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Accueil du site > Actualités > Economie > Euro : le débat interdit

Euro : le débat interdit

L'objet de cet article sera de tenter d'exposer avec le plus d’acuité possible les termes et les perspectives de ce débat trop longtemps censuré mais qui peut se révéler utile et constructif, indispensable à toute société démocratique et éclairée.

Oserons-nous ouvrir ce sujet tabou et poser ces questions qui fâchent tellement ? Qu'est ce que la monnaie unique européenne ? Peut-on et comment changer l'Euro ? Sinon faut-il sortir de la zone euro et en rétablissant la souveraineté monétaire comment restaurer les conditions de la prospérité économique et du plein emploi ?

En janvier 2007 François Fillon participant à la campagne présidentielle avait osé pointer la responsabilité du taux de change élevé de l'euro dans la faiblesse des exportations et le déficit commercial de la France [1]. La réaction de la chancelière allemande Angela Merkel ne s'est pas faite attendre. "Franchement, ce débat mené en France sur l'euro m'inquiète assez" [...] "Laisser à la banque centrale son indépendance, c'est la position allemande très ferme" déclare-t-elle dans un entretien au quotidien Le Monde. [2] Pour elle l'Allemagne a pu se redresser économiquement "malgré" la monnaie unique, l'euro est un garant de la paix et ne doit pas être mis "en danger". Rien de moins !

Le même François Fillon, en visite en Corse pour la première fois depuis son arrivée à Matignon, persiste et affirme "être à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite" [3]. La chancelière allemande réplique aussitôt : « l'ensemble du gouvernement et moi-même sommes attachés à l'indépendance de la BCE, et la défendrons contre des tentatives de remises en cause » [4]. Le premier ministre français devra se rétracter dans les heures suivantes et prétendre qu'il ne s'agissait que d'une figure de rhétorique.

Depuis ce bombardement, rares sont les politiciens français qui oseront s'aventurer sur ce terrain. Au contraire ! La plupart se coulent admirablement dans le moule et imités par les médias, reprennent en coeur les arguments des financiers de Frankfort. Tel notre Moscovici qui a finalement su gagner dans l’exercice le poste d'actuel ministre de l'économie et des finances du gouvernement Ayrault [5].

Désormais les rédacteurs et autres officines s'appliquent à décourager les moindres velléités de critique, à étouffer la moindre tentative de débat sous les pires anathèmes. On veille à marginaliser la question pour l'abandonner à une minorité facilement désignée comme extrémiste ou populiste.

Or la peur n'évite pas le danger. Les faits sont têtus et la réalité de la crise monétaire dans la zone euro se glisse difficilement sous le tapis. Le discours hégémonique allemand sur la gestion monétaire de la zone euro [6] pose un vrai problème que ne cesse de rappeler l'actualité au sujet de la Grèce, de l'Italie, de l'Espagne, du Portugal et maintenant de Chypre.

En France le ministre du Travail M. Sapin vient de déclarer que la France était "un Etat totalement en faillite" puis réplique à l'opposition, se drapant de conformisme, avoir voulu faire de l'humour [7]. Ces gamineries dissimulent à peine le déni de réalité et l'angoisse d'ouvrir ce débat sur la politique économique et monétaire. C'est que la conclusion d'un tel débat risque de déranger en désignant la politique d'austérité - imposée par les mesures drastiques de réduction du déficit et les critères de convergence de Maastricht - comme responsable d'une spirale déflationniste entraînant le pays vers l’abîme.

Qu'est ce que la monnaie unique ?

L’euro (€) est la monnaie de l’union économique et monétaire formée au sein de l’Union européenne ; elle est commune à dix-sept États membres de l’Union européenne qui forment ainsi la zone euro [8].

En tant que moyen de paiement, l'euro est l'aboutissement d'un projet inspiré par plusieurs doctrines, il dispose de ses propres institutions (traité de Maastricht, Banque centrale européenne, etc.) et il est sensé atteindre plusieurs objectifs. Cependant les effets obtenus semblent diverger des effets attendus et la situation résultante indique que les avantages se révèlent moindres que les inconvénients provoqués par ce dispositif.

Les doctrines : bonnes ou mauvaises fées de l'Euro ?

Si on se penche sur l'origine de la monnaie unique on constate que le concept est construit comme une poupée russe avec une combinaison de doctrines. La thèse monétariste de Milton Friedman occupe une bonne place dans ce corpus avec une forte influence de l'idéologie ultralibérale contenue dans le "consensus de Washington". On remarque aussi un fondement plus ancien d'inspiration kantienne qui poursuit un vieux rêve de paix perpétuelle en Europe. La notion de zone économique se retrouve dans le projet d'union allemande par le "Zollverein" de Bismarck. Projet soutenu par les théoriciens de l'école de Berlin d'un espace économique ou "Lebensraum".

La paix perpétuelle est un décret [9] du Saint Empire (1495) qui prononce la suspension définitive et permanente du droit de se rendre justice soi-même car les conflits devaient être réglés par la justice. C'est un principe d'ordre public : l’État ne reconnaît le recours à la violence que pour certaines circonstances comme la légitime défense. Emmanuel Kant reprend la notion dans un ouvrage "Vers la paix perpétuelle" publié en 1795 [10]. Il y fait la proposition d'une Europe post-nationale où les pays ne se mesureront les uns aux autres que par la guerre commerciale...

La renaissance de l'Empire germanique (1871) voulue par Bismarck coïncide avec l'émergence d'une école de Geopolitik [11] qui cherche à donner une légitimité territoriale et renforcer la puissance germanique. De là s'expriment à la fois l'idéologie pangermanique [12] et les moyens techniques d'assurer l'unité nationale. Or le pangermanisme peut se voir de deux façons différentes : comme la volonté légitime de constituer l'unité nationale à partir des populations de langue allemande ; ou - bien plus inquiétant - comme l’exigence d'absorber les diverses régions dont la possession est considérée comme utile à la puissance [de l'Empire] hors de toute question de langue ou de race, etc. De là découle l'idée d'un "Lebensraum" ou espace vital, "un concept distinguant trois zones concentriques : le Reich, c'est-à-dire territoire contrôlé par l'État ; le Volksboden, ou le « territoire ethnique » dans lequel vivait des populations germaniques ; et le Kulturboden (« zone de culture »), où se faisait ressentir l'influence de la culture germanique." [13] Mais avant d'atteindre cet objectif d'hégémonie se doivent d'être développés les outils pratiques de l'intégration et de l'unité nationale. Le "Zollverein" [14] est une union douanière et commerciale entre États allemands (1833) qui a pour but la création d'un marché intérieur unique et l'harmonisation des règles fiscales et économiques. Cette union économique dont le statut juridique est incertain ("D'un simple traité entre États à la formation d'un fédération entre les États. Le seul point d'accord concerne le maintien de la souveraineté de chaque État, la formation d'un État fédéral est donc exclu. À cause de ses organes administratifs et de sa capacité à signer des traités internationaux en son propre nom, on ne peut considérer le Zollverein comme un simple traité, mais son rôle purement économique empêche également de parler d'une fédération") se révèle comme un préalable au IIeme Reich [15] à mesure de l'uniformisation des tarifs douaniers, des règles commerciales et l'union monétaire. En 1871 "les contrats signés du temps du Zollverein restent en application, mais leur application est désormais du ressort de l'Empire".

Il est possible que ces idées kantiennes et pangermanistes soient associées dans la création de l'euro. C'est ce qui expliquerait la réaction d'ingérence d'Angela Merkel qui s’inquiète de la mise en cause de la monnaie unique dans les difficultés économiques de ses partenaires puisque selon ses références culturelles : il est normal qu'existe une rivalité économique dont l'Allemagne puisse tirer bénéfice ou influence et que seul l'euro assorti de ses règles soit "garant de la paix" en Europe.

Outre cette volonté de fonder la "paix perpétuelle" sur la concurrence commerciale et l'union européenne sur les règles économiques et monétaires inspirés des modèles culturels du "Zollverein" et du "Lebensraum" [16], d'autres considérations théoriques encore plus dangereuses ont prévalu lors de la conception de l'euro.

La thèse monétariste d'où découle les notions de ciblage de l'inflation, de taux naturel de chômage, de contrôle de la monnaie par une banque centrale indépendante, de la compensation de l'émission monétaire par des créances négociables assorties de taux d'intérêt variables peut suffire à expliquer beaucoup de problèmes dans la situation critique de l'économie dans laquelle nous nous trouvons [17]. Cette thèse converge remarquablement avec les objectifs du « Zollverein » puisqu'en privant l'Etat-providence de son autonomie et de ses moyens d'action en faveur du plein-emploi, - selon un volontarisme économique par l'injection de fonds public dans l’intérêt du service public - on le prive aussi de sa mission essentielle de résoudre les crises, de répondre à l’exigence d'utilité publique. Ce processus doit aboutir à amoindrir le rôle et l'image de l’État-nation et saper la reconnaissance de sa légitimité dans l'opinion. L'entité nationale ainsi décrédibilisée, ce sera vers une entité supra-nationale, vers une banque centrale indépendante, des institutions dont les autorités auront récupérés - par convention ou subversion - les attributs de la souveraineté monétaire ou les instruments de régulation commerciale, que se reporteront les attentes et aussi la faveur du public.

De même les règles commerciales de l'Union européenne inspirées de la doctrine ultra-libérale et encadrées par les injonctions du Fonds monétaire international conformes au "Consensus de Washington" - qui n'a de consensuel que le titre - font de la zone euro une partie d'un système international incohérent et ruiné de fond en comble [18]. La logique d'auto-régulation des marchés par le libre-échange – et donc la libre fluctuation du taux de change de la devise selon l'offre et la demande - fait de ce principe de liberté un absolu. Mais lorsqu'on veut trouver le principe de responsabilité qui en est normalement la contrepartie (et qui là aussi devrait être absolue) : nous n'en trouvons pas. Les dommages économiques et sociaux ne seront portés au compte d'aucun responsable [19]. A cette rupture des liens du Contrat social, on évoquera pour justifier les préjudices - et les nuisances à l'intérêt public ou particulier - la mystérieuse fatalité d'une crise « imprévisible » mais dont certains pourtant profitent honteusement pendant que d'autres se lamentent [20].

Dans l'ensemble on peut dire que les fées qui se sont penchées sur le berceau de la monnaie unique ressemblaient plutôt à des sorcières et de tant de maléfices il eut été étonnant qu'il en sortisse quelque chose de bon...

Les moyens juridiques

La création de la monnaie unique exigeait la mise en place de nouvelles institutions légales et administratives. Pour obtenir l'adhésion au projet une campagne de propagande est mise en place pour valoriser l'intérêt et justifier la nécessité de ce nouveau système monétaire régional aux yeux des populations et des responsables politiques.

Sur la base du traité de Rome (1957) - qui vise notamment à « établir les fondements d'une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens » selon « la volonté de s'engager dans un processus irréversible » des participants par le moyen d'un « marché commun » [21] – un nouvel accord institutionnel « sur l'Union européenne » [22] est conclu lors du Conseil européen de Maastricht, en décembre 1991, puis ratifié par les États membres (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Danemark, Irlande, Royaume-Uni, Grèce, Espagne, Portugal) le 7 février 1992 et mis en vigueur le 1er novembre 1993.

Ce traité inaugure l'Union économique et monétaire (UEM) [23] « devant conduire à la création de l'euro. » A cette occasion différentes dispositions dites « institutionnelles » sont prises relatives à « l'Union européenne » [24], pour la CECA, Euratom, à une « politique étrangère et de sécurité commune » ou à une « coopération policière et judiciaire en matière pénale ».

On mesure l'importance dans l'esprit des rédacteurs de « l'union monétaire » puisque l'art 4A concernant « un Système européen de banques centrales (SEBC) » et une « Banque centrale européenne (BCE) suit immédiatement l'article 4 portant sur les institutions politiques ou administratives.

Il en découle que toute la politique économique et sociale de ce système d'union douanière (UEM) se trouve conditionnée par une matrice monétariste et ultra-libérale dont la Banque européenne constitue la cheville ouvrière.

Le Traité de Maastricht oriente cette organisation selon une série de dispositions normatives et obligatoires :

a) Des critères de convergence : Ils sont sensés permettre une "harmonisation" par le contrôle de l'inflation et du déficit public  [25].

Suite à la ratification du traité de Maastricht l'euro deviendra la monnaie de la France, en 1999 pour les marchés financiers puis en 2002 comme monnaie fiduciaire. » [26]

b) Un monopole de l’émission monétaire (en faveur de la BCE) [27]

c) Une personnalité juridique de la BCE et contrôle du SEBC par le conseil des gouverneurs et le Directoire [28].

d) L'indépendance de la BCE vis à vis des autorités nationales [29]

e) Un volet « social » en trompe-l’œil

Ce « volet social » réalise un double paradoxe : Il offre une exception à la Grande-Bretagne qui n'est pas concernée directement puisqu'elle maintient sa souveraineté monétaire ; et concède un objectif de promotion de l'emploi, d'amélioration des conditions de travail, etc. mais impose par principe « la nécessité de compétitivité » qui rend caduc la poursuite de ces objectifs sociaux dans un contexte de concurrence économique : « La Communauté et les États membres ont pour objectifs la promotion de l'emploi, l'amélioration des conditions de vie et de travail, une protection sociale adéquate, le dialogue social, le développement des ressources humaines permettant un niveau d'emploi élevé et durable et la lutte contre les exclusions. A cette fin, la Communauté et les États membres mettent en œuvre des mesures qui tiennent compte de la diversité des pratiques nationales, en particulier dans le domaine des relations conventionnelles, ainsi que de la nécessité de maintenir la compétitivité de l'économie de la Communauté. » [30]

Tous ces articles feront l'objet de vives critiques. Mais l'opinion publique sera si bien enveloppée de discours élogieux que le traité de Maastricht passera - de justesse - le cap de la ratification par référendum. Cependant l'adoption exposera le texte à l'épreuve du feu, ce moment où les croyances symboliques rencontrent la réalité. Nous verrons à ce moment si cette « politique commune » économique, monétaire et sociale atteint les objectifs fixés ou si par ses effets ce dispositif s'avère inopérant et débouche sur une situation de crise systémique « commune » des États associés.

Quels sont les objectifs de l'union monétaire ?

Il existe a ce stade une ambiguïté fondamentale. On ne sait pas si la priorité est d'instaurer une zone économique et monétaire qui débouchera à terme sur l'unité politique, ou si ses instigateurs comptent sur des institutions politiques communes (Parlement européen, Cour de justice, des comptes, etc.) pour développer une convergence politique dans le domaine économique et monétaire.

Il est possible d'envisager que les institutions politiques proposées soit l'habillage ou le contenant du projet d'union économique et plus particulièrement monétaire. En tout cas il y a un partage complémentaire des rôles qui fait que les réformes politiques offrent la justification et la garantie du maintien des institutions économiques plus particulièrement du Système européen de banques centrales (Sebc) sous la supervision de la Banque centrale européenne (Bce). Le fait que la Bce soit indépendante des institutions politiques et des États membres tend à démontrer qu'elle constitue le noyau dur autour duquel ne fait que graviter les autres instances décisionnelles sans avoir de moyens d'action ou de régulation sur elle.

C'est ce qui permet de penser que le système monétaire a été conçu comme autonome selon sa mission de stabilité des prix. Un principe qui doit permettre en théorie aux budgets nationaux de s'organiser rationnellement (orthodoxie budgétaire) et à la sphère économique de d’auto-réguler par le marché des capitaux, des biens et services et la libre circulation de la main-d’œuvre.

Ceci dans l'objectif de réaliser une zone économique, d'atteindre une période de prospérité mutuelle (une sphère de co-prospérité ?) dans lesquelles la convergence politique permettra de dissoudre les particularités nationales et créer une nouvelle entité régionale « Europe » dotée d'une personnalité juridique reconnue. C'est certainement dans ce sens qu'il faut comprendre le terme « d'union plus étroite et irréversible des peuples européens ».

Si ce raisonnement est correct : le premier objectif de Maastricht est donc d'instaurer une politique monétaire commune. L'objectif secondaire étant de convaincre les opinions – notamment grâce au succès économique prévu - de l'utilité d'une union politique « supra-nationale ».

Objectif économique et programme monétaire

Pour atteindre cet objectif économique de prospérité on va préparer un programme monétaire où se rencontrent toutes les croyances doctrinaires de l'époque. C'est là que se retrouvent les fées telles Miss Friedman l'avare représentante du monétarisme, Mrs Thatcher dans sa furie ultra-libérale contre le Contrat social de l'Etat-providence, Frau Zollverein et Fraulein Lebensraum l'une adepte l'hégémonie prussienne et l'autre ennemie de la coopération et de la réciprocité entre les nations.

Taux de change fixes ou variables ?

Assez mal inspirés, les instigateurs de cette future « zone euro » sont confrontés à une première problématique. Depuis les années 70, le système monétaire de change fixe institué par Breton-Woods à explosé avec la fin de la convertibilité or-dollarUS [31]. Le cours des devises fluctue sur le marché selon un mécanisme aléatoire en fonctions de critères multiples : déficit commercial, réserve de change, dévaluation, etc. Faut-il y voir une opportunité ou un danger ? Rétablir un système régional de taux de change fixe permettrait d'assurer la stabilité des échanges et donc un avantage mutuel entre partenaires. Mais les disparités entre économies nationales risquent de déstabiliser les relations commerciales et de faire apparaître des lignes de fractures entre pays sans que l'on puisse rééquilibrer les déficits commerciaux et financiers par modulation le taux de change pays par pays. Le débat est complexe mais résolu par la fausse bonne idée de la compétitivité : les pays se feront concurrence et les succès industriels et commerciaux des meilleurs favoriseront - à terme - la convergence et l'équilibrage spontané ou harmonisation des économies. Une réponse infondée typique du « laisser-faire » libéral où la théorie de l'avantage absolu de Ricardo se conjugue opportunément au non-dit pan-germanique. Il est sous-entendu qu'il y aura à l'intérieur du Zollverein au moins un gagnant et des perdants qui devront subir la lex europa : « vae victis ».

Principe de convergence

Ce concept clé de convergence sera ainsi mis en valeur et décliné à tous les modes. Il est objectif politique comme point de fuite d'une « union irréversible », il est principe d'harmonisation des normes juridiques et sociales, il est programme économique comme processus d'auto-régulation des flux de ressource par le marché « libre et non-faussé », et surtout clé de voûte du système monétaire.

L'idéologie monétariste complète la doxa ultra-libérale en écartant l'institution publique de sa mission de régulation macro-économique par l'abandon du droit souverain sur la monnaie. L’État ne doit plus seulement rester passif face aux fluctuations de la masse monétaire sur son territoire, mais aussi subir comme les autres agents économiques les contraintes du marché financier. Les dispositifs volontaristes d'avance sur recette par le Trésor, d'émission monétaire ou d'ajustements pour maintenir les réserves de change par la dévaluation sont rendus inopérants et illégaux. L'abandon du paradigme keynésien ouvre aux créanciers le nouveau débouché lucratif de la dette publique et la garantie de maintenir la valeur des actifs patrimoniaux. La véritable convergence sera celle entre ultra-libéralisme et supranationalisme qui s'associent alors pour « réduire le rôle de l’État-nation » à la coquille vide de l'autorité répressive et symbolique d'une préfecture. Il s'agit d'une subversion du principe républicain de l'utilité publique.

Critères de convergence

L'Etat de droit se trouvant privé de sa mission de régulateur systémique au profit du marché « commun » et des institutions européennes, il s'agit de fixer des normes par lesquelles l'union monétaire atteindra ses objectifs soit : « une croissance durable et non inflationniste, un haut degré de convergence des performances économiques, un niveau d'emploi et de protection sociale élevé, le relèvement du niveau et de la qualité de vie, la cohésion économique et sociale et la solidarité, etc » [32]. Inspirés par la théorie monétariste les arguments techniques des critères de convergence constitueront une nouvelle règle du jeu. Mais dans quelle mesure permettront-ils d'atteindre les résultats attendus ?

L'essentiel de ces critères concerne le contrôle de la masse monétaire : 1. le taux d’inflation ne doit pas excéder de plus de 1,5 % celui des trois pays membres ayant les plus faibles taux d’inflation ; 2. les taux d’intérêts réels à long terme ne doivent pas excéder de 2 % celui des trois pays membres ayant les plus faibles ; 3. pas de dévaluation monétaire dans les deux années précédant l’intégration à l’union monétaire.

On suppose donc que le ciblage de l'inflation et stabilité des prix sont une priorité. La politique monétaire suivie est celle d'une monnaie forte pouvant éventuellement constituer une valeur refuge ou une devise de réserve patrimoniale dans les transactions financières. Mais cet objectif « non inflationniste » - favorable aux intérêts financiers - est-il compatible avec celui d'une prétendue « croissance durable » ? Et inversement l'objectif de croissance serait-il incompatible avec une inflation conséquente ?

L'autre volet des critères de convergence est d'appliquer un contrôle budgétaire sur les États-membres. « Parmi ces critères, deux concernent le déficit et la dette cumulés de l’ensemble des administrations publiques (État, Sécurité sociale, collectivités territoriales) : 4. d’une part, le déficit des administrations publiques ne doit pas dépasser 3% du produit intérieur brut (PIB) ; 5. d’autre part, la dette publique ne doit pas dépasser 60% du PIB ou doit se rapprocher de ce seuil. L’objectif du critère concernant la dette publique est d’éviter que la dette d’un État de la zone euro ne devienne insoutenable, car l’Union n’aurait alors plus le choix qu’entre des solutions désastreuses : le renflouement du pays en cessation de paiement par ses partenaires ; la répudiation de la dette de ce pays ; l’éclatement de l’Union ; la renonciation au principe de non-renflouement établi par le traité de Maastricht, d’après lequel la dette publique des pays de la zone euro ne peut plus être financée par les émissions monétaires (c’est-à-dire par l’inflation) [33]. »

Ces paramètres de 3 % du PIB pour le déficit annuel et de 60 % du PIB de dette publique peuvent paraîtrent raisonnables voir « scientifiques » mais les faits démontrent que tel n'est pas le cas.

Effets et dysfonctionnements

Au-delà du dispositif légal et technique, l'application du programme de Union économique et monétaire rencontre des difficultés qui sont autant d'obstacles sur la voie d'une « politique commune » dite « irréversible ».

En cherchant à limiter l'accroissement de la masse monétaire par le renchérissement des taux d'intérêt n'y a t-il pas un risque de freiner la distribution de revenus salariaux au point de baisser le pouvoir d'achat et la consommation intérieure, donc d’aggraver le chômage et en renchérissant le crédit d'acculer les agents économiques (ménages, entreprises et État) au surendettement ?

De plus avec le maintien d'une monnaie à un haut niveau de change on renchérit le prix des produits locaux sur le marché international et l'effort de compétitivité-prix ne sera plus supporté que par les coûts de production tirant encore à la baisse les revenus salariaux donc la demande intérieure ou sur les marges des entreprises donc sur leur capacité d'auto-financement, d'investissement et d’innovation.

On discerne mal la logique de croissance durable derrière ce ciblage de l'inflation. D'autant plus que le contexte monétariste admet un taux de chômage naturel, permettant de faire pression à la baisse sur des salaires non indexés, ce qui coïncide mal - lorsqu'on applique ces recettes sur le contrôle de la masse monétaire par les taux d'intérêt - avec l'objectif du plein-emploi ou du moins « un niveau d'emploi et de protection sociale élevé, le relèvement du niveau et de la qualité de vie, la cohésion économique et sociale et la solidarité ».

Pour le déficit public, on a vu non seulement que la limite d'un déficit maximal n'était pas respecté mais de plus qu'il ne permettait même pas indirectement de stabiliser l’évolution des dettes publiques. Puisque la politique anti-inflationniste de la zone euro bloque la croissance du PIB des pays membres à un niveau inférieur au seuil de 5% qui permettrait la stabilisation de la dette publique.

"Pour que la dette soit stable, il est nécessaire que le taux de croissance soit supérieur ou égal au taux d'intérêt. Dans le cas inverse, la faiblesse de la croissance augmente le déficit budgétaire en raison de la diminution des rentrées fiscales, ce qui augmente la dette, et donc les intérêts versés, ce qui aggrave le déficit budgétaire… c'est l'effet « boule de neige » et la dette publique risque d'exploser. Le traité de Maastricht, pour stabiliser l'endettement public a donc limité la dette publique et le déficit public. Dans l'hypothèse d'une croissance du PIB nominal de 5% et du taux d'intérêt nominal de la dette de 10%, un déficit public de 3% du PIB permet la stabilisation de la dette à 60% du PIB." [34]

Cette politique monétaire commune anti-inflationniste se heurte encore à d'autres éléments :

On a trop longtemps cru qu'il était possible de financer la croissance par le crédit [35]. C'est pourquoi on applique cette logique à tous les agents économiques. En ignorant le plus souvent que le rôle de l'institution publique n'est pas d'être « rentable » mais de stimuler indirectement les secteurs d'activités par son intervention. Mais la politique de restriction budgétaire prive l'institution de moyens monétaires de cette stimulation ou ne lui concède qu'a des conditions financières exorbitantes ce qui revient au même. Financer la croissance à crédit est une hérésie dans le sens qu'à part des exceptions de niches, il n'est pas possible d'avoir un taux de croissance et finalement des perspectives de gain suffisantes pour financer le crédit sans perte de masse monétaire. Et - a moins de trouver un moyen d'augmenter la vitesse de rotation de la monnaie (ou d'obtenir des revenus supplémentaires par les excédents de la balance commerciale sur l'exemple d'une attitude « non-coopérative » allemande) - il n'est pas possible de produire plus avec moins de monnaie en circulation... Voila pourquoi un tel dispositif provoque la récession.

De plus le ciblage de l'inflation par la Banque centrale indépendante est un processus quasi incontrôlable : « Ainsi, en phase d'expansion, il est bien difficile par une seule action sur les taux de freiner à temps la surchauffe et de bien doser son action pour ne pas casser l'expansion. Inversement, en période de crise, il ne suffit pas de baisser les taux pour renverser rapidement les anticipations négatives. C'est ainsi que la durée des cycles se trouve allongée et leur amplitude accrue, alors qu'une action directe sur la quantité de monnaie en circulation, par un recours plus large à une monnaie permanente gérée par la banque centrale, réduirait les temps de réponse. On parviendrait de la sorte à une croissance mieux régulée. En outre, une action sur les taux peut, en certains cas, engendrer des effets secondaires non souhaités, car les taux agissent aussi sur la rentabilité des investissements et sur la marge des entreprises. Bien que nécessaire, la modulation des taux est un outil qui ne peut suffire à lui seul. Il devrait venir en accompagnement d'une action directe sur la quantité de monnaie en circulation, si l'on veut parvenir à une meilleure maîtrise de l'économie et à une régulation plus efficace des cycles économiques. » [36]

Pour compliquer l'affaire le contrôle de la masse monétaire est rendu difficile par le défaut de suivi des données pays par pays et par la confusion créée par les agrégats de placement [37].

La fin du contrôle des changes, la libre circulation des capitaux et la supervision défaillante de la BCE a donc ouvert une période d'instabilité monétaire où la spéculation sur les devises, les titres publics et les matières premières ouvre des trappes à liquidité dommageables à la circulation monétaire régulière en direction de l'activité productive, à la fiscalité nationale donc l'équilibre budgétaire et à la lutte contre les inégalités sociales.

En tant que moyen de paiement, l'euro est l'aboutissement d'un projet d'inspiration monétariste et ultra-libéral véhiculant les ferments d'une crise déflationniste dont ni les institutions financières, ni les États privés par Maastricht de leurs compétences macro-économiques ne parviennent à contre-balancer les effets. Nous verrons dans la partie suivante si la qualité du débat préalable permettait d'anticiper le phénomène, s'il est réaliste d'imaginer corriger les vices de la monnaie unique ou s'il faut d'ors et déjà préparer le retour de la monnaie nationale dans le strict respect des traités et du droit international.

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[1] Les interventions de l'époque (début 2007) au sujet de l'euro semblent difficile d'acces sur Internet. Un rapport de 2008 signale : "L’évolution de l’euro depuis sa création s’est cependant avérée, à certaines époques, préjudiciable aux entreprises et à l’industrie de la zone euro en raison de mouvements trop rapides et conduisant l’euro au-delà de seuils critiques. Un euro trop élevé conduit à des surcoûts, à des pertes de parts de marché et à des délocalisations d’activité, tout particulièrement dans un espace économique européen encore morcelé et très partiellement intégré." Christian de Boissieu Politique de change de l'euro - La Documentation française (2008)

[2] Angela Merkel prend la défense de l'euro et de la BCE (2007) http://www.capital.fr/bourse/actualites/angela-merkel-prend-la-defense-de-l-euro-et-de-la-bce-210418

[3] AFP 22 septembre 2007 http://afp.google.com/article/ALeqM5juYWCdyl6Q_CoFhBeBsGXuKIAshA

[4] Euro fort : l'inquiétude monte en Europe 22/09/2007 http://www.lefigaro.fr/tauxetdevises/2007/09/22/04004-20070922ARTFIG90828-euro_fort_l_inquietude_monte_en_europe.php

[5] Interview de P. Moscovici sur RMC le 24/09/2007 "Pierre Moscovici : Là aussi il y a une tendance, celle de M. Sarkozy, celle de M. Fillon, à tirer sur le pianiste. C'est-à-dire, à faire comme si la faute était toujours celle des autres. C’est vrai que l’euro est trop fort et il faut chercher les moyens entre les gouvernements européens et la Banque Centrale Européenne, pour qu’il retrouve un taux plus juste. En même temps, vous dites « impossible d’exporter avec l’euro fort », je vous donne deux chiffres : France : 35 milliards de déficit du commerce extérieur. Allemagne : 170 milliards d’excédents. Et la monnaie de l’Allemagne est l’euro qui y est fort aussi. Cela prouve que ce qui fait une puissance exportatrice, c’est d’abord la capacité du pays, sa structure, son génie propre. La France n’est peut être pas aussi génialement commerçante ou industrieuse que les Allemands. Donc ne tirons pas sur l’euro." https://groups.google.com/forum/?hl=fr&fromgroups=# !topic/sociodemocrates-toulouse/JOC5D3FiaPM

[6] "La comparaison avec l’Allemagne doit amener à une prudence encore plus grande dans l’interprétation des résultats ; après tout, les deux pays ont fait des choix différents mais le résultat de ces choix en matière de croissance (sans même parler de pouvoir d’achat) n’a finalement été en défaveur de la France que sur la toute fin de période. Tout l’enjeu outre-Rhin est maintenant de savoir si les bénéfices des sacrifices consentis seront permanents ou transitoires. Mais surtout, c’est bien l’Europe qui est la victime de cette concurrence : l’Allemagne a d’une certaine façon adoptée une politique non-coopérative, faute d’une véritable stratégie de croissance – ou des moyens institutionnels de la conduire – au niveau européen, au-delà des recommandations de type Agenda de Lisbonne." Performances à l’exportation de la France et de l’Allemagne www.cae.gouv.fr/IMG/pdf/081aa.pdf

[7] Michel Sapin ironise sur la France en faillite, l'UMP réplique http://lexpansion.lexpress.fr/economie/michel-sapin-ironise-sur-la-france-en-faillite-l-ump-replique_370209.html

[8] Euro http://fr.wikipedia.org/wiki/Euro

[9] Paix perpétuelle (saint-Empire) http://fr.wikipedia.org/wiki/Paix_perp%C3%A9tuelle_(Saint-Empire)

[10] Vers la paix perpétuelle E. Kant (1795) http://fr.wikipedia.org/wiki/Vers_la_paix_perp%C3%A9tuelle

[11] Ecole allemande de Geopolitik http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9opolitique#L.27.C3.89cole_allemande_:_die_Geopolitik

[12] Pangermanisme http://fr.wikipedia.org/wiki/Pangermanisme

[13] Lebensraum http://fr.wikipedia.org/wiki/Lebensraum

[14] Zollverein http://fr.wikipedia.org/wiki/Zollverein

[15] "Le ministre des finances prussien Motz, un des principaux instigateurs de l'union pense (1829) que le Zollverein peut être l'outil pour imposer la formation d'une petite Allemagne sous domination prussienne. Il écrit : « Si la science politique dit vrai, en déclarant que les barrières douanières sont les conséquences des divergences politiques entre États, il doit être par conséquent également vrai, que la formation d'une union douanière et commerciale conduit également à l'unification dans un même système politique" http://fr.wikipedia.org/wiki/Zollverein

[16] On a assisté à la réapparition de cette école de Geopolitik prenant l'Union européenne comme point d'appui et diverses officines telles la fondation Topfler http://www.german-foreign-policy.com/fr/fulltext/55950 ou le groupe Alpen-Adria comme instruments d'un « lebensraum germanique » notamment dans la déstabilisation de la Yougoslavie. « L’Allemagne de l’Ouest a encouragé de plus en plus ouvertement les gouvernements régionaux de Ljubljana et de Zagreb à faire sécession, quand la Yougoslavie, en 1987, s’est trouvée au bord de la faillite à cause d’une crise de paiement des dettes, et qu’elle a dû se soumettre à un sévère programme d’adaptation des structures du Fonds monétaire international (FMI). L’argument de Bonn a été que la Slovénie et la Croatie n’auraient une chance d’être admises dans l’Union européenne que si elles se séparaient du Sud pauvre de la Yougoslavie. Fortes de ce soutien, la Slovénie et la Croatie ont déclaré leur indépendance en juin 1991, en violation de la Constitution yougoslave. La première guerre de sécession en Yougoslavie s’en est suivie. Tout d’abord, mis à part l’Allemagne, l’Autriche et le Vatican, aucun Etat n’était prêt à donner son accord pour un démembrement du pays. Aussi le gouvernement fédéral a-t-il brusqué, début décembre 1991, ses alliés de l’UE et de l’Otan, ainsi que ceux de l’ONU, menaçant pour la première fois depuis 1945 d’un cavalier seul de l’Allemagne sur la scène internationale : l’Allemagne annonça que même si aucun autre État ne la rejoindrait, elle allait reconnaître fin 1991 l’indépendance nationale des deux républiques sécessionnistes. » http://www.german-foreign-policy.com/fr/fulltext/55951 Une large partie du peuple allemand ignore ces menées et reste foncièrement opposé à cette géostratégie de type hégémonique contraire à sa constitution.

[17] L’origine de la crise : le monétarisme et l'école de Chicago http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/l-origine-de-la-crise-le-130484

[18] Qu’est-ce que l’Ultralibéralisme ? http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/qu-est-ce-que-l-ultraliberalisme-90307

[19] On a vu à l’œuvre ce principe de la responsabilité limitée dans le fonds de garantie pour les accidents industriels. Les sociétés industrielles commerciales ou financières ont adoptées cette astuce juridique qui consiste à n'offrir qu'une provision minimum au risque. Les bénéfices de l'activité ayant été distribués aux actionnaires tenus pour irresponsables, les caisses sont vides et au final le préjudice reste supporté par la collectivité sans possibilité de recours. Sous le prétexte que ces sociétés sont indispensables à l'activité économique et au maintient de l'emploi « Too big to fail » on les laissera poursuivre leur activité au besoin par le refinancement sur fonds publics sans considération du risque systémique et des coûts globaux.

[20] Ici l'ultra-libéralisme se conjugue non seulement avec irresponsabilité des acteurs dominants mais aussi avec la culpabilisation des personnes lésées. Si l'industrie se délocalise, si l'ouvrier est au chômage c'est qu'il ne sait pas « s'adapter » à la précarité des fluctuations du marché, qu'il n'a pas su se « reconvertir » ou adapter ses prétentions a une vie digne aux strictes conditions économiques, à la concurrence mondialisée. Si les comptes de l'Etat sont en déficit c'est qu'il n'a pas su se « restructurer » adopter les « reformes structurelles » indispensables et conformes aux « lois du marchés », etc. Cette inversion des valeurs jusqu'à l'absurde se retrouve dans les films de M.Moore « Roger & me : A Humorous Look at How General Motors Destroyed Flint, Michigan  » (1989) ou « The Big one » (1997).

[21] « Traité instituant la Communauté économique européenne » ou « Traité de Rome », il a constitué l’acte fondateur de la Communauté économique européenne (CEE) entre l’Allemagne, la France, l’Italie et les trois pays du BeneluxBelgique, Luxembourg et Pays-Bas. http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_sur_le_fonctionnement_de_l%27Union_europ%C3%A9enne

[22] Traité de Maastricht ou traité sur l'Union européenne http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Maastricht

[23] Article 2 « La Communauté a pour mission, par l'établissement d'un marché commun, d'une union économique et monétaire et par la mise en œuvre des politiques ou des actions communes visées aux articles 3 et 3 A, de promouvoir un développement harmonieux et équilibré des activités économiques dans l'ensemble de la Communauté, une croissance durable et non inflationniste respectant l'environnement, un haut degré de convergence des performances économiques, un niveau d'emploi et de protection sociale élevé, le relèvement du niveau et de la qualité de vie, la cohésion économique et sociale et la solidarité entre les États membres. » Article 3 « Aux fins énoncées à l'article 2, l'action de la Communauté comporte, dans les conditions et selon les rythmes prévus par le présent traité : l'élimination, entre les États membres, des droits de douane et des restrictions quantitatives à l'entrée et à la sortie des marchandises, ainsi que de toutes autres mesures d'effet équivalent, b) une politique commerciale commune, c) un marché intérieur caractérisé par l'abolition, entre les États membres, des obstacles à la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux, d) des mesures relatives à l'entrée et à la circulation des personnes dans le marché intérieur conformément à l'article 100 C, e) une politique commune dans les domaines de l'agriculture et de la pêche, f) une politique commune dans le domaine des transports, g) un régime assurant que la concurrence n'est pas faussée dans le marché intérieur, h) le rapprochement des législations nationales dans la mesure nécessaire au fonctionnement du marché commun, i) une politique dans le domaine social comprenant un Fonds social européen, j) le renforcement de la cohésion économique et sociale, k) une politique dans le domaine de l'environnement, l) le renforcement de la compétitivité de l'industrie de la Communauté, m) la promotion de la recherche et du développement technologique, n) l'encouragement à l'établissement et au développement de réseaux transeuropéens, o) une contribution à la réalisation d'un niveau élevé de protection de la santé, p) une contribution à une éducation et à une formation de qualité ainsi qu'à l'épanouissement des cultures des États membres, q) une politique dans le domaine de la coopération au développement, r) l'association des pays et territoires d'outre-mer, en vue d'accroître les échanges et de poursuivre en commun l'effort de développement économique et social, s) une contribution au renforcement de la protection des consommateurs, t) des mesures dans les domaines de l'énergie, de la protection civile et du tourisme. »

[24] Article 4 « La réalisation des tâches confiées à la Communauté est assurée par : un PARLEMENT EUROPÉEN, un CONSEIL, une COMMISSION, une COUR DE JUSTICE, une COUR DES COMPTES. Chaque institution agit dans les limites des attributions qui lui sont conférées par le présent traité. Le Conseil et la Commission sont assistés d'un Comité économique et social et d'un Comité des régions exerçant des fonctions consultatives. »

L'article suivant est inséré : Article 4 A : « Il est institué, selon les procédures prévues par le présent traité, un Système européen de banques centrales, ci-après dénommé “SEBC”, et une Banque centrale européenne, ci-après dénommée “BCE” ; ils agissent dans les limites des pouvoirs qui leur sont conférés par le présent traité et les statuts du SEBC et de la BCE, ci-après dénommés “statuts du SEBC”, qui lui sont annexés. »

[25] « Le traité de Maastricht précise les conditions du futur passage à la monnaie unique. Afin de permettre une certaine harmonie nécessaire à l’union monétaire, les européens décident de critères de convergence conditionnant pour chaque pays membre la possibilité d’intégrer l’union monétaire :

le taux d’inflation ne doit pas excéder de plus de 1,5 % celui des trois pays membres ayant les plus faibles taux d’inflation ;

le déficit budgétaire doit être inférieur à 3 % du PIB ;

un endettement public inférieur à 60 % du PIB ;

les taux d’intérêts réels à long terme ne doivent pas excéder de 2 % celui des trois pays membres ayant les plus faibles ;

pas de dévaluation monétaire dans les deux années précédant l’intégration à l’union monétaire.

[26] Union économique et monétaire européenne http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_%C3%A9conomique_et_mon%C3%A9taire_(Union_europ%C3%A9enne)

[27] « Article 104 1. Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées “banques centrales nationales”, d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »

[28] Article 106 1. Le SEBC est composé de la BCE et des banques centrales nationales. 2. La BCE est dotée de la personnalité juridique. 3. Le SEBC est dirigé par les organes de décision de la BCE, qui sont le Conseil des gouverneurs et le Directoire. 4. Les statuts du SEBC sont définis dans un protocole annexé au présent traité.

[29] Article 107 Dans l'exercice des pouvoirs et dans l'accomplissement des missions et des devoirs qui leur ont été conférés par le présent traité et les statuts du SEBC, ni la BCE, ni une banque centrale nationale, ni un membre quelconque de leurs organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des instructions des institutions ou organes communautaires, des gouvernements des États membres ou de tout autre organisme. Les institutions et organes communautaires ainsi que les gouvernements des États membres s'engagent à respecter ce principe et à ne pas chercher à influencer les membres des organes de décision de la BCE ou des banques centrales nationales dans l'accomplissement de leurs missions.

[30] Art. 1 ACCORD sur la politique sociale conclu entre les États membres de la Communauté européenne à l'exception du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord http://eur-lex.europa.eu/fr/treaties/dat/11992M/htm/11992M.html#0001000001

[31] Le FMI et la Mondialisation : La fin du projet humaniste dans l'Economie politique ? http://democratie-directe.blogspot.fr/2007/03/le-fmi-et-la-mondialisation-la-fin-du.html

[32] Article 2 TRAITÉ SUR L'UNION EUROPÉENNE Journal officiel (29 juillet 1992) http://eur-lex.europa.eu/fr/treaties/dat/11992M/htm/11992M.html#0001000001

[33] Budget et contraintes européennes http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/finances-publiques/approfondissements/budget-contraintes-europeennes.html

[34] Jacques Sapir et sortie de l'Euro http://groups.google.com/group/fr.soc.economie/browse_frm/thread/4ede2dbeb4bcb2f6/a4e167648c57cf27?hl=fr&#a4e167648c57cf27

[35] "Or le crédit (c'est le débat central sur la monnaie en France depuis 4 ou 5 ans) ne constitue ni émission, ni création puisque ici la monnaie devient "produit" et se voit affecter un "prix" au lieu de rester "une convention légale". Cela veut dire qu'en faisant du crédit un moyen de "création monétaire" (on parlerait plus précisément en parlant de "pseudo émission") : 1) il n'y a pas création mais une séquence "émission/dés-émission" entre l'écriture scripturale sur le compte de l'emprunteur et le remboursement d’emprunt ; 2) le crédit aspire par son prix (les taux d'intérêt et frais annexes) plus de monnaie circulante qu'il n'en émet. Ici le crédit comme émission monétaire et même au taux faible de 1,5% se fait le simple moyen de siphonner la masse monétaire en circulation. C'est à dire un transfert de l'espace public à la sphère patrimoniale selon la fameuse loi libérale "collectivisation des coûts, privatisation des bénéfices). Pour simplifier disons que la monnaie a changé de statut au cours des années 70 elle est passé du statu de res publica (convention légale) a celui de res privata (une créance bancaire à 80%, une ré-allocation des dépôts à 20%)... Voila pourquoi les banques sont exposées dans un tel cycle déflationniste à l'insolvabilité des débiteurs et au défaut de paiement privé et public bien au-delà de ce qu'on en dit... » « Les inégalités à l'origine des crises ? » http://groups.google.com/group/fr.soc.economie/browse_frm/thread/59b9f7915c053f29/4214a78fd263426a?hl=fr%E1%81%B6a78fd263426a

[36] « La monnaie d'endettement, facteur d'amplification des cycles économiques » Jacques Berthillier (1998) http://www.chomage-et-monnaie.org/Documents_html/MonnaieEtCycles.html

[37] "La frontière entre actifs monétaires, définis comme des liquidités destinées à servir de moyens de paiement, et avoirs non monétaires, représentatifs d’un comportement d’épargne à plus long terme, étant devenue plus floue, un suivi attentif des évolutions monétaires à partir des agrégats de monnaie nécessite également l’obtention d’informations spécifiques sur les autres catégories d’instruments financiers.
En 1991, la Banque de France a donc constitué un ensemble d’agrégats de placement (P1, P2, P3) englobant les actifs financiers non monétaires au sein de sous-groupes homogènes, classés par ordre de substituabilité décroissante avec les avoirs monétaires. L’agrégat P1 était constitué par les produits d’épargne contractuelle, l’agrégat P2 par les instruments de type « obligations » et l’agrégat P3 par ceux de type « actions et autres participations. À la différence des agrégats monétaires, les agrégats de placement ne s’emboîtaient pas entre eux, compte tenu du large éventail des actifs couverts." […] "Compte tenu de la remarquable liquidité des marchés de capitaux français, et notamment de celle des fonds communs de placement en obligations et en actions, ce transfert d’actifs en faveur de supports d’épargne à plus long terme n’a pas été considéré par les autorités monétaires comme une véritable destruction de monnaie au profit de l’épargne à long terme." Les agrégats de placement http://www.banquefrance.fr/archipel/publications/bdf_bm/etudes_bdf_bm/bdf_bm_92_etu_2.pdf&usg=AFQjCNGLF2A8j7gJ9cwipBi5RMvnCwnsTQ


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6 réactions à cet article    


  • Peretz1 Peretz1 12 avril 2013 19:17

    Bien cet exposé exhaustif. J’arrive aux mêmes conclusions, mais plus simplement en utilisant les lois des systèmes. On peut lire « En finir avec les crises et le chômage » (éditions Edilivre.com). Avec en prime des solutions dont l’adoption de la stratégie de la demande est la clé.


    • Richard Schneider Richard Schneider 12 avril 2013 19:38

      Félicitations à l’auteur ... Bien que l’article soit un peu long, il n’est jamais indigeste.

      Comme écrit ci-dessus, (durea.leges.lesges), la construction européenne est une sorte d’escroquerie : en fin de compte, les européïstes enragés ont roulé les peuples dans la farine. 
      Avec les négociations qui vont s’ouvrir avec l’Alena pour créer une zone de libre-échange euro-atlantique, le peu de souveraineté qui reste aux états sera peu à peu dilué dans une sorte de « World Company » dirigée pas les sieurs Sylvestre.

      Cordiales salutations.

      • taktak 12 avril 2013 22:15

        Merci pour cette somme.

        En résumé, l’euro est un un des outils majeurs d’une construction européenne qui vise à servir les marchés financiers, c’est à dire la classe dominante bourgeoise. Intrinsèquement et depuis le début, il n’est pas redressable pour devenir notre monnaie, c’est à dire la monnaie au service des intérêts des travailleurs.

        L’euro pour s’en sorti il faut en sortir
         ; c’est la condition d’une politique progressiste à l’image de ce que fut le CNR.


        • ecolittoral ecolittoral 13 avril 2013 14:29

          C’est vrai que si j’avais 3960 Fr au lieu de 600 euros de RSA, je m’en sortirais mieux.(6.6)

          Je n’ai pas oublié. 
          Je pense que nos amis Grecs, Italiens, Espagnoles...eux aussi se souviennent.
          Les allemands doivent regretter le Mark et les Hollandais le Florin.
          2 000 Marks ou 2 000 Florins, ça faisait pas mal d’argent ! Au lieu des 1 000 euros aujourd’hui.
          Et avec 30 000 drachmes (un peu plus du SMIC français) en Grèce, je vivais bien.

          Comment des individus nés (forcement) dans un pays, ont ils pu sortir une monnaie aussi peu accessible et dévastatrice ? Aujourd’hui encore, je me pose la question !

          • Stof Stof 15 avril 2013 09:17

            C’est quand même un peu facile de taper sur l’euro à tout bout de champ. Si les critères de déficit public et dette publique avaient été respectés, la zone euro ne serait pas en crise.

            Les états ont des politiques inconséquentes ? C’est la faute à l’euro. Mais oui,mais oui.

            Je ne suis pas spécialement partisan de l’euro tel qu’il a été conçu, ceci dit j’aime bien l’idée d’une monnaie unique en Europe (ou dans le monde, d’ailleurs). Le problème vient de deux points, selon moi :
            - l’absence d’harmonisation sociale dans la zone euro. Ce qui pousse les états à faire du dumping fiscal, ou social.Ce qui les pousse au déficit et à l’endettement, justement...
            - L’ « indépendance » de la banque centrale. L’idée même que le pouvoir financier serait plus avisé que les représentants élus du peuple me choque. Pourquoi s’étonner alors que l’euro fasse uniquement le jeu des riches dans ces conditions ?!

            Ce qui manque à l’Europe, ce ne sont pas de petites monnaies locales soumises au jeu des spéculateurs. Qui du reste, se servent, au passage, à chaque opération de change. Mais plus de Politique (avec un P majuscule) et plus de Démocratie.
            Car sans l’euro, le Franc, par exemple, ne serait plus adossé à la crédibilité allemande et au vu de notre magnifique balance commerciale, nos exportations seraient bien plus chères. Ce qui signifie que le pays s’appauvrirait encore plus. 
            Il ne resterait alors plus que la déflation salariale (via l’inflation, par exemple) pour renforcer notre compétitivité au niveau des exportations.
            La grande force des grandes puissances occidentales, c’est de créer des monnaies dont tout le reste du monde veut : Nous créons de l’argent, ils travaillent pour nous.
            C’est peut être injuste et malheureux, mais je ne crois pas que la majorité des Français descendraient dans la rue pour ça. Par contre si on baisse leurs retraites ce sera la révolution.
             Il faut savoir ce que l’on veut.

            • jean-jacques rousseau 15 avril 2013 11:28

              « C’est quand même un peu facile de taper sur l’euro à tout bout de champ. »
              Justement « taper sur l’euro » est peut-être « facile » mais cela implique d’en connaître les mécanismes et les effets. Cependant on ne trouve pas beaucoup d’études accessibles sur ces sujets et les tentatives de poser un débat sérieux, de formuler une critique constructive sont vite étouffées et avortées. Pourquoi ce débat n’est-il pas ouvert et libre ? A mon sens cela tient à une raison principale : c’est qu’il n’y a pas d’alternative politique et monétaire possible dans le cadre des traités européens. A quoi bon en discuter alors puisqu’aucun débouché pratique n’est ouvert, qu’aucune proposition d’ajustement ou de réforme n’est susceptible de se voir appliquée ?
              Vous faites ailleurs une réflexion intéressante qui pourrait aussi l’être ici : "On ne pourra jamais rien changer car il existe une petite clique de potentats qui ont le pouvoir de tout bloquer, d’influencer les médias, de faire voter ou abroger des lois, tomber des gouvernements, écarter, corrrompre, discréditer les gèneurs.

              La plèbe peut s’agiter, crier, manifester, publier, s’organiser en associations. Au bout du compte, les choses ne changent que si cela arrange une organisation plus puissante.« http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/cahuzac-torpille-par-l-armee-134131#forum3688563
              Bien que cette vision paraisse assez pessimiste, elle reflète aussi un sentiment largement partagé concernant les institutions européennes.

               »Si les critères de déficit public et dette publique avaient été respectés, la zone euro ne serait pas en crise.« 
              Je viens de démontrer que cette opinion n’est pas fondée. Les critères de 3% du PIB de déficit maximum ou de 60% du PIB de dette publique paraissent réalistes mais ne peuvent permettent de stabiliser l’endettement que dans le cas d’une croissance annuelle de 5% du PIB. Avec un taux d’intérêt directeur fixé par la BCE de 4,5% comme en 2008 et un PIB disons de 2600 Mds euro cela veut dire une dette »tolérée« de 1560 Mds et que l’Etat doit payer à ses créanciers donc »conformément aux normes monétaires de UE« puiser dans la masse monétaire 70,2 Mds euro par an. Ce prélèvement entraîne une réduction de celle-ci donc un ralentissement de l’économie. Ce prélèvement ne peut être compensé que par soit un nouvel emprunt correspondant ce qui va soit alourdir le déficit budgétaire, soit endetter les ménages et les entreprises. On pourrait imaginer que cette perte soit compensée par un excédent équivalent de la balance commerciale... mais ce que l’on voit surtout c’est que cet excédent commercial (de même que les revenus financiers) n’est réinjecté dans l’économie. Je vous cite un commentaire de J. Sapir à ce sujet : »Oui, c’est vrai, l’Allemagne profite aujourd’hui de la zone euro et on peut estimer qu’elle va faire près de 3 % de son PIB en plus grâce à l’existence de la zone euro. Mais ces profits, ils vont essentiellement dans la poche des dirigeants de ces grandes entreprises. Vous savez, on a calculé que depuis 2000, le revenu réel des Allemands avait stagné (après impôts) alors que le revenu des grands patrons du DAX (équivalent de notre CAC 40 ou du RTS russe) avaient doublé en termes réels. Et c’est là en fait la clé de cette espèce de schizophrénie allemande. La population voit bien pour sa part qu’elle souffre de l’euro et qu’on lui demande toujours de nouvelles contributions, en particulier du point de vue fiscal, elle est inquiète sur les conséquences que l’euro aura à la fois en termes d’inflation qu’en termes de stabilité bancaire pour les grandes banques allemandes. Par contre, les dirigeants économiques de l’Allemagne ne voient eux que les profits qu’ils encaissent de l’euro. C’est pour cela que l’on a une situation où, derechef, on a une élite politique, médiatique et économique qui est pour la maintien de la zone euro, bien entendu en payant le moins possible pour la faire fonctionner, et on a une population qui est de plus en plus eurosceptique.«  http://french.ruvr.ru/2013_04_11/Les-voies-sinueuses-de-l-euro-Interview-avec-Jacques-Sapir/ 
              Les frais d’emprunts et le ralentissement économique causés par eux expliquent largement les raisons pour lesquelles les critères ne peuvent être atteints, l’autre part de l’explication peut être fondée sur ce que Keynes appelait »trappes à liquidités« qui autrefois consistait en thésaurisation de monnaie dans les matelas mais qui aujourd’hui par les facilités offertes par le principe de »libre circulation des capitaux« permet aux marges commerciales et autres fonds financiers d’échapper au mécanismes fiscaux de contrôle de la masse monétaire pour revenir sous forme de souscription d’obligation publique.
              Ainsi ce que l’Euro permet par ces critères et la politique de la BCE c’est non seulement l’évasion fiscale et la déstabilisation budgétaire par l’emprunt mais aussi par là même la récession économique.
              Donc il faudrait changer votre affirmation par une autre plus réaliste : »Si les critères de déficit public et dette publique sont respectés, la zone euro ne sera toujours qu’en crise."
              Nb. Je remercie les commentateurs de cet article qui m’ont encouragé ou stimulé par leur critiques. Ils démontrent par là que le débat sur l’euro se poursuit et s’améliore. 

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