Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Et si Eric Besson était dans le ton

Et si Eric Besson était dans le ton

Nommé sécrétaire d’Etat à la prospective, Eric Besson a en charge de conjuguer la France au futur. Si des esprits lucides ou chagrins peuvent sourire à l’annonce de cette nomination, récompense de bons et déloyaux services, un grattage deuxième degré montre que l’homme a quelques atouts pour réussir sa mission.

Gauche, droite... Notre nouveau secrétaire d’Etat aux affaires de demain a l’habitude de retourner sa veste. Concernant le futur, nous ne pouvons avoir aucune certitude. La seule chose que l’on peut prévoire est qu’il faudra gérer de l’imprévisible. A cause des interactions entre différents éléments du système aussi complexe que l’est un pays, un froissement d’aile peut provoquer en quelques heures un tsunami sociétal. Le phénomène a été illustré la semaine dernière par une chute spectaculaire de l’action Apple suite à un article sur un blog consacré aux gadgets (Engadget.com) annoncant le retard de sortie de deux produits de la gamme. L’information a été rectifiée très rapidement mais la rumeur s’était déjà répandue. Dans ce contexte délicat, un individu doté d’une capacité à la reversibilité de ses propos peut avoir plus de facilité pour manoeuvrer.

Le chambellan du futur sait faire des grands écarts de pensée. La preuve, il écrit un brûlot anti-Sarkozy dans lequel il le qualifie de "néoconservateur américain à passeport français" et vient quelques temps plus tard se jeter dans ses bras. Dans l’exercice, il a sans doute acquis une souplesse neuronale qui lui sera bien utile pour mener une réfexion prospective. Pour réfléchir à l’avenir, il lui faudra en effet intégrer et croiser des données émanant de différents domaines. Il devra mettre dans la casserole pas moins que le vieillisement de la population (en 2030, 30 % de la population aura plus de 60 ans), le réchauffement climatique (vu les dégats annoncés, on ne peut plus l’ignorer), l’épuisement des ressources naturelles, le développement et le croisement des nano-bio-cogno-info-technologies (avec les NBIC de vastes horizons de progrès s’ouvrent), les habitudes de la génération Internet (élevés au haut débit, les « djeunes » surfent, cliquent, zappent, chattent de manière quasi instinctive). Pour eux, il n’y a pas de frontière entre le virtuel et le réel. Autre nouveauté, ils sont habitués à consommer de la gratuité, la mondialisation (Quand les frontières sont de plus en floues, la glocalisation- penser global, agir local- s’impose) et bien entendu les jeux, enjeux et rapports de force politiques, économiques, religieux...

Eric Besson a préparé et raté l’ENA. Outre confiner des esprits dans un rationalisme totalement en inédéquation avec la démarche prospective, cette école faconne des individus qui, dès la sortie, filent sur les autouroutes professionnelles au volant de bolides. Grisés par la vitesse, ils n’ont pas l’habitude de prêter attention aux signaux faibles. Son ratage est donc un atout, car il a peut-être appris à observer ces détails qui peuvent provoquer d’importants changements.

Perdant de luxe, il a publié un tiers de page dans le Monde pour dire qu’il allait réussir. Cette épisode montre qu’il n’ignore pas que les échecs peuvent être transformés en succès. On peut donc supposer qu’il leur accordera autant, voire plus, d’attention qu’aux réussites souvent aussi clinquantes qu’éphémères. C’est un incontestable bon point car de nombreux accidents et erreurs ont permis des découvertes révolutionnaires (par exemple, la péniciline).

De plus, si l’on s’en référe à son parcours d’élite programmé, cette sortie de piste témoigne d’une notable imagination. Un nouveau bon point pour notre futurologue en chef car la réflexion prospective en exige un maximum. Si on ne peut prédire l’avenir, on peut l’inventer. La méthode est simple. On imagine différents scénarios futuristes et on choisit ceux qui sont en adéquation avec nos aspirations.

Si ces égratignages souriants, et sans doute pour beaucoup pas assez sérieux pour être pris au sérieux, peuvent me valoir d’être clouée au pilori par quelques commentaires d’ennemis de l’humour, j’en ajoute une couche en ayant l’outrecuidance de donner quelques conseils au nouveau secrétaire d’Etat à la prospective.
- Vulgarisez la réflexion sur la futur. L’avenir étant l’affaire de tous, il est essentiel que le plus grand nombre participe à son élaboration.
- Incitez les entreprises, les institutions à se poser la question de leur futur. Quand le progrès les fait rouler à 574 k/h, continuer à conduire son entreprise en regardant dans le rétroviseur est déconseillé. Il est aussi préférable d’avoir de l’horizon si on ne veut pas partir dans le décor au premier virage.
- Ne laissez pas la prospective dans les mains de ces experts qui vendent une méthode pour prédire l’avenir dont la seule efficacité est de remplir généreusement leurs tiroirs-caisses.
- Faites appels aussi à des artistes, des créatifs, des rêveurs de talent pour imaginer le futur. L’imagination étant la meilleure compagnie de transport du monde, ils vous aideront à aller plus loin dans la réflexion.
- Allez revoir le Cercle des poètes disparus et comme les élèves du professeur Kiti montez sur votre bureau. Eh oui, la prospective se résume à adopter une attitude qui permet d’une part d’avoir un regard à 360° sur l’existant et les tendances et d’autre part de mettre ces éléments en perspective.


Moyenne des avis sur cet article :  3.13/5   (32 votes)




Réagissez à l'article

15 réactions à cet article    


  • EXPAT456 24 mai 2007 13:17

    Article tout a fait dans le ton des sites internet de votre sphere ... inutile, insipide, creux ... Une perte de temps pure !


    • EXPAT456 24 mai 2007 13:18

      Ah oui, apres « agitée du clavier et du cortex (sic) » j’ajouterais « agitée du bocal » ...


    • Ploum 24 mai 2007 16:31

      Compétent ? Peut être. Des atouts ? Peut être.

      Seulement pour ma part j’ai un gros problème avec ce monsieur et qui est le suivant :

      Quand celui ci va nous pondre un dossier de préconisations pur le futur du pays, comment devra t’on le prendre et devra t’on lui faire confiance ?

      En effet celui ci a, comme vous l’avez souligné, pondu un brulot anti Sarkozy il y a quelques mois, pour finalement le rejoindre comme le messie, cela me parait un peu risqué de parier sur le futur en se basant sur les préconisations de quelqu’un d’aussi volatile.

      Dans une émission (je ne sais plus laquelle, j’espère qu’on me pardonnera ce trou de mémoire), monsieur Besson, pour se défendre, disait qu’il avait rédigé son brulot anti Sarkozy sur demande, alors du coup (en admettant que cela soit la bonne version) quand ce monsieur nous préconisera plein de choses pour le futur du pays, comment nous français pourrons nous savoir si son travail est digne de confiance ou si par exemple il n’a pas rédigé ses préconisations à la demande de quelqu’un d’autre ? (genre un lobby)

      Au delà de la compétence et des atouts, c’est l’éthique de ce monsieur Besson qui pour me pose un problème.


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 27 mai 2007 15:26

        @ Calmos. Si après avoir prouvé ainsi qu’il ne rechignait pas à payer loyalementt les 30 deniers, Sarko trouve habilement le moyen de donner la corde pour se pendre au Bazaine de la Beresina, la vertu y trouvera doublement son compte et je comencerai à trouver ce type sympa. Je parle de Sarko, bien sûr, pour Besson, je n’y arriverai pas. http://www.nouvellesociete.org/5055.html

        Pierre JC Allard


      • Jojo2 24 mai 2007 20:52

        Qui aurait-entendu parler de Besson sans ce spectaculaire retournement de veste ? Personne. Que serait-il aujourd’hui ? Un obscur député de la Drome. 27 questions en 5 ans. Aucun rapport. Présent à 55 scéances.

        Tout est dit.


        • Jojo2 25 mai 2007 09:02

          Ce n’est pas Ségolène qui l’a fait connaitre, c’est le battage qui a été fait par les medias autour de ce personnage peu recommendable et dont la nullité est probable. Il sera jeté, et on tirera la chasse.


        • Romain de Pescara 27 mai 2007 13:28

          Site officiel de l’assemblée nationale

          Liste des séances au cours desquelles le nom du député apparaît (depuis le 20 janvier 2004)

          La recherche porte sur : Ségolène Royal. Nombre de documents trouvés 8

          La recherche porte sur les rapports parlementaires présentés par Ségolène Royal . Nombre de documents trouvés 0 (Certains rapports volumineux peuvent être découpés en plusieurs documents.)

          A choisir en temps de présence et en travaux, mon choix est fait.


        • Jojo2 28 mai 2007 10:09

          Questions : 323 Propositions de loi : 116

          ....

          C’est sur que Présidente de Région elle aurait du démissionner. Mais c’est une constante de notre République que le cumul.


        • Odal GOLD Odal GOLD 24 mai 2007 21:16

          D’après ce que j’ai compris de la lettre d’Eric Besson adressée à M. Sarkozy, il reprochait essentiellement au PS de le prendre pour un supporter fanatique de la politique d’Israël. Peut-être avec raison, il devait voir en M. Sarkozy, je suppose, un autre inconditionnel de la terre biblique d’Israël (autant qu’un Georges Bush).

          Rien que pour ces cotés messianiques inesthétiques - qui ne m’intéressent guère justement - je dirais que j’aurai oublié le personnage au moment même où on en parlera plus. : http://odalgold.blog4ever.com/blog/lirarticle-106908-323991.html

          [La photo de « Calmos » est beaucoup plus sympathique qu’Eric besson, mais Calmos je me demande ce qu’il a à voir avec : avec le chaton et avec Eric Besson ?]

          Odal GOLD www.odalgold.com


          • spartacus1 spartacus1 25 mai 2007 07:45

            Eric Besson, ne va pas survivre longtemps dans un gouvernement. Les législatives passées, pffit ...

            Un traitre est toujours détesté. Par ceux qu’il a trahi bien sur, mais encore plus par ceux qui ont profité de sa trahison (ils savent de quoi il est capable). À moins que, tel Talleyrand, il ait constitué de solides dossiers sur les puissants du moment, du passé ou à venir.


            • JPL 26 mai 2007 23:37

              Eric Besson a un « mérite » : sa présence dans ce gouvernement personnellement composé par M. Sarkozy indique à qui nous avons affaire (ou devrait l’indiquer à ceux qui voudraient bien regarder les choses comme elles sont)


              • morice morice 27 mai 2007 11:39

                « De la traîtrise comme mode de promotion en entreprise », on peut ajouter, comme cours à dispenser dans les écoles. Bel exemple, en effet, pour la jeunesse, que ce Mr Besson. Euh, poour ce qui est du traître toujours détesté... Mr Sarkozy fait plus de 60% de gens qui l’apprécient en ce moment... or, il il en est à énième trahison, si je ne m’abuse... il est déjà en train de mettre en place des solutions négociées en « loi cadre » pour le principe du service minimal, que ses propres électeurs ont déjà consédéré comme acquis. Trahison, vosu avez dit ?


                • IP115 27 mai 2007 14:09

                  Excellent article qui nous montre ce changement de cap d’un homme sous un autre angle ...

                  Eric Besson, secrétaire national à l’économie du PS jusqu’au 21 février 2007 et maintenant secrétaire d’état chargé de la Prospective et de l’évaluation des politiques publiques quoi de plus naturel ? l’essentiel pour les français est que cet homme de talent reste au service de la France.

                  Il y a bien longtemps que les histoires d’appareils, de politique politicienne et de camps, n’intéressent plus les français ... et il faudra bien que tous ces éléphants obsolètes du PS finissent par le comprendre ! smiley


                  • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 28 mai 2007 15:22

                    @ IP 115

                    D’accord avec toi. J’ai par hasard assisté à une émission de la chaîne parlementaire où Eric Besson (dont, j’avoue, je n’ai pas lu le livre) s’exprimait sur ses convictions et sur son parcours. Cet homme de gauche, rejeté par les siens, se définit pourtant encore comme un homme de gauche. A la question que lui posait le journaliste de savoir s’il était vrai que SR avait, lorsqu’elle a appelé NS au soir de sa victoire pour l’en féliciter républicainement, demandé à celui-ci de ne pas prendre Besson dans son gouvernement, ce qu’elle aurait vécu comme « une blessure personnelle », ce dernier a expliqué n’avoir pas cherché à savoir si c’était vrai.

                    Trois remarques en conséquence : honte au PS et sa chasse aux sorcières, honte à SR si l’anecdote est (et elle le semble) réelle, et respect pour la dignité de Besson au sujet de cette affaire, n’en déplaise aux caciques du PS.


                  • Alajuela Alajuela 28 mai 2007 15:05

                    @ l’auteur, Merci pour cet article que j’ai trouvé interressant et qui m’a bien fait rire !

                    @ spartacus 1, Malheureusement ce n’est pas comme cela que « ça marche » en politique. La meilleure preuve : Je pensais la même chose de N. Sarkozy en 1995 (avec son magnifique retournement de veste vis à vis de J. Chirac au profit de M. Balladur) ; je m’étais dit « cet homme-là (N. Sarkozy) est fini politiquement ! ». Et bien non, il a juste fait la taupe pendant 3 ans, il est revenu comme une fleur dès que l’occasion s’est présentée et le voilà Président de la République !!

                    Morale de l’histoire : dans notre république, le retournement de veste et la traitrise ne sont absolument pas un handicap pour arriver aux plus hautes fonctions !!

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès