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Accueil du site > Actualités > Economie > Du protectionnisme en général, de Le Pen et consorts en particulier (...)

Du protectionnisme en général, de Le Pen et consorts en particulier !

Toujours en tête d'extraordinaires sondages portés notamment par le vote ouvrier, Marine Le Pen continue sa progression malgré son incrédibilité économique, sociale et monétaire. Elle et son équipe "d'experts" en économie − d'ailleurs souvent anonymes − ont dévoilé leur projet pour la France en cas de victoire en 2012. Nous ne reviendrons pas, bien sûr, sur l'aberration de la sortie de l'euro (voir nos 4 articles ici, ici, ici et ici). Voyons plutôt leur volonté de rétablir le protectionnisme et listons quelques éléments de réflexion à même de les instruire, eux et consorts, car ils ne sont pas les seuls à utiliser cet argument purement électoraliste.

Le protectionnisme est une mesure prise par un pays pour restreindre ses importations… c'est-à-dire les exportations des autres pays.
 
Il vise donc à protéger tout ou partie d'une production locale, régionale ou nationale contre la concurrence des productions étrangères selon des critères d'ordre politique, idéologique et / ou économique propres au gouvernement en place, en l'espèce celui de Marine Le Pen, dès mai 2012.
 
Vieux comme le commerce en général et les échanges internationaux en particulier, le protectionnisme − la plupart du temps porteur de nationalisme, cela ne s'invente pas − a souvent été source de conflits. En effet, les importations des uns étant les exportations des autres, toute limitation des premières aura pour conséquence immédiate de limiter les secondes... Ainsi le résumait Adam Smith (1723-1790) en parlant de Colbert (1619-1683), ministre protectionniste, car mercantiliste, de Louis XIV : "Les Français sont particulièrement enclins à favoriser leurs propres produits [...] en limitant les importations de biens étrangers qui pourraient entrer en concurrence avec eux. [...]. Ce ministre, par le tarif douanier de 1667, a imposé des droits très élevés [...] Lorsqu'il refusa de les modérer en faveur des Hollandais, ceux-ci interdirent en 1671 l'importation des vins, des eaux-de-vie et produits transformés de France. Il semble que la guerre de 1672 soit née de cette querelle commerciale. La paix de Nimègue y mit fin en 1678 [...]" (Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, livre IV, chap. 2 "restrictions à l'importation", page 480, éd. Economica) (*).
 
Outre la différence entre des régimes politiques au type d'économie opposé − libéral / communiste, autarcique / ouvert −, de nombreux arguments sont avancés pour justifier une protection érigée aux frontières. Souvent, il s'agit de protéger ou de sauvegarder une industrie naissante, une autre en danger imminent de fermeture ou bien un secteur stratégique lié à la défense nationale... ou encore à une tradition culturelle. Il peut aussi s'agir de limiter une concurrence déloyale de produits fabriqués selon des conditions non respectueuses de telle ou telle norme sociale, sécuritaire, sanitaire, environnementale… voire même fiscale (subvention des exportations) ou monétaire (dévaluation / dépréciation compétitive d'une monnaie). Ou tout simplement d'améliorer les termes de l'échange du pays, ou encore de prendre une mesure de rétrocession contre tel ou tel nation elle-même protectionniste. Bref, l'imagination humaine n'a pas de limite en matière de protectionnisme et paradoxalement, ceux qui le prônent pour leur propre bénéfice entendent difficilement ceux qui font de même (**).
 
Pour la paix… mais aussi pour que l'avantage comparatif (Cf. : David Ricardo (1772 - 1823)) puisse réellement s'exercer et que chaque pays ait la possibilité de développer ses productions grâce aux débouchés extérieurs, les gouvernements ont voulu élaborer des accords ayant pour objectif de lever les obstacles − droit de douane / taxe, quota, contingentement, norme, etc. − érigés en barrière de protection qui limitaient leurs échanges bilatéraux ou multilatéraux, substrats du commerce international. Ainsi sont nés des accords âprement négociés de libre-échange, des zones régionales de libre circulation des marchandises (l'Union européenne, l'ALENA (accord de libre-échange Nord-américain), etc.), et des organisations internationales comme l'OMC (Organisation mondiale du commerce) remplaçante du GATT (General agreement on tariffs and trade).
 
Pour conclure :
 
En voulant protéger la France de la concurrence extérieure, la politique économique de Marine Le Pen et de son équipe d'économistes de salon, aura pour conséquences, outre d'engendrer des conflits ou des représailles de toutes sortes :
 
- d'encourager d'une part, la pérennisation d'une production intérieure non compétitive, voire obsolète (***), et d'autre part, les autres pays à prendre des mesures similaires de rétrocession. Mesures qui vont, pour la France comme pour ces pays, réduire les débouchés de leurs productions tournées vers l'exportation, avec des conséquences non négligeables, c'est-à-dire la hausse du chômage et l'affaiblissement de leur croissance économique ;
 
- de détourner une partie du pouvoir d'achat pour la consacrer à payer des taxes sur les produits importés, plutôt qu'à l'achat de produits nationaux… sans parler des tensions inflationnistes que cela engendrera ;
 
- de procurer à l'Etat des recettes budgétaires supplémentaires mais temporaires et illusoires, car tôt ou tard le pays devra rejoindre le concert mondial des échanges libres dans un commerce international soumis aux règles de droit commun, érigées par la quasi totalité de ses pairs, les pays participants à l'OMC.
 
Le protectionnisme montre bien qu'il est, in fine, une démarche perdant / perdant. Un repli sur soi, qui aggrave une crise au lieu de la résoudre...
 
(*) Smith en déduit que la liberté du commerce entre les pays est non seulement source de croissance économique grâce à la division du travail, mais aussi porteuse de paix.
 
Mais, pour rester objectif et bien qu'il soit le seul grand économiste à avoir un tel sentiment sur le sujet, le Nobel 1988, le français Maurice Allais (1911-2010) écrit : "Le véritable fondement du protectionnisme, sa justification majeure et sa nécessité, c'est la protection indispensable contre les désordres et les difficultés de toutes sortes engendrées par tous les dysfonctionnements de l'économie mondiale. Ce principe a d'ailleurs une validité universelle pour tous les pays ou groupes de pays" (La mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance. p. 40, éd. Clément Juglar).
 
(NDR : ce n'est pas parce que le Nobel 88 écrit une ânerie, que le FN doit se précipiter dessus pour valider ses thèses xénophobes. Il doit aussi lire les 40 autres Nobels qui depuis 1969, soutiennent le contraire...).
 
(**) "Les perdants de l'accroissement des échanges internationaux sont les avocats infatigables du protectionnisme sous forme de droits de douane et de quotas" (P.A. Samuelson (Nobel 1970) et W.D. Nordhaus, Economie, p. 32, éd. Economica).
 
(***) Au Brésil, une loi de 1984 visait à protéger l'industrie informatique naissante en interdisant l'emploi d'ordinateurs non brésiliens dans les entreprises [...]. Cette loi sera abrogée en 1992 après avoir été reconnue comme une "tragédie" pour la modernisation de l'activité économique du pays absente de la révolution des premiers pas de l'économie numérique. Ses méfaits ont été estimés à plusieurs milliards de dollars américains. Depuis la fin de ce "nationalisme insensé" (dixit madame Zélia Maria Cardoso de Mello, ministre de l'économie (1990-1991)), le Brésil a bien progressé…

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61 réactions à cet article    


  • Cocasse Cocasse 28 avril 2011 09:51

    Marine Le Pen ne propose pas une forme de protectionnisme favorisant le repli sur soi, mais au contraire favorise les échanges.

    C’est encore mieux que dans les 30 glorieuses, période « protectionniste » qui favorisait grandement notre économie et notre autonomie, sans que personne n’ai à y redire. Bien au contraire, c’est quand ces barrières ont sauté, que s’est ensuivi les 40 dernières années de misère croissante, de chômage et délocalisations.

    Vous confondez protectionnisme et isolationnisme, et nous resservez l’habituelle litanie idéologique pro système libéral-mondialiste, celle qui a causé les ravages que l’on sait de ces 40 dernières années.

    Vous préféreriez que nos enfants travaillent 15h par jour dès l’age de 10 ans pour participer à la « compétition économique »... ? Ou que toute industrie et agriculture soit démantelée et délocalisée (ce qui devient d’ailleurs le cas), de sorte que la France soit obligée de céder à n’importe quel chantage. Chantage alimentaire par exemple.


    • Emmanuel Aguéra LeManu 28 avril 2011 13:32

      Salut coq’ass

      « ... une forme de protectionnisme (...) favorise les échanges... »
      (je réduis au concept, faisons court...)

      Anthologie.Vraiment.

      Les glissements sémantiques me fascinent toujours. L’autre jour, un autre gars de la Marine se qualifiait fièrement de populiste. On est dans le même registre. Les mots ne veulent plus rien dire, on s’accommode d’une forte coléreuse conviction dominatrice de la personne autant que du simple bon sens.

      Quitte donc, à conférer à un mot le contraire de son sens.


    • Emmanuel Aguéra LeManu 28 avril 2011 13:33

      Mai j’oubliais le principal... Excellent article, merci.


    • Philodeme Philodeme 28 avril 2011 13:46


      De toute façon le prix des combustibles rendra les transports très onéreux et donc provoquera une relocalisation et reflux de la mondialisation.

      Allez sur le cap Blanc Nez et observez le Chanel .... les porte conteneurs symboles de la mondialisation économique vont bientôt décroitre !

      Mieux vaut dès maintenant arrêter la désinstrualisation par un protectionnisme pour conserver les quelques savoirs faire qui nous restent !

      L’avenir économique n’est plus à la mondialisation.


    • Philodeme Philodeme 28 avril 2011 13:58

      à l’auteur

      j’ai oublié de préciser que ci-dessus je contestais sur le fond sa phrase :

      « En effet, les importations des uns étant les exportations des autres, toute limitation des premières aura pour conséquence immédiate de limiter les secondes... »

      en raison de la flambée du prix des combustibles .... sans combustibles bon marché finie cette mondialisation basée sur des transports peu onéreux


    • Yvance77 28 avril 2011 09:56

      Salut,

      L’économie est faite d’aberrations est les Adam Smith, Ricardo et consorts en sont les gourous qui confinent bien souvent au n’importe.

      N’importe quoi que l’on peut illustrer par un exemple simple. Le melon qui arrive sur nos étals ou dans nos hypers.

      Nourri aux pesticides, bourré aux engrais, arraché à sa terre lointaine, transporté, acheminé depuis Rungis, margé par nos as du CAC 40 ... il finira avec un prix de vente inférieur à celui qui est vendu bio, par l’agriculteur du département.

      Et pourtant, ce dernier n’a pas de quoi s’offrir une Porsche, ne va pas à Venise passer des week-end en amoureux, ne s’échappe pas pour aller visiter la Joconde, un dimanche au musée du Louvres.
      Il fait même parti de ces populations en souffrance, avec un fort taux de suicide.

      Alors comment l’on arrive à de telles CONNERIES ECONOMIQUES. L’offre et la demande... voila le concept qui fera avaler n’importe quel prix au chaland, théoriser par nos champions du concept fumeux.

      Et c’est pareil pour tout : un appartement décent c’est 300 000 euros dans une ville, des lames de rasoir c’est 19 euros (120.00 francs) pour un produit industriel basique, une baguette 6.60 francs etc... et le salaire lui n’a jamais ou presque augmenté. Là aussi il y a beacoup de demandes d’augmentation et très peu pour les offrir.

      A peluche


      • Talion Talion 28 avril 2011 12:06

        La solution pourrait être de développer au maximum l’autosuffisance (potager, atelier dans le garage, nécessaire à couture, etc...) et éliminer les intermédiaires (achat directement auprès du producteur, visite des marchés aux puces locaux quand on a du temps libre...).

        Bien évidement cela implique d’habiter la province et si possible une région riche en patrimoine agricole et que nos responsables n’ont pas décidé de vendre a des compagnie pétrolières peu regardantes concernant la nécessité de préserver l’environnement.

        La solution est donc de quitter Paris et les grandes ville et de tirer au fusil sans sommation lorsque vous voyer du matériel de forage se ramener près de chez vous.

        Frapper là ou ça fera le plus mal : Le portefeuille.


      • JL JL 28 avril 2011 09:56

        Encore un énième pamphlet contre le protectionnisme ?

        Monsieur Fay, je vous conseille d’élargir votre horizon :

        Les subventions à l’exportation sont trois fois plus condamnables que le protectionnisme haï par les mondialistes : d’une part, elles ne sont pas moins contraires au libre échange que le protectionnisme ; d’autre part, et à l’opposé de l’effet positif du protectionnisme sur l’écologie, les subventions à l’exportation sont désastreuses en termes de pollution par les transports, de destruction des agricultures vivrières et des ressources énergétiques, enfin des pollutions en tous genres. 

        Si le protectionnisme protège le pot de terre contre le pot de fer, à l’inverse les subventions, en plus de protéger le fort contre le faible, sont une prime inique versée au pot de fer prélevée autoritairement sur les ressources du pot de terre par le moyen de la dette ! Merci le FMI, merci l’OMC !

         

        A lire un excellent petit ouvrage paru aux éditions « Mille et une nuit » : « Ne soyons pas des écologistes benêts » écrit par un collectif : Aurélien Bernier, Michel Marchand et le M’PEP (Mouvement politique d’éducation populaire). 

        « Militants associatifs ou politiques, les écologistes benêts sont ceux qui voient le monde à travers la seule crise environnementale, en oubliant la crise sociale (DCB, YAB, ...). « Pourtant l’effondrement financier de 2008 aurait dû les réveiller ... Eh bien non, ils défendent le capitalisme vert qui permet à l’ordre économique mondial de se faire une nouvelle jeunesse. »Nous ne devons pas nous laisser berner. C’est bien à une réorganisation politique qu’il faut œuvrer. Cela passe par des prises de position claires : contre l’OMC, pour un protectionnisme écologique et social à l’échelle des Etats, pour un nouvel internationalisme. » L’ouvrage, très bien documenté fait une analyse de la situation actuelle, une critique du mondialisme et évoque des solutions, notamment proches de la Charte de la Havane qu’ils décrivent comme diamétralement opposée aux directives de l’OMC et de l’UE.

        Dit autrement, l’OMC et l’UE font tout le contraire de ce qu’il conviendrait de faire si la planète était gérée par des gens responsables.

         


         


        • Taverne Taverne 28 avril 2011 10:19

          Tant que l’on jettera l’opprobre sur le protectionnisme au nom du libéralisme le plus sauvage, on encouragera les votes pour Le Pen. Personnellement, je suis favorable à certaines mesures protectionnistes face à la concurrence déloyale voire immorale (exploitation de la main d’oeuvre y compris d’enfants) de certains états.

          D’ailleurs, j’en ai assez qu’on dise « protectionnisme »pour caricaturer une proposition qui est légitime. Je dirai donc « protection ».

          Je propose que ces mesures de protection soient prises au niveau européen pour éviter les représailles contre un pays isolé qui se risquerait à légiférer seul. Cela permettrait aussi des décisions réfléchies. Je propose aussi d’invoquer des motifs spécifiques pour biaiser un peu, du genre cibler les produits qui incorporent des frais de transport excessifs pour des raisons écologistes.

          L’Europe doit se protéger. Cela ne pourra que calmer les nationalismes. Sinon ceux-ci vont prospérer dieu sait jusqu’où...


          • 28 avril 2011 10:33

            « Je propose que ces mesures de protection soient prises au niveau européen »... 


            Alors là, si c’est vraiment ce que vous espérez, vous pouvez toujours attendre, les buts de l’UE allant exactement à l’inverse cette idée. 

            A force d’attendre, vous mourrez assis sur votre chaise !

          • Cocasse Cocasse 28 avril 2011 11:35

            Citation d’un article de 2009 :
            Pour ce qui est de l’économie mondiale, le président Barroso appellera le G8 à adresser un signal fort invitant à résister à la tentation protectionniste dans le domaine des échanges et de l’investissement en cette période de crise économique.

            « Tentation protectionniste », encore une expression novlangue, voulant dire qu’il ne faut pas serrer les fesses mais au contraire écarter bien grand l’anus.


          • Taverne Taverne 28 avril 2011 13:57

            Evidemment, si l’Europe refuse, on le fait nous-mêmes. Mais ce n’est pas pour autant que je vais virer facho.


          • Cocasse Cocasse 28 avril 2011 14:18

            Evidemment, si l’Europe refuse, on le fait nous-mêmes. Mais ce n’est pas pour autant que je vais virer facho.

            Moi non plus.
            Mais on ne te laissera pas le choix. Proposer ces idées, cela veut dire être traité de facho par les médias.
            « Si l’Europe refuse » : une analyse de l’europe montre qu’elle ne peut que refuser. Et même n’avoir rien à refuser dans la mesure où elle ne laissera même pas se poser la question.


          • dupont dupont 28 avril 2011 10:31

            Voilà en un article tous les poncifs économiques de TF1, France télévisions et autres média mondialistes réunis. Merci pour cette synthèse, quoique un peu dure à digérer de bon matin.


            • Jimmy 28 avril 2011 11:09

              Nous ne reviendrons pas, bien sûr, sur l’aberration de la sortie de l’euro

              Vous pouvez appeler cela une aberration, une immense connerie, la fin du monde, une erreur à ne surtout pas commettre, vous pouvez écrire à ce sujet autant d’articles que vous voulez, nous voulons sortir de l’euro.
              Il y a belle lurette que nous ne faisons plus confiance au genre de discours que vous tenez.


              • PhilVite PhilVite 28 avril 2011 11:39

                Dans la salle de bal du Titanic, Aimé Fay, la face rubiconde et sa vingtième coupe de Champagne à la main, alors même que le pont est déjà incliné à plus de 45°, hurle « musique ! musique ! que la fête continue ! »’.
                Le pauvre ! Qui va lui annoncer la nouvelle ?


                • barbapapa barbapapa 28 avril 2011 12:10

                  Le décollage de la Corée du sud a été favorisé par le protectionnisme des « chaebol », ces grandes entreprises qui sont aujourd’hui présentes partout comme Samsung, LG, Hyundai. 


                  Les conclusions négatives du protectionnisme sont a pondérer. 
                  Parfois ça peut être nécessaire lors de concurrence inégale. 

                  • Ronald Thatcher rienafoutiste 28 avril 2011 19:13

                    c’est un coup à faire pêter la pompe à giscard ça ?


                  • Pie 3,14 28 avril 2011 12:16

                    L’auteur a raison d’affirmer qu’un protectionnisme à l’échelle de la France serait une catastrophe pour le pays. La France est une économie extravertie, tournée vers l’exportation qui profite avant tout de l’immense zone de libre échange qu’est l’UE.

                    Un repli protectionniste se traduirait par un effondrement du PIB et un appauvrissement généralisé. Il faut être totalement dénué de toute culture économique ou aveuglé par un nationalisme hors d’âge pour croire le contraire.


                    • pastori 28 avril 2011 12:26

                      Mr fay est un expert en économie. quand il dit «  Marine Le Pen continue sa progression malgré son incrédibilité économique, sociale et monétaire.  »il sait ce qu’il dit.


                       par contre les ânes incultes et incapables de considérer les choses qui disent le contraire vont à cause de leur ignorance précipiter le pays dans le chaos dont ils seraient les premières victimes.

                      ils mériteraient d’avoir un temps leur marine, juste pour une bonne leçon, comme l’ont eue les gens de Vitrolles qui ont tâté un mandat au front national et qui ne sont pas prêts de recommencer.

                       mais malheureusement leur inconscience porte aussi et surtout préjudice à tous autres.


                      • pastori 28 avril 2011 13:26

                        toujours aussi nuls les moinsseurs.


                        quand les arguments qu’on leur oppose sont imparables, le moinssage c’est leur seule réponse.

                      • Jimmy 28 avril 2011 15:39

                        ça alors ! quels arguments ?


                      • papi 28 avril 2011 16:29

                        et bien les arguments pastoristiques !! bien sûr !!
                        (prix model( obsolète) d’économie 1902)


                      • pastori 28 avril 2011 16:42

                        apprenez à lire au lieuy de vociférer. on cherche juste à rendre service aux aveugles. 

                         j’ai fait des phrases qui disent des choses. si vous n’êtes pas d’accord discutez.
                        moinsser veut dire que l’argument n’est pas attaquable par des argument et c’est l’arme des faibles..

                        exemple le fn Vitrolles. lisez le lien et dites pourquoi que vous voulez ce genre de régime.

                      • papi 28 avril 2011 16:55

                        @ pastori

                        Tu n’es pas plus que moi économiste !! alors lis plutôt le commentaire de samuel, il est trés instructif et s’adresse à nous d’une manière claire.. et surtout fais comme moi sur ces sujets
                        complexes  : fais la carpe ..et apprends,pas nécéssairement avec les gens qui traitent les prix nobel d’économie d’âne style notre auteur qui est un soutien à ce que tu déteste le plus , la haute finance et CAC 40..


                      • pastori 28 avril 2011 20:53

                        .sauf que j’ai passé 40 ans dans la banque-assurance comme cadre sup. j’y ai appris quelques notions d’économie smiley


                        au fait parles moi de Vitrolles, le lien est instructif..

                      • papi 28 avril 2011 22:07

                        @ pastori
                        donc t’as une retraite énorme !! en tant que cadre sup !! t’étais le responsable supérieur de l’entretien de la Banque ??
                        Merde j’aurais du choisir la banque plutôt que l’usine !! et je me retrouve aujourd’hui plus pauvre que JOB, t’as de la chance d’être aisé, avec un beau compte en banque, et des actions, et une belle voiture neuve tous les ans, et une magnifique villa, avec un jardinier, moi je n’ai que les yeux pour pleurer , si bien que je suis obligé de me faire les légumes au jardin pour bouffer, moi je suis un vrai prolo . et toi avec ton fric tu votes FDG et moi le contraire , bizare la vie ? non tu crois pas ??


                      • papi 28 avril 2011 22:12

                        @ pastori

                        Désolé camarade, mais avec 4 gosses , et un salaire de misère j’avais pas les moyens de partir en vacances, alors Vitrolles je connais pas ..Toi tu dois connaitre, tu devais partir en vacances avec le 13 eme mois et le 14 eme mois et les primes ! Désolé mais on a pas eu la même vie ,


                      • samuel_ 28 avril 2011 12:31

                         Quelques économistes protectionnistes :

                         De gauche :
                         - Sapir (Je suis démocrate donc souverainiste, La démondialisation), 
                         - Lordon (La « menace protectionniste » ce concept vide de sens),
                         - Généreux (Parti de Gauche, L’autre société),
                         - Hoang Ngoc (Parti Socialiste, Interview),
                         - Ramaux (ATTAC).
                        « Gaullistes » :
                         - Lafay,
                         - Gréau (ancien conseiller du MEDEF, Conférences),
                         - Allais (Prix Nobel, Contre les tabous indiscutés, La mondialisation : la destruction des emplois et de la croissance).

                        Et une réponse argumentée à votre article :

                         On confond souvent protectionnisme et mercantilisme. Le mercantilisme étant une attitude agressive, ou repliée vis-à-vis du reste du monde, on attribue alors ces traits de caractère déplaisants au protectionnisme. « Le protectionnisme, c’est la guerre », dit-on souvent. Il est vrai que le mercantilisme peut être vu comme une sorte de protectionnisme. Mais le protectionnisme n’est pas forcément du mercantilisme, c’est à dire qu’il peut n’être animé, ni d’agressivité, ni de méfiance excessive vis-à-vis du reste du monde.

                         Le protectionnisme est l’attitude d’un État, qui favorise ses productions locales par rapport aux productions étrangères, en agissant sur autre chose que sur le coût local du travail, la qualification de la main d’œuvre locale, ou la qualité des équipements locaux ou des méthodes locales de production. On parle de protectionnisme douanier si les instruments utilisés par l’État sont des quotas de biens exportés ou importés, des droits de douane sur les biens importés, ou des subventions aux exportations. On parle de protectionnisme monétaire si l’État agit pour dévaluer sa monnaie par rapport aux autres monnaies, au lieu de la laisser prendre la valeur que lui donnerait le marché.

                         Par exemple, la Chine agit aujourd’hui pour maintenir la valeur de son yuan, en dessous de celle que lui donnerait la seule action du marché. Et l’Allemagne a récemment eu recours à la TVA sociale, qui est une mesure équivalente à une augmentation des droits de douane et des subventions aux exportations. De plus, grâce à l’euro, l’Allemagne bénéficie du fait que le marché ne peut plus comme avant, ajuster la valeur des monnaies des autres pays de la zone euro, par rapport à son mark.

                         Le mercantilisme est une attitude qui existait déjà au XVIème siècle en Europe. On peut voir cette attitude comme une sorte de protectionnisme, animé d’une intention particulière. C’est le protectionnisme d’un État qui cherche par ce moyen, à vendre plus de biens qu’il en achète au reste du monde, ou qui cherche à ne pas trop lui acheter de biens, quand bien même il pourrait lui en vendre autant. Le mercantilisme est donc une attitude agressive, ou bien repliée vis-à-vis du reste du monde. Agressive par un refus d’une réciprocité de l’échange commercial, ou par un refus de s’engager avec des armes égales dans la concurrence avec le reste du monde. Repliée lorsqu’elle est celle d’un État qui ne veut pas trop d’échange commercial quel qu’il soit, ou pas trop de concurrence avec le reste du monde quelle qu’elle soit. Les États qui adoptent une attitude mercantiliste, font cela pour préserver ou accumuler des réserves de change (« la richesse du Prince »), ou pour préserver ou agrandir leur appareil productif ("la puissance économique du Royaume").

                         Au moins en partie grâce à leurs attitudes protectionnistes, la Chine et l’Allemagne font de très importants excédents commerciaux. On peut donc dire que la Chine et l’Allemagne sont deux grands États mercantilistes d’aujourd’hui, assurément pour ce qui concerne la Chine, et avec plus de doutes pour ce qui concerne l’Allemagne. Il est vrai en effet que l’Allemagne fait plus de la moitié de son excédent avec les autres pays de la zone euro, et peut-être que c’est plus grâce à l’euro, que grâce à la TVA sociale, qu’elle fait cet excédent. Mais il est vrai aussi que l’Allemagne, en exerçant une pression à la baisse sur le cout du travail sur son territoire, par la TVA sociale et par d’autres moyens, a nui à la compétitivité des autres pays de la zone euro par rapport à elle, sans que ces autres pays puissent voir le marché ajuster les valeurs de leurs monnaies respectives par rapport au mark. Et la pression à la baisse sur les salaires allemands a en plus réduit la demande des consommateurs allemands, qui aurait pu être une source de croissance pour les autres pays de la zone euro.

                         Contrairement au mercantilisme, le protectionnisme qu’appellent de leurs vœux de nombreux économistes et dirigeants politiques français d’aujourd’hui, n’est pas animé d’agressivité ou de méfiance excessive vis-à-vis du reste du monde. Il n’est pas motivé par un refus de l’échange commercial réciproque, ou par une hostilité à trop d’échange commercial quel qu’il soit, mais par un refus de l’échange commercial non réciproque. Il n’est pas motivé par un refus de la concurrence à armes égales, ou par une hostilité à trop de concurrence quelle qu’elle soit, mais par un refus de la concurrence sur le cout du travail, qu’on peut considérer comme une concurrence à armes inégales.

                         Non seulement la non-réciprocité de l’échange commercial dégrade l’appareil productif de la France, qui est pourtant à long terme le seul fondement de sa prospérité et de sa puissance. Non seulement encore, cette concurrence sur le cout du travail est une source importante de chômage, et exerce une pression à la baisse sur les salaires et les dépenses de l’Etat. Mais en plus, le fait que des entreprises localisées dans les pays émergents, puissent concurrencer les entreprises de France en utilisant l’arme d’un plus bas coût du travail dans ces pays, les dispense d’être concurrentielles par leurs innovations, par la qualité des biens qu’elles produisent, ou par l’efficacité de leurs processus de production (et ce suffisamment pour compenser le handicap qui leur vient du coût, quand même assez faible aujourd’hui, du transport des biens qu’elles produisent vers la France). Quant aux entreprises de France, elles savent que même en déployant toute la créativité, tout le soin, toute la rationalité du monde, leur effort pour lutter contre des entreprises pouvant payer le travail beaucoup moins cher qu’en France, est très probablement voué à l’échec.


                        • Cocasse Cocasse 28 avril 2011 16:35

                          Bonjour,
                          Ton commentaire mérite d’être encadré !
                          Merci.


                        • papi 28 avril 2011 16:35

                          @ samuel

                          Merci pour votre explication claire, et parfaitement compréhensible, car je suppose que comme moi , nombreux sont les commentateurs qui sont plutôt béotiens dans l’art de l’économie..


                        • Pie 3,14 28 avril 2011 19:12

                          Le libre échange intégral n’a jamais existé. c’est un principe qui fait toujours l’objet de négociations car chacun veut protéger son économie et favoriser ses secteurs puissants.

                          Voilà pourquoi le principe de réciprocité est au coeur de toutes les grandes négociations comme naguère celles de GATT et aujourd’hui celles de l’OMC.
                          Cela dit, dans la guerre économique il existe des quantités de manières de faire du protectionnisme sans en avoir l’air en jouant sur la monnaie, en édictant des règlementations qui compliquent l’importation ( cas du Japon), en exaltant le patriotisme consumériste (achetez français), etc...

                          En somme, le libre échange négocié ( il existe des taxes douanières entre l’UE et le reste du monde) est un système imparfait et compliqué mais il permet à chacun d’y trouver son compte. Ajoutons cyniquement que ceux qui perdent le plus à ce jeu ne sont pas les pays les plus riches mais les plus pauvres.

                          Certains prônent un protectionnisme européen qui protègerait les secteurs les plus menacés par les marchés émergents à la main d’oeuvre incomparablement bon marché.
                          Pourquoi pas ? la question vaut d’être débattue.
                          Ce que propose le FN est en revanche incroyablement stupide. Il s’agit de sortir de l’UE qui assure les trois -quarts de nos exportations et de mettre en place un protectionnisme solide qui irait à l’encontre de l’ensemble des traités signés et des règles peu ou prou suivies par l’ensemble du monde...rien que cela.

                          De fait, cela nous placerait dans la même situation que l’Italie des années trente quand Mussolini lança la politique d’autarcie, une économie isolée, une monnaie dépréciée, un niveau de vie effondré.
                          Le salut n’est pas dans le repli frileux , si les salaires n’augmentent pas ce n’est pas seulement à cause des chinois, c’est d’abord à cause d’un capitalisme qui favorise l’actionnaire avant celui qui travaille.


                        • samuel_ 28 avril 2011 19:21


                           @ cocasse et papi

                           Merci à vous mais je dois vous avouer que j’usurpe un peu vos compliments, j’ai un peu triché disons :-> ...

                           En fait j’avais déjà écris la partie « réponse argumentée » au billet d’Aimé Fay, avant même qu’il écrive son billet, j’ai juste fait un copié collé. Car voyez vous, l’amalgame que fait Aimé Fay entre protectionnisme et mercantilisme, et l’idée qui en découle que « le protectionnisme c’est la guerre, c’est un repli sur soi, c’est xénophobe etc... » est un argument courant des anti-protectionnisme, un de leurs principaux leightmotivs en fait... Hi hi hi :-> !


                        • papi 28 avril 2011 20:18

                          @ samuel

                          Péché avoué à demi pardonné, mais pour ma part , vous êtes légitimement absous, merci par votre compétence de venir semer un germe de vérité, face à la mouvance rétrograde..
                          Revenez souvent !! nous serons là pour vous lire ..


                        • dup 28 avril 2011 13:12

                          Elle a raison la Marine ,pour autant qu’elle aille jusqu’au bout : sortir de l’UE , de l’Euro , de l’OTAN , de Schengen,restaurer la monnaie , les frontières ,la défense. Mon petit doigt me dit qu’elle fera rien de tout cela. Juste pour voir la belle vie à laquelle l’europe vous preprare :

                          http://www.the-savoisien.com/wawa-conspi/viewtopic.php?id=1583


                          • dupont dupont 28 avril 2011 13:52

                            Probable que face aux fossoyeurs des Nations, elle ne puisse pas grand chose la Marine, ils vont s’y employer. Pire, elle pourrait même tomber dans la compromission et ce serait la victoire incontestable et définitive de Big Brother à la Tête du N.O.M.

                            Aujourd’hui on pense à elle comme à une digue de fortune face au tsunami. La question n’est pas de savoir si ça tiendra mais dans combien de temps les Nations et leurs Peuples disparaîtront.


                          • suumcuique suumcuique 28 avril 2011 13:56

                            En ce qui concerne la vidéo, il faut savoir qu’il n’y a rien de nouveau sous la lune. Hormis chez la plupart des peuples européens (car on sait que, à partir de la révolution industrielle, au Royaume-Uni, la condition des enfants était particulièrement ignoble), l’exploitation des enfants existe depuis la nuit des temps chez tous les peuples, Par exemple, la principale source de revenu des Népalais est de faire beaucoup d’enfants pour ensuite en vendre aux maquerelles des bordels en Inde et dans tout le sud-est asiatique, un phénomène multi-séculaire que, bien entendu, le touriste européen ne voit pas : « tout le monde il est beau tout le monde il est gentil ».




                          • suumcuique suumcuique 28 avril 2011 13:37

                            Il est clair que les lignes directrices du programme du Front National constituent un minimum vital qui permettra d’éviter la faillite totale du pays, après celle de l’Espagne. Cependant, il faura aller plus loin pour remonter le courant. Ainsi, l’interdiction totale de l’importation de certains produits sera nécessaire, comme, par exemple, celle des jouets chinois, comme vient de le faire l’Inde, non seulement pour des raisons économiques, mais aussi pour des raisons de santé. Un certain nombre de produits importés du tiers-monde sont en effet dangereux pour la santé. Une fois l’importation de jouets chinois interdite, l’industrie française du jouet, moribonde, pourra se reconstituer, créant ainsi des dizaines de milliers d’emplois.


                            Au-delà des enjeux économiques, le protectionnisme est aussi une question - le mot semble être sorti du vocabulaire - d’honneur. La France a été prostituée à l’étranger par les gouvernements qui se succèdent depuis plusieurs décennies à la tête - décapitée - de ce qui peut bien rester d’Etat. Il s’agit de relever la tête et d’imposer notre volonté. Des peuples aussi attachées à leurs propres traditions que les Chinois ne peuvent avoir que du mépris pour un peuple qui creuse sa tombe en les autorisant à importer massivement leurs sous-produits sans aucune barrière douanière digne de ce nom. Il faut, de nouveau, se faire respecter - à cet égard, il y aurait beaucoup à dire sur le comportement pathétique de racoleuse des « chefs d’entreprise » français en Asie et en Amérique du Sud. 

                             C’est la guerre et on persiste à vouloir faire l’amour. 




                            • NeverMore 28 avril 2011 15:05

                              Je recommande à l’auteur de se renseigner : le Japon, la Corée, la Thailande, Taiwan, la Chine ont connu leur phase d’expension grâce à un protectionnisme bien pensé.

                              Des modes de protectionnisme respectueux des partenaires sont parfaitement envisageables ; ils sont mêmes indispensables.

                              Il est très facile de défigurer un projet quand on pousse une certaine logique jusqu’à la caricature (jusqu’à la clownerie).

                              C’est comme pour la sortie de l’Euro, les vrais experts savent qu’elle est inéluctable. Attendons le défaut de la Grèce lui aussi inéluctable, sous une forme ou une autre (il y a un mois, on parlait d’un défaut à hauteur de 20/30 %, aujourd’hui 70% sont évoqués). Si vous ne me croyez pas, achetez des actions Crédit Agricole (CASA).


                              • Traroth Traroth 28 avril 2011 15:39

                                « le protectionnisme − la plupart du temps porteur de nationalisme » : Je dois être un contre-exemple, dans ce cas. Je ne suis pas nationaliste pour 2 sous, et pourtant, je ressens l’urgence de limiter nos importations en provenance des pays pratiquant le dumping social et environnemental.

                                « En effet, les importations des uns étant les exportations des autres, toute limitation des premières aura pour conséquence immédiate de limiter les secondes » : Vous voulez dire que si on limite les importations chinoises, la Chine va cesser d’importer des produits français ? Je ne suis pas certain que ça change grand chose ! C’est un argument pour faire rire les poules ! smiley

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