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Accueil du site > Actualités > Economie > Esprit d’entreprise et université

Esprit d’entreprise et université

Personne ne m’a encouragé durant mon parcours scientifique universitaire à l’innovation et à l’esprit d’entreprise. Motus sur l’importance de l’innovation au sein de notre économie, principale pourvoyeuse des emplois de demain ; motus sur les financements des start-ups et de l’entreprise : prêts d’honneur, business angels, capital risque ; motus également sur la protection et la valorisation de la propriété intellectuelle. Un cours de comptabilité générale relatif à la vie de l’entreprise m’a certes été enseigné mais vous m’accorderez que c’est bien peu pour avoir suscité en moi une quelconque vocation ou m’avoir éclairé un tant soit peu sur la création d’entreprise.

De manière plus générale, je pense que la conception universitaire de notre société emprisonne les futurs diplômés dans une seule alternative : le salariat. Son rôle, au contraire, est de laisser la possibilité aux individus de réaliser un vrai choix, et nécessite de promouvoir la liberté d’entreprendre comme un droit fondamental de notre démocratie.

Pourquoi les créations d’entreprise seraient-elles l’apanage des diplômés des grandes écoles ? Comment réveiller l’esprit d’innovation et a fortiori, la création d’entreprise au sein de l’université ?

  • L’innovation, principale pourvoyeuse des emplois de demain

La « destruction créatrice » de Schumpeter qui permet de régénérer le tissu productif d’un pays est l’un des fondamentaux de notre économie moderne : sans cesse, des activités disparaissent, tandis que d’autres apparaissent sous l’impulsion de « [...] nouveaux objets de consommation, de nouvelles méthodes de production et de transports, de nouveaux marchés [...], … » (1). Aussi, il est légitime de s’interroger sur l’équivalent en France de sociétés américaines telles que Microsoft, Google ou Amazon ; quelles seront dans notre pays, les prochaines sociétés innovantes pourvoyeuses d’emplois ?

L’exemple des États-Unis est saisissant : une étude du bureau américain des statistiques révélait que l’essentiel des emplois créés depuis 1980 était dû aux start-ups. En France, les PME sont responsables de la grande majorité des créations d’emplois sur le long terme. Alors qu’entre 1985 et 2000 les entreprises de plus de 3000 salariés n’ont pas créé d’emploi, les entreprises de moins de 500 salariés ont créé 85 % des emplois (1,8 million sur 2,2 millions au total) (2).

Même s’il faut toujours se montrer extrêmement prudent lorsqu’il s’agit d’établir des comparaisons entre deux pays, on peut néanmoins avancer que favoriser la création d’entreprises innovantes est une nécessité pour combattre le chômage de masse.

  • Les étudiants des grandes écoles sont favorisés

Les étudiants de l’enseignement supérieur sont majoritairement issus de l’université. À la rentrée 2007, 2.228.000 étudiants étaient inscrits en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer ; moins de 300.000 étudiants étaient inscrits dans les écoles de commerce, les écoles normales supérieures ou les grands établissements.

Or, plus qu’ailleurs, l’esprit d’entreprise est davantage encouragé dans ces filières. HEC propose par exemple, différentes formations de ce type : “Stratégie et innovations”, “Business plans et Business models”, “Management de l’innovation”. L’Ecole Centrale de Paris a créé en 2001 son incubateur d’entreprise qui a permis à 9 entreprises innovantes de se développer. Les étudiants des grandes écoles sont ainsi les plus sensibilisés à l’esprit d’entreprendre.

Si on souhaite maximiser nos chances de disposer de sociétés d’envergure, l’esprit d’entreprise et l’innovation doivent être étendues à tous les étudiants de l’enseignement supérieur. Le développement de ce type d’entreprise est par nature incertain et beaucoup ne dépassent pas le stade de la preuve de concept technique : plus il y aura de projets, plus nos chances seront grandes.

  • Placer l’innovation et la création d’entreprise au cœur des prérogatives universitaires

L’enjeu est de créer un cadre particulier au sein de l’université qui favorise la stimulation intellectuelle et l’innovation pour concevoir les Google et FaceBook de demain ; la finalité de l’université est incontestablement de former les étudiants à un métier mais elle doit également les amener à ouvrir les yeux sur les différentes possibilités offertes par notre société et promouvoir notamment la liberté d’entreprendre.

Plusieurs actions peuvent être menées. Inscrire un cours d’ « économie générale » à toutes les filières notamment scientifiques est un préalable. Les différentes problématiques de la vie quotidienne des entreprises y seraient abordées : propriété intellectuelle, innovations et nouvelles technologies, business models, fonctionnement et financement des entreprises. L’objectif est de réveiller la créativité des étudiants et leur donner les moyens intellectuels et techniques de la concrétiser.

Ensuite, la mise en place de structure de contact entre le monde universitaire et l’univers économique et civile doit être développée pour faire remonter les besoins et orienter les projets qui jalonnent les parcours universitaires sur des réalités concrètes. Il faut encourager un partenariat fort entre les différents acteurs de l’économie d’une région ; entreprises, start-ups, pôle de compétitivité, laboratoires de recherche et universités doivent former un même tout.

Enfin, il est urgent d’augmenter les dépenses consacrées à l’enseignement supérieur. Elles restent faibles comparées à celle des autres pays de l’OCDE : 10668 dollars dépensés en 2004 pour un étudiant français contre 15225 dollars pour un étudiant danois. Nos dépenses sont inférieures à la moyenne des pays de l’OCDE qui s’élève à 11100 dollars : c’est trop peu pour accompagner les étudiants dans leurs démarches. Ouvrir davantage les universités à des capitaux privés est également une piste à développer. Donner davantage d’autonomie à l’université vis-à-vis du centre est une piste à concrétiser : il est en effet stratégique de laisser l’université faire ses propres paris.

Au-delà des nombreuses réactions suscitées par le projet de loi relatif à l’autonomie des universités, l’essentiel à mes yeux est de changer les mentalités de la majorité des étudiants français en prônant une culture d’initiative et de risque au service de notre économie moderne. C’est là un chantier à mener pour combattre le chômage de masse.

(1) Capitalisme, socialisme et démocratie - Joseph SCHUMPETER, 1942

(2) Le financement des PME - Grégoire Chertok, Pierre-Alain de Malleray et Philippe Pouletty - La Documentation française. Paris, 2009


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27 réactions à cet article    


  • Voltaire Voltaire 20 août 2009 14:54

    Un bon article qui souligne effectivement l’une des lacunes de notre système d’enseignement universitaire.
    Ce manque de culture et d’enseignement complémentaire est d’autant plus domageable qu’en réalité les diplômés de l’université qui osent franchir le pas réussissent en général fort bien dans la création d’entreprise, le milieu universitaire demandant de l’autonomie et de la « débrouillardise » qui sont des compétences utiles à la création. Mais il est vrai que le gout du risque et de l’entreprenariat est peu valorisé.

    Les propositions de l’auteurs sont intéressantes ; il faut rajouter l’opportunité très rarement utilisée par les universités d’accueillir des start-up sur les campus, alors que cela permettrait aux entrepreneurs de rester en contact avec les laboratoires, peut servir d’incubateur d’entreprise à coût peu élevé et permettrait aux étudiants d’acquérir une culture entrepreunariale plus facilement


    • Rage Rage 20 août 2009 16:18

      Bonjour,

      Voilà un article intéressant !

      Je partage dans les grandes largeurs ce qui est analysé et proposé. Effectivement, la vraie différence entre l’université US et FR, c’est clairement la relation à l’argent, à l’économie.

      En France, il y a un vrai blocage, culturel, idéologique ou tout simplement fonctionnel (les profs sont des chercheurs qui ne connaissent pas le monde privé) qui évincent toutes les questions liées à l’argent.

      Ainsi, un scientifique apprend des tas de choses techniques mais sans aucun éclairage économique : libre à lui, à la sortie, de s’improviser d’un coup d’un seul, comptable, gestionnaire de patrimoine ou investisseur.

      Il y a donc d’une part ce vrai problème de « fond », où l’on sépare droit/économie/technique là où 95% des emplois nécessitent de maitriser les 3 composantes à haut niveau (Bac+5).
      D’autre part, il y a un autre problème beaucoup plus « ségrégateur » : entreprendre c’est aussi avoir des finances pour le faire.

      Ainsi, là où aux USA un jeune invente google dans son garage et vit d’une bourse ou d’un emprunt étudiant, en France, le jeune bosse pour vivre et ne dispose de pas grand chose voire de rien pour « lancer » son activité.
      L’université doit laisser place à des incubateurs, des pépinières, bref des lieux où les idées peuvent s’exprimer : il s’agit simplement de mettre à disposition pour un temps donné, locaux, moyens, connections qui permettront à l’activité de démarrer. Pourquoi pas un prêt conditionné : si ça marche, remboursement, si ça casse, prise en charge par l’université pour le « fonctionnement » ? Pourquoi pas même un % au capital ou un % aux brevets de la boîte pour « retour » pour l’université ?

      Je pense qu’il nous faut inventer des choses qui n’existent pas, notamment pour éviter qu’entrepreuneuriat rime avec reproduction de modèle familial.

      Je ne vois pas comment on peut se « lancer » sans un minimum de connaissances éco et un minimum de financements : ce sont ces 2 composantes qui manquent à l’université, en science, et encore plus en sciences humaines.

      Enfin, c’est vrai, la fac forme au « salariat » : si déjà elle forme à un métier, c’est rare, mais former à prendre des risques, elle ne sait pas faire... la fac fait du général et gère de la masse qui doit trouver des cases.... c’est une grave erreur de perspective qui amène à gérer à courte vue.

      Il y a tant à dire sur l’université... et sans aucun doute un levier fondamental de progrès à actionner pour le pays... faut-il encore que les gouvernements n’est pas peur des universitaires et autres « intellectuels diplômés »...


    • Céline Ertalif Céline Ertalif 21 août 2009 10:26

      Je suis en phase avec les commentaires de Voltaire et de Rage, et je voudrais ajouter un point essentiel : c’est que les universités ne sont tout simplement pas gérées, et qu’il y a un refus patent de gérer.

      Il faut décentraliser la gestion. Pas seulement donner de « l’autonomie », parce que quand on y regarde cela ne va pas si loin (c’est de la gestion de crise de moyens...), décentraliser.

      Quand je pense que les cours en langue étrangère, en dehors des cours de langue inefficaces et des études spécialisées langues, sont interdits, je m’étouffe de colère. C’est vraiment absurde, finalement les étudiants de fin de cursus partent et publient in english 3 ans après !

      Qui a fait quelque chose pour rapprocher les universités et les entreprises ? Il y a quelques villes françaises qui ont fait des efforts significatifs dans les années 80, alors que cela ne relève théoriquement nullement de leur rôle. Notamment Rennes et Montpellier. Eh bien, il suffit de regarder les résultats !


    • timiota 24 août 2009 00:06

      Sur un campus aussi prestigieux que l’Ecole Polytechnique,
      eh bien, j’ai eu connaissance d’un exemple assez clari où l’on ne veut pas vraiment sur place d’une start’up à la croisée de domaines porteurs (santé, photonique) et qui commence à avoir des ventes, car ...
       euh, car il n’y a pas de pilote dans l’avion,car la notion de « campus » à polytechnique est jeune, car elle et est vécu en mode « juxtaposition », sans esprit de collaboration...
      Ajoutez à ça que la start’up a eu un long démarrage ce qui la met en catégorie « moins jeune jeune pousse », et les dirigeants des grandes institutions deviennent assez aveugle au calcul « bénéfice long terme/bénéfice court terme ».

      Le campus proche de Paris Sud (ORSAY) est aussi un peu « belle au bois dormant » . Son service entreprise (SAIC) est chichement dimensionné en comparaison du gigantesque nombre de chercheurs locaux, quasi le plus grand de l’hexagone. Sauf que « on ne leur a jamais dit bien fort » que leur mission pouvait avoir une suite entrepreneuriale. Et ce sont donc des chercheurs au palmarès excellent (un peu comme A Fert, qui est un peu un ovni quand même par sa collaboration Thales) qui ne sont pas mis en état d’esprit d’appliquer cela à des innovations.

      Je n’ai pas encore tout lu, j’imagine qu’il y aura les cotés PILE et FACE pour le CNRS (et la fac) , qui contient certes sa fractions de glandus, mais aussi sa fractions de gros mordus.

      Une initiative pour réconcilier un peu tout le monde et qui a eu un prix, je crois, la filière « innovation entreprise » qui s’est développée, je crois, à l’Institut d’Optique sur le même campus de Palaiseau que polytechnique dont je parlais au début.... à suivre ?

      Je m’en vais lire la suite


    • neth neth 20 août 2009 15:32

      Vous visez juste. Cependant le monde universitaire n’est pas cloisonné, on peut en sortir, multiplier les parcours, suivre plusieurs cursus... Des tas de possibilités alternatives existent, mais bien souvent rien n’est fait pour inviter à leur découverte.

      Issu d’un filière littéraire (philo) à la fac, j’ai pu observer ce phénomène d« emprisonnement » que vous décrivez. Tout est fait pour faire penser aux étudiants qu’une fatalité pèse sur leur tête, qu’ils ne sont pas libres de diversifier leurs compétences , et qu’ils sont désormais engagés dans un tunnel duquel ne pourront sortir que quelques élus (qui réussissent les concours pour l’enseignement).

      Ce climat général de morosité, je ne l’ai rencontré qu’à la fac.
      Nouveauté, esprit d’entreprise, innovation, rentabilité sont de toute manière des termes honnis, car indiciblement mais résolument, la fac (au moins en lettres) est tout entière tournée vers le passé.
      Il y a bien quelques master qui échappent à cette règle, mais curieusement on y trouve uniquement des personnes ne venant pas directemment du milieu universitaire.


      • Polemikvictor Polemikvictor 20 août 2009 15:46

        Investissez :
        Acheter le monde, le figaro( le jour des annonces d’emploi), l’usine nouvelle et les echos, Comptez les offres d’emploi faisant référence à des diplomes universitaire et comparez lles aux autres offres.
        Vous comprendrez l’utilité de l’université pour les enteprises.


        • Rage Rage 20 août 2009 16:21

          Exact.
          (et désolé pour les fautes d’orthographes du précédent message qui a merdouillé).

          Les entreprises recherchent de l’opérationnel : la fac forme trop d’apprenti chercheurs.. là où il n’y a déjà plus de débouchés ni de places à prendre...


        • Zord Zord 20 août 2009 16:02

          Je sors d’une filière scientifique niveau bac+5.
          La plupart des tournesols en herbe que j’ai pu avoir comme professeur, sont certes, pour beaucoup ultra compétents dans leur domaines respectifs. Cependant ce ne sont surement pas eux qui iront vous expliquer comment créer des liasses de billets dans le monde réel.
          Et c’est logique, je ne vois pas comment on pourrait transmettre l’envie de créer une entreprise lorsqu’on a toujours connu la tranquillité du labo de recherche !!

          Les meilleurs profs que j’ai vu, venaient sans aucun doute du privé, après s’être recyclé, mais il y en a trop peu...

          Conséquence, les meilleurs éléments de ma promotion ont opté, pour... la recherche, car encouragés par nos enseignants-chercheurs.


          • jakback jakback 20 août 2009 16:34

            Impossible de transformer un fonctionnaire, si doué soit-il, en entrepreneur dynamique.
            C’est la raison pour laquelle toutes les écoles de commerce, utilisent des intervenants cadres d’entreprises, et obligent leurs élevés a dénicher par eux mêmes leurs stages, validant leurs cursus.


          • jakback jakback 20 août 2009 16:27

            Vous avez mille fois raison, l’université Française est sclérosée, inadaptée, tant que sévira l’ UNEF, ainsi que des profs issus de ses rangs, rien ne changera.
            Leur seul ambition est de former les futurs cadres du PS et autres partis de gauche, ils revendiquent le droit a la culture contre ambition professionnelle, comme si culture et, efficacité étaient antinomique a l’épanouissement personnel, et au développement économique.
            La rentrée prochaine confirmera malheureusement mes propos


            • jakback jakback 20 août 2009 16:40

              Pour terminer, la majorité des PME Française sont crées et dirigées par des autodidactes, qui dans l’ensemble étaient considérés comme des cancres par l’éducation nationale.
              Un peu, comme si les bardots jugeaient de la qualité des pur sang !


              • jkw 20 août 2009 19:09

                Raphael, pour mieux comprendre l’entreprise, allez sur le site www.fr-deming.org
                et surtout lisez ses principaux écrits !!!
                une vision de l’entreprise qu’on ne vous apprend pas !!!


                • meta-babar 21 août 2009 04:27

                  J’ai fais des etudes scientifiques a la fac pour NE PAS avoir les cours que vous citez. Rien ne me fais plus ch*** que tout ce bullshit sur l’innovation etc... Je trouve tres bien que certains s’y interessent mais je regrette qu’en lisant votre article, on ait l’impression qu’il est scandaleux de faire de la recherche sans s’interesser a l’argent ou a la rentabilite.
                   
                  une conference en 4 parties a regarder jusqu’au bout :
                  http://www.dailymotion.com/relevance/search/isabelle+stengers/video/x35ujd_isabelle-stengers-1_tech


                  • gnarf 21 août 2009 10:03

                    « on ait l’impression qu’il est scandaleux de faire de la recherche sans s’interesser a l’argent ou a la rentabilite. »

                    C’est scandaleux parce que c’est socialement irresponsable. Quand on a la chance d’avoir un cerveau bien fait et de trouver des choses innovantes (et pas nefastes) qui pourraient potentiellement faire vivre des familles entieres, on se DOIT de ne pas laisser en friche.

                    C’est la responsabilite de ceux qui ont un cerveau bien fait envers ceux qui n’ont que leurs mains. Le petit discours que vous tenez contre la marchandisation de la science...est en fait un moyen de se donner bonne conscience de ne pas utiliser son cerveau comme on le devrait.

                    Parce que faire une affaire rentable a partir d’une idee innovante, c’est pas facile c’est un combat. C’est tout aussi difficile que de trouver l’idee, et meme plus difficile encore. Alors dire que la recherche ne doit pas se plier a l’imperatif economique c’est dire a ceux qui ont besoin de travail : « bon j’ai l’idee ca fait 25% du boulot....pour le reste demmerdez-vous moi ca me fatigue je suis salarie je vois pas pourquoi je ferais tout ce boulot penible pour vous ».


                  • meta-babar 21 août 2009 14:57

                    Je m’erige contre votre idee qu’il y ait une bonne et une mauvaise maniere de se servir de son cerveau, et surtout que la bonne est celle qui rapporte ! Je ne suis donc pas du tout d’accord avec votre argumentation.
                    Toute recherche n’a pas pour but un produit. Ou alors, parfois au bout de plusieurs generations de chercheurs. Je ne vois pas pourquoi il faudrait infliger a tout scientifique une formation de manager/entrepreneur alors que ce sont deux metiers differents.
                    Pour ce qui est des choses innovantes et pas nefastes qu’il faut developper, je rigole bien parce que ce qui se vend maintenant c’est souvent ce qui est nefaste socialement (j’aurais tendance a penser que des qu’on cree un besoin inutile, comme 80% des produits commerciaux, c’est socialement nefaste). 


                  • Deneb Deneb 21 août 2009 09:38

                    Aucune formation ne peut rendre capable d’innover. Pour innover, on doit plutôt tout oublier.

                    Il y a 20 ans, qui parierait un kopek sur Google, la boite où tout est gratuit ? Aucun « business model » n’est pertinent ; c’est pourtant ceux-là que l’on apprend dans les HEC et autres prestigieuses ecoles. Pour s’en sortir aujourd’hui, il faut faire preuve de passion et d’imagination, que l’école n’enseigne pas, elle aurait plutôt tendance à les occulter et les combattre.


                    • arturh 21 août 2009 10:29

                      Voilà comment l’article a tout faux à partir d’un diagnostic juste, les start-ups, dont Google est effectivement l’exemple même.

                      Or, Google est l’exemple même qui permet de faire court : Pour faire encore plus court, je ne vais pas développer en détail les circonstances étonnantes qui ont permis à deux étudiants de créer Google, pour réumer à ceci : ce qu’a permis l’Univrersité de Stanford aux deux créateurs de Google dans leurs chambres d’étudiant, AUCUNE UNIVERSITE OU ECOLE EN FRANCE ET EN EUROPE NE L’AURAIT PERMIS A SES ETUDIANTS.

                      C’est aussi simple que ça. Internet, inventé par les Européens et donné au monde par les Américains est le symbole même de ce phénomène. Après avoir inventé Internet, les Européens (je veux dire le système) a voulu imposer des Minitels, modèle d’économie féodale de racket des échanges par des bureauraties monopolistiques.

                      On est donc obligé de faire la constatation suivante : les bureaucraties qui gouvernent l’Europe, depuis l’imposition du Totalitarisme en 39 dans toute l’Europe, ont réussi à préserver l’essentiel après 1945 à l’Ouest et après 1989 à l’Est : le pouvoir de la bureaucratie et leur main-mise sur l’économie.

                      Avec un résultat, et je reviens à Internet : Pour la première fois dans l’Histoire, l’Europe toute entière est complètement passée à côté d’une Révolution Industrielle complète : La Révolution Informatique-Numérique qui a duré, comme toutes les révolutions Industrielles, 25 ans : 1976, invention de la puce, 2000, invention du Google. Evidemment, ce n’est pas aussi précis que ça, mais peu importe.

                      Pas besoin d’expliquer dans les détails : on sait qu’il s’agissait, comme le Minitel en est un bon exemple, de préserver le monopole des bureaucraties sur les échanges de la communication.

                      Toujours en simplifiant, on ne peut hélas qu’en conclure que l’Europe est condamnée à s’enfoncer dans le déclin pour cette raison...


                      • rocla (haddock) rocla (haddock) 21 août 2009 10:42

                        C ’est surtout moins stressant et compliqué d’ attendre tranquille une rémunération à la fin du mois dans une boite avec avantages sociaux divers , que de se jeter à l’ eau , risquer de se planter et se retrouver le bec dans l’ eau .


                        • arturh 21 août 2009 10:57

                          Oui, mais ce n’est pas seulement ça : c’est surtout interndit par les gns qui ont le pouvoir et qui, en règle générale, attendent tranquillement etc... vous auriez pû préciser : et qui ne veulent surtout pas être dérangé paendant qu’ils attendent tranquillement leur rémunération.

                          Dans le fil de ce que je développais plus haut, dernier parfait exemple en date :
                          http://tinyurl.com/q5ylbg

                          Est ce qu’il y a plus révélateur, meilleur exemple de ce que j’écrivais plus haut ? Un « journal Internet » qui s’appelle « Silicon » pour les raisons que l’ont sait, et qui annonce tromphalement la nomination du bureaucrate parfait, l’Enarque, à la tête d’une des plus importantes sociétés de communication européenne...

                          A propos du titre de cet article, soulignons au passage le passage de l’article de Silicon : « On retiendra que l’heureux élu du gouvernement n’est pas réellement du sérail ». « élu du gouvernement », « sérail », tout y est : tout plutôt que des Bill Gates, Steve Jobs, Sergue¨Brin et autres Larry Page dont aucun n’a eut le moindre diplôme universitaire, tous ayant arrêté leurs études pour innover...



                        • chourave 21 août 2009 11:01

                          On peut regretter que les disciplines que vous citez ne soient pas présente dans tous les cursus d’enseignement générale. J’ajouterais qu’il en va tout autant de beaucoup d’autres sujets comme la médecine, l’écologie, la sociologie, la psychologie etc....
                          Toutes ont leur importance que ce soit pour la vie privée ou la vie professionnelle.Même si on ne leur accorde, a chacune, que quelques heures au cours de toutes sa scolarité, les bienfaits seraient notables.

                          Cependant, il ne faut pas croire que ces lacunes soient rédhibitoires, car bien peu se lancent au sortir de leurs études dans une sart-up innovante (c’est suicidiaire sauf si on a des appuis et une idée géniale). En général, quelques années dans une grande ou moyenne entreprise suffisent à appréhender la comptabilité et tous les acranes de l’entreprises, DRH commerciale etc....

                          Par ailleur il faut dire que la majeur partie de ce que l’on appelle l’innovation est d’issue d’entreprises déjà bien établies. Soit au sein de l’entreprise elle même qui en profite par de la croissance interne, soit par essaimage si le projet n’est pas dans son axe de développement . Il est bien plus facile d’ébaucher son « business plan » quand on est en enterprise car on a des contacts sur le plan commerciale et sur le plan humain (le reseau de futurs partenaires) pour voler de ses propres ailes quand le projet est mur.
                          Quand a l’esprit d’innovation, il vient tout seul, parceque l’on a des idées que l’on voit comment les mettre en valeur. Là c’est vraiment une question de tempérament, on aura beau vous enseigner qu’il faut innover, si le désir n’est pas là cela ne marchera pas.


                          • Ronny Ronny 21 août 2009 12:27


                            Article intéressant mais ne comprenant pas les motivations réelles des personnels d’enseignements et de recherche...

                            Tout d’abord je précise que j’ai travaillé dans le privé (un peu) et dans le public (beaucoup), et suis issu d’une formation universitaire de type doctorat. Je connais très bien le monde universitaire et le monde de la recherche, et les différents organismes qui y oeuvrent.

                            Ma première remarque est de dire qu’il est quelque part « normal » que l’université ne vous ait que peu parlé de start-up de bussiness angels, de venture capital, et d’esprit d’entreprise tout simplement parce qu’il ne s’agit pas de son rôle dans le cadre des filières scientifiques. Je ne parlerai que ce celles ci puisque ce sont les seules que je connaisse. Le rôle de l’université est la diffusion des connaissances, la formation des étudiants d’effectuant au travers de l’apprentissage de la démarche scientifique. Il ne s’agit pas de considérer ce type d’enseignement comme supérieur àun autre ou plus honorable, plus valorisant... Il n’y a aucun jugement de valeur dans mes propos.

                            Permettez moi d’être en désaccord avec votre propos "De manière plus générale, je pense que la conception universitaire de notre société emprisonne les futurs diplômés dans une seule alternative : le salariat. Son rôle, au contraire, est de laisser la possibilité aux individus de réaliser un vrai choix, et nécessite de promouvoir la liberté d’entreprendre comme un droit fondamental de notre démocratie.« L’université n’enferme pas les étudiants dans le salariat. Elle ne renie àpersonne le droit d’entreprendre. Vous connaissez me semble t il peu les incubateurs d’entreprises implantés sur les campus universitaires, ou ceux des organismes tels l’INRA ou le CNRS. Pour votre gouverne, sachez par exemple que ce dernier organisme ou oeuvrent bon nombre de personnes formées par l’université est depuis des années parmi les 10 »entreprises de têtee en nombre de brevets (source INPI), alros qeu cette prise de brevet n’est pas non plus une mission première de l’organisme ! Cela relativise votre propos sur l’inovation. 

                            Le vrai dilemne n’est pas au niveau de la capacité d’inovation, mais de l’envie d’entreprendre au sens économique du terme. La plupart des personnes du CNRS de l’INRA et des universités n’on pas cette envie, tout simplement. Epargnez moi ici les propos d’après boire d’une partie de la population pas forcément bien intentionnée sur ces flemards de prof, et ces glandeurs du CNRS, ou de l’INSERM. Il est vrai que l’exemple vient d’en haut àce sujet, « on a vu de la lumière, c’est chauffé et on est entré »... Non l’explication est bien plus complexe et bien plus profonde : ce qui motive les chercheurs et les universitaries c’est la curiosité, pas l’envie de monter une entreprise. Ceci ne les empechera pas d’entreprendre des collaborations, de courir les crédits àdroite et àgauche dans ce cadre. La différence est que l’entreprise économique a pour but de gagner de l’argent, et cet aspect des choses est aux antipodes des intérêts et des proccupations de 3/4 des scientifiques universitaries ou des organismes.Question salaire on se contente de se que l’on a. C’est pas mirobolant, mais on peut au moins assouvir notre curiosité et surtout faire progresser - ànotre échelle - la connaissance, et nous semble t il l’intérêt collectif...


                            • arturh 21 août 2009 13:07

                              Il suffit, pour répondre à ça, de rappeler que si les deux scientifiques (ils se préparaient à devenir... enseignants-chercheurs) qui ont inventé Google se sont lancé dans l’entreprise privée, ce n’était pas pour faire partie des gens les plus riches du monde, ça, c’était imprévisible.

                              S’ils l’ont fait, c’est d’abord et avant tout... par curiosité.

                              Et aussi parce qu’ils y ont été encouragés de manière étonnante par leur Université...


                            • Christian Delarue Christian Delarue 21 août 2009 13:54

                              Esprit d’entreprise.

                              Votre souci est légitime. D’ailleurs vous êtes entendu car la tendance générale est d’aller vers les enseignement utiles, immédiatement utilisables. Ce qui est nuisible à la formation générale, globale hors toute instrumentalisation pour l’entreprise ou le marché.

                              Déjà, dans les universités, en droit ou en économie il y avait (et il y a tjrs) des options pour chaque type de parcours. Si vous faites droit public, droit administratif c’est autre chose que droit des affaires.

                              Par ailleurs, beaucoup d’étudiants savent qu’ils deviendront plus ou moins salariés, en passant ou non par du chômage. Certain(e)s deviendront des travailleurs indépendants d’autres chefs d’entreprise. Le milieu social prédestine beaucoup à ce genre d’activité qui ne s’apprend pas dans les livres mais par du coaching, le plus souvent tôt en âge.

                              Il y a plusieurs entrepreneurs comme il y a plusieurs cadres juridiques d’exercice de l’entreprenariat. La liberté d’entreprendre, on le perçoit mieux aujourd’hui, peut dangereuse si elle n’est pas encadrée.


                              • paul muadhib 21 août 2009 14:37

                                Bon discours neocon de l’université de Chicago, tous les poncifs y sont de la pseudo prise de risque, oh mon pauvre ! le bon vieux gag des « emplois de demain » phrase de base du politique débutant..eh oh on fait quoi aujourd’hui ,la vie c’est aujourd’hui , non ?
                                Ce propos propagandiste pseudo libéral que vous tenez est celui de ceux qui dominent notre planète, notre société, qui selon vos propres critères est en totale faillite,sauf bizarrement quelques banques ,probablement du a un délit d’initié,
                                finalement vous nous revendez ce qui existe et ce qui existe c’est la négation du collectif indispensable, sans le collectif qui dans votre cas est la somme de toutes les connaissances accumulées dans votre domaine, la mise en fiches du sujet , les gens qui vous ont élevé, nourris,qui vous ont paye des études,dans une université construite grâce a des budgets collectifs, par des corporations d’artisans sur des plans d’architecte qui eux n’ont rien construit,etc..etc.. vous avez pu étudier grâce a la mise a disposition d’un outil communautaire et vous arrivez la bouche enfarinée , en disant c’est fini tout çà , a bas le collectif, je suis le meilleur bla bla bla et quand çà coule ,ça vient pleurer et demander l’aide de la communauté a , pleurer comme un enfant qui se croyait maître du monde , et vous voulez continuez a dominer le monde en reniant tout ce qui vous a fait, tout ca pour gagner des pepettes parce que vous avez peur de demain,peur de manquer peur de tout..alors si vous voulez prendre de vrais risques ,allez donc aider les villageois afghans bombardes par nos bombes civilisées, elle aussi issue du travail collectif..


                                • meta-babar 21 août 2009 18:37

                                  Tout a fait d’accord. Mes ces messieurs pensent que nous sommes en dehors de la realite car l’economie neoliberale est pour eux une loi naturelle, alors que pour moi il s’agit clairement d’une politique.


                                • Tommy Tommy 22 août 2009 12:17

                                  Je trouve que c’est un bon article.

                                  Il est vrai que si on ne tient pas la main à un enfant alors qu’il veut traverser la route, il risque d’avoir des problèmes. C’est comparable avec le thème de cet article. Pendant toute la période « avant le BAC », les élèves ne sont là que pour apprendre des fondamentaux sans y réfléchir. L’analyse et l’innovation sont donc réservé à ceux qui en ont par le don ? Non bien sure, tout dépend de ce qu’on appel des « aquis extra scolaire » ( culture générale, résonnement logisque, language,... ). Plus une personne, un élève a des aquis extras-scolaires, plus il a d’avantage sur son voisin qui ne connait que son programe.

                                  L’apprentissage de l’ouverture d’esprit dès le plus jeune âge permettrait d’avoir des élèves plus ouverts, plus dynamique et qui chercherait l’innovation.


                                  • timiota 24 août 2009 00:28

                                    Pour que deux milieux s’interperénètrent et se fertilisent, il faut
                                    (i) qu’ils existent
                                    (ii) qu’ils se rencontrent.

                                    Il faut donc garder un noyau très dur de science de base, et savoir l’entourer d’une couche de contact de « science appliquée », expressions qui est considéré comme plutot « sale » en France , mais bcp moins ailleurs (Allemagne, Afrique, USA, BRIC) .

                                    La couche de science appliquée sert alors de contact aux entrepreneurs.

                                    Pour le nombre de brevets du CNRS, oui il y en a un nombre absolu pas moche (285 par an de mémoire) , mais il n’y a pas d’équivalent en taille d’organisme européen centralisé.
                                    Et la culture du brevet fait l’objet d’efforts désespérés (car ils ne touchent pas au noyau du pb) de la part du CNRS lui même. LE CNRS ne tire de revenus de brevets que d’une poignée d’entre eux (dont le taxol). 
                                    Quoiqu’il dise de la valorisation des brevets récents... il partait de très bas sur ce point, et de l’autre côté, vu par une start’up, il avait accumulé assez de casserole pour qu’on évite d’avoir un brevet CNRS attaché par une ficelle quand on se présente devant un investisseurs, car celui-ci se demande ce que le CNRS fera s’il garde la co-propriété ou un droit de licence sur le brevet, et que la start’up vivra ses phases suivantes (gonflement (augm de cap) ou vente ou fusion acquisition...).
                                     A titre d’exemple, l’IFP (Inst Français du Pétrole) qui ne possède que 5 fois moins de personnels que le CNRS et sans doute pas mal de gens de terrains (aller conseiller/encadrer la prospection de ci de la, c’est aussi leur métier) , fait 2/3 de brevet (un petit 200/an de mémoire) car les enjeux sont énormes, une petite économie sur une prospection ou sur le raffinage peut avoir des gros impacts, idem sur la sécurité des pipe line, sur le traçabilité, etc.

                                    Bref, il faut créer ce que Stiegler/Simondon appellent des « milieux associés », des endroits/systèmes ou les gens se connaissent assez pour comprendre leurs buts réciproques (« protentions », opposées de « rétentions ») et dans une start’up, au moins 50 % de gens ne sont pas la pour le fric (surement pas au début en tout cas) mais pour le mode d’actions en projet forcément flexible et plein d’inconnues, et pour la contrepartie donnée plus rapidement à un résultat donné, sans attendre deux ans pour savoir si, après avoir publiés votre article, il est cité N fois.

                                    Le débat ici a encore de la tenue, pourvu que ça dure.
                                    Ce serait bien que les intervenants comprenne que le but n’est pas de coller le balancier d’un côté ou de l’autre, c’est d’inventer l’éther où il se meut ! (meuh oui  !)

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