Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox Mobile

 Accueil du site > Actualités > Economie > Dexia démantelée trois ans après la faillite de Lehman Brothers. Nouvelle (...)

Dexia démantelée trois ans après la faillite de Lehman Brothers. Nouvelle crise financière ?

Le titre de Dexia a perdu plus de 30% après l’annonce, ce mardi 4 octobre, d’un possible démantèlement de cette banque dont les difficultés mobilisent les intervenants du monde financier et surtout, politique, puisque ne l’oublions pas, Dexia a été soutenue lors de la précédente crise par les Etats français et belges et que ces deux pays possèdent des parts non négligeables dans cette affaire. On ne peut donc parler de faillite puisque contrairement à Lehman Brothers, cette banque a un statut semi public mais dans les faits, les mécanismes sont similaires ; bien que présentés dans la presse sous un volet opaque. La banque manque de liquidités. Voilà le problème. Après, on est bien avancé. On comprend que Dexia risque la faillite, comme ce fut le cas pour Lehman Brothers. On comprend aussi que les Etats français et belges vont se débrouiller pour éviter la faillite. On évoque une vente à la découpe, un démantèlement, un déplacement des activités à risque vers un nouvel établissement désigné avec cet anglicisme en forme de boutade, bad bank. La banque mauvaise, ou plutôt la banque qui récupère les activités d’un établissement en mauvaise posture.

 Dexia serait ainsi la première banque à vaciller dans le contexte des crises de dettes souveraines en Europe. Ce qui nous renvoie à la précédente crise financière de 2008 dont les mécanismes sont assez similaires. Sauf que la dette était supportée par des ménages ayant emprunté pour devenir propriétaires et dont les biens achetés avec des « crédits subprimes » se sont dépréciés au cours de l’année 2007. La situation européenne concerne non pas des ménages mais des Etats qui empruntent et dont les perspectives de rentrée fiscale s’amenuisent avec la croissance en berne. La situation est donc critique parce qu’elle a été fragilisée par la faute de décisions financières inconséquentes. Dans les années 2000, les banques ont prêté à des ménages qui ne seraient pas tous solvables, en jouant notamment sur une montée artificielle des biens immobiliers. Dans les années 2010, ce sont les Etats qui risquent de ne pas être parfaitement solvables. En 2008, les institutions financières et gouvernementales ont aidé les banques et les ménages ont été saisis, perdant de ce fait le fruit acquis grâce à leur travail. En 2012, les banques vont à nouveau être aidées et les ménages seront saisis pour ainsi dire. Une sorte de saisie sur salaire, notamment en Espagne, en Grèce, au Portugal, en Italie. Eh oui, quand on diminue le salaire d’un fonctionnaire pour rembourser la dette, cela revient à faire une saisie sur salaire. Le malheur étant que les intéressés n’ont signé aucun engagement et ne peuvent être tenus pour responsables, à l’inverse d’un ménage contractant un crédit pour acheter une automobile et un tas d’équipements car il est pressé d’élever son standing.

 En l’état actuel des choses, la crise économique n’est pas en vue, bien que la croissance soit annoncée comme réduite. Quant à la crise financière, nul ne sait quelle est son étendue. Le cas Dexia devrait attiser les inquiétudes mais comme on ne connaît pas les comptes, on ne peut rien prédire. Les communiqués diffusés et les commentaires des analystes financiers sont fiables dans une fourchette comprise entre 40 et 70 %. C’est à peu près ce qu’indique mon agence de notation citoyenne logée dans un coin de mon cerveau. Ce qui signifie qu’on est un peu dans la merde, mais pas tous de la même manière.

 



Sur le même thème

Comment le dollar, l’euro, la livre sterling, le yen et le pétrole ont sauvé le monde depuis 2008 ? Les Quantitative Easing Policies ou la « manne monétaire » de l’Occident
Bank of America paie moins que la BNP : 16 millions de dollars au lieu de 8,9 milliards de dollars
Comment l’euro, la livre sterling, le yen et le pétrole ont redressé l’économie occidentale et mondiale depuis la crise de 2008 ? Les vertus de la création monétaire ex nihilo
Bâle III : autopsie d’un échec
Si on faisait "boum" avec la bulle de la dette publique


Les réactions les plus appréciées

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

ECRIVEZ UN ARTICLE !





Les thématiques de l'article


Palmarès







Partenaires