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Accueil du site > Actualités > Economie > Et la valeur entreprise ?

Et la valeur entreprise ?

La valeur travail, tout le monde le sait, est au cœur de cette nouvelle campagne présidentielle. Effectivement, on se rend compte aujourd’hui qu’il est parfois aussi confortable de percevoir un certain nombre d’aides assurant un revenu alternatif à hauteur ou dépassant même une rémunération plafonnée au Smic. C’est une problématique qui appelle une vraie réflexion sur notre modèle social actuel.

Cependant il existe une autre problématique dont personne ne parle et qui explique également l’absence de motivation au retour à l’emploi : il s’agit de la perte de la valeur entreprise, au sens projet commun, aventure humaine autour d’un objectif partagé par tous. Pourquoi ce désintérêt pour l’entreprise ? Les éléments que je vais citer ne concernent heureusement pas toutes les entreprises mais une part suffisamment importante et croissante pour qu’on s’en inquiète. Et je peux vous assurer qu’il s’agit bien d’une réalité que je constate au quotidien, au contact à la fois des entreprises et de leur ex-salariés.

Regardez un peu du côté des conditions de travail et de rémunération, le manque de considération pour le salarié et son évolution, une pression accrue pour toujours plus de productivité et donc toujours plus de rentabilité, l’utilisation massive de contrats précaires et autres ruptures d’essai, etc, etc. Nous avons doucement glissé de la confiance à la méfiance, voire à la défiance entre chefs d’entreprises, cadres et salariés. Nous sommes passé de l’entreprise « accompagnatrice », « formatrice » à l’entreprise « utilisatrice » pour qui la main-d’œuvre ne fait partie que de l’outil de production, et non d’une valeur ajoutée humaine qui pourrait lui apporter, certainement, beaucoup plus qu’elle n’en attend désormais.

Chaque jour je rencontre des travailleurs, voire des cadres, brisés par leur expérience en entreprise, tellement dégoûtés de leur métier à cause du traitement subi qu’ils en décident pour beaucoup de changer de métier, gâchant ainsi non seulement leurs compétences acquises mais, pire, gâchant l’effort collectif en terme d’impôts ayant servi à former ces personnes... qui désormais devront se former à nouveau ! Hélas, il est maintenant acquis que nous ferons « plusieurs métiers » dans notre vie, l’effort du contribuable n’est donc pas prêt d’être atténué tant qu’il faudra financer des formations à répétition.

Alors j’en appelle à la responsabilité des chefs d’entreprises et cadres dans la construction pérenne du modèle social « dans » l’entreprise, car c’est bien là que nous passons la majeure partie de notre vie en société. Nous devons revenir à une problématique de rassemblement, car si les salariés n’obtiennent rien de l’entreprise - ni rémunération gratifiante, ni participation aux fruits du développement microéconomique, ni reconnaissance de leur implication au travail, ni espoir de développement personnel - ils ne donneront que le strict minimum nécessaire au maintien de leur emploi et donc de leur seul revenu de survivance. Alors vous imaginez, quand l’Etat offre un revenu alternatif qui permet de s’échapper de ce monde parfois cruel et pesant, quelle aubaine !

Que faut-il faire alors pour inverser cette fracture entre l’entreprise et ses salariés ? Quelle politique, sans être trop coûteuse pour des entreprises parfois fragiles, garantirait un développement durable de leur activité ? Prenons l’exemple d’une importante PME vendéenne (je ne suis pas villieriste !) qui, chaque fin d’année, redistribue sous forme de participation aux bénéfices (s’il y en a évidemment) un complément de rémunération équivalent à plusieurs mois de salaires : curieusement cette entreprise affiche une croissance très alléchante et l’ambiance au travail est à la fois des plus appliquées - les ouvriers se « coachant » entre eux - et des plus conviviales. Finalement, ça ressemble au bon vieux projet de Participation de De Gaulle, projet qui finalement pourrait être aujourd’hui des plus novateur et salutaire pour notre avenir à tous dans l’entreprise.

Sans rester uniquement sur des préoccupations matérielles, il conviendrait également de veiller avec la plus grande vigilance au traitement réservé aux salariés en entreprise, et ce, dès la candidature au recrutement. Bien entendu c’est déjà la mission des services administratifs de l’Etat, mais il s’avère qu’un certain nombre d’entreprises passent à travers les mailles du filet, provoquant les dégâts que vous savez maintenant. D’ailleurs il serait peut-être souhaitable que tous les services de l’Etat soient enfin connectés entre eux, en vue par exemple d’une appréciation globale des pratiques sociales et salariales en entreprise. L’idée de sanctionner les patrons voyous va dans ce sens, mais je propose également, en préventif, la création d’un indice social rendu public pour que chaque salarié sache exactement dans quel genre d’entreprise il s’engage.

Pour que tout le monde se rassemble à nouveau autour du projet de l’entreprise et ne s’intéresse plus seulement à son salaire... ou à la rentabilité de l’établissement.


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18 réactions à cet article    


  • Jma Jma 21 avril 2007 12:24

    Ils sont réac car ils ont peur. Peur d’engager qqun qui leur fera un procès pour licenciement abusif, Peur des charges qu’ils vont devoir payer, Peur de la démotivation possible de leur salarié.

    Une seule chose à faire pour les petites pme : baisser leurs charges, et aucune charge pour les basses qualifications ?

    La contrepartie : moins de fonctionnaires & une réforme et refonte totale de la fonction publique qui fait avancer la france à reculons.

    Et flexibilité totale du contrat de travail : un patron embauche lorsqu’il est sur qu’il pourra aussi débaucher sans être inquièté.

    Voila la solution à tous nos problèmes.


  • La mouche du coche La mouche du coche 19 avril 2007 19:23

    @ l’auteur,

    « Chaque jour je rencontre des travailleurs, voire des cadres »

    Vous avez juste oublié une chose dans votre analyse, rencontrer les principaux intéressés : les chefs d’entreprise. C’est dur mais cela vous permettra de comprendre au lieu de nous ressortir les habituelles banalités de la presse. smiley

    « une importante PME vendéenne ... qui, chaque fin d’année, redistribue sous forme de participation aux bénéfices ... Finalement, ça ressemble au bon vieux projet de Participation de De Gaulle, projet qui finalement pourrait être aujourd’hui des plus novateur et salutaire »

    Vous enfoncez des portes ouvertes. Ce type de PME n’est nullement novateur, car il existe depuis longtemps : cela s’appelle des SCOOP.

    Plutôt que de taper sur les entreprises en restant bien au chaud, MONTEZ VOTRE BOITE !! smiley Qu’attendez-vous ? n’importe quel artisan en a une. smiley


    • Yann 35 Nouvelle politique 19 avril 2007 19:36

      « Et je peux vous assurer qu’il s’agit bien d’une réalité que je constate au quotidien, au contact à la fois des entreprises et de leur ex-salariés. »

      La réponse était un peu plus haut, oui je rencontre aussi des chefs d’entreprise à qui j’expose naturellement ces problématiques, en les invitant à y réfléchir ensemble et bien entendu à proposer des solutions pour rendre sinon leur entreprise, au moins leur secteur d’activité plus attractif. Je préfère le dialogue aux moyens de sanction dont je dispose.

      Je n’ai pas cité la PME vendéenne, qui n’est pas une SCOOP, comme une entreprise novatrice mais plutôt comme une entreprise exemplaire.

      Votre réflexion sur le fait de « taper sur les entreprises » montre bien qu’il est difficile de ne plus réagir en partisan « pro » ou « anti » patrons. Personnellement mon intention est justement de nous emmener bien loin de cette vision de l’entreprise en réfléchissant avec beaucoup de pragmatisme au moyen de faire avancer tout le monde autour d’un même projet, d’une même ambition.

      Enfin pour terminer j’ai déjà créé mon entreprise, ça aide à comprendre les problématiques complexes de la gestion des ressources humaines.


    • La mouche du coche La mouche du coche 19 avril 2007 21:18

      @ l’auteur

      « j’ai déjà créé mon entreprise » Hum, Il y a quelque chose qui cloche dans votre discours : smiley

      pour commencer je ne vois pas où vous dites « un peu plus haut » rencontrer des chefs d’entreprise, mais admettons.

      Ensuite vous avez peut-être monté une boîte mais vous n’avez pas eu de salariés. ( ou si vous en avez, vous ne les avez pas embauchez directement)

      Car vous n’avez pas le discours de quelqu’un qui emploie des salariés. Embaucher des salariés est l’épreuve du feu pour un patron, comme à la guerre : Celui qui n’a pas embaucher des salariés n’a rien vécu smiley. Après cela il ne peut plus dire votre phrase :

      « Regardez un peu du côté des conditions de travail et de rémunération, le manque de considération pour le salarié et son évolution, une pression accrue pour toujours plus de productivité et donc toujours plus de rentabilité, l’utilisation massive de contrats précaires et autres ruptures d’essai, etc, »

      et celle-ci :

      « un complément de rémunération équivalent à plusieurs mois de salaires : curieusement cette entreprise affiche une croissance très alléchante et l’ambiance au travail est à la fois des plus appliquées »

      C’est impossible. N’importe quel chef d’entreprise constate très vite qu’augmenter la rémunération n’augmente JAMAIS la motivation d’un salarié. Cela se saurait. smiley Et la productivité est l’OBSESSION du chef d’entreprise, parcequ’il doit payer les gens (et les familles derrière, les oubliez-vous ?)

      Si l’entreprise vendéenne n’est pas une SCOP, le modèle de SCOP correspond bien à votre définition d’une société participative « de De Gaulle ». Ce modèle existe (et fonctionne bien d’ailleurs). Pour faire simple, la SCOP est détenue et dirigée par les salariés eux-même : Aux CA, ce sont eux qui prennent les décisions. Hélas, il n’y en a pas beaucoup. smiley

      Si vous voulez vraiment le dialogue que vous demandez dans votre article, il faut nous dire la vérité Monsieur l’auteur. Quel est exactement votre travail ? smiley


    • Yann 35 Nouvelle politique 19 avril 2007 22:26

      Monsieur, vous faites honneur en tout cas à votre pseudo si joliement illustré par une image de mouche à m..de, ça n’est pas vraiment de nature à me rassurer sur votre responsabilité de chef d’entreprise et je ne m’étonne guère du discours très dogmatique que vous tenez farouchement.

      Votre position renforce mon propos sur la « défiance » croissante de certains entrepreneurs à l’égard de leurs collaborateurs. Je mesure, ou plutôt je vérifie la difficulté à venir pour ouvrir un débat constructif autour de la valeur entreprise. Pourtant l’urgence à inverser cette tendance n’en est que plus flagrante. Merci, donc, d’illustrer mon propos.

      Allez, pour vous faire plaisir je n’ai pas eu de salariés effectivement dans mon entreprise... dont l’activité était, je vous l’apprend, de l’intermédiation en matière de recrutement. Autant vous dire que les problématiques de recrutement des entreprises ne m’étaient pas vraiment étrangères... Qu’entendez-vous d’ailleurs par « guerre du feu » et « comme à la guerre » quand vous évoquez l’embauche d’un nouveau salarié ? Les candidats au recrutement par votre entreprise seraient-ils de féroces ennemis à combattre ? A moins que vous ne considériez vos collaborateurs comme la « chair à canons » d’un conflit économique ? Bref, nous avons là aussi une belle démonstration de votre part.

      Ensuite permettez-moi de vous citer à mon tour : « N’importe quel chef d’entreprise constate très vite qu’augmenter la rémunération n’augmente JAMAIS la motivation d’un salarié. Cela se saurait. ». Je vais vous donner en partie raison : effectivement une augmentation, seule, n’est pas une condition suffisante à faire un « bon » salarié, en revanche c’est une condition nécessaire à moyen terme si vous souhaitez le conserver dans votre effectif (à sa place j’y réfléchirais). Maintenant le terme JAMAIS me choque, oui me choque et me désole sur votre capacité d’analyse : je n’ai jamais dit qu’une augmentation du salaire fixe d’un salarié aurait mécaniquement un effet sur la motivation qui s’en suit, au contraire je pense effectivement qu’une augmentation sans objet ne change guère que le chiffre d’un relevé bancaire. Je parlais bien de participation aux résultats de l’entreprise, d’intéressement à son développement. Ceci est très courant, sans aller jusqu’à la SCOOP ou jusqu’au projet de De Gaulle impliquant les salariés aux décisions de l’entreprise. D’ailleurs c’est plutôt étonnant que ce soit en ce moment des candidats de droite qui parlent d’actionnariat salarial, vous concernant vous inclinez peut-être pour l’entreprise stalinienne, tout le monde au même salaire et pas un euro de plus, même si la rentabilité est bonne.

      La productivité vous permet de payer les gens ? La productivité n’est qu’une valeur de production, prenez des cours du soir en économie Monsieur ! Vous avez d’ailleurs un peu plus haut le commentaire d’un économiste...

      « (et les familles derrière, les oubliez-vous ?) » C’est purement de la sensiblerie malveillante, je n’y répondrai pas.

      Mon travail est d’aider les entreprises à recruter, leur permettre de le faire dans les meilleures conditions financières et je participe également à la formation et au placement d’ex-salariés. Sachez que j’y rencontre un succès d’estime partagé par tous et des résultats, c’est bien l’essentiel, très significatifs. L’objet de mon article n’est cependant pas d’étaler mon CV, mais bien d’ouvrir un débat que j’aimerais, après ce droit de réponse, le plus serein et objectif possible. Je vous remercie donc de garder pour vous vos angoisses d’entrepreneur que je peux très bien imaginer et d’observer posément les enjeux d’un nouveau rassemblement possible autour de la notion d’entreprise.


    • La mouche du coche La mouche du coche 20 avril 2007 07:58

      Vous l’avez compris : Je suis chef d’entreprise (d’une TPE) Nous sommes 5. héhéhé smiley

      Quand je dis « Embaucher des salariés est l’épreuve du feu pour un patron, comme à la guerre : » c’est que c’est effectivement le cas. Il faut avoir vécu un entretien d’embauche et voir un prétendant à un poste répondre à son téléphone portable pendant l’entretien (moi je ne réponds pas au mien quand je suis chez un client, c’est un minimum), ne vous enfile qu’un chapelet de « non » à toutes vos questions, vous demander la ligne de bus pour arriver chez vous, se plaindre si le trajet a trop de changement pour lui, ne pas même venir à ce rendez-vous d’embauche et aussi ne pas venir le lundi suivant quand vous lui avez dit que vous souhaitiez qu’il vienne pour démarrer. Et quand miracle ! il est venu à l’entretien à l’heure, il est revenu le lundi suivant, s’il reste plus d’une semaine ensuite et ne part d’abord, vous avez une chance inouïe. On n’en ressort pas indemne. Après vous vous blindez et ne regardez pas un nouveau-venu avant un mois, vous ne comptez pas sur lui avant, sinon vous êtes mort. Tout patron fait cela pour SURVIVRE. La « chair à canon » c’est le patron.

      Un salarié ne reste que s’il a envie de rester. Ses envies du moment, son histoire personnel est en jeu, pas celle de l’entreprise. L’augmenter ne changera JAMAIS je le répète, sa décision : Quand il a envie de se tirer, il se tire. Et chercher à le retenir par l’argent (ou même autre chose) est une erreur de jeune patron que j’ai faite souvent (en vain bien sûr) et ne fait plus aujourd’hui ; Je préfère voir avec lui si je ne peux pas continuer de travailler avec lui autrement (s’il se met à son compte par exemple)

      Vous dites « vous concernant vous inclinez peut-être pour l’entreprise stalinienne, tout le monde au même salaire et pas un euro de plus, même si la rentabilité est bonne. » Je n’ai pas dit cela mais j’aurais pu le dire, car je le pense en effet : J’ai vu en Israël des entreprises dans des kibboutz où tout le monde avait exactement le même salaire, puisqu’il n’y avait pas de salaire ! Elles marchaient très bien. Toute l’entreprise, patrons et ouvriers, se retrouvait le soir en maillot de bain autour de la piscine, c’était très sympa. Vous pourriez aller voir de ce coté-là plutôt que de nous ressasser les mêmes banalités. (il faut motiver les salariés, etc.) smiley

      Car enfin quel est le défaut principal de votre article, Vous écrivez en titre : « Et la valeur entreprise ? » et l’on se dit que vous allez parler de la valeur de l’entreprise, de ce qu’elle devrait représenter aux yeux des gens, mais l’article est comme toujours : il y a un conflit entre patron et salariés et la faute est comme toujours, je vous le donne en mille, aux chefs d’entreprise. Ce sont à eux de modifier le système pour qu’il plaise. Patron-salauds. smiley

      Très sincèrement vous devriez embaucher pour bien comprendre... smiley

      (quand à mon pseudo je rappelle à tous que les saletés que je transporte ne sont pas les miennes, ce sont celles où je me pose, les vôtres donc. smiley )


    • Tristan Valmour 19 avril 2007 23:19

      Bonsoir Nouvelle Politique,

      Votre article est très intéressant. Lorsque j’interviens en formation dans une entreprise, les entrepreneurs se confient souvent, vu que je suis d’un abord facile. Ils me parlent tous de leurs problèmes avec une partie de leur personnel, du manque d’investissement dans l’entreprise. Embaucher est un acte délicat. Certains salariés, il faut le dire, prennent leur travail comme une « bourse » ; il est difficile dans ce cas de les motiver. Mais c’est affaire normale dans tout groupe humain, et cela ne représente pas la majorité des salariés.

      De l’autre côté, vous avez parfaitement raison de valoriser le rôle social de l’entreprise, qui a été trop oublié dans ce monde où la concurrence sauvage conduit à tous les excès. Et puis, certains entrepreneurs se prennent comme référent et attendent - à tort - de leurs salariés un volume d’investissement équivalent au leur.

      L’un des entrepreneurs d’une PME me demandait comment motiver ses salariés, vu que l’effet de l’augmentation de salaire ne perdurait pas au-delà de quelques mois. Je lui ai conseillé de trouver un projet qui puisse fédérer les énergies, un projet qui allait utiliser les ressources de l’entreprise pour une action complètement altruiste, et pérenne, à la dimension de l’entreprise. Cet entrepreneur consacre aujourd’hui un fort pourcentage de ses bénéfices à cette action, et communique beaucoup en interne sur ce sujet. Cela n’a pas remotivé tous ses salariés, mais une écrasante majorité. Les relations humaines dans cette entreprise sont au beau fixe ajourd’hui.


      • Yann 35 Nouvelle politique 20 avril 2007 10:39

        Je sens poindre un début de rapprochement entre nous : espoir !

        Je n’ai pas tout développé dans mon article, car il y aurait tant de choses à dire sur cette problématique qui a pourtant été totalement absente de la campagne présidentielle. Loin de moi l’idée de plébisciter l’opinion « patrons salauds » car encore une fois, heureusement beaucoup de chefs d’entreprise se comportent en dirigeants responsables et restent à l’écoute des préoccupations de leurs salariés, il existe même une frange d’entrepreneurs socialement investis. Mais la fracture se creuse, il faut bien le constater, du fait en partie des managers et de leur stratégie mais, je vous rejoins là-dessus, du fait également de salariés ou candidats à l’embauche qui se sont également « dérespnsabilisés » de leurs obligations. Les candidats qui se présentent à l’entretien en jogging, en tongs, qui mâchent un chewing-gum devant un employeur potentiel, qui ne s’intéressent qu’aux vacances et autres RTT en vigueur dans l’entreprise, qui oublient les formules minimum de politesse au téléphone, etc etc..., oui ça existe et c’est une réalité. Car eux aussi se renforcent dans leur position « je pense d’abord à moi, le projet de l’entreprise m’intéresse bien peu ».

        Je vous invite à vous rapprocher des services compétents de l’état pour bien préparer les futurs candidats et salariés, comme on forme (pour reprendre vos formules guerrières) des futurs soldats au combat. Insistez-donc auprès de leurs « casernes » pour qu’il soit fait un vrai travail de fond sur le comportement à adopter face à un employeur. Pour information ces questions font pleinement partie de mon plan d’action au quotidien, je le dis avec diplomatie mais très clairement aux futurs candidats à une embauche et salariés de demain : donnez-vous la chance, par votre comportement, de réfléchir à une proposition d’embauche et si vous la refusez, faites-le avec le maximum de courtoisie car « il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas »... Et par rapport à leur futur activité dans l’entreprise, je leur explique avec la plus grande transparence toutes les contraintes et les avantages du secteur où ils s’apprêtent à travailler, avec un contexte de marché inéluctable.

        Mais s’il-vous-plaît, ne vous renforcez pas également dans votre position et prêtez votre écoute à ceux qui espèrent un rapprochement des salariés et chefs d’entreprises autour d’un projet commun. Nous pouvons y arriver, c’est de la responsabilité de TOUS, comme tous les autres sujets de société d’ailleurs.

        Bien vu pour le concept de « mouche du coche », cependant je ne cèderai pas personnellement aux tentations « ordurières » à propose de problèmes aussi sérieux et graves de conséquence que celui dont nous débattons.

        Enfin les patrons et ouvriers de kibboutz’s qui se retrouvent le soir autour d’une piscine, je trouve ça formidable !


        • aktos 20 avril 2007 13:36

          Valeur travail : Plus on travaille moins on gagne ! On vit dans un monde ou le rapport entre le salaire et la difficulité n’existe pas. Moins le travail est fatiguant plus on gagne et on a d’avantage. Le créateur d’entreprise c’est le cas extrème. Au début il travaille travaille travaille et pour gagner quoi ? Au début il perd de l’argent ! Puis il en perd moins. Alors a quoi se fatiguer : un RMI est donné sans rien faire. Je dirais meme plus conditionner le RMi ou d’autres allocation à une inactivité est un comble. Pour pouvoir survrir à l’ASSEDIC j’ai entendu : il faut arreter l’entreprise. Alors vous percevrer des allocation chomages. Mais après interdit de travailler ! ( recommencer l’entreprise ! ) A quand une allocation chomage dégressive qui dure plus longtemps et qui n’est pas conditionné par une inactivité ? Aucun candidat n’en parle. J’ai lu la feuille de Ségolène : ce qui ne me plait pas c’est du vague ! Rien de concret ! Cette feuille aurait pu convenir à n’importe quel candidat. Un copie coller et hop on a quelque chose :
          - diminuer le chomage - récompenser le travail - réduire la couche d’ozone et la pauvreté dans le monde-


          • La mouche du coche La mouche du coche 20 avril 2007 19:12

            @ l’auteur,

            je vous invite à voir en direct ici-même sur agoravox ce que je vous disais plus haut : l’enfer de l’embauche.

            http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=22734

            Un entrepreneur propose un contrat en or à quelqu’un en lui disant : vous faites ce que vous voulez, aucun horaire, pas de pression, aucune contrainte, etc. et que répond le prétendant au poste : IL REFUSE bien sûr !

            Qu’est-ce que je vous disais smiley


            • Yann 35 Nouvelle politique 21 avril 2007 11:45

              Un contrat en or ? « Vous travaillerez comme vous voudrez, vous toucherez ce que vous pourrez, vous vendrez ce que vous aurez ».

              Et ça ne marche que pour les professions commerciales où le vendeur est au contact direct avec les payeurs du patron, à savoir les clients... Effectivement certains commerciaux gagnent extrêmement bien leur vie en n’étant payé qu’à la commission, j’en connais un d’ailleurs. Sauf que c’est bien souvent de l’escroquerie organisée avec emploi de toutes les techniques de roublards, le « coup de casse », le « passage de main », etc... Donc libéraliser le travail des commerciaux pour que ceux-ci soit prêt à dépouiller sauvagement n’importe quel chaland, en tant que client déjà ça ne me rassure guère... Et en terme de stratégie d’entreprise, pas sûr que cela paye à long terme.


            • La mouche du coche La mouche du coche 21 avril 2007 12:54

              « c’est bien souvent de l’escroquerie organisée avec emploi de toutes les techniques de roublards, le »coup de casse« , le »passage de main« , »

              Vous voyez ! smiley

              Vous considérez A-PRIORI que ce patron est un salaud et qu’il cherche à « piéger » le salarié. Et dans votre article vous venez nous donner des conseils de dialogue patron-salarié !! smiley

              Vous avez l’esprit d’immobilisme ! smiley

              votez bien smiley


            • Yann 35 Nouvelle politique 21 avril 2007 13:19

              J’ai précisé « bien souvent » dans la citation que vous reprenez, ce qui ne signifie donc pas à coup sûr que le patron dont il est ici question n’est pas de bonne moralité... Mais s’il vous plaît, après la sensiblerie ne faites pas preuve d’une naïveté feinte sur le milieu du commerce.

              Quant à votre acharnement à vouloir me faire dire « patrons salauds » pour défendre votre « bande », c’est digne du comportement d’un adolescent de 15 ans.

              Vous n’êtes pas une mouche, vous êtes une teigne, un parasite. Mais je respecte la nature.


            • La mouche du coche La mouche du coche 22 avril 2007 11:00

              Je suis désolé d’avoir mis un exemple concret et vivant en face de vos idées. smiley

              Le cas de carmalatt n’est hélas pas particulier. Nous venons de mettre ensemble le doigt sur la perception du chef d’entreprise en France : Plus le patron lui proposait de travailler tel que le salarié le souhaitait, plus carmalatt était furieux, d’où son article. smiley

              C’est pour cela que je gère pour ma part mon entreprise par l’absence : Je me tire. Je vais chercher des affaires et eux les traitent : Je ne m’occupe pas un instant de leurs horaires, cadre de vie, etc. Ils sont grands et je ne suis pas leur papa. S’ils ont envie de quelque chose, qu’ils le fassent. Seul compte pour moi que les dossiers soient traités. C’est la seule attitude MODERNE du chef : ne pas être là. smiley

              votez bien smiley


            • Fred 21 avril 2007 17:36

              si on parle des PMEs, le patron est souvent celui qui a investi son temps et son argent pour creer l’entreprise. Je trouve bizarre que d’autres personnes puissent lui dire comment il doit revaloriser ses employes tant qu’il respecte la loi. C’est son choix, si les employes se sentent leses ils peuvent changer de boite ou creer de boite. Un patron sera revaloriser les elements importants de son entreprise ; les autres sont malheureusement remplacables.


              • Yann 35 Nouvelle politique 21 avril 2007 17:45

                Il n’est pas question qu’on oblige un chef d’entreprise à faire quoique ce soit si la loi ne le prévoit pas. En revanche on peut le conseiller (svp pas de « les conseilleurs ne sont pas les payeurs »), on peut l’inviter à une réflexion sur les moyens de mobiliser son effectif d’une manière encore plus efficace. La décision de changer de pré n’est pas facile à prendre pour un salarié car on ne sait jamais si l’herbe sera plus verte ailleurs et avant de démissionner « de » l’entreprise, on commence toujours pas démissionner « dans » l’entreprise, parfois longtemps au préalable sans que le patron n’ait d’éléments significatifs pour anticiper la décision du salarié en engageant une procédure à son encontre...


              • ben 28 avril 2007 19:49

                Je pense tout de même qu’il y a deux gros groupes d’entreprises : les entreprises contrôlées par des groupes financiers, généralement dirigées par un salarié désigné par ces financiers (on appelle cela « un grand patron ») et dont le but essentiel est l’argent, et les entreprises dont le créateur, industriel ou commerçant, est toujours à la tête de l’entreprise.

                Effectivement, la situation du cadre ou du salarié dans une entreprise dirigée par des financiers est assez difficile. Ces financiers recherchent le résultat rapide et sont intransigeants. Ils oublient souvent que la confiance du salarié est essentielle pour obtenir le meilleur travail (et donc le meilleur résultat pour l’entreprise).

                Dans une entreprise dirigée par un commerçant ou un industriel, sans pour autant mettre tous les dirigeants de ces entreprises sur un piédestal, l’ambiance est souvent différente. Déjà, le dirigeant en question a énormément de mérite. Il a souvent pris des risques énormes, qu’aucun salarié ou cadre n’a voulu prendre (sinon il serait aussi créateur d’entreprise). Ces risques sont l’investissement financier de départ, mais aussi toutes les cautions que ce patron a dû signer pour obtenir les facilités des banques. S’ajoutent encore tous les risques juridiques et fiscaux. Je le sais pour l’avoir payé très cher. La première fois qu’un chef d’entreprise m’a dit : « vous savez, dans le commerce, on apprend énormément ; mais ça coûte cher ! », j’ai pensé que le brave homme qui me disait ça s’était planté parce qu’il n’était pas très malin. Plus tard, je me suis dit qu’il avait effectivement raison, ou alors que je n’étais pas plus malin que lui.

                Je peux aussi vous parler de motivation et de rémunération. Je dirige aujourd’hui une petite entreprise et j’ai mis en place en 2003 ou 2004 un intéressement au bénéfice pour mes salariés. Ils peuvent obtenir dans le meilleur cas 15% du résultat de l’entreprise. Au départ, tous les salariés, sans aucune exception ont montré une absence totale d’intérêt pour ce système. C’est seulement au bout d’un an lors premier versement de l’intéressement, qu’ils ont enfin vu le bien concret que cela faisait à leur compte en banque et que certains d’entre eux ont montré plus de motivation.

                L’année suivante, je partais pour faire des résultats meilleurs encore. Une bonne part des salariés m’a demandé une augmentation. Normal, puisque le patron s’en met plein les poches, pourquoi pas nous. Je leur ai signalé que par l’intéressement au bénéfice, ils avaient forcément leur part. Et bien non, l’intéressement, ce n’est pas le salaire...

                Finalement, les bénéfices ont été bien moins bons que prévus. Et l’année suivante a été encore plus difficile. Peu de bénéfice, peu d’intéressement. Et bien croyez moi, l’ambiance est bien meilleure. On se tient les coudes et on travaille tous le mieux possible pour s’en sortir. Sans augmentation de salaire, sans gros intéressement.

                J’en ai conclu que mes salariés, à qui je cache assez peu de choses, ont bien compris que la vie d’un chef d’entreprise (surtout lorsqu’il n’est pas très malin) n’est pas si facile que cela.

                Enfin un dernier petit commentaire. Dans certains pays, l’artisan ou le chef de la petite entreprise est vu comme un super mec. Il fait tourner le pays et c’est quelqu’un de bien. Dans d’autres pays, comme la France, le chef d’entreprise, s’il est industriel, est un gros riche qui s’en met plein les poches. S’il est commerçant, c’est forcément un voleur.

                C’est un peu court et je pense que le chef d’entreprise pourrait parfois avoir un beau rôle dans un film ou être mis en évidence, de façon positive, dans les médias, même de gauche.

                Je pense aussi qu’avec la mondialisation, il n’est pas l’heure de savoir si c’est le chef ou le salarié qui a raison, c’est le moment de se bouger tous ensemble pour sauver notre qualité de vie, qui, faut-il peut être le rappeler, est exceptionnelle et pas garantie.


                • Yann 35 Nouvelle politique 29 avril 2007 18:37

                  Bien qu’il ne puisse être absolument représentatif des 3 millions d’entreprise en France, merci beaucoup pour votre témoignage qui montre que certains salariés ne prennent finalement réellement conscience de la valeur entreprise que lorsqu’elle se trouve en difficulté. A ce moment-là, ils voient probablement en la personne du chef d’entreprise, le capitaine d’un bateau qui n’irait au bon port des objectifs qu’à l’aide de chaque membre d’équipage.

                  Pour revenir à vos deux groupes d’entreprises, effectivement il existe deux stratégies dont dépend le traitement réservé aux salariés : la stratégie de rentabilité et la stratégie de développement. Seules les grandes entreprises, dont la notoriété assure un volume de vente pérenne et suffisamment important pour financer de lourds investissements de mécanisation ou de délocalisation, dont le prestige assure un personnel désireux de se faire un « CV » quelques soient les conditions de travail, seules ces entreprises peuvent se permettre une stratégie de rentabilité pour leurs actionnaires la plupart du temps. Les autres, PME, TPE, suivent au mieux une stratégie de développement, au pire de subsistance. Dans ce cas il va de soi qu’il faut s’entourer de la meilleure équipe, l’impliquer au mieux dans le projet d’entreprise et s’assurer de son maintien dans l’effectif. C’est à cette condition que des richesses pourront être créées plus encore demain qu’aujourd’hui et qu’une juste répartition pourra se faire, dans l’intérêt des salariés naturellement et dans l’intérêt de la création d’emploi. Dans l’intérêt du pays donc.

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Yann 35

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