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Accueil du site > Actualités > Economie > Euro-obligations : et si Angela Merkel avait raison ?

Euro-obligations : et si Angela Merkel avait raison ?

Un titre un peu provocateur alors que dans un bel ensemble, tous les médias « mainstream » nous abreuvent de critiques sur la rigidité allemande qui, nous disent-ils, empêcherait la France de sauver l’Europe en permettant à la Banque Centrale Européenne de lancer des Euro-obligations et d’agir en préteur en dernier ressort.

Tout d’abord, il faut constater que Angela Merkel comme Nicolas Sarkozy partagent la même conviction que les dettes souveraines doivent être financées par les marchés. Une conviction dans laquelle se retrouve aussi François Hollande.

Et c’est sur ce point que la position française manque de crédibilité. En effet, si on veut demander à la BCE d’émettre des titres de dette souveraine, encore faut-il que ces titres trouvent preneurs sur les marchés.

L’idée généralement avancée est que puisque ces euro-obligations constitueraient des titres de dettes mutualisées entre tous les pays de la zone euros, le poids de cette mutualisation aurait pour effet de rassurer les marchés qui devraient donc non seulement acheter ces titres, mais en plus, les acheter à un taux faible.

Deux exemples récents devraient indiquer que cette hypothèse, si elle relève d’une construction intellectuelle en apparence évidente, se trouve largement décalée par rapport aux comportements réels des marchés.

Le premier exemple est celui du Fond Européen de Stabilité Financière qui, il y a quelques jours, n’a pas trouvé preneurs pour une large partie de titres qu’il venait d’émettre [ Lire ici "Le FESF obligé d'acheter sa propre dette" ] alors même que le FESF constitue déjà une mutualisation au niveau européen, et qu’il offre donc pour rassurer les marchés, la garantie de tous les « grands » pays de la zone euro.

Le deuxième exemple concerne directement Angela Merkel elle-même, puisqu’il s’agit de la mésaventure de l’Allemagne qui n’a pas réussi à vendre sur le marché sa dernière émission d’obligations [Lire ici "L'allemagne n'arrive plus à vendre ses obligations" ].

Ces deux faits montrent que d’ores et déjà, les marchés se détournent des actifs de la zone euro, que ceux ci soient émis par le pays considéré comme le plus fiable de la zone, ou par une institution financière mutualisée au niveau européen. Si toutes choses restent égales par ailleurs, pour quelles raison les marchés devraient tout d’un coup se jeter sur des euro-obligations, fussent-elles émises par la BCE elle-même ?

L’exemple souvent mis en avant est celui de la Réserve Fédérale des Etats-Unis qui, elle, émet des titres au niveau fédéral. On oubli de préciser que le niveau d’intégration, de même que le niveau de convergence économique des différents Etats de l’union américaine n’est en rien comparable à la zone euro.

C’est bien cette convergence des Etats américains, qui partagent le dollar USD, qui fait la crédibilité des obligations émises au niveau fédéral. A l’inverse, alors même que la crise actuelle fait apparaître au grand jour leurs divergences, les marchés se détournent des obligations souveraines des pays de la zone euro.

Si rien n’est fait pour accroître l’intégration et la convergence des économies des pays de la zone euros, mutualiser ces obligations au niveau de la BCE ne devrait donc pas changer grand chose à l’affaire. C’est le constat que fait Angela Merckel et on ne saurait lui donner tort. Sur ce point du moins.

Par contre, on ne peut que s’inquiéter de la solution qu’elle nous propose, à savoir une quasi mise sous tutelle des politiques budgétaires de la zone euro, avec sanctions automatiques en cas de non respect de ces fameux « critères de convergence » gravés dans le marbre depuis le traité de Maastricht.

La aussi l’exemple des Etats-Unis est riche en enseignements. Au contraire de ce qu’on nous propose aujourd’hui, il n ‘existe aux Etats-Unis aucune règle fédérale contraignante pour les politiques budgétaires des Etats de l’Union [ lire ici "State blanced budget requirements" ]. Les convergences des économies des différents Etats et la crédibilité qui en résulte sur les marchés financiers provient avant tout de l’extraordinaire convergence culturelle de ces Etats, tous crées au même moment, au même endroit, par des gens qui partageaient tous la même idée de créer « un monde nouveau ».

Il paraît évident qu’il est impossible susbstituer à cette convergence liée à l’histoire même des Etats-Unis, une démarche autoritaire basée sur des contraintes imposées de manière centralisée.

C’est pourtant ce que devrait nous présenter dans quelques jours Angéla Merkel, avec ses propositions de modifications des traités européens pour imposer aux Etats membres de la zone euro l’obligation de respecter de règles budgétaires et pour introduire des automatiques pour les pays contrevenants, une manière de tenter d’éviter toute discussion.

On ne peut que regretter la faiblesse actuelle de la France au plan international et l’incapacité de plus en plus manifeste de Nicolas Sarkozy de résister aux décisions prises par Angela Merkel. L’allemagne, et c’est de bonne guerre, profite d’une part de cette faiblesse et d’autre part de la crise actuelle pour tenter d’imposer ses règles à l’ensembles des pays de la zone euros.

C’est à l’évidence une impasse, de plus largement contre-productive. Alors que le but de tout ceci serait de rassurer les marchés pour leur vendre des titres de dette souveraine cet approche technocratique devrait encore une fois produire l’effet inverse. Les craquements qu’elle ne manquera pas d’occasionner dans la zone euros, son peu de réalisme et la récession que ne manquerait pas d’occasionner la juxtaposition de politiques de restriction, n’auront pour conséquence que de détourner un peu plus les marchés des obligations européennes.

Donner aux gens dans tous les pays concernés, le temps de construire leur propre histoire de l’intégration européenne, et construire ce rapprochement, non pas sur des envolées lyriques sur les bienfaits de l’Europe, mais sur l’expérience concrète et quotidienne, de chaque habitant de la zone, de l’intérêt pour lui de ce rapprochement, c’est le seul chemin pour construire une zone euro aussi crédible que la zone dollar.

Mais cela prend du temps, et la prise en compte du temps n’est pas la principale qualité de nos dirigeants, qui depuis une vingtaine d’années, impose au pas de charge, une Europe construite sur des pré-supposés technocratiques, dont chacun peut mesurer tous les jours les errements. Nous assistons aujourd’hui à l’émergence d’une méfiance vis à vis de l’Europe, qui est avant tout la marque de l’échec de la technocratie.

Une autre question qui mériterait d’être soulevée est celle de la justice : est-il juste de faire financer les dettes souveraines par le marché ? les interêts demandés par les marchés en contrepartie sont ils légitimes ? la monnaie est-elle une marchandise comme les autres ? les banques privées doivent-elle avoir l’exclusivité de la création de monnaie ou bien le droit de « battre monnaie » doit il être réservé aux peuples ?

En 2010, c’est 45 M€ qui ont ainsi été consacré au seul remboursement des intérêts de la dette, soit 2,3% du PIB annuel et quasiment le premier poste budgétaire du pays, ex-aequo avec l’éducation nationale.

Les taux à 5ans et 10ans pour la Grèce dépassent aujourd’hui les 40% [ voir ici ], qu’est ce qui justifie ces montants ? et qui peut imaginer un quelconque redressement quand chaque nouvel emprunt étrangle un peu plus les finances publiques ?

La question de la légitimité de ces intérêt n’est bien sûr pas posée, ni par Angela Merckel, ni pas Nicolas Sarkozy, pas plus que par François Hollande. Et pourtant, au vu de la crise actuelle, elle mériterait d’être largement débattue, en particulier à l’occasion de la campagne présidentielle [ voir ici "Collectif pour un audit citoyen de la dette publique" ].

Pour ce qui concerne la crise financière actuelle, une approche pragmatique consisterait à d’abord prendre acte que, en la circonstance, les marchés sont incapables de se réguler eux-même et prendre la décision qui s’impose, à savoir sortir la dette souveraine du marché, au moins momentanément, en permettant à la Banque Centrale, non pas d’émettre des euro-obligations sur un marché défaillant, mais de financer directement les Etats de la zone euros.

Pour ce qui concerne les actifs en cours, et pour une simple question de justice, il ne faut pas, comme le propose Jacques Attali [ lire ici ], racheter les yeux fermés les obligations souveraines arrivant à maturité et faire payer la totalité de leurs intérêts par la BCE. Cela reviendrait à faire payer par les contribuables une dette indue. Il faut bien sûr faire racheter ces obligations par la BCE, mais au préalable fixer un moratoire sur au moins une partie de ces intérêts.

Pour le moyen terme, il faut remettre de l’ordre dans les finances des pays de la zone euros, mais cela serait rendu d’autant plus faciles que ceux-ci ne seraient plus étranglés par une « charge de la dette » pléthorique. Mais surtout mettre en place des outils de financements des investissements des pays de la zone, notamment sur des axes stratégiques comme ceux de l’éducation ou de la transition énergétique.

Quelques-uns des candidats à la présidentielle française soutiennent cette approche, mais ce ne sont malheureusement pas ceux qui ont le plus de chance d’être élus …..

Publié sur LaDette2012.fr


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59 réactions à cet article    


  • Jason Jason 26 novembre 2011 10:56

    Oui, excellentes explications. Cependant, les USA ont un budget national voté chaque année par le Congrès. C’est là une structure, et donc des pratiques que l’Europe ne connaît pas. Il n’y a pas de lois de finance européennes, et c’est là que le bât blesse.

    Une union monétaire où chacun fait ce qu’il veurt dans son coin ne peut pas fonctionner. Je pense que l’Euro va être abandonné. Mais je ne souhaite pas le chaos qui s’ensuivra.

    L’unification du système bancaire américain est arrivé tard dans l’histoire de ce pays, au début du XXème siècle. Si l’Euro devait continuer, il lui faudrait dépasser ses maladies actuelles. Ce qui me semble quasiment impossible.


    • BA 26 novembre 2011 11:40

      Belgique : taux des obligations à 10 ans : 5,863 %. Record historique battu.

      http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBGB10YR:IND

      Espagne : taux des obligations à 10 ans : 6,699 %. Record historique battu.

      http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG10YR:IND

      Italie : taux des obligations à 10 ans : 7,261 %. Record historique battu.

      http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

      Vendredi 25 novembre 2011 :

      Le Trésor italien au bord de la rupture.

      L’effet « Mario Monti » a fait long feu et l’Italie est de nouveau sous très forte pression pour financer sa dette. Au lendemain du sommet ayant réuni jeudi à Strasbourg le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le nouveau président du Conseil italien, le Trésor transalpin a dû concéder ce vendredi un taux record de 7,81 % pour placer 8 milliards d’euros de dette à deux ans, soit plus de 3 points de pourcentage de plus que lors de l’émission réalisée le 26 octobre.

      Rome a également payé un taux record de 6,5 % pour émettre 2 milliards d’euros d’obligations à 6 mois.

      Les marchés ont sans surprise très mal réagi au résultat de ces deux adjudications. En début d’après-midi, le taux référence à 10 ans grimpait de 21 points de base, à 7,32 %.

      La différence de taux avec l’Allemagne, appelée prime de risque ou «  spread », est repassée au-dessus des 500 points de base dans le sillage de l’opération pour la première fois depuis le 16 novembre. Signe de l’inquiétude des marchés, la Bourse de Milan a creusé ses pertes après cette émission et cédait 1,84 %. Sur le marché des changes, l’euro est tombé jusqu’à 1,3225 dollar, son plus bas niveau depuis début octobre.

      Outre le fait que ces taux d’emprunt sont jugés insoutenables sur la durée pour la péninsule, dont l’encours de dette atteint 1.900 milliards d’euros, soit environ 120% de son PIB, l’Italie n’a attiré qu’une demande relativement modeste des investisseurs malgré ces rémunérations très attractives. Les intervenants n’ont proposé que 11,7 milliards d’euros sur l’opération à deux ans et 3,2 milliards sur la souche à 6 mois, soit des ratios de couverture respectifs de 1,47 et 1,59.

      Pour l’heure, cela a suffi pour que le Trésor italien emprunte le maximum de 10 milliards d’euros qu’il escomptait ce vendredi, mais les marchés craignent qu’une crise de liquidité empêche à terme Rome de refinancer sa dette, même à des coûts astronomiques. Un phénomène de très mauvais augure alors que se profile lundi et mardi des adjudications à long terme.

      Dans ce contexte de tensions extrêmes, la chancelière allemande a réaffirmé jeudi son opposition aux euro-obligations, jugées par bon nombre de spécialistes comme l’une des clefs de sortie de crise. Autre piste souvent mise en avant, la monétisation des dettes par la BCE, via une création monétaire illimitée, est également au point mort. L’Allemagne et la BCE y sont en effet farouchement opposées, même si l’institution de Francfort a déjà acheté pour plus de 190 milliards d’euros d’obligations périphériques depuis le début de la crise.

      http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20111125trib000666768/le-tresor-italien-au-bord-de-la-rupture.html


      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 26 novembre 2011 14:00

        « L’Allemagne et la BCE y sont en effet farouchement opposées, même si l’institution de Francfort a déjà acheté pour plus de 190 milliards d’euros d’obligations périphériques depuis le début de la crise. »


        L’Allemagne est en train d’évoluer vis-à-vis des Euro-Bond. La condition pour A. Merkel est d’obtenir des sanctions automatiques et une révision des traités européens pour un plus grande harmonisation et un contrôle fiscaux et budgétaire des états membres.*« Citation d’A. Merkel : »ne pas mettre la charrue avant les boeufs ."

        Ceci dit le SPD et les Verts qui ont de grandes chances d’emporter les élections en 2013 sont eux sur les positions du..PS et Madame Merkel, s’il n’en a était pas ainsi et du fait que le FTP est menacé de disparaître de la scène politique, est prête à faire une nouvelle coalition avec eux !

        Les choses bougent à toute vitesse en Allemagne. 
        Hidesheim



      • bigglop bigglop 26 novembre 2011 17:32

        Bonjour à tous,

        Le compte à rebours a commencé.
        Les modifications des traités, décidées par Merkel, Monri, Draghi (dans la coulisse) vont être appliquées sans aucune consultation par référendum des citoyens européens alors qu’elle serait démocratiquement indispensable.
        Comme le 16/12/2010, Van Rompuy utilisa la procédure simplifiée de l’article 48 du TFUE et deux amendements pour éviter une consultation référendaire sur la transformation de FESF et du MES en institutions permanentes.
        Le 11 mars 2011, les représentants européens ont validé cette modification sans informer les citoyens des conséquences et engagements.

        Le parallèle ne peut pas manquer d’être tracé, tant il est flagrant : les républicains bloquent tout compromis avec les démocrates sur la réduction de la dette américaine, au nom de leur refus principiel de toute augmentation des impôts ; les partisans allemands de ce qu’Angela Merkel a appelé « une solution politique » contribuent à l’effondrement de la zone euro tout en préconisant son renforcement, allant jusqu’à voir dans l’approfondissement de la crise une opportunité de l’obtenir.

        Dans les ceux cas, des certitudes doctrinales inébranlables et une cécité d’ordre idéologique sont à la source de la même intransigeance et précipitent vers des désastres. A court terme en Europe, par la suite aux États-Unis.

        En poussant à l’accession au pouvoir de Lucas Papadémos et de Mario Monti, et en applaudissant à tout rompre la victoire de Mariano Rajoy, les dirigeants européens ont brûlé leurs dernières cartouches. Ils pensaient avoir trouvé les meilleurs candidats possibles pour appliquer leur programme de réduction des programmes sociaux, de réformes structurelles et de privatisations. Mais la dynamique de la crise a, en l’espace d’un seul matin, tout fait voler en éclats hier lundi. Les marchés ont une fois de plus tranché, les taux obligataires espagnols se sont à leur tour envolés et les menaces sur la notation AAA de la France ont été à nouveau formulées.

        L’Espagne a pris la corde dans la compétition qui l’oppose à l’Italie, dont l’enjeu est de tomber le premier dans le trou. Comme il était prévisible, la France a pris sa place sur la ligne de départ, avec l’Autriche à ses côtés, qui est affectée par l’exposition de ses banques en Europe centrale et de l’Est. Jacek Rostowski, le ministre polonais des finances, a déclaré à la Frankfurter Allgemeine Zeitung « Nous sommes devant un choix horrible. Dans l’ordre des horreurs, l’alternative est la suivante : soit une intervention massive de la BCE, soit la catastrophe ». Jean Peyrelevade, désormais président de la banque d’affaires européenne Leonardo, après avoir été celui du Crédit Lyonnais, estime que « si l’on ne fait pas intervenir la BCE, tout pétera », la création d’euro-obligations ne servant désormais plus à rien, « car toutes les dettes des États sont attaquées ».

        En Allemagne, la Bundesbank ne se contente pas seulement de s’opposer des plus catégoriquement à cette éventualité, elle est également à l’offensive contre le manque d’ambition de la politique économique de Wolfgang Schäuble, le ministre des finances, dévoilant qu’au lieu de diminuer son déficit, le gouvernement allait l’augmenter cette année et la suivante. Parallèlement, la Bundesbank a diminué ses prévisions de croissance pour l’Allemagne, les réduisant de 1,8 % à une fourchette comprise entre 0,5 et 1 % pour l’an prochain.

        Selon Jens Weidmann, son président, l’Allemagne est le « pilier de la stabilité » de l’Europe, détenteur d’une « responsabilité particulière ». Elle doit donner le « bon exemple » et être gardienne d’une « politique monétaire européenne de stabilité ». A cet égard, la Bundesbank reste opposée à toute émission d’euro-obligations, tardivement préconisées suivant différentes versions à la carte par la Commission de Bruxelles, qui tente de se trouver un rôle. Chaque pays doit se présenter seul devant les marchés pour recueillir sa confiance, selon Jens Weidmann : « La pression que fait naître le paiement de taux d’intérêts élevés peut être salutaire et est une incitation forte à des réformes et des finances publiques saines », tire-t-il comme conclusion, montrant où il place son sens des responsabilités.

        Ne se cachant plus, les pressions en faveur du déblocage de l’intervention de la BCE sont désormais généralisées à toute l’Europe. Aux Britanniques, Français, Espagnols et Italiens, qui poussent au déblocage de la situation, se sont plus discrètement joint la Commission, dont l’un des membres voit la BCE comme « l’alternative principale » à la contagion de la crise, ainsi que l’Ambassadeur américain auprès de l’Union européenne, qui vient d’évoquer « le potentiel qu’elle a de faire davantage ».

        Mais les Allemands restent intraitables ! La Fédération allemande des banques privées (BdB) a expliqué que ce serait «  une atteinte directe à l’idée de l’union monétaire comme union de stabilité » et que, si l’Europe se trouve bien placée à un tournant, c’est aux politiques de le négocier, réaffirmant la conviction d’Angela Merkel que seules des mesures de consolidation budgétaire et des réformes structurelles pouvaient permettre de le négocier.

        Rendu public par le Telegraph, un document de travail du gouvernement allemand éclaire la vision allemande, systématisant ses propositions de révision des Traités et les précisant. Il liste les moyens dont l’Europe devrait se doter afin « d’ancrer fermement et définitivement une solide culture budgétaire », pour que la zone euro devienne à long terme « financièrement stable et économiquement viable ». Les sanctions financières prises à l’encontre d’un pays en déficit excessif seraient automatiques et pourraient même être prises à titre préventif par la Commission, sans en référer au Conseil européen (qui regroupe les chef d’État et de gouvernement).

        Il serait également possible pour tout pays de porter plainte contre un autre devant la Cour de justice européenne. En cas d’aide du Mécanisme européen de stabilité (MES), qui doit entrer en vigueur en 2013 et prendre la succession du FESF, une réduction de souveraineté serait automatique pour qui aurait fait appel au mécanisme. Enfin, une procédure de faillite ordonnée serait mise en place pour les États qui ne parviendraient pas à rétablir leurs finances, ce qui impliquerait les intérêts privés. Conformément à l’article 48 du Traité de l’Union européenne, la « procédure  simplifiée » de sa révision pourrait être adoptée, réclamant sa ratification par une « convention » formée de représentants des parlements nationaux, du parlement européen, des gouvernements et de la Commission.

        A l’heure présente, ce sont autant de châteaux en Espagne. Le bras de fer qui est engagé peut très facilement déraper et devenir incontrôlable. La réponse très négative donnée par les marchés à la victoire de la droite espagnole montre que la stratégie de réduction à marche forcée des déficits n’est pour eux pas crédible. Ils donnent une leçon sans appel aux dirigeants européens qui veulent encore croire à leur stratégie. L’intervention de la BCE, si elle devait finalement intervenir devant l’imminence de la catastrophe, alignerait la crise de la dette européenne sur celle des États-Unis, qui bénéficient du soutien de la Fed. Elle permettrait de gagner du temps, mais ne réglerait elle aussi rien pour autant.

        Sans être annoncés, les préparatifs et plans en vue d’un brutal passage à une phase aiguë de la crise battent leur plein dans les établissements financiers, au sein des gouvernements… et des rédactions. Parmi ceux-ci figurent la réduction, qui se poursuit et s’intensifie, de l’exposition des fonds monétaires américains aux banques françaises. Car si la zone euro devait éclater, les banques européennes en subiraient de plein fouet les effets, accroissant notamment les risques sur les obligations souveraines qu’elles détiennent.

        Angela Merkel, Mario Monti et Nicolas Sarkozy avaient affirmé jeudi dernier prendre « toutes leurs responsabilités afin d’assurer la stabilité, la prospérité et la force de la zone euro dans son ensemble ». Ils vont avoir une occasion de le montrer – qui pourrait être la dernière – jeudi prochain à Strasbourg, où ils vont tenir un mini-sommet. Les ministres des finances se réuniront le 29 novembre prochain, le prochain sommet européen aura lieu le 9 décembre. Réglons nos montres !

         


      • Vipère Vipère 26 novembre 2011 17:53

        Bonjour à tous

        Bigloop, contribution intéressante !

        Serait-ce le compte à rebours de l’effondrement de l’Euro ?


      • bigglop bigglop 26 novembre 2011 17:58

        Telle une litanie lancinante, les nouvelles se succèdent et concourent toutes au même sentiment d’effondrement inéluctable. Aujourd’hui, ce furent une émission obligataire calamiteuse – cette fois-ci italienne – la dégradation de la note de la Belgique, ainsi que celle de banques portugaises et hongroises, succédant à celle de la Hongrie elle-même. Rien ne semble résister à cet effondrement auquel rien ne fait obstacle, surtout pas les discours des dirigeants européens, dépassés et divisés entre eux, qui multiplient à un rythme effréné et en pure perte les conciliabules en tentant de donner le change.

        « Un écroulement de l’Italie amènerait inévitablement la fin de l’euro » auraient déclaré, selon un communiqué de la présidence du Conseil italien, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel au cours du mini-sommet de Strasbourg auquel participait Mario Monti. Comme l’usage s’en est désormais instauré, la réaction du marché obligataire a été immédiate et sans équivoque : les marchés ne croient pas au redressement italien et engagent l’asphyxie du pays, qui doit refinancer l’an prochain plus de 400 milliards de sa dette. « L’Italie doit faire face à d’immenses défis », a reconnu Olli Rehn, le commissaire européen. Pas seulement elle, si l’on en croit pour une fois les dirigeants allemands et français.

        Standard & Poor’s a abaissé à AA la note de la Belgique, craignant que les difficultés du secteur financier – on pense en particulier à Dexia, dont le dossier n’est pas bouclé – ne nécessitent de nouveaux soutiens publics, la dette pouvant alors dépasser les 100% du PIB. C’est Moody’s qui a dégradé la note hongroise, le motivant pour des raisons qui méritent d’être relevées. La politique du gouvernement hongrois conservateur est en effet sévèrement critiquée pour avoir taxé les banques, les sociétés d’énergie, de distribution et de télécoms, d’avoir nationalisé les fonds de pension privé et obligé les banques à partager le surcoût des crédits en francs suisses qu’elles avaient accordés aux particuliers, le forint plongeant et le franc suisse explosant. Tous crimes qui méritent incontestablement châtiment.

        Les solutions proposées par la triade Merkel, Monti, Draghi, ne résolvent rien, au mieux gagner du temps avec un coût exorbitant et ne « soignent » que les effets et non la cause.

        La panique de la « contagion » augmente aux Etats-Unis, des « stress-tests », pour une trentaine de banques « too big to fail » sont mis en place.

        En Europe, tous les établissements financiers, dont britanniques, cherchent à se débarrasser des dettes souveraines, les échanges inter-bancaires sont limités (perte de confiance, risque d’illiquidité)

        La garantie théorique de 20% sur les premières pertes sur dettes souveraines offerte par le FESF, sont insuffisantes et ne rassurent pas les marchés. Les CDS (credit default swap) ne sont pas actionnés. Tous retiennent leur respiration.

        Enfin, le FESF suscite la méfiance, car l’effet de levier annoncé contribuera à la création d’une pyramide Ponzi et le « special purpose vehicle » n’est qu’un support type subprime. Ces deux dernières solutions ne viendraient-elle pas de Goldman-Sachs, spécialiste en la matière.

        TIC TAC TIC TAC TIC TAC


      • bigglop bigglop 26 novembre 2011 18:02

        Bonjour @Vipère,
        Nous nageons dans cette merde depuis au moins 2005 et le feu d’artifice final arrive, malheureusement pour les peuples


      • lagabe 27 novembre 2011 09:40

        y a rien à ajouter , tout est dit
        http://www.boursorama.com/forum-cac-40-goldman-sachs-le-putsch-du-desespoir-413657018-1
        comme on dit : la messe est dite


      • Aldous Aldous 28 novembre 2011 09:45

        En trois mots :


        Coup d’etat.

      • Fab Fab 26 novembre 2011 14:59

        Merci Kinini :) Je suis toujours aussi perlexe sur les révolutions arabes en général et sur l’intervention en Libye en particulier .....


      • diogene 26 novembre 2011 13:20

        Que ce soit sarko, merkel ou les autres, tous semblent au moins d’accord sur le fait de « sauver » ce système. Les divergeances s’expriment surtout sur les stratégies de ce sauvetage.
        A les voir, jour après jour, pomper et pomper tels des shadoks afin de maintenir à flots ce titanic, on a presque un désir de compassion.
        Ces Pangloss nous ont vendu, de force le plus souvent, ce « meilleur des systèmes possibles », année après année, avec comme slogan un TINA contre lequel il devenait dangereux de s’élever. Qu’ils sont pathétiques aujourd’hui avec leurs moulinets de bras et leurs grandes phrases lancées sur le mode tragédie.
        Les regarder se noyer ce serait assez marrant si, en même temps ils ne nous noyaient pas avec eux, et même plus qu’eux.
        Combien de temps encore avant que l’évidence d’un nécessaire changement total de système ne leur apparaisse ? Combien de temps avant que la révolte ne les fasse redescendre sur terre ?


        • Fab Fab 26 novembre 2011 15:04

          @diogène Comme vous le dites, ils nous entrainent avec nous et malheureusement, ce n’est pas la prochaine échéance présidentielle telle qu’elle se dessine qui y changera quelque chose ....


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 26 novembre 2011 13:45

            « On oubli de préciser que le niveau d’intégration, de même que le niveau de convergence économique des différents Etats de l’union américaine n’est en rien comparable à la zone euro. »


            Cette affirmation est inexacte : il n’y a rien de comparable, ni d’homogène entre la situation économique de l’Alaska, de la Californie, riche à titre privé, mais en position de quasi faillite, le ville de Détroit, de Chicago, de New-York, de l’Ohio etc.. etc...La différence avec l’Europe est que la Banque fédérale meut émettre à volonté des dollars dès lors que le dollar restent encore la monnaie mondiale de référence. Jusqu’à quand ? L’euro et les dettes souveraines en Europe ne sont pas en plus mauvais état que la dollar et la dette publique américaine, et en ce qui concerne l’endettement privé la situation aux USA est bien pire encore qu’en Europe.


            • Fab Fab 26 novembre 2011 14:57

              @Sylvain Sur le détail, vous avez tout à fait raison. Par contre, vu de l’extérieur, la zone « dollar USD » apparait comme homogène et convergent, alors que la zone euros apparait de plus en plus comme hétérogène et fortement divergente. C’est l’existence même de la zone euro qui est en doute aujourd’hui alors que la question de la perennité de la zone dollar ne se pose pas du tout. D’où un doute des marchés sur la première alors que leur confiance dans le second se maintient, y compris avec 105% de dette et la perte du triple A.


            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 27 novembre 2011 09:39

              Je dis jusqu’à présent le dollar ..mais jusqu’à quand ? la crise économique aux USA se double d’une crise politique PLUS grave encore que celle de l’Europe : celle qui oppose deux visions de la société de plus en plus incompatibles, ce qui n’a plus rien à voir avec le division droite/gauche chez nous ! 


              Vous verrez si le tee-party accède via les républicains à la présidence ! Et même si ce n’est- pas le cas le blocage politique américain, lié aux institutions (veto réciproque), n’a rien à envier à celui de la Belgique...

            • Bruno Arfouille 26 novembre 2011 14:07

              @BA : Sur quelle base affirmez-vous « taux historique battu » ?
              Avez-vous un site Internet qui reprend les historiques (assez longs) pour étayer vos affirmations ?
              Merci d’avance.


              • bruno-beauvois 26 novembre 2011 14:28

                Les euro-obligations étaient une excellente solution, il y a 6 mois, aujourd’hui c’est trop tard et trop peu. A force d’attendre, il faut passer au stade supérieur, c’est à dire au financement directement auprès de la BCE, par prêt au taux directeur de 1.75 % voire par pur rachat de dette et effacement.


                • Fab Fab 26 novembre 2011 14:59

                  @Bruno je ne peux que souscrire ...


                • liberty59 26 novembre 2011 15:09

                  Taratata, c’est Angela Merkel qui à entièrement raison, 

                  Un pays pas plus qu’une entreprise et encore moins une famille ne peut vivre indéfiniment à crédit comme le fait en particulier la France depuis 1974.

                  Si vous croyez sauver la zone euro et l’Europe en faisant fonctionner la planche à billet ou émettre des euro bonds ce qui revient à la même chose vous vous mettez le doigt dans l’œil.

                  L’avenir pour les marchés appartient maintenant aux pays asiatiques, alors Français et Européens si vous ne voulez pas couler définitivement il va falloir oublier pour un bon moment les avantages reçus de vos états providence depuis trente sept ans.

                  Ce sera difficile, mais il faut maintenant payer les emprunts et les intérêts, 

                  Il fallait se souvenir  comme toutes personne ou société commerciale qu’un crédit est destiné à être remboursé un jour ou l’autre.

                  TOUT LE RESTANT N’EST QUE BARATIN POLITIQUE, C’EST A DIRE QUE CELA NE VAUT RIEN. 

                  NB : entièrement d’accord que l’on ne peut comparer la situation des USA et de l’Europe la structure et l’intégration n’étant en rien comparable.

                   


                  • heraclite 27 novembre 2011 18:36

                    Je suis complètement de votre avis. Peu de gens ont compris que le remboursement de cette dette inconsidérée se fera moyennant une baisse drastique de notre niveau de vie, avec ce que cela suppose quant à l’avenir de nos Etats-Providence.


                  • manusan 26 novembre 2011 15:19

                    Le système de retraite allemand est par capitalisation donc pas de planche à billet pour ruiner les épargnants donc les retraites.


                    • moebius 26 novembre 2011 15:24

                      la convergence culturelle européenne ? Celle ci a la base est fondée négativement sur le conflit franco prussien qui embrasé le monde et s’est conclu par la chute d’un mur. C’est ce méme conflit qui a épuisé les etats européens et les a contraint a dépasser le modéle nationaliste pour oeuvree a la construction de l’Europe. Attendre du « peuple »européen" ? une convergence culturelle me semble relever d’un idéalisme béat dans la mesure ou il n’y a pas en Europe une aspiration a changer le monde comme aux USA mais une fatalité ou une acceptation raisonnable et mure fondée sur un sentiment d’échec...ou plutot et encore, cette aspiration a changer le monde n’était pas contenu toute netiére dans le projet révolutionnaire français qui se voulait universaliste et ce projet n’est t’il pas ce qui est a l’origine du conflit franco prussiens


                      • moebius 26 novembre 2011 15:33

                         et encore... 20 ans de radinerie concerté et de betisse économique crasse pour effacer la dette des pays africains et à la sortie un épuissement et une regression économique et sociale. 20ans...
                        mais le mieux quand tout les états seront endettés et que tout les jeux et toutes le spéculation auront été joué et que le dernier un coup de dé abolira enfin le hasard c’est a dire a la fin des temps qui sera notre créancier ? la planéte mars ? Est ce a ce moment là que tout les morts rénaitront, que le lion vivra avec l’agneau ?,


                        • Tiberius Tiberius 26 novembre 2011 16:36

                          Vous parlez tous de sortir la dette souveraine du marché mais personne ne se préoccupe jamais de savoir QUI VA PAYER !

                          Car quelqu’un va quand même devoir payer sachez-le !

                          Certains d’entre vous semblent s’imaginer qu’il suffit à la BCE d’imprimer des billets pour faire sortir du néant des richesses qui n’existaient pas auparavant. C’est faux ! Sachez qu’IL Y A TOUJOURS QUELQU’UN QUI PAYE et en l’occurrence ce serait nous les consomateurs, par le biais de nos achats.

                          En effet, en créant de la monnaie, la BCE va susciter de l’inflation qui va renchérir les prix de toutes les marchandises provoquant ainsi une baisse générale de notre pouvoir d’achat. Or vu notre déficit de 2011, c’est à 10% d’inflation qu’il nous faudrait nous attendre, soit l’équivalant de 10 point de TVA supplémentaires ! Et ceux qui en souffriraient le plus seraient incontestablement les revenus les plus modestes.

                          De surcroît, cette mesure ne bénéficierait même pas à nos exportations car les entreprises répercuteraient immédiatement le coût de l’inflation sur les prix et les salariés verraient leurs salaires revalorisés d’ici la fin de l’année. Le problème, c’est qu’à peine les salaires auraient été augmentés que l’on referait un nouvel emprunt ce qui rajouterait encore l’équivalant de 10% de TVA en inflation !

                          Or dites-vous que si l’état plutôt que d’emprunter à la BCE augmentait tout de suite la TVA pour combler son déficit, il n’aurait pas à l’augmenter autant que l’équivalant de 10% d’inflation puisqu’aujourd’hui, l’inflation se situe aux alentours de 3%, alors même que l’accroissement de la masse monétaire est quasiment nulle depuis 2008 ! La monétisation de la dette (c’est-à-dire le fait de la sortir du marché) serait donc une initiative particulièrement ruineuse pour NOUS CONSOMMATEURS et dont le seul avantage serait de permettre à nos politiques de masquer à la vue des gogos une brutale augmentation d’impôts. 


                          • jaja jaja 26 novembre 2011 16:43

                            Refus de payer la dette les capitalistes, les gros actionnaires, quelle soit soit leur nationalité s’assoient sur leur pognon à qui les gens du peuple ne doivent rien....


                          • Tiberius Tiberius 26 novembre 2011 17:26

                            @ TI POL

                            Emprunter à la banque de France ou à la BCE aura les mêmes conséquences : une poussée de l’inflation qui viendra augmenter le prix de toutes nos marchandises comme si l’on y avait mis 10 point de TVA supplémentaires. La seule différence c’est que nous n’aurions plus l’Euro mais le Franc et, vu que la dette que nous avons déjà est libellée en Euro, celle-ci augmenterait au fur et à mesure que nous emprunterions à la banque de France et ferions ainsi décliner la valeur de notre monnaie. A la longue, nous n’aurions même plus les moyens de rembourser les intérêts de la dette et notre faillite serait assurée. Quant à taxer les produits chinois, c’est de la blague ! La plupart des produits manufacturés en Chine que nous achetons ne sont pas chinois mais occidentaux. Et si vous voulez taxer tout ce qui vient de Chine, vous allez devoir taxer à peu près tout ce qui va entrer en France. Mais dites-vous dans ce cas que les étrangers agiront de la même façon avec les produits français lesquels ne s’exporteront carrément plus. La France qui n’a plus connu de famine depuis des siècles pourrait bien alors en redécouvrir les affres...

                            @ jaja

                            D’accord refusons de payer notre dette. Mais qui va ensuite vouloir nous prêter de l’argent car je vous rappelle que notre déficit frôle les 10% et que même si nous n’avions plus les intérêts de la dette à payer, nous ne pourrions quand même pas boucler notre budget sans emprunter !!! La solution serait alors de revenir au franc puis de créer de la monnaie augmentant ainsi la masse monétaire et l’inflation. Mais cela provoquera alors une flambée des prix et ce sont les consommateurs qui devraient au final quand même rembourser en payant leurs marchandises plus chères. 

                            Vous voyez, il n’y a pas de solution miracle ! La seule VRAIE solution serait de relancer la croissance mais il n’existe qu’une seule façon d’y arriver, c’est de réduire le coût du travail avec toutes les conséquences sociales que cela implique. 


                          • jaja jaja 26 novembre 2011 17:51

                            « nous ne pourrions quand même pas boucler notre budget sans emprunter !!! »

                            Comme le dit le candidat du NPA, Philippe Poutou (pub smiley )

                            "C’est aux capitalistes de payer leurs crises. C’est pour cela que nous avons un programme de rupture avec la politique qui est menée. Il faut faire payer les riches et cela commence par l’annulation de la dette et l’appropriation du système bancaire qui doit devenir un système public. Cette question est centrale dans notre programme."

                            L’appropriation sans indemnité ni rachat aux gros actionnaires du système bancaire change la donne en matière de Crédit qui devient un monopole de service public.... Il faut aussi instaurer une véritable fiscalité anti-capitaliste... etc...


                          • Tiberius Tiberius 26 novembre 2011 18:10

                            @ jaja

                            Oui mais nous savons tous qu’en vérité, c’est toujours la banque centrale (et en l’occurrence la BCE) qui contrôle l’accroissement de la masse monétaire en fixant les taux d’intérêt. Donc, si on a déjà le contrôle de la banque centrale (la banque de France si l’on reprend la monnaie nationale), ça ne va pas changer grand chose de nationaliser les banques, sinon faire fuir de plus bel les investisseurs et rendre d’autant plus difficile le financement de notre déficit. 

                            Certains politiques nous vendent des solutions miracles mais si l’on se donne la peine d’y réfléchir sereinement, on est forcé de réaliser que les miracles n’existent pas et que l’on ne peut faire surgir des richesses du néant par un coup de banque magique. Non les richesses il n’y a pas d’autre solution que de les créer en produisant des marchandises qui se vendent et rapportent de l’argent.


                          • Tiberius Tiberius 27 novembre 2011 00:05

                            Oui mais vous ne pourrez pas bloquer les prix des matières premières tout comme celui de la plupart des consommations intermédiaires. Les entreprises françaises verront alors leur coût de production exploser et, ne pouvant pas répercuter cette hausse sur les prix, elles déposeront le bilan les unes à la suite des autres ou alors... elles délocaliseront.


                          • Fab Fab 27 novembre 2011 10:48

                            @Tiberius Il faut relativer cette histoire de planche à billets. Quand une banque fait un crédit le résultat sur la masse monétaire est à peu près le même que si c’était la BCE qui faisait ce crédit.
                            De plus il ne s’agit pas simplement de faire rembourser les dettes des états par la BCE, il faut aussi s’interroger sur les encours d’intérêts de ces dettes. Avec les chiffres 2010, la dette de la zone euro est de 8 000 milliards, le taux d’intérêt moyen à 10 ans est de 4,10%. Avec un calcul très à la louche, cela donne un montant d’intérêts à rembourser de 3 200 milliards, soit quasiment 2 fois le PIB de la France.
                            Quel a été le coût réel de ces emprunts supporté par les banques qui l’ont fourni ? ça reste à évaluer bien sûr, mais ce n’est plus que quelques centaines de milliards. On voit bien qu’en refusant de payer des intérêts spéculatif, la marge de manoeuvre financière dégagée par les pays se traduirait par une reprise de la croissance, surtout si les investissments sont ciblés sur la recherche, l’éducation et la transition énergétique, qui compenserait largement l’accroissement de la masse monétaire. Et donc les effets sur l’inflation seraient quasi-nuls.


                          • Tiberius Tiberius 27 novembre 2011 12:25

                            Oui, mais le résultat entre le crédit d’une banque et celui de la BCE serait le même seulement si la BCE réévaluait pareillement à la hausse ses taux d’intérêt pour tenir compte de l’accroissement de la masse monétaire ainsi suscitée. Seulement voilà, si la BCE augmente ses taux cela aura forcément des conséquences négatives sur la croissance ce qui irait à l’inverse du résultat escompté. La BCE, comme la BoE actuellement, n’aurait donc d’autre choix que de garder les taux inchangés et laisser ainsi filer l’inflation. Ce qui revient comme je le disais à faire payer les consommateurs pour le déficit de l’état. 

                            Et l’on peut même se demander s’il ne vaudrait pas mieux augmenter la TVA pour combler le déficit plutôt que de jouer sur une inflation qui, quant à elle, a de bonne chances de s’envoler bien plus haut que ce que l’état aurait prélevé en TVA. Et enfin pire que tout, depuis les années 70, plus aucun plan de relance financé de cette façon n’a jamais réussi à relancer la croissance nulle part dans le monde. Regardez le Japon ou encore la Grande Bretagne laquelle se prépare à un deuxième quantitative easing alors que le premier a été totalement sans effet sur la croissance mais que l’inflation quant à elle s’envole ! Au bout du compte les Britanniques payent en inflation des plans de relance parfaitement inutiles et voire destructeurs.

                            Franchement, sans verser dans le monétarisme primaire, je dirais qu’il ne me semble pas évident que les intérêts que nous payons sur notre dette soient réellement pires que les conséquences de tous ces jeux de dupes avec la monnaie.


                          • Proudhon Proudhon 27 novembre 2011 18:48

                            @tiberius

                            Vous parlez d’inflation. Expliquez-moi pourquoi l’inflation a été la plus haute après la loi Pompidou-Giscard sur la création de monnaie. 1973 - 9.2% - 1974 - 13.7% etc.. ; voir lien


                          • Tiberius Tiberius 27 novembre 2011 23:36

                            Si l’inflation était élevée dans les années 80, c’est parce que la banque de France n’était pas indépendante et que les gouvernements de l’époque l’incitaient à garder ses taux intentionnellement bas. La loi de 73 ne suffisait pas à elle seule pour nous protéger de ces jeux monétaires néfastes, il a fallu attendre la loi E. Alphandéry du 4 août 93 pour y parvenir ( le lien que vous avez fourni nous le montre clairement).


                          • bigglop bigglop 28 novembre 2011 02:40

                            Bonsoir Tiberius,

                            Les solutions existent mais sont à l’exact opposé de deux règles du Traité de Lisbonne :
                            « une concurrence libre et non faussée »
                            « la libre circulation des capitaux »

                            Une régulation drastique des institutions financières et de leurs produits au sein de l’Union et de la circulation des capitaux spéculatifs.

                            Décréter une moratoire sur la dette et les taux, mettre en place un audit sur la dette de chaque pays membre et déterminer la part de dette indue.

                            Séparer les activités bancaires en banque d’affaires, de détail et assurance sans recapitaliser les banques d’affaires pour les racheter pour 0 euro et créer une banque centrale citoyenne gérée par des associations de consommateurs, comités citoyens, les « experts » bancaires n’ayant qu’un rôle de conseil technique
                            (Frédéric Lordon.http://www.agoravox.tv/actualites/economie/article/faut-il-sauver-les-banques-et-a-32091

                            Mais tout ceci va à l’encontre des Etats-Unis, de la Chine, Japon, Russie, Inde qui détiennent une grande proportion de la dette des états européens, mais remettrait en cause la légitimité du dollar US comme monnaie d’échange et monnaie de réserve mondiale en provoquant une grave crise économique et financière.

                            Accessoirement, une 3ème guerre mondiale ?





                          • Fab Fab 30 novembre 2011 10:24

                            @Tiberius je réagis un peu tardivement à votre commentaire,désolé. Je ne vous suis pas sur ceci :

                            "Oui, mais le résultat entre le crédit d’une banque et celui de la BCE serait le même seulement si la BCE réévaluait pareillement à la hausse ses taux d’intérêt pour tenir compte de l’accroissement de la masse monétaire ainsi suscitée« 

                            Un crédit crée par la BCE ou une banque privée, ça a le même effet sur la masse monétaire. Ou plutôt, il est moindre pour la BCE qui n’a même pas besoin de se doter en réserve en euros en contrepartie du crédit.....

                            Mais tout ça c’est de la théorie. En pratique la BCE a déjà déboursé 200 milliards d’euros pour son »programme pour le marché de titres" dans le cadre duquel elle rachète, sur le marché secondaire, donc aux banques privées, leurs titres de dettes souveraines risquées. Titre qu’elle rachète à un prix dépassant largement leur valeur. La BCE vient de demander aux banques centrales des pays de la zone euros de la financer d’un nouveau jet de 200 milliards d’euros pour le même programme.

                            C’est très bientôt 400 milliards d’ qui auront été sortis par la BCE, soit près de 4% de la masse monétaire de l’euro. Vous avez vu de l’inflation vous ?

                            Par contre cet argent part directement dans les caisses des banques pendant qu’on demande aux citoyens de faire des efforts ....


                          • arnulf arnulf 26 novembre 2011 19:31

                            Donc il faut sortir du cadre comme le dit Mélenchon (Voir J. Généreux). CQFD.

                            Bonsoir


                            • Fab Fab 26 novembre 2011 22:12

                               :) et en mettre en place un qui marche !


                            • Lalita 26 novembre 2011 22:14

                              Bonsoir,

                              J’essaye depuis quelques mois de comprendre les débats sur la dette mais je pense ne pas avoir des connaissances suffisantes en économie pour cela.

                              Est ce que quelqu’un pourrait m’expliquer pourquoi on ne peut pas tout simplement sortir de l’euro retourner au franc et ne pas payer notre dette !

                              En quoi les conséquences seraient -elles pires que ce qui nous attend ?

                              C-a- d si j’ai bien suivi, un appauvrissement généralisé, des plans de rigueur et en réaction probablement la guerre... Qu’a t-on à perdre ?

                              Merci d’éclairer ma lanterne.


                              • tchoo 26 novembre 2011 22:23

                                C’est bien cette convergence des Etats américains, qui partagent le dollar USD, qui fait la crédibilité des obligations émises au niveau fédéral. A l’inverse, alors même que la crise actuelle fait apparaître au grand jour leurs divergences, les marchés se détournent des obligations souveraines des pays de la zone euro.

                                vous êtes sur que cela vient de la convergence des économies de chaque état ?
                                compte tenu du montant de la dette des USA , colossale, la crédibilité provient uniquement su statut particulier du dollar et de l’habileté des USA de détourner l’attention sur l’Europe et l’Euro, mais cela ne va pas durer....

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