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Du prix du pétrole, de la bourse et de la croissance

L’effondrement du prix du baril (75% en 18 mois) a d’abord apporté un bol d’air aux marchés financiers, dont certains ont fini par battre les records d’avant 2008, mais depuis quelques mois, la violence de la baisse fait douter le monde de finance, qui semble craindre un facteur de krach. Qu’en penser ?

 
Un facteur de krach, mais à quel moment ?
 
Décidément, les marchés sont formidables. C’est leur propre exubérance et irrationalité sur le prix du baril qui semble les inquiéter maintenant. Bien sûr, il y a de vrais facteurs qui expliquent cet effondrement : l’offre augmente avec le retour de l’Iran, après l’envolée de la production des Etats-Unis, alors que la demande se tasse avec l’atterrissage de la Chine. Et comme par le passé, l’offre ne s’ajuste pas facilement étant donné que les coûts d’exploitation des puits, même les plus chers, restent souvent inférieurs au prix du baril, même si cela n’amortit pas les investissements passés, ce qui pousse les exploitants à continuer à produire, tout en cherchant à baisser leur point mort. Ce manque d’élasticité de l’offre au prix explique les yo-yo depuis 1973, créant un décalage, qui accentue les mouvements des prix.
 
 
Traditionnellement, la baisse du prix du pétrole est un facteur de croissance, puisque cela soutient les pays importateurs et que les pays producteurs, même s’ils en souffrent, peuvent en général amortir les chocs. Et je ne vois pas ce qui pourrait remettre en cause ce shéma, surtout dans une période où le pouvoir d’achat stagne, même si la baisse de l’inflation est un prétexte pour bloquer les salaires. Sauf grosse crise, la chute du prix du pétrole, avec tous ses déséquilibres, devrait soutenir un peu la maigre croissance actuelle. Mais ce soutien à la consommation, direct et indirect (en améliorant les résultats des multinationales, elles vont un peu moins couper dans leurs coûts) n’aura qu’un effet temporaire. Et cette baisse ouvre la voie, à terme, à une envolée quand le subtil équilibre offre/ demande sera rompu.
 
 
En effet, le prix du pétrole pourra, demain, rapidement, être multiplié par 4 ou 5. Assez pour faire monter les prix, puis les taux d’intérêts, détruisant le château de carte financier actuel, construit sur des taux proches de zéro. La baisse du pétrole peut être la raison du prochain krach financier, mais plutôt après-demain, parce que ce contre-choc ouvre la voie, demain, à un nouveau choc, plus violent.

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1 réactions à cet article    


  • fred.foyn Le p’tit Charles 9 février 11:07

    Il n’y a pas si longtemps, les experts disaient, qu’avec la baisse du pétrole, des taux d’intérêts et la baisse de l’Euro ; l’économie repartirait et que le chômage baisserait.. ?

    C’est tout le contraire qui se passe...donc les experts et le gouvernement nous racontent encore des mensonges...Tous ces bas du front qui passent à la télé à longueur d’année nous entubent...mais alors pourquoi lors des élections les Français les remettent au pouvoir.. ?

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