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Europe, ton sucre fout le camp !

La culture de la betterave sucrière et la production du sucre a longtemps été une production agricole importante et ceux qui pasaient en voiture à l’automne sur les routes de la Picardie ou des grandes plaines du Nord de la France se souviennent des norias de tracteurs et des routes boueuses que l’on pouvait rencontrer à cette époque aux alentours des sucreries. Longtemps l’Europe et la France ont réussi à conserver les protections et subventions qui permettaient à cette industrie de faire face à la concurrence du sucre de cannes à sucre en provenance d’Amérique latine. Et puis les négociations à l’OMC ont forcé nos gouvernements à supprimer les subventions et barrières qui protégaient agriculteurs et industrie sucrière.La canne à sucre offre l’avantage sur la betterave de ne se replanter que tous les 6 ans,d’être exploitable 200 jours par an contre 100 à la betterave et d’avoir un sous produit, la bagasse, exploitable pour fabriquer de l’electricité.

Est venu se superposer à la production de sucre celle d’éthanol pour inclusion dans les supercarburants dont les deux plus grands producteurs au monde sont les Etats Unis, à partir de maïs, et le Brésil, à partir de la canne à sucre. De sorte que le paysage de l’industrie sucrière et de l’Ethanol a complètement changé et s’est déplacé géographiquement vers ces deux pays.

C’est ainsi que la société de négoce de produits agricoles Louis Dreyfus vient de reprendre les actifs sucriers de la famille Tavares e Melo au Brésil, et se retrouve à la tête de 5 usines de sucre et d’éthanol dans le Nord Ouest et le Centre Ouest du Brésil pour devenir le numero deux de ce secteur. Il est prévu que la capacité de transformation de la canne à sucre passe ainsi à 18.5 millions de tonnes d’içi 2009.

Le Numero 1 du sucre en France,Téreos, issu de la fusion de Beghin-Say et de la coopérative Union SDA,s’est lui aussi implanté au Brésil où il exploite aujourd’hui 200 000 hectares et trois usines à partir desquels il produit 800 000 tonnes de sucre et 1.5 millions d’hectolitres de bioéthanol avec une excellente rentabilité financière. La aussi l’ambition est d’arriver à traiter 18 à 20 millions de tonnes de cannes à sucre d’içi 2010.

C’est ainsi également que le britannique Tate and Lyle , spécialisée dans l’amidon et la production d’alcool alimentaire (800 000 Hectos) et producteur en puissance de bioéthanol, a décidé au contraire de céder son activité sucrière popur se concentrer sur d’autres intérets, en particulier aux Etats Unis.

C’est ainsi que l’Union Européenne a décidé de réduire la production européenne de sucre de 12 pct soit 2 millions de tonnes en moins pour contrer les risques de surproduction.En même temps et dans la même tendance,Saint Louis Sucre a décidé de fermer son usine de raffinage de sucre de Marseille.

GW Bush,par ailleurs, en visite en Amérique latine et au Brésil, veut renforcer la coopération avec le Brésil pour accroitre la production d’éthanol dans le pays avec la vision politique « qu’il vaut mieux importer de l’ethanol du Brésil ami que du pétrole du Venézuela de Chavez ».La moitié des exportations d’éthanol du Brésil vont d’ores et déjà vers les Etats Unis et il est prévu de créer un marché du Bioéthanol au Brésil.

En France, il est prévu que nos producteurs de betteraves et leurs coopératives se lançent dans l’agrandissement de l’usine d’Origny Ste Benoite dans l’Aisne pour produire 3 millions d’hectolitres d’Ethanol. Au total comme vous le voyez, tout bouge dans le monde du sucre et de son dérivé l’éthanol.

A suivre


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6 réactions à cet article    


  • (---.---.109.12) 21 mars 2007 14:21

    Plus ça va, plus je me dis que ce prétrole qui nous donne la liberté de mouvement et de concurrence est une plaie pour l’humanité. Il est temps que les puits de pétrole s’épuisent !


    • Nicolas (---.---.32.157) 21 mars 2007 17:23

      « C’est ainsi que l’Union Européenne a décidé de réduire la production européenne de sucre de 12 pct soit 2 millions de tonnes en moins pour contrer les risques de surproduction.En même temps et dans la même tendance,Saint Louis Sucre a décidé de fermer son usine de raffinage de sucre de Marseille. »

      Je pense qu’il faut voir là le résultat de la politique économique de l’UE qui ne veut plus que les pays producteurs européens subventionnent le sucre à l’exportation à hauteur de plusieurs milliards d’€ par an (pour la France c’est le cas). Il faut donc convertir cette activité vers autre chose, affaire délicate surtout si, au dire des sucriers, la filière sucre en France emploierait 100.000 personnes. Ca fait du monde ! Comment cela se fera ? On n’en parle pas beaucoup en ce moment.

      Si vous avez des infos sur l’économie de cette industrie en France, je vous remercie de me donner un fil ou deux. Pour ma part je n’ai rien trouvé, à part une émission de radio il y a un an à peu près.

      L’Europe, comme pour nombre d’activités, hélas, est trop chère face au marché mondial. Le dilemme : faut-il continuer à subventionner (donc puiser sur les impôts, augmenter les dépenses, faire davantage de dettes) afin de garder des emplois, ou tenter de convertir les activités trop coûteuses ? Mais comment ? Et pourquoi n’en parle-t-on pas ?


      • Nico (---.---.255.103) 21 mars 2007 18:03

        et pas que pour les dents d’ailleurs... obésité et multiples maladies sont causées par notre consommation importante de sucre (sucres visibles + sucres cachés, dans les aliments déjà cuisinés par exemple).

        par ailleurs, si on était sérieux, on ne consommerait que du sucre intégral (ou brut, ou encore « roux non rafiné » (à différencier du roux, innocent mais potentiellement aussi nocif que le blanc), qui ne déminéralise pas les dents, et limite l’impact sur la santé (limite seulement). de nombreux sites vous en diront plus sur ceci.

        en passant, mentionons que les édulcorants en tout genre sont encore pire que le sucre blanc, pour de nombreuses raisons... (je vous laisse voir les par vous même les détails sur le net)

        alors il serait grand temps que l’on limite la production de sucre (alimentaire) non ??

        à plus


        • Martine (---.---.32.238) 21 mars 2007 20:11

          Et faites pousser de la Stévia (« Stevia rebaudiana Bertoni »), ca fera les pieds à l’industrie agro-alimentaire et ca vous fera pas mal aux dents...

           smiley


          • eugène wermelinger eugène wermelinger 22 mars 2007 11:04

            En conclusion : les sucriers vont pouvoir continuer à se ... sucrer, et avec la bénédiction des mêmes qui continueront à alimenter les mêmes pompes à essence !


            • Internaute (---.---.250.234) 22 mars 2007 11:51

              Il y a trois problèmes liés mais qu’il faut séparer.

              Le premier est la concurrence déloyale que fait peser sur nos paysans betteraviers l’Union Européenne en se pliant aux règles de l’OMC. Celle-ci se résoud par un système de taxes à l’importation qui élimine cette nuisance. Il est inacceptable, à l’époque de la démocratie et des droits de l’homme, qu’un employé français se retrouve au chômage parcequ’on importe les marchandises qu’il fabriquait.

              Le deuxième problème est la surproduction de la betterave en France. Je suis de ceux qui pensent qu’un marché de 65 millions de personnes qui mangent trois fois pas jour est suffisant pour faire vivre nos agriculteurs. L’action politique doit réorganiser ce marché en interne pour le rendre viable. Il faut arrêter cette course à la surproduction et taxer fortement tout dépassement des capacités d’absorption du marché, à quelques accords prés de coopération avec nos voisins européens. Cette lutte contre la surproduction n’a jamais été menée dans aucun domaines. En prenant l’exemple de la sidérurgie, cela nous a conduit à rechercher des marchés à l’export et pour finir tout perdre parce qu’un employé européen ne sera jamais compétitif avec un quasi esclave du tiers-monde.

              Le troisième problème, qui n’en n’est pas un, est l’installation des compagnie françaises à l’étranger. Qu’elles se mettent à fabriquer à bas coûts pour être compétitive sur les marchés du tiers-monde est tout à fait normal et ne devrait pas avoir d’impact sur l’activité en France. Qu’elles fassent faillite ou fortune ne nous intéresse pas. Qu’elles en profitent pour ré-importer en France est une question traitée au premier point.

              L’agriculture française n’a pas besoin d’être aidée. Elle a seulement besoin qu’on la laisse travailler et elle s’adaptera toute seule au marché.

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