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Accueil du site > Actualités > Economie > Economie : délocalisation, le capitalisme peut-il être moral (...)

Economie : délocalisation, le capitalisme peut-il être moral ?

Le capitalisme est-il moral ? La réponse est simple : ce n’est pas son rôle. Le combat politique des classes salariées relayées par leurs représentants politiques ne cesse de désirer une convergence entre morale et rentabilité dans l’économie. Etat des potentialités.

Les bases d’un système capitaliste efficient

La définition originelle du capitalisme demeure la combinaison de critères primordiaux : la liberté d’entreprise, la propriété privée des outils de production, la rémunération du risque pris par l’entrepreneur. A cette base, le monde contemporain offre de nouveaux facteurs d’amélioration des bénéfices des firmes. Les éléments nouveaux de la restructuration du capitalisme moderne sont la mondialisation des échanges, l’imbrication des économies et le rôle grandissant des multinationales devenant des transnationales sans lien avec leur origine géographique.

Capitalisme mondialisé et délocalisations

Dans une économie fermée, l’entreprise escompte ses hausses de compétitivité par les gains de productivité qu’elle parvient à tirer de son capital travail. Ainsi, l’entreprise se doit de rémunérer de moins en moins ses employés en proportion de l’effort produit afin d’augmenter dans le temps son taux de marge.

La tension croissante vers une productivité accrue trouve un appel d’air dans la mondialisation. Depuis une vingtaine d’années, la mondialisation libérale semble détruire les compromis sociaux dans les pays développés. En effet le capitaliste moderne des multinationales tire ses profits des inégalités mondiales. Cette pratique prend forme sur ce que nous appellerons le “capitalisme sur les inégalités”, source de délocalisations.

Le capitalisme moderne possède donc un moteur incomparable de gains de productivité et de croissance de ses bénéfices : “la nouvelle destruction créatrice”. Bien sûr il ne s’agit pas de la « destruction créatrice » de Schumpeter, qui détruit par grappes d’innovations les méthodes révolues. Ce moteur-là s’appuie aujourd’hui sur les délocalisations, fusions-acquisitions, rachats d’actions, plans sociaux, et tire profit des inégalités salariales mondiales et du rattrapage infrastructurel et éducationnel endogènes des pays émergents... Tout cela, en faveur des propriétaires des capacités de production qui sont également les preneurs de risque : les actionnaires de toutes sortes (fonds d’investissements, institutions financières, particuliers). Les perdants sont sans nul doute les employés dans le monde dont la combinaison création de valeur/rémunération est la moins performante, c’est-à-dire les salariés et ouvriers des pays développés (Europe de l’ouest, Etats-Unis).

Capitalisme et moralité : l’inadéquation

L’entreprise moderne n’a jamais été autant « shareholders focused », ou orientée au profit de son actionnariat. Le capitalisme mondialisé tire son efficience de sa fluidité, de sa mobilité et de sa réactivité. Dans le contexte extraordinaire où le capitalisme n’a jamais été aussi florissant et créateur de richesses. Nous devons nous résoudre et prendre pour un mal nécessaire qu’il n’a jamais été autant financier, actionnarial, rentier, prédateur et amoral. C’est la base du succès de nos grandes entreprises.

Cependant, on comprend aisément les difficultés du modèle social français face à ce phénomène. Les dirigeants politiques de gauche comme de droite posent la question de la moralité du capitalisme dans nos frontières. L’ambivalence de cette réflexion tient du fait que les citoyens d’un pays développé sont à la fois employés ou entrepreneurs mais également actionnaires.

L’unique marge politique consisterait donc à promouvoir la création de richesse par le travail fourni (diminution des charges et prélèvements sociaux et augmentation de la taxation du capital). Cette position idéologique entraînera une chute des investissements dans le pays concerné, réduira le dynamisme entrepreneurial et provoquera une vague déferlante de délocalisations.

Une position politique inverse se verrait opposée par la culture sociétale des pays comme la France, elle serait désignée comme « ultralibérale et néoconservatrice ». Elle aurait cependant pour effet direct d’accroître les investissements primaires dans notre économie, source première de croissance économique et augmenterait notre dynamisme économique, en maintenant nos emplois les plus créateurs de richesses.

L’épuration capitalistique mondiale n’en est qu’à ses balbutiements, au grand bénéfice des investisseurs en capital.

Cet article a été écrit par Manuel Gangloff et est tiré de délocalisation, blog spécialisé traitant d’économie mondialisée et de délocalisation.


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21 réactions à cet article    


  • JL JL 28 mai 2007 14:14

    Voulez-vous dire que l’inverse d’une politique de «  »diminution des charges et prélèvements sociaux et augmentation de la taxation du capital"

    «  »aurait cependant pour effet direct d’accroître les investissements primaires dans notre économie«  » ?

    Sur la moralité du capitalisme, lire l’excellent petit ouvrage de A. Comte Sponville : « Le capitalisme est-il moral ? »

    Il est clair que morale et capitalisme relèvent de deux ordres différents et il est ridicule de confondre les ordres.

    Tout comme il devient de plus en plus clair qu’il est ridicule de confondre richesses et profits : les profits peuvent se faire au détriment de la richesse, dans un jeu à somme nulle voire négative : par exemple, le trafic de stupéfiants.


    • Rdlm 28 mai 2007 20:02

      Qu’est ce qui est le plus amoral selon vous ?

      Qu’un chinois gagne moins qu’un français pour le même travail ?

      Qu’un français refuse de sacrifier son travail alors que ça en donnerai un à 2 ou 3 chinois ?

      Bref, qu’est ce que la moralité ? Elément de réponse ici ou pour résumer : la morale exige de renoncer à vos intérêts personnels


      • Gandalf Tzecoatl 28 mai 2007 21:28

        Qu’un chinois ne gagne pas plus qu’un français ou qu’un chinois ne sacrifie son travail pour un français, par exemple.


      • Gandalf Tzecoatl 28 mai 2007 21:34

        Entre l’alternative « ultralibérale et néoconservatrice » ou altermondialiste et écosociétaliste, mélangeons les genres.


      • Jason Nicolas 28 mai 2007 20:29

        Dans votre deuxième paragraphe , les bases de votre raisonnement sont éminemment contestables. Vous dites : " La définition originelle du capitalisme demeure la combinaison de critères primordiaux : la liberté d’entreprise, la propriété privée des outils de production, la rémunération du risque pris par l’entrepreneur.

        D’où vient la soi-disant liberté d’entreprendre ? Fixée par qui et par rapport à quoi ? Et pour entreprendre quoi ? Pour le bien-être de qui ? La liberté absolue, dans la société civile n’est qu’imaginaire, voire métaphysique. Cette liberté ne peut exister que contrebalancée par une autre force, disons l’égalité, si vous le voulez bien, ou un élément régulateur. Seule, elle donne toujours lieu à tous les abus. Ce thème revient dans la pensée politique depuis la Révolution française et fait toujours débat, car cette égalité est partout battue en brêche, et est même inexistante dans bien des sociétés. La liberté d’entreprendre est par ailleurs soumise à des « droits d’entrée », possession de capital, de savoir faire, de connaissances de conditions économiques, autant de barrages établis par un système économique qui est impitoyable pour les nouveaux venus. De plus, la sacro-sainte notion de marché est asymétrique, l’information circule mal, la dissimulation est de règle, la concurrence souvent illusoire, etc. Renseignez-vous !

        La propriété privée des outils de production achetés par extorsion, voire exploitation sinon esclavage des populations locales. Qu’on le veuille ou non, l’appropriation du travail d’autrui par qui que ce soit induit une injustice évidente, et très souvent des souffrances inacceptables pour un très grand nombre de personnes. Le capitalisme étant une activité s’exerçant parmi les humains, votre raisonnement fondant votre article est extrêmement tendancieux. Le capitalisme n’induit « in fine » que l’autosatisfaction de ses propres besoins, une entrave à tout raisonnement conséquent hors de lui-même.

        Quant à la rémunération du risque par l’entrepreneur, pourquoi son risque serait-il plus « noble » que celui du commun des mortels qui va s’éreinter dans son entreprise ? Par ce que c’est de l’argent ? Tiens ! Vous dites que le capitalisme est (ou doit être) dissocié de la morale. Mais comment justifiez-vous que le risque financier aurait plus d’importance que les autres risques de la vie ? Vous introduisez une rupture morale-capital et vous dites que c’est bien. Beau raisonnement téléologique !

        Vous sortez des concepts qui n’ont d’autres fondements que de refléter une pratique existant déjà, sans autre justification que l’autorité, la force, la loi, la coutume et l’iniquité. Le capitalisme opère dans des sociétés et, au nom d’un pseudo-scientisme continue à faire des ravages même où il est sévèrement contrôlé. De plus, dans les pays à très forte régulation, ce même capitalisme commet des abus qui précipitent des masses de gens dans la misère, avec la plus grande indulgence des gouvernements et des hochements de tête hypocrites.

        « La définition originelle du capitalisme », comme vous le dites, est une gigantesque imposture. Monsieur, vous manquez d’information, avez très peu de sens critique, et c’est très regrettable. Cela détruit la crédibilité de ce qui suit dans votre article. Voulez-vous vendre le capitalisme à la France ? C’est déjà fait.


        • JL JL 29 mai 2007 08:36

          Belle diatribe de Nicolas !

          Sur la rémunération du risque pris par l’entrepreneur : à l’ère du capitalisme financier la rémunération du capital est devenue, par son importance exorbitante, un véritable racket.

          Les politiques inféodées au capital contribuent à l’extension de ce racket en ruinant les dispositifs de protections sociales afin de faire baisser la rémunération du travail.


        • Jason Nicolas 29 mai 2007 10:42

          @ S. Reboul,

          Je ne peux suivre votre raisonnement. Vous faites éclater la morale en sous ensembles, et par ce fait vous évacuez un élément essentiel, celui de l’action et de la réaction de l’agent (moral), de l’acteur (moral) dans la Cité, et donc sur la société. Il faut être aveugle pour ne pas voir que le mode d’utilisation des ressources (matérielles, intellectuelles, et l’économie, c’est ça) dans une société influence presque tous les comportements des individus la composant. L’économie capitaliste influe sur le bonheur ou le malheur, le bien-être ou le mal-être des hommes, donc sur le plaisir et la douleur de ceux-ci. Si vous ne voyez pas d’éléments de morale dans le plaisir ou la douleur, vous m’inquiétez !

          En dépeçant la morale vous créez là un amoralisme de convenance, et malgré ce raisonnement fallacieux vous ne démontrez pas que le capitalisme est moralement neutre. Votre démonstration est contraire à l’évidence et au bon sens. Ouvrez votre fenêtre et regardez autour de vous.


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 29 mai 2007 14:12

          Vous ne faites rien d’autre que reprendre d’une façon moins rigoureuse ce que je dis : le capitalisme démoralise spontanément la société au sens 1 et 2. En cela il est par nature amoral, voire immoral au sens 1 si on le laisse faire (ou si on ne régule pas son fonctionnement en vue de réduire les inégalités).

          Il est donc vain d’attendre de lui qu’il le soit, mais il a sa morale la 3 qui n’est pas négligeable en cela qu’ elle fait du contrat et non de la violence physique ouverte la norme des relations humaines (Le commerce vaut mieux quel la razzia et le meurtre). La morale publique et laïque (la 1) ou mieux la justice sociale et les droits des hommes relèvent de l’autorité de la politique et non de l’économie (capitaliste fractionnée ou d’état, comme l’expérience historique l’a montré).

          Peut-être divergeons nous sur la possibilité d’instaurer une morale de type 2 dans notre société pluraliste et laïque et d’y soumettre l’économie. Je pense qu’un tel projet ne serait ni possible dans nos sociétés individualistes et libérales (à savoir démocratiques) ni souhaitables, sauf à vouloir une état totalitaire qui prétendrait opérer une révolution morale de l’économie par la force, voire par la terreur physique ou religieuse (symbolique pour le non-croyant, mais très réelle pour le croyant).


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 29 mai 2007 15:17

          Je ne vois pas d’élément de morale dans le plaisir ou le douleur en soi : un douleur peut-être vécue comme bonne, lors, par exemple d’un exploit sportif, car ayant pour le sujet qui l’endure (endurance), afin de prouver aux autres et à lui même qu’il est méritant, une valeur moralement gratifiante ; un plaisir peut être nuisible et vécu comme démoralisant et dévalorisant, comme dans la consommation de la drogue par exemple, par la dépendance auquel la drogue soumet le sujet....

          Il y a des douleurs heureuses et des plaisirs malheureux ! Comme bien sûr il y a aussi des douleurs malheureuses et des plaisirs heureux. Tous les philosophes moralistes et psychologues savent cela depuis Platon.


        • Totoro 2 juin 2007 14:41

          cher Nicolas, c’est une définition du système économique capitaliste. Le fait que vous soyez d’accord ou pas est un autre problème, mais pour parler d’un sujet il me semble naturel de le définir.

          Je ne comprends pas votre réaction face à « la liberté d’entreprendre » qui n’est pas antinomique avec l’égalité ou d’autres libertés. Quand à l’asymétrie du marché, ou plus généralement tout ce qui dévie du « marché idéal » théorique, un bon libéral vous direz que c’est pour cela que les institutions et réglementationss doivent corriger ces « défauts » (règles comptables, informations financières et autres « gendarmes » des marchés, etc...). Un ultra-libéral dira qu’elles ne doivent faire que ça car le « marché idéal » est parfait (y compris le marché du travail, le système de santé etc...). Un social-libéral répondra que le « marché idéal » parfait est une vision purement théorique de toute façon chimérique et que le marché doit être régulé aussi par des critères POLITIQUES (égalité, solidarité, environnement, redistribution, droit du travail etc...).

          La propriété privée des outils de production : je passe sur l’extorsion et l’esclavagisme qui ne sont ni la règle, ni l’apanage du capitalisme. L’« appropriation du travail » est interessante, mais en contradiction avec la rénumération du travail dans le système capitaliste. Le travail n’est pas volé, il est acheté.

          Enfin, vous avez raison, dans le capitalisme, l’individu n’a pour but que sa satisfaction personnelle et c’est ce qui fait la force du système. En effet, si les outils de productions ne sont pas privés, ils sont collectifs. Le système a été expérimenté à grande échelle. Outre ses aspects politiques (c’est un autre sujet), ses performances économiques furent « désastreuses » (au sens de la comparaison avec l’aute système en place, le capitalisme). Et la raison en est simple et se trouve illustrée en 1 chiffre : 5% des surfaces cultivées en URSS contibuaient à 45% de la production agricole. C’était les fameux lopins de terre individuels dont le produit pouvait être vendu au marché pour son interet personnel. Le fond est là : en moyenne, l’être humain est profondément égoïste et se préoccupe en priorité de la satisfaction de ses besoins. Donc il aura tendance à être bcp plus motivé et performant s’il travail pour sa pomme. Je crois que seules quelques communautés de peuples « primitifs » (qui est vraiment primitif dans tout ça ?) font exception à cette règle.

          Enfin, la rénumération du risque : pour produire il faut du travail et du capital. Pour que le travailleur travaille, il faut le payer (essayer de ne pas le payer pour voir s’il travaillera). Le capital, c’est pareil et pas du tout plus « noble ». Pour que quelqu’un vous prête du capital pour produire, il faut le payer (allez demander un prêt à taux zéro à votre banque et vous comprendrez ce que je veux dire, ou alors placez vos économie à taux zéro c’est pareil).

          Voilà, donc inutile de braire (désolé pour le terme mais il me semble approprié) parce que ce système ne vous convient pas, c’est ainsi qu’il est défini et que grosso modo il fonctionne. En fait, ce que vous n’aimez pas c’est la nature humaine... Mais tout ceci n’empèche pas de vouloir introduire dans le débat la morale, l’environnement etc...La politique sert à ça. Mais confondre les deux peut amener à de grosses erreurs. Exemple : quel est le meilleur moyen de répondre aux problèmes environnementaux comme par exemple la pollution maritime ? Des règles administratives avec un corps de fonctionnaires (famélique) pour les vérifier ? Un FIPOL pour dédommager chichement les victimes (quand il n’arnaque pas ouvertement l’Etat comme avec l’ERICA) ? Ou la règle qui consiste à imposer l’assurance des bateaux sans limite de montant (quelque soit le prix des dégats faudra payer l’intégralité) ? Dans ce cas, ce sont les assurances qui feront tout le boulot dans le cadre de l’éfficacité du marché capitaliste. Je pourrai continuer avec les émission de CO2 : donner un prix à l’environnement (décision politique) pour que le marché l’intègre dans son processus de recherche d’efficacité économique maximum. Cependant, le capitalisme étant mondialisé, il faut des outils politiques à la même échelle : Voilà pourquoi je suis pour l’OMC mais avec l’introduction de critère environnementaux, sociaux etc...plutot que de beugler au Grand Satan et vouloir détruire le peu qui existe.

          Voilà. Arretons les dogmes et essayons d’être efficace pour changer le monde...car nous ne sommes pas tous des égoïstes forcenés.


        • Jason Nicolas 2 juin 2007 20:37

          @ totoro, 14h41

          Mon propos ne me semble pas plus dogmatique que le vôtre. je critique les trois concepts ou piliers du capitalisme tels que proposés par l’auteur.

          « Le fait que vous soyez d’accord ou pas est un autre problème, mais pour parler d’un sujet il me semble naturel de le définir. » C’est donc cette définition qui fait l’objet de mon intervention. Je maintiens, néanmoins qu’il y aurait matière (et qu’il existe toute une littérature sur le sujet) à discussion sur les fondements, le développement et les effets du capitalisme.

          Que vous pensiez autrement ne me surprend nullement. vous n’êtes pas le seul à soutenir vos idées, et je ne suis pas le seul à soutenir les miennes. Tout dépend de quel état du monde vous vous satisfaites. Le capitalisme existe. Fort bien, c’est une évidence. Les définitions offertes dans l’article proposé me paraissent bien faibles et un peu courtes pour amener des changements que beaucoup souhaitent voir se réaliser. Vous semblez penser que le capitalisme dans son état actuel est à peu près satisfaisant, que quelques réformes pourraient l’améliorer ? moi je ne le pense pas. A qui l’Histoire donnera-t-elle raison ?

          Cordialement, Nicolas19


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 29 mai 2007 09:42

          La notion de morale est ambiguë : On peut distinguer 3 sens dans l’usage que l’on fait de ce terme

          la morale peut faire référence :

          1) Soit à des valeurs universelles en droit susceptible de promouvoir l’entraide et la coopération pacifique, donc la concorde civile. C’est la morale politique de la justice

          2) Soit à des valeurs qui visent à instaurer des rapports purement généreux et désintéressés (et donc gratuits) entre les hommes et exigent le sacrifice consenti (obligation) de tout ou partie de l’intérêt personnel au profit des autres et de la communauté voire de l’humanité toute entière. C’est la morale « religieuse » de l’altruisme universel, de l’amour, de la charité et de la compassion. active.

          3) Soit il s’agit de règles de comportement qui rendent possibles l’accord durable entre des partenaires en vue de la promotion de leurs intérêts mutuels. Il vise la confiance des partenaires les uns vis-à-vis les autres qui passe par le respect des contrats et des droits des parties contractantes, sans souci de l’universel humain, ni valeurs ou principes d’action transcendant le jeu des intérêts particuliers. C’est la morale économique des affaires et du droit y afférant (sans jeu de mot)

          Il est clair que le capitalisme, du point de vue de ses finalités, n’a rien à faire de la notion 2 de la morale ; sa visée c’est le profit de ceux qui investissent et le moyen, la satisfaction des clients et le contexte, la plus ou moins libre concurrence (le but étant pour chaque entreprise de détenir le monopole ou la position hégémonique ou au moins dominante sur le marché)

          Conclusion : le capitalisme n’a pas à être moral au sens 2, mais l’être au sens 3, sauf à perdre la confiance indispensable à son fonctionnement efficace (ex : l’importance de l’image de marque et de l’honnêteté commerçante et contractuelle). Quant u sens un cela relève de la responsabilité de la politique au sens démocratique du terme. La démocratie est donc le moyen d’obliger le capitalisme d’être moral au sens 1 (justice sociale), sauf à s’auto-détruire et à accepter la violence comme mode normal des relations entre les hommes .En l’absence de religion compensatrice politiquement dominante la violence civile est a conséquence nécessaire de l’injustice sociale.

          Et encore lorsque celle-ci devient insupportable et la violence sociale prend alors la forme de la violence religieuse : le pire de toute car marquée par le délire de l’absolu.

          Donc le capitalisme n’est pas spontanément moral au sens 1 et encore moins au sens 2 et il est absurde de demander qu’il le devienne par lui-même, c’est à la puissance publique de le contraindre à l’être au sens 1 en vue de la paix civile. Laissons le sens 2 à la foi religieuse...


          • Jason Nicolas 29 mai 2007 10:45

            Voir mon billet ci-dessus mal placé avant celui de S. Reboul. Désolé.


          • Totoro 2 juin 2007 14:50

            Tout à fait d’accord.


          • faxtronic faxtronic 29 mai 2007 09:53

            La faute est a la democratie. Il faut une economie centrée sur la nation, en eliminant physiquement les traitres economiques et leurs familles. Il faut eliminer la democratie et avoir un etat fort developpant son economie au nom de la nation, quitte a detruire par les fer les autres nations qui posedrait les matieres premieres que nous avons pas.


            • Raphaël D 29 mai 2007 11:14

              Si l’économie était une science, elle pourrait s’insérer dans l’ordre 1 (techno-scientifique).

              La « propriété privée des moyens de production », est-ce donc là un postulat scientifique ?

              Les règles du libéralisme :
              - « transparence »
              - « information totale »
              - « concurrence libre et non faussée »

              ... ne sont PAS respectées, et ne font qu’office de dogmes idéologiques. (SI c’était le cas, le capitalisme, APRÈS UN CERTAIN TEMPS, et SI l’homme était cohérent, alors le capitalisme, DANS LA THÉORIE, tiendrait ses promesses) (la publicité elle-même nuit au précepte « information totale » et d’indépendance des individus)

              Bernard Maris (l’excellent « Antimanuel d’économie ») explique bien que la sociologie & la psychologie possèdent bien plus de cohérence que l’économie qui tente de scientificiser un amalgame de sciences humaines. Si je me rappelle bien, Sponville (et Pascal avant lui) défendent que l’ordre politico-judiciaire (ordre 2) fixe les limites de l’ordre 1.

              Or le libéralisme nécessite la réduction (l’affranchissment) de l’état (ou tout du moins sa réduction à sa plus simple expression (régalien)). Le libéralisme se libère de ses contraintes d’ordre scientifique en se faisant passer pour une fantastique idéologie (notamment aux yeux dirigeants).

              Les décisions politiques paraissent maîtriser les «  »sciences«  » économiques, alors qu’elles ne font qu’obéïr qu’établir un ordre « pseudo-moral ». L’économie, dirigée par des concepts idéologique profite de ses deux facettes :
              - fondamentalement morale (substitut de religion) par rapports aux décisions d’ordre 2)
              - scientifique (se voulant amorale et irrefutable).

              Dédiant nos instruments politico-judiciaire à une idéologie (immorale, ou, au moins, erronnée) déguisée en science, la démocratie devient une technocratie, la dictature des spécialistes d’une pseudo-science.

              Je repasserais ; tenter de développer le rapport morale/idéologie. (une idéologie économique représente-t-elle un ordre moral ? smiley


              • JL JL 30 mai 2007 11:39

                André Comte Sponville a rédigé un petit ouvrge très intéressant intitulé : « Le capitalisme est-il moral ? »

                En fait, la bonne question aurait été : « Le capitalisme est-il immoral ? »

                Et l’on aurait pu répondre : « non, il est seulement amoral, et c’est déjà bien ».

                Mais ce n’est pas le capitalisme, une doctrine, qui est immoral, ce sont les capitalistes, les hommes, qui sont immoraux.


                • JL JL 30 mai 2007 15:00

                  « Alors que le Droit est supposé équilibrer les relations marchandes, protéger le faible contre le fort et garantir une certaine honnêteté des échanges, en pratique ce dispositif est si complexe et si délicat à manipuler qu’il produit l’effet inverse. »

                  "Une convention de l’OCDE signée en décembre 1997 se présente comme une tentative de lutte contre la corruption internationale mais on peut se demander si, de fait, elle ne l’organise pas.

                  «  »Le caractère essentiellement ambigu des opérations effectuées par l’homme d’affaires, dont on ne peut jamais dire objectivement si elles sont ou non équitables, pose un problème quasi insoluble aux sciences morales et politiques. Comment un personnage dont le métier, la compétence principale, est d’organiser des échanges asymétriques peut-il être le personnage central d’une société dans laquelle la recherche de l’équité dans les échanges est supposée être la règle commune ?" (Portrait de l’homme d’affaire en prédateur)


                  • Jason Nicolas 31 mai 2007 18:05

                    De Nicolas19 @ JL

                    Merci de nous signaler ce livre que je me procurerai à la première occasion.

                    Il y a aujourd’hui un autre Nicolas qui publie un article détestable sur l’immigration. Je n’ai rien à voir avec cet article, et je signerai à l’avenir Nicolas 19 jusqu’à ce que Agoravox mette de l’ordre dans les pseudos.

                    Cordialement

                    Nicolas19


                  • Oliv’ 1er juin 2007 11:06

                    Vous dites « Les perdants sont sans nul doute les employés dans le monde dont la combinaison création de valeur/rémunération est la moins performante, c’est-à-dire les salariés et ouvriers des pays développés (Europe de l’ouest, Etats-Unis). ». Peut etre qu’en comparant un salarie de maintenant avec un des Trentes Glorieuses, mais au niveau mondial je ne suis pas d’accord. Meme « sous paye » je prefere etre receptionniste dans un F1 au milieu de la France plutot qu’un hotel en chine. Vaut mieux etre caissiere en france qu’en russie. Vaut mieux etre informaticien aux US qu’en Inde. Meme etre chomeur est plus vivable en europe qu’en asie. Donc ne dramatisons pas, si la mondialisation a des effets negatifs sur notre vie quotidienne, nous, les occidentaux, restons bien mieux lotis (materiellement/confortablement parlant j’entends) que la majorite des etres humains de ce bas monde.


                    • manuduvar 8 juin 2007 23:27

                      Bonjour,

                      Etant l’auteur de cet article, je suis ravi de voir l’ampleur de ces réactions.

                      Manuel Gangloff

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