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Accueil du site > Actualités > Economie > Emploi : passage par la case chômage, conditions de travail dégradées... (...)

Emploi : passage par la case chômage, conditions de travail dégradées... quelles perspectives ?

Où l’on se rend compte qu’il vaut mieux être un homme, d’un niveau de formation relativement élevé, trentenaire, de profil cadre ou profession intermédiaire, autonome, géographiquement mobile, si l’on espère rebondir facilement et rapidement d’une période de chômage !...

Où l’on se rend compte qu’il existe certes des solutions pour sortir rapidement d’un épisode de chômage, mais que ce n’est pas à la portée de la majorité des chômeurs, selon le portrait sociologique du chômage en France...

Car elles existent... en cherchant bien... mais le problème est qu’elles ne sont pas forcément « politiquement correctes » tout au moins pour la majorité actuelle !

... Et se contenter de prétendre que Jospin et son équipe se plantaient dans leur analyse et dans leur méthode, pour ensuite tout casser et se réfugier dans un libéralisme sauvage prônant la loi du plus fort, « la concurrence libre et non faussée », ne constituent pas une solution efficace, loin s’en faut,... parce que ce sont encore les couches populaires et moyennes qui en paieront le prix ! Que veut-on ? Importer chez nous la Wal-Mart économie, avec son cortège de casse sociale et de précarité ? Ne doit-on pas plutôt favoriser un re-développement de l’emploi « durable », plus respectueux de l’homme et de son environnement, tenant compte des pays du Sud, dont le développement concomitant est le plus sûr rempart contre l’immigration clandestine ?

Quand nos politiques envisageront enfin l’avenir de la France, et surtout le nôtre, sur du long terme et non plus à l’aune des prochaines échéances électorales... Nous aurons fait un pas important !

Car que l’on ne se trompe pas : les victimes du stress au travail, des conditions de transport dégradées, des salaires qui ne permettent plus de s’en sortir, du déclassement, et pour finir du chômage, ce ne sont pas eux ! Notre classe politique provient encore essentiellement des classes favorisées, de l’Education nationale ou du haut fonctionnariat. Autant dire que le chômage et les fins de mois difficiles, s’ils savent en parler abondamment, ils ne les ont jamais expérimentés personnellement ! À quand une classe politique plus jeune, plus représentative de la France de la rue, intégrant plus de mixité : mixité sociale, mixité en termes d’origine, féminisation massive ?

Quelques notions ou rappels techniques pour commencer...

Petit rappel sur la croissance.

Définition : « la croissance économique est l’accroissement sur une longue période des quantités de biens et de services produits dans un pays ». L’indicateur le plus utilisé pour mesurer la croissance est le PIB (mesure de la valeur ajoutée créée ; c’est un indicateur uniquement quantitatif de niveau de vie).

Or ce n’est pas la croissance en elle-même qui crée de l’emploi : pour qu’il y ait création d’emploi, il faut que la production augmente, et qu’elle augmente plus vite que la productivité, à durée de travail identique. Si la productivité n’augmente pas, il est donc nécessaire de diminuer la durée du travail pour créer de l’emploi...

Approche de la décroissance et prise en considération de la question environnementale.

Dans un monde fini, continuer à invoquer une croissance infinie, alors que nos ressources au niveau mondial sont limitées, voire pour la plupart en cours d’épuisement ou gravement surexploitées (ressources halieutiques notamment), n’a plus grande signification.

Nous fonctionnons toujours selon le dogme économique instauré à la fin de la Seconde Guerre mondiale, selon lequel la croissance peut tout, la croissance est la clé de la réussite de nos sociétés modernes. Si cela a permis une reconstruction rapide de l’Europe, un développement économique et un progrès social important jusque dans les années 1970, on constate désormais que ce système a atteint ses limites et qu’il devient nécessaire de revoir rapidement nos modes de pensée et d’action. Car ils ont abouti à une ruine environnementale (pollution des eaux, des sols et de l’air, épuisement de certaines ressources, perte de biodiversité...), à un immense gâchis encouragé par une société consumériste qui ne connaît aucune limite, à la casse de notre modèle social se traduisant par une insécurité accrue, une injustice accrue, une stratification figée de la société sans possibilité d’évolution, bref la perte de l’espoir en un avenir meilleur, qui bien plus que la croissance constitue un moteur pour la société.

En l’absence de croissance, ou bien en situation de décroissance maîtrisée et raisonnée, l’emploi peut redémarrer (et donc le chômage disparaître) si la durée du travail diminue, si les richesses sont mieux réparties, et surtout si la production est axée sur les biens et services nécessaires (au détriment du « superflu »), en limitant au maximum le gaspillage et en développant les filières de recyclage.

Car produire et consommer moins, mieux, autrement, ne signifie pas utiliser moins d’acteurs pour y parvenir, retourner au Moyen Âge ! Il n’est qu’à penser au développement des énergies alternatives, du bâtiment HQE (haute qualité environnementale), à l’agriculture biologique, aux filières de traitement des déchets et de recyclage, qui nécessiteront plus de main-d’œuvre formée à de nouvelles méthodes de travail. Tout ceci est à mettre en place et développer, ce qui signifie l’émergence de nouvelles technologies, de nouveaux métiers et donc de personnes chargées de réfléchir à ces nouvelles solutions, de les mettre en place puis de les exploiter.

Cette proposition ne constitue pas une réponse à court terme au chômage qui sévit actuellement, mais c’est une piste transversale à ne pas négliger dans le sens où elle interagit aux niveaux de la recherche, de l’éducation et de la formation initiale comme continue, de la production de biens et services (conseil et audit notamment) tertiaires, industriels, agricoles et commerciaux, et intègre la valeur « qualité de vie » que le calcul de PIB ignore superbement.

Évolution de la population active en France.

Selon les toutes dernières projections de l’INSEE, la population active (27,6 millions d’actifs au sens du BIT en 2005) devrait atteindre son maximum vers 2015 (28,3 millions), mais à partir de 2007, le taux de croissance annuelle ralentit. Entre 2015-2050, le nombre des actifs resterait stationnaire, et devrait commencer à décroître seulement ensuite, mais lentement.

Cependant, du fait du vieillissement de la population totale, de l’arrivée plus tardive dans le monde du travail provoquée par l’allongement de la durée des études, et des réformes des retraites en cours et à venir (allongement des durées de cotisation, modification des modes de calcul des annuités, fin des régimes spéciaux de retraites), la moyenne d’âge de la population active augmente ; ainsi le taux d’activité des 60-64 ans devrait remonter.

La plus grande source d’incertitude quant à ces projections concerne les comportements de départ en retraite et leur impact sur l’évolution de la population active : si les seniors acceptent de partir plus tôt à la retraite, même au prix d’un niveau de pension plus bas, on estime que la courbe des actifs cesserait d’augmenter dès 2007.

On ne peut donc raisonnablement pas compter sur une baisse du nombre des actifs pour résoudre rapidement le problème du chômage ; des politiques volontaristes restent nécessaires.

De même il faut rappeler que la France est le pays d’Europe connaissant le plus fort taux de chômage des jeunes entrant sur le marché du travail (classe des 20-24 ans) et des séniors (plus de 50 ans). Il est donc prioritaire de solutionner cet état de fait, car on ne peut décemment allonger la durée du travail et fermer les yeux sur la situation dramatique que vivent les plus de 50 ans qui perdent leur emploi.

Le sujet qui fâche... même à gauche : les 35 heures !

Pour faire court, cette mesure mise en place par Martine Aubry en 1998 (et appliquée à partir de 2000), sous le gouvernement Jospin, réduit la durée hebdomadaire du travail à plein temps à 35 heures en moyenne annuelle. Il est possible de travailler plus, en réalisant des heures supplémentaires (plafonnées) payées à un taux majoré.

Le but des 35 heures était de lutter contre le chômage en partageant mieux le travail, de relancer l’économie et la création d’emplois.

Les accords de branche devaient organiser les modalités d’application sectorielles, mais changements de majorité oblige, ces travaux n’ont jamais été totalement achevés, ce qui permet aujourd’hui à la droite de montrer du doigt (accusateur !) les secteurs professionnels pour lesquels ça se passe mal (restauration-hôtellerie et milieu hospitalier par exemple) et de présenter les 35 heures comme une véritable calamité pour la France.

Pour être objectif, on peut dire aujourd’hui que le bilan des 35 heures est mitigé ; cette mesure a certes créé des emplois, mais moins que prévu. Elle a surtout bénéficié aux grandes entreprises et à leurs salariés ; dans nombre de PME/PMI, cela a généré peu d’embauches à cause notamment du poids des charges patronales, et cela a contribué à augmenter le stress des salariés auxquels on demande de réaliser en 35 heures le travail ce qu’ils faisaient en 39 heures auparavant, ou bien de renoncer à leurs réductions de temps de travail (RTT). L’application des 35 heures a également provoqué des baisses ou gels de salaires (surtout en ce qui concerne les bas salaires) dans les années qui ont suivi leur mise en place, et qui sont encore ressentis.

Mais il reste incontestable que pour la majorité des salariés l’application des 35 heures constitue un réel progrès social, notamment pour les femmes, en ce qu’elle confère plus de flexibilité et de temps libre pour s’occuper des enfants notamment.

Enfin, le temps de travail réel moyen effectif s’élève à environ 38 heures en France... et non 35, et notre productivité est une des meilleures en Europe... et il semble difficile d’améliorer significativement ce paramètre dans un avenir proche.

Si on a entendu, à droite, pendant la campagne, qu’il fallait abroger les 35 heures... personne ne s’avise de s’y frotter !... D’autres pistes sont évoquées pour les affaiblir peu à peu et les rendre difficilement applicables, mais il est évident que leur abrogation pure et simple serait le meilleur moyen de faire descendre les citoyens dans la rue !

Je ne suis pas Ségoléniste dans l’âme, mais je pense que l’idée du Pacte présidentiel de S. Royal, qui consistait à proposer de "développer la négociation collective" en convoquant à la table des négociations tous les acteurs professionnels pour rediscuter les accords de branche un à un et l’application des 35 h, était plutôt une bonne idée... Puisqu’on ne peut ni ne veut revenir sur cet acquis, autant le rendre le plus équitable et profitable que possible, le doter des moyens de créer massivement de l’emploi.

Concept de flexi-sécurité

Ce concept a pour objectif de concilier les besoins des entreprises (flexibilité, mobilité, adaptabilité) et des salariés (sécurité des parcours professionnels).

Il s’agit en quelque sorte de gommer la notion de risques et d’aléas dans l’emploi et le travail... Mais le risque est inhérent à la dynamique économique : pour les entrepreneurs : risques de faillite, de mévente, d’erreurs de production... qui vont se reporter sur les salariés : risques de chômage, de flexibilité subie du temps de travail, risques sociaux sur les droits acquis...

On peut aussi envisager la prise de risques sous l’angle de l’innovation, ou d’opportunités nouvelles. Elle est alors acceptée et acceptable, mais il faut pour cela mettre en place des instruments pour la réguler ou se prémunir contre elle, ce qui constitue la sécurisation.

La sécurisation obéit à deux logiques :

- la prévention, à travers la politique de l’emploi (qui encadre, encourage, limite...) ;

- la réparation, qui fait appel à la notion d’État providence, comme par exemple l’indemnisation du chômage, qui intervient quand le risque s’est réalisé.

La mise en place de parcours sécurisés pour les salariés et suffisamment flexibles pour les entrepreneurs ne peut se faire que si des négociations sont ouvertes entre tous les acteurs professionnels ; le contre-exemple type étant le modèle économique Wal-Mart, du nom de la chaîne d’hypermarchés américaine, qui pratique sauvagement dumping économique et dumping social au nom de la seule rentabilité. À mes yeux, Wal-Mart représente jusqu’à la limite de la caricature, le libéralisme, la globalisation et la financiarisation poussés à l’extrême.

Même si on souhaite réduire l’action interventionniste de l’État, il reste que son rôle d’arbitrage demeure indispensable dans un pays où il n’existe pas de syndicalisme de masse, puissant, comme dans les pays d’Europe du Nord. Sinon, la flexibilité risque de ne servir que les intérêts financiers de firmes internationales et de leurs sous-traitants...

Nouvelles formes de salariat, sortie du salariat, évolutions en cours ou à venir...

Développement de l’emploi précaire dans l’entreprise.

Ce sont des contrats de moins d’un an, essentiellement CDD et intérim. Ils sont apparus dans le courant des années 1980 et se sont développés depuis 2000.

En 2000, 19 % des heures travaillées dans le privé marchand correspondent à ces emplois instables.

Sont essentiellement concernés par ces contrats les travailleurs les plus fragiles : les plus jeunes (moins de 25 ans), les moins qualifiés, les salariés à temps partiel.

Entre 1994 et 2000, l’emploi instable en intérim passe de 68 % à 80 % ; l’intérim est la forme d’emploi instable qui a connu une des croissances les plus fortes sur la période.

Or, le passage par l’intérim pour sortir du chômage semble être la solution la moins à même de garantir un retour vers une sécurité de la relation au travail ; c’est un choix essentiellement contraint, sans perspective d’avenir, la course perpétuelle à la mission suivante quand la précédente se termine, avec des taux de salaire fluctuant, aucune possibilité d’évolution...

La France est un des pays qui a le plus recours à l’intérim, qui constitue pour les entreprises un outil de gestion flexible du personnel ; l’intérim concerne environ deux millions de salariés.

Accès à l’indépendance des travailleurs : création d’entreprise, portage salarial.

Dans le contexte actuel où les trajectoires professionnelles sont devenues discontinues, instables, précaires, un certain nombre de travailleurs sont tentés par l’accès à l’indépendance. Cette solution apparaît soit comme une alternative à la précarisation, soit comme un accès à la mobilisation sociale devenue difficile ou impossible à l’intérieur du salariat.

Deux options principales se dégagent : le portage salarial, qui constitue en fait une solution intermédiaire entre salariat et statut d’indépendant, et l’entreprenariat (reprise ou création d’entreprise).

À noter que la création d’entreprise n’est jamais envisagée comme une solution de survie ; elle s’accompagne toujours d’un désir de réussite ou de mobilité sociale, ou au moins du maintien de son statut social. Ce choix constitue l’acceptation de la notion de risques, en opposition à la précarité qui est subie lorsqu’on est salarié.

1- Portage salarial.
Principe : le salarié porté est autonome, sans structure juridique propre, mais il n’est pas immatriculé en tant que travailleur indépendant ou constitué en société ;
il effectue lui-même sa prospection, trouve une mission à accomplir, dont il va négocier le prix avec la société cliente. La société de portage va jouer le rôle d’intermédiaire entre les parties : elle signe le contrat commercial avec la société cliente, qu’elle va également facturer, puis elle établit un contrat de portage avec le salarié porté, auquel elle versera un salaire.
La société cliente paie des honoraires à la société de portage.
La société de portage établit des fiches de paie pour le salarié porté, paie les différentes cotisations patronales (retraite, chômage...) ; elle devient donc son employeur pour la durée de la mission, et se rémunère en prélevant sa marge sur les honoraires perçus.

Le portage salarial constitue souvent pour le porté une transition entre le salariat et l’entreprenariat ; c’est une solution moins coûteuse et moins risquée que la création d’entreprise, qui peut permettre de tester la viabilité d’un projet.
Sont concernées essentiellement des populations d’encadrement évoluant dans des fonctions d’experts, consultants, formateurs, prestataires de services ; ils sont entièrement autonomes dans leur prospection et leurs relations avec l’entreprise cliente ; ils n’ont aucun lien de subordination avec la société de portage qui les rémunère (ce dernier point crée d’ailleurs un vide juridique dans le statut du porté dans son rapport à la société de portage ; en effet, la définition d’un salarié d’une entreprise est qu’il effectue un travail pour celle-ci, qui le rémunère, et qu’il doit exister entre les deux un lien de subordination).
Le portage salarial date des années 1980 et est en progression constante depuis.
Ses domaines de compétence sont la stratégie/l’organisation, les ressources humaines/la formation, la finance, le marketing-vente, la communication, l’informatique/télécoms, multimédia, la logistique.
Statistiques 2001 : il y aurait environ 18 000 portés, environ 10 000 sociétés ayant recours au portage ; CA généré par le portage : entre 700 et 800 millions de francs.

La limite du portage en tant que solution au chômage est qu’il concerne un type de population très ciblé : profils de cadres, autonomes, disposant d’un niveau de formation et d’un niveau de compétence souvent élevés ; bref, cela ne correspond pas au profil type de la population constituant l’essentiel des chômeurs de longue durée.

2- Création ou reprise d’entreprise.
En 2005, deux créateurs sur trois sont toujours à la tête de l’entreprise qu’ils ont créée en 2002, ce qui constitue un taux de survie raisonnable, à l’issue des trois premières années d’exercice, jugées les plus critiques. Ces 138 000 entreprises correspondent à 361 000 personnes employées.
70 % des entreprises se créent sans salarié au démarrage, et 27 % des entreprises pérennes sont créatrices d’emploi (en majorité, un à deux salariés). 50 % de ces entreprises restent des TPE (moins de dix salariés).
Les secteurs d’activités les plus dynamiques sont les transports, l’industrie hors agro-alimentaire, les services aux entreprises. La moitié des entreprises créatrices d’emploi entre 2002 et 2005 ont eu recours à des emplois occasionnels (intérim, CDD...).

Un créateur sur trois était au chômage quand il a créé son entreprise et un sur deux a bénéficié d’aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprise (ACCRE) ; ce qui explique sans doute pourquoi les moyens financiers pour commencer sont en général très faibles.
À noter que le taux de survie d’une entreprise progresse avec le montant des moyens investis au démarrage et que les projets conduits par des chômeurs perdurent moins que ceux conduits par des personnes précédemment en activité ; ces dernières étant motivées par une opportunité plus viable et non au moins en partie par la nécessité de créer son propre emploi pour sortir du chômage.

L’âge moyen des créateurs d’entreprise est de 39 ans, et les femmes n’en représentent que 29 % ; plus de 30 % ont un niveau supérieur au bac.

En conclusion de tout cela, on se rend compte qu’il vaut mieux être un homme, d’un niveau de formation relativement élevé, trentenaire, de profil cadre ou profession intermédiaire, autonome, géographiquement mobile, si l’on espère rebondir facilement et rapidement d’une période de chômage !

... Et là, je ne retrouve pas du tout, mais alors pas du tout le profil socioculturel des chômeurs de longue durée, puisque plus des 4/5e des chômeurs appartiennent aux classes populaires, employés et ouvriers à parts à peu près égales !

... Je laisse la parole à Jacques Rigaudiat, qui dans « le nouvel ordre prolétaire » analyse parfaitement la situation :

« Avec le ralentissement de la croissance, la création d’emploi s’est enrayée ; avec la poursuite de l’augmentation de la population active, un chômage de masse s’est développé ; avec la déstabilisation sociale qui s’en est ensuivie, la condition précaire s’est installée, devenant le principe de vie de couches populaires surplombées par l’horizon de la pauvreté. »

Enfin, la description du marasme social français actuel ne serait pas complète si je ne vous communiquais pas cette information :

En septembre 2006, seuls 46 % des chômeurs sont indemnisés par l’UNEDIC (contre 51,8 % en 2004).

Clairement, à l’heure où le chômage de longue durée et non indemnisé (donc sortant du calcul de certaines statistiques...), et son corollaire, la précarité, tendent à se développer, seul l’État dispose des moyens et du pouvoir pour inverser la tendance...
Mais, en dehors du problème lié à un manque de volonté politique, force est de constater que les modes de financement et de fonctionnement des organismes de solidarité et d’assurance chômage sont défaillants ; le régime d’allocation est devenu de plus en plus restrictif en termes de durée d’indemnisation, de montant d’indemnisation, et de conditions à remplir pour être admissible à ces aides.

 

Dans ces conditions, il devient indécent de parler d’ « assistanat », de stigmatiser des « profiteurs du système », car en considérant que des personnes puissent encore profiter du système d’assurance chômage français, il ne peut s’agir que d’une infime minorité, marginale à côté de l’immense majorité silencieuse qui désespère de s’en sortir dans une société égoïste et individualiste qui tend à leur reprocher de s’être mis eux-mêmes en situation d’échec.

Dans une troisième et dernière partie, nous visiterons brièvement les modèles nordiques et français, et développerons un peu plus le rôle que pourraient tenir l’Etat et d’autres organisations dans la résolution de cette crise de l’emploi.


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30 réactions à cet article    


  • La mouche du coche La mouche du coche 13 août 2007 13:12

    Voilà le genre d’article que nous ne voulons plus voir maintenant qu’internet existe. smiley Vous auriez dû le publier dans un journal officiel. smiley

    Pour trouver du boulot, c’est très simple. il suffit d’aller à l’ANPE. Ils sont gorgés de postes à pouvoir, qualifiés ou non.

    BOUGEZ-VOUS LE POPOTIN ! smiley


    • billou 13 août 2007 13:39

      Est-ce ironique ?


    • La mouche du coche La mouche du coche 13 août 2007 13:55

      Pas le moins du monde.

      Je vous invite à cliquer sur ce lien et vous y découvrerez la réalité qui n’a rien à voir avec votre article de chambre smiley

      http://www.google.fr/url?sa=t&ct=res&cd=1&url=http%3A%2F%2Fwww.ccip.fr%2Fupload%2Fpdf%2FCP_Emplois-non-pourvus06.pdf&ei=C0bARqboJoqewgHQ3riiCA&usg=AFQjCNEVE3LSVRwiYe7RlD7vIbR9cmL_Iw&sig2=lf5rNOtIAvVeg9sFjmzPnw ou http://64.233.183.104/search?q=cache:J2nLUTgCKJsJ:www.ccip.fr/upload/pdf/CP_Emplois-non-pourvus06.pdf+poste+non+pourvu&hl=fr&ct=clnk&cd=1&gl=fr&client=firefox-a

      http://www.google.fr/url?sa=t&ct=res&cd=1&url=http%3A%2F%2Fwww.ccip.fr%2Fupload%2Fpdf%2FCP_Emplois-non-pourvus06.pdf&ei=C0bARqboJoqewgHQ3riiCA&usg=AFQjCNEVE3LSVRwiYe7RlD7vIbR9cmL_Iw&sig2=lf5rNOtIAvVeg9sFjmzPnw


    • cniko 13 août 2007 15:33

      @ La mouche

      Vous n’avez lu qu’une partie du document ou seulement les chiffres qui vous intéresse et vous en tirez les conclusions qui vous conviennent.

      Le docuemnt de la CCI indique notament :

      "Les entreprises expliquent cette « pénurie de candidat » par un manque d’accompagnement des demandeurs d’emploi et des jeunes vers ces métiers qui recrutent, et par une formation qui n’est pas suffisamment en adéquation avec leurs attentes. Cependant, des efforts restent également à faire pour la valorisation du métier par les entreprises : une entreprise interrogée sur quatre avoue ne pas savoir mettre en valeur les atouts de son métier."

      Quand êtes vous aller à l’ANPE demander un travail pour la dernière fois ?


    • La mouche du coche La mouche du coche 13 août 2007 16:22

      « un manque d’accompagnement des demandeurs d’emploi » smiley

      Cnito, je vais vous accompagner. Venez avec moi et suivez ce lien : www.anpe.fr

      ne me remerciez pas c’est tout naturel. smiley


    • cniko 13 août 2007 16:35

      La mouche démagogue.

      Vous ne répondez pas à mes questions. Votre dérision ne saurait masquer votre manque d’argumentation.

      Et puis il faut savoir. J’ai pris cette information sur le lien que vous indiquiez et maintenant vous vous en moquez. Est cela le manque de rigeur intelectuelle ou est ce simplement de la mauvaise foi ?


    • bozz bozz 13 août 2007 17:06

      cniko, vos arguments n’ont pas la même valeur intrinsèque : le manque d’accompagnement est une opinion alors que le nombre d’emplois non pourvus est du domaine du fait...

      D’ailleurs je pense que cette opinion n’est pas basée sur la réalité, car les emplois les moins bien rémunérés ou les plus durs ne sont pas pris, non pas par manque d’information, mais par choix.


    • cniko 13 août 2007 17:26

      En quoi le manque d’accompagnement est une opinion et non un fait ?

      Toujours dans le même document : "Pour les jeunes et les demandeurs d’emplois, les raisons de cette inadéquation sont liées à : • la méconnaissance des métiers (40% des demandeurs d’emplois et 38% des jeunes se sentent mal voire très mal informés), • un décalage entre la réalité des métiers et l’idée qu’ils en ont, • un rejet des métiers manuels (50% des demandeurs d’emplois et 45% des jeunes), au profit des métiers de contact avec le client (84% des demandeurs d’emplois et 82% des jeunes), • une idée précise du métier qu’ils désirent exercer (85% des demandeurs d’emplois et 59% des jeunes)."

      A partir de ces chiffres, nous pouvons constater deux choses. Premièrement, le manque d’accompagnement et d’information existe. Deuxièmenet, il existe effectivement un choix, chacun souhaitant avoir des perspectives d’avenir et pas simplement un « job ». Alors certes, certains demandeurs d’emploi qui n’ont pas fait le nécessaire pour travailler dans un secteur particulier (i.e. pas d’étude, pas d’expérience...) ne peuvent pas légitimement refuser un travail qui correspond à leur manque d’expérience et de savoir faire ou de connaissances, mais pour les autres, qui ont suivi des études, ont une expérience, comment leur demander de prendre le premier emploi poubelle venu ? Comment faire passer une étudiante qui a mal été orienté vers un diplôme sans débouché vers le BTP ou l’hotellerie ?

      Par ailleurs, on remarquera que parmi les 100 000 emplois vacants, nombre d’emplois requièrent une expertise et pour les autres n’offrent aucun débouché, avec un salaire au plus bas et des conditions de travail particulièrement dures. Si on vous proposait d’aller construire un mur en plein hiver ou en pleine canicule (pas cet été), accepteriez vous ou chercheriez vous autre chose ?


    • bozz bozz 13 août 2007 17:57

      cnicko, vous devriez savoir que nous pouvons faire dire ce que nous voulons à ces chiffres ! quel est l’échantillonnage ? qui leur pose la question et comment ? quelle est la corrélation entre les catégories socio-pro. ? etc... comme pour tout sondage il faut en savoir un peu plus que le premier abord...

      ensuite comment peuvent-ils prouver aujourd’hui qu’il s’agit d’un manque d’information ? ils ont testé des populations homogènes et similaires ? une avec info et une autre sans info ? l’augmentation des effectifs d’accompagnateurs change réellement la pénétrance des infos ? où sont leurs études ? est-ce une question de suivi ou plutôt de bottage de cul avec sanction à la clef qui change les données ??? les éventuels résultats se portent-ils sur des emplois non pourvus ou sur des emplois créés spécifiquement (en créant la demande chez les employeurs comme pour les boîtes privées utilisées pour « recycler » du rmiste dans certains coins de france....)

      questions complexes qui sans plus d’études ne restent que du domaine de l’opinion alors que un nombre d’emploi non pourvu est un chiffre réel, vérifiable du domaine du fait !

      POur ce qui est de la pénibilité des emplois, ils seraient tous pourvus si ce n’était pas plus rentable de rester chez soi que de travailler, ce qui est malheureusement trop souvent le cas au vue des salaires proposés...

      pour votre information, les métiers du bâtiments sont certes pénibles mais sont très rentables et fournissent un avenir et une réelle chance de promotion sociale et d’évolution de carrière contrairement à ce que vous semblez croire !


    • cniko 13 août 2007 18:35

      Le document ne décrit certes pas les conditions de l’étude, mais après tout ce document est la base de l’argumentation de la mouche pour dire que les chômeurs sont des feignants qui ne prennent pas les emplois disponibles. Me basant sur le même document je cherchais à lui démontrer que son analyse pouvait être vue fort différement. Cependant les chiffres étant produits par la même instance (la CCI de Paris) on peut imaginer que l’étude ai été faite avec un minimum de sérieux.

      Votre argument sur les populations similaires avec info / sans info est pure réthorique. Maintenant, j’ai trouvé il y a quelque temps une statistique (désolé je n’ai plus la source mais elle semblait fiable) qui indiquait qu’un très faible pourcentage (- de 10% si je me souviens bien) des étudiants entrant en fac avait au préalable rencontré un conseiller d’orientation. En outre, j’ai des témoignages concret, de l’ordre du fait avéré, qui me poussent à croire que le manque d’information et de formation sont importants.

      Les 100 000 emplois vacants. Comment se décomposent ils ?

      Je ne dénigre pas les métiers du bâtiment, au contraire mon beau père m’a bien expliqué à quel point ces métiers sont pénibles. Mais ici encore il faut un minimum de technicité...


    • karg se 13 août 2007 19:49

      Sur un chantier moderne, il suffit pas d’avoir des bras, il faut savoir s’en servir...c’est différent d’y il y 40 ans où on embauchait à tous vas et on formait sur le tas...


    • Barbathoustra Barbathoustra 13 août 2007 21:00

      La mouche,

      Je peut vous comprendre mais pourquoi du mépris ? C’est par jalousie de voir que d’autres n’en bavent pas autant que vous ? Vous faites quoi comme boulot exactement ? Je vous demande ça car j’ai dans mon entourage beaucoup de gens qui réagissent comme vous, à commencer par ma compagne. Et quand elle en arrive là, c’est généralement que son boulot la fait chier plus qu’autre chose ...


    • bozz bozz 13 août 2007 23:04

      « Le document ne décrit certes pas les conditions de l’étude, mais après tout ce document est la base de l’argumentation de la mouche pour dire que les chômeurs sont des feignants qui ne prennent pas les emplois disponibles. »

      ce n’est pas vraiment ce qu’il dit ! il dit que ce qui est étrange c’est qu’il y ait des emplois non pourvus alors que nous avons presque 2 millions de chômeurs, et que ces chômeurs pourraient très bien les prendre ces emplois si ils le voulaient

      « Me basant sur le même document je cherchais à lui démontrer que son analyse pouvait être vue fort différement. Cependant les chiffres étant produits par la même instance (la CCI de Paris) on peut imaginer que l’étude ai été faite avec un minimum de sérieux. »

      alors là vous ne connaissez pas les chambres de commerce mon ami ! du sérieux là dedans ? bonne rigolade même les statistiques de l’insee peuvent prêter à confusion et pourtant elles sont faites avec toute la rigueur scientifique nécessaire alors une chambre de commerce...

      « Votre argument sur les populations similaires avec info / sans info est pure réthorique. »

      bien sûr que non puisque ce serait la seule manière rigoureuse de confirmer cette assertion ridicule qui vous sert d’argument

      « Maintenant, j’ai trouvé il y a quelque temps une statistique (désolé je n’ai plus la source mais elle semblait fiable) qui indiquait qu’un très faible pourcentage (- de 10% si je me souviens bien) des étudiants entrant en fac avait au préalable rencontré un conseiller d’orientation. »

      Je trouve même que c’est une bonne chose (et je sais très bien de quoi je parle !) les conseillers d’orientations ne connaissent rien du tout dans les filières universitaires, tous les ans j’ai des étudiants qui me racomptent leur parcours et les conneries que leur racomptent ces fameux conseillers... c’est pas du joli joli surtout pour les filières non linéaires !

      « En outre, j’ai des témoignages concret, de l’ordre du fait avéré, qui me poussent à croire que le manque d’information et de formation sont importants. »

      ah et quels sont-ils ? le manque d’information sur les débouchés des formations, oui, sur le contenu des formations, oui, mais sur l’accompagnement des chômeurs, c’est plus vague....

      « Les 100 000 emplois vacants. Comment se décomposent ils ? »

      là je n’en sais rien je ne peux que supposer que ce ne sont pas des métiers de la finance bien rémunérés ou des métiers planqués à 32h/semaine avec 82 jours de vacances (cas réel dans certaines assurances)

      « Je ne dénigre pas les métiers du bâtiment, au contraire mon beau père m’a bien expliqué à quel point ces métiers sont pénibles. Mais ici encore il faut un minimum de technicité... »

      technicité, pour le batiment plus vraiment, on ne demande pas à un plâtrier de savoir faire du stucage mais de poser des moulures, à un charpentier de dégrossir lui-même les poutres etc... non par contre ils sont difficiles mais rémunérateurs pour comparaison un enseignant en université gagne en moyenne 2500 euros alors qu’un maçon gagne le double très rapidement si il est suffisament malin pour créer sa boîte...


    • La mouche du coche La mouche du coche 13 août 2007 23:44

      Barbathoustra a bien parlé, mais son nom est trop compliqué pour que je puisse lui répondre facilement.

      Effectivement la plainte et la justification de la plainte des chomeurs par cet article est pénible quand on travaille et qu’il y a du boulot partout.

      Non, mon travail ne m’ennuie pas, mais en ce moment j’ai effectivement du mal à trouver le passage pour avancer. Alors je tourne en rond et cet article m’a énervé avec ces conseils façon XIXème siècle lutte finale. Il manquait d’air.

      Désolé smiley


    • cniko 14 août 2007 11:28

      @ bozz

      Mon expérience avec la conseillère d’oirentation a été bénéfique de même qu’elle l’a été pour plusieurs amis. Si je regarde autour de moi, ceux qui y sont aller ont aujourd’hui de meilleurs boulots que ceux qui n’y sont pas allé.

      En ce qui concerne les emplois qui ne trouvent pas preneur, sachez que les banques ont actuellement du mal à recruter, que les SSII sont en pleine galère pour recruter et qu’il en va de même pour les assurances car le personnel qualifié vient à manquer dans ses métiers. L’hotellerie a également beaucoup de mal à trouver du personnel, qualifié ou non mais vu les difficultés du secteur et le manque de perspective d’avenir pour un non qualifié dans ce milieu, oui les chômeurs ne s’y précipitent pas.

      Pour qu’un maçon ouvre sa boîte il lui faut expérience et savoir faire. Allez dire au plombier, au soudeur, à l’électricien, au chauffagiste... que leur métier s’apprend du jour au lendemain.

      Globalement, le fait qu’il y ait des emplois disponibles tient à plusieurs phénomènes :
      - existence d’emplois qualifiés et manque de personnes répondant aux critères des postes disponibles
      - existence d’emplois non qualifiés refusés par le chômeurs ayant une qualification
      - existence d’emplois non qualifiés refusés par des chômeurs sans qualification.

      C’est cette dernière catégorie qui est condamnable, et encore faut il prendre en compte la géographie. L’ANPE considèrant désormais que tout emploi en Ile de France correspond à une seule et même zone géographique. Dès lors, ils peuvent proposer à un chômeur un emploi qui implique 4h de transport par jour voir plus. Alors oui, que l’on condamne ceux qui refusent un travail sans prétexte valable de qualification et/ou de géographie, d’accord. Ils n’ont pas à profiter du sytème. Pour les autres, le système doit leur permettre de rebondir et d’accéder à un emploi qui corresponde à leurs attentes raisonables.


    • cza93 cza93 13 août 2007 13:50

      DEUXIEME PARTIE : Quelques pistes pour une sortie de crise ...

      (début de la 2e partie de l’article 6 - 3 parties au total ; ce début qui a été retiré de la 2e partie rend la compréhension un peu difficile si on prend l’histoire en chemin ...)


      • cza93 cza93 13 août 2007 13:52

        le « 6 » qui apparait dans le commentaire est une coquille !!! dsl


        • tvargentine.com lerma 13 août 2007 14:03

          Moi j’attend toujours mon logement social ma chere « camarade » ,alors avant de donner des leçons de morales et des discours démagos commencez par faire des choses pour les citoyens français qui cherchent à se loger plutôt qu’a nous faire des discours démagos et populistes et en plus à vouloir nous donner des leçons sur ce que vous ne connaissez pas !

          Non,franchement je préfére encore Nicolas Sarkozy comme 80% de français


          • cniko 13 août 2007 15:41

            @ Lerma,

            Vous qui critiquez tant les focntionnaires et les bénéficiaires de RMI, chômage et autres acquis sociaux, vous qui défendez le libéralisame le plus dur (et ce à grand renfort de démagogie et de populisme), vous voila demandant un peu de social pour vous même... Restez donc fidèle à vos idées Lerma, continuez à cracher sur notre système social mais n’en demandez pas les avantages dans ce cas !

            Et pour info, seul 30% des Français ont voté pour Sarko au premier tour. Vous qui critiquez l’objectivité des sondages n’allez pas vous cacher derrière l’un deux pour justifier votre propos tout de même ?


          • Barbathoustra Barbathoustra 13 août 2007 22:22

            Lerma ne défend pas le libéralisme le plus dur, au contraire il le rejette. C’est ce paradoxe qui fait le charme de ses interventions ...


          • cza93 cza93 13 août 2007 14:12

            ça ne fait que conforter ce que j’écrivais dans la 1ere partie de cet article, publiée semaine dernière ... rien de plus !


            • MagicBuster 13 août 2007 16:02

              Mon amie de 19 ans qui veut faire un métier dans la restauration a déjà trouvé son école, son maitre de stage et son employeur.

              Pour l’instant à part payer les assurances, fournitures et autres .... j’ai pas reçu beaucoup d’aides.

              C’est sûr qu’il ya des secteurs qui recrutent ... mais si c’est pour gagner 500 euros par mois toute sa vie ... ça fait réfléchir.

              En Septembre, si on n’obtient aucune aide, ça sera fini la formation et elle ira faire caissière, ça paye mieux et c’est pas les mêmes horaires.

              Le monde libéral , c’est bien pour monter mes prix, mais apparemment , pas assez biezn pour augmenter les salaires...


              • melanie 13 août 2007 17:33

                Exellent article et quasi exhaustif.

                Et commentaires du début d’une inanité crasse - ch "Mouche à ....- Lisez Alternatives Economiques, l’Economie Politique , allez voir le Blog de Cadremploi.fr - brillant, drôle et saignant- et les sondages récurrents sur la zénitude et la béatitude des travailleurs précaires et pauvres et des cadres sans avenir à 40 ans .... ça vaut son pesant de cacahouettes et c’est pas brillant.

                Allez voir ce que pensent les cadres du slogan marketing « travaillez plus pour gagner .....moins » - je rigole, bien-sûr...- .

                Allez-vous le blog de Cadremploi , c’est édifiant et affolant.

                Chomeurs - RMIstes ou Ass aussi- et précaires - Cdd, Temps partiels, Contrats d’Interim - représentent actuellemnt 40 % de la population française. Les radiations pour faire baisser mécaniquement le chômage ont augmenté de 147 % en 2006 / 2005 en Languedoc Roussillon. Respire, c’est du lourd. Encore un petit effort et on aura 5 % de chômeurs ...dans les statistiques.

                L’ANPE, elle n’a jamais rien proposé de croustillant et les annonces se raréfient .

                A part ça « tout va très bien »Mouche Du -----" ! !????


                • karg se 13 août 2007 19:43

                  Des choses biens, par contre sur la décroissance je vous suis pas du tous.

                  Ce concept n’a plus de sens dans la mesure où l’économie est en partie découplé des ressources naturels.

                  On pourrai parler de décroissance de la pression anthropique, mais la croissance économique n’est pas un indicateur fiable de dégradation de l’environnement, jetez un coup d’oeil au rejet de CO2 par dollars de PIB, c’est saisissant.

                  Il faudrai plutôt cherche des indicateurs plus pertinent...


                  • Cadre Modele 14 août 2007 13:08

                    Tant je partage globalement votre avis, tant je suis plus réservé sur votre analyse sur le travail temporaire.

                    L’intérim : Retour à l’emploi ou précarité accrue ?

                    Cet acteur de plus en plus incontournable pour un premier ou un dernier emploi permet à plus de 2 millions de personnes de travailler sur une durée jugée toujours trop courte. Plus de 3% des actifs en France.

                    Que recherchons-nous ? Une rémunération (salaire interim + indemnités chômage) Un logement (Locapass) Une mutuelle santé (Fasttmut) Des avantages sociaux (Formation, Bourses d’études et de vacances, action sociale)

                    Les contreparties ? La mobilité L’adaptabilité La ponctualité Le professionnalisme

                    Les dérives ? Les questions de l’accueil, d’organisation, de recrutement et de fidélisation.

                    Des progrès sont à réaliser, des progrès sont réalisés chaque jour.


                    • cza93 cza93 17 août 2007 20:58

                      Merci pour cette contribution sur le sujet de l’interim ; point intéressant à mon avis ... personnellement je l’ai vécu sous 2 aspects / 2 conditions :

                      1/ jeune entrant sur le marché du travail il y a bientot 20 ans : je sortais de fac, donc aucun savoir professionnel pratique ; à l’époque, l’intérim m’a lancée dans le sens où il m’a permis d’appréhender petit à petit le milieu pro, de prendre des missions de plus en plus évoluées, et j’ai pu obtenir des formations (informatique notamment) via l’intérim. Par ailleurs quand on est jeune et qu’on s’installe, le fait d’augmenter un salaire avec des primes et heures supp’, ce n’était pas négligeable.

                      2/ actuellement : je ne retrouve pas de CDI selon mon profil, donc je prends des missions interim longues sous qualifiées mais qui me permettent de m’en sortir financièrement parlant, de ne pas attendre derrière mon téléphone un job hypothétique, bref je ne suis pas à la charge de la société, je m’assume, je bosse ... MAIS plus le temps passe et plus je dévalorise mon CV car je n’exerce plus la fonction (cadre) qui constitue mon métier de base ...et j’ai peur de m’enfoncer ainsi dans des missions de plus en plus précaires et de plus en plus loin de mon métier et de mon expérience ... Jacques Rigaudiat analyse très bien dans son livre cette situation très courante désormais ; c’est une de mes sources entre autres sur l’emploi, mais le conseil économique et social aborde aussi le sujet ... avec l’interim, on s’en sort à court terme ... mais à long terme, on se met une sacrée corde au cou ... même si lors d’un entretien on peut expliquer que l’on a accepté des jobs alimentaires pour assurer le quotidien , ce n’est pas facile à défendre le fait d’accepter des jobs sous-qualifiés, ça fait suspect, même en période de chomage élevé ...


                    • carnac carnac 15 août 2007 18:40

                      le problème ce n’est pas de trouver un travail, c’est de trouver un travail de « qualité » suffisante pour qu’il vous permette au moins de subvenir à vos besoins fondamentaux ce qui est loin d’être le cas des métiers en tension que « la mouche du coche » signale

                      c’est là que le bât blesse on nous dit : "La CCIP a retenu pour cette étude six secteurs d’activité représentatifs des difficultés de recrutement : BTP, hôtellerie-restauration, informatique, gardiennage-sécurité, propreté, transport, ainsi que deux métiers transversaux : les métiers de commerciaux et de la maintenance."

                      comme par hasard

                      - l’hôtellerie restauration vient d’être épinglée par un rapport qui en dit long sur les conditions de travail qui s’y pratiquent ,
                      - le BTP est le champion des accidents du travail (perdre sa vie à la gagner) ,
                      - le gardiennage sécurité et la propreté sont les rois des contrats à temps partiels générateurs de pauvreté ,
                      - le transport fraude à qui mieux mieux sur les temps de conduite,
                      - les commerciaux voient leurs objectifs réévalués en dehors de toute considération de la réalité du marché sur lequel ils interviennent donc ils n’ont souvent que la solution de changer d’entreprise pour ne pas voir au fil du temps s’effriter leurs ressources et sont souvent « à la rue » dès 50 ans atteints ...

                      On a déconsidéré le travail manuel donc la maintenance en pâtit par manque de personnels formés pourtant on peut très correctement gagner bien sa vie dans ces métiers : mais qui parmi nous a orienté un de ses enfants vers ces métiers ?

                      Par contre les conditions d’emploi des ingénieurs .... en informatique se dégradent à une telle vitesse qu’il vaut mieux monter sa propre entreprise pour s’en sortir.

                      De mon point de vue de conseillère prud’homale on a tout fait pour avoir les problèmes de recrutement que l’on a actuellement et plutôt que de stigmatiser « le » chômeur il vaudrait infiniment mieux offrir des « emplois » de « qualité ».

                      Autre difficulté : c’est un fait qu’un niveau « suffisant » de chômage fait espérer à plus d’un entrepreneur d’avoir de la main d’oeuvre à bas coût ... Le chômage est donc pour partie tout à fait cyniquement « organisé » car nombre d’entreprises ne souhaitent nullement s’attacher vos compétences.

                      Les effets d’aubaine dont le très controversé CNE n’auraient pas ce succès si fonctionnait une véritable responsabilité sociale des entreprises , une sorte de déontologie de reconnaissance de la « valeur du travail ».

                      Une telle déontologie fonctionne infiniment mieux en Allemagne où la tradition d’un dialogue social est très ancrée.


                      • cza93 cza93 17 août 2007 21:09

                        merci de votre contribution, elle apporte un éclairage nécessaire à mon article car je suis un peu attristée des commentaires sur les « feignants » qui refusent du boulot !!! ... ces gens ne prenant pas en considération qu’il n’y a pas forcément adéquation entre les profils des chômeurs et ceux des jobs à pourvoirs, que les types de contrats et niveaux de salaire peuvent aussi poser problème, que la façon dont les chomeurs sont gérés par l’ANPE n’est pas optimale, bref on ne va pas réécrire l’article, il est assez long ...

                        Plus sérieusement, j’aurais aimé savoir si vous avez un avis sur le portage salarial ... j’en entends de plus en plus parler mais ne connait personne qui s’y soit frotté donc je manque d’info sur le sujet ; il me parait cependant qu’il se situe sur un vide juridique étant intermédiaire entre statut salarié et statut indépendant, ce qui peut poser problème en cas de litige avec la société de portage. Tout cela est-il bien sérieux ?


                      • Laurent13 29 août 2007 07:55

                        Je vous encourage à visiter ces adresses sur mon blog à ce sujet :

                        http://www.laurentderauglaudre.com/article-623700.html http://www.laurentderauglaudre.com/article-893838.html

                        Pour avoir moi-même été en portage salarial pendant plus de 2 ans, avoir créé mon entreprise et offrir maintenant le service de portage salarial à plusieurs consultants, je pense que cette formule est moderne, simple et efficace pour tenter sa chance, avant éventuellement de monter sa boite.

                        Souvent, les candidats au portage « se tatent » sur leur motivation et leur capacité à prendre leur autonomie par rapport au salariat. La formule du portage convient à tout le monde : le consultant qui conserve un statut de salarié, l’entreprise client qui trouve le consultant adéquat, la société de portage qui offre un service d’accueil en échange d’une commission.

                        Bien sur, il y a des vides juridiques. Mais ils finiront par être comblés. La loi évolue avec les moeurs, et cette formule crée des emplois. Que peut reprocher le législateur à un système où les entrepreneurs en herbe trouvent un galop d’essai sans risquer les dégats potentiels du dépot de bilan ? Plusieurs de mes consultants « portés » sont retournés en entreprise. D’autres ont créé leur structure. D’autres enfin préfèrent me confier leur gestion et garder le statut et les avantages du salariat (cotisation aux assedic en particulier).

                        J’espère que ce commentaire aide à mieux comprendre...

                        Laurent


                      • MRI MRI 17 août 2007 12:20

                        Je constate encore que le thème de l’emploi suscite des réactions émotionnelles vives et que le débat n’est pas facile dans ce domaine non-plus ! En fait je pense et je constate tous les jours que chacun voit les problèmes autour de l’emploi avec ses yeux, selon la position qu’il a : salarié comme employé, cadre, heureux ou malheureux au travail, ancien chômeur, salarié n’ayant jamais été au chômage, employeur, etc. L’égo est très important quand on parle de l’emploi : « Moi je ne suis pas un fainéant ! » Sous-entendu, ceux qui ne bossent pas le sont... ; « Il y a du travail pour ceux qui veulent en chercher ! » Sous-entendu moi j’en ai et je fais partie de ceux qui ont réussi... Les exemples ne manquent pas pour dénigrer ceux qui n’ont pas d’emploi. Quand on observe le phénomène du chômage de l’intérieur en cotoyant ou en aidant les chômeurs, on peut avoir une autre vue, une autre opinion. Il ne s’agit pas de dire qu’il n’y a pas de fainéants parmi les chômeurs, mais sûrement pas plus que dans la population active. La situation de chômeur est difficile, sur le plan personnel, psychologique, social et souvent la personne se sent coupable, en perte de confiance, désarmée. Alors il faut prendre de la hauteur et ne pas généraliser. Par exemple les emplois non pourvus en France sont la plupart du temps des emplois peu rémunérés, aux conditions de travail déplorables et précaires, ... ceux qui refusent de les prendre ont souvent déjà travaillé dans ces secteurs et n’en veulent plus, n’en peuvent plus ! La précarité augmente avec l’intérim et les contrats courts ou saisonniers et certains chômeurs ne travaillent que comme cela depuis des années : comment les critiquer ! Bref il y a les bla-bla autour de l’emploi et la réalité que côtoient les chômeurs passagers et récidivistes et les travailleurs de l’emploi. Malgré tout, toute expression dans le domaine est importante et doit être respectée. Merci.

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