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Accueil du site > Actualités > Economie > Entreprises françaises : crise de représentativité ?

Entreprises françaises : crise de représentativité ?

Comme Nicolas SARKOZY précédemment, Ségolène ROYAL a rencontré les deux principaux syndicats d’employeurs : Le MEDEF et la CGPME.

Au delà des habituelles revendications catégorielles, on voit poindre chez les deux syndicats des préoccupations différentes

Le MEDEF pointe sur « la nécessité de cibler les aides publiques de l’Etat et des collectivités locales sur les entreprises qui innovent, exportent et créent de la valeur ajoutée sur le territoire français ».

Mme Parisot, précise-t-elle, « s’est déclarée favorable à une simplification des aides aux entreprises »

Dans le domaine social, Mme Parisot. A déclaré « Nous sommes d’accord sur le fait qu’il faut qu’il y ait des adhésions plus massives aux organisations syndicales »

La CGPME quant à elle déclare : Mme Royal a paru "tout à fait ouverte" à un "Small Business Act à la française" réservant une part des marchés publics aux petites entreprises et le Président de la CGPME d’ajouter "Je crois qu’elle a compris notre proposition (...) d’un allègement de charges sur les 150 ou 200 premiers euros de tous les salaires"

Bref, tout va pour le mieux en on pourrait penser que le dialogue entre employeurs et salariés va profiter à tous.

Or que constate t-on en regardant de plus près la réalité des entreprises françaises ?

71% des patrons de TPE ne sont pas syndiqués et ils ne sont que 38% à considérer que les syndicats patronaux défendent bien les intérêts des entreprises

Si on se réfère au classement de satisfaction chez les syndiqués :

45% plébiscitent les syndicats de branche
42% le MEDEF
27% l’UPA
26% la CGPME
19% l’UNAPL

Il faut ajouter à ce résultat que ces fédérations patronales sont inconnues de plus d’un dirigeant sur quatre. Ils sont d’ailleurs 57% à ne pas reconnaître la représentativité des syndicats patronaux pas plus qu’ils ne croient à leur capacité à influencer les prochains débats électoraux, y compris parmi leurs adhérents.

Quelle est la situation des syndicats dans ces entreprises ?

2% des patrons de TPE affirment employer au moins un salarié syndiqué. Lorsqu’on les interroge sur l’obligation des salariés d’adhérer à un syndicat, ils sont :

Défavorables à 71% (plutôt pas favorables 27% - Pas du tout favorables 44%)
Favorables à 29%

Tout le monde s’accorde à penser qu’il est nécessaire d’aller vers une société de dialogue et de consensus. Les chiffres ci-dessus nous indiquent qu’il n’en est rien.

Alors, ne serait-on pas encore en train de nous réinventer le « village des bisounours » en oubliant que si les syndicats de salariés peinent en audience ceux des employeurs ne valent pas mieux ?

Est-on en droit de penser qu’il existe comme au niveau politique une rupture entre les syndicats d’employeurs et les chefs d’entreprises de moins de 20 salariés (qui représentent 97% des 2 400 000 entreprises de France métropolitaine et emploient 37 % des 15,5 millions de personnes au travail) ?

Le désaveux apporté par ces chiffres prouve que le dialogue social indispensable à notre pays est toujours en panne.

N’est-il pas temps pour les gouvernements à venir de se poser réellement le problème de la représentativité syndicale et pas exclusivement du côté des syndicats de salarié ?

Sources
Baromètre Fiducial - IFOP Janvier 2007

Crédit image

Kristian


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6 réactions à cet article    


  • PapyJC_78 (---.---.57.109) 2 mars 2007 10:56

    Je laissais récemment sur un autre forum mes doutes quant à la représentativité des seuls syndicats d’employés considérés par nos gouvernements successifs comme représentatifs du monde du travail et dignes d’être consultés et ce immuablement depuis 1948.

    J’ignorais alors ces chiffres qui me mettent d’accord avec l’auteur : il m’apparait indispensable de revoir en profondeur la notion de représentativité pour l’ensemble des partenaires sociaux vis à vis de l’Etat. Car ici encore, on peut se demander si la désaffection d’une majorité de français pour la chose publique ne découle pas de cette absence de représentativité démocratique constatée chez tous les représentants « officiels » du peuple.

    En somme, les « pouvoirs » discutent entre eux sans trop s’occuper du seul véritable pouvoir démocratique : celui du peuple théoriquement souverain selon la définition même de la démocratie.

    On pourrais presque voir dans cette situation une autre forme de bi-partisme : les pouvoirs (lobbys ?) d’un coté le peuple de l’autre !!

    Français, n’est-il pas temps de restaurer la République ?


    • Forest Ent Forest Ent 2 mars 2007 11:22

      Un syndicat d’employeurs ? C’est quoi un employeur ?

      Autant la question se pose peu pour les petites entreprises personnelles ou familiales comme IFOP de Mme Parisot, autant elle se pose avec acuité pour les moyennes et grandes entreprises cotées ou appartenant à des fonds comme Wendel Invests de M Seillère, son prédécesseur.

      Et cela pose indirectement la question plus générale et intéressante du pouvoir économique.

      S’agit-il du propriétaire, en général un employé texan qui cotise à sa caisse de retraite ?

      Ou de ses mandants, en général des caisses de retraite, banques, assurances, qui déléguent eux-mêmes à des gestionnaires de fonds et patrimoine ?

      Ou bien s’agit-il des dirigeants, qui ne sont eux-mêmes que des salariés un peu particuliers, et dont les intérêts personnels n’ont aucune raison d’être les mêmes ?

      Qui le Medef représente t il finalement ? Et qui détient le pouvoir économique au nom de qui ?


      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 2 mars 2007 13:16

        Merci de ce rappel aux réalités françaises qui font contraste par rapport à la situation en Allemagne. Les cécités idéologiques, en mirroir, des deux côtés syndicaux, ont la peau dure chez nous.

        Les paroles ne sont pas suivies d’effet : la méfiance entre partenaires (et néamoins adversaires et non pas ennemis) sociaux qui perdure bloque la situation.

        C’est du reste pourquoi tous attendent de l’état des lois et règlements qui imposent des compromis ; mais ce faisant cette attitude critallise les conflits (normaux et sains) en combats politiques et idéologiques centraux qui exacerbent la méfiance et le refus de toute concertation pragmatique.

        Si c’est cela le modèle social français alors nous ne sommes pas sortis du marasme...


        • gem gem 2 mars 2007 16:14

          bon article, à quelques petites détails près. Rappeller quelques réalités chiffrés est toujours utile.

          29 % de syndiqués, c’est déjà beaucoup.

          Et 29 % de patron favorable à une obligation de se syndiquer pour leurs salariés, je trouve ça plutôt énorme. Ca veut dire que 29 % des patrons trouve les syndicats tellement nécessaires qu’il faudrait obliger les employés à s’y inscrire. Et combien faut-il en ajouter qui le souhaitent sans vouloir le rendre obligatoire ?

          Il ne faut oublier non plus que les syndicats patronaux ne sont utiles que dans les grandes négociations nationales, alors que les syndicats d’employés, en plus, jouent un rôle dans les négociations interne à chaque entreprises : la sous-syndicalisation ouvirère est quand même beaucoup plus grave que celle des patrons !


          • paul 16 (---.---.149.251) 5 mars 2007 16:06

            Il y a effectivement un problème de représentativité, puisque tout le monde connait les statistiques qui prouvent que la moitié des entreprises créées disparaissent avant leur cinquième année, mais s’arrête à ce constat lamentable.

            Ceux qui en ont été victimes et les employés de l’URSSAF savent que cela est en grande partie dû à la mécanique de calcul des cotisations pour les trois premières années et aux appels d’avance pour les années suivantes, mais personne ne semble décidé à combattre contre cette stupidité au niveau des organisations censées représenter les petites entreprises. Cette machine infernale continue donc ensuite à appeler ses cotisations et à appliquer des majorations de 10 pour cent au moindre jour de retard même quand l’entreprise a disparu ou s’est mise en veilleuse !

            qui propose une solution ? sinon à quand la révolte des TPE ?


            • Paul Courcenet 5 mars 2007 16:26

              Il y a effectivement un problème de représentativité, puisque tout le monde connait les statistiques qui prouvent que la moitié des entreprises créées disparaissent avant leur cinquième année, mais s’arrête à ce constat lamentable.

              Ceux qui en ont été victimes et les employés de l’URSSAF savent que cela est en grande partie dû à la mécanique de calcul des cotisations pour les trois premières années et aux appels d’avance pour les années suivantes, mais personne ne semble décidé à combattre contre cette stupidité au niveau des organisations censées représenter les petites entreprises. Cette machine infernale continue donc ensuite à appeler ses cotisations et à appliquer des majorations de 10 pour cent au moindre jour de retard sans tenir compte des informaztions transmises, même quand l’entreprise a disparu ou s’est mise en veilleuse !

              qui propose une solution ? sinon à quand la révolte des TPE ?

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