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Accueil du site > Actualités > Economie > Euro : le futur antérieur d’une illusion ?

Euro : le futur antérieur d’une illusion ?

La crise qui frappe la monnaie unique européenne pousse les économistes à pronostiquer sa fin prochaine et Nicolas Dupont-Aignan à demander la sortie de l’euro.

Il y a un an presque jour pour jour, à l’invitation de la fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement, quelques auditeurs étaient réunis à la Maison de la chimie pour un débat autour de Christian Saint-Étienne et de son dernier ouvrage au titre provocateur : La Fin de l’euro (Bourin éditeur). Autour de la table, du beau monde [1] pour auditionner l’économiste, qui est aussi professeur à Paris-Dauphine et membre du Conseil d’analyse économique.

L’euro serait donc mortel ? Pour nous le rappeler, alors que la monnaie unique européenne fête ses dix années d’existence, qu’elle est entrée dans les habitudes, l’économiste Christian Saint-Étienne replace devant nous les constats et les raisons que nous avions nous-mêmes pourtant adoptés, compris, intégrés, défendus jusqu’à refuser le traité de Maëstricht.

Amère satisfaction : il valide a posteriori les observations que, à l’époque, les lucides avaient formulées sans pouvoir, hélas, prendre le dessus sur les idéologues. À la lumière de l’évolution de la zone euro à l’épreuve de la croissance des années 2000 et de la crise récente, il établit en effet que les déséquilibres au sein de la zone euro la placent dans un état de fragilité tel qu’un choc économique surajouté à la crise actuelle aurait toutes les chances de lui être fatal. Est-il besoin de rappeler la teneur de faits ? les vices congénitaux de la monnaie unique ? de redire que la zone euro n’est pas une zone monétaire optimale ? que l’Union européenne n’a plus les moyens de subventionner le rattrapage économique des pays les moins développés qui la composent ? que, à défaut d’ajustements monétaires (les dévaluations d’antan) et budgétaires (les fonds structurels qui ont abreuvé l’Irlande, l’Espagne, le Portugal et la Grèce et que les États contributeurs nets ne peuvent plus payer), l’incontournable variable d’ajustement sera le marché du travail ? En d’autres termes, en verrouillant tous les instruments permettant d’amortir le différentiel de conjoncture et de développement entre les économies hétérogènes et surendettées de l’Union européenne, on n’offre plus que l’alternative suivante aux populations : soit l’ajustement salarial à la baisse pour importer des activités productives (ou endiguer leur fuite) soit le chômage de masse et l’éviction des dépenses d’investissement par les dépenses sociales.

Aujourd’hui, Nicolas Dupont-Aignan, qui a toujours figuré parmi les sceptiques, franchit le Rubicon en demandant la sortie de l’euro et en lançant une pétition. Sans doute n’a-t-il jamais été si près d’avoir raison.

 


[1] Dominique Garabiol, administrateur de la fondation Res Publica et directeur à la Caisse nationale des caisses d’épargne, Jean-Luc Gréau, économiste indépendant, auteur de L’Avenir du capitalisme et de La Trahison des économistes<, Jean-Pierre Patat, conseiller au CEPII, ancien directeur général à la Banque de France, auteur d’une Histoire monétaire de la France et d’une Histoire de l’Europe monétaire, confrontés aux réactions d’Alain Dejammet, ambassadeur de France et président du conseil scientifique de la fondation Res Publica, Francis Gutmann, ambassadeur de France et ancien directeur général de Gaz de France, Jean-Pierre Cossin, conseiller-maître à la Cour des comptes, et Jean-Paul Escande, ancien président de banque.


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15 réactions à cet article    


  • Julius Julius 7 mai 2010 11:54

    La monnaie commune ne peut fonctionner que si la communauté concernée (zone euro) satisfait à l’une des conditions suivantes :

    1. Elle est économiquement assez homogène. Ce n’est certainement pas le cas de l’Europe et toutes les tentatives d’homogénéisation par la force vont créer des vives réactions.

    2. L’économie est centralisée et planifiée. Ce type de l’économie a été expérimentalement prouvé de provoquer la lente mais certaine déclin économique.

    3. L’économie est totalement libéralisé afin que toutes les dis-fonctionnalité sont rapidement réparé par le marché. La libéralisation complète (= la suppression de tous les obstacles au libre échange) est la seule façon pour empêcher l’effondrement de la zone euro.


    • curieux curieux 7 mai 2010 14:07

      Tiens, encore le répondeur qui s’est mis en route !


    • Cogno2 7 mai 2010 20:22

      Mouarf, quel perroquet ce Julius.

      Allez, je te la refait version courte.
      Le point 3 est conditionné au point 1, sinon le gros bouffe le petit en deux bouchées.
      Le point 3 est bien engagé, avec le succès que l’on sait.

      Bref, soit tu mens volontairement, et c’est grave, soit tu es autiste, et tu as une excuse.
      A toi de choisir.


    • Philou017 Philou017 8 mai 2010 01:38

      La libéralisation complète  est la seule façon pour empêcher l’effondrement de la zone euro.
       smiley smiley  smiley  smiley  smiley

      Supprimons les états aussi, comme ca ils ne risqueront plus d’être en faillite.


    • boris boris 8 mai 2010 10:32

      A mon avis Gogno il est les deux !


    • Tythan 7 mai 2010 12:20

      Je trouve étonnant que Nicolas Dupont-Aignan, l’un des rares à avoir une opinion tranchant réellement avec le consensus politique actuel (avec JL Mélenchon), n’ait pas plus accès aux antennes des grands médias. Certes, il a fait un peu de radio ces derniers temps (rtl et rmc hier), mais enfin je ne comprends pas pourquoi on n’ouvre pas plus les antennes.

      Tout simplement parce qu’au delà de sa représentativité dans l’opinion publique, qui est loin d’être nulle même si elle reste trop faible, Nicolas Dupont-Aignan propose vraiment des idées originales. Cela ne veut pas dire qu’il faut les adopter d’ailleurs, simplement, on doit pouvoir en discuter.

      Nicolas Dupont-Aignan a raison de vouloir une monnaie commune de réserve, qui permettrait d’avoir une certaine souplesse tout en assurant aux flux économiques et financiers intra-européens qui sont considérables une indispensable sécurité.


      • curieux curieux 7 mai 2010 14:09

        Celui qui dit la vérité(ou ceux qui disent), il doit être exécuté. Chanson prémonitoire ?
         


      • xa 7 mai 2010 18:18

        La sortie de l’euro ...

        Simplifions le problème et imaginons qu’un pays puisse sortir de l’euro.

        cas 1 : l’euro continue à exister comme monnaie. Le pays sortant reprend sa monnaie nationale, et voit le cours de cette monnaie fluctuer par rapport à l’euro. Appliqué à la Grèce, le retour au drachme et la dévaluation de la monnaie entraine .... une hausse mécanique de la dette grecque qui est libellée en euro.

        cas 2 : l’euro cesse globalement d’exister. Dans ce cas, soit on transforme les obligations en euros en obligations dans une autre monnaie, soit on annule ces obligations.

        cas 2.1 : on annule les obligations, on ruine les épargnants. En France, c’est 1000 milliards d’épargne en fonds euros qui disparaissent. Des gros perdront beaucoup, les petits épargnants qui ont ouvert une AV à La Poste (et qui ne sont pas des millionaires) perdront l’intégralité de leur épargne.

        cas 2.2 : on transforme dans une monnaie forte (mark par exemple). Pour les pays avec une économie forte, ca va. Pour les autres, avec une monnaie qui chute par rapport à cette nouvelle monnaie de référence, c’est comme le cas 1 : la dette augmente mécaniquement.

        cas 2.3 : on transforme l’euro en une monnaie faible. Avantage : les Etats forts n’ont plus de dette (la monnaie faible se dévaluera de fait par rapport aux monnaies fortes). Inconvénients : on ruine toujours les petits porteurs.

        cas 3 : on ne rembourse pas du tout, et on ruine les prêteurs. En fait, c’est comme le 2.1. (ne pas rembourser = annuler)

        J’imagine que les solutions « on ruine les prêteurs » seront les plus populaires. Je laisse à ceux qui choisissent cette voie d’expliquer aux 20 millions de détenteurs d’assurance-vie la raison de la perte de leur épargne.


        • curieux curieux 7 mai 2010 23:56

          De toute façon, c’est ce qui va leur arriver. Ca a d’ailleurs commencé.
          Question subsidiaire : Où voyez vous de la honte à ruiner les petits porteurs ? Qu’est-ce qu’il y a d’anormal à celà ? On est ultra-libéral ou pas. Ca leur apprendra à ces miséreux d’écouter les sirènes du capitalisme. Il faut savoir baiser ou alors se faire baiser. Dur, dur, la loi pour les gogos.


        • xa 8 mai 2010 16:30

          « Où voyez vous de la honte à ruiner les petits porteurs ? »

          Les petites assurances vies, celles que les petits revenus se constituent auprès d’établissements comme La Poste ou la Caisse d’Epargne, ces petites assurances-vie à taux garanti sans perte de capital SONT des AV en titre d’Etat.

          Ce sont ces petits épargnants qui trinqueront le plus. Perdre une assurance vie qui représente moins de 20% de votre épargne (cas des revenus supérieurs) est assumable. Perdre 100% de votre épargne (cas des plus faibles) .........

          Et comme on ne peut pas différencier ceux que l’on veut ruiner.......


        • Luc Paul ROCHE Luc Paul ROCHE 8 mai 2010 00:26

          La sortie de l’euro est un thème d’actualité ; je viens de tomber sur un article de contre-info qui préconise également une sortie de l’euro pour la Grèce

          http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3050

          début de l’article

          [citation] A terme, la Grèce sera non seulement contrainte de répudier une partie de sa dette, mais aussi de quitter l’euro, prévoit Paul Krugman. La cure d’austérité exigée en contrepartie du financement accordé par l’UE et le FMI va provoquer une grave récession économique, qui ne pourrait être atténuée que par une relance des exportations. Les salariés refusant de faire les frais d’une déflation salariale, et la Grèce ne pouvant dévaluer, elle n’aura donc d’autre choix que de sortir de la zone euro, avertit Krugman, qui espère que la BCE et les responsables grecs aient déjà commencé à travailler en secret sur ce scénario.


          • BA 8 mai 2010 09:19

            La zone euro traverse une « crise systémique », selon Nicolas Sarkozy.

            Eviter l’effet domino. Le président français Nicolas Sarkozy a estimé vendredi que la zone euro traversait une « crise systémique » et que cela nécessitait une « mobilisation générale » à l’issue d’un sommet des dirigeants de la zone euro à Bruxelles.
            « Cette crise est systémique, la réponse doit être systémique », a estimé Nicolas Sarkozy à l’issue d’un sommet consacré intialement à la crise grecque mais qui s’est transformé en conclave pour défendre toute la zone euro contre les attaques des marchés.
            « Nous sommes maintenant dans des mécanismes communautaires, c’est toute la zone euro qui a décidé de se défendre » et il s’agit donc « d’une mobilisation absolument générale », a déclaré le président français.
            Selon lui, « il faut doter la zone euro d’une véritable gouvernance économique ». Car « la zone euro traverse sans doute la crise la plus grave depuis sa création » et « désormais les spéculateurs doivent savoir qu’ils en seront pour leurs frais », a-t-il ajouté.
            Auparavant, les dirigeants ont annoncé la mise en place prochaine d’« un mécanisme de stabilisation », un fonds pour aider leurs pays qui seraient confrontés à des difficultés financières et validé le plan d’aide à la Grèce.

            http://www.20minutes.fr/article/403231/Economie-La-zone-euro-traverse-une-crise-systemique-selon-Nicolas-Sarkozy.php

            Il y a donc deux questions qui se posent :

            1- Première question : avec quel argent les pays européens vont-ils créer ce fonds ?

            Avec quel argent ?

            Est-ce que chaque Etat européen va devoir verser plusieurs milliards d’euros pour abonder ce fonds ?

            2- Seconde question : est-ce que la Banque Centrale Européenne va faire tourner la planche à billets à plein régime ?

            Concrètement : est-ce que la Banque Centrale Européenne va faire tourner la planche à billets pour acheter les dettes souveraines des Etats européens ?


            • Internaute Internaute 8 mai 2010 09:47

              Heureusement qu’il y a Angela Merkel et le parlement allemand. Il est évident que Sarkozy, hurlant avec d’autres loups qu’on a déjà commencé à entendre veut utiliser cette crise pour pousser son objectif mondialiste. Le jour où il y aura une gouvernance économique européenne il n’y aura plus d’Etat français. Qu’est-ce qui nous empêchera d’avoir un Papaconstinu à la tête du pouvoir mondial ? J’aimerais bien qu’on m’explique.

              Il faut arrêter de financer l’immigration (60 milliards par an), de donner des budgets pharaonïques aux régions (87 milliards en 2010), il faut rendre son indépendance à Mayotte,se retirer d’Afghanistan et interdire tout nouvel endettement. L’Etat français n’est plus financé que par de nouvelles dettes à partir de la 3eme semaine de juillet. (Pour ceux qui l’ont oublié, la retraite et la sécu ne font pas partie du budget de l’Eta).

              Dans les jours à venir vous allez entendre plus d’un joueur de fluteau réclamant un pouvoir mondial.


            • JUNON moneta JUNON moneta 9 mai 2010 14:30

              @ XA
              "Les petites assurances vies, celles que les petits revenus se constituent auprès d’établissements comme La Poste ou la Caisse Épargne, ces petites assurances-vie à taux garanti sans perte de capital SONT des AV en titre d’Etat."

              Dans ce cas, prenez directement des titres d’Etat....
              Au moins, vous éviterez les commissions (inutiles) de placement et de gestion.

              De plus, je connais plein de gens qui se sont fait déplumer par la Caisse d’Épargne et par la banque qui n’est pas populaire pour rien : personne n’a pleuré sur leur sort.

              Chat échaudé devrait craindre (même) l’eau froide : Caisse d’Epargne ? Banque Populaire ?
              Mais, vos petits porteurs, veulent-ils se faire égorger ?

              Aux petits porteurs : RETIREZ VITE VOTRE ARGENT DES ASSURANCES-VIE car les Fonds d’Investissement, les Fonds de Pension et les assurances-vie qui leur procurent les liquidités sont les plus gros détenteurs de Bons Assimilés au Trésor... Ces fonds-là vont perdre au moins 30% de leur valeur dans les mois à venir. Car, même si vous avez trouvé un placement qui garantit le capital, ce sera pour une sortie dans dix ou quinze ans, quand la monnaie ne vaudra plus rien...

               


              • xa 10 mai 2010 16:14

                "Dans ce cas, prenez directement des titres d’Etat.... Au moins, vous éviterez les commissions (inutiles) de placement et de gestion.« 

                Outre que de nombreux contrats AV ont des frais très raisonnables, prendre des titres en direct, c’est être fiscalisé sur les revenus de ces titres (ce qui est bon du point de vue des finances de l’Etat, mais ce qui coute plus que les frais de gestion) à raison de 30% des intérêts reçus. 

                De plus, pour souscrire lors de l’émission, il faut une certaine assise financière, que le commun des mortels n’a pas. Or de l’émission, les OAT sont des titres à cours variables. Un particulier est alors soumis 1) aux frais de courtage, qui ne sont pas nécessairement moins élevé, et surtout à la différence entre le cours (valeur instantanée d’échange) et la valeur interne de l’obligation (base de remboursement in fine et base du calcul des intérêts versés).

                 »Aux petits porteurs : RETIREZ VITE VOTRE ARGENT DES ASSURANCES-VIE"

                C’est une solution. Il faudra évidemment penser que cette sortie anticipée induira des frais auprès des gestionnaires, et une imposition spécifique de sortie, donc des pertes en capital qui sont, encore une fois, bien plus facile à supporter quand l’AV représente moins de 20% de votre épargne que quand elle représente 50% ou plus de cette épargne.

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