A l’heure du renchérissement du pétrole et des questions sur la sureté du nucléaire, nos choix énergétiques conditionnent l’économie et notre développement pour les années à venir. Cependant, force est de constater que dans la période électorale actuelle, cette question cruciale n’est pas suffisamment abordée.
Pourtant, chacun devrait se positionner sur le sujet et pas les « seuls intellectuels et écologistes », comme l’indique Michel Rousseau, Président de la Fondation Concorde, qui a commandité une étude IFOP sur l’opinion des dirigeants d’entreprise vis-à-vis des prix de l’électricité.
Le prix de l’électricité : un avantage compétitif
Ces derniers ne sont conscients qu’à une très courte majorité (51 %) de leur avantage compétitif par rapport à nos voisins européens en termes de coûts d’électricité, puisque cette énergie coûte 8,01 c. € /Kwh en France, contre 11 c. € / Kwh en moyenne en Europe. Cependant, ces patrons sont quasi unanimes à considérer que cette situation va se détériorer et croient à une augmentation des prix dans les mois à venir (à 88 %).
Sur les causes d’une telle évolution, à la question posée par l’IFOP, de savoir si « une baisse de la part du nucléaire dans la production d’électricité française entrainerait une hausse des prix de l’électricité », ils répondent oui à 82 %. Ils se prononcent donc logiquement, à 60 %, opposés à la réduction de la part du nucléaire dans la production énergétique française.
Par contre, ils ne sont que 31 % à estimer que « développer fortement les énergies renouvelables » ferait augmenter les prix.
Les énergies renouvelables : un choc pétrolier ?
Toutefois, la Fondation Concorde « très attachée à l’efficacité économique du pays » pointe que les énergies renouvelables « ont un caractère intermittent qui ne leur permet pas toujours de fournir de l’électricité au moment où l’on en a besoin ». Pour elle, « la perspective de voir les énergies de substitution renchérir nos prix de manière considérable aboutirait à l’équivalent d’un nouveau choc pétrolier inacceptable pour les entrepreneurs et ruineux pour notre économie ».
De fait, pour faire face à la perspective d’une forte hausse des prix de l’électricité (qu’elle qu’en soit la cause), les chefs d’entreprises interrogés par l’IFOP envisagent comme solutions : à 93 % une délocalisation de toute ou partie de leur activité et à 88 % des licenciements dans leur entreprise. Toutefois, ils ne sont qu’une faible majorité à envisager la mise en place d’un plan d’économies d’énergie (50 %), une baisse significative de leur marge (52 %) ou une répercussion sur les prix (52 %).
Une délocalisation énergétique ?
Par contre, le sondage ne dit vers où ces chefs d’entreprises envisageraient de délocaliser leur activité et si ils espèrent ainsi trouver une énergie moins chère alors que, par exemple, elle est actuellement vendue 4 c € / KwH plus cher chez nos voisins allemands.

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