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Faut-il augmenter le taux du livret A : l’avis de Keynes ?

John Maynard Keynes (1883-1946), le père de l'économie moderne et plus précisément de la macroéconomie, qui a consacré toute sa vie de travail aux thèmes de l'emploi, de l'intérêt, de la monnaie… et bien sûr de l'épargne, disait, en parlant de l'économie anglaise de 1931 :

"Toutes les fois que vous économisez 5 shillings, vous privez un homme de travail pendant une journée. En épargnant ces 5 shillings, vous contribuez au chômage à raison d'un homme par jour, et ainsi de suite dans cette proportion. Par contre, toutes les fois que vous achetez des marchandises vous contribuez à multiplier les emplois offerts aux travailleurs, avec cette réserve que les marchandises achetées doivent être britanniques et fabriquées ici si vous tenez à améliorer la situation dans ce pays. Tout compte fait, ce n'est rien là que le bon sens le plus élémentaire.
 
En effet, si vous achetez des marchandises, il faut bien que quelqu'un les produise. Et si vous n'en achetez pas, les détaillants ne pourront venir à bout de leurs stocks, ils ne renouvelleront pas leurs commandes, et quelqu'un d'autre perdra son travail.
 
Or donc, vous, [...] plein de patriotisme, élancez-vous dans les rues demain dès la première heure et rendez-vous à ces mirifiques soldes que la publicité nous vante partout. Vous ferez de bonnes affaires [...]. [...]. Et offrez-vous, par-dessus le marché, la joie de donner plus de travail à vos compatriotes, d'ajouter à la richesse du pays en remettant en marche des activités utiles, et de donner une chance et un espoir au Lancashire, au Yorkshire et à Belfast. [...].
 
Car ce qu'il nous faut maintenant, c'est non pas nous serrer la ceinture, mais nous mettre en humeur de ranimer expansion et activité ; ce qu'il nous faut, c'est agir, acheter des choses, créer des choses. Tout cela est le bon sens le plus évident assurément. En effet, prenons le cas limite. Supposez que nous allions économiser la totalité de nos revenus [...]. Et bien, tout le monde serait au chômage. Et avant longtemps nous n'aurions plus rien à dépenser. Personne ne serait plus riche d'un sou et, pour finir, il ne nous resterait plus qu'à mourir de faim [...]. [...].
 
Retenez ensuite que le mal est à l'échelle de la planète (nous étions en 1931 (note de A. Fay)) et que nous ne pouvons le guérir par nos propres moyens et, en troisième lieu, que nous pouvons quand même faire quelque chose indépendamment des autres pays et que ce quelque chose doit se traduire par de l'activité, des dépenses et le lancement de grandes entreprises (celles de demain, c'est-à-dire celles d'une économie sociale, écologique et concurrentielle (note de A. Fay))."
 
Mesdames et messieurs les prétendants au trône de France, en mai 2012, prenez de la graine chez cet Anglais… que beaucoup d'entre vous, beaux parleurs et forts en promesses plutôt que connaisseurs de quelques notions d'économie de base, n'ont jamais lu la moindre de ses lignes. A part, François Hollande durant ses longues études d'économie…
 
Quant à l'indexation du livret A sur l'indice des prix à la consommation, Keynes aurait certainement préconisé qu'on limite l'indexation de l'épargne réglementée à la seule et unique épargne populaire. Celle des classes vraiment, vraiment populaires… pas plus !
 
 
N.B : en novembre 2011, il y a donc à peine 3 mois, la Banque de France recensait 549,478 milliards d'euros en comptes sur livrets, tous livrets confondus. Ce montant, gigantesque, aurait forcément posé question à Keynes… qui aurait tout fait pour qu'il aille à la consommation, non aux bas de laine.
par Aimé FAY samedi 14 janvier 2012 - 18 réactions
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  • Par kiouty (xxx.xxx.xxx.249) 14 janvier 10:17

    Article nul et hypocrite.

    Bien sur que l’épargne est contraire à la redistribution. En effet.

    Mais ce n’est pas les petits épargnants qui ont un malheureux livret A qu’il faut taper, dans ce contexte, c’est les paradis fiscaux qui engloutissent des centaines de milliards dans des trous noirs, c’est les taux d’intérêt des crédits immobiliers et à la consommation, c’est la thésaurisation des riches investisseurs, des fonds souverains. La masse monétaire immobilisée par ces biais est tout simplement colossale par rapport à la somme immobilisée sur les livrets A.

    C’est ridicule. Le jour ou on aura résolu les problèmes que j’ai cités et bien d’autres, on pourra s’occuper des petits épargnants, éventuellement. Mais stigmatiser les possesseurs de livret A en en faisant la cause du chômage, c’est évidemment une diversion.

  • Par Jason (xxx.xxx.xxx.190) 14 janvier 11:33
    Jason

    Il ne faut pas présenter le livret A comme renfermant des sommes dormantes. Il sert à financer des projets et des prês à l’échelle nationale.

    Wikipedia : "Depuis de nombreuses années, ces fonds étaient donc collectés par les réseaux distributeurs et centralisés à la Caisse des dépôts et consignations, au sein d’une Direction appelée Fonds d’épargne, indépendante comptablement. Cette distinction permet de ne pas « mélanger » l’argent de la Caisse des Dépôts issue de ses activités propres10 et celle de ses mandats (dont le livret A).

    Cette centralisation fait l’objet d’une commission versée par la Caisse des dépôts aux réseaux collecteurs.

    La Caisse des dépôts utilise ensuite ces fonds pour financer des missions d’intérêt général, et particulièrement le logement social (HLM).

    Ce mécanisme reste toujours d’actualité malgré la profonde révision de ses modalités, instituée par la loi de Modernisation de l’Économie du gouvernement Fillon en 2008."

    Votre article est donc extrêmement biaisé.

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