Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Et si nous donnions un sens à notre épargne ?

Et si nous donnions un sens à notre épargne ?

La récente crise bancaire issue des fameuses « subprimes » américaines nous amène une fois de plus à nous pencher en tant qu’épargnants sur l’usage que font les institutions financières de notre argent.

La récente crise bancaire issue des fameuses « subprimes  » américaines nous amène une fois de plus à nous pencher en tant qu’épargnants sur l’usage que font les institutions financières de notre argent.

Qu’avons-nous pu observer pendant cette crise ?

Les pouvoirs publics si prompts en général à fustiger les dépenses de santé ou les retraites des salariés ont montré leur impuissance. La BCE championne de l’inflation et donc prompte à combattre toutes les augmentations de salaires a été obligée d’injecter plus de 200 milliards d’euros (source Le Grand soir ).

Le président de la République qui doit recevoir les banquiers français leur demandera-t-il d’imputer sur leurs bénéfices les pertes occasionnées par les placements sur le marché des subprimes  ?

S’ils refusent, combien d’entreprises et de particuliers vont devoir payer pour compenser les pertes issues de la course au rendement à deux chiffres ?

S’ils acceptent, combien de salariés de ces banques et établissements financiers en feront les frais au travers de plans sociaux ou suppressions d’emplois ?

Cette crise met une fois de plus en lumière la façon dont l’argent des épargnants peut être utilisé et donne à beaucoup l’envie de sanctionner les comportements totalement spéculatifs.

L’épargne outil de modification des comportements économiques ?

On parle à mots feutrés (mais de plus en plus) de responsabilité sociale ou sociétale des entreprises. Les événements liés aux subprimes sont, il me semble, annonciateurs de leur futur succès auprès des épargnants.

Lassés par des marchés financiers dont l’objet principal devient de plus en plus la rentabilité maximale à court terme (au détriment de l’investissement productif de moyen et long terme), les citoyens épargnants vont rapidement orienter leur épargne vers des solutions éthiques, responsables et respectueuses de la planète.

Quelles pistes aujourd’hui pour investir autrement son argent ?

La finance solidaire

Vous avez la fibre citoyenne, vous comprenez que nos actes économiques (consommer, épargner, investir, produire) peuvent peser dans la façon dont notre société fonctionne et que par des comportements adaptés, chacun peut apporter sa touche à la construction d’une société plus humaine. Les produits d’épargne solidaire vous permettent d’exercer votre citoyenneté en orientant votre argent vers des projets qui vous tiennent à cœur, porteurs de changement et de lien social.

Les circuits financiers solidaires ont un double rôle :

Ils apportent des financements qui :
- répondent aux besoins de financement des projets solidaires, non satisfaits par le marché ;
- stimulent le développement d’initiatives et de projets alternatifs et innovants.
Ils répondent à des interrogations et à un besoin de transparence des épargnants sur l’utilisation faite de leur épargne en suscitant une démarche nouvelle chez eux et en leur permettant de diriger leurs choix d’investissements, non plus uniquement en vertu de principes financiers, mais également en fonction de leurs critères éthiques (adéquation entre leurs valeurs morales et leurs actes), de solidarité (altruiste ou citoyenne) et de proximité (géographique ou sociale).

Liste des produits d’épargne labellisés Finansol
Source Finansol

L’investissement socialement responsable

Il s’agit de l’Investissement socialement responsable, connu en anglais sous le nom Socially Responsible Investment. Ce type de gestion consiste à intégrer des critères de nature sociale et environnementale aux critères financiers classiques. Pour cela les gestionnaires de fonds utilisent, entre autres, les services d’analystes spécialisés dans la notation des entreprises sur ces thèmes.

Liste et évaluations des fonds ISR

Source NOVETHIC

Certains argueront que ces placements sont tout au plus un nouvel avatar du capitalisme, d’autres comme Milton FRIEDMAN que la responsabilité sociale des entreprises ne peut être mise en place dans les entreprises qu’après que les actionnaires aient été... bien servis.

Il n’en reste pas moins qu’aucune loi ne permettant la moralisation de la finance mondiale (du moins tant que les politiques s’y refusent), ce sera de plus en plus à chacun de nous de décider de l’affectation de notre épargne en fonction de critères concernant : les droits de l’Homme, la préservation de l’environnement et des ressources naturelles, les droits et conditions de travail...

Illusoire direz vous ?

Une citation du Dalaï Lama donne pourtant à réfléchir :

«  Si vous avez l’impression que vous êtes trop petit pour pouvoir changer quelque chose, essayez de dormir avec un moustique... Et vous verrez qui empêche l’autre de dormir. »

Alors, pourquoi ne pas commencer maintenant à regarder et agir ?


Moyenne des avis sur cet article :  4.29/5   (17 votes)




Réagissez à l'article

26 réactions à cet article    


  • Ornithorynque Ornithorynque 28 août 2007 09:36

    Merci pour cete article rafraichissant et plein d’espoir !

    Pour ceux qui seraient malgré tout accos aux rendements, un congrès de Novembre 2006 à San Francisco a mis en évidence que les entreprises socialement responsables (qui paient correctement leurs salariés, qui respectenet l’environnement, qui mènenet des actions solidaires... sans pour autant oublier leur mission première qui est de créer des richesses... sont plus rentables que les autres !

    Plus proches de nous, les entreprises familiales qui souvent, et sans trop en parler ont une politique RSE forte, ont des parcours boursiers meilleurs que les autres.

    Le Profit chevauche la vertu.

    Et vice versa !


    • Universitaire 1995 28 août 2007 15:00

      Il faudrait déjà savoir s’il peut y avoir un quelconque épargne populaire dans cette période où le capitalisme reprend toutes les concessions qu’il avait lâchées dans l’après-guerre. La tendance actuelle est au pillage de la « masse salariale », à la disparition des « avantages sociaux » et à la ruine des classes populaires.

      Sur qui va-t-on prélever les fonds énormes que nécessitera la mise en place d’une superpuissance européenne ? Regardez plutôt comment l’oligarchie US a préparé la deuxième guerre mondiale depuis les années 1920 : une prétendue « crise économique » qui lui a permis de s’en mettre plein les poches, la dépression, les grands programmes militaires...

      Et quelle différence, dans cette affaire, entre « démocrates » et « républicains » ? Aucune. Les deux partis roulaient pour la grande finance. Quant au réformisme coopératif, l’histoire des Etats-Unis nous montre justement comment il a été noyauté et détourné par la grande finance. N’oublions pas qu’aux Etats-Unis les grandes multinationales sont appelées « corporations » à cause de leur origine historique.

      Ces articles ont souvent été cités, et paraissent pertinents ici :

      http://blog.360.yahoo.com/blog-hemwnYcgbq_SQcIKczR?p=228

      http://grenoble.indymedia.org/index.php?page=article&id=5368

      http://blog.360.yahoo.com/blog-hemwnYcgbq_SQcIKczR?p=118

      http://blog.360.yahoo.com/blog-hemwnYcgbq_SQcIKczR?p=148

      http://blog.360.yahoo.com/blog-hemwnYcgbq_SQcIKczR?p=182


    • Universitaire 1995 28 août 2007 15:13

      Je l’ai mis au masculin, mais « épargne » est normalement féminin. Justement, j’avais avec moi des prospectus qui le mettent au masculin.

      A lire ces prospectus je réalise encore plus le caractère illusoire de l’épargne dans la situation actuelle. Quant à « intégrer des critères de nature sociale et environnementale aux critères financiers classiques »... ma foi, tous les lobbies financiers font à présent ce genre de pub.

      Et la tendance actuelle, savamment organisée par le système, n’est pas à épargner mais à se surendetter jusqu’à la saisie des biens, et à perdre jusqu’à l’épargne des parents et des grands-parents. Triste, mais vrai.


    • Universitaire 1995 28 août 2007 15:28

      Quant au lien avec la Cité des Sciences que donne Finansol, avec la mention :

      " Des contacts intéressants pour les créateurs d’entreprise

      La Cité des Métiers

      Site : www.cite-sciences.fr

      (...)

      Ce pôle vous aide à développer votre idée et à construire votre projet. "

      Soyez prudents et lisez cet article d’Isabelle Debergue :

      http://www.agoravox.fr/auteur.php3?id_auteur=6605

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=9933

      Le scandale chronique des résultats scientifiques falsifiés : crise du lobbying et des pouvoirs discrétionnaires

      L’affaire des résultats falsifiés sur le clonage de cellules souches humaines à l’Université de Séoul nous est souvent présenté, en France, comme un cas isolé, un problème « coréen ». Mais les résultats falsifiés étaient parus dans la très prestigieuse revue américaine Science. A présent, on nous parle également d’une « douche froide pour les ambitions technologiques chinoises » (Nouvel Observateur, 16 mai) du fait qu’un jeune chercheur en informatique formé aux Etats-Unis, qui avait annoncé la mise au point d’un nouveau processeur digital, s’est avéré être un faussaire : il semblerait que « la pression (soit) trop forte sur les scientifiques chinois ». La réalité est que ces affaires sont loin d’être les seules qui secouent depuis longtemps les institutions scientifiques au niveau mondial, et pas spécifiquement en Chine ou en Corée. Un peu partout, de nombreux résultats falsifiés ont passé sans difficulté le barrage des « comités de lecture » dans les principales revues internationales. Les auteurs de ces faux sont invariablement des chercheurs connus et devenus influents, pas des « marginaux ». L’exemple coréen constitue, précisément, une poignante illustration de la crise profonde que traverse le monde scientifique dans l’ensemble des pays industrialisés. Mais pas seulement : il s’agit en réalité d’un problème plus global de notre société, celui des effets néfastes du lobbying, des pouvoirs discrétionnaires et de l’immunité institutionnelle.

      (...)

      Pour les institutions scientifiques françaises, ces problèmes ne concerneraient pas la France. Mais un tel « raisonnement » est-il bien « raisonnable », si j’ose dire ? Dans un article mis en ligne il y a exactement un an (le 24 mai 2005) et intitulé : « Clonage thérapeutique : après le succès coréen, vers une levée de l’interdiction ? » , la Cité des sciences écrivait, dans un chapitre intitulé : « La Corée : pays roi du clonage humain » que : « Un an après l’annonce fracassante du premier clonage d’embryon humain, l’équipe de chercheurs sud-coréens dirigée par le professeur Woo Suk Hwang vient de réussir un nouvel exploit : cultiver onze lignées de cellules souches obtenues à partir d’embryons clonés ». Quelles vérifications les auteurs de l’article avaient-ils fait des résultats de l’équipe de Séoul pour avancer un tel verdict ? Il semble, tout simplement, qu’ils aient « cru » Science du fait que cette revue avait accepté les articles de l’équipe de Séoul.

      Dans le même article de la Cité des sciences, un directeur de laboratoire très connu déclare : « Les résultats de l’équipe coréenne démontrent que la technique de base est désormais accessible ». Autant dire que des intérêts industriels « ne pouvaient plus attendre ». Gèneéthique considère ce directeur de laboratoire comme un défenseur des exigences des fabricants de cosmétiques, voir par exemple cet article. Ledit directeur devait, d’après Le Monde (23 novembre 2005), tenir une conférence de presse à Paris conjointement avec l’alors Professeur Hwang, à l’occasion d’une cérémonie des Victoires de la médecine le 24 novembre, au Théâtre des Folies Bergères, au cours de laquelle il était prévu de décerner au chercheur coréen le prix de « l’homme de l’année 2005 ». Une cérémonie pour laquelle M. Hwang a dû annuler sa participation in extremis, à cause du « scandale éthique » qui commençait à prendre de l’importance en Corée. Le 21 novembre, Scientific American avait qualifié Hwang Woo-Suk de « dirigeant de la recherche de l’année ».

      (fin de l’extrait de l’article d’Isabelle Debergue)

      Pour l’article de la Cité des Sciences cité par Isabelle, le lien est :

      http://www.citesciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/m agazine/article.php?id_mag=2&id_article=4183&lang=fr

      Et pour l’article de GèneEthique :

      http://www.genethique.org/revues/revues/2005/novembre/23_11_05.asp#1


    • Universitaire 1995 28 août 2007 15:38

      Finansol aura beau donner ce genre de liens, le fait est que le nouveau directeur de la Cité des Sciences et de l’Industrie n’est autre que l’ancien ministre de Démocratie Libérale François d’Aubert :

      http://www.citesciences.fr/francais/ala_cite/a_propos/president.htm

      C’est vrai en revanche que le directeur de labo de l’INSERM, membre de choc de Sauvons la Recherche, auteur de la propagande pour Hwang Woo-Suk en France en 2005 et défenseur objectif du beefteak de l’industrie des cosmétiques, Marc Peschanski, est un pote d’Arlette Laguiller. Comme quoi...


    • Little Scarlet Pimpernel Little Scarlet Pimpernel 1er septembre 2007 11:25

      A propos de la société de contrôle, ce qui suit est basé sur un commentaire d’Universitaire 1995 à un autre article :

      Quelle que soit l’origine du problème, c’est un fait que le site d’Agoravox dénature systématiquement, le 30 août, les liens avec le blog de De ço qui calt ? (http://blog.360.yahoo.com/quic...) dont certains ont été donnés plus haut.

      Plus précisément, il y a dans les liens la séquence :

      SQcISKczR

      mais Agoravox affiche dans le lien :

      SQcIKczR

      avec un S en moins, ce qui empêche le lecteur d’accéder au véritable lien. C’est tout récent. Le 30 août encore, ça marchait.

      Utiliser donc :

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=118

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=148

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=182

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=228

      ou, pour la suite parue hier :

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=235

      Autrement dit, pour échapper à cette « erreur » ( ? ? ?) de l’informatique d’Agoravox, former l’adresse avec :

      http://blog.360.yahoo.com/« nom...compte » ?p="numéro"

      Ou cliquer sur « lien permanent » pour afficher le commentaire seul, et là les liens marchent.


    • Little Scarlet Pimpernel Little Scarlet Pimpernel 1er septembre 2007 11:51

      Il y a deux erreurs dans le commentaire précédent. L’adresse du blog de De ço qui calt ? est :

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt

      et, pour former l’adresse d’un article, il faut faire :

      http://blog.360.yahoo.com/« nomducompte » ?p="numéro"

      Avec mes excuses.


    • Little Scarlet Pimpernel Little Scarlet Pimpernel 1er septembre 2007 11:54

      Ce que je voulais dire n’apparaît pas clairement dans la deuxième adresse, à cause de l’hyperlien. Il faut écrire : « nom du compte » ?p="numéro" .


    • tvargentine.com lerma 28 août 2007 09:46

      Soyons plûtot réaliste et ne revons pas,les banquiers vont augmenter les frais divers de gestion de compte et l’argent appelle l’argent.


      • alberto alberto 28 août 2007 10:12

        Alors là bravo et merci, JCB !

        Il serait en effet grand temps que les épargnants (petits et grands) se soucient de ce que les organismes financiers bricollent avec leurs sous !

        C’est trop souvent une attitude « autiste » que de souscrire une assurance-vie, ou un PEA sans autre attente que sa rentabilité la plus élevée et la plus rapide possible et gémir dans le même instant sur les méfaits des délocalisations générées par la course au rendement...à laquelle on participe (presque) directement !

        Je ne manque pas, ainsi que vous le rappelez, Jean Claude Bernard, quand je suis sollicité par de tels organimes, de leurs demander de me faire lecture de leur « Charte Ethique » : je me sens qqfois comme le moustique du Dalaï Lama !

        P.S. Un autre scandale, je trouve, lié à ces dysfonctionnements financiers, l’incompétence (?), la dissimulation (?) l’irrésponsabilité (?) des « agences de notations » qui découvrent avec leur public les catastrophes dont elles étaient censées les avertir !

        Bien à vous.


        • JL JL 28 août 2007 11:56

          Article intéressant. Vous écrivez : «  »Les pouvoirs publics si prompts en général à fustiger les dépenses de santé ou les retraites des salariés ont montré leur impuissance. «  » et : «  » La BCE championne de l’inflation et donc prompte à combattre toutes les augmentations de salaires a été obligée d’injecter plus de 200 milliards d’euros«  »

          Dans le même ordre de considérations, Frédéric Lordon dit, entre autres dans une très bonne analyse de la crise, suivie d’une proposition très intéressante :

          « … la racaille éditorialiste, qui n’a jamais assez de voix pour hurler à la « prise d’otages » (lors d’) une grève de transport, ( …) pourrait-elle s’interroger sur les superlatifs à inventer pour qualifier cette situation (…) dans laquelle l’infime minorité des parvenus de la finance met le pistolet sur la tempe de corps sociaux tout entiers et menace — armés des moyens objectifs de la menace — de tirer si l’on ne vient pas immédiatement lui éviter la déconfiture ». (Le Monde Diplomatique :« Comment protéger l’économie réelle ? » Par Frédéric Lordon)

          http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/LORDON/15165


          • Forest Ent Forest Ent 28 août 2007 12:16

            Les consommateurs sont schizophrénes. Ils adorent la morale, mais achètent des produits bon marché fabriqués par des esclaves chinois.

            Les vieux placent leurs sous au taux le plus élevé. Les jeunes empruntent au taux le plus faible. Les banques arbitrent. La crise des subprimes entre autres est un symptôme du vieillissement occidental.

            Elle traduit en effet le fait que les détenteurs de capitaux ne se contentent pas des rendements faibles permis par la croissance molle ou nulle de l’occident. Ils ont deux moyens d’y échapper.

            Le premier est la mondialisation : on diminue les salaires en délocalisant en Chine et ça augmente les profits. Evidemment, ça diminue l’emploi, mais on s’en fout parce qu’on ne sera plus là dans 10 ans pour le voir. A chaque génération ses problèmes.

            Le second est la cavalerie : on monte des bulles et on les fait payer ensuite par la collectivité. En regardant dans le détail, le subprime a consisté à faire payer à des jeunes pauvres des taux d’usure pour obtenir des rendements élevés des capitaux des vieux riches. Et les pertes seront payées par tout le monde.

            Tout ceci est très nettement favorisé par la culture anglo-saxonne dans laquelle la notion de solidarité entre générations n’existe pas (cf. Todd). Historiquement, les jeunes anglais quittent le foyer à leur majorité et ne restent pas en contact.

            Bien entendu, je ne peux que souscrire aux placements éthiques. Mais j’ai l’impression que ça ne suffit pas et ça ne bougera pas beaucoup sans politique. En France, le problème, c’est le PS. Quand on y voit des gens comme Jouyet, Pigasse, ..., on n’est pas surpris.

            Faudra-t-il une révolte contre la mondialisation, ou bien cela finira-t-il en guerres et conflits ?

            En tout cas, merci pour cet article, et la bonne volonté qu’il traduit.


            • JL JL 28 août 2007 13:42

              @ Forest Ent, : «  »Les consommateurs sont schizophrénes. Ils adorent la morale, mais achètent des produits bon marché fabriqués par des esclaves chinois«  ».

              D’après vous, ont-ils le choix ? La lupart du temps, ils ne savent même pas que c’est fabriqué en Chine, la plupart des produits étant vendus sous des marques françaises.

              «  » Les vieux placent leurs sous au taux le plus élevé. Les jeunes empruntent au taux le plus faible. Les banques arbitrent. La crise des subprimes entre autres est un symptôme du vieillissement occidental.«  »

              NON NON et NON ! Ceci est votre vision simpliste des choses. J’en veux pour preuve l’explicationque Frédéric Lordon a si bien exprimé dans l’article paru dans Le Monde Diplomatique : « Comment protéger l’économie réelle ? »

              http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/LORDON/15165


            • Forest Ent Forest Ent 28 août 2007 14:56

              Ces deux points de vue ne sont pas contradictoires.

              Nous sommes souvent d’accord pour constater que la mondialisation privilégie le capital par rapport au travail.

              Pourquoi ne pas constater en plus que les vieux sont plus souvent rentiers et intéressés par le court terme, et les jeunes plus souvent endettés et intéressés par le long terme ?

              N’y a-t-il pas une certaine coincidence entre cycles démographiques et cycles économiques ?


            • JL JL 28 août 2007 18:15

              @ Forest Ent, je vous l’accorde, le constat que vous faites n’est pas faux, mais :

              D’une part, il est juste que l’on place au meilleur taux, qu’on emprunte au plus bas, etc.

              Mais si vieillissement il y a, selon moi ce serait le vieilissement du système en vigueur depuis la fin des accords de Bretton Woods : le capitalisme financier serait la forme « super nova », l’explosion finale, l’apothéose d’un système économique aujourd’hui sans retenue ni « complexes ».

              Vous avez lu l’article de Frédéric Lordon, vous n’aurez pas manqué de lire :

              «  »Si la finance sait se bien porter quand la production est à plat, l’inverse n’est pas vrai". Et cela, ce n’est pas juste, dans le sens ’acceptable’, ’légitime’.

              Pour savoir ce que FL entend par l’inverse, il faut se reporter à son article. Mais cette phrase trouve tous les jours sa confirmation dans les analyses des préposés : la Bourse est jubilatoire quand le chômage grimpe.


            • Forest Ent Forest Ent 29 août 2007 00:21

              Nous sommes d’accord sur tous ces points, qui déclinent le déséquilibre du rapport de forces capital/travail causé par la mondialisation.

              Il s’accompagne d’une guerre des générations, qui me semble assez évidente en France à travers le chômage des jeunes, leur difficulté à se loger à un moment où la bulle financière a fait trop monter les prix des logements.

              Il s’accompagne aussi et surtout d’une crise environnementale.

              Dans tous ces sujets, nous touchons aux limites de la croissance : démographique, géographique, économique.


            • JL JL 29 août 2007 09:22

              @ Forest Ent, tout à fait d’accord avec vous. Mais je nuancerais le propos : le nombre de jeunes en difficulté me parait sans commune mesure avec celui des ’anciens’ aisés.

              Les parents aident leurs enfants : si (presque) tous les parents étaient fortunés, (presque) tous les jeunes seraient aidés. On est loin du compte.

              Ce que les médias présentent comme une guerre des générations n’est de mon point de vue que l’un des nombreux clivages instrumentalisés pour diviser l’opinion.


            • Henri Alberti 28 août 2007 16:06

              Bon, je sais que cela n’a pas de rapport direct avec le sujet, quoique... Je réitère une question que j’ai posé dans un autre article ou personne n’a répondu, mes recherches sur la toile ne m’ont menés à rien.

              Dans la courbe du Dow jones qui va de 1995 à 2007 par exemple, le volume échangé est relativement linéaire de 1995 à novembre 2003, la même chose de janvier 2004 jusqu’à aujourd’hui. Si ces données sont correctes, comment se fait-il que décembre 2003, le volume s’est multiplié par 30 ? Entre novembre 2003 et janvier 2004, le volume s’est multiplié par 120 ? Le cac 40 par contre a été plus ou moins linéaire, lui.

              Merci, si réponse il y a ou pas.


              • Forest Ent Forest Ent 29 août 2007 00:29

                Ca ne serait pas une donnée erronée ? Sur yahoo :

                http://finance.yahoo.com/q/hp?s=%5EDJI

                le DJI est stable vers 1,5 G$ par séance dans cette période.


              • Henri Alberti 29 août 2007 09:40

                Oui, je m’en suis rendu compte un peu avant votre réponse sur yahoo. Ces données sont fausses sur boursorama. Merci de votre réponse quand même !


              • Jean Claude BENARD Jean Claude BENARD 28 août 2007 16:13

                Pour info

                Confirmation des licenciements bancaires :

                Crise du « subprime » : grandes banques et établissements spécialisés licencient

                First Magnus Financial, Accredited Home Lenders, Quality Home, Amstar : de nombreux spécialistes des prêts immobiliers à risque, le fameux subprime, sont en dépôt de bilan ou réduisent la voilure. De grands établissements comme Lehman Brothers et HSBC sont aussi touchés et licencient dans leurs activités hypothécaires.

                La suite sur http://www.latribune.fr/Entreprises-secteurs-banque.html


                • Forest Ent Forest Ent 29 août 2007 00:30

                  Ce n’est que le tout début. smiley


                • Icks PEY Icks PEY 29 août 2007 01:37

                  Si je rejoins l’idée que la financiarisation de nos économies est excessive, je regrette tout autant l’atmosphère dogmatique d’extrême gauche qui émane de cet article.

                  L’actionnaire, voilà l’ennemi !

                  L’actionnaire et le rentier ont remplacé le bourgeois et l’aristocrate dans le vocabulaire révolutionnaire, mais le fond reste le même.

                  Vous critiquez les vieux qui ont des stratégies de rendement court terme. Ben pardi ! La plupart ont bossé dur toute leur vie pour amasser ce qu’il possèdent et maintenant que le fruit de leur travail passé est leur seule ressource, ou presque, il faudrait quoi, qu’ils raisonnent long terme ? Il y a des avis, quand même, qui relèvent parfois d’une profonde bêtise. Passons.

                  Il faudra bien un jour que la gauche française comprenne que le capitalisme est l’unique voie économique efficace.

                  Ce qui n’empêche absolument pas de développer de très saines idées sur le capitalisme raisonné, l’économie solidaire et la lutte contre les abus des investisseurs en tout genre.

                  Quel rapport avec le sujet ?

                  Et bien, le rapport, il est là : c’est qu’à force de vomir le capitalisme, la gauche française a raté l’occasion de proposer un capitalisme social. A l’époque du choix, c’est à dire à la fin du XIXème siècle, la gauche a suivi les thèses marxistes et s’est inscrit durablement dans une stratégie anti-capitaliste. Alors, forcément, a force de laisser le capitalisme aux financiers, cela donne un ultra capitalisme. A qui la faute ?

                  A l’époque, l’église catholique a eut un bien meilleur réflexe dans l’élaboration de sa doctrine sociale : elle a validé le capitalisme comme rouage de base de l’économie, mais à condition que l’homme reste en toute circonstances au coeur de son fonctionnement. Il était là le combat à mener. Et encore aujourd’hui, la gauche est divisée à cause de ces vieux démons d’extrême gauche anti-capitalistes.

                  Et pourtant, le vrai combat, à mener, il consiste non à nier le capitalisme, mais à promouvoir le capitalisme à visage humain. C’est ce virage que les gauches européennes ont compris et que la gauche française comme Emmanuelli, Mélenchon et autre Fabius a raté (quoique Fabius, on peut douter de la sincérité de sa conversion à la gauche de gauche), sans parler des FO, LCR et autres CGT de l’âge de bronze.

                  Alors moi, cela me donne envie de dire aux gauchistes : intéressez vous au monde de l’entreprise, venez prendre possession du capitalisme et vous verrez qu’il est possible d’associer capitalisme et respect des salariés. Les sociétés sous forme mutuelle, les coopératives, les sociétés d’insertion, les associations, et même des structures capitalistes, il existe mille et une façon de participer à la vie des affaires dans le monde « privé » tout en donnant du sens aux valeurs dans lesquelles vous croyez.

                  Ce n’est pas le capitalisme qui est mauvais, mais cela peut être la façon de le pratiquer. Et c’est cette différence qui me semble l’enjeu de la refondation de la gauche.

                  Vous pourrez alors apporter un peu de subtilité dans vos sous entendus de lutte des classes.

                  Bien cordialement,

                  Icks PEY


                  • Forest Ent Forest Ent 29 août 2007 02:59

                    « Vous critiquez les vieux qui ont des stratégies de rendement court terme. »

                    Non. Je faisais un constat sur la démographie. Il n’y avait pas de jugement de valeur sur les comportements.

                    « Il y a des avis, quand même, qui relèvent parfois d’une profonde bêtise. »

                    Certainement.

                    « La gauche française a raté l’occasion de proposer un capitalisme social. A l’époque du choix, c’est à dire à la fin du XIXème siècle, la gauche a suivi les thèses marxistes et s’est inscrit durablement dans une stratégie anti-capitaliste. Alors, forcément, a force de laisser le capitalisme aux financiers, cela donne un ultra capitalisme. A qui la faute ? »

                    LOOOOOOOOL. Il fallait oser celle-là. La crise de 1890 a précipité la droite dans l’antisémitisme, la xénophobie et la guerre. C’était vachement mieux. Encore un qui va nous affirmer que Jaures a déclenché la guerre de 1914.

                    « A l’époque, l’église catholique a eut un bien meilleur réflexe dans l’élaboration de sa doctrine sociale : elle a validé le capitalisme comme rouage de base de l’économie. »

                    C’est discutable. Il y a eu de tous les avis. Enfantin a failli lancer le mouvement des prêtres ouvriers, mais l’eglise a hésité à sauter le pas, car elle pensait qu’un prêtre devait rester dans son église. Au moins un pape a condamné la révolution industrielle et le matérialisme de son époque.

                    « le vrai combat, à mener, il consiste non à nier le capitalisme, mais à promouvoir le capitalisme à visage humain. C’est ce virage que Fabius a raté »

                    Parce que le TCE c’était le « capitalisme à visage humain » ?

                    « Alors moi, cela me donne envie de dire : intéressez vous au monde de l’entreprise »

                    Vous croyez que je fais quoi dans la journée à part poster sur agoravox ?

                    « Ce n’est pas le capitalisme qui est mauvais, mais cela peut être la façon de le pratiquer. Et c’est cette différence qui me semble l’enjeu de la refondation de la gauche. »

                    Nous sommes d’accord.

                    « Vous pourrez alors apporter un peu de subtilité dans vos sous entendus de lutte des classes. »

                    Et réciproquement.

                    « Bien cordialement »

                    Et réciproquement.


                  • Gandalf Tzecoatl 29 août 2007 05:22

                    Le seul sens que je vois à l’épargne, c’est que quelqu’un dans le système doit s’endetter plus pour cette épargne. En système de monnaie d’endettement, l’épargne n’est jamais éthique.


                    • JL JL 29 août 2007 09:31

                      Très intéressant échange plus haut, entre XP et FE (ils se reconnaitront) et je post ici pour ne pas m’immiscer, une remarque que j’aimerais faire au sujet de Fabius.

                      XP dit : «  »Fabius, on peut douter de la sincérité de sa conversion à la gauche de gauche«  ».

                      Je ne crois pas que la position qu’il a défendue soit à gauche de la gauche, mais admettons. Il n’aurait fait là que ce que le vainqueur a fait de l’autre coté, à droite de la droite ! Et en cas de victoire, Fabius n’aurait sûrement pas été plus extrême de son coté que ne l’est le président aujourd’hui, du sien. Loin de là !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès