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Doit-on retourner aux monnaies nationales ?

De nombreuses voix parlent d'un retour aux monnaies nationales, en justifiant les problèmes nationaux actuels par la mise en place de l'Euro. Cette idée n'a en fait pas lieu d'être.

D'abord, faire du clientélisme politique pendant 50 ans en s'endettant davantage, n'est pas particulièrement lié à l'Euro. Ce que l'Euro a permis de faire apparaître, c'est la gestion budgétaire catastrophique de la majorité des états Occidentaux.

Ensuite, une faillite n'est en général pas difficile à comprendre : lorsque l'on dépense plus que ce que l'on gagne, on finit en banque route. Rien de savant et pas de théorie du complot.

Dans le passé, l'arnaque de l'inflation monétaire en pesetas, drachmas, francs etc résolvait le problème mathématique des déficits publics. Avec l'Euro, le degré de transfert de richesse de la partie responsable de la population (ceux qui travaillent et économisent) vers les rigolos (ceux qui ne savent que dépenser, i.e l'Etat en premier), a dû s'arrêter au niveau de la gestion monétaire du pays le moins cancre, c'est-à-dire l'Allemagne...

Même si la gestion de l'Euro peut être classée comme mauvaise, elle a été nettement meilleure que la gestion monétaire de la majorité des pays européens lorsqu'ils avaient leur propre devise.

L'argument un peu plus subtile, mais tout aussi erroné, en faveur du retour aux monnaies nationales, est celui de la compétitivité. Certains disent qu'en retournant au franc français par exemple, et en le dévaluant, la France gagnerait en compétitivité face à l'Allemagne. Ce qu'on est en train de dire ici, c'est qu'au lieu de baisser le salaire de l'ouvrier français de par exemple 5 unités monétaires à 4 unités monétaires, on va simplement lui dire qu'il est toujours payé 5, mais que ses 5 unités n'achèteront plus que 4 baguettes au lieu de 5.

Bien sûr, dans le cas de la dévaluation comme dans le cas de la réduction de salaire, l'ouvrier va finir avec 4 baguettes. Donc cet argument d'augmentation de la compétitivité ne revient qu'à comment réduire le salaire de cet ouvrier sans que ce dernier comprenne ce qui se passe. On a ici une belle illustration de ce que l'Etat pense de ses citoyens, et il est toujours étonnant de voir autant de citoyens espérer des solutions venant de l'Etat.

Et maintenant que dire de ceux qui ont économisé un capital ? Ceux qui ont dépensé moins que ce qu'ils ont gagné ? Ceux-ci vont voir le pouvoir d'achat de leurs économies se réduire. Il faut bien comprendre que le résultat net d'une dévaluation est zéro : ce que les épargnants ont perdu, quelqu'un d'autre l'a reçu (en général l'Etat). Donc on se retrouve avec moins de capital à investir, et à encourager le comportement de cigale dans la population. Même si sur le court terme il peut y avoir des signes d'amélioration, le moyen/long terme est toujours mauvais.

Maintenant si on réfléchissait d'un point de vue technique sur un retour aux monnaies nationales. Si je suis un marchand grec par exemple, et on me dit qu'à partir d'aujourd'hui ce sont des drachmas qui vont circuler, et je sais bien sûr que demain l'Etat grec va s'amuser à faire marcher la planche à billets pour augmenter le salaire des fonctionnaires etc En tant que marchand, je vais demander qu'on me paye en quelque chose qui va maintenir sa valeur jusqu'à après-demain au moins. Et ce sera probablement l'Euro pour le moment.



Si on souhaite maintenir un minimum de libertés individuelles, la sortie de l'Euro -d'un pays qui a peu de discipline monétaire- ne peut se faire que vers une devise supérieure (Or, argent, pétrole, terres etc), et certainement pas vers une devise inférieure.

Tout passage à une devise inférieure doit s'accompagner par une perte de libertés individuelles, parce que seule la violence de l'Etat pourra obliger l'utilisation de cette nouvelle devise (Ex : pays communistes, majorité des pays décolonisés).

Même si la gestion de l'Euro peut être classée comme mauvaise, elle a été nettement meilleure que la gestion monétaire de la majorité des pays européens lorsqu'ils avaient leur propre devise. Une sortie de l'Euro ne résoudrait rien, mais conduirait probablement à des régimes centralisés de type fasciste.

Le commerce, et donc l'emploi, peuvent être revitalisés par l'allègement de toutes les régulations/taxes que l'Etat impose, et la sortie de l'Etat de l'activité économique. Ceci implique aussi que l'Etat ne peut pas s'endetter au nom de ses citoyens.

Remarques :

- Si une personne s'endette au nom de quelqu'un d'autre, elle va en prison pour fraude. Quand l'Etat le fait, cela s'appelle 'un plan de relance'.

- Si une personne fait circuler de faux billets, elle se fait appeler 'faussaire' et est jetée en prison. Quand l'Etat le fait, cela s'appelle 'assouplissement quantitatif'.

http://economienet.net/




par EconomieNet (son site) vendredi 24 août 2012 - 95 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Gabriel (---.---.---.98) 24 août 2012 08:35
    Gabriel

    Doit on retourner aux monnaies nationales ? Je ne pense pas que ce soit la bonne question par contre, la bonne réponse serait : Il faut rendre aux états le pouvoir sur leur monnaie et non le laisser à la BCE et au FMI qui cocufient les nations et les peuples avec la mafia bancaire internationale. 

  • Par Gabriel (---.---.---.98) 24 août 2012 10:07
    Gabriel

    @ tf1Goupie,

    Le problème n’est pas l’Euro en soit mais ceux qui le gèrent et ce qu’ils en font. Vous êtes tout de même pas assez stupide pour ne pas voir le hold up des banques (Responsables de la crise) sur les états.

  • Par mac (---.---.---.56) 24 août 2012 10:18

    La république de Weimar on s’y dirige peut-être tout droit avec la politique européenne actuelle et sa planche à billets.
    Ce qu’il fallait faire c’était laisser couler les mauvaises banques et les spéculateurs de produits dérivés dès 2007 et ne garantir que les dépôts or on a fait exactement le contraire en laissant se dévaloriser la valeur de notre monnaie pour soutenir les banques. Les gens risquent tôt ou tard de se retrouver avec du papier hygiénique à la place de leur argent.

  • Par mac (---.---.---.56) 24 août 2012 14:39

    Vous me faites doucement rigoler. Croyez vous que tous les plans de soutien aux pays en difficulté se font avec de l’argent comptant ?
    La France et même l’Allemagne qu’on donne aujourd’hui en modèle et qu’on traitait de vieux pays industrieux il y a peu (comparé aux tigres irlandais, anglais , espagnol et j’en passe et des meilleures !) , sont presque aussi endettés que les autres.
    L’endettement des états, il ne fallait tout simplement pas commencer à le créer en enrichissant par la même des banques qui ne le méritaient pas.
    Personnellement je ne fais aucun crédit et je ne vois pas pourquoi des margoulins à la tête de mon pays ou de l’Europe le feraient en mon nom pour enrichir leurs copains et ce sans même nous demander notre avis.

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