céder au mouvement collectif de peur pavlovienne. En clair : garder ses nougats et ne rien brader. Car tous les prévisionnistes se trompent à mon avis... pourquoi ?
          Car dans leurs modèles mathématiques sophistiqués, ils sous-estiment l’impact des réactions gouvernementales fortes qui se mettent en place pour juguler la récession justement.
          C’est pour ça que je crois que la récession sera finie avant la fin 2009.
          Et il ne faudra pas sous-estimer l’effet Obama non plus, après le 20 janvier. Car aujourd’hui, tant que Bush est là, il ne faut espérer aucun optimisme sur les marchés. Pour ça, il faudra attendre, je pense, le printemps, ou l’été prochain.

          Ceci dit, je n’ai pas de boule de cristal, c’est juste une opinion perso.




        • Antoine Diederick 19 décembre 2008 15:52

          a Tal,

          les analystes ont l’air de vous donner raison, la récession pourrait être plus courte que prévue avec un embellie possible dans 6-7 mois.....et le marché semble bradé....

          mais.....prudence


        • tonton max 19 décembre 2008 16:14

          Je ne m’y connais trop en inflation/déflation, mais il me semble que les pouvoirs publics ( banques centrales + gouvernements ) ont appris à gérer assez correctement ce genre de truc, non ?
          Si les marchés se sont bien fait piéger comme en 1929, il semble que ce ne soit pas le cas du politique en général. L’essentiel du krach, en fait, a déjà été évité. A la même heure en 1929, on avait déjà quasi tout le système banquaire en faillite.
          Et sur ce coup justement, Gordon Brown a été un pionnier. D’où ma confiance. Car en fait, c’est sur sa compétence que je parie en fin de compte.

          Ceci dit, Achtung !!, je suis un débutant en boursicotage. Je n’avais jamais acheté une action de ma vie avant le 13 oct dernier. A chacun son feeling.
          Mais bon, ici, j’ai l’honnêteté de dire ce que j’ai vraiment fait. C’est déjà autre chose que de dire des trucs sans se mouiller. Si je me gourre, ce sera sincèrement, et à mes dépens.

          Maintenant, je pense que si tu es tenté d’acheter des actions bradées, tu as encore le temps de te décider au moins jusqu’à l’investiture d’Obama, le 20 janvier.


        • tonton max 19 décembre 2008 16:31

          Pour la RBS ( Royal Bank of Scotland ), le gvt anglais a récemment injecté 20 milliards £ pour recapitaliser la banque, dont 15 milliards d’actions achetées à 65,5 pence. Et le gvt a un contrôle direct sur son enfant puisqu’il a acquis 58% des parts.
          En fait, depuis le 13 octobre, l’action a sans cesse yoyoté entre 84 et 40 pence.
          Tu peux étudier ça en détail ici.
          Synthétiquement, mon impression est qu’on est pour l’instant dans une phase transitoire, où la peur du grand krach est passée, mais où la récession n’est pas encore finie, car il faut encore écoper pas mal.
          Et dans cette phase transitoire, ça yoyote dans tous les sens. Jusqu’au moment où la phase ascensionnelle reprendra son cours, tôt ou tard.
          Notons qu’en septembre, la RBS était encore à + de 200 pence, et au printemps à près de 400 ...
          Le drame de la RBS est d’avoir fait un achat très cher pour ABN-Amro ( 24 milliards € ) l’an dernier au pire moment, car la cata des subprimes a commencé a produire ses effets après.
          Alors les 500 millions £ de Madoff, c’est moche, mais il n’y a pas de quoi couler le paquebot.
          Il en a vu d’autres smiley



        • tonton max 19 décembre 2008 17:23

          C’est exactement ce que je me suis dit le 13 octobre quand j’ai pris ma décision : on vit maintenant un truc qu’on ne reverra sans doute jamais dans notre vie. Ce serait dommage de rater l’occase.

          Mais naturlich, la prudence reste la mère de la porcelaine smiley

          A +


        • K K 21 décembre 2008 17:38

          Hum oui je vais vite fait bien fait aller faire quelques courses à Londres avant que tout cela ne se gâte davantage !


          Arthur, nous sommes devances par les Irlandais qui se precipitent pour faire leurs achats en profitant du cours de la livre sterling par rapport a l’euro !


        • armand armand 26 décembre 2008 10:06

          Personnellement je n’ai confiance qu’en un seul avoir - celui qu’on peut faire tinter sur une table. Et d’ailleurs, malgré les commentaires moqueurs sur France-Info qui y voient un palcement dangereux et ringard, il n’y a jamais eu autant de jeunes pour se précipiter chez les vendeurs d’or. Et en toute objectivité, l’or a connu une des meilleures performances parmi les ’commodities’ au cours des trois dernières années.

          Effectivement, je vous encourage tous à vous précipiter à Londres pour les pré-soldes. Et même sans soldes, la dévaluation de la livre est telle (parité avec l’Euro) qu’un restaurant à Londres n’est pas plus cher que son équivalent à Istanbul. Et les grands hôtels affichent des ’packages’ qui défient toute oncurrence.
          On notera la différence essentielle entre Britanniques et Française : à la veille de Noël, tous les commerces en GB sont ouverts et cassent les prix. En France, la moitié sont fermés, et les restaus affichent tous (même ceux qui ne le faisaient pas avant) desmenus spéciaux, nettement plus chers que les autres jours.

          Alors voyez la différence : quand il faut faire rentrer du fric, l’Anglais baisse les prix et travaille plus, le Français augmente les siens et ferme. Cherchez l’erreur...


        • ASINUS 19 décembre 2008 14:29

          bonjour , qui decide d une devaluation du dollard la fed ou le gouvernement US ?


          • Internaute Internaute 19 décembre 2008 18:41

            Depuis 4 mois, la balance de la Fed est passée de 900 milliards de dollars à 2.000 milliards. Il avait fallu 187 ans de croissance US pour arriver à 900 milliards. Je ne pense pas que l’augmentation de la production US en 4 mois justifie une telle hausse. Il semble que la Fed ait été dévoyée de sa fonction.


          • Antoine Diederick 19 décembre 2008 15:49

            Très bon article, 

            L’euro dollar est reparti en hausse suite à la baisse des tx us cette semaine comme vous l’avez signalé.

            Comme vous le faites bien remarquer c’est un outil préférable à la dévaluation (laisser filer le dollar en dépréciation)....et aux autres techniques....disons plus dangereuses.

            Le plan de relance us serait prêt et les syndicats us le voudraient toute suite appliqué avant l’investiture d’ Obama. Le plan de relance pourrait différer les techniques plus agressives.....


            Mais que se passerait-il s’il dévaluaient, concrètement.....un effondrement de la finance mondiale, le dernier coup pour achever la bête ? ....brrrrrr attention à l’épargne....




            • Marc Viot idoine 19 décembre 2008 16:46

              >une forte baisse du taux directeur de la banque centrale

              Au point où en est le taux directeur, seul un taux d’intérêt négatif est envisageable.
              C’est d’ailleurs la solution innovante retenue par les SEL : pénaliser la détention d’argent.


              • Marc Viot idoine 19 décembre 2008 16:56

                Un taux d’intérêt négatif permettrait de résorber rapidement les accumulations monétaires et en les réinjectant massivement dans l’économie.


              • Internaute Internaute 19 décembre 2008 18:45

                Le problème est que le montant de l’économie virtuelle est 10 fois supérieur à celui de l’économie réelle. Les produits dérivés représentent 10 ans de production mondiale. Le jour où cet argent descend dans les salaires et dans les entreprises vous aurez 1.000% d’inflation du jour au lendemain.

                Il faut faire disparaitre cet argent avant qu’il ne pourrisse l’économie. Le seul moyen est de supprimer les dettes d’un trait de plume (avec quelques aménagements quand-même).


              • Marc Viot idoine 19 décembre 2008 19:43

                Oui, l’inflation pourrait augmenter... pour les détenteurs de produits monétaires mais il est possible d’en limiter les effets négatifs à ceux qui détiendront une contrepartie économique tangibles :

                - les outils de production (industriel, commercçant prestataire de service)

                - capacité de travail (salarié)

                En fait, en mettant à disposition des acteurs économique, un outil d’échange qui serait déconnecté de la masse monétaire virtuelle MAIS qui aurait une contrepartie économique, on limiterait les effets de l’inflation aux seuls "spéculateurs".


              • Marc Viot idoine 19 décembre 2008 19:44

                Correctif : "à ceux" > "pour ceux"


              • Gandalf Tzecoatl 19 décembre 2008 18:27

                Une spirale internationale de la planche à billets aurait quelque mérite à éclairer les détenteurs de capitaux des paradis fiscaux ce qu’ils ont réellement, à savoir pas grand chose.

                La monnaie qui circule dans la sphère économique réelle est plus robuste que la monnaie de la sphère financière.


                • Marc Viot idoine 19 décembre 2008 20:12

                  	 	 	 	

                  L’inflation était salutaire lorsqu’elle pouvait être jugulé par la dévéluation nationale.
                  Aujourd’hui, la crise est mondiale et toute dévaluation serait inopérante, voire source de panique : c’est la confiance dans l’outil d’échange qui permet acteurs économiques d’échanger.

                  Remettez en cause cette confiance par une spirale de dévaluation et c’est le chaos assuré.

                  Aussi, seul la création de nouveaux outils d’échange déconnecté des monnaies permettrait à terme de résoudre l’équation.

                  A ce titre, je propose un outil que j’ai nommé : le maillon d’or - "la confance en chaine"

                  	 	 	 	

                  Les individus deviennent les maillons de chaines de confiance. Les chaines de confiance deviennent des outils d’échange universel.

                   

                  Les individus proposent des échanges sur des lieux précis et sécurisés.

                   

                  Pour chaque échange proposé, une image en forme de chaine de confiance se dessine au fur et à mesure que les contreparties souhaitées sont proposés.

                  La couleur "or" indique une qualité d’échange maximum.

                  Ex : je propose une voiture ET je veux bien l’échanger contre :

                  - la possibilité d’utiliser un logement pendant 6 mois.

                  - des vacances que je pourrais moi-même troquer.

                  - une partie en crédit à utiliser dans la chaine

                  - je suis ouvert à tout autre proposition.

                   

                  Chacun décide de réaliser sa part d’un échange quand il le désire dès qu’il estime que sa chaine de confiance est suffisamment complète et bien colorée.

                   

                  Les offreurs sont incités à utiliser une monnaie au choix afin d’aider les demandeurs à estimer les produits proposés à l’échange.

                   

                  Les échanges sont synchronisés sur les équipements des échangeurs (ex portables) et la trace est gardée sur les sites d’échanges.

                   

                  Les sites d’échanges sont interconnectés ou pas et on peut assimiler leur fonctionnement à aux protocoles PearToPear très connus du grand public.

                   

                  Résoudre les crises de confiance liées au crédit en le décentralisant et en permettant à tout acteur d’être partie prenante à l’échange.

                   

                  Supprimer les laborieuses saisies comptables en liant les éléments de valorisation dès la réalisation de chaque échange (comptabilité en temps réel).

                   

                   


                • Gandalf Tzecoatl 20 décembre 2008 00:00

                  Oui, enfin, le troc P2P s’annonce pas top. S’il n’y a pas de la monnaie, faut au moins des nombres. Autrement dit la monnaie réduite à de l’information.


                • chmoll chmoll 20 décembre 2008 08:22

                  ouai ,moi j’attend l’mois d’janvier, avec l’stock d’invendus que les hypers vont avoir sur l’dos

                  pas b’soin de dévaluer l’pognon ,c les articles qui vont dévaluer, plutot chuter


                  • Daniel Roux Daniel R 21 décembre 2008 12:16

                    Les USA valent à peu près 21% de l’économie mondiale et leur importance dans l’économie mondiale pèse lourd. Leur politique est donc a surveiller de près.

                    La situation des américains est-elle plus dramatique que la notre ?

                    La dette d’Etat US s’élève à 10 mille milliards de dollar pour un PIB de 13 mille milliards (2007).

                    Les plans de relance annoncés s’élèvent à 1000 milliards de dollars pour commencer, financés évidemment par la dette.

                    Conclusion, à court terme la courbe en croissance de la dette de l’Etat US va croiser la courbe en décroissance du PIB.

                    Pas pire qu’en France au final ou le croisement des courbes a déjà eu lieu : PIB 2 mille milliards de dollar en chute - Dette publique : 2 mille milliards de dollars en hausse.


                    • Jean Lasson 21 décembre 2008 16:07

                      Oui, la dette publique US est tolérable, mais la dette privée est insupportablement élevée, si bien que la dette totale atteint 51.000 milliards $ (51 T$), soit a peu près 350 % du PIB US, ou plus que le PIB mondial, ou encore plus de 650.000 $ par foyer...

                      Cette dette ne peut être remboursée, elle sera donc "monétarisée", c’est-à-dire diminuée par une inflation massive. Autre hypothèse : la solution "Lénine", c-à-d la cessation de paiement...

                      Voir :
                      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=29728
                      http://tropicalbear.over-blog.com/article-5972411.html
                      http://tropicalbear.over-blog.com/archive-09-22-2008.html
                      http://tropicalbear.over-blog.com/article-22805419.html
                      http://tropicalbear.over-blog.com/article-25792176.html
                      http://tropicalbear.over-blog.com/article-18599514.html


                    • Daniel Roux Daniel R 21 décembre 2008 18:37

                      La dette privée américaine est détenue par des établissements privés américains. Tout reste en dollars et principalement en interne.

                      Les américains sont très endettés, c’est leur mode de vie. Contrairement à nous, ils n’économisent pas. Ils ont tellement confiance en leur système et dans leur modèle économique qu’il leur faudra beaucoup de désillusions pour modifier leur comportement.

                      Le PIB mondial est un peu supérieur à 60 mille milliards de dollars. Faisons tous un effort en donnant les chiffres disponibles afin de respecter les lecteurs d’Agoravox.

                      http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_mondiale



                    • frédéric lyon 21 décembre 2008 16:39

                      Quel crédit apporter à un article qui parle :

                      1) de "dévaluation de la monnaie", alors que, les systèmes de change fixe ayant disparu depuis longtemps, l’expression "dévaluer la monnaie" n’a strictement plus aucun sens.

                      2) de "battre la monnaie", ou de "faire tourner la planche à billet", alors que le système de création monétaire repose à 90% sur la création monétaire que les agents économiques réalisent en se faisant des crédits entre eux. Et ne repose donc pas sur la fameuse "planche à billet".

                      Aucun crédit.


                      • Bof 21 décembre 2008 19:05

                        OUI...mais, il y a trois zéro de trop au moins avec ces conneries . C’est donc qu’on va enlever quatre ou cinq zéros pour avoir de l’avance puisque personne ne veut rien changer en la valeur de l’argent qui ne peut en aucun cas être considéré comme une marchandise. On est pas prêt de pouvoir manger du pain l’an prochain alors.


                        • JL JL 22 décembre 2008 08:50

                          ""On est pas prêt de pouvoir manger du pain l’an prochain alors"" Est-ce qu’on mangera de la brioche de banquiers ?  smiley

                          Ce matin, infos ; la livre sterling se rapproche de l’euro. Elle aurait perdu ces derniers mois 30% de sa vameur. Sauf quand ils sont polis, les Anglais tirent toujours les premiers.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès