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Accueil du site > Actualités > Economie > Electricité : l’échec de la déréglementation.

Electricité : l’échec de la déréglementation.

Depuis le premier janvier 2004, le marché français de l’électricité est libre pour les entreprises. Une entreprise n’est plus obligée de s’adresser à EDF, et en contrepartie, les électriciens sont libres de fixer leurs prix. Avant 2004, EDF produisait, dans un contexte réglementé par le gouvernement, de l’électricité au « meilleur prix ». Cela lui était d’autant plus facile que le prix de ses deux principales sources de matières premières (uranium et hydraulique), étaient relativement indépendants du marché mondial de l’énergie, dominé par les cours du pétrole. Nous profitions donc pleinement de l’avantage « prix » du nucléaire, en contrepartie de ses inconvénients (risque de disséminations etproblème du retraitement des déchets).

L’ouverture du marché à la concurrence pour les entreprises, puis la privatisation d’EDF en 2004, ont changé la donne. Désormais, c’est une entreprise commerciale, qui a donc pour objectif de vendre ses produits au prix le plus élevé acceptable par le consommateur. Son prix tend ainsi à s’aligner sur le coût mondial de l’électricité, dont la production est dominée par le pétrole. Une étude de NUS Consulting avait indiqué précédemment qu’entre avril 2005 et avril 2006, l’électricité avait augmenté de 48% (pour les entreprises), et que les prix étaient supérieurs de 66% au tarif régulé. La France, qui était un pays à l’électricité peu chère, fait désormais partie des pays les plus chers. Ce résultat est sans surprise, puisqu’il suit ce qui s’était passé chez nos voisins européens, qui avaient pris de l’avance sur la déréglementation.

Aujourd’hui, le gouvernement fait machine arrière, et annonce une nouvelle loi visant à instaurer un prix plafond pour les entreprises. Dans le domaine de l’électricité, on peut également se poser des questions sur la volonté de fusionner un gazier (GDF) et un électricien (Suez), alors que c’est quasiment le même gouvernement qui a séparé le même gazier (GDF) de son électricien (EDF). Cet exemple semble symptomatique d’une politique économique faite par une succession de coups de tête, manquant de vision globale.

D’autre part, on peut également se poser des questions sur le modèle dominant des entreprises : l’hyper-croissance. En effet, au lieu de proposer un produit « au meilleur prix » sur son marché, l’entreprise a généralement tendance à le vendre le plus « cher possible ». L’argent qu’elle va gagner, au lieu d’en faire profiter ses clients (en baissant les prix), ses salariés (en augmentant les salaires), ses actionnaires (nombre d’entreprises ne versent pas de dividende, et un dividende est considéré comme « gros » lorsqu’il dépasse les 2%, soit une rémunération proche du livret A) et de développer en interne ses activités, servira essentiellement à racheter un concurrent, qui fait la même opération au même endroit (Total-Elf, Sanofi-Aventis, Crédit Agricole-Crédit Lyonnais...) ou bien à se développer à l’étranger. Le rachat d’un concurrent vise généralement sa destruction, et ainsi la diminution de la concurrence. Le développement à l’étranger est quelque chose de très coûteux, puisqu’il s’agit généralement de créer une nouvelle entreprise qui aura besoin de nouvelles infrastructures dans un pays qui a une réglementation différente, et il se fera à perte pendant de nombreuses années (nul doute que les clients français de Veolia payent l’eau des Singapouriens ou que les clients français du Cetelem payent les crédits des Taïwanais).

Cela est-il réellement bénéfique à l’entreprise, entité désincarnée ? Cela semble douteux, car les entreprises ne pouvant assurer le financement de ces opérations, elles empruntent souvent plus que de raisonnable. Nombre d’entreprises ont fait faillite sous le poids de leur dette dans les années 2000-2003, certaines, comme Vivendi ou Infogrammes, sont toujours dans une situation critique.

Beaucoup diront : ceci est dans la nature de notre système capitaliste. C’est oublier la réussite du secteur mutualiste dans le domaine de l’assurance. De même, une entreprise du nom d’Iliad, maison-mère du fournisseur d’accès internet Free, a choisi il y a un peu plus de cinq ans de se développer essentiellement en interne. Pas d’achat de concurrents à la manière de Tiscali, pas de développement à l’étranger, pas de sous-traitement de ses équipements d’infrastructure, mais conception de son propre matériel. Le résultat est étonnant, l’entreprise est très peu endettée, elle est la deuxième sur son marché (derrière le mastodonte France Telecom), elle a généralement les prix les plus bas, et est la seule à faire des bénéfices en France sur cette activité.

Certains diront que c’est la pression des actionnaires qui pousse l’entreprise à l’hyper-croissance. D’abord, une entreprise n’a réellement besoin de ses actionnaires que lors d’augmentations de capital, dues généralement à un besoin exceptionnel de financement (lors d’un rachat, par exemple...), le reste du temps, à moins d’avoir un actionnaire majoritaire, l’entreprise se moque quelque peu de leur avis, comme en témoignent les luttes de pouvoir récentes au sein d’Havas ou d’Eurotunnel. De plus, cela n’a pas empêché Iliad, qui a vu son cours en Bourse augmenter de 300% depuis son introduction en 2004, de « vendre » sa stratégie en Bourse.

De même, des entreprises publiques comme La Poste, EDF/GDF, l’eau...(mais pas France Telecom, Air Inter...) ont pendant longtemps mis en pratique cette politique, abandonnée petit à petit, parallèlement au processus de privatisation. Et ceci contrairement aux intérêts de leurs propriétaires, c’est-à-dire l’Etat, c’est-à-dire les résidents français.

Il semble qu’il y ait un réel problème, pour les dirigeants (aussi bien politiques que chefs d’entreprises), pour avoir une vision économique à moyen/ long terme qui sorte de l’idéologie dominante.


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64 réactions à cet article    


  • Jesrad (---.---.20.126) 31 août 2006 11:38

    Son prix tend ainsi à s’aligner sur le coût mondial de l’électricité, dont la production est dominée par le pétrole.

    Vrai, et j’ajouterais qu’EDF a pendant longtemps « oublié » d’investir dans de nouvelles capacités de production. Lors de la déreglementation, ils ont été forcé de fabriquer de nouvelles centrales (notamment à gaz), ce qui a été répercuté sur les prix. D’autre part, la demande a explosé (nous sommes passés d’exportateurs à importateurs d’électricité, globalement), et à cause des changements climatiques, les coûts de production et l’efficacité des centrales nucléaires, ainsi que leur maximum de production, ont changés ... dans le mauvais sens. Il reste encore la prochaine rénovation des vieilles centrales nucléaires, et là, ça va douiller.

    D’abord, une entreprise n’a réellement besoin de ses actionnaires que lors d’augmentations de capital, dues généralement à un besoin exceptionnel de financement (lors d’un rachat, par exemple...), le reste du temps, à moins d’avoir un actionnaire majoritaire, l’entreprise se moque quelque peu de leur avis, comme en témoignent les luttes de pouvoir récentes au sein d’Havas ou d’Eurotunnel.

    Tout à fait exact ! La croissance interne et l’auto-financement, on peut aussi les retrouver dans le succès de Peugeot, par exemple. Faudrait-il responsabiliser un peu plus les actionnaires, quitte à en dissuader quelques uns d’investir ?


    • Rage Rage 31 août 2006 11:39

      « Dans le domaine de l’électricité, on peut également se poser des questions sur la volonté de fusionner un gazier (GDF) et un électricien (Suez), alors que c’est quasiment le même gouvernement qui a séparé le même gazier (GDF) de son électricien (EDF). Cet exemple semble symptomatique d’une politique économique faite par une succession de coups de tête, manquant de vision globale. »

      Tout à fait exact cf commentaire sur l’article sur la Fusion GDF-Suez.


      • Rage Rage 31 août 2006 11:47

        J’ajoute : Excellent article. Je pense que l’ensemble de la situation a été expliquée simplement et efficacement, la conclusion est au top :

        « Il semble qu’il y ait un réel problème, pour les dirigeants (aussi bien politiques que chefs d’entreprises), pour avoir une vision économique à moyen/ long terme qui sorte de l’idéologie dominante. »

        A savoir l’idéologie de l’argent rapide, du pouvoir, du très court terme et de l’impunité totale vis à vis de l’intérêt général et des générations futures. Une bien belle idéologie maniée sans doute par des « hommes » dont l’éthique et la réflexion sont irréprochables...


      • FredSud37 (---.---.200.203) 8 septembre 2006 12:37

        A l’heure où le Gouvernement est en passe de brader Gaz de France, il devient urgent de diffuser le plus possible le document écrit par le Collectif Jean Marcel Moulin et de signer la pétition disponible ICI.


      • (---.---.59.170) 8 septembre 2006 12:41

        « A savoir l’idéologie de l’argent rapide, du pouvoir, du très court terme et de l’impunité totale vis à vis de l’intérêt général et des générations futures. Une bien belle idéologie maniée sans doute par des »hommes« dont l’éthique et la réflexion sont irréprochables... »

        Quand on voit le nombre de délis commit par le peuple, il n’a effectivement pas de lecon à donner dans ce domaine là.

        Par ailleur, je ne vois pas en quoi le fait de privatiser GDF comme prévu menace les génération futur. De toute façon l’Etat doit faire 20% d’économie : il va falloir s’habituer à vivre avec ce que nous produisont et pas plus.


      • (---.---.232.52) 31 août 2006 11:40

        l’article est intéressant. Je ne comprends pas, vraiment, pourquoi on cherche à privatiser ce qui semble être des monopoles « de faits », tel l’eau, l’electricité, le gaz... Ni cette notion de « patriotisme economique » servit comme argument à la fusion de GDF et de Suez : un actionnaire qu’il soit français ou étranger reste avant tout un actionnaire, non ?


        • Jesrad (---.---.20.126) 31 août 2006 11:59

          Pourquoi privatiser un monopole ? Bonne question !

          Il semble que ce soit pour économiser des sous, par exemple pour faire payer les déficits aux actionnaires plutôt qu’aux contribuables. Même si au final, c’est le consommateur qui paiera, mais bon, je préfère payer l’électricité que je consomme, plutôt que payer une petite partie de toute l’électricité de tout le monde dans mes impôts en plus d’une grosse partie de celle que je consomme.

          Le vrai intérêt c’est plutôt l’ouverture à la concurrence, comme ça je peux faire ma propre électricité et même en vendre à mes voisins. Le fermier du coin peut construire un incinérateur à déchets agricoles pour faire sa propre électricité, et même en vendre, lui aussi, à ses voisins, etc... Et je suis sûr que quelqu’un qui fait de l’électricité garantie « renouvelable » pourra trouver des gens pour lui acheter plutôt qu’ils aillent financer le nucléaire et les centrales à combustibles d’EDF.


        • Forest Ent Forest Ent 31 août 2006 12:09

          EdF n’avait pas le monopole de la production. Seulement celui de la distribution. Au contraire, elle était obligée de racheter les productions des autres.


        • Jesrad (---.---.20.126) 31 août 2006 12:44

          Quel intérêt de produire si on ne peut pas distribuer soi-même ? Surtout quand on parle d’énergie, on est obligé de jouer avec les règles du monopole de distribution, il me semble que les USA ont bien montré à quels désastres ça mène. J’appelle pas ça de la concurrence.

          En plus, si je me souviens bien, EDF n’était pas tenu de payer plus que quelques milliers d’euros par an, donc il était impossible de vivre de sa production d’électricité.


        • Forest Ent Forest Ent 31 août 2006 14:40

          L’intérêt de produire sans distribuer, c’est, comme pour le téléphone fixe, de ne pas payer un ticket d’entrée de quelques milliers de km de câbles. Même les libéraux les plus entêtés ne proposent plus de privatiser les infrastructures non concurrentiables. Par exemple, l’UK a renationalisé Railtrack après l’avoir privatisée.


        • Jesrad (---.---.20.126) 31 août 2006 17:14

          L’autre solution, que l’on a suivi pour l’ADSL et le téléphone, justement, c’est de laisser les producteurs louer le réseau de distribution.


        • Rocou (---.---.85.171) 6 septembre 2006 20:59

          Attention à « l’exemple US », tout le monde en parle mais peu en connaissent les dessous.

          La faute du désastre incombe totalement à la collectivité et surement pas au sociétés privées de production et de distribution. En effet, la législation californienne a imposé un blocage des prix. Les matières premières ayant connus les hausses fantastiques que l’on connait, les entreprises, ne pouvant pas répercuter les hausses ont fait faillite.

          Je suis outré de voir la désinformation française à ce sujet.


        • Forest Ent Forest Ent 6 septembre 2006 22:33

          C’est rigolo comme point de vue. Vous n’avez jamais entendu parler d’Enron ? smiley


        • Rage Rage 31 août 2006 12:10

          Ouep, sauf que dans les impôts, je n’ai pas encore vu la réduction liée au fait de la privatisation d’EDF...

          Cela vient à faire de cette situation hybride, un cas où le contribuable paye quand même, le consommateur paye et en plus il payera l’un et l’autre plus cher !

          Pour l’aspect j’achète l’électricité à mon voisin, j’attends encore de voir à quel prix, sous quelle conditions et surtout avec quelles garanties... Parce que je ne sais pas si votre voisin est comme le mien, mais si ça déconne à la cuisson, je ne suis pas certain qu’il intervienne sur le champ...

          Vous pourrez aller en toucher un mot aux Californiens, je pense qu’ils vous en diront plus que moi !


          • Forest Ent Forest Ent 31 août 2006 12:30

            « La commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale a adopté cette nuit un texte visant à autoriser les PME ayant choisi les prix du marché libre de l’électricité à revenir pendant deux ans à une forme de tarif réglementé spécifique. EDF et Suez chutent en Bourse. »

            http://fr.biz.yahoo.com/30082006/155/les-deputes-veulent-reduire-la-facture-d-electricite-des-pme.html

            S’il ne reste que les gros clients au tarif libéral, cela revient à dire que la libéralisation est un impôt privé sur les grosses entreprises.

            Or un des plus gros clients d’EdF est la SNCF. Faire payer un impôt privé à un établissement public est déjà rigolo. Mais que dire du fait que les transports en commun payent l’électricité nucléaire de long terme au prix spot du gaz ? Ca c’est du développement durable. smiley


            • Jesrad (---.---.20.126) 31 août 2006 12:46

              Les PME ne sont pas obligés de reprendre le tarif réglementé. Bref, c’est l’inverse, ce sont ceux qui restent sans tarif libéral qui paient pour les gros ? Et dans le lot, seulement les PME qui l’ont choisi ? C’est d’un compliqué.


            • Forest Ent Forest Ent 31 août 2006 14:42

              Ce sont les abonnés au tarif libéral qui payent une usine à gaz superflue dont se passent très bien ceux qui sont restés au tarif régulé.


            • Cassandre (---.---.155.110) 31 août 2006 19:27

              Ne vous en faites pas, la SNCF ne roulera plus au nucléaire l’an prochain, mais au charbon et au gaz d’une filiale d’ENDESA : envol des émissions de gaz à effet de serre (GES) garanti !

              J’ai alerté l’association de Hulot (défipourlaterre), vu que ça suffit, et au delà, à foutre en l’air les efforts individuels des 500 000 personnes qui s’y sont inscrits : pas de réaction ! Il est vrai que la SNCF fait partie de leurs sponsors...

              Fin de l’histoire : j’ai appris qu’officieusement la Commission européenne impose de facto à EDF la perte de 30 % du marché français ! (source confidentielle). Autre exemple de client « sacrifié » : les Aéroports de Paris, passés à Electrabel.

              Pour compenser, EDF vendra du nucléaire à l’étranger, contribuant à améliorer les bilans GES désastreux de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne, et à dégrader celui de la France... Les déchets nucléaires, eux, resteront chez nous, loi écolo-masochiste oblige.

              La dérégulation du marché de l’électricité est une catastrophe tous azimuths... Et c’est un libéral en économie, ayant toujours voté à droite, qui vous le dit !


            • Cassandre (---.---.155.110) 31 août 2006 19:28

              A Forest Ent :

              Ne vous en faites pas, la SNCF ne roulera plus au nucléaire l’an prochain, mais au charbon et au gaz d’une filiale d’ENDESA : envol des émissions de gaz à effet de serre (GES) garanti !

              J’ai alerté l’association de Hulot (défipourlaterre), vu que ça suffit, et au delà, à foutre en l’air les efforts individuels des 500 000 personnes qui s’y sont inscrits : pas de réaction ! Il est vrai que la SNCF fait partie de leurs sponsors...

              Fin de l’histoire : j’ai appris qu’officieusement la Commission européenne impose de facto à EDF la perte de 30 % du marché français ! (source confidentielle). Autre exemple de client « sacrifié » : les Aéroports de Paris, passés à Electrabel.

              Pour compenser, EDF vendra du nucléaire à l’étranger, contribuant à améliorer les bilans GES désastreux de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne, et à dégrader celui de la France... Les déchets nucléaires, eux, resteront chez nous, loi écolo-masochiste oblige.

              La dérégulation du marché de l’électricité est une catastrophe tous azimuths... Et c’est un libéral en économie, ayant toujours voté à droite, qui vous le dit !


            • Vilain petit canard Vilain petit canard 31 août 2006 13:15

              Merci pour cet article très clair qui démontre indirectement que le « tout privé » n’est pas forcément le meilleur. L’illusion de la baisse supposée des prix dès qu’il y a concurrence est un présupposé idéologique. En fait, comme vous le soulignez, l’entreprise ne vend pas son produit ou son service le moins cher possible, mais bien au contraire le plus cher possible, il suffit d’y travailler pour le constater.

              En attendant la prochaine foucade des idéologues qui conseillent nos dirigeants...


              • mjmb (---.---.168.63) 31 août 2006 13:44

                A la grande époque gaulienne, quelle était la part des entreprises nationalisées dans l’assiette des revenus de l’Etat ?

                Une crise de délire paranoiaque : l’objectif des dénationalisations aurait il été d’affaiblir les capacités financières de l’état francais ?

                Soit une entreprise publique à peu près bien gérée et une entreprise privée aussi bien gérée. L’entreprise privée a une charge supplémentaire : rénumérer (j’oserai dire : gratifier) ses actionnaires.


                • Rocou (---.---.85.171) 6 septembre 2006 21:18

                  « Soit une entreprise publique à peu près bien gérée et une entreprise privée aussi bien gérée. L’entreprise privée a une charge supplémentaire : rénumérer (j’oserai dire : gratifier) ses actionnaires. »

                  Une entreprise publique, pour son financement ne peut pas emettre d’actions. Aussi, elle doit emprunter et par conséquent payer des intérêts.

                  En outre, une entreprise publique n’ayant pas de propriétaire sinon tous les citoyens autrement dit personne, les dirigeants sont par définition des irresponsables. (dépenser de l’argent qui ne vous appartient pas est beaucoup plus facile et beaucoup moins stressant...). Par conséquent, une entreprise privée à bien plus de chances d’être bien gérée qu’une entreprise publique.

                  L’Homme Nouveau, si cher à Marx, totalement dévoué à la Patrie, a la collectivité est et restera un mythe.


                • (---.---.241.177) 6 septembre 2006 21:25

                  @Rocou « Par conséquent, une entreprise privée à bien plus de chances d’être bien gérée qu’une entreprise publique. »

                  Tout dépend ce que tu appelles « bien gérée ». si bien gérer, c’est bien payer ses actionnaires, d’accord l’entreprise privée fait mieux.

                  mais si « bien gérer » pour une entreprise c’est nous rendre son meilleur service, alors une entreprise publique fait souvent mieux.

                  Essaye de continuer de rêver Rocou, sinon tu fait le premier pas vers la vieillesse.


                • (---.---.94.25) 31 août 2006 14:43

                  Toute façon si cela par en sucette on reprivatisera edf...

                  Toute façon il est evident que privatiser edf est une connerie car l’electricite n’est pas une marchandise stockable... et que elle sera de fait en concurence faussé avec des entrprises comme poweo....comme france telecom est en concurence faussé avec free ...Mais free pour le consommateur a fait baiser la facture....

                  Pour l’electricite je reste sceptique notamment quand on voit ce qui s’est passe en californie...

                  Pour la france je vous invite a regarder le reportage de Gilles Belbastre « EDF, les apprentis sorcier » un tres bon travail journalistique.


                  • Jesrad (---.---.20.126) 31 août 2006 17:16

                    Au lieu de regarder aux US, où l’électricité est produite par des agences nationales publiques et où la distribution est tenue par un monopole, regardez plutôt en Grande Bretagne.


                  • Rocla (---.---.166.108) 6 septembre 2006 21:30

                    Toutes façons.

                    Rocla


                  • Bilkinis (---.---.33.21) 31 août 2006 18:17

                    Concernant la distinction transport / production elle est déjà en place, l’entreprise s’occupant du transport étant RTE ancienne division transport de EDF et qui lors du passage au statuts de société anonyme de cette dernière en est devenue une filiale dont la caisse des dépôts et consignation (l’état quoi) possède un fort pourcentage du capital.

                    Le transport de l’électricité est donc toujours un monopole public, sauf que RTE à obligation de faire payé le même tarif pour tous les producteurs

                    La même manipulation avait été fait pour la SNCF lors que l’état à créer le réseau ferré de France qui est propriétaire des rails alors que la SNCF n’en est plus que l’utilisatrice. Cela avait permis par ailleurs de refourguer toutes les dettes de la SNCF à rff, en faisant ainsi une entreprise ’saine’


                    • Jaimz (---.---.101.8) 31 août 2006 18:40

                      Très bon article, oui. Il a été constaté une très forte augmentation des tarifs d’énergie sur tous les marchés professionnels européens ouverts à la concurence depuis peu (dans les ordres de grandeur de l’article 40%). On peut légitimement s’inquiéter des tarifs quand le marchés des particuliers sera lui aussi ouvert et ceci le 1er Janvier 2007... bientôt ! Ajoutons que cela facilite le choix d’une délocalisation pour une PME utilisant beaucoup d’électricité !

                      La remarque concernant le remplacement des centrales nucléaires vétustes n’est pas banale non plus ; EDF s’est aperçue qu’elle n’avait pas les moyens de stopper, démanteler et installer un nouveau coeur dans tous ses réacteurs. La première astuce du ministre de l’énergie, c’est de prolonger la durée de vie autorisée de 10 ans... et hop aux générations futures les problèmes ! On chiffre en milliards d’euros là, faudra bien qu’un jour le consommateur paye, comme dab ;o)


                      • valerian (---.---.213.131) 31 août 2006 21:40

                        Premièrement les centrales ont une durée de vie de 40 ans sur le papier. Tous les dix ans une révision en profondeur est faite. Les 40 ans ne sont pas acquis. Si il y’à un problème la centrale est arrêtée.

                        Deuxièmement lors de cet entretien décennal on ne change pas le réacteur. D’ailleurs on ne le change jamais. C’est lui qui a était dimensionné pour fonctionner 40 ans. Par contre on peut changer son couvercle ou les générateurs de vapeurs.


                      • Cassandre (---.---.155.110) 31 août 2006 19:36

                        A Forest Ent :

                        Ne vous en faites pas, la SNCF ne roulera plus au nucléaire l’an prochain, mais au charbon et au gaz d’une filiale d’ENDESA : envol des émissions de gaz à effet de serre (GES) garanti !

                        J’ai alerté l’association de Hulot (défipourlaterre), vu que ça suffit, et au delà, à foutre en l’air les efforts individuels de réduction d’émissions de GES des 500 000 personnes qui s’y sont inscrits : pas de réaction ! Il est vrai que la SNCF fait partie de leurs sponsors...

                        Fin mot de l’histoire : j’ai appris qu’officieusement la Commission européenne impose de facto à EDF la perte de 30 % du marché français ! (source confidentielle). Autre exemple de client « sacrifié » : les Aéroports de Paris, passés à Electrabel.

                        Pour compenser, EDF vendra du nucléaire à l’étranger, contribuant à améliorer les bilans GES désastreux de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne, et à dégrader celui de la France... Les déchets nucléaires, eux, resteront chez nous, loi écolo-masochiste oblige.

                        La dérégulation du marché de l’électricité est bien une catastrophe tous azimuths... Et c’est un libéral en économie, ayant toujours voté à droite, qui vous le dit !

                        Et on n’en a même pas profité pour rogner les privilèges des EDF (CE richissime aux mains de la CGT, retraites de luxe aux frais du contribuable...)


                        • (---.---.226.103) 31 août 2006 19:54

                          Cette libéralisation partielle est une bonne chose, car les clients payent enfin le prix réel de l’énergie, et pas un prix subventionné à coup d’emprunt d’état que les jeunes devront tôt ou tard rembourser. Il est normal que celui qui consomme paye : on n’est pas en URSS.


                          • Patrick M. Patrick M. 1er septembre 2006 09:51

                            EDF comme France Telecom ou La Poste ne sont pas (et n’ont pas été) subventionné, ils paient leurs salariés (y compris les fonctionnaires dans le cas de France Telecom) et leurs infrastructures en ayant recours si besoin à l’emprunt qu’il rembourse avec leurs revenus.


                          • FredSud37 (---.---.9.235) 2 septembre 2006 19:34

                            Avec la privatisation

                            1. Des prix qui explosent. 2. Les tarifs régulés menacés de disparition. 3. Un Service public qui ne cesse de se dégrader. 4. Des bénéfices qui explosent au profit des actionnaires. 5. Des emplois supprimés, le développement des inégalités. 6. La sécurité des réseaux et des installations en danger.

                            Malgré ce bilan négatif, le Gouvernement s’engage dans l’ouverture totale du marché, dans la privatisation de Gaz de France avec le projet de fusion Gaz de France/Suez et dans la privatisation d’EDF. Dans un contexte de crise énergétique majeure, l’État abandonne au marché tout contrôle de la politique énergétique. Le secteur pétrolier devrait pourtant être un exemple à ne pas suivre.

                            Il n’est pas trop tard

                            Les soussignés exigent l’arrêt total du processus d’ouverture du marché, passant dans l’immédiat par : 1. L’abandon du projet d’ouverture du marché des clients particuliers. 2. L’abandon de tout projet de privatisation. 3. Le maintien des tarifs régulés. 4. L’arrêt de toute fermeture d’agence.

                            La pétition peut dorénavant être signée en ligne sur le site de Sud Énergie.


                          • valerian (---.---.213.131) 31 août 2006 21:32

                            En économie, c’est ce que le client est prêt à payer pour acheter un produit qui fixe le prix. Sinon le tube de rouge à lèvre serait à 1 euro et les lentilles de contact à 2.

                            Pour l’énergie c’est la même chose. Le coût de production n’a lui pas changé. Cela explique peut-etre pouquoi le titre d’EDF à pris 45% en 6 mois. Le petit problème dans cette histoire c’est que nous pouvions être compétitif vis à vis de pays à bas cout de salaire. Car ces pays payent le KWh au même prix que nous mais avec de nombreuses coupures en plus. Et comme la consommation électrique des usines est loin d’être négligeable, cela pèse dans la balance et cela compense une partie de la main d’oeuvre plus chère.

                            Avec la libéralisation, le prix augmente car nous sommes en sous-production et on se tire une balle dans le pied encore valide.


                            • vigie (---.---.117.254) 31 août 2006 21:54

                              Ces privatisations ne sont pas faites pour le consommateur, il n’en tirera aucun bénéfice, cette mondialisation, cette marchandisation devrais je dire n’est pas faite pour nous donner l’occasion de faire des économies substantielles, le particulier, lui il sera« tondu », il n’a pas de moyen de pression a moins de disposer d’un beau paquet d’actions diversifiées ou de stock option, pour le reste il sera captif, il paiera le prix fort.et les sirènes du libéralisme qui nous a tant vanté ce système de production n’auront plus qu’a se frotter les mains devant tous ces agneaux captifs, pris en otage a qui l’on a fait miroiter l’eldorado, pour les fonds de pensions c’est tout bénef, en exigeant chaque année une rémunération du chiffre d’affaires toujours plus importantes, l’entreprise qui prendrais le risque de se mettre à dos ses gros actionnaires verraient baisser considérablement le cours de leurs actions, alors n’ayant pas fait le chiffre d’affaire escompté il ne lui reste plus qu’a jouer sur les variables d’ajustements, voilà pour le langage poétique, plus prosaïquement cela veux dire que pour retrouver un meilleur rendement on licencie quelques centaines ou milliers d’ouvrier on leur fait faire la même quantité de travail après s’etre équipé de machines s’il le faut, on réduit la masse salariale et le tour est joué les fonds pensions sont heureux et le cours de l’action remonte. Cqfd.

                              De toute facon cela se passe toujours de la même manière pour privatiser une entreprise, qui,ne marche pas trop bien, il faut rendre la mariée plus belle possible, aussi on la recapitalise, on comble ses arriérés et le tour est jouée.

                              Quand on doit nationaliser une entreprise l’état la reprend en l’état souvent avec des déficits abyssaux, pour sauver des emplois, acheter la paix sociale, ou empêcher son départ sous d’autres cieux.

                              C’est ça la mondialisation comme ça le citoyen lambda est deux fois cocu, il paye deux fois, une fois pour le rachat, la seconde sur ses impôts. On appelle ça le partage des richesses, comprennent qui pourra !

                              Un exemple frappant celui du royaume uni on a voulu privatiser les chemins de fer anglais, pour cause de libéralisme, ce cher blair a vendu les chemins de fer au privé, qui se sont contenté de maintenir en l’état le réseau ferré c’est a dire sans faire d’investissement, sinon le minimum requis, sans investir sur la sécurité, la signalisation, l’entretien des voies. Résultats des courses, des récriminations d’usagers en nombres pour se plaindre de l’état du réseau, du confort, des horaires non respectés, bref que croyez-vous qu’il arriva, à la suite de plusieurs accidents graves l’état anglais c’est décidé à racheter, certainement au prix fort...

                              Et dans le nucléaire anglais même punition après la privatisation de centrales nucléaires et thermiques, l’état a été contraint à en racheter certaines suites a des problèmes récurrents de sécurité.

                              Rappelez-vous des déboires en Californie ou il y a eu une entente artificielle entre producteur pour crée une pénurie d’électricité et faire monter artificiellement les prix, ensuite le non entretien du réseau électrique sous dimensionné, rafistolé, non investissement en matériel, transfo de puissance etc. pendant des années a fait écrouler le réseau, créant panique, et de grosse perte dans la silicon valley, et ensuite l’affaire enron l’escroquerie du siècle ou certain se sont enrichi et les petits porteurs se sont retrouvés floué.

                              Il y a des secteurs stratégique qu’il ne faut pas laisser au privé comme l’énergie, la santé, les moyens de transport, pour deux raison primo car elle ne se stocke pas ,deuzio car un pays coupé de ses sources d’approvisionnements je ne lui donne pas longtemps a résister.

                              Bref, il faudrait arrêter de nous prendre pour des dindons, derrière le libéralisme pur et dur se cachent des actionnaires retors qui n’ont rien a foutre de vous ce qui les intéresses sont les profits, le reste ce n’est pas leur affaire, le capital n’a pas d’état d’âmes, grattez le vernis de la mondialisation et vous allez découvrir la vraie face des choses.


                              • ZEN zen 31 août 2006 22:53

                                @Vigie

                                Trés opportun et pertinent rappel ,mais, c’est curieux ,on n’en parle pas à la télé...

                                Vous souvenez- vous de la délicieuse et touchante campagne télévisée pour l’achat d’actions EDF : des personnes s’extasiant devant des barrages électriques, etc...en disant « Cela est à nous ! » ?...


                                • Zamenhof (---.---.87.82) 31 août 2006 23:11

                                  Excellent article, qui montre la nocivité, pour ne pas dire le caractère pervers de l’húbris du capitalisme (puisqu’on a transformé le service public de l’énergie en entreprise...) qui pressure et exploite, et ses employés, et ses fournisseurs, et ses clients, et (à l’époque actuelle c’est le plus étonnant !....) même ses actionnaires, pour croître, toujours croître, comme Napoléon ou Hitler .... (on sait que ça ne leur a pas vraiment réussi).

                                  Ce qui montre bien peut-être que ce système ne doit pas régenter l’économie, en tous cas pas certains secteurs, et en tous cas que l’Etat (qui seul est démocratique et se soucie - enfin est sensé se soucier- de l’interêt général, celui du pays, des gens, et , last but not least, de la planète) DOIT se mêler de ne pas lui laisser la bride sur le cou (sinon ! vous connaissez bien les mythes de chavauchée infernale !).


                                  • Forest Ent Forest Ent 31 août 2006 23:47

                                    Cette réforme est idiote, même dans l’état d’esprit de ses promoteurs qui aurait été de mettre en concurrence des producteurs.

                                    Sous le vocable « production », la réforme inclut l’approvisionnement ET la transformation. Or la concurrence ne peut porter que sur la transformation, alors que c’est l’approvisionnement qui explique l’essentiel des coûts et des fluctations. La commission a beau jeu d’appeler maintenant à une « politique de sécurisation des approvisionnements », elle s’est ôté tout moyen d’y arriver.

                                    Les variations de prix que l’on constate actuellement sont des fluctuations de l’évaluation du risque d’approvisionnement, et n’ont rien à voir avec l’efficacité des entreprises de transformation, qui n’a pas bougé d’un iota.

                                    On n’a pas introduit de concurrence, mais on fait payer au consommateur un risque dont il s’était prémuni auparavant par des politiques nationales que la réforme a volontairement cassées.

                                    Cela a permis de créer Powernext et de faire fonctionner de nouvelles institutions purement financières. Cette réforme n’apporte rien au consommateur et tout à Wall street. Ce n’est pas la seule du genre.

                                    Les commentateurs qui ressassent « c’est bien la concurrence » applaudissent le hold-up dont ils viennent d’être les premières victimes. Cette réforme n’a rien à voir, pas plus que EUCD ne protège les artistes. Dans les deux cas, on donne un bien public à des trusts privés.


                                    • Patrick M. Patrick M. 1er septembre 2006 09:25

                                      En général les entreprises publiques qui gagnent de l’argent rémunère également leur actionnaire, à savoir l’état. C’est d’ailleurs, une alternative à l’impôt qui me paraît intéressante.


                                      • gem (---.---.117.249) 1er septembre 2006 11:11

                                        ça c’est comique les « entreprises publiques qui gagnent de l’argent »... c’est rare, ces animaux là. Et quand ça existe, la priorité n’est jamais de rémunérer l’état.

                                        La priorité à droite, c’est de privatiser.

                                        La priorité à gauche, c’est de gorger les salariés d’avantages sociaux.

                                        La priorité commune, c’est de se payer une tranche d’électorat, à coup de démagogie auprès des clients, de subtils mouvements finaciers (vers les syndicats, vers les bailleurs de fond électoraux), etc.

                                        Le tout aux frais du consomateur (même quand on prétend le chouchouter) et du contribuable.

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