Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Europe : en attendant la phase finale…

Europe : en attendant la phase finale…

Les subsides de 110 milliards d’Euros offertes à la Grèce ne lui permettront probablement pas d’honorer ses engagements sur le long terme car le montant a été calculé sur des présomptions (ou des spéculations ?) selon lesquelles ce pays sera en mesure de glaner des liquidités sur les marchés dès la fin 2011 ! Si les autorités Européennes estiment en effet avoir jugulé la crise de liquidités grecque, ils seront très prochainement pris de court par la crise financière qui va se répandre comme une tâche d’encre sur un papier buvard pour atteindre l’ensemble des nations d’Europe périphérique.

En fait, le Portugal et l’Espagne sont sur le point de basculer dans une zone de non retour, celle où les flux transfrontaliers de liquidités accuseront un déficit, celle en d’autres termes où les comptes vireront au rouge... Il est vrai qu’un pays (le Portugal) dont le déficit de la balance des paiements se monte à 10.3% du P.I.B. est terriblement sensible à tous flux sortants de capitaux. L’Allemagne, qui s’en tient hiératiquement et obstinément à la ligne selon laquelle ces pays devront rentrer en 2012 dans les limitations prévues par le Pacte de Stabilité, ne se rend-elle pas compte que, ce faisant, elle les étreint pour mieux les étouffer ? La spirale dans laquelle elle les précipite est ainsi tout à la fois inéluctable que prévisible car les mesures d’austérité qu’elle les force à adopter - licenciements, contraction économique et déflation - mèneront à ... une augmentation supplémentaire de leurs déficits !

Les seules et uniques mesures qui permettront à ces pays de renouer avec une croissance saine parce que durable étant celles qui favoriseront des gains en compétitivité sachant que l’introduction de l’Euro a eu, à ce titre, des effets dévastateurs sur un certain nombre de ces nations. Ainsi, la très faible croissance d’une nation comme le Portugal n’est-elle que la résultante d’une perte calamiteuse de la compétitivité d’un pays ayant perdu ses marchés à l’exportation (pays émergents et l’Europe de l’Est) friands de ses marchandises naguère vendues à bas prix. La progression des salaires nationaux ayant dû compenser l’augmentation du coût de la vie subséquent aux réajustements Européens avec, pour conséquence, une lente érosion des gains de productivité...

Pour y remédier, l’alternative classique à laquelle ont recouru nombre de pays ces dernières décennies consistant en une politique monétaire expansionniste (taux d’intérêts très bas) combinée à une dépréciation massive d’une devise nationale dopant les exportations, serait bien-sûr la solution idéale pour bien des nations dites du "PIIGS" aujourd’hui qui se retrouvent toutes dans un état de déficience de compétitivité quasi morbide... Autrement dit, au lieu d’encourager ces pays à se tirer d’affaire - non en les encourageant à sortir de l’Euro ou à étouffer leurs citoyens par une rigueur intenable - mais grâce à des gains en productivité via des investissements effectués à bon escient, l’Allemagne accélère l’avènement du stade final, à savoir une contamination déflationniste de l’ensemble de l’Union.

Les pays du PIIGS représentant plus du tiers du P.I.B. moyen de l’Europe, il serait en effet illusoire d’imaginer que des réductions substantielles de leurs dépenses et salaires resteraient sans impact sur leur demande agrégée avec, à la clé, une baisse massive subséquente de leurs importations réalisées pour le tiers au sein même de l’Union (avec un impact évident sur les exportations Allemandes). Dans un contexte Européen (dont le P.I.B. global dépasse 10’000 milliards d’Euros) où les économies nationales sont loin d’évoluer l’une par rapport à l’autre de manière harmonieuse ("convergente" diraient les Docteurs ès Europe), l’Euro agit à la manière d’un étalon or qui fige les cours des anciennes monnaies nationales ayant ainsi perdu toute faculté de dépréciation sans pour autant autoriser un quelconque mécanisme de remplacement permettant des transferts fiscaux salvateurs en période de forte crise. La BCE n’ayant par ailleurs nulle possibilité d’imprimer de la monnaie afin d’inonder de liquidités certains pays dans le besoin, les seuls restes dont peuvent bénéficier ceux des pays de l’Union en situation financière inextricable étant ... le défaut de paiement !

On le verra très prochainement : ces 110 milliards d’Euros consentis à la Grèce n’ont pas réglé les questions essentielles.
 

Moyenne des avis sur cet article :  4.84/5   (25 votes)




Réagissez à l'article

22 réactions à cet article    


  • stephanie stephanie 5 mai 2010 10:20

    Que tous les pays sortent de l’euro et de l’UE et puissent enfin demander de l’argent à leur Banque Centrale.

    Chaque pays a des besoins différents de ceux de l’Allemagne par exemple.
    L’UE est donc un système auto-bloquant comme dit François Asselineau puisque les besoins sont différents d’un pays à l’autre.

    Regardez ces vidéos et vous comprendrez qu’en aucun cas , ça ne peut marcher  !

    http://u-p-r.fr/?page_id=255


    • stephanie stephanie 5 mai 2010 11:39

      Erreur, je vous ai donné la vidéo N° 3, c’est la vidéo N° 2 qu’il faut voir :

      http://www.youtube.com/watch?v=QT9nOLBqQKo&feature=player_embedded


    • bonsens 5 mai 2010 11:36

      on se focalise en effet quasi exclusivement en europe sur les deficits publics , laissant completement de cote la question de l’équilibre de la balance courante , qui est pourtant fondamentale


      • fwed fwed 5 mai 2010 12:56

        Et quelques hommes blancs inventèrent la monnaie scripturale dématerialisée.
        Depuis ils arrivèrent à s’accaparer les fruits du travail de millions d’autres.


        • Il est leurre laquestion 5 mai 2010 13:31

          Pour ma part j’aurai une question à l’auteur :

          Comment se fait il que la ribambelle d’experts présents sur tant de médias aujourd’hui tirent la sonnette d’alarme une fois que l’incendie ait tout consumé ?

          Ou si vous préférez :

          Dans le domaine des experts financiers et autres spécialistes de la finance, n’êtes-vous capable que de donner les numéros gagnants le lendemain du tirage ?

          Merci pour votre réponse.


          • Michel Santi Michel Santi 5 mai 2010 15:17

            La Grèce ... j’ai commencé à en parler il y a 18 mois dans mes notes...mais quel est le haut dirigeant économique de notre pays qui lit Agoravox ??


          • darius 6 mai 2010 08:51

            Il y a eu des politique anti maastricht, on ne les a pas ecouté, comme on ecoute pas les gens comme allegre, car l euro c ’est comme le co2 , ca a des modes et ne pas en etre vous fait passer pour un ringuard, jusqu’a ce que on se rende compte que vous aviez raison


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 5 mai 2010 14:45
            Le tropisme nationaliste ne peut reculer que lorsque les états ne peuvent faire autrement que de s’entendre pour éviter le risque d’un effondrement général ou après une catastrophe telle qu’elle ne leur lasse aucun autre choix pour éviter sa répétition (« plus jamais ça ! »).

            Ce qui se passe est donc nécessaire pour avancer, car, comme le savait Hegel (ou Hobbes), il faut faire l’expérience du négatif (le risque de la mort) pour poser les conditions du positif (le progrès dans l’interdépendance pacifique). La dernière guerre est trop loin derrière nous, pour ne pas laisser place à la catastrophe imminente pour vouloir avancer. 

            Cela ne peut étonner ou inciter au pessimisme radical que ceux qui n’ont pas le sens de la dialectique historique et qui se contente de penser l’histoire en termes idéalistes et moralistes, ce qui peut être nécessaire mais jamais suffisant.


            • Le chien qui danse 5 mai 2010 15:29

              Hum, je vous suis mais quid de ceux qui font les frais « des pirouettes de l’histoires » du négatif au positif et vice et versa.
              Position trop philosophique et il est facile de philosopher sur la marche du monde quand on a l’estomac plein, de plus on sait qu’on a de l’avenir vu que la vie n’est qu’un éternel recommencement...

              Depuis 1789, 200 ans d’histoire social/économique moribonde pour 30 années glorieuses récupérées à la hâte après une déflagration mortifère de 5 ans. Voilà la dialectique historique du retour à l’esclavage que l’on nous sert comme étant le seul avenir possible,
              en attendant la renaissance vers un âge d’or, les cycles de la vie quoi...


            • liberta 5 mai 2010 17:06

              Ca y est l’incendie est allumé et malgré les affirmations apaisantes de C.Lagarde, il est évident que lEurope aura sa descente aux enfers

              Le prochain sera l’Espagne, suivi des autres et ça risque d’aller très vite
              Les bourses européennes chute gravement, l’euro descend de jour en jour
              Il y a 3 morts en Grèce et ce n’est sans doute que le début

              Les symboles d’états et les banques sont visés par les manifestant et ce qui se passe en Grèce aujourd’hui sera chez nous demain

              J’invite ceux qui ont des économies à la banque à les retirer avant que ne soient bloqués ou restreints leur retraits, comme c’est déjà le cas à la Société Générale

              Comment peut on penser que l’embrasement peut être seulement en Grèce ?

              Tant que les états devront emprunter sur les marchés financiers et que les Banques Centrales ne pourront prêter à leur état, nous ne sortirons pas de cette spirale




















              • darius 6 mai 2010 08:53

                De ’l euro chez soi ou a la banque c’est pareil, si vous avez la trouille (ce qui est normal) achetez de l ’or, de l’argent, du dollar ou du franc suisse, ca sera plus malin.
                Les banques ne sauterons pas mais si elles ont des problemes, on imprimera de l euro en quantité suffisante, seulement l ’euro ne vaudra plus grand chose.


              • dup 5 mai 2010 19:11

                qu’elle crève cette europe de merde , qui s’essuie avec les referendums , mais met en esclavage de vieilles nations millenaires pour satisfaire les ambitions et le lucre de fonctionnaires inconpétants et corrompus . Quand la bête sera morte : champagne pour tout
                le monde


                • darius 6 mai 2010 09:04

                  Montant de la retraite des fonctionnaires europeens ?
                  vous comprendrez pourquoi ces gens s’accrochent a l euro car sinon plus de bonne soupe.


                • François M. 5 mai 2010 20:06

                  Chez nous, au Canada et au Québec, nous allons être les hôtes des prochains sommets du G8/G20, cette bande de connards qui nous gèrent :

                  Le cirque du G8/G20 sera en ville, avec toute la cavalerie

                  • Céphale Céphale 5 mai 2010 20:10

                    Merci, Michel Santi, pour cet exposé qui va à l’essentiel, et merci de ne pas faire de prévisions hasardeuses dans cette période de grande instabilité. Vous vous demandez si des économistes proches du pouvoir lisent vos billets. Si c’est le cas, je crois qu’ils ne peuvent pas vous comprendre parce qu’ils vivent dans une petite société fermée qui s’auto-intoxique. D’ailleurs votre analyse est partagée par d’autres économistes qui ne sont pas en odeur de sainteté. Je pense par exemple à Jacques Sapir.


                    • Le péripate Le péripate 5 mai 2010 21:00

                      Déjà de nombreuses sociétés ont trouvé la solution au cancer étatique : l’économie noire. Hernando De Soto a montré que les richesses des nations émergentes sont très généralement sous-estimées, car dissimulées.

                      La Grèce était déjà dans ce cas : j’ai entendu 29%....

                      Avec quand même un gros problème : économie d’état ou économie noire, aucune des deux ne connait le droit et la justice.

                      C’est qui est quand même censé être la légitimité de l’État.


                      • Maldoror Maldoror 5 mai 2010 22:07

                        «  »Les USA sont encore en mesure de la modeler la crise à leur convenance afin de conduire une guerre financière secrète contre les protectorats européens, délibérément fragilisés."

                        Michel Drac, « Crise ou Coup d’Etat ? ». Le retour aux sources. Janvier

                        2009.

                        http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/michel-drac-crise-economique-ou-26142


                        • zadig 6 mai 2010 07:37

                          a l’auteur,

                          Un des gros problèmes de l’Europe est l’évasion fiscale.
                          Ce problème à un niveau variable selon le pays concerné, 
                          fort dans les pays du « club » plus réduit chez les clients du « club », pays nordiques etc. ;;

                          En Suisse, les banques sont là, à l’affut pour attirer toute cette masse d’argent.
                          Et d’ailleurs ces mêmes banques et toute une faune sont prêets au nom de la
                          « liberté » à encourager et à aider ces réfugiés.

                          Pour réduire de façon drastique ces « combines » un remède :

                          La déclaration automatique des mouvements de fonds.

                          L’OCDE y travaille. Mais j’imagine que les freins doivent venir de partout.

                          U


                          • SAMABIAD11 6 mai 2010 08:39

                            à l’attention de l’auteur :
                            c’est surprenant que votre exposé ait omis un point central dans le défaut conceptuel du montage du système monétaire européen, à savoir que contrairement au système USA dans lequel les politiques monétaires et budgétaires sont gérées & pilotées par les mêmes autorités publiques nationales, le mandat de la BCE lui confie exclusivement la gestion de la politique monétaire (euro) qui est DECOUPLEE de son pendant budgétaire. Ce dernier reste exclusivement du domaine souverain national, avec en sous-entendu que les critères du Pacte de Stabilité font office de substitution via une pseudo coordination harmonieuse des 27 politiques budgétaires nationales. Or lesdits critères ont été rarement observés et même certains pays donneurs de leçons les ont carrément violés depuis plusieurs années en repoussant le retour du ratio déficit public/PIB à toujours plus tard.De toutes façons tant que les politiques budgétaires ne sont pas unifiées et remises entre UNE SEULE MAIN pan-européenne, la gestion de l’euro restera toujours bancale


                            • pmxr pmxr 6 mai 2010 18:39

                              Résultante de la seconde guerre mondiale ... en 1929 les americains ont subit une grave dépression ... en 1938 l’Allemagne subissait une grave inflation ... (résumé ... en gros les ricains ont peur du froid ... et les allemands du chaud) !Deux visions paradoxalement diférentes de l’économie  ! réalisme et dogmatisme s’affrontent ! JC.TRICHET suivait la poltique économique allemande en 1989 (j’étais sur le mur de Berlin en ce temps ) en 1990 tous les magasins de bricolage etaient vides en (RFA) ... mais pas en France ... j’ignore si M.TRICHET y faisait ses courses !


                              • BA 9 mai 2010 00:45

                                La zone euro traverse une « crise systémique », selon Nicolas Sarkozy.

                                Eviter l’effet domino. Le président français Nicolas Sarkozy a estimé vendredi que la zone euro traversait une « crise systémique » et que cela nécessitait une « mobilisation générale » à l’issue d’un sommet des dirigeants de la zone euro à Bruxelles.

                                « Cette crise est systémique, la réponse doit être systémique », a estimé Nicolas Sarkozy à l’issue d’un sommet consacré intialement à la crise grecque mais qui s’est transformé en conclave pour défendre toute la zone euro contre les attaques des marchés.

                                « Nous sommes maintenant dans des mécanismes communautaires, c’est toute la zone euro qui a décidé de se défendre » et il s’agit donc « d’une mobilisation absolument générale », a déclaré le président français.

                                Selon lui, « il faut doter la zone euro d’une véritable gouvernance économique ». Car « la zone euro traverse sans doute la crise la plus grave depuis sa création » et « désormais les spéculateurs doivent savoir qu’ils en seront pour leurs frais », a-t-il ajouté.

                                Auparavant, les dirigeants ont annoncé la mise en place prochaine d’« un mécanisme de stabilisation », un fonds pour aider leurs pays qui seraient confrontés à des difficultés financières et validé le plan d’aide à la Grèce.

                                http://www.20minutes.fr/article/403231/Economie-La-zone-euro-traverse-une-crise-systemique-selon-Nicolas-Sarkozy.php

                                Il y a donc deux questions qui se posent :

                                1- Première question : avec quel argent les pays européens vont-ils créer ce fonds ?

                                Avec quel argent ?

                                Est-ce que chaque Etat européen va devoir verser plusieurs milliards d’euros pour abonder ce fonds ?

                                2- Seconde question : est-ce que la Banque Centrale Européenne va faire tourner la planche à billets à plein régime ?

                                Concrètement : est-ce que la Banque Centrale Européenne va faire tourner la planche à billets pour acheter les dettes souveraines des Etats européens ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès