• mardi 22 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Economie > En finir avec la croissance ?
30%
D'accord avec l'article ?
 
70%
(17 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

En finir avec la croissance ?

Malgré l’apparente bonne santé de l’économie française (croissance à 2,4%, chômage à 7,5 %...), les Français bougonnent. Un représentant du MEDEF s’exclamant même "Je vois pas pourquoi les Français ne sont pas contents !". N’est-ce pas l’ensemble des indicateurs économiques qu’il faudrait revoir, corriger ou adapter ? Le retard des sciences économiques n’est-il pas préjudiciable à nos activités ?

Joseph Stieglitz, prix nobel d’économie en 2001 et conseiller de Bill Clinton, estime à 3000 milliards d’euros les dépenses engagées dans la guerre en Irak alors qu’au début du conflit, Donald Rumsfeld les estimait en tout et pour tout à 60 milliards. En incluant les dépenses de santé des rapatriés d’Irak (dont on sait que 50% reviennent estropiés), il met le doigt sur un système qui, comme un effet de levier, permet à un pays de maintenir une croissance de son PIB au moyen de catastrophe (climatique, guerrière...). Patrick Viveret prenait, lui aussi, l’exemple d’AZF, qui avait engendré une croissance de l’économie.

L’économie de marché a besoin de deux choses pour fonctionner : Du mouvement et de la concurrence. C’est une forme de relation de couple qui sans mouvement et sans concurrence... meurt petit à petit. Dans Annie Hall, Woody Allen comparait le couple à un requin qui doit "avancer" et se battre pour survivre, "nous avons là un requin mort" concluait-il... "Nous avons donc un système mort" pourraient lui rétorquer d’autres économistes.

La concurrence n’est plus symétrique, elle est asymétrique : fin du bloc communiste qui a constitué un fantasme menaçant durant une demi décennie et permis un maintien de la cohésion américaine, émergence de la Chine qui tend à prendre, paradoxalement, ce relais tout en constituant le véritable "moteur" de l’économie mondiale.

Le mouvement économique peut être positif : innovation, création... mais aussi négatif pour les populations : guerre (voir les 30 glorieuses de Fourastié), catastrophe climatique, accidents... qui engendrent des dépenses donc des recettes...

Cette mésentente entre indice et réalité vient d’une des erreurs actuelles du capitalisme moderne : une netreprise qui accroît son bénéfice ne les redistribue plus assez aux salariés. Une entreprise qui fait des bénéficespréfère délocaliser (économie d’échelle). Donc un pays en forte croissance a plus de chance de voir des délocalisations, un travail flexible imposé voir un niveau de vie qui régresse.

En ce sens, Lorsque Nicolas Sarkozy en appelle à Amartya Sen ou à... Joseph Stieglitz, pour refonder ces indicateurs économiques, il a bien cerné ce phénomène d’inadéquation entre l’indicateur et la réalité. Cependant l’IDH, l’indice de développement humain, est lui aussi contesté par certains économistes ou sociologues bien que prenant en compte des réalités sociales (taux d’alphabétisation, niveau de vie...), il ne peut à lui seul convenir d’une réalité vécue.

Il existe d’autres indicateurs pertinents : ISS (indice de santé sociale), créé aux Etats Unis, qui recoupe 16 paramètres sociaux... Le IPH (Indice de Pauvreté Humaine) qui se base sur les "manques", le BIP 40...

Au lieu d’"aller chercher le point de croissance" avec les "dents" (de requin), il s’agirait de résoudre un problème de clarification de ces indicateurs afin que les "ménages", au moral si sensible, puisse évaluer les politiques économiques mises en place. Nous retrouvons là l’une des interrogation d’un très célèbre économiste américain John Kenneth Galbraith, sur le décalage entre l’évolution des technologies, des sciences et la lenteur du progrès des sciences économiques, de la sociologie qui empêche toute "transparence" dans le marché, transparence qui est l’un des piliers du capitalisme.

Peut- être la solution des problèmes d’indices viendrait que nous devrions non pas combiner les chiffres en un seul mais toujours citer l’ISS avec le PIB, ou l’IDH afin qu’avec plusieurs sources tout un chacun puisse se situer, se repérer...

par antoineb samedi 7 juin 2008 - 13 réactions
30%
D'accord avec l'article ?
 
70%
(17 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par spartacus1 (xxx.xxx.xxx.105) 7 juin 2008 18:47
    spartacus1

    Vive l’économie ultralibérale (ou même libérale tout court) !

    Comme chacun le sait, construire un mur et le démolir 2 mois plus tard, ce n’est pas une opération blanche, mais deux opérations de développement qui accroissent le PNB.

    Croire qu’une croissance, même modeste de 0,5 % par année, illimitée est possible dans un monde limité est soit le fait d’un fou, soit le fait d’un économiste.

    La "science" économique n’est qu’un vaste leurre, une agitation pseudo-intellectuelle, certains diraient de la masturbation intellectuelle. Je suis relativement bien placé pour en parler : j’ai fait des études d’économie ! Heureusement, j’ai changé de voie depuis.

  • Par Thierry LEITZ (xxx.xxx.xxx.30) 7 juin 2008 23:36

    La croissance du PIB, un indicateur commode pour éviter d’affronter la VRAIE question des inégalités criantes, source de ce décalage entre stats et ressenti populaire. J. Stieglitz et JKG sont pertinents.

    On parle du "gâteau", plus il grossit, plus c’est beau... Et on explique au peuple inculte qu’avant de distribuer du revenu il faut en créer. (donc : bossez plus ! ) Mais oui...

    1/ Tant qu’il n’y aura pas une critique massive des inégalités, de l’excès de richesse de certain face à l’excès de pauvreté d’autres, rien ne changera.

    Gagner 1 million d€ en jouant quelque heures au tennis, fut-ce à haut niveau après des années d’entrainement, n’a rien de logique, ni de moral. Cet argent venu des sponsors et annonceurs est prélevé dans la VALEUR AJOUTEE des entreprises en ce qu’elle la réduit, limitant ainsi les possibilités de relèvement des plus bas salaires. Et cette VA, c’est le fruit du travail de tous, pas spécialement (voire pas du tout) de quelques (gros) actionnaires qui s’en répartissent discrètement et sans contre-avis l’essentiel.

    Les salaires des haut PDG, (+500 K€ annuels) décidés en conseils d’ad., les rentes des sportifs, des stars du showbusiness sont une insulte à l’idée de justice et d’humanisme. Rien de rationnel ne peut justifier cela. L’excuse du "marché" même si c’est un fait ne justifie pas ces excès. Les niveaux de rémunérations alloués sont le résultat soit d’une surenchère entre riches, hors mérite réel, du genre de celles qu’on observe dans les salles d’adjudication comme Christie’s, soit d’une simple cooptation avec retour d’ascenseur... Mais l’argent vient, in fine, du travail régulier des salariés, de l’ouvrier à l’ingénieur. VOTRE ARGENT.

    2/ Tant que les bénéficiaires de ces excès n’y renonceront pas d’eux-mêmes, par scrupules d’ordre moral, pour les modérer, rien ne changera.

    TOTAL 1/ et 2/ probablement hélas, rien ne changera. Nous sommes donc tous responsables de laisser faire, d’admirer, de jalouser sans critiquer sur le fond l’EXCES des inégalités.

  • Par Blé (xxx.xxx.xxx.186) 8 juin 2008 08:17

    Je ne comprends pas très bien quand Le péripate dit que le bonheur dépend plus de soi que du P I B.

    Pourquoi avoir inventé le P I B ? Après chaque catastrophe (guerre ou naturelle) le PIB d’un pays augmente. C’est tellement vrai que l’un des crédo de l’économie de marché est de multiplier les conflits afin d’engraisser les actionnaires des entreprises de la mort. Regarder d’un peu plus près les cours de la bourse, pas besoin de sortir de polytechnique pour s’en apercevoir. D’accord ce genre d’info ne fait pas la une des médias mais elle fait partie de la réalité quotidienne des terriens.

    N’oublier pas les nouvelles technologies au service de la surveillance des citoyens et au service de la lutte contre le terrorisme. Ces industries augmentent le PIB du pays mais quand les caméras surveillent à tous les coins de rue, quand je dois montrer patte blanche dans tous les actes de la vie, je doute que la bonheur dépende vraiment de soi.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox