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Et si la crise ne faisait que commencer ?

C’est Joseph Stiglitz qui le craint car pour lui, le pire est à peut-être à venir.
Il affirme que nous n’avons rien appris des crises précédentes.

Joseph Stiglitz est un grand économiste, nobélisé en 2001.
Il fait partie de ce que l’on appelle « le courant Keynésien ».
Nommé en 1993 par le Président Clinton en tant que directeur de ses conseillers économiques, il devient en 1997 premier vice-président et économiste en chef de la Banque mondiale.
Il est un peu « le poil à gratter » de l’économie mondiale, et américaine. Il a dénoncé les baisses d’impôts décidées par Bush, l’idéologie du « tout privatisable » et l’hypocrisie vis-à-vis des paradis fiscaux. lien
Dans « la grande désillusion » publié en 2002 chez Fayard), il avait démontré les carences de réflexion du FMI qu’il dit être au service des capitalistes et des marchés financiers. lien
Il vient de publier un nouveau livre « le triomphe de la cupidité  » et dans ce livre, il enfonce le clou, et développe ses arguments sur trois sujets principaux : la crise Grecque, le FMI, et la récession.
Au sujet de la crise, il déclare : « nous avons connu une chute libre, mais celle-ci est terminée. Nous avons touché le fond, mais la reprise n’est pas robuste. A preuve ce qui vient de se passer en Espagne, en Grèce et au Portugal avec les attaques spéculatives. Probablement qu’ils résoudront ce problème, mais pour les Grecs, cela pourrait signifier plus de chômage, plus de souffrance. Eux pourraient se dire que les choses empirent. Pour l’Amérique, dans les 12 prochains mois, beaucoup de risques vont se présenter. Si nous avons de la chance, nous connaitrons une croissance réduite, avec une baisse progressive du chômage ». lien
On comprend donc que tout cela est une question de chance, ou de malchance, et que rien n’est sûr.
Au sujet de la Grèce, il affirme : « l’Europe à bien fait d’annoncer son soutien à la Grèce, mais je pense que ce n’est pas suffisant, que l’Europe n’a peut-être pas formulé le problème de la bonne façon » il ajoute au sujet de la crise : « les banques ne pouvaient rembourser leur clients, elles avaient parié, fait de mauvais placements, et elles étaient en faillite, on les a donc renfloué, mais la Grèce n’est pas plus en faillite que l’Espagne ».
A y regarder de plus près la Grèce aura un déficit qui va atteindre 9,4% du pib en 2010, l’Espagne n’est pas mieux lotie, avec 11,4% du pib (120milliards) (lien), ni le Portugal, mais il est étonnant que personne n’évoque le déficit du budget de l’état français qui a dépassé en octobre 2009 les 130 milliards d’euros. lien
Stiglitz a été nommé en 2008 par Sarkozy afin de diriger une commission de 22 experts,
Ils viennent de remettre leur rapport et proposent de préférer mettre en avant le « bien-être » de la population, plutôt que la production économique, comme indicateur de la croissance d’un pays. lien
J’avais évoqué ce concept dans un article « le bonheur national brut  ».
Mais en quoi consiste le bien-être d’un français, sinon d’avoir plus d’aisance financière, moins de chômage, une meilleure qualité de vie.
Pour cela, il faudrait un rééquilibrage des salaires qui empêcherait un salarié de gagner plus de 300 fois le salaire minimum, ce qui est le cas aujourd’hui.
il faudrait aussi que l’état arrête le gaspillage.
La liste est longue :
Pour une pseudo grippe H1N1, ce sont plus de 2 milliards qui sont partis en fumée. lien
Le nouvel avion présidentiel : lairbus 330 (équipé d’un four à Pizza) n’est qu’une minuscule partie du gaspillage présidentiel.(il faut croire que l’airbus 319 était trop petit pour lui). lien
Il sera tapissé en cuir de Cordoue, et équipé d’une baignoire : le reste est pour l’instant tenu secret.
Le prix initial est de 180 millions de dollars, mais avec les aménagements, les prix vont grimper.
 A chacun des déplacements présidentiels, ce sont souvent plus de 1000 policiers qui sont débauchés et de couteuses réceptions.
Personne n’a oublié les 5050 euros par convive que nous avons payé pour le sommet méditerranéen sarkozyste, ni la douche installée pour l’occasion pour 250 000 euros. lien
Cout de la journée 16,6 millions d’euros.
La cour des comptes s’est inquiétée dans son dernier rapport des 175 millions d’euros que Sarkozy a dépensé pendant les 6 mois de la présidence de l’union européenne. Jacques Chirac, pour la même période n’en avait dépensé que 61.
Le budget annuel de l’Elysée est de 130 millions d’euros. lien (il était auparavant de 32 millions d’euros.)
l’Etat ne devrait-il pas donner l’exemple, et faire comme l’avait décidé en 1990 Alassane Ouattara, ex directeur du FMI, qu’avait engagé Houphouet Boigny pour redresser les finances de la Cote d’Ivoire ?
Il avait réduit les salaires des membres du gouvernement de 50%, revendu les voitures de fonctions inutiles et supprimé certains avantages. lien
En France, les 343 sénateurs coûtent à l’état 877 051 € par jour, les 577 députés coûtent eux 1 375 568 € par jour  : au total 2 252 619 par jour, et 822 205 935 par an sans oublier les salaires des 3963 conseillers généraux, les 1880 conseillers régionaux, des ministres, secrétaires d’état, et celui du président dont on connait l’augmentation. lien
N’oublions pas son personnel (957 personnes).
S’y ajoutent les avantages : 2 airbus A319, l’airbus A330, 6 Falcons, sans oublier les résidences « secondaires »les voitures de fonction, et les chauffeurs qui vont avec.
Une telle mesure appliquée en France provoquerait au moins une économie annuelle d’un bon milliard d’euros.
En appliquant seulement les recommandations de la cour des comptes, le pays aurait fait de « substantielles » économies supplémentaires.
Et si l’état ne donne pas l’exemple, nous ne sortirons pas facilement de la crise, même si ce n’est qu’une partie de la réponse.
 
Car comme disait un vieil ami africain : « Dors affamé, mais pas avec la honte  ».
 
 
par olivier cabanel (son site) mercredi 17 février 2010 - 114 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Galuel (xxx.xxx.xxx.139) 17 février 2010 09:59
    Galuel

    Quelle crédibilité pour Stiglitz ? Il était aux manettes de la dérégulation financière sous Clinton ! http://www.lexpansion.com/economie/...

  • Par John Lloyds (xxx.xxx.xxx.162) 17 février 2010 11:30
    John Lloyds

    Bon article, merci. Tous ces prix Nobel ne valent que par les portes ouvertes qu’ils enfoncent, il est tellement évident maintenant qu’on se dirige vers un crash que même ces emminences s’y mettent.

    Ceci étant, on ne les avait pas beaucoup entendus, à l’époque où les Roubini, Larouche, Jorion, prophétisaient, souvent dans l’hilarité et le mépris des "experts", le temps où l’edifice dans son entier allait sombrer.

    Ben oui, ça se casse la gueule, c’est à peu près indiscutable, il est grand temps que les prix Nobel s’y mettent, et ça ne grandit en rien leur image.

  • Par Jean-Pierre Llabrés (xxx.xxx.xxx.82) 17 février 2010 10:03
    Jean-Pierre Llabrés

    à l’auteur

    "Et si la crise ne faisait que commencer ?
    C’est Joseph Stiglitz qui le craint car pour lui, le pire est à peut-être à venir.

    Il affirme que nous n’avons rien appris des crises précédentes".


    "Il vient de publier un nouveau livre « le triomphe de la cupidité  »
    Au sujet de la crise, il déclare : « nous avons connu une chute libre, mais celle-ci est terminée. Nous avons touché le fond, mais la reprise n’est pas robuste"

    N’est-ce pas contradictoire ?

    Par ailleurs, j’ai quelque idée du diagnostic de Stiglitz en matière économique et financière mais je ne connais absolument pas les solutions qu’il préconise pour remédier aux maux qu’il constate.

    Pouvez-vous nous éclairer ?


  • Par ddacoudre (xxx.xxx.xxx.120) 17 février 2010 12:55

    bonjour olivier

    cela ne peut déboucher que sur je ne sais quoi mais rien de bon.c’est la planète qui est devenue insolvable et le G7 est appelé à s’effondrer ."

    500 000 milliards de dette ; et alors. l’or limité toute progression du fait de la limite de sa quantité et du temps de circulation. nous l’avons par génie abandonné, ne laissant plus comme "limitateur" que la dette, mais si avec elle nous n’avons pas plus de génie, que d’émettre des critère comme ceux de Maastricht, nous reconduirons les blocages que constituait l’or.

    que cela craque ne me génerait pas si nous n’étions pas dans la pensé unique et donc que le pouvoir qui en découle ne sera pas enclin à trouver des solutions différentes du système qui lui cause ses maux (c’est l’escalade), mais à l’opposé il n’y a aucune nouvelle pensé qui soit solidement construite, elle est disparate tintée des restes du mur de Berlin, écologisme qui s’en cherche une, de décroissance diverses, dont rien de fiable qui puisse être un repreneur.

    il faut donc s’attendre si cela se produit a un désordre réprimé par le droit de la force donc un ,pas de plus vers un état dictatorial.

    je suis et est toujours été un keynésien, c’est a mon sens la meilleure formule pour préserver le libéralisme, je serais tenté de dire que c’est l’intelligence du capitalisme, où ce capitalisme social que certain recherche je ne sais où en voulant le faire surgir de la cupidité ils rêvent. le retour momentané au keynésiennisme est un moyen pour aller vers mieux qui reste à définir, car notre organisation financière est devenu un carcan.

    je te joins une copie d’un article qui est en modération. bonne lecture puisque le temps ne se prête pas a la ballade

    Dans cette « crise » qui frappe la Grèce, les « libéraux capitaliste » (ne pas confondre avec le libéralisme) se ruent comme un seul homme sur cet Etat, grâce à l’aubaine du gouvernement précédant qui avait maquillé le montant de la dette. J’ignore si c’est exact ou non, mais là n’est pas le problème.

    Ce qui me gêne à l’entournure c’est cette curée médiatique qui se fait autour de la Grèce, tous d’accord, d’accord pour montrer le mouton noir qui risque de gripper l’Euro.

    Les marchés sont là, ils ont dit, pas fiable cet Etat, et l’on a entendu les conneries habituelles la Grèce au bord de la faillite. Ce n’est pas grave, l’on enverra une lettre de licenciement au peuple, et ils iront s’installer dans un pays à forte croissance, la Chine par exemple et nous ferons de ce beau pays grec un centre de vacances pour spéculateurs, à moins qu’ils veuillent s’y constituer en Etat.

    Sincèrement cela serait le comble que le pays symbole du développement de la pensé humaine reviennent justement à ceux qui n’en ont pas.

     

    Alors parfois je me dis que les français ou les élites françaises ou les faiseurs d’opinions ou les polémistes tous ceux qui se nourrissent d’immédiatetés mourrons un jour sans voir et reconnaître ce qui les emportes.

     

    Les critères de Maastricht, sont ceux qui on été établi en 1992, et constituent un carcan, chacun comprend bien son utilité, on se le place autour du cou et si l’on grossit l’on meurt.

     

    Or quand un État voit ses sources de richesses s’externaliser et sa population croître, il ne lui reste que la dette mortelle.

    Si nous nous fions au marché, pour vivre il nous faudra avoir des exigences qui s’alignent sur celles des pays émergeants ou délocaliser comme Philips.

    C’est ce que  la BCE appelle avoir du courage. Nous sommes toujours dans le politiquement correct, et ce n’est pas faux en soit pour régresser il faut avoir le courage des ânes.

     

    J’avais un voisin qui labourait avec un âne, et il trouvait  qu’il lui revenait trop cher, l’avoine l’eau, les litières etc. jours à prés jours il réduisit sa nourriture, l’eau, sa litière, et l’âne travaillait toujours, puis un jour il ne lui donna plus rien, et l’âne travaillait toujours. Alors tout fier il arrangea ses voisins qui se plaignaient de sa cupidité envers cet animal : je vous l’avais bien dit qu’un âne arrivait à travailler sans se nourrir et sans se plaindre.

    Le dimanche suivant en 15 je l’aperçus qui revenait du marché avec un autre âne, curieux je l’interrogeais, tu t’équipes ? Non je remplace mon âne qui est mort, c’est bête juste au moment où il s’y habituait.

     

    Également l’endettement grossit du seul fait des exonérations fiscales de toutes sortes réduisent le budget de l’état.

     

    Mais ce qui me parait ressembler à une amnésie collective, c’est qu’en 2008 durant la crise financière, avant la quelle les « officines » de notation encensaient ceux qui allaient propager, elles ont eu besoin des états pour émettre de la dette (qu’ils allait financer aussi) afin de les crédibiliser.

    Durant cette période je n’est pas ouï les marchés se plaindre, je ne les ai pas entendu dire qu’il fallait s’en tenir aux accord de Maastricht, et là subitement la dette de la Grèce serait insoutenable, voire mettrait l’UE en danger. Mais jusqu’à quand nous allons tenir ces discours fallacieux sans qu’une protestation s’élève.

    Nous avons la mémoire si courte que nous ne nous souvenons plus de ce qui c’est passé il y a même pas deux ans ou bien nous laissons-nous laver le cerveau.

     

    Parfois pour se faire une idée des choses il faut raisonner par une aporie (par l’absurde).

    Les critères de Maastricht son quasi inamovible puisqu’ils sont l’objet d’un traité et pour les invalider il faut se retirer de l’UE, (ce qui arrivera si nous ne les modifions pas, ou si nous ne changeons pas de politique financières). Ceci étant précisé, ce sont 3% du budget, 60% du pib, et 1.5 d’inflation.

    Imaginons maintenant qu’une météorite menace la planète de destruction, et que pour s’en protéger il faille construire un gigantesque vaisseau qui demande d’après l’étude des économistes et techniciens de l’ONU 100 000 milliards de dollar.

    Nous disposons de la main d’œuvre, des techniques et des matériaux, mais voila comment le financer puisque cette masse se monnaie n’existe pas, et bien nous ferons comme les dinosaures nous mourrons.

    Nous mourrons parce que les financiers expliqueront qu’ils n’ont pas assez de monnaie disponible à prêter et qu’il n’y a trop de risques de remboursement des intérêts qui ne peuvent être envisageable à cette échelle.

    En conclusion cela rend impossible la construction de ce vaisseau parce qu’il n’est pas rentable.

    Ils est donc bien difficile de se libérer l’esprit d’une prison imaginaire quand celle –ci s’identifie à la fonction du dominant,

     

    J’espère avoir été divertissant avec cette aporie, mais la météorite en réalité nous connaissons son nom : Pollution.

     

    Mais pour la Grèce, boff je ne sais pas si cela vaut le coup de la sauver, peut-être en faire un muser de l’histoire de la pensé puisque l’on ne sen sert plus trop aujourd’hui.

    cordialement.

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