Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Faut-il vraiment rembourser la dette souveraine ?

Faut-il vraiment rembourser la dette souveraine ?

Les notes se dégradent. La situation aussi.

Faut-il rembourser la dette souveraine ou bien s’en abstenir ?

Un moyen terme est-il possible ? Et à quel prix ?

A l’heure de la dégradation de la situation financière internationale et de la dégradation de la notation continue des principaux pays industrialisés (Etats-Unis, Japon, France, Italie, Espagne, etc.) se pose avec acuité la problématique du remboursement de la dette souveraine.

Certains se demandent s’il est nécessaire de rembourser.

D’autres affirment que non.

Et les troisièmes disent que cela n’a pas s’importance car ils proposent une autre solution.

 En premier lieu donc, certains se demandent s’il est nécessaire de rembourser.

Ne pas rembourser c’est paraît-il s’exposer à ce que l’on ne vous prête plus dans le futur. La France ne pourrait donc plus emprunter si elle ne remboursait pas sa dette.

Mais est-ce bien vrai ?

Et si c’est le cas, est-ce que cela mérite que l’on s’en inquiète ?

Un exemple contradictoire nous est donné par le voisin aujourd’hui vertueux qu’est l’Allemagne. Car enfin, cette dernière a-t-elle toujours remboursé ses dettes ? La réponse est : oui et non.

L’Allemagne en effet, à la suite du Traité de Versailles de 1919, a dû accepter de rembourser à la France et à l’Angleterre en juin 1919 de considérables dettes de guerre. Cette dette colossale que John Maynard Keynes avait en vain voulu réduire des neuf dixièmes fut imposée à la République de Weimar par les puissances alliées. Cette dette fut si lourde pour les Allemands que d’aucuns y virent la cause essentielle de l’inflation allemande de l’après-guerre, devenue ensuite hyperinflation du Reichsmark.

Les mêmes observateurs sont presque unanimes à voir dans cette dette de guerre un facteur essentiel dans la montée et le triomphe du nazisme. S’appuyant sur le mécontentement populaire face à cette dette imposée monstrueuse aussi bien que face à une humiliation permanente du peuple allemand contraint de se soumettre à l’inflexible volonté des vainqueurs, Hitler et le nazisme y trouvèrent un terreau plus que propice au développement de leur idéologie et à l’assise de leur pouvoir.

En plus de ceux cités précédemment, plusieurs enseignements sont à tirer de cet épisode malheureux : la BRI, Bâle 1, Bâle 2 et Bâle 3, l’orthodoxie financière, une durée de remboursement de la dette supérieur a 90 ans, et la confusion des esprits financiers.

En effet, c’est en 1930 que naquit la Banque des Règlements Internationaux (BRI), qui est aujourd’hui la plus ancienne institution financière internationale. Cette BRI avait pour fonction unique la gestion et la répartition des réparations allemandes versées aux vainqueurs. Comme cette fonction s’est amenuisée en importance avec le temps, la BRI est devenue le forum des vainqueurs, puis le forum de tous les banquiers centraux de la planète. En d’autres termes, les représentants des Banques Centrales du monde ayant pris l’habitude de se retrouver à Bâle, en Suisse, pour gérer le remboursement de la dette allemande, ils se sont mis à parler d’autre chose, de tout et de rien, et - pourquoi pas – notamment de l’organisation financière de la planète. C’est de Bâle qu’on été étudiées, envisagées, décidées et lancées les réglementations financières et bancaires internationales appelées Bâle 1, Bâle 2 et Bâle 3, règles désormais fondamentales d’une certaine orthodoxie financière. 

Bâle 3, c’est notamment l’accroissement des réserves des banques pour en assurer la viabilité, un angle cher à Christine Lagarde, directrice générale du Fonds Monétaire International.

A tel point qu’on appelle aujourd’hui la Banque des Règlements Internationaux la Banque Centrale des Banques Centrales.

 Mais on l’a vu, cette dette allemande fut cependant aussi à l’origine d’une inflation gigantesque restée tristement célèbre du fait de la nécessité pour les Allemands d’aller acheter son pain en 1923 avec une brouette contenant de la monnaie, le Reichsmark. La montée du nazisme fut concomitante.

 L’épisode moins connu de cette dramatique épopée financière est le sort du remboursement de la dette allemande qui prit plus de 90 ans. Ce n’est en effet qu’à l’automne 2010 que l’Allemagne effectua le dernier versement à la BRI pour régler ses dettes de la guerre de 14-18.

Les résultats du remboursement de la dette allemande sont donc très contrastés : un processus qui s’étale interminablement sur 90 ans, le fantôme du nazisme favorisé par une pression infernale du poids de la dette sur la population allemande, la naissance d’une informelle mais bien réelle Banque Centrale des Banques Centrales, des réglementations financières internationales orthodoxes et contraignantes, mais aussi la confusion des esprits financiers.

Cette confusion, c’est la grande difficulté de se prononcer sur un bilan incontesté et incontestable de cette affaire des dettes de guerre allemande. Ainsi reste posée toute entière la question de savoir si un Etat et sa population au travail doivent rembourser n’importe quelle dette à n’importe condition et si la population de cet Etat doit s’épuiser à la tâche pour rembourser des emprunts contractés sans son consentement exprès à des conditions inconnues de cette population laborieuse.

Question purement théorique ? Peut-être.

La Constitution des Etats-Unis, dans son Treizième Amendement, apporte toutefois une ébauche de réponse : l’interdiction de l’esclavage. Cet amendement fonde aujourd’hui une jurisprudence constante bien contemporaine et binding [c’est-à-dire qui s’impose en droit et dans les faits] des tribunaux fédéraux américains et de ceux des Etats américains comme l’Etat de New York : en vertu du Treizième Amendement aucun individu ne peut être contraint au travail pour régler une dette.

Au remboursement oui, dans la mesure de sa solvabilité.

Au travail non.

La troisième solution, autre que le remboursement ou le refus de remboursement, c’est l’hyperinflation. L’Allemagne avec 3,2 millions de % d’inflation entre 1920 et 1923 en est la terrible illustration. Et avant elle les Etats-Unis pendant la guerre de sécession entre 1861 et 1965, mais aussi la Russie, la Chine, et la plupart des pays du monde qui ont connu leurs épisodes de grande inflation, voire d’hyperinflation.

Dans le régime d’hyperinflation on rembourse sa dette. Mais on la rembourse en monnaie de singe.

Ne pas rembourser c’est la honte. Et selon La Fontaine on risque de ne plus se faire prêter un sou quand la nouvelle bise sera venu.

Rembourser coûte que coûte et s’épuiser à la tâche, c’est peut-être aboutir, comme le disait Molière, à ce que le malade meure guéri. 

Nu besoin de chercher chez Esope le résultat possible d’un remboursement en monnaie de singe. C’est sans doute chez Racine et ses Plaideurs que se trouve la réponse.

Olivier Chazoule


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (19 votes)




Réagissez à l'article

93 réactions à cet article    


  • eric 18 janvier 2012 07:43

    Question interessante. Jusqu’a quel point l’Etat doit il tenir ses engagement et envers qui ?

    Allez ! 1700 milliards de dettes. Du vrai argent emprunte a de vrais epargnants. Mais d’apres la cour des comptes, il faut rajouter d’ici 2050 357 milliards pour payer les retraites des fonctionnaires qui n’ont pas assez cotise. C’est aussi une dette de l’Etat.

    Dans le premier cas, cela a plus ou moins ete vote (budget, engagements de depenses etc...). Dans le second, cela enterine plutot des rapports de force et negociations entre syndicats et administration.
    Pour la derniere reforme des retraites, les employes du prive a loi en principe egale pour tous, s’en tirent plus mal en travaillant plus longtemps. Ceux du public, d’apres la revue Commentaire, se seraient debrouilles pour que leur situation relative s’ameliore encore et hors champs democratique.

    Bon, pour moi, une dette, c’est une dette. Quand on a pris de l’argent a quelqu’un et qu’on le le rend pas, c’est du vol. Mais la, on est dans un autre cas de figure. On apris l’argent de personne.

    Si on se met a envisager de de pas payer nos dettes souveraines ou de les laminer par l’inflation, qu’est ce qu’on fait avec cette dette la ?

    Tient, en face, il y a un truc d’un certain Lordon,« leur dette notre democratie ». Et si on faisait un referendum civil civique citoyen populaire, non pas pour annuler cette dette (personne ne veut la pauperisation des fonctionnaires retraites) mais par exemple pour decider que nous ne paierons qu’a hauteur des memes retraites que dans le prive ? Ce serait egalitaire, juste, citoyen et diminuerait nos dettes ?


    • Robert GIL ROBERT GIL 18 janvier 2012 08:05

      « ...Mais on la rembourse en monnaie de singe. »

      Voir ce PPS, effectivement, c’est de la monaie de singe :
      http://2ccr.unblog.fr/2012/01/11/comment-pousse-la-monnaie/


        • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 09:19

          Vous l’aviez compris, l’idée n’est pas d’inciter a ne pas rembourse la dette. Mais plutôt de réfléchir aux formes et conditions de son exigence. Puisque l’emprunteur « tient » autant le créancier que que le créancier ne le tient, un vrai dialogue, une vraie  négociation doit prendre place.


          • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 09:23

            @ eric


            C’est une bonne analyse que vous avancez ici . 

            • eric 18 janvier 2012 11:34

              A Chazoule, merci, mais ce n’est pas une analyse, c’est une question a ceux qui considèrent que nos dettes sont illegitimes.


               Notre pays est celui en Europe qui consacre le pourcentage le plus élevé de son PIB a la retraite des agents publics. Ils sont payes d’après la Direction de la fonction publique 17% de plus a tous les echellons sauf top de la catégorie A que dans le prive, (mais ceux la peuvent pantoufler quand ils veulent) Ils cotisent moins longtemps et ont de meilleures retraites. Ils ne participent pas a la solidarité nationale vis a vis des plus défavorisés ( par exemple, pas de cotisation chômage)

              La dette que nous avons contracte auprès d’eux : engagement a payer avec nos impôts pour les cotisations qu’ils n’ont pas verse est elle légitime ou pas. L’est elle plus ou moins que celle contractée auprès des petits épargnants français ; et pourquoi ?

            • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 09:26

              @ ROBERT GIL


              Ce PPS a des pertinences solides

              • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 09:29

                @ Nanar M


                Un audit, quelqu’en soit la forme va devenir indispensable a un moment ou un autre 

                • maltagliati maltagliati 18 janvier 2012 09:44

                  Je vous remercie de la façon réaliste dont vous abordez la question. Je crois pour ma part qu’il est urgent d’aller beaucoup plus loin

                  Il est bien évident que les banques et fonds financiers freinent à cette annulation à cause de la perte qu’elle représente pour eux. Mais les États la refusent aussi parce que bien évidemment dans l’avenir ils ne pourront plus s’endetter (un âne ne tombe pas deux fois dans le même trou). Ce qui signifie qu’ils ne pourront plus disposer de la même marge de manœuvre. Ce que j’ai essayé d’exposer dans mes articles sur le sujet, c’est que la question est bien plus grave qu’un problème de respect d’engagements. Les États depuis des siècles ont remboursé en monnaie de singe... ce n’est pas neuf. Ce qui est neuf, c’est que depuis un siècle TOUTE l’économie MONDIALE repose entièrement sur ce mécanisme d’endettement. C’est devenu le NERF, l’ÂME, le MOTEUR.... je ne sais quel terme ajouter. Et si on n’a plus ce moteur là, sur quoi va-t-on fonctionner ?
                  La question est d’autant plus cruciale, HISTORIQUE, que le monstre de l’endettement généré en un siècle empêche aujourd’hui tout fonctionnement. C’est le crash ou le dépérissement...

                   Maltagliati

                  ps Mon article sur Agoravox en décembre s’intitulait

                  Une seule revendication : L’annulation de la Dette !  pour faire « choc » mais vous verrez que ma thèse que tout le monde est en retard d’une guerre en continuant les revendications contre le Capital etc. a une certaine profondeur


                  • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 09:47

                    @ maltagliati


                    Votre raisonnement tient fortement la route ; je vais aller lire votre article. Quelle est la date exacte que je le retrouve s’il-vous-plait ? 

                    • Jimmy 18 janvier 2012 09:52

                      il faudrait se poser la question de la légitimité de cette dette

                      les banques prêtent de l’argent qu’elles n’ont pas

                      par ailleurs, de quel droit demandent-elles des intérêts ?

                      quand de l’argent a été prêté il doit être rendu un point c’est tout

                      les états ne devraient emprunter qu’à leurs banques centrales à 1 ou 0 %

                      il ne faut pas rembourser cette dette, seul l’intérêt des peuples doit être pris en ligne de compte, et l’intérêt des peuples est la remise à plat qui résulterait du non remboursement des dettes


                      • arobase 18 janvier 2012 09:56

                        bien sûr qu’il faut la rembourser , car dans le cas contraire aucun emprunt n’est plus possible et le résultat serait que dès le mois prochain, on ne pourrait plus payer aucun fonctionnaire. (entre autre)


                        il faudra expliquer ça aux profs, personnel de hopitaux, police, armée, etc..............que désormais ils mangeraient des clopinettes.

                        seuls ceux qui disent n’importe quoi sur n’importe quel sujet comme par exemple les fanatiques du fn qui répètent aveuglement les mots d’ordres irresponsables de leur messie, diront qu’on peut faire un bras d’honneur aux créanciers.

                        la bonne solution est celle de hollande : 
                        - renégocier la dette et rembourser en 5 ans
                        -pendant ce temps réformer au niveau Europe (car seuls on n’y parviendra pas) les taux d’intérêts en imposant 1% maxi  solution Mélanchon) ) les systèmes bancaires pour donner le pouvoir aux banques qu’il faudra nationaliser et séparer leur métiers en deux.

                        voilà qui est réaliste et responsable. seulement la question est compliquée, difficile et ne peut se régler par des pirouettes.

                        il n’y a rien de pire que de croire aveuglement les promesse de certains candidats qui jouent sur l’incompétence des gens à comprendre certains mécanismes qui nécessitent une formation poussée.

                        • Jimmy 18 janvier 2012 10:06

                          dès le mois prochain, on ne pourrait plus payer aucun fonctionnaire

                          faux, 80% de notre dette est constitué d’intérêts, si on ne rembourse plus on pourra facilement payer les fonctionnaires et de façon plus générale faire fonctionner l’état avec l’argent des impôts plutôt que de le donner aux banques


                        • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 10:02

                          @Jimmy


                          Vous avez raison car les banques recoivent aujourd’hui leurs argent essentiellement des banques centrales a un interet proche de zero

                          • arobase 18 janvier 2012 10:02

                            mais rembourser implique de lours sacrifices pour les moins bien lotis, car les nantis eux sont à l’abri,.sarkosy leur a donné en 5 ans un matelas pris sur la sueur de ceux qui travaillent, qui leur permet de faire face à toutes situations.


                            c’est pourquoi il faut impérativement leur reprendre par l’impôt tout ce qu’ils ont volé au peuple et traîner devant la justice leurs complices au gouvernement et à l’assemblée. 

                            il faut se rappeler que les milliards du bouclier fiscal remboursés aux plus riches ont nécessité d’être empruntés !! ce qui est un comble. 
                            et maintenant c’est au contribuable de rembourser ces emprunts !

                            • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 10:04

                              @ arobase


                              votre these est voisine de celle que developpe Jacques Atali avec pertinence en ce qui concerne l’insolvabilite potentielle de l’Etat en cas de non rembousrsement et son incapacite alors a payer les fonctionnaires

                              • devphil30 devphil30 18 janvier 2012 10:05

                                On parle beaucoup de la dette et il serait largement temps d’en parler et même de faire plus qu’en parler...


                                Sans rentrer dans le débat de la constitution des intérêts de la dette ,
                                j’aimerais savoir à qui devons nous autant d’argent aux banques , des particuliers , obligations du trésor ????
                                L’état Français est débiteur envers qui ???

                                Philippe


                                 

                                 

                                • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 10:08

                                  @ arobase (2)


                                  rembourser ne veut pas dire rembourser a n’importe quel taux ni n’importe quelle condition. Les negociations en cours en Grece montrent que les creanciers internationaux sont prets a abandonner 50% de leur capital, ce qui est considerable.

                                  cela ne veut pas dire non plus qu’il faut faire comme la Grace, mais cela montre qu’il existe une marge de maneouvre considerable pour des Etats solvables comme la France.

                                  • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 10:12

                                    @ devphil30


                                    Un peu a tout le monde. 
                                    Les Bons du Tresor sont souscrits par des Hedge Funds, des fond d’investissemts et des fonds de pension, des banques privees (nationales et internationales), des fonds souverains notamment de pays asiatiques et des pays du Golfe, des particuliers a travers les banques ou directemenr apres courtages des banques, etc.


                                    • devphil30 devphil30 18 janvier 2012 11:02

                                      Ne pas rembourser la dette , c’est mettre l’ensemble de l’édifice en péril par des répercutions mondiales , nous en avons eu un aperçu avec la Grèce. 


                                      Par contre renégocier les taux d’intérêts , se concentrer sur le capital à rembourser me semble une bonne approche et l’ensemble des prêteurs pourraient s’y retrouver plutôt que de vouloir saigner le pays au risque de tout perdre.
                                      C’est une approche idéaliste et non financière 

                                      Philippe 

                                    • arobase 18 janvier 2012 10:14

                                      j’ignore la thèse d’attali mais je crois plus en la compétence d’attali que dans celle de lepen. 


                                      mais comme vous dites justement que les deux parties se tiennent mutuellement, la menace de ne plus prêter met aussi le prêteur sur la paille. 

                                      à condition que plus personne n’emprunte ! si seule la France le fait on ne parviendra pas à imposer des taux à 1% aux prêteurs.

                                      c’est pourquoi la solution est dans l’entente de tous ses pays de la zone euro qui imposent aux prêteurs un taux, à prendre ou à laisser. 

                                      c’est en cela que l’idée de lepen de sortir vite de l’euro est suicidaire. ses partisans devraient réfléchir un peu avant de se lancer tête baissée dans le premier chiffon rouge.

                                      • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 10:20

                                        @ arobase


                                        le taux de 1% que vous evoquez pourrait alors etre augmente de l’inflation qui est de 2,5%, soit environ 3,5%.


                                        • arobase 18 janvier 2012 10:22

                                          devphil


                                          les milliards remboursés aux riches au titre du bouclier fiscal n’ont pas permis de créer des emplois mais ont souvent servi soit à délocaliser les usines, soit à acheter la dette française.

                                          le paradoxe extraordinaire qui fait se dresser les cheveux sur la tête :
                                          -le contribuable français a donné des milliards aux riches pour qu’avec cet argent ils deviennent nos propres créanciers à qui nous allons encore « rembourser ! »

                                          c’est l’exploit extraordinaire de sarkosy, l’ump et ses soutiens !

                                          qu’ils aient le courage de publier les noms de ceux qui détiennent la dette ! on aurait des surprises !

                                          les nouvelles places de prisons qui vont être construite devraient vite être peuplées de ces gens là car c’est un double vol !

                                          • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 10:29

                                            @ devphil


                                            En fait, a la suite du credit crunch de 2007-2008 aux Etats-Unis puis dans le monde entier, et encore plus depuis l’acceleration de la crise de l’Euro a l’automne dernier, les ressources des banques leur viennent en partie des liquidites mises a leur disposition par les banques centrales pour eviter l’assechement des marches monetaires et fiannciers internationaux.

                                             

                                            • pmxr pmxr 18 janvier 2012 10:39

                                              Un peu de bon... tu vends ta voiture, ton client te donne un chèque sans provision pour la payer ... bref il ne te paie pas .... vas tu lui revendre une deuxième voiture ?! à moins d’etre masochiste ! non !


                                              • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 10:44

                                                @ pmxr


                                                c’est vrai.

                                                sauf si vous n’avez personne d’autre a qui vendre vos voitures

                                                • Cocasse Cocasse 18 janvier 2012 11:27

                                                  Dans la mesure où la dette a été contractée à la suite d’une malversation, son remboursement devient caduque.
                                                  Je pense que certaines règles devraient malgré tout être élaborées, afin d’en envisager un remboursement partiel, à ceux qui s’estimeraient particulièrement lésés. Mais quand un bon au trésor a déjà rapporté plus d’intérêts que ce qu’il a couté, nous sommes dans une pure hérésie.

                                                  Maintenant, j’ignore totalement comment il serait possible de procéder à cette rétribution équitable, et si cela est techniquement possible. A vous de me dire, vous êtes certainement plus calé que moi sur la question.


                                                  • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 11:29

                                                    @ devphil


                                                    C’est juste

                                                    • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 11:31

                                                      @ Cocasse


                                                      La reponse possible est double : negocations ou litiges devant les tribunaux

                                                      En regle generale dans ce domaine les acteurs preferent negocier

                                                      • JL JL1 18 janvier 2012 13:30

                                                        Bonjour Olivier Chazoule,

                                                        vous écrivez : « S’appuyant sur le mécontentement populaire face à cette dette imposée monstrueuse ... ». Je suppose que vous voulez dire ’dette supposée monstrueuse’ ?

                                                        Vous écrivez : La troisième solution, autre que le remboursement ou le refus de remboursement, c’est l’hyperinflation« 

                                                        Encore faut-il que la dette soit rédigée dans une monnaie que l’on contrôle : pour ce qui concerne les dettes dont nous parlons, cela n’est pas vraiment le cas, hein !

                                                        Cela dit, je ne suis pas convaincu par cet article.

                                                        J’aime mieux cette analyse de Paul Krugman : »Personne ne comprend rien à la dette 2 janvier 2012

                                                        Extraits : « lorsque les gens de Washington ( la « fameuse communauté internationale) parlent de déficits et de la dette, en gros ils n’ont aucune idée de ce dont ils parlent - et ce sont ceux qui en parlent le plus qui la comprennent le moins…

                                                        Ceux qui s’inquiètent des déficits peignent le tableau d’un futur dans lequel nous sommes appauvris à cause des sommes que nous devons rembourser après nos emprunts. Ils voient l’Amérique comme une famille qui aurait contracté un crédit trop important et qui aurait donc des difficultés à payer ses échéances tous les mois. Ceci est une analogie vraiment mauvaise, sur au moins deux plans. Tout d’abord, les familles se doivent de rembourser leurs dettes. Pas l’état - tout ce qu’il doit faire est de faire en sorte que sa dette augmente moins vite que son assiette fiscale.) La dette de la seconde guerre mondiale n’a jamais été remboursée ; elle s’est seulement retrouvée de moins en moins pertinente à mesure que l’économie américaine croissait et avec elle le revenu soumis à l’imposition. Ensuite, et c’est le point que presque personne ne semble comprendre, une famille surendettée doit de l’argent à quelqu’un d’autre ; la dette américaine est dans une grande mesure de l’argent que nous nous devons à nous-mêmes….

                                                        Nous avons besoin de davantage - et non de moins - de dépenses d’Etat pour nous sortir de ce piège du chômage. Et cette obsession malavisée nourrie d’inexactitudes au sujet de la dette nous barre la route. »

                                                        Même si cela s’applique aux USA, c’est transposable chez nous.


                                                        • JL JL1 18 janvier 2012 13:37


                                                          Sur ces problèmes de dettes, et notamment la différence entre ce que nous nous devons à nous mêmes et ce que nous devons aux autres, Frédéric Lordon a beaucoup écrit. Au hasard :

                                                          Le commencement de la fin 11 août 2011, par Frédéric Lordon

                                                          « Il y a beau temps que les agences, en matière de notation souveraine, ne font plus d’analyse financière, mais bien de la politique…. la mondialisation néolibérale va périr par la dette parce que, à l’encontre de l’idée reçue qui le présente comme la raison économique même, le néolibéralisme est fondamentalement le régime économique du surendettement généralisé…. il n’y a plus d’autre solution que des annulations massives – nous en sommes là.
                                                          ...
                                                           »Standard (& Poors) pourrait bien avoir raison – mais pas du tout comme elle croit. Signalons rapidement que sa place dans la structure générale de la finance libéralisée, au point focal de la production de l’opinion collective, la dote des moyens d’avoir plus probablement raison que le commun des agents, en fait même de se donner raison, puisque les effets qui suivent d’une telle dégradation à grand fracas sont tout à fait susceptibles, indépendamment du bien-fondé de la dégradation en question, d’entraîner une série de réactions parmi lesquelles les séquences : 1) dégradation → tension brutale sur les taux → renchérissement du coût de la dette → détérioration de la situation budgétaire et emballement de la dette → tension supplémentaire sur les taux, etc. ; et 2) dégradation → austérité forcée → récession → détérioration de la situation budgétaire et emballement de la dette → austérité renforcée, etc. – I told you so ! triomphe alors l’agence.« (Lordon)

                                                          Pour enfoncer le clou : ses notations se révèlent être des prévisions auto-réalisatrices. Doté d’un tel pouvoir, quel organisme n’en profiterait-il pas pour faire de la politique économique au niveau international en faveur des intérêts qu’il soutient ou des objectifs que leurs dirigeants poursuivent ?
                                                          ...
                                                           « Incidemment, le simple fait que des titres de dette (quels qu’ils soient) aient pu être tenus pour « l’actif sans risque » en dit long sur la voracité de la finance et le déplacement de normes qui s’en est suivi. Car normalement, l’actif sans risque ne peut offrir autre chose qu’un rendement… nul. Fut un temps – antérieur à la déréglementation financière – où seul le cash pouvait être authentiquement considéré comme « actif sans risque » – et encore, compte non tenu des pertes de valeur réelle éventuellement impliquées par une détérioration inflationniste de la monnaie. Mais être protégé du risque sans rien gagner, c’était bien trop peu pour la finance et ses nouveaux appétits. » (Lordon) Est-ce à dire que plus la banque octroie de crédits, et plus elle augmente ses actifs ? Et plus elle augmente ses actifs, et plus elle peut octroyer de crédits ? Pas assez de liquidités ? Quà cela ne tienne : elle emprunte à la BCE ! »


                                                        • robin 18 janvier 2012 13:39

                                                          Un article qui se pose la question "

                                                          Faut-il vraiment rembourser la dette souveraine ?"

                                                          sans parler de la forfaiture de la loi pompidou-giscard de 1973 est-ce bien sérieux ?

                                                          • lemouton lemouton 18 janvier 2012 15:46


                                                            sans parler de la forfaiture de la loi pompidou-giscard de 1973 est-ce bien sérieux ?

                                                            bien vu Robin..  smiley

                                                            Car la plus grande réussite du diable est de faire croire qu’il n’existe pas..


                                                          • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 13:51

                                                            @ robin


                                                            on se le demande

                                                            • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 13:58

                                                              @ JL1


                                                              Tres bon article, merci



                                                              • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 15:09

                                                                @ JL1


                                                                Votre analyse aussi a des vertus.

                                                                C’est l’abondance des opinions qui fait la valeur des raisonnements 

                                                                • Olivier CHAZOULE Olivier CHAZOULE 18 janvier 2012 15:12

                                                                  @ JL1


                                                                  Dans votre raisonnement vous mettez en avant la necessite pour l’Etat de depenser plus au lieu de contracter l’economie par rigueur budgetaire. C’est un mecanisme keynesien et vous avez probablemenr raison. Mais ce n’est pas aujourd’hui l’opinion qui prevaut en Europe.

                                                                  Cela peut changer, surtout a l’aune de la crise economique ((et pas seulement financiere). 
                                                                   



                                                                  • lemouton lemouton 18 janvier 2012 15:41

                                                                    Et allez zhou... je me répète. smiley

                                                                    Dépenses budget de la France 2010
                                                                    61 Milliards —> l’école
                                                                    46 Miliards —> la recherche et l’enseignement sup.
                                                                    44 Milliards —> Intérets de la dette (attention —> PAS le remboursement)
                                                                    37 Milliards —> la défense..

                                                                    previsions
                                                                    Dépenses budget de la France 2012
                                                                    1ere depense —> 50 Milliards —> Intérets de la dette —> argent jeté par la fenêtre je rappelle.

                                                                    et vous croyez que moi, cioyen je vais accepter ce pompage pendant encore longtemps.. smiley

                                                                    Qu’elles fassent faillite les banques, j’y perd tout et quoi....
                                                                    , demain sera un nouveau jour, un nouveau monde.. smiley


                                                                    • devphil30 devphil30 18 janvier 2012 16:43

                                                                      Le mouton est destiné à être tondu .....hi hi 


                                                                      Soyez sur que nous sommes presque tous dans le même cas à nous faire tondre mais à rembourser les intérêts à hauteur de 44 milliards , on rembourse quand le capital , c’est prêt in fine ou un prêt sans fin ????

                                                                      Philippe 

                                                                    • ottomatic 18 janvier 2012 15:52
                                                                      Sachant que cette dette est lié au fait que beaucoup de banquiers trainent dans les sphères de pouvoir avec la double casquette banquier/homme d’état, que vous ajoutez à l’ensemble la cupidité naturelle du banquiers, la faute pèse majoritairement sur les banquiers.
                                                                      OK, on vous rembourse mais seulement les sommes prêtés, pas les intérêts.

                                                                      L’intérêt du monde, c’est de laisser les banques crever au lieu de voir des pays et des centaines de millions de gens précipités dans la précarité.


                                                                      Rendez vous compte que 186000 personnes ont 40% du PIB mondial soit l’équivalent 25000 milliards ! En remboursant la dette, ce sont ces gens là qui deviennent encore plus riche !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès