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Accueil du site > Actualités > Economie > Du riz, du libre-échange et du modèle asiatique

Du riz, du libre-échange et du modèle asiatique

The Economist a été fondé pour défendre le libre-échange. Il épingle donc tout protectionnisme, comme il l’a fait récemment avec le traitement du riz en Asie. Sauf que ce protectionnisme asiatique est justement un des fondements de son modèle économique, comme bien des économistes le soutiennent

 
Le protectionnisme, clé du développement économique
 
Bien sûr, quelques sots à court d’arguments évoqueront l’Albanie ou la Corée du Nord, mais entre un libre-échange sans limite et l’autarcie, il y a beaucoup de possibilités, notamment explorées en Asie. Et c’est bien là que le bât blesse. Depuis quarante ans, tous les modèles de croissance viennent d’Asie : le Japon, puis les dragons, Corée du Sud ou Taiwan, et enfin, la Chine, dont l’éveil se modère. Bien sûr, tous ces pays ont profité du libre-échange de leurs clients, mais ils n’ont pas eu la sottise d’ouvrir leur marché à tous les vents, bien au contraire. Le Japon et la Corée du Sud ont construit un secteur automobile en verrouillant l’accès à leur marché intérieur, modèle qu’a également suivi la Chine, en freinant considérablement les importations et en imposant des partenariats avec des entreprises Chinoises.
 
 
Mais comme le rappelle The Economist, ce comportement n’est pas exclusif à l’automobile. L’Asie protège également son marché agricole, et notamment celui du riz, le premier aliment de bien de ces pays, qui peut représenter jusqu’à 50% des apports caloriques. Le tableau représente toutes les politiques protectionnistes menées par les différents pays : les 9 pays cités mènent entre 2 et 8 formes de protectionnismes différentes sur le marché du riz. The Economist note que cela peut pousser les prix du riz au-delà du prix du marché et que cela rendrait « leurs citoyens plus pauvres  ». Mais ce faisant, il feint d’oublier que les consommateurs sont aussi des producteurs et qu’un prix plus élevé peut aussi les rendre plus riches, et surtout protéger la production local des aléas fous et destructeurs des marchés.
 
 
Merci donc à The Economist de montrer que des droits de douane jusqu’à 300% peuvent ainsi favoriser le développement, un développement ouvert au monde, mais dont l’ouverture n’est ni inconditionnelle ni sans limite, préservant une production locale forte et l’autonomie. Voilà une clé du succès asiatique.
 

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13 réactions à cet article    


  • JL JL 3 février 10:22

    Bonjour Laurent Herblay,


    article court mais efficace. Merci pour cette démonstration.

    • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 3 février 11:03

      Excellent.


      Cet éclairage montre en outre qu’une telle politique n’a pas empêché les milliardaires chinois de s’enrichir et de continuer à le faire (sur le dos de leurs compatriotes qui ne meurent plus de faim mais sont asservis).
      Contrairement aux libertariens occidentaux (qui se nomment eux mêmes « libéraux » par euphémisme), ceux parmi les Chinois qui sont riches ont compris que la puissance de l’état n’était pas contraire à leurs intérêts et que leur croissance dépend du développement de leur économie (d’ailleurs, ils sont députés). 
      Les occidentaux, eux ; n’établissent pas de relation entre croissance et développement. Seul le premier terme les intéresse parce qu’il sert d’indicateur pour évaluer les volumes de valeur ajoutée. Leur préoccupation principale est la réalisation de profits sans se soucier du fonctionnement de l’économie réelle. 

      • Alren Alren 3 février 12:35

        Par contre les Chinois ne se gênent pas pour utiliser le dumping afin d’éradiquer la production locale euroépenne, avec la complicité criminelle des dirigeants de l’UE mais aussi ces traîtres à la patrie que sont nos excellences, pour préparer ultérieurment des exportations au prix fort.


        • Parrhesia Parrhesia 3 février 13:09

          Devant le tsunami actuel de la propagande ultra libérale, un tel article à la fois lucide et basé sur les faits, cela n’a plus de prix !!!

          Nous en redemandons !


          • tf1Groupie 3 février 14:23

            C’est sur qu’avec Herblay l’echange n’est pas libre : cet auteur n’échange jamais sur Avox, il se contente de d’y tartiner ses « réflexions ».


            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 3 février 15:47

              Si tous les chinois doivent rouler en voiture, il leur faut réinventer la 2 Chevaux ! C’est urgent !


              • Jean Pierre 3 février 20:17

                La très grande majorité de nos économistes et politiques nous vantent depuis des décennies les immenses avantages du libre échange. Nos gouvernants de tout bord en France comme en Europe ont d’ailleurs signé tout les traités allant dans ce sens. Et ils ont l’intention de continuer dans cette direction avec le traité TAFTA (entre autres). 

                Si cette théorie était pertinente, depuis le temps que nous la pratiquons, la prospérité et la satisfaction devrait être générale en Europe. Qu’en est-il exactement ? 
                Il faut bien reconnaître que la libre circulation des marchandises nous permet d’acheter à très bas prix un certain nombre de produits : textiles, électronique, par exemple. Ces industries de main d’oeuvre ont été délocalisées là ou la production est peu coûteuse. Mais pour le reste ? L’Europe a un déficit commercial permanent, les tentatives de relance par l’endettement public ont échoué générant une dette publique abyssale, la croissance stagne, le chômage grimpe, les droits sociaux se rétrécissent comme peau de chagrin, l’inégalité atteint des records et, pour couronner le tout, le contexte d’insatisfaction est le terreau des extrémismes.
                Combien de temps va encore durer la croyance actuelle dans les vertus du libre échange ? 
                Il faut savoir que la mondialisation actuelle n’est pas la première de l’histoire, que les précédentes ont parfois mal fini, et que l’histoire économique est faite de cycles successifs d’ouverture (mondialisation et développement des échanges) et de fermeture (protectionnisme).
                La crise économique majeure qui nous est promise annoncera peut-être la fin d’un cycle.

                • Spartacus Spartacus 3 février 20:37

                  Toute l’inculture économique révélée....Presque caricatural.


                  Dans tout pays, l’intérêt général est et doit être qu’on puisse acheter les marchandises dont on a besoin là où elles se vendent le meilleur marché.....Adam Smith.

                  Payer 300 fois plus cher le riz que ce qu’il coûte et faire croire que le paysan est l’avenir....Ne pas comprendre l’illusion d’optique que le droit de douane ne coûte pas rien. 

                  1-Le consommateur qui paye pour un article frappé d’un droit de douane lui retire cette même somme pour acheter d’autres articles.

                  2-Celui qui achète un article en monopole le paye plus cher, que s’il est confronté à la concurrence. ’avec la même quantité de monnaie il obtient moins de marchandises. Il est simplement vol au profit d’un producteur qui ne fait pas l’effort d’être compétitif.

                  3-Un marché en monopole prend le risque de la catastrophe le jour de la fin de celui ci. Un monopole ne dure que le temps de l’intérêt électoral de la population concerné par celui ci. En minorité la corporation finit toujours abandonnée. La confrontation avec la vraie concurrence habituée à la confrontation, tout le secteur est détruit. Voir la France et la fin de la PAC et les éleveurs actuellement.....

                  4-Un marché protégé change la nature capitalistique. les canards boiteux sont au même rang que les entreprises d’avenir...



                  • Jean Pierre 3 février 22:52

                    @Spartacus


                    Avant de citer Adam Smith vous devriez le relire attentivement. S’il a bien émis le concept de main invisible, il aussi parlé des limites et des dangers du marché.
                    Par ailleurs vous parlez de caricature mais vous vous y livrez vous même en parlant de payer le riz « 300 fois ce qu’il coûte ». Qui est caricatural en l’occurrence ?
                     La question est de payer le riz à son prix là ou il est produit et dans les conditions ou il est produit. S’il coûte moins cher ailleurs mais que l’abandon de sa production locale créé des chômeurs, dévaste les sols (pesticides, désertification), crée un risque de dépendance économique (aux producteurs de graines par exemple) ou pour tout autres raisons, il est justifié d’intégrer l’ensemble de ces coûts dans un calcul économique complet. La course au moins cher à court terme peux conduire au désastre à long terme.
                    Par ailleurs laissé à eux mêmes (c’est à dire avec de moins en moins de réglementation) le libre marché conduit à des monopoles. La libre concurrence est un beau concept qui est largement une illusion. Dans les nouvelles technologies la logique financière fait que les innovations sont achetées par ceux qui sont déjà en position dominante et qui ainsi le resteront. Dans l’agriculture une poignée de multinationales puissantes pose des brevets sur tout ce qui est vivant et gagnent progressivement une position de monopole et de domination abusive.
                    Par ailleurs certains secteurs peuvent être considérés comme stratégiques et relevant de l’intérêt général. La priorité donnée aux intérêts privés (théorie néo-libérale) à conduit les actionnaires Américains de mines de métaux rares (dispersées sur la planète) à les vendre aux plus offrant. Ces ressources ont été rachetés en sous main par des fonds d’investissements Chinois et de cette façon la Chine a assuré l’avenir de son industrie. Le libre marché et la course individualiste aux profits privés a conduit les Etats Unis à perdre la main sur des secteurs très importants pour l’avenir.

                    Vous développez en toute occasion votre théorie néo-libérale. Cette théorie est appliquée de plus en plus depuis des décennies. Si dans les livres cette théorie est présentée comme magique voire miraculeuse, dans la réalité elle a déjà souvent fait la preuve de sa nocivité.
                     Le marché a des vertus, mais il n’a pas toutes les vertus et n’a pas que des vertus.

                  • Spartacus Spartacus 3 février 23:19

                    @Jean Pierre


                    C’est simplement de la base économique dans tous les livres d’économie qui se respectent.

                    1000 fois essayé 1000 fois raté le marché dirigiste.....Une idée simple qui n’a jamais marché. Simplement parce que les effets pervers sont supérieurs, mis ne se voient pas.



                    Le marché libre est économiquement terriblement efficace, mais politiquement destructeur car le politique ne peut plus faire plaisir à ses castes....

                    Et les castes premières avantagées des marchés dirigés viennent sortir des longues sornettes de l’intérêt général de protéger de « méchants concurrents ».

                    Bien au contraire c’est parce que le marché n’est pas libre que les monopoles se font....Pas l’inverse. En France la quasi majorité des monopoles sont sur des marchés ou les prix ne sont pas libre. EDF, ENGIE, SANOFI, ou avec des droits concessionnaires comme les opérateurs télécoms. L’inverse de marchés libres. 
                    Mais quel marché est libre en France ? Les politiciens les ont tous bousillés d’ingérence.

                    Les pays libéraux sont ceux qui ont les meilleurs pouvoir d’achat....et le plus de choix.
                    Les marchés libres sont juste ceux qui ont le moins de pénuries. Ceux dirigistes sont ceux ou la pénurie est là règle...
                    Regardez la France, le marché de l’emploi, de l’immobilier, etc....Plus c’est dirigiste, plus c’est la pénurie.

                  • Jean Pierre 4 février 12:06

                    @Spartacus


                    Vous ne pouvez vous empêcher de voir et de vanter les innombrable avantages du libre marché, et vous restez dans l’impossibilité totale d’en voir les inconvénients.
                    Vous parlez des pays libéraux. Effectivement on y vit mieux qu’en dictature. Mais ce que vous refusez de voir c’est qu’ils ne sont pas totalement libéraux au sens ou vous l’entendez. Dans ces pays l’Etat garde un rôle économique majeur. Le libéralisme total dont vous parlez n’a jamais existé, n’existe pas et n’existera jamais. Vous revenez sans fin sur une théorie abstraite jamais réalisée.
                    Les Etats-Unis sont devenu la première puissance économique mondiale et l’un des pays au meilleur niveau de vie dans une période ou le poids économique de l’Etat était immense. Cette période est celle ou les impôts sur les plus riches état importants (80% d’impôt sur les plus riches), mais ou l’Etat était le premier client de l’industrie, finançait les meilleures universités et la meilleur recherche de la planète, entre autres.
                    Depuis Reagan et les politiques néo-libérales ce pays régresse et va ce faire doubler par la Chine (qui était il y a peu un pays arriéré et qui se trouve être un pays fortement dirigé par l’Etat).
                    Essayez, juste une fois dans vos commentaires, de sortir de vos livres et de vos théories. Et essayer, au moins une fois dans votre vie, d’observer le monde tel qu’il est.

                  • Spartacus Spartacus 4 février 15:37

                    @Jean Pierre


                    Épiloguez pas sur les impôts des USA. Les méthodes de calcul, les bases de calcul n’ont rien a voir avec actuellement.

                  • Parrhesia Parrhesia 5 février 10:10

                    @Jean Pierre
                    >>> Mais ce que vous refusez de voir c’est qu’ils ne sont pas totalement libéraux au sens ou vous l’entendez. <<<

                    Bien vu. En fait la politique de pays comme les États-Unis, la Chine, etc... en matière de commerce international, est d’être dirigistes et protectionnistes de mille et une façon chez eux, et d’imposer le libéralisme à leurs concurrents afin de les désarmer commercialement et administrativement.

                    Bonne journée à vous.

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