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Accueil du site > Actualités > Economie > Du mauvais usage de l’économie en politique

Du mauvais usage de l’économie en politique

Peut-on encore dire, à l’instar d’un lord anglais du début du XXe siècle qu’il y a deux types de problèmes dans la vie : les problèmes politiques, qui sont insolubles, et les problèmes économiques, qui sont incompréhensibles ? En effet, aujourd’hui, la politique semble se fondre entièrement dans l’économie tant et si bien qu’on ne parvient plus à les distinguer. Bien entendu, il est légitime que les préoccupations économiques et sociales soient profondément ancrées dans la population, surtout dans une période de déclin relatif, mais c’est aujourd’hui tout le raisonnement politique qui est complètement calqué sur l’économie. Cette dernière est passée du statut de science sociale descriptive et explicative à une science plus dure et normative.

Pour Keynes, qui restera certainement l’économiste qui aura le plus marqué le XXe siècle, les hommes politiques appliquent sans le savoir les recommandations d’économistes dont ils ignorent le nom. Il faut désormais inverser complètement le raisonnement : les hommes politiques mettent en avant les recommandations d’économistes de renom dont ils ne comprennent pas le contenu. Pour chaque nouvelle mesure, le gouvernement s’appuie sur les conseils de certains économistes, puis c’est au tour de l’opposition et de la presse de solliciter d’autres économistes pour en chiffrer les résultats et, dans la plupart des cas, pour en démontrer l’inutilité. Comme le Conseil d’Etat, les économistes sont aujourd’hui juges et parties : ils conseillent et ils sanctionnent l’action gouvernementale.

Ce phénomène a atteint son paroxysme lors de la dernière campagne présidentielle, à propos du chiffrage des programmes des différents candidats. A force d’arguments d’autorité, certains économistes ont calculé au million près le coût des mesures préconisées par Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal ou François Bayrou. Cela tenait déjà du miracle quand on connaît les incertitudes gigantesques qui entourent ces chiffrages : comment évaluer, en effet, le coût du passage du Smic à 1 500 euros sur le prochain quinquennat quand la candidate socialiste ne précise pas quelle année cette mesure entrera en vigueur ? Mais surtout, c’est regarder la politique par le tout petit bout de la lorgnette, on ne peut pas se contenter de chiffrer les dépenses en faisant abstraction des recettes qui doivent résulter de la mise en place des nouvelles mesures. La polémique actuelle sur le paquet fiscal est du même ordre : dire qu’il "coûte" 15 milliards d’euros n’a aucun sens puisque cet argent, d’une manière ou d’une autre sera réinjecté dans l’économie et qu’il reviendra donc pour une bonne partie dans les caisses de l’Etat. Un économiste de l’Institut de l’entreprise (qui réalisait les chiffrages des programmes) expliquait à l’époque que les incertitudes sur les recettes étaient trop grandes et qu’il préférait s’en tenir aux dépenses. En d’autres termes, il avouait à mots couverts que cet exercice ne servait strictement à rien, sauf à considérer que le futur président doit être celui qui propose le moins-disant en termes de programme.

Le problème de fond dans la relation entre la politique et l’économie est avant tout une confusion entre le descriptif et le normatif. Il faut, en effet, savoir de quelle économie on parle. Il y a tout d’abord l’économie générale, qui s’apparente principalement à de la comptabilité, et qui définit et relie certaines grandeurs entre elles, comme la monnaie, les prix, l’investissement, l’épargne, la consommation, la production, les exportations, les importations... Cette branche de l’économie cherche avant tout à décrire les moyens que les hommes ont de s’échanger certains produits et selon quels mécanismes se répartissent les richesses. Il n’est nullement question ici de théories, tout le monde doit bien reconnaître, par exemple, que la richesse produite est soit consommée, soit épargnée, soit exportée. Toutefois, si l’économie générale et en particulier la comptabilité nationale (PIB, balance commerciale...) n’est pas sujette à l’idéologie, elle est le résultat d’un grand nombre de conventions comptables qui peuvent sembler arbitraires et qui doivent coïncider au maximum avec celles utilisées par les autres pays. On peut prendre l’exemple du calcul du produit intérieur brut, qui est censé représenter la somme de toutes les valeurs ajoutées produites sur le territoire français. On comprend très bien ce raisonnement pour ce qui est d’une usine qui créé un bien utile à partir de matières premières et de consommations intermédiaires qui le sont moins, mais il est beaucoup plus discutable d’intégrer les services à ce calcul ou d’en exclure la valeur ajoutée produite dans chaque ménage (bricolage, cuisine, ménage...). Malgré ses imperfections, l’économie générale est un domaine relativement solide, qui doit être impérativement maîtrisée par tous ceux qui entendent donner leur avis sur les problèmes économiques. C’est cette partie qui devrait être enseignée en priorité aux élèves de la filière ES.

A côté de cette branche de l’économie, on trouve une multitude de théories économiques, qui proposent des modèles de fonctionnement de certaines parties de l’économie réelle et qui se regroupent en grandes familles de pensée : les keynésiens, les classiques, les monétaristes... On peut prendre l’exemple de la théorie du commerce : des modèles très simples, formulés par Smith puis par Ricardo, montrent que tous les pays ont intérêt au libre-échange, chacun se spécialisant selon ses avantages comparatifs (pour Smith il s’agissait seulement d’avantages absolus). Ces théories ont mis fin à l’idée que dans un échange, il y avait forcément un gagnant et un perdant, leur portée est à ce point considérable qu’elles justifient, à l’heure actuelle, la baisse des barrières douanières ou l’existence de l’OMC. Cependant, comme toute théorie, elles reposent sur des hypothèses et sont soumises à controverse, il est donc inexact de les présenter comme une vérité scientifique. On peut, par exemple, fonder une autre théorie qui suppose que le bonheur des peuples ne dépend pas du niveau absolu de leur richesse, mais du niveau relatif par rapport à ses voisins. Dans ce cas, le libre-échange ne va plus forcément de soi.

Plus récemment, en particulier grâce aux développements de l’informatique, on a vu se développer l’économétrie. Cette science, qui dérive directement des statistiques, consiste à rechercher, de manière empirique, des corrélations entre différentes variables économiques. Par exemple, on peut s’intéresser à l’impact de l’âge, du sexe et de l’ancienneté sur le salaire en France, ou encore à la relation statistique entre la criminalité et la présence policière dans les villes. L’économétrie se présente donc sous l’apparence de l’objectivité la plus totale, rompant ainsi avec le temps des modèles économiques où l’on essayait de se mettre à la place des divers acteurs pour prévoir certaines de leurs réactions. Pourtant, quand il choisit son modèle de régression (c’est-à-dire les paramètres qui doivent expliquer la valeur d’une variable), l’économètre a déjà mis beaucoup d’idéologie. En effet, on ne peut pas partir de rien et il faut bien quelques idées avant de mettre en place un modèle statistique, il n’est pas innocent de penser que le salaire varie en fonction de certains paramètres comme le sexe ou l’âge. En outre, il y a un pas entre la corrélation et la causalité, de ce point de vue, l’économétrie est soumise aux mêmes écueils que la sociologie : si l’on constate que les droitiers sont moins payés que les gauchers (ce n’est qu’une simple hypothèse), est-ce parce qu’ils sont moins productifs ou parce qu’ils sont discriminés ?

Enfin, vient la politique économique qui est, par essence, normative puisqu’elle entend prescrire la politique à suivre pour réaliser certains objectifs économiques. Pour cela, il convient de s’appuyer sur d’autres branches de l’économie : classiquement les théories économiques mais de plus en plus l’économétrie ou le "benchmarking" par rapport à d’autres pays comparables. Et c’est là que le bât blesse : il faut faire très attention pour transcrire des modèles remplis d’hypothèses ou des mesures remplies d’incertitudes en action à entreprendre. Là où une théorie économique devient de l’idéologie, c’est quand, par soucis de simplification, on ne mentionne plus les hypothèses qui sous-tendent le modèle : quel député libéral est actuellement en mesure d’expliquer les raisons profondes qui motivent le libre-échange ? Quel député socialiste peut justifier la pertinence des mesures de relance budgétaire ? Il ne faut pas non plus sous-estimer les difficultés techniques propres à l’économie : on ne peut pas se contenter de mesurer l’impact de telle ou telle mesure "toutes choses égales par ailleurs". De même qu’ils ne parviennent que très rarement à prévoir les crises ou à mesurer la croissance, les économistes sont souvent bien incapables de chiffrer l’effet d’une flexibilité accrue du marché du travail sur l’emploi ou encore d’une mesure de relance budgétaire sur la consommation et le PIB. Bien entendu il ne s’agit pas de tomber dans un excès inverse en ôtant tout intérêt aux analyses des économistes en matière de décisions politiques, mais d’être conscient des limites et des hypothèses qui leur sont propres plutôt que de les boire comme des paroles d’évangile. La faible culture économique des milieux politiques et journalistiques les rend aujourd’hui dépendants de ces "dires d’experts" souvent contradictoires.

Plus on fait d’économie, plus on se rend compte que l’on n’est pas sûr de grand-chose. Comme toutes les autres sciences sociales, celle-ci se heurte à l’imprévisibilité des comportements humains, à la complexité et à la variabilité des systèmes étudiés. La politique économique ne doit, par conséquent, pas être laissée aux seuls économistes, elle doit surtout être coordonnée, cohérente et menée au bon moment.


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50 réactions à cet article    


  • Vive la République Vive la République 13 février 2008 10:18

    Retrouvez cet article et bien d’autres rélfexions politiques et économiques sur mon blog http://vivelarepublik.blogspot.com ! Et que le débat s’engage.


    • geko 13 février 2008 11:30

      "La polémique actuelle sur le paquet fiscal est du même ordre : dire qu’il "coûte" 15 milliards d’euros n’a aucun sens puisque cet argent, d’une manière ou d’une autre sera réinjecté dans l’économie et qu’il reviendra donc pour une bonne partie dans les caisses de l’Etat"

      Non si cet argent est injecté sur les marchés financiers ou s’il sert à financer les délocalisations pour exploiter des indiens à 15 euros du mois rien ne rentrera dans les caisses de l’Etat, l’effet sera même inverse !

      Votre paragraphe sur l’économétrie est des plus démago ! Vous nous montrez que vous comprenez l’économétrie pour pointez du doigt le vilain économètre qui viendrait mettre son idéologie poisseuse dans son modèle explicatif. Quand on écoute il y a quelques années sur une grande radio d’informations que "80% des actes de délinquance sont commis par des gens de couleur" c’est bien le journaliste qui manipule l’opinion publique en oubliant de dire que la relation causale vient de la pauvreté et sans citer ses sources ! par ailleurs même un modèle de régression peut oublier des facteurs explicatifs est s’avérer invalide !

      Ce n’est pas l’économétrie qui se présente sous l’apparence de l’objectivité la plus totale, ce sont bien des hommes politiques ou des journalistes mal intentionnés qui font des abus de langage et manipulent l’opinion à tours de bras ! L’économètre est payé par qui ? est’il libre dans la construction des questionnaires, les bases de données lui sont fournies par qui ?

      Le caractère prédictif des modèles macro-économiques relève de l’illusion et du fantasme politique, l’économie peut juste décrire et expliquer des évènements passés. Il aurait été plus judicieux de démontrer en quoi la politique est actuellement laissée aux seuls économistes ce que je n’ai pas lu dans votre article ! La vérité est peut être ailleurs !

      Cordialement.


    • Vive la République Vive la République 13 février 2008 13:08

      A Geko,

      Vous ne m’avez pas compris au sujet de l’économétrie : je pense que non seulement qu’on peut faire un mauvais usage des travaux économétriques, mais qu’en eux-mêmes ils sont déficients. L’endogénéité des variables, l’absence de variables instrumentales, la simplicité des modèles de régression sont des éléments rédhibitoires pour l’économétrie.

      Qu’est ce qui vous prouve que la relation causale vient de la pauvreté vers la délinquance, ça c’est de l’idéologie, c’est certainement en partie vrai mais en partie seulement. Ce ne sont pas les statistiques qui vous font penser cela mais plutôt une idée de l’homme et du monde. Sachez qu’elle n’est pas partagée par tous.

       


    • geko 13 février 2008 15:20

      L’économétrie en matière de macro économétrie est un outil d’aide à la décision et les modélisations ne doivent pas utilisées à la lettre comme des martingales Là dessus nos opinions semblent se rejoindre ! Mais il est des domaines comme la finance, le contrôle de gestion, les comportements d’achat....ou elle reste viable.

      Vous avez raison je n’ai pas eu le résultat de l’étude pour en faire une critique objective mais dire que la délinquance vient de la pauvreté me semble moins débile que dire les gens de couleurs sont des délinquants. Vous avez raison parceque ce n’est pas la pauvreté mais le manque d’éducation sous-jacent qui est source de délinquance ! Tiens d’ailleurs les sources sont biaisées car elles ne prennent pas en compte la délinquance dans les milieu des affaires ! Ha mais les critères déterminant si un acte est délinquant ont changé sur la période étudiée........ect.


    • Gilles Gilles 17 février 2008 19:41

      Geko

      "iens d’ailleurs les sources sont biaisées car elles ne prennent pas en compte la délinquance dans les milieu des affaires"

      Et là les délinquants sont des .....blancs à 90%. Normal puisque ce sont eux qui sont à ces postes. Et encore els plsu gros délinquants, blancs à 99% finissent rarement par une condamnation,quant ils arrivent devant la justice

      En restreignant, on pourrait dire alors que la délinquance est le fait de blancs smiley.

      Mais bon, avec la dépénélisation d’une partie des délits financiers, on n’aura plus que des blacks et de reubeux à se mettre sous la main...ouf !

      Ensuite, on pourrait même dire que les hommes politiques ayant le taux de délinquance le plus haut, en raport nombre d délit/volume de pognon volé, comme se sont à 95% des blancs et à 80% es mecs nul doute que le fait d’êre blanc, mec et politicien est un horrible mélange racailleux


    • Gilles Gilles 17 février 2008 19:56

      Vive la république

      "Qu’est ce qui vous prouve que la relation causale vient de la pauvreté vers la délinquance, ça c’est de l’idéologie, c’est certainement en partie vrai mais en partie seulement."

      Du Sarko dans le texte.ça me fait penser à son alocution ou il a refusé de faire le lien entre origine et problèmes sociaux et haut taux de délinquance

      Pouvez-vous détailler ? Ou serait-ce que la deuxième partie de la phrase est juste là pour éviter de dire l’innomable, ce que vous n’osez pas dire ?

      Alors, la couleur de la peau, la religion, la culture, les gènes favorisent-ils la délinquance ?


    • jako jako 13 février 2008 10:19

      Une bonne nouvelle donc apparement benyhil n’étais pas mort mais se faisait faire des implants


      • alberto alberto 13 février 2008 10:32

        Donc, en conclusion : toutes choses inégales par ailleurs, une règle économique ayant valeur à l’intant T au point P, serait caduque en tout autre lieu différent dans l’espace et le temps !

        Ben, les gars on a pas (encore) gagné...

        Bien à vous quand même.


        • Vive la République Vive la République 13 février 2008 13:14

          Je ne vois ce qui vous choque dans le raisonnement que vous dénoncez. Si vous faîtes une régression et que vous obtenez le résultats suivant :

          Croissance du PIB= 2*croissance démographique-5*richesse du pays (complètement au hasard), vous supposez implicitement que 2 et 5 sont fixes et ne varient pas avec la croissance démographique ou la richesse moyenne des pays, ce qui est manifestement faux. 2 et 5 sont en fait des dérivées partielles calculées en un point précis, dès que l’on bouge, ces ces nombres bougent aussi.


        • ca_roule 13 février 2008 10:39

          "La polémique actuelle sur le paquet fiscal est du même ordre : dire qu’il "coûte" 15 milliards d’euros n’a aucun sens puisque cet argent, d’une manière ou d’une autre sera réinjecté dans l’économie et qu’il reviendra donc pour une bonne partie dans les caisses de l’Etat." Ben voyons...

          Cet argent là va surtout s’en aller dans les caisses des banques et dans les paradis fiscaux, mais surement pas dans l’écononmie réèle ou les caisses de l’état !


          • Rétif 13 février 2008 11:29

            S’il va dans les caisses des banques, ce sera pour en ressortir. Et dans les "paradis fiscaux", si on l’emmerde trop, ce sera également pour en ressortir, parce que l’argent n’ a pas de valeur en soi, mais seulement d’ usage, par Ce qu’on en fait. Ce n’est qu’un moyen d’échange.

            Ceux qui disent ne pas aimer l’argent pour lui-même, mais pour ce qu’il permet de faire, se vautrent dans un truisme.


          • Vive la République Vive la République 13 février 2008 13:17

            Citez-moi un ouvrier qui fait des heures sup et qui place son argent dans les paradis fiscaux !

            Soyons sérieux deux minutes, dans le paquet fiscal, il y a moins d’un milliard de "cadeau fiscal pour les riches", à savoir le bouclier fiscal, et rien ne dit que cette mesure ne rapportera pas plus d’argent qu’elle n’en coûtera. Vous pouvez vérifier les chiffres par vous même : à mesure qu’on réduit l’ISF, il rapporte de plus en plus à l’Etat.


          • xa 13 février 2008 15:13

            1 milliard de cadeaux seulement pour les riches.....

            C’est très amusant.

             

            Ajoutons juste, dans le cadeau "pas vraiment pour les pauvres" de la déduction des intérêts d’emprunts.

             

            J’ai eu droit hier à la visite d’un expert en réduction d’impôts (c’est la saison, ils ont toujours une astuce à vous proposer). Dans mon cas, je pourrais en cas d’achat d’un logement bénéficier d’une déduction portant sur 8000 euros d’intérêts par an (à 40% la première année, et 20% les années suivantes).

            Petit calcul rapide. En supposant que j’ai un taux à 4,80% d’intérêts hors assurance obligatoire, il faut que j’emprunte 230000 euros / 15 ans, ce qui représente un remboursement annuel de 21000 euros / an ou 200000 / 20 ans, soit 17000 euros de remboursement annuel.

            Si on prend le salaire médian d’un couple, soit 2800 euros / mois ....... ca représente 51% d’endettement sur 20 ans, et 62, 5% si c’est un emprunt sur 15 ans.

             

            Vous avez dit mesure pour les classes moyennes et inférieures ?

            Pour rester dans la tolérance des banques (33% d’endettement pour le crédit immo) et bénéficier à plein régime du système qui favorise le pouvoir d’achat, il faut gagner plus de 55 000 euros nets (soit dans les 75000 bruts) annuels pour un couple avec 1 enfant, dans l’hypothèse d’un emprunt sur 20 ans (63000 dans l’hypothèse 15 ans).

            Donc il faut avoir un revenu (pour un couple) aux alentours de 1,5 fois le salaire médian. On renverra la discussion à l’analyse de Copé sur le nombre de foyers gagnant plus de 4600 euros / mois, mais ca donne une idée de la cible réelle de la mesure.

             

            Je veux bien qu’on m’explique que cette mesure va favoriser les faibles revenus dans le cadre de leur achat immobilier, mais j’aimerais qu’on m’explique jusqu’à quel niveau on est à faible revenu. à 4500 euros / mois pour un couple, sans être dans les très riche, je ne suis pas convaincu qu’on puisse encore se considérer comme un pauvre (ou alors on doit plaindre très très fortement ceux qui vivent avec 1600 euros / mois)

             

             

            Encore une chose, si je peux payer 17000 euros / an de "loyer", vous croyez vraiment que les 1500 euros récupérés par année vont fondamentalement changer ma vie ? que je vais les dépenser entièrement ? Vous ne croyez pas que cette somme monstrueuse représentant, dans le cadre des hypothèses, 2,7% du revenu annuel du foyer va modifier les habitudes de consommation ?

             

            Pour un couple gagnant le smic x 2, l’emprunt sera limité aux alentours de 70000 euros. Pas évident de pouvoir se loger à ce tarif. Donc il n’est pas évident que les revenus peu élevés puissent acheter, et donc bénéficier de la mesure.

             

            Vous pouvez retourner le problème dans tous les sens, mais la plus grosse partie du cout de cette mesure va aller en direction des personnes disposant d’un revenu supérieur à 50000 euros par an.

             

             


          • Vive la République Vive la République 13 février 2008 20:55

            Je suis d’accord que la déduction des intérêts d’emprunt sur la résidence principale profite principalement aux classes moyennes, je n’y vois pas forcément un mal, même si c’est la mesure du paquet fiscal que j’approuve le moins.

            Mais la moitié du paquet fiscal concerne les heures supplémentaires, et ça, vous ne pouvez pas dire que cela ne concerne pas les milieux modestes !

            Finalement, il y en a pour tout le monde : 1/2 pour les milieux modestes, 1/3 pour les classes moyennes et moins d’1/6 pour les plus riches. Où est le scandale ?

             

             


          • Rétif 13 février 2008 11:10

            Qu’ il n’ y ait pas de science absolue en économie, c’est bien, au fond la première thèse ou le premier principe de ce qu’on appelle la "théorie" du libéralisme. L’ utilisation du mot Science implique une vision globale, totale des choses, une somme, avec ses sections et chapîtres duement répertoriés et se suivant et s’ enchainant dans une logique impeccable et indiscutable, en somme, et finalement, un recueil de recettes. Il semble utile de le rappeler. Cette science n’existant pas, la seule solution réaliste est de laisser aux gens, aux "acteurs économiques" la liberté d’initiative, de relations, d’échange et de contrats.Parce que c’est là la matière première même de l’économie en tant que pratique ou Praxis. Ce qu’ on appelle Economie est le résultat, et la somme de tous ces échanges de détails, réalisés consciemment au jour le jour et à l’année, avec une projection dans le temps raisonnable et réaliste, cad à la portée de cerveaux humains conscients et organisés, et non selon des théories abstraites.

            Cela ne donne pas, quoiqu’ on en dise, une loi de la jungle, car dans la jungle, il n’ y a pas d’ économie, surtout pas libérale. Parler d’ économie,surtout libérale, c’est parler de société, avec des lois et des règles qui s’applique à tous. Le contrat et le respect des contrats en sont la première règle. La loi veille à ce que les contrats soient de bonne foi et respectueux de la dignité de chacun, sinon quoi, justement, ce ne serait pas du libéralisme économique, lequel est, historiquement la première source de la loi, puisque, sans liberté, pourquoi des lois qui n’ ont de nécessité que de la réguler, et avec elle, l’honnêteté des échanges.

            Qu’ensuite, il y ait des lois naturelles( des constantes), dans les échanges, c’est ce qu’on appelle la Valeur, qui est régie par l’ intérèt de chaque partie dans le mécanisme, à la fois psychologique et pratique de l’offre et de la demande, l’offre suscitant en réalité la demande.A la loi de veiller à ce que cette dualité, cette dialectique, d’objectivité et de subjectivité qui est à l’oeuvre dans toute économie libre comme dans tout régime politique de liberté et de démocratie, reste au service à la fois de l’ensemble de la société dans ses besoins, donc de chaque partie selon ses nécessités pratiques, et de chacun dans sa dignité dans le cadre des posibilités de l’ ensemble à chaque époque historique, évidemment.


            • Forest Ent Forest Ent 13 février 2008 11:59

              Utiles rappels. L’économie n’est pas une science. Les arguments d’autorité y fonctionnent mal. C’est comme en histoire : beaucoup de travail de collecte de faits permet d’apporter des éclairages partiels sur des problématiques que l’on n’embrassera jamais entièrement. Et cela renverse parfois des idées acquises.

              Les faits, rien que les faits ...

              En plus, la matière économique change à une vitesse colossale. Aucun des grands noms cités comme Smith et Keynes n’a vécu dans un monde où l’essentiel de la monnaie était constituée de produits dérivés.

              Il y a un certain nombre de chercheurs honnêtes sur le sujet. Mais le domaine a été trop mis en avant, et avec la fin du crédit gratuit il va y avoir aussi la fin d’une bulle de l’ingénierie financière, c’est à dire d’une meute de petits caïds de couloirs qui parlaient très fort et dont le seul talent était de savoir actualiser un flux.

              En tant qu’ingénieur, je dois dire que voir les MBA mordre durement la poussière va me faire doucement rigoler. Hélas, il n’y aura pas qu’eux.


              • ronchonaire 13 février 2008 12:58

                 

                 

                 

                 

                Bizarrement, je suis d’accord avec le titre de votre article et sa conclusion alors que tout le reste m’a fait bondir. Prenons votre article dans l’ordre.

                1. Le chiffrage des programmes électoraux est indispensable pour qui veut éviter des campagnes du style "on rase gratis". Que ces chiffrages soient mal faits, peut-être, mais ce n’est pas une raison pour jeter le bébé avec l’eau du bain.

                2. Il est faux d’affirmer qu’il n’est "nullement question de théorie" en comptabilité nationale. Elle est au contraire fondée sur une vision keynésienne de l’économie (le fameux "circuit économique"). Par ailleurs, je ne comprends pas pourquoi vous voulez exclure les services du calcul du PIB. Quant aux activités domestiques, le fait qu’elles ne soient pas mesurées ne vient pas d’un a priori idéologique mais du fait qu’on ne parvient pas à les mesurer.

                3. Les théories du commerce international n’ont JAMAIS "mis fin à l’idée que dans un échange, il y avait forcément un gagnant et un perdant". Ces théories suggèrent bien au contraire qu’il y a des gagnants et des perdants dans la libéralisation des échanges mais que les gains dépassent les pertes et que donc la société y gagne (a fortiori si elle met en place des mécanismes pour redistribuer les gains aux perdants d’ailleurs). En ce sens, le titre de votre article met dans le mille car ces théories ont été très mal interprétées.

                4. La "théorie du bonheur relatif" existe déjà en sciences économiques ; nous avons piqué le concept de "privation relative" à nos collègues sociologues il y a déjà une bonne trentaine d’années pour l’introduire dans nos modèles.

                5. L’économétrie. Alors là, nous sommes en orbite. A la louche, je dirais qu’environ 80% des travaux de recherches en économétrie sont dédiés à la conception et la mise en œuvre de techniques permettant précisément de faire la différence entre une simple corrélation statistique et une véritable relation causale. A vrai dire, c’est même la raison d’être fondamentale de l’économétrie. Sans l’économétrie, nous ne pourrions pas sortir des sophismes tel votre exemple des gauchers et des droitiers.

                Heureusement, votre article finit bien. Le cœur du problème vient effectivement du fait qu’on fait dire aux économistes (et à l’économétrie) ce qu’ils ne disent pas. Sans doute est-ce par démagogie ; sans doute est-ce aussi parce que les économistes ne savent pas vulgariser leurs conclusions. Sans doute est-ce, enfin, parce que les attentes vis-à-vis des économistes sont énormes, tant du point de vue des politiciens que de la population et que l’on pare souvent au plus pressé. Quitte à raconter (et à faire) n’importe quoi.

                 


                • Vive la République Vive la République 13 février 2008 13:26

                  Reprenons poit par point :

                  1- Les chiffrages électoraux ne servent à rien si on ne tente pas d’estimer les recettes des mesures proposées. Je suis d’accord qu’il faut éviter de distribuer de l’argent à son électorat en lui faisant des cadeaux, mais quand on fait une mesure de relance budgétaire c’est qu’on s’attend à relancer la croissance. Ce dont il faut discuter c’est donc de la pertinence économique des mesures proposées pas du fait qu’elle coûte tant d’euros au début.

                  2- Il y a eu une très grande discussion pour savoir si on incorporer ou non les services dans le calcul du PIB, car la notion de "valeur ajoutée" est plus discutable. Rendre un service ce n’est pas la même chose que créé de la valeur. On peut très bien penser que c’est l’industrie et elle seule qui, au final, créé de la richesse brute.

                  3- Revoyez la théorie de Ricardo : même si on a un pays imporductif dans tous les domaines et un autre productif dans tous les domaines, les DEUX ont intérêt à commercer ensemble. Il n’y a pas de perdant selon cette théorie, que je ne partage pas.

                  4- Si la théorie du bonheur relatif existe elle ne doit pas recueillir un grand assentiment chez nos dirigeants. On peut le regretter. Toutefois, méfions-nous de tout ce qui peut venir de la sociologie, qui me semble encore plus contestable que l’économie.

                  5- Les techniques de l’économétrie pour passer de la corrélation à la causalité sont très fragiles, je pense en particulier aux variables instrumentales. Tellement fragiles qu’on peut leur faire dire souvent ce que l’on veut. Croyez bien que c’est mon expérience qui parle.


                • ronchonaire 13 février 2008 20:36

                  1. Bien entendu.

                  2. La valeur ajoutée des services est mesurable et mesurée ; l’INSEE a recours aux bases de données de comptabilité d’entreprises pour construire les comptes nationaux, ce qui inclut bien évidemment les entreprises de services, mais aussi les administrations. Or la valeur ajoutée est le premier solde qu’une entreprise calcule dans sa comptabilité analytique. Quant au fait de penser que seule l’industrie crée de la richesse, je ne suis pas certain que les Google et autres Microsoft soient du même avis que vous.

                  3. Effectivement les deux pays sont gagnants selon Ricardo, mais la théorie ne s’arrête pas là car il faut prendre en compte les dotations en facteur de production (Heckscher-Ohlin-Samuelson). C’est là qu’interviennent les effets distributifs différenciés de la libéralisation commerciale.

                  4. Je me garderai bien de porter un jugement aussi péremptoire sur la sociologie. Ceci dit, la privation relative est en fait un concept assez intéressant, intimement lié aux inégalités de revenu, et qui permet de comprendre certains comportements.

                  5. Il se trouve que l’économétrie appliquée est mon gagne-pain donc j’ai aussi un tout petit peu d’expérience dans ce domaine. Le vrai problème n’est pas tant l’économétrie que l’utilisation qui en est faite : si vous cherchez à régresser des choux sur des carottes, vous aurez beau avoir le meilleur modèle économétrique qui soit, les résultats n’auront aucun sens. Ce problème se pose de manière d’autant plus aigue que les variables utilisées mesurent des concepts qualitatifs (mesurer la "qualité des institutions" par des variables codées de 1 à 5 m’a toujours bien fait rigoler !) En revanche, lorsque les sous-bassements théoriques sont bien balisés et que les données veulent dire quelque chose, l’économétrie devient un outil quand même assez puissant (fonctions d’offre ou de demande micro, par exemple).


                • ZEN ZEN 13 février 2008 13:30

                  Dans une économie aussi cahotique qu’aujourd’hui , donc relativement imprévisible, parce que irrationnelle, les économistes sont voués à se tromper dans leurs projections, à moins qu’ils sachent toujours garder deux fers au feu (plusieurs scénarii possibles), et travailler avec la plus grande modestie et prudence, comme dans toutes sciences humaines...

                   

                  « Un mélange de laisser- faire et d’incompétence »
                  "...Parce que le capitalisme est aujourd’hui placé sous le règne de la valeur actionnariale, caractérisée par une répartition salariale très inégalitaire au profit d’une petite élite. Les salaires ne croissent pas aussi vite que la productivité. On augmente donc l’endettement des ménages pour maintenir la consommation. La très haute rentabilité à deux chiffres exigée aux entreprises interdit tout investissement substantiel. Elles délocalisent donc, s’endettent pour racheter des actions ou d’autres entreprises. Et tenir les niveaux de dividendes exigés par les actionnaires...
                  ...Chauffée à blanc par les dogmes libéraux, la profession financière a récusé toute tentative de régulation, expliquant que le divin marché trouverait en lui-même les remèdes à ses déséquilibres. Or la seule médication qu’il a pu produire, comme dans toutes les crises spéculatives, c’est le krach. Nous y sommes. La chose serait supportable si elle ne touchait que le monde irrationnel de la finance, confronté à une sévère correction sous la forme de baisse des cours et de pertes en capital. Mais l’abstraction de l’argent réduira très concrètement l’activité et l’emploi..."
                  Ceux par qui la crise est arrivée (génèse d’une crise)
                  Une crise financière inquiétante
                  Une économie d’apprentis sorciers
                  Comment le pétrole a fait éclater la bulle

                  Qui a dit : « Un économiste est une personne capable d’expliquer rationnellement le lendemain ce qu’elle avait été incapable de prévoir la veille. » ? Jacques Attali .


                  • Black Ader 13 février 2008 14:16

                    " Pour Keynes, qui restera certainement l’économiste qui aura le plus marqué le XXe siècle, les hommes politiques appliquent sans le savoir les recommandations d’économistes dont ils ignorent le nom. "

                     

                    Nan, il applique des programmes démago sans rien connaitre à l’économie, cf Bloum, Mitterand, Jospin. Si les choses s’arrange, tant mieux.

                     

                    "Comme le Conseil d’Etat, les économistes sont aujourd’hui juges et parties : ils conseillent et ils sanctionnent l’action gouvernementale."

                    Nan, c’est la réalité qui santionne.

                     

                    "Un économiste de l’Institut de l’entreprise (qui réalisait les chiffrages des programmes) expliquait à l’époque que les incertitudes sur les recettes étaient trop grandes et qu’il préférait s’en tenir aux dépenses. En d’autres termes, il avouait à mots couverts que cet exercice ne servait strictement à rien, sauf à considérer que le futur président doit être celui qui propose le moins-disant en termes de programme."

                     

                    Tsss, l’Etat calcule d’abord ses dépenses, et même uniquement : il considére les recettes comme illimités, puisqu’on peu faire payer le contribuable même pas encore né.

                     

                    "On peut, par exemple, fonder une autre théorie qui suppose que le bonheur des peuples ne dépend pas du niveau absolu de leur richesse, mais du niveau relatif par rapport à ses voisins. Dans ce cas, le libre-échange ne va plus forcément de soi."

                     

                    L’économie est une science et ne s’occupe pas de religion et autre superstitions. En particulier, elle se fiche totalement d’une variable aussi subjective que le "bonheur", qui plus est d’un "peuple". Tous ce qu’elle dit, c’est que si vous ne suivez pas ses conseils, vous ne serez pas soigné, logé, nourri, éduqué, etc, correctement, voir pas du tout.. Et l’homme politique ajoute : et vous vous ferez sodomiser profond par vos voisins..

                     

                    "De même qu’ils ne parviennent que très rarement à prévoir les crises ou à mesurer la croissance, les économistes sont souvent bien incapables de chiffrer l’effet d’une flexibilité accrue du marché du travail sur l’emploi ou encore d’une mesure de relance budgétaire sur la consommation et le PIB."

                     

                    C’est plus un probléme de limite des mathématiques que d’économie, et le fait que l’etat ne controle rien du tout, en fait. Il ne fait que corriger les effets pervers de ses propres mesures, indéfiniment.. Cela dit, l’économie est cyclique, donc on peut tout de même savoir quand aura lieu la correction.

                     

                    Concernant les "mesures" de relance Français, 20% du budget de l’Etat, son résultat est égal à la croissance (suffit de voir la dette, et de soustraire la hause bidon du PIB). Autrement dit, la croissance en France est de zéro depuis plus de 15 ans.

                     

                    "Plus on fait d’économie, plus on se rend compte que l’on n’est pas sûr de grand-chose."

                    Arf ! Les économistes sérieux sont tous d’accord entre eux sur 99% de la matiére, et qui plus est l’essentiel, comme la Loi de l’Offre et de la Demande, le libre échange, l’équilibre budgétaire etc.. C’est d’ailleur pour cela que les média n’ont trouvé qu’un membre du PCF comme bernard Mari pour faire le guignol sur les plateaux.. Un vrai économiste casserait trop de leur rêve et illusion...

                     

                    "Comme toutes les autres sciences sociales, celle-ci se heurte à l’imprévisibilité des comportements humains, à la complexité et à la variabilité des systèmes étudiés"

                    Nan, les tendance lourdes sont prévisibles. Quelque soi les comportement individuel, l’URSS était condamnée. De même, l’économie US va rester dominante pour encore au moins 50 ans. La Chine va devenir une superpuissance, l’Europe est en déclin, et la France elle va faire faillite.


                    • Vive la République Vive la République 13 février 2008 21:05

                      Allons à l’essentiel : je suis en désaccord avec la totalité de vos affirmations. Ajoutons à cela que je n’aime pas trop le ton que vous employez. On a beau être sur Internet, on a le droit d’écrire ce que l’on pense plutôt que de le vomir de la sorte.


                    • Céphale Céphale 13 février 2008 14:32

                      Cet article est le plus intéressant aujourd’hui, sinon le seul.

                       

                      Les hommes politiques utilisent les économistes parce que les soucis des citoyens sont surtout d’ordre économique.

                       

                      La question « l’économie est-elle une science ? » est stérile. De nombreuses hypothèses ont été émises par les économistes : Adam Smith, David Ricardo, Karl Marx, John Maynard Keynes, Milton Friedman, et j’en passe. Aucune théorie n’a été parfaitement vérifiée par l’expérience, certaines sont antagonistes, mais elles ont toutes été vérifiées partiellement à certaines époques. D’ailleurs, peut-on citer une science dont les théories sont absolument vraies ?

                       

                      Quand les politiques énoncent d’anciennes théories économiques, c’est toujours parce qu’elles leur sont utiles. Ce n’est pas très sérieux.

                       

                      Mais il faut bien reconnaître que la maîtrise de la « science » économique permet à chacun d’y voir plus clair, même si, comme le dit l’auteur en conclusion, « on n’est pas sûr de grand-chose ».
                       


                      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 13 février 2008 15:40

                        Article qui se contente un peu trop de survoler des références, sans les expliquer ne serait-ce que succinctement, mais la thèse centrale, bien que peu démontrée, est juste : une théorie économique n’est qu’un moyen parmi d’autres théories possibles de percevoir les phénomènes ou données mesurés en vue de dégager des pratiques orientées par des intérêts politico-économique déterminés ; en cela il n’y a pas une théorie économique qui serait politiquement neutre et la coupure entre description et visée normative est un faux-semblant politiquement orienté pour accréditer telle ou telle politique économique afin de la présenter comme la seule possible sur un plan scientifique. Il y a là un détournement mystificateur de la notion même de science qui n’est jamais qu’hypothético-expérimentale, qu’il faut dénoncer.

                        Mais si la théorie économique standard n’existe pas comme un dogme, toute théorie économique ne vaut que dans le cadre de sa capacité à interroger, voire à critiquer les théories adverses en les soumettant à l’épreuve des faits, soit pour les compléter, soit pour en contester la pertinence dans leurs principes et à ce titre l’économie nourrit le débat rationnel sur les fondements des pratiques de politique économique.

                        L’économie a plus une fonction de prospection de ce qu’il ne convient pas de faire, au regard de l’expérience du passé sous l’éclairage d’une théorie cohérente, et de signalement des erreurs à ne pas commettre, en vue de telle ou tel type d’objectif ou d’intérêt déterminé (sauf à supposer qu’il y aurait un intérêt général qui serait indiscutable) que de faiseur de certitude, capable de garantir le succès, pour tous et pour chacun, d’une politique. L’économie politique ne peut pas être autre chose qu’une science humaine et celle-ci ne peut pas ne pas se poser la question, toujours ouverte aux rapports de forces entre des intérêts opposés, de la justice.


                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 13 février 2008 19:35

                          Pas seulement mais elle le devient lorsqu’elle ou qu’on oublie sa fonction , non pas donner des recettes applicables partout et pour n’importe quelle politique, mais éclairer le le débat critique et les options de politique économique possibles dans leurs visées toujours interressées et opposées. En cela elle ne peut être qu’une science humaine et non pas naturelle, la présenter comme telle est une mystification idéologoqie au service d’un pouvoir politique , au fond, anti-démocratique.


                        • Rétif 13 février 2008 16:00

                          L’ économie, une science ? Disons qu’ il peut exister une connaissance de l’ économie. A part ça, c’est de l’ordre des phénomènes météorologiques, et à peu près aussi prédictible. L’ expression "mélange de laisser-aller et d’incompétence" est une sorte de bafouillage tautologique : il est évident que s’ il y a incompétence dans un domaine, il y aura logiquement "laisser-aller", pas très pointu comme analyse ni comme critique(toujours facile).

                          L’ économie est une fonction naturelle de la société comme de toute collectivité naturelle. Comme telle, elle ne dépend d’ aucune "compétence" extérieure, sinon des compétences intérieures de ses agents, cad de son fnctionnement naturel. Il n’ y a pas d’Etat compétent qui ait à prétendre faire l’économie, pas plus que l’ Académie Française ne prétend faire la langue. Non plus, effectivement que d’ économistes qui doive dire ce qu’il faut faire.

                          Ce qui fait qu’aucun non plus n’est habilité à traiter les autres d’incompétents. L’économie est surtout connue par ses résultats, et par l’expérience. Tout ce qu’on sait est que plus une soit disant autorité compétente y intervient de l’extérieur, plus elle en détruit le fonctionnement normal.


                          • Rétif 13 février 2008 16:04

                            Le danger d’une expression comme "science économique" étant justement qu’elle implique la faculté d’intervention de l’extérieur. Mais alors, ce n’est plus une science.


                          • Roland Verhille Roland Verhille 13 février 2008 18:06

                            Très utiles explications, avec quelques réserves mineures. Ce texte et sa discussion complètent très bien les miens sur le PIB.

                            Oui, la relation entre l’économie et la politique est exécrable (Retif). Oui, les politiques sont d’une crasse ignorance en la matière (l’auteur). Oui, « il y a un pas entre corrélation et causalité » (l’auteur) Oui, les économistes « théoriciens » entretiennent des relations coupables avec les politiques, chacun d’eux confondant « le descriptif et le normatif » (l’auteur) s’auto désigne conseiller du Prince sans vraiment comprendre le fonctionnement de l’économie réelle. Oui, les politiques économiques ne sont que « démagogiques » (Black Ader). Elles en font que « corriger les effets pervers de leurs propres mesures » (« Black Ader), en se parant des plumes du paon et en accablant des boucs émissaires. Oui, les « détournements mystificateurs » (Sylvain Reboul) des politiques et des économistes ne font qu’obscurcir la « connaissance de l’économie » visée par Retif qui ajoute pertinemment « plus une soit disant autorité compétente y intervient de l’extérieur, plus elle en détruit le fonctionnement normal ». Et Zen s’y laisse prendre, en accablant « le capitalisme », bouc émissaire.

                            Mais l’auteur commet la même erreur que les économistes soviétiques en contestant par principe l’incorporation des services dans le calcul du PIB. C’est qu’il n’a pas une vue claire de ce que le PIB compte, ou plutôt doit compter : pas de la « valeur », pas des « richesses », pas « le bonheur » (ronchonnaire) mais les euros qui entrent dans le porte monnaie des gens et qui en sortent. Ceux qui s’activent en fournissant des services payants demandés par les autres créent des euros qui ne sortent pas des planches à billets.

                            Il commet aussi une erreur en reprochant au PIB d’exclure l’autoproduction ménagère, car les activités économiques sont constituées seulement par les échanges économiques sur les marchés (Encore Retif).

                            Il se fait des illusions en pensant que la « politique économique doit être coordonnée, cohérente et menées au bon moment. ». Ni les politiques qui la définissent et l’appliquent, ni les « experts » ne sont en mesure de le faire, et c’est une attribution violant la déclaration de 1789.

                            Si, l’économie est une science, dès lors qu’elle se borne à repérer et comprendre « les faits, rien que les faits » (Forest Ent.). « La maîtrise de la science économique permet à chacun d’y voir plus clair » (Céphale). Encore faut-il mettre le nez dans les chiffres (comptabilités nationales), ce que les économistes sont incapables de faire.

                            Enfin, mais si, les comptabilités nationales telles que conçues de nos jours sont sujettes à idéologie. Le PIB d’aujourd’hui, heureusement complété maintenant par le calcul du PIN (produit intérieur net), a exclu des facteurs de production le « capital fixe » en omettant d’en déduire le coût de celui des rémunérations de l’être humain. Elles en comportent d’autres stigmates, la réinjection dans le montant de la production économique de ses prélèvements sur les fruits de cette production. (voir mon article sur le PIB). 

                             


                            • Vive la République Vive la République 13 février 2008 21:10

                              Je redis ce que j’ai écrit plus haut : que représente le PIB ? Si c’est la création de richesse alors, je persiste et je signe, je pense que les services n’ont rien à y faire et le bricolage dans les ménages devrait y figurer ! Je pense qu’il faut toujours en revenir aux bases et essayer de dépasser l’illusion monétaire qui semble vous animer. La monnaie n’est qu’un moyen d’échange, pour raisonner économiquement, j’aime bien me dire "qu’est-ce que cela donnerait si on était resté au troc ?".

                               


                            • JL JL 13 février 2008 19:27

                              Très juste Philippe. On se demande d’ailleurs pourquoi l’auteur ne dit pas :

                              « La polémique sur les prestations sociales est du même ordre : dire qu’elle "coûte" x milliards d’euros n’a aucun sens puisque cet argent, d’une manière ou d’une autre sera réinjecté dans l’économie et qu’il reviendra donc pour une bonne partie dans les caisses de l’Etat. » Et là, j’approuverais.

                              L’auteur s’est-il demandé ce que diraient les propriétaires si les locataires ne pouvaient plus payer les impôts ? Les épiciers si les gens n’achetaient plus à manger ? ...

                              Les gens qui raisonnent, je devrais dire, qui ’résonnent’ ainsi ne font que réciter un credo ridicule, une contrevérité ancestrale, à savoir : "ce sont les riches qui enrichissent" ! Les dépenses des riches seraient nobles, celle des pauvres méprisable !

                              Les dépenses excessives et de luxe sont causes de pollution, d’épuisement des ressources, de misère du monde. Il n’y a rien de commun entre un yacht de milliardaire et l’équivalent en énergie et ressources de logements sociaux, par exemple.


                            • JL JL 13 février 2008 19:29

                              J’oubliais le pincipal : les salaires des fonctionnaires aussi, reviennent dans l’économie, pas ceux des chômeurs non indemnisés !


                            • Vive la République Vive la République 13 février 2008 21:19

                              Cher Philippe,

                              Permettez-moi d’être en profond désaccord avec vous. Je ne dis pas qu’on peut dépenser comme on veut et que de toute façon, ça finira par revenir dans les caisses de l’Etat, je dis qu’il faut évaluer chacune des mesures mais ne surtout pas se limiter à ce qu’elles "coûtent" au premier ordre. Dans le cas de la défiscalisation des heures supplémentaires, il ne s’agit même pas de la part de l’Etat d’une avance sur recette : à mesure que ce mécanisme coûtera de l’argent, les gens recevront du pouvoir d’achat donc paieront de la TVA, ils travailleront éventuellement plus donc augmenteront la production du pays... A aucun moment l’Etat ne met 15 milliards sur la table et attend, en fin d’année, que quelques sous reviennent dans sa musette. L’économie est dynamique, pas statique.

                              J’ai du mal à comprendre en quoi l’argent utilisé pour payer davantage ces heures sup’ est moins noble que la lutte contre la pauvreté ou contre le chômage. L’un n’exclue pas l’autre, une politique de réforme étant censée payer sur le long terme, plus on en lance, mieux c’est. Le problème en ce qui concerne certaines politiques, c’est quand on donne l’argent sans aucun retour sur investissement. Prenons l’exemple de la rénovation de barres d’immeubles qui se délabrent aussitôt finis les travaux. Pour le coup c’est de l’argent de jeter par les fenêtres.

                              Mais rassurez-vous, je n’ai rien contre la lutte contre la pauvreté, je soutiens d’ailleurs le travail admirable de Martin Hirsch dans ce domaine, de même que je souhaite que le chômage baisse, c’est pourquoi j’étais favorable au CPE. Au moins, j’ai le mérite de la cohérence.

                              Pour conclure, je déteste JM Sylvestre.


                            • Radix Radix 13 février 2008 22:01

                              Bonjour

                              Avant quand les "économistes" s’appelaient encore des "comptables" on pouvait se loger, se nourrir enfin vivre avec un seul salaire dans la famille.

                              Maintenant même avec deux salaires cela devient presque impossible... Alors, messieur les économistes un peu d’humilité et redevenés des comptables !

                              Marcel Bidochon


                              • bruno frandemiche 13 février 2008 22:17

                                bonjour à tous

                                l’économie est éminament politique et la politique est éminament économique (au niveau direction,pas comptable,pas controleur de gestion) et c’est pour çà que les dirigants doivent etre visionnaires(humm)

                                http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=35531 j’ai proposé une centaine de propositions(en bas de page) pour enfin sortir du conformisme ambient et éviter l’iceberg (à critiquer,bien sur).je vous informe que le capitaine du bateau est un homme énergique mais ne se pose pas les 2 bonnes questions qui sont "est-ce que je fais de l’efficassement équitable ?" et "ai-je un vision humanisme ?" à moins qu’il y ait répondu alors là,ce serait vraiment cynistre et un vrai sinistre se prépare.

                                vous qui etes expert et conseillé des puissants,ne pourriez-vous pas insufler un soufle,une brise,un vent de cohesion sociale avant qu’une katrina(sociale) nous tombe dessus ?

                                cordialement votre

                                bruno

                                 


                                • bruno frandemiche 17 février 2008 13:14

                                  bonjour à tous

                                  je pense que beaucoup en avait l’intuition

                                  http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/sciences/sciences_humaines/200802 15.OBS0698/la_strategie_du_mouton.html

                                  les économismes l’ont ils intégré ?

                                  cordialement votre

                                  bruno


                                • Roland Verhille Roland Verhille 13 février 2008 23:18

                                  À Léon

                                  Réfuter mon explication très succinctement motivée relative aux productions dites non marchandes seulement en la disant être une imbécillité me dit que vous êtes dépourvu de moyen de le faire. De plus, vous confondez discussion scientifique et dispute de bas quartier, ou de cour de récréation. Cela me prive du moyen de vérifier si je suis dans l’erreur.

                                  Sur les services rendus contre rémunération, E. Tod n’est en rien ma bible, pas plus que sur autre chose et pas plus que d’autres écrits que les siens. Je m’en remets à ce qu’est l’économie, et je n’en vois pas au paradis où tout est gratuit.

                                  Comme pour l’économie, vous ne me semblez pas avoir compris mon allusion au PIN, pire, vous me semblez avoir commis un contre sens. M’imputer sans plus la même erreur que celles des planificateurs de l’URSS, c’est le même argument que celui de l’imbécillité. Si vous soutenez peu clairement que le PIN (PIB moins amortissements) minore le montant des « richesses », c’est que à vos yeux la destruction des outils de production que chiffre l’amortissement n’est pas une destruction de « richesses ».

                                  Seulement contredire mon constat de l’incapacité des économistes de mettre leur nez dans les chiffres en disant que c’est n’importe quoi, c’est encore une réplique de cour de récréation. Oui, quand ils ne se bornent pas aux exégèses des textes académiques, ils travaillent avec des chiffres, mais sans avoir la capacité de vérifier comment ils sont constitués et s’ils mesurent suffisamment précisément les réalités. Aucun d’eux n’a dénoncé les erreurs du calcul du PIB (des doubles emplois), vous non plus.

                                  Sur les approximations des comptabilités nationales autres que ces erreurs de calcul que je dénonce, je les imagine bien. Le grand tort des statisticiens n’est pas de s’y livrer, au contraire, elles sont inéluctables sans inéluctablement produire des informations erronées ; il est seulement d’omettre de les publier. On peut craindre que pour le montant final du PIB et de la croissance, on demande d’abord aux ministres combien ils en veulent avant d’arrêter le chiffre publié. Tant que ce n’est pas établi, tant que vous n’avez pas démontré scientifiquement que ces comptes ne sont qu’une « vaste fumisterie », vous entrez encore dans une discussion qui ne vous convient pas.

                                  Je ne trouve rien dans votre commentaire truffé d’invectives qui fasse progresser les connaissances des lecteurs.

                                   


                                  • Roland Verhille Roland Verhille 13 février 2008 23:19

                                    À Vive la République,

                                    J’avais bien compris ce que vous pensiez. En revenir aux bases, oui, c’est ce que je fais. Mais vous me répliquez sans vous justifier que celles que j’avance, les échanges de biens et services avec leur moyen d’échange, la monnaie, ne sont qu’illusions. Le troc ? Quand il a existé, il n’a pas fait disparaître les services et leur rémunération, ni leur contribution au développement de l’économie. Pensez aux gardiens de troupeaux d’animaux domestiques en période préhistorique. Vous avez manqué de démontrer votre affirmation tendant à exclure les services du calcul du PIB. Dommage, car je vous complimente pour votre texte.

                                     


                                  • ddacoudre ddacoudre 13 février 2008 23:25

                                     

                                    Bonjour vive la république

                                    Intéressant ainsi que les commentaires que tu as soulevés.

                                    Chaque être est un c’est pour cela que chacun de nous ne peut s’ajouter à l’autre et qu’il y a six de uns, car là où chacun pose ses pieds pas un autre ne peut au même instant y poser les siens pour vivre son existence.

                                    Mais avec les mathématiques nous disons que nous sommes si milliards d’humains, ainsi grâce au math nous pouvons nous compter mais cela de permettra jamais de dire ce qu’un seul de nous est.

                                    Cela permet bien d’autres choses et notamment de définir des absolus qui remplaceraient le relativité de nos mots.

                                    Tous les comptes sont une indication, une règle accepté où imposé, un modèle qui sait organisé au fils des comportements humains que nous qualifions et quantifions, il ne sont que la qualification mesurable de la socialisation humaine.

                                    Pourtant, ne retenir que l’idée que l’économie crée le social, c’est occulter une part de l’histoire humaine, du développement socio-économique, dans le but de ne soutenir qu’un point de vue partisan. (Les hommes se sont toujours regroupés dans des grottes, des cités, et déplacés avec ou sans automobiles, cela avec plus ou moins de facilités.)

                                    Ce serait alors oublier toutes les luttes sociales qui ont accompagné le développement économique, d’où le nom de « mouvements sociaux », qui est l’expression de « l’homo-sociabilis ».

                                    Ce serait tout autant oublier que l’idée (l’économie créant le social) a réduit la condition sociale (humainement parlant) de certains d’entre eux par le biais du servage, de l’esclavage, du racisme, et que sans penseurs libertaires, « monsieur économie » serait resté muet. Je voudrais bien reconnaître que l’économie a créé la société esclavagiste si mon but était de démontrer « l’in humanisme » de l’économie.

                                    Seulement, je sais que toute structure que développent les hommes, ne dépend que des relations que ces derniers entretiennent avec l’image qu’ils ont d’eux-mêmes.

                                    Si reconnaître l’efficacité d’une organisation économique est une chose, en faire un dieu créateur en est une autre, d’autant plus qu’elle est à l’image de ses acteurs culturalisés, c’est à dire une image violente et nombriliste ; car nous apprécions nos événements à la mesure de nos vies, et non de celle de la planète, et nous nous confrontons autour de définitions pour affirmer notre désir de puissance, et le justifier aux yeux des autres.

                                     

                                    L’organisation économique (le modèle structural) répond à nos désirs, mais surtout correspond à ceux des hommes qui les ont inspirés ou qui s’en inspirent, et de ceux qui en font leur modèle ou l’imposent.

                                    Elle s’exerce toujours dans le cadre d’une organisation politique qu’elle ramène à son usage, et dont elle cherche à s’émanciper ou prendre le contrôle par le biais de ses plus actifs représentants, parce qu’il n’y a pas de frontière dans la communauté organique ou mécaniste entre l’organisation sociale et l’économie.

                                    Cependant, grâce à la dialectique, nous avons dans notre ensemble fini par reconnaître l’économie comme variable déterminante sur la sociabilité humaine. Pourtant, cela ne relève que d’un point de vue, et d’une manière de s’observer, de regarder notre image comme acteur intéressé par cette image.

                                    Et ce faisant, nous transférons en elle toute notre angoisse de mourir, et cela se traduit par la terreur masquée de manquer de subsistance. Cette pénurie conduisant presque toute espèce à se gaver par ignorance du lendemain, guidée par un cycle inné, en l’absence de cerveau cognitif comme le nôtre, capable d’envisager un futur afin d’y réfléchir. Comme la possession est la manière d’assouvir cette peur, il est facile d’imaginer les confrontations qu’elle détermine et fait naître.

                                    En conséquence, toute organisation structurée autour de la rareté, comme notre système économique, ne peut que générer des oppositions que nous aggravons en organisant cette rareté pour satisfaire à nos règles d’enrichissement.

                                    Je me répète en disant que l’économie est la qualification financière de la réalisation de nos désirs sociaux (la quantification mesurable).

                                    J’ai défendu l’idée que le social crée l’économie, et indiqué que pour moi l’économie n’était que la « qualification mesurable » de notre activité sociale.

                                    C’est ainsi, qu’en ayant « philosophé », ces sujets peuvent être traduit en temps de travail sous tous leurs aspects, de là, en monnaie, et en énergie dont le futur la verra peut-être comme monnaie de référence universelle. Cela, parce qu’il n’y a pas une once de ce que j’ai dit qui ne demande l’usage d’une production énergétique.

                                    J’ai écrit en homo-sociabilis, et par l’utilisation des mathématiques je peux tout traduire en homo oeconomicus.

                                    Cependant, traduire dans un langage mathématique commercial ne signifie pas se laisser diriger par lui, et si je dis que un et un font deux, c’est aussi bien pour pouvoir mesurer quand ils en différent, suivant que nous additionnons de la matière tel l’or ou des valeurs humaines. Définir par les mathématiques tout notre univers, nous y compris, permet d’avoir trouvé un langage universel qui peut nous permettre de comprendre les interactions des forces, de la matière, de la vie organique, et de définir des théories

                                    C’est autre chose que de s’en servir pour dire : « Que les hommes ne peuvent pas produire plus que ce que les masses monétaires en circulation le leur permettent ».

                                     

                                    Même l’économie comptable n’est pas une vérité c’est un acte de normalisation politique dont l’on peu s’écarter.

                                     

                                    Ceux qui prétextent de l’économie aujourd’hui pour diriger les peuples ne sont que des politiciens qui en refusent le nom, car comme tu l’as indiqué la séparation ne se distingue pas.

                                    Cordialement.

                                     

                                     


                                    • Roland Verhille Roland Verhille 14 février 2008 16:19

                                      À Léon,

                                      Vous estimez perdre votre temps à confronter vos vues avec celles des autres qui ne les partagent pas. Ce doit être chez vous une déformation professionnelle comme vos répliques persistantes de cour de récréation. Oui, vous perdez votre temps à intervenir dans une discussion suscitée par l’article de l’auteur, vous ne savez pas ce qu’est la discipline scientifique. Et vous faites perdre leur temps aux autres.

                                      Vos vues seraient une évidence pour les 99,999% de tous ceux qui ont fait un minimum d’études en économie ? Ceux là ne peuvent être que vos malheureux élèves.

                                      Vos explications sur les « effets externes négatifs non déduits », sur les « activités bénévoles », sur le « bien être collectif », etc., tarte à le crème de ceux qui n’ont pas compris ce qu’est l’économie et ce que compte le PIB, suffisent à révéler vos déficiences. Comme souvent dans ce cas, votre suffisance vous rassure et vous conduit à mépriser les autres et même à tenter de les insulter.

                                      Allons donc, oubliez l’économie, vos autres centres d’intérêt vous conviennent mieux.

                                       


                                      • Roland Verhille Roland Verhille 14 février 2008 20:27

                                        à Léon,

                                        oui, excusez moi, vous n’avez pas de vues personnelles, celles exposées par vous sont celles des autres, que je connais. Et votre bibliographie est bien celle de quelqu’un qui ne s’intéresse qu’aux textes qui lui semblent conforter ses croyances (Piriou n’a rien à y faire, il est bien moins tendancieux que vous, il argumente et explique. Denis Clair est nettement catalogué et y a bien sa place).

                                        Conseil de lecture pour conseil de lecture, essayez d’assimiler l’ouvrage scientifique d’André Vanoli, "Une histoire de la comptabilité nationale" ; cela ne devrait pas trop heurter vos convictions, surtout si vous connaissez quelles ont été les siennes dans le passé).

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