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Accueil du site > Actualités > Economie > Faut-il tuer l’emploi au nom de l’abêtissement collectif (...)

Faut-il tuer l’emploi au nom de l’abêtissement collectif ?

La DGCCRF enquête sur la « loyauté » des comparateurs de prix sur Internet. Une opération au mieux inapropriée, au pire dangereuse.

Les comparateurs de prix sur Internet, et plus précisément kelkoo.fr, acheter-moins-cher.com, pricerunner.com, buycentral.com, leguide.com et monsieurprix.com, seraient actuellement dans le collimateur de la DGCCRF. Le motif : ils sont rémunérés par les sites marchands qui y sont référencés.

Ma première réaction est de dire qu’un comparateur de prix n’a pas vocation à être exhaustif. A plus forte raison si l’on considère qu’au-delà du e-commerce, tout marchand online a une concurrence avérée : le magasin de proximité, pas forcément connecté sur le Net.

Seconde réaction : autant la rémunération de ces comparateurs par les marchands est une évidence, autant la décision finale d’acheter ou non, et à tel endroit plutôt qu’un autre, n’appartient qu’à une seule personne : le consommateur.

Avant d’acheter, que ce soit d’ailleurs sur Internet ou non, le consommateur dispose librement de la possibilité de comparer, et de rechercher autant qu’il le souhaite l’offre qui lui conviendra le mieux. Autrement dit, si vous êtes acheteur compulsif, ou si - pour quelque raison que ce soit - vous vous apercevez après l’achat que vous avez payé votre commande plus cher que vous l’auriez pu, à qui la faute ?

A une heure où le chômage est la première préoccupation des Français, est-il bien raisonnable de mettre un bâton de plus dans les roues des entreprises ? Et est-il bien respectueux, à l’égard du consommateur, de le surprotéger au point de l’inciter à ne plus réfléchir ?

Derrière ces comparateurs il y aussi des emplois : rien que chez kelkoo.fr ce sont 180 personnes qui travaillent (source : societe.com). Est-ce que l’on doit mettre ces emplois en danger sous prétexte que l’on veut faire du consommateur un acteur du commerce totalement assisté ?

Et puis, d’autres questions se posent : le prix est-il le seul argument décisif pour l’achat ? Bien sûr que non. Beaucoup préféreront par exemple payer un peu plus cher mais avoir la faculté de régler en 3 fois sans frais.

Alors oui, on le sait, les comparateurs de prix sont rémunérés par les sites marchands qu’ils référencent. Le principe de cette rémunération est une commission sur les ventes réalisées. Où est le mal ? Cette formule crée et/ou maintient des emplois, tant chez le marchand que chez le comparateur. 

Que va demander la DGCCRF ?

Obliger les comparateurs à référencer tous les marchands en ligne qui se présentent, même sans rémunération ? Dans ce cas, pourquoi les autres marchands devraient-ils continuer à payer une commission ? Et à l’inverse, quid des marchands non connectés ?

Qu’une clarification soit effectuée ? Si je m’en réfère à mon expérience passée de commerçant en ligne (200 commandes / jour, 4 M€ de C.A. annuel), plus de 90% des consommateurs ne lisent ni les conditions générales de vente, ni les informations relatives aux délais de livraison (ni même aux frais de port d’ailleurs), ni plus généralement les infos légales et assimilées.

Interdire tout simplement les comparateurs de prix ? Alors si le chômage remonte, il ne faudra pas venir se plaindre.

Quelle que soit l’issue de cette enquête, il est à regretter que le consommateur soit traité comme un acteur incapable de décider par lui-même ; en voulant le défendre, on fait de lui un personnage irresponsable et irréfléchi. Ce n’est ni sérieux ni respectueux.


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28 réactions à cet article    


  • Gabriel Maurisson 28 août 2006 11:57

    Attention tout de même, il ne faut caricaturer l’action de la DGCCRF. Cette dernière enquête principalement sur la rémunération donnée par des sites pour être situé dans les premières places d’un comparateur alors même qu’ils sont plus chers. Cette pratique même si elle n’est pas une nouveauté (il y aurait bcp à dire sur les sois disant test technique et coup de coeur de la fnac) est un mensonge au consommateur qui devrait au moins être averti de telles pratiques


    • Eric (---.---.210.187) 28 août 2006 12:03

      L’emploi n’a rien à vor avec ça. Soit on juge l’activité de ces comparateurs légitime (et dans ce cas là rien à dire), soit on juge qu’ils sont trompeurs. L’emploi n’est pas dans la balance et je ne veux pas supporter une arnaque sous prétexte que des gens y travaillent.

      L’emploi est encore moins dans la balance parce que la DGCCRF n’a certainement rien contre les comparateurs eux même, simplement contre la forme ou la présence de biais trop importants qui fausseraient le jeu et tromperaient le consommateur. Faire un chantage à l’emploi c’est sous entendre que l’activité en question ne peut pas fonctionner honnetement vis à vis du consomateur. Désolé je n’y crois pas.

      Demander à ce que les comparaisons soient honnetes et non faussées ? que si le référencement se fait par l’argent ce soit indiqué ... en quoi est-ce contre l’emploi ?


      • Jean Lançon Jean Lançon 28 août 2006 12:18

        Merci pour vos commentaires.

        Néanmoins, je crois qu’il ne faut pas perdre de vue qu’un comparateur de prix n’est pas une finalité en soi. Ce n’est ni une parole d’évangile ni un annuaire exhaustif. Ne pas tomber non plus dans le piège : « c’est forcément vrai, je l’ai lu sur internet »...

        Il apparaît très clair que les comparateurs affichent les offres des magasins qu’ils ont référencés, et uniquement de ceux-là.

        Si je veux acheter ma voiture via un mandataire, si les marges arrière qu’il obtient de la marque XX sont plus élevés que les autres, il va tenter de m’orienter vers la marque XX, même si je voulais une YY. A moi de comparer son offre avec la concurrence, et idéalement d’espérer trouver ailleurs de meilleures conditions sur une YY.

        Bref, j’ai le sentiment que l’action de la DGCCRF (issue d’ailleurs d’une enquête faite récemment par une association de consommateurs) tend à faire porter sur le dos des marchands - ou plus précisément, dans le cas présent, de leurs partenaires commerciaux - la responsabilité des achats compulsifs que de nombreuses personnes effectuent.

        Ou alors, on étend le principe à tout le commerce : quand un magasin Auchan ou Carrefour estampille un produit « 1er prix », les attaquer aussi si un produit équivalent est moins cher chez Lidl ou Aldi...

        Dans les deux cas, la notion de prix les plus bas est pourtant la même, c’est-à-dire relative, et basée uniquement sur ce qui est « en rayon » (virtuel dans le cas du comparateur).

        Donc ne faisons pas deux poids, deux mesures. Et surtout, quand nous achetons, faisons-le avec suffisamment de sens des responsabilités. Acheter le moins cher, en 2 clics et moins de 2 minutes, dans une liste, sans même souvent regarder si l’article correspond à nos attentes et quelles sont les conditions de vente (délais, garantie etc.), désolé la responsabilité n’est imputable ni au marchand ni à ses partenaires commerciaux.

        Amicalement JL


        • (---.---.162.15) 28 août 2006 18:13

          Excusez-moi, mais vous n’avez pas répondu à la remarque de Gabriel Maurisson :

            Le DGCCRF enquête principalement sur la rémunération donnée par des sites pour être situé dans les premières places d’un comparateur alors même qu’ils sont plus chers.

          Moi, je trouve que ça trompe le consommateur et que la DGCCRF a raison d’agir contre un tel procédé. Et vous, qu’en pensez-vous ?

          Am


        • Eric (---.---.238.50) 28 août 2006 21:37

          Un article paru dans 01net donne un exemple de couleur, avec une comparaison entre kelkoo et shopping.com. Dans les deux seuls les partenaires sont indiqués, suivant un ordre et une mise en évidence dépendant des partenariats. Sauf que dans le premier l’info est suffisament planquée pour tromper le visiteur, dans l’autre il y a un lien clair sur la page même qui explique tout.

          Aucun des deux n’est exhaustif (comment pourrait-on l’être de toute façons ?), il n’y a pas de différence de modèle économique non plus. L’information peut paraitre biaisée, mais au moins les conditions sont claire. La différence est ici uniquement dans la transparence.

          Est-ce que vraiment avoir des sites transparents sur les conditions et l’information auquel accède le client est négatif ?

          D’ailleurs en réalité la question n’est pas là .. la loi existe déjà. Si la DGCCRF s’en mèle, c’est qu’elle pense qu’il y a infraction à la base. J’espère que personne ici ne milite pour favoriser les infractions ?

          Ceci dit c’est juste une enquête, elle peut aussi se finir par un « tout est en règle monsieur ».


        • Gabriel Maurisson 28 août 2006 12:26

          Cependant, il ne s’agit pas forcement d’un manque de réflexion. J’ai souvent donné des leçons d’informatique à des personnages agées et elles ont du mal à saisir les dangers du comparateur de prix. Je pense que pour des publics non avertis au nouvelle technologie, il est nécessaire de réguler ou au moins d’informer les gens.


          • Forest Ent Forest Ent 28 août 2006 12:26

            Pas d’accord.

            D’abord, la DGCCRF a le droit d’enquêter sur ce qu’elle veut, et il y a ici un procès d’intention sur ses conclusions.

            Ensuite, ce n’est pas parce qu’un acheteur est libre de ne pas acheter qu’un contrat est légal. Notre droit fourmille de protections du vendeur et de l’acheteur souvent justifiées par des errements passés.

            Par exemple, l’achat après démarchage à domicile (situation un peu comparable) est librement rétractable pendant 15 jours. Une offre de prêt immobilier ne peut pas être acceptée pendant 15 jours. Etc ...

            Laissons donc enquêter ...


            • Jean Lançon Jean Lançon 28 août 2006 12:37

              Ce n’est parce qu’un acheteur a la liberté de ne pas acheter, que le contrat est légal... ou illégal ! C’est valable dans les deux sens.

              Ici il n’y a pas de vente par prospection à domicile. La vente par Internet a ses règles, elles sont dans le Code de la Consommation (vente à distance). Le délai de rétractation est de 7 jours. Ce qui d’ailleurs veut dire que l’acheteur a encore un délai de 7 jours pour vérifier s’il a ou non payé trop cher...

              Comme vous dites, laissons enquêter... comme si ce genre d’actions n’étaient en général pas délibérément ciblées.


            • Rocou (---.---.239.249) 28 août 2006 13:45

              Excellent article.

              Il est d’ailleurs croustillant de constater que la DGCCRF agit suite aux plaintes des lignes de magasins D...Y (le « contrat de confiance) et B.......R (qui ne fabrique pas de pain) qui sont les premiers à s’asseoir sur la législation concernant les »7 jours de réflexion". Le premier vous imposera un avoir valable un an et le second un avoir valable trois mois. Mais de remboursement point. Sauf si le ton monte auquel cas, vous serez remboursé par chèque après un délai de 15 à 20 jours...


            • JC BENARD (---.---.92.11) 28 août 2006 12:36

              Où voyez vous une liaison entre emploi et comparateurs ? Vous n’ignorez certainement pas qu’une partie des comparateurs sont des faux comparateurs !!!

              Doit on pour celà laisser n’importe quel « argousin » sévir sur le Net sans la moindre surveillance ?

              Il semblerait que vous soyez consultant en commerce électronique et stratégie marketing online. Il semble en ce cas que vous plaidez pour votre chapelle ce qui explique votre plaidoyer.


              • Jean Lançon Jean Lançon 28 août 2006 12:44

                La seule chapelle pour laquelle je plaide, c’est celle du bon sens. Qu’appelez-vous « faux comparateurs » (ou « argousins », selon l’humeur) ?

                Je serais aussi curieux de savoir quelle utilisation vous faites des comparateurs de prix... pour ma part je fais une recherche, je compare en détail, ensuite je continue mes recherches en d’autres lieux. Le comparateur n’est qu’une étape parmi d’autres, et pas décivise en elle-même, dans mon processus d’achat. Et il n’a d’ailleurs pas la prétention d’être autre chose.

                Le rapport que je vois avec l’emploi, puisque vous me posez si aimablement la question, c’est que si une majorité de personnes qui achètent sans réfléchir considèrent que leurs actes hâtifs sont de la responsabilité de compar... pardon d’« argousins », si ce nouvel ordre de pensée doit devenir par défaut « le méchant comparateur contre le pauvre consommateur innocent », hé bien oui les emplois créés par ces comparateurs sont bel et bien menacés.

                Mais il est vrai qu’il est toujours plus facile de se contrefoutre de l’emploi quand on a la sécurité d’emploi du fonctionnaire ou quand on n’a jamais connu le chômage.


              • Jerome (---.---.20.126) 28 août 2006 13:44

                « Mais il est vrai qu’il est toujours plus facile de se contrefoutre de l’emploi quand on a la sécurité d’emploi du fonctionnaire ou quand on n’a jamais connu le chômage. » vous oubliez juste une chose : l’argent payé par le vendeur à ces comparateur est de l’argent qui ne servira pas au vendeur a payer ses employés. Votre argument « ca fait de l’emploi » ne tient donc pas, laissez-le tomber, votre article en deviendra que plus réaliste et convancaint, la vous vous rabaissez au populisme « gardons tous les fonctionnaires, ca fait de l’emploi (mais je ne dis pas que l’argent pour payer ces fonctionnaire vient de l’impot, impot elevé qui empeche la creation d’emploi... et serpent qui se mort la queue) »


              • (---.---.115.245) 28 août 2006 13:49

                « Mais il est vrai qu’il est toujours plus facile de se contrefoutre de l’emploi quand on a la sécurité d’emploi du fonctionnaire ou quand on n’a jamais connu le chômage. »

                Dommage de se discréditer en tant qu’auteur d’article, aussi rapidement avec ce genre de réaction, qu’on pourrait baptiser point Godwin de la discussion sur l’économie.

                Il est aussi extrêmement facile d’agiter l’étendard de la lutte contre le chomâge pour faire passer n’importe quelle couleuvre. L’emploi est important, mais il ne doit pas passer avant la moralité et la légalité des entreprises. Je dis l’emploi pour suivre votre raisonnement, mais dans les faits il s’agirait plutôt du business. D’ailleurs, il est aussi extrêmement facile d’agiter l’étendard de l’emploi pour les entreprises, alors qu’on sait très bien qu’elles ne s’en préoccuperont pas le moins du monde s’il s’agit d’augmenter leur rentabilité.

                Alors, un peu de mesure dans les réactions si vous voulez rester crédible.


              • Jean Lançon Jean Lançon 28 août 2006 14:08

                Je crois que vous n’avez pas pris la peine de lire l’article... Je parlais, et je le disais en clair, des emplois chez les comparateurs.

                Vos commentaires seront les bienvenus, sous réserve qu’ils restent respectueux et résultent d’une réelle lecture. Merci.


              • BarryAllen (---.---.115.245) 28 août 2006 14:13

                Je crois que vous-même avez franchi la limite du respectueux avec l’extrait que Jérôme et moi avons repris.


              • Jean Lançon Jean Lançon 28 août 2006 14:24

                > Je crois que vous-même avez franchi la limite du respectueux avec l’extrait que Jérôme et moi avons repris.

                Je ne vois pas où est le problème ? Il ne vous est pas reproché d’être soit fonctionnaire soit de n’avoir jamais été chômeur (rayer la mention inutile).

                Mais quand je vous lis, et à peine entre les lignes, il ne faut pas se préoccuper des emplois qu’il y a derrière quand on canarde une entreprise, sous prétexte que les lois ultraprotectrices tendent à vouloir vous empêcher de réfléchir quand vous consommez, et que nécessairement quand vous commettez une bourde lors d’un achat il faut un responsable, obligatoire inscrit au registre du commerce.

                Donc vous aussi, si vous voulez un peu de crédibilité, d’une part attachez-vous davantage au fond du problème qu’à sa forme, et évitez aussi les raccourcis simplistes.


              • BarryAllen (---.---.115.245) 28 août 2006 14:53

                Le problème est que je ne vois rien de légitime qui ait pu susciter cette réaction concernant les fonctionnaires et les personnes n’ayant pas connu le chomâge. Pour votre information, je ne suis pas fonctionnaire et j’ai connu le chomâge pendant un an.

                Je trouve étonnant qu’une personne se référant aussi rapidement à de tels clichés m’invite par ailleurs « à éviter les raccourcis simplistes ». Je trouve que discréditer a priori une enquête sur la légalité des agissements d’une entreprise sous prétexte de sauvegarder ses emplois est un raccourci extrêmement simpliste. Après tout, les activités mafieuses font aussi travailler bon nombre de gens. Pour vous, la création d’emploi semble passer avant tout autre considération et le mot que cela m’évoque est « hérésie ».

                Pour être clair, le simple fait d’opposer les emplois à la légalité des agissements de l’entreprise est pour moi un non-sens absolu, et ce, que l’on parle de comparateur de prix, de multinationale agro-alimentaire, ou de producteur d’armes. Chaque entreprise est tenue de respecter la loi, et à défaut, le nombre de personnes qu’elle emploie n’est en rien une circonstance atténuante, je dirais même une circonstance aggravante, car plus de gens dépendent d’elle.

                Je conçois que vous considériez que le cas en l’espèce n’est pas d’une gravité dramatique, mais les arguments que vous employez seraient utilisables dans des cas beaucoup plus graves, et ainsi, évidemment, ça me dérange. Votre réaction à une simple enquête dont on ne connait pas les conclusions me semble relever d’une réaction épidermique à toute intrusion de la loi dans les affaires d’une entreprise, et évidemment, ça me dérange.

                Je pense rester respectueux dans mes échanges avec vous, et m’intéresser au fond du problème, qui est pour moi le respect de la loi par les entreprises, respect qui ne devrait être remis en cause ni en vue d’une création d’emplois ni en vue d’une création de profit.


              • Jean Lançon Jean Lançon 28 août 2006 17:52

                > Je pense rester respectueux dans mes échanges avec vous, et m’intéresser au fond du problème, qui est pour moi le respect de la loi par les entreprises, respect qui ne devrait être remis en cause ni en vue d’une création d’emplois ni en vue d’une création de profit.

                Nous sommes entièrement d’accord sur ce point, mais la loi ne doit pas être non plus respectée QUE par les entreprises.

                En tant qu’ex-chef d’entreprise qui, malgré en moyenne 200 commandes / jour pendant 6 ans, en vente sur Internet, peux me targuer de n’avoir jamais fait l’objet de la moindre plainte à la DDCCRF ou autre, j’ai vu évoluer les « protections » des consommateurs au fil de ces années, dans des proportions qui pour moi ont depuis longtemps franchi le seuil de l’obscénité.

                Prenons un exemple simple : le législateur a prévu un délai de rétractation. Déjà, à la base, sur ce que j’estime être de mauvaises raisons : le client change d’avis. Qui paie les frais ? Hormis le retour de l’article c’est le commerçant, mais avec obligation de tout rembourser ! Tout ça parce qu’un consommateur achète (une commande, en droit français, quand c’est signé c’est ferme), puis d’un seul coup décide unilatéralement qu’il change d’avis.

                Idem pour les transactions CB en ligne : l’acheteur qui conteste son paiement une fois livré ne risque pour ainsi dire rien. Le commerçant se mange la perte de la marchandise + la perte de la vente intégrale frais de port inclus + les frais sur impayés etc. J’ai eu 300 impayés de ce type dans ma vie. Autant de plaintes déposées. Une seule a abouti, parce que l’auteur des faits était un multi-récidiviste (une centaine de marchands « plombés » par lui).

                Quand je dis que je parle d’une intention délibérée de faire du consommateur un être irréfléchi et assisté... Donc après avoir blanchi ceux qui étaient malhonnêtes, le législateur a donné raison à ceux qui achètent sans savoir, et la démarche de cette nouvelle histoire (comparateurs) c’est maintenant de donner des droits supplémentaires à ceux qui n’ont même pas encore acheté...


              • Eric (---.---.238.50) 29 août 2006 00:02

                Le problème dans votre dernier exemple ce n’est pas la protection du consomateur. Il est normal est souhaitable qu’un paiement sans signature ou preuve d’origine ne soit pas honoré (ou soit au moins remboursé sur simple contestation). Voudriez vous qu’un marchand qui a eu votre carte dans les mains puisse commander à vos frais sur Internet simplement parce qu’il a le numéro ?

                Le problème n’est pas la protection du consommateur ici (il est normal qu’il soit remboursé si la banque ne peut pas prouver qu’il est à l’origine du paiement). Le problème c’est qu’il n’y a pas eu de suite à vos plaintes.

                Vous semblez considérer par défaut que les protections du consomateur sont sans fondement et que ce même consomateur est malhonnete. Acceptez que dans le jeu du commerce à distance, il y a suffisament moyen de tromper sur la marchandise pour qu’un délai de rétractation soit défendable (à défaut de trouver que c’est une bonne chose). Acceptez quelqu’un puisse être remboursé d’un prélèvement qu’il n’a pas demandé et qui a été fait à son insu.

                Certes le marchand a lui aussi ses difficultés et ses risques. Certes aussi, les protections accordées au consomateur sont parfois (mais trop souvent) exploitées de manière malhonnête. Tout ceci est vrai, mais ne remettons pas en cause l’origine des protections mises en oeuvre.

                Pour revenir au sujet de départ, il ne s’agit pas de remplacer le cerveau de l’acheteur, mais de savoir s’il est juste que le marchand ou l’intermédiaire cherche à tromper le consomateur. Si on répond non (et j’ose penser que c’est votre réponse), alors il est normal de mettre des règles du jeu et chercher à les faire respcter. Ca n’empêche pas les comparateurs, mais ça impose juste qu’ils soient honnêtes vis à vis du consomateur.

                Et j’insiste qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle législation ou d’un changement, mais de l’application de règles qui existent déjà et qui ne seraient pas respectées (donc, si c’est bien le cas, les comparateurs en question seraient déjà dans l’illégalité, ce qui n’est pas justifiable à priori).


              • Sébastien Defrêne (---.---.195.37) 28 août 2006 13:51

                On soupçonne les comparateurs de ne pas être « honnêtes » parce qu’ils mettent en avant les marchands les plus rémunérateurs pour eux. Pourtant, lorsqu’une grande surface met un produit en tête de gondole, parce que justement ce produit lui rapporte plus, personne ne crie aux loups. C’est exactement la même situation.

                Je suis d’accord avec Jean Lançon : à force de prendre les consommateurs pour des gens incapables de comprendre, à force de les assister, on les fragilise... Je rappelle tout de même que dans ces comparateurs, il ne tient qu’au consommateur de choisir l’ordre de tri des réponses proposées.

                Enfin, à contrario, je ne pense pas un instant que le problème de l’emploi ait un quelconque rapport avec le sujet. La DGCCRF fait son enquête (heureusement qu’elle en a le droit et qu’elle l’exerce), nous verrons bien les conclusions. Je suis prêt à parier que les comparateurs s’en tireront juste avec l’obligation de porter des mentions sur les modes de fonctionnement de leurs sites (ce qu’ils font d’ailleurs déjà tous).

                C’est promis, si ce n’est pas le cas, j’attaque les grandes surfaces pour leurs têtes de gondoles, les boutiques pour leurs vitrines, etc... smiley


                • Eric (---.---.238.50) 29 août 2006 00:05

                  La différence reste que le comparateur de prix prétend comparer ... les prix. S’il magouille les résultats avec un autre élément sans que ce soit clair à l’utilisateur, il y a bêtement une tromperie : il ne fait pas ce qu’il prétend faire.

                  Le supermarché lui n’a jamais prétendu mettre en tête de gondole les produits les moins chers. Du coup la comparaison ne tient plus. Lui n’a pas trompé l’utilisateur.


                • Aldoo (---.---.43.7) 28 août 2006 17:12

                  Honnête ou pas, je ne sais pas, mais monsieurprix.com est sur la mauvaise pente : il n’y a qu’à voir la nouvelle interface qu’ils sont en train de déployer (Où l’on obtient une liste d’offres au lieu d’une liste de produits sur lesquels on pouvait comparer ensuite les tarifs pratiqués pour un même produit. La nouvelle interface a l’inconvénient qu’on compare des produits éventuellement différents entre eux, en laissant une marge limitée sur les critères de sélection, évitant tout juste de comparer navets et carottes, et encore.)

                  Comparez :

                  Ancienne interface : http://monsieurprix.com/hardware/gen/140024.html

                  Nouvelle : http://shopping.monsieurprix.com/b/a/c_100291823.html

                  La nouvelle a une gueule de Kelkoo.fr ... (pas étonnant vu que monsieurprix leur appartient depuis quelque temps déjà !)


                  • Aldoo (---.---.43.7) 28 août 2006 17:14

                    Au fait, la DGCCRF a-t-elle arrêté de lutter contre la vente liée de logiciels avec les PC ?


                  • (---.---.249.65) 29 août 2006 00:36

                    Bonjour,

                    Moi aussi, je m’étonne un peu du titre de l’article que le contenu n’étaie en rien. Qui pratique quel abêtissement collectif ?

                    J’achète assez souvent en tant que client public, et j’utilise les comparateurs de prix. Et, il m’est arrivé d’avoir quelques contacts avec les DDCCRF et de ne pas toujours être emballé par la priorité donnée dans cette administration au juridique par rapport à la gestion. Bon, mais qu’est-ce qui justifie la critique d’une étude dont on ne connaît pas encore les conclusions ? il y a de quoi être perplexe ! Le jeu du commerce est tout de même de brouiller les cartes autant que de faire la transparence dans la concurrence.

                    Cet article présente une auto-caricature assez curieuse. On peut se demander parfois ce que la concurrence apporte à la transparence sur les coûts pour les consommateurs qui paient finalement les impôts mais aussi les experts en marketing. Et je ne vois pas très bien, au final et dans le cas d’espèce, en quoi un emploi privé se distingue de la charge d’un emploi de fonctionnaire.

                    Il se trouve que ce commentaire est rédigé par un agent public qui n’est pas fonctionnaire. Ce serait pas mal de ranger un peu les délires idéologiques.


                    • d o t - c o m a *:o) (---.---.158.33) 29 août 2006 07:16

                      O chi compara i comparatori, potremmo dire. In Francia, la DGCCRF. Ne vedremo delle belle. update : mi sa davvero delle...


                      • henri (---.---.238.240) 29 août 2006 09:23

                        La DGCCRF voudrait faire croire qu’elle defend les consommateurs ! En soulevant un faux probleme et surtout en ne faisant rien concernant des problemes autrement plus serieux, tel la vente liee Ordinateur/Windows pour lequel le consommateur est oblige de faire un proces ? Qulle blague ! voir http://www.pcinpact.com/actu/news/30977-Victoire-dun-client-en-matiere-de-vente-liee.htm


                        • Frédéric Lambert (---.---.51.53) 29 août 2006 21:47

                          Bonjour, je dirige Acheter-moins-cher.com depuis 1998. Nous avons été totalement gratuit pendant a peu près 2 ans, à nos débuts, avec la ferme intention d’être exhaustif. Nous ne demandions pas l avis des boutiques et relevions les prix a la main, sans avoir de fichier (actuellement les boutiques nous fournissent des fichiers formates de leur base ce qui nous permet d’intégrer les changements de prix toute les nuits). Nous avons été très vite confrontes aux problèmes des arnaqueurs style « pere Noel.fr » : les petits malin a moiti escroc se mettaient systématiquement en premier prix pour capter les ventes, mêmes s ils n avaient ni stock et même pas encore contacter les fabricants...D’autres faisaient un site en 5 minutes, se déclaraient « indépendant » et vendaient des appareils photos a des prix super bas en faisant une fraude a la TVA. Nous retrouvions a Acheter-moins-cher.com a traiter des plaintes justifiées de gens arnaques par Pere noel et consort et ceci, je vous le rappelle en étant totalement gratuit (nous vendions des bandeaux publicitaires a l époque en propre et par l intermédiaire de la régie Adlink). Nous enlevions donc des boutiques aux moindres doutes, en risquant donc dans ce cas à ne plus être exhaustif... Froogle (le comparateur exhaustif de google) a je pense de très gros problèmes et se fait en quelques sortes spammes par des petits malins. Au même moment, l affiliation a commence a s’imposer par l intermédiaire d Amazon et des boutiques que nous référencions nous ont dit : vous étes c..s, mettez vous dans notre nouveau programme d affiliation, vous toucherez par exemple 3% sur chaque vente au lieu de nous marcher pour acheter de la pub... Acheter-moins-cher.com a donc peu a peu évolué vers un système de rémunération sur les ventes réalises par son intermediare sans renier sa volonté d’être complet et exhaustif. Notre expérience montre que l exhaustivité totale ne peut pas exister à un temps T, pour des raisons qui peuvent être simplement techniques ( tel fichier n est pas passe cette nuit, telle boutique a change des prix a 13h alors que nous affichons les prix de 12h55 pendant encore 12 heures, si vous payez par cheque, le produit en stock ne le sera peut être plus quand votre cheque arrivera) ou pour des raisons de définition de l exhaustivité ( on compare les prix des produits qui sont livrables a l endroit d ou je commande, ça veut dire qu on ne donne pas le prix du même produit du Leclerc de Saint julien en Born (40) ). Pour ce qui nous concerne, nous essayons d être le plus exhaustif possible, avec nos moyens, pour donner la meilleure info a nos visiteurs. Nous n’avons jamais développe de système qui classerait les réponses suivant les revenus. D une manière générale, le problème évoque ici est plus un problème général qui concerne tous les sites internet et pas seulement les sites de comparaison de prix. Un site, comme n’inporte quelle autre média, doit gagner la confiance de ses utilisateurs et prouver être digne de confiance sur du long terme.


                          • (---.---.82.218) 2 septembre 2006 20:20

                            Comme dans toutes les entreprises des secteurs marketing et distribution, les emplois qui pourraient disparaitre sont entièrement parasitaires en l’absence de production physique ou d’utilité sociale. La valeur ajoutée de ces brillantes sociétés, entièrement fictive, se traduit directement en érosion de la monnaie, compensée par de la dette publique. Alors franchement, s’ils n’ont pas au moins une attitude irréprochable vis à vis de la loi dans leur activité, qu’ils disparaissent ! L’argent public gaché dans la politique de développement du tertiaire serait bien mieux employé s’il était investi dans l’industrie ou - sacrilège ! - directement vers des emplois de qualité dans la fonction publique (le fameux ascenseur social que tout le monde fait semblant de pleurer sans se priver de donner des coups pour l’achever.)

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