Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Droits d’émission de CO2.

Droits d’émission de CO2.

J’ai eu l’occasion de vous expliquer en plusieurs occasions le mécanisme des droits d’émission de CO2, que certains appellent droits de polluer, qui découlent de la mise en application du protocole de Kyoto. Je vous avais exprimé mon admiration pour l’ingéniosité du procédé de ces droits, qui permettent d’une part de réduire les émissions de CO2 et d’autre part, de contribuer à l’aide aux pays en voie de développement en les industrialisant.

En effet, comme il est plus facile d’augmenter l’efficacité calorifique des vieilles installations de ces pays que d’améliorer celle des installations modernes qu’on trouve dans les pays développés, les industriels choisissent souvent la voie de l’amélioration ou de l’installation de matériels modernes dans les pays en voie de développement.

Une émission de télévision en donnait deux exemples. L’un, la société des Ciments Lafarge, qui a choisi d’équiper l’une de ses cimenteries au Maroc d’une génération d’électricité partielle avec une ferme d’éolienne qui leur génèrera des droits à émissions, qui seront utilisés en France pour compenser les émisissions hors quota, que le développement des ventes y génère.

L’autre, STMicroélectronic, société franco-italienne de puces électroniques, apparemment fortement consommatrices d’énergie, qui a donc investi dans des plantations de chênes-lièges, toujours au Maroc, pour un montant de 3,5 millions d’euros. Tout en sauvant une forêt de chênes-lièges en voie de disparition, cet investissement leur générera des droits d’émission de CO2 de 150 000t.

Dernier exemple, Rhodia, qui vient d’obtenir l’autorisation finale, après celle du gouvernement brésilien, de l’Onu, pour mettre en place une amélioration très significative de ses installations brésiliennes. Il est intéressant de constater que Rhodia,société chimique qui vient de frôler plusieurs fois le dépôt de bilan, risque d’être sauvée par la production de droits d’émissions !

En tous cas, ce système d’inspiration très capitaliste - c’est une des méthodes de pensée capitaliste de considérer que la régulation par l’argent règle les problèmes- prouve son efficacité, et me paraît beaucoup plus prometteur qu’une taxation supplémentaire " à la Chirac" pour aider les pays en voie de développement ...


Moyenne des avis sur cet article :  4.2/5   (5 votes)




Réagissez à l'article

5 réactions à cet article    


  • Hakim I. (---.---.97.174) 9 janvier 2006 21:50

    Bonjour,

    J’ai regardé l’émission dont vous faites référence, et je suis assez d’accord avec votre point de vue à quelques détails près.

    Je n’y connais pas grand chose vous me direz, mais il y a une facette de ce « business » qui me gène. En effet, les entreprises n’ayant pas atteint leur quota de pollution au CO2 revendent leur « crédit CO2 » aux entreprise ayant dépassé leur droit d’émission. Ce crédit CO2 est même coté à la bourse aux environs de 20€/Tonne émise en éxcédant. Il est dommage qu’au final, le principe de limitation d’émission de gaz à effet de serre se transforme en business de droit d’émission. Je veux dire par là qu’une firme non polluante achètera son droit de polluer bien qu’elle n’en n’a pas initialement le besoin. C’est un peu pervers non ?

    De plus, j’ai vu les plantations de chène liège au Maroc (sur des terres situées entre Casablanca et Rabat). Il y a un souci majeur dans ce pays : l’irrigation. Je me demande comment ST Microelectronics arrive à irriguer des plans au milieu de champs dévastés par la sécheresse ... J’espère sincèrement que ce n’est pas de la poudre aux yeux qui leur servirait de dédouanement...

    Le but du jeu n’est-il pas avant tout de cesser les ravages causés par les émissions de gaz a effet de serre ?


    • (---.---.140.3) 10 janvier 2006 13:06

      Réponse de CaDerange :

      Tout à fait d’accord qu’il peut paraitre étrange d’acheter un droit à polluer, mais la pénalité financière sur les prix de revient de l’entreprise sera telle à terme que l’entreprise n’aura bientôt que le choix entre améliorer ses émissions ou disparaitre par rapport à des concurrents qui auront fait d’autres choix. Par ailleurs c’est la simple logique industrielle que d’améliorer sans cesse ses prix de revient

      Pour les plantations de chène liège au Maroc,de ce que j’ai compris, ce n’est pas STMicroélectronic qui est le maitre d’oeuvre technique mais les Eaux et Forets Marocain. On peut espérer qu’ils savent ce qu’ils font.

      Pour le commentaire, sur la proposition de décroissance,c’est effectivement une solution théorique idéale que le club de Rome dans les années 60/70 avait essayé de promouvoir sans grand succés.Le problème c’est qu’elle est inapplicable dans un monde où les disparités de revenus et de niveau de vie sont énormes et où les pays en voie de dévéloppement ont très légitimement des ambitions de developpement. En tant que « nantis » de ce monde, on ne peut les en blamer, d’ailleurs ils sont maitres chez eux.

      Nous n’avons donc pas d’autre choix que de trouver des solutions pour permettre de poursuivre la croissance économique mondiale tout en en réduisant les émissions.

      Un challenge dont les droit à polluer est un tout petit début de commencement de solution.


    • Yaarg (---.---.109.244) 10 janvier 2006 00:33

      hakim nous dit : « Le but du jeu n’est-il pas avant tout de cesser les ravages causés par les émissions de gaz a effet de serre ? »

      Mais oui, voilà bien le problème : je suis convaincu que ces échanges de droits d’émission ne sont que DE LA POUDRE JETEE AUX YEUX, une poudre toxique et polluante.

      Que fait-on au juste : on dépollue ici pour pouvoir continuer de polluer TRANQUILLEMENT là. Mais quel est le bilan énergétique ?

      Comment serait-on assez naïf pour croire qu’une augmentation de la production ne va pas de pair avec une augmentation de la pollution ?

      Si on consomme plus on produit plus, si on produit plus on pollue plus. C’est mathématique.

      Au final on déshabille saint-pierre pour habiller saint-paul...

      le seul vrai moyen de diminuer la pollution, c’est de polluer MOINS et non d’échanger des droits à polluer. Et pour polluer moins il n’y a pas trente six solutions, il faut consommer moins, rouler moins en voiture, brûler moins de pétrole, bref en arriver à ce concept d’actualité : la DECROISSANCE.

      Quand tout le pétrole et tout le gaz auront été brûlés, de toute manière ça s’arrêtera... En concordance lisez ceci :


      • x026790 (---.---.101.8) 6 avril 2006 19:28

        La decroissance, une autre tarte a la creme des neo-alter-anti-mondialistes, bref tous ceux qui refusent de participer au grand jeu de societe et qui ne tolerent psa que d’autres y adherent.

        Qui croit reellement que demander a tous de consommer moins, voyager moins, se chauffer moins puisse etre rassembleur. Le decroissance n’a pas d’interet, il faut par contre entrer dans une phase de croissance durable et respectueuse de l’environnement.


        • yargl (---.---.126.80) 5 mai 2006 22:00

          Ben moi, je gagne bien ma vie, mais consommer moins, ça me plaît.

          Quand je fais le bilan de ce qui m’a apporté le plus dans la vie, y’a rien à faire : c’est pas les biens de consommation, ni les voyages sous les tropiques. J’irai même jusqu’au constat : je vois pas pourquoi remplir les poches des industriels en achetant des trucs qui servent à rien et qui m’encombrent.

          Respectueux de l’environnement, oui... Mais « consommation durable avec crédit Co2 », mh ! Moi aussi, je trouve ça louche !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès