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Économies émergentes en déclin : Le ciel serait-il tombé sur la tête des nouveaux pays industrialisés ?

Vous rappelez-vous vos cours de géographie lors de vos années dans le secondaire ? Les marchés émergents étaient « la terre promise » des investisseurs, le salut de la croissance vieillissante des économies développées, le futur cheval de trait de l’économie mondiale. Mais à ce jour, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et leurs acolytes (Corée du Sud, Mexique, Indonésie, Turquie et Arabie Saoudite) ne sont pas au meilleur de leur forme. Le Brésil est entré en récession le 28 août dernier, la Russie est au bord d’une crise financière, la Turquie est en quasi guerre civile contre le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). L’Afrique du Sud est frappée de plein fouet par la chute des cours des produits miniers, l’Arabie Saoudite est ballotée par les cours du pétrole, la Corée du Sud (6ème exportateur mondial) a vu ses exports chuter de presque 15% en août dernier comparé à la même période l’année dernière, tandis que la croissance de l’Indonésie est au plus bas depuis 2009. Et à la barre de ce Titanic économique se tient la Chine. En proie à une chute de sa croissance, le pays fait face à la débandade de son marché des actions et à une possible crise de la dette publique de ses gouvernements régionaux. D’après le Financial Times, lors des treize derniers mois presque un trillion de dollars ont fui les marchés émergents pour aller se réfugier sur des marchés plus sûrs. Seuls le Mexique et l’Inde semblent avoir réussi à mitiger les dégâts. Le premier grâce à ses relations avec les Etats-Unis tandis que le second surfe sur la vague baissière des matières premières pour relancer son secteur manufacturier. De plus l’Inde a subi sa propre crise économique en 2013 et se trouve donc en plein dans le mouvement haussier de son cycle économique.

Une crise des exports

La Chine et le cours des matières premières, particulièrement celui du pétrole, semblent être les coupables les plus évidents de la présente tourmente des marchés émergents. En effet quand le 3ème importateur mondial et premier importateur mondial de pétrole voit ses imports chuter de 15% en glissement annuel, on peut s’attendre à ce que les pays dont la croissance est basée sur l’export souffrent soudainement d’un large manque à gagner sur leur balance commerciale. La santé de l’économie brésilienne par exemple est inextricablement liée à celle de l’économie chinoise : ses imports, essentiellement des produits de bases, vers la Chine ont été multipliés par 44 entre 2000 et 2011 (Valor Econômico, 2012). Il n’est donc pas étonnant de voir les économies comme le Brésil ou la Corée du Sud chahutées par les récents déboires de l’économie chinoise.

La faute à l’or noir

De son côté, la démarche chaloupée du cours de l’or noir semble être le résultat d’un puissant « bras de fer » entre les pays de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) et le reste des pays producteurs de pétrole. En effet le cartel pétrolier mené par l’Arabie Saoudite s’est engagé sur le sentier de la guerre en choisissant d’extraire un nombre record de barils par jour depuis le début du crash pétrolier. Le but de cette manœuvre est de forcer les pays à hauts coûts d’extraction à réduire leur production afin que le cours du pétrole se rétablisse à des niveaux raisonnables tout en permettant aux pays de l’OPEP de conserver leur part de marché. Si cette stratégie commence enfin à porter ses fruits, elle est dévastatrice pour les gouvernements des pays émergents tel que le Kazakhstan et le Vénézuela qui financent leur réformes structurelles avec leurs exports pétroliers. Plus grave, les bas niveaux des cours des matières premières exercent une forte pression baissière sur les devises des économies émergentes ce qui a pour effet d’accentuer la fuite des capitaux, augmenter les taux d’intérêts sur la dette souveraine, et de rendre les dettes publiques libellées en devises étrangères beaucoup plus chères.

En somme, même si la situation ne semble pas facile pour les économies émergentes, elle pourrait être bien pire : le bas prix du baril permet aux pays importateurs de pétrole de développer leur secteur manufacturier et force les autres à restructurer leurs économies sur un modèle plus sain que l’export de matières premières. La possible hausse des taux d’intérêts de la Réserve Fédérale américaine ce mois-ci pourrait par contre faire basculer cette situation précaire dans une véritable crise des marchés émergents, le sujet n’est donc pas clos. 


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5 réactions à cet article    


  • tf1Groupie 13 avril 14:04

    « Mais à ce jour, les BRICS ne sont pas au meilleur de leur forme »


    Enfin, leur croissance de ces dernières années reste quand même très spectaculaire.
    Alors s’inquiéter dès qu’ils ralentissent un peu c’est plutôt excessif.

    L’économie Chinoise ne croit plus « que » de 6,5% par an ... quel drame !

    • Jo.Di Jo.Di 13 avril 14:35

      La baisse tendanciel du tx de profit dirait le marxiste très basique :
       
      Dans un pays sous-développé, l’achat d’une brouette suffit à vendre de la glace et avoir un rdmt sur temps de travail extraordinaire et un Capital fixe mini
       
      Dans un pays robotisé, le temps de travail doit être plus intelligent que le robot à cerveau positronique quantique japonais .... et demande un Capital fixe faramineux .... alors l’esclave devient pinuts (le capital variable, le cdd socialiste, l’auto-entrepreneur journalier) ...
       
      C’est pourquoi le Japon n’importe pas de divisions de réserve du prolétariat ...
       
      C’est pourquoi, à la fin des temps capitalistes marxiens, le Capital n’arrive plus à faire de profit écrasé par son propre Capital fixe ...
       
      Actuellement un emploi industriel demande 300k€ de capital fixe
      (plus la formation de la société)... bonne chance à l’Afrique et ses 2 milliards de plus ds le siècle ....


      • Alpo47 Alpo47 13 avril 14:37

        Les économies émergentes« constituaient surtout une alternative à »l’Empire« ... Toutes les mesures, en particulier monétaires, semblent bien avoir été prises pour faciliter leur effondrement.

        Maintenant, rappelons nous aussi que »lorsqu’il y a une famine, les riches ont faim, les pauvres ... meurent"


        • gaijin gaijin 13 avril 15:05

          toutes les nuits le ciel tombe sur la tête de tout le monde et surtout de ceux qui ont cru le matin que la montée du soleil dans le ciel allait continuer a l’infini ( les économistes )


          • Alren Alren 14 avril 13:09

            À propos du Japon : son économie stagne parce qu’elle n’est plus tirée par la demande intérieure. La raison en est que sa population vieillissante a satisfait ses besoins coûteux : il y assez de logements pour une population qui ne croît plus, les voitures peuvent durer plus longtemps qu’autrefois, l’équipement en électroménager et matériel électronique est réalisé, etc.

            Le profit capitaliste qui retire du circuit économique de la valeur qui n’est pas réinjectée dans la boucle sous forme de consommation ou d’investissement productif, est incompatible avec l’absence de croissance qui pourtant inexorablement va toucher les pays les plus nantis.

            Le phénomène précurseur qui touche le Japon va s’accentuer avec le refus croissant des peuples pour le gaspillage et l’obsolescence programmée.

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Auteur de l'article

Achraf Gaddes


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