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Accueil du site > Actualités > Economie > Fils à haute tension

Fils à haute tension

Les bons apôtres ! Vous souvenez-vous, d’avoir entendu ces fines mouches du FMI ou d’ailleurs, des commentateurs spécialisés, des penseurs universitaires officiels, vous prédire le cataclysme financier et social à venir en 2009, vous donner des points de repères sur ce qui pouvait advenir ? Non, bien sûr ! Même pas dans C dans l’air, l’émission urticante mais bien pensante de la Cinq. Pourtant, les spécialistes y grouillent, comme Monsieur Jacques Marseille.

Par contre, aujourd’hui fleurissent les mines compassionnelles et les « je vous l’avais bien dit ». Le fil de l’histoire. Aujourd’hui donc, la cause serait entendue : les spécialistes proclament qu’il faut « assainir le système financier ». Voilà bien le fond du problème : pour eux, il ne s’agit que d’assainir, quand il s’agirait d’en changer. Mais la manipulation demande de gagner du temps. On le voit bien : les pare-feu gouvernementaux allumés ici ou là selon l’urgence ne sont que des amortisseurs de réactions sociales, pour différer ou bloquer les colères. Les méthodes sont éprouvées, elles fonctionnent. La première consiste à circonvenir les solidarités. La deuxième à diviser les syndicats. Puis, diviser les travailleurs eux-même, ainsi que les corporations. Voilà les clé du sauvetage du système. Voyez récemment le cas des marins-pêcheurs, voyez chez Caterpilar.

Pour ce faire, la « communication » reste la clé du voûte du système de préservation de ceux qui possèdent, et donc ceux qui gouvernent : distiller l’information au dernier moment, différer sur des détails mais ne rien céder sur l’essentiel. Comme rallonger la corde de la chèvre pour qu’elle ait une impression de plus grande liberté autour du pieux enfoncé plus fort, qui la maintient. Le fil d’Ariane.

Ils ne varieront pas : ils ont décidé de s’occuper plus de la « relance » que du système lui-même. Car le système leur convient parfaitement, qui subit tout naturellement, rappellent-ils doctement, des cycles de « déprime » qui sont autant d’actualisations servant à la pérennité de sa course en avant.

Destruction d’emplois ? Hémorragie de chômeurs ? Ils pensent -mais ne le disent pas- que ces deux « paramètres » sont nécessaires au système ; ce volant de concitoyens « hors course » pour qui sont organisées des soupes populaires new look (le RSA augmente de 150 euros les ressources minimales !) permet aux rapaces de la finance des perspectives d’envolées nouvelles dans un monde de petits Madoff.

Aménager le système ? La dialectique à de ces pesanteurs ! Non, il disent que ne s’agit que de « s’adapter aux réalités de la mondialisation ». Même au sacrifice affiché de petits pas de deux sur une moralisation des revenus des « grands patrons » qui râlent et résistent dans le jeu de rôles, mais roulent en Porsche Cayenne.
Sale temps pour la tranquillité derrière la ligne Maginot des certitudes dans notre joli pays à la «  croissance négative  » et de « récession technique » : les grèves fleurissent ce printemps.

Mais avez-vous remarqué que les grèves commencent à main levée et se terminent par bulletin secret ou « référendum » en « salariés responsables ». Curieusement, ce ne sont pas les mêmes… Bizarre, non ? Regardez chez Caterpillar, justement, la mascarade des 733 suppressions de postes ramenées à 600. Nous verrons le résultat six mois après la réalisation des 600 suppressions de postes, ce qu’il sera advenue de la « pérennité » de l’entreprise. Le syndrome de Gandrange. Le système est si pervers qu’il réussi à faire accepter des « sacrifices » par ceux qui le font vivre.

La phase de « recomposition » du système ne demande pas de grandes connaissances du mécanisme : aujourd’hui, les charrettes de licenciements économiques (et les autres qui souvent en tiennent lieu par commodité) ne procèdent pour la plupart que de la simple anticipation d’une nouvelle façon de faire et produire. 

Il ne s’agit plus de savoir si les entreprises peuvent « tourner » avec tel nombre de salariés, mais pour l’employeur ou l’investisseur, à quel moment, à cause de pertes de pourcentage de profit jugées inacceptables, ils vont tout casser pour reconstruire ce profit. Mettez-vous à leur place : ils ne peuvent accepter de partager l’indispensable ; ils veulent aussi le superflu. Le fil du temps.

Quand tout ce petit monde sera « calé », -consensuel façon Soubié ou aux abonnés absents façon Medef- c’est à dire que la grande masse des « sans travail » sera tranquillement coite et assistée, faisant fonction d’épouvantails aux « encore salariés », et que les faiseurs de crise auront la certitude de pouvoir continuer à se goinfrer, alors, soudain, nous entendrons des commentateurs avisés chanter les vertus de la croissance retrouvée, que la récession est derrière nous (alors qu’ils ne l’avaient pas prévue ni nommée en temps réel !).

Déjà, ces derniers jours, le plan média nous les fait entendre : Alléluia ! en 2010, c’est la reprise ! « Reprise molle  », mais reprise. Reprise d’intérêts, bien sûr. Du fil à fil.

En attendant, un cycle de crispations se développe, qui remet dans la gamelle les ingrédients du pourrissement des situations, énervements sociaux, séquestrations, présences policières et actions patronales en justice. Mêlez à ceci la bipolarisation PS-UMP voulue par ces deux partis pour bloquer tout débat de fond avec les français et touillez. S’agrandissent alors les perspectives de désespérance au fil des jours.

Un nouveau modèle de société se ferait sans tous ? Alors, il pourrait y avoir du sport. Et des fils à haute tension.


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19 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 21 avril 2009 12:52

     l’ambiance va être de plus en plus electrique ! les Jacques Marseille ne voient t ils pas le mécontentemment grossir et grossir de l’immense masse de ceux qui ont été spoliés au profit de la caste des superprivilégiés ?


    • Alpo47 Alpo47 21 avril 2009 13:08

      Belle analyse, argumentée et .... vécue.
      Le but des gouvernants actuels, y compris B.Obama, est de, surtout NE RIEN CHANGER...
      Et, en même temps, j’ai tout de même l’impression que l’édifice se lézarde de partout. Aux USA, à la base de tout, la population prend conscience de qui est en train de profiter de la crise, essentiellement quelques banques d’affaire (J.P Morgan .. Goldman Sachs...), de l’enrichissement des uns et de la paupérisation des autres...
      Ailleurs, la même prise de conscience grandit. Le dégout et la révolte gronde. Certains commentateurs, et même Villepin, parlent de situation pré-révolutionnaire, de plus en plus souvent.
      Même si la manipulation ou la rétention d’information est constante dans les grands médias, la plupart d’entre nous pouvons prendre conscience que les efforts et sacrifices sont réservés aux « classes moyennes » , salariés et chomeurs. Les riches, eux, bénéficient de tous les avantages de la politique actuelle. D’ailleurs au paquet fiscal, il faut ajouter le scandale des niches fiscales, qui permettent, en investissant au lieu de payer des impots, de faire grandir
      encore ses revenus.
      Je ne pense pas que le « système » en place puisse ainsi perdurer, meme si la capacité de révolte de la majorité est très, très émoussée..


      • Raphael JORNET Raphael JORNET 21 avril 2009 14:35

        Merci Alpo47... bien d’accord... et bravo pour votre millier de commentaires !


      • Vinrouge 21 avril 2009 13:33


        Pas le moins bien écrit, mais tout de même le N-Millionième article qui se plaint : « les méchants patrons bouffent la laine sur le dos du gentil travailleur ». Vous voulez changer les choses ? C’est le cas de beaucoup ! Alors proposez !!!

        En un mot comme en cent, à quoi sert cet article, si ce n’est que ressasser une chose que tout les lecteurs de ce site connaissent et reconnaissent ?

        Se morfondre sur le passé, sur le fait que « ça va péter » - comme on l’entend depuis au moins 10 ans -, ne fait rien avancer - ou alors, ça se saurait, car, encore une fois, ça fait au moins 10 ans qu’on entend les mêmes choses.


        • Raphael JORNET Raphael JORNET 21 avril 2009 14:32

          Merci de votre commentaire, Vinrouge ! J’ai pu voir que vous désiriez aussi faire « bouger les choses » dans votre « Lettre ouverte à Monsieur le Premier Ministre sur le temps de travail des cadres » du 24 juillet dernier, et je vous en félicite ! Sans « ressasser » ou se « morfondre » et pour « faire avancer », bien entendu !
          Je serais intéressé de la réponse faite …

        • Marianne Marianne 21 avril 2009 17:08

          « Vous voulez changer les choses ? C’est le cas de beaucoup ! Alors proposez !!! »

          Ce texte a au moins une qualité, celle de ne pas entretenir d’illusion ni sur la régulation de ce système en faillite que nous promettent les dirigeants du G 20 ni sur les remèdes que proposent les deux principaux partis en France (pour l’instant) l’UMP et le PS.

          « Alors proposez !!! » Des personnalités politiques et de simples citoyens proposent des solutions mais le problème est qu’on ne les entend pas dans les grands médias d’information où ils sont censurés.

          Comment ? D’abord en faisant la critique de ce qui ne marche pas - en tout cas pour la grande majorité des gens - pour dégager les mécanismes qui nous conduisent dans le mur.

          Puis, proposer et défendre une autre logique, un autre moteur de l’économie qui ne mette plus au centre des sociétés humaines la recherche du profit et son pendant l’exploitation de millions d’hommes, de femmes et d’enfants mais l’homme et l’épanouissement de tous dans le respect de l’environnement.

          Concrètement, des propositions existent.

          Par exemple :

          L’Europe qu’on nous vante régie par les traités de Maastricht puis de Lisbonne est basée sur le principe de concurrence libre et non faussée, y compris pour les services publics (directive Bolkenstein) et sur la libre circulation des capitaux qui conduit à un moins-disant social et à la remise en cause des acquis sociaux de nombreux pays.

          Ne faudrait-il pas au contraire faire adopter et inscrire dans les textes de cette Union des Etats européens des règles radicalement différentes, à l’opposé de cette concurrence de tous contre tous, basées sur la satisfaction des besoins des populations et sur la coopération et l’entraide entre ces pays ?

          Même chose au niveau international. Ne pourrait-on pas changer les critères d’attribution d’aides aux pays pauvres du FMI et de la Banque mondiale basés sur la rentabilité financière de leurs économies et le développement de secteurs rentables à l’exportation mais qui n’apportent aucun mieux-être à leur population ?
           
          A l’inverse ne faut-il pas défendre et faire adopter au niveau international des critères basés sur la satisfaction des besoins de ses populations, en les aidant notamment à développer des services publics innovants et des activités ayant des retombées directes pour ses peuples ?

          Ne faut-il pas interdire les licenciements boursiers ?

          Et créer - notamment en France - un organisme public de crédit qui conditionne les aides aux entreprises à de véritables créations d’emplois et de services aux populations ainsi qu’au respect de l’environnement, plutôt qu’à une rentabilité privée et à court terme favorisant la spéculation et la création de « bulles » financières à grande échelle ?
           
          Ces bulles qui - on le voit avec la crise actuelle et les crises passées du capitalisme - profitent à quelques privilégiés mais sont désastreuses pour l’immense majorité des habitants de la planète et pour la planète elle-même.

          Des propositions existent donc et ne demandent qu’à être débattues pour sortir de l’ornière où nous placent les tenants du libéralisme.

          http://www.dailymotion.com/relevance/search/union+dans+les+luttes%2C+Union+dans+les+urnes/video/x8pwrf_union-dans-les-luttes-union-dans-le_news


        • Marianne Marianne 22 avril 2009 08:19

          Ne faut-il pas interdire les licenciements boursiers ?

          En tout cas, les salariés de Continental Clairoix ont hier répondu à leur manière à cette question en mettant à sac la sous-préfecture de Compiègne pour avoir été déboutés par le tribunal de Sarreguemines (Moselle). Mise à sac symbolique aussi contre l’inaction du gouvernement qui disait vouloir jouer un rôle de médiateur dans cette affaire mais refusait hier après-midi de rencontrer les syndicats. 

          Jeudi, 1 128 salariés se rendent en train à Hanovre pour manifester, avec leurs collègues allemands, devant le siège du groupe où se tiendra l’assemblée générale des actionnaires.

          Il est vrai que les ouvriers de Clairoix ne surfent probablement pas sur Agoravox, mais après les ouvriers, ce sera au tour des professions intermédiaires et des cadres. Personne n’est plus à l’abri. 3.000 licenciements par jour en France aujourd’hui ! 

          Pour préserver leurs marges et les dividendes de leurs actionnaires, les affairistes ne font pas dans la dentelle, avec l’aide d’un gouvernement et d’institutions européennes tout acquis à leur cause....


        • Vinrouge 22 avril 2009 12:08

          Monsieur Jornet,
          j’avais en effet écrit cet article en juillet, mais force est de constater que ce type d’article ne change rien à rien : il n’y a pas lieu de m’en féliciter smiley (d’ailleurs, je ne suis pas particulièrement « fier » de cet article dont la qualité n’est pas au niveau que je considère nécessaire pour faire avancer le schmilblick : il est à peu près ordonné et structuré,mais le « fond » est incomplet. En pensant au temps qu’a demandé sa rédaction, au temps qui me reste à la fin de mes longues journées de travail, et au résultat obtenu, je ne rédige plus d’articles ! )

          Sur le fond, de toute façon, je ne crois pas particulièrement au changement : les comportements qui sont à la source des dysfonctionnements dont nous sommes témoins sont les plus largement partagés et ne sont pas près de changer je le crains. Je pense à l’individualisme, au narcissisme et à leur corollaire économique : la différentiation par la consommation.


        • TSS 21 avril 2009 13:44

          2 nouvelles ce matin :

          1)un spécialiste annonce 800000 chomeurs de plus en 2009(100000 par mois) !!

          2)la CGT (Thibaud)conseille aux patrons sequestrés de porter plainte(quel syndicat) !!

          ça va peter !... vive SUD... !!


          • LE CHAT LE CHAT 21 avril 2009 14:36

            C’est l’OFCE , mais c’est sur 2009-2010 , dont les deux tiers en 2009

            mais ça fait beaucoup plus que ce que veulent nous faire croire nos gouvernants !


          • mouton-garou mouton-garou 21 avril 2009 13:52

            Merci pour cet article !

            « Car le système ... subit ... des cycles de « déprime » qui sont autant d’actualisations servant à la pérennité de sa course en avant. »
            Très bien dit, je rajouterai que cette « course en avant » de l’économie est avant tout induite par l’application de l’usure sur la création monétaire (exclusive aux banques privées mais c’est un autre probleme). 

            « Alléluia ! en 2010, c’est la reprise ! « Reprise molle  », mais reprise. Reprise d’intérêts, bien sûr. »
            D’ailleurs vous le redites ici, ce que vous nommez interêts, j’appelle çà l’usure et je pense sincèrement que c’est un réflexe verbal à adopter systématiquement.
            Comme de rappeller le mot « exponentiel » chaque fois que l’on nous parle de croissance.


            • Marianne Marianne 22 avril 2009 11:38

              Continental, Caterpillar, Molex, la colère monte et les évènements se précipitent.

              Aussi, est-il prématuré d’affirmer que cette année 2009 ne sera pas celle d’une Révolution tant le ras-le-bol grandit.

              Après avoir endommagé la sous-préfecture de Compiègne pour protester contre l’inaction du gouvernement et sa complicité tacite avec la multinationale, les 1128 salariés de l’usine de Clairoix se rendent jeudi à Hanovre pour manifester avec leurs collègues allemands devant le siège du groupe où se tiendra l’assemblée générale des actionnaires.

              Dans les universités où la mobilisation s’amplifie de jour en jour contre la loi Pécresse et les projets de privatisation de l’université - et ce malgré le silence assourdissant des médias dominants -, les assemblées générales se multiplient et la ronde infinie des obstinés n’en finit pas de tourner dans de nombreuses villes de France...

              L’Appel des appels regroupe quant à lui de nombreux professionnels de la santé, de la justice, de l’éducation qui en ont assez des restrictions budgétaires et des choix gouvernemantaux allant à l’encontre de la qualité des services publics.et qui recherchent depuis plusieurs semaine la convergence nécessaire pour se faire entendre des décideurs :

              http://karimsarroub.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/01/09/appel-des-appels.html

              La journée du 1er mai pour laquelle 8 syndicats appellent à manifester de façon unitaire sera sans aucun doute historique.

              Un éclairage intéressant : celui de Sophie Wahnich ,historienne au CNRS, chercheuse au CNRS-Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales (Laios-IIac), parue dans le Monde du 4 avril sous le titre :

              « Après 1789, 2009 ? »  : 

              http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/04/04/apres-1789-2009_1176699_3224.htmlous

              Extrait :

              « Le mot d’ordre qui circule »nous ne paierons pas votre crise«  met en évidence cette division sociale entre un »nous« , les opprimés, et un »vous », les oppresseurs. Mais elle a surgi également dans l’enceinte de Sciences Po Paris. Des étudiants de l’université étaient venus chercher des alliés dans cette maison. Ils ont été éconduits et parfois insultés, qualifiés de futurs chômeurs dont les étudiants de Sciences Po auraient à payer le RMI. Cette violence symbolique traverse déjà donc différents segments de la société et ne peut qu’attiser la rébellion de ceux qui se sentent ainsi bafoués par une nouvelle morgue aristocratique. Les étudiants venaient chercher des alliés, ils ont rencontré des ennemis.

              Mais le « nous » des opprimés n’est pas constitué uniquement des précaires, chômeurs, ou futurs chômeurs, il est constitué des classes moyennes qui sont précarisées, des classes lettrées qui manifestent et se mettent en grève pour défendre une certaine conception de l’université et des savoirs. Il est constitué de tous ceux qui, finalement, se sentent floués et réclament « justice ». A ce titre, les mouvements sociaux de cet hiver et de ce printemps sont déjà dans la tentation naturelle de refaire 1793. Ils veulent plus de justice et pour l’obtenir affirment que, malgré les résultats électoraux, ils incarnent le souverain légitime.

              Une loi, aujourd’hui, a été votée pour agrandir cette classe d’ilotes, mais le gouvernement refuse que l’impôt sur les immenses richesses puisse venir en aide aux « malheureux ». Le pacte de la juste répartition des richesses prélevées par l’Etat semble avoir volé en éclats quand les montants des chèques donnés aux nouveaux bénéficiaires du paquet fiscal ont été connus : les 834 contribuables les plus riches (patrimoine de plus de 15,5 millions d’euros) ont touché chacun un chèque moyen de 368 261 euros du fisc, « soit l’équivalent de trente années de smic ». Une dette de vies.

              Lorsque Jérôme Cahuzac, député du Lot-et-Garonne, affirme qu’il est « regrettable que le gouvernement et sa majorité soient plus attentifs au sort de quelques centaines de Français plutôt qu’aux millions d’entre eux qui viennent de manifester pour une meilleure justice sociale », il retrouve en effet le langage révolutionnaire. Ainsi le cahier de doléances du Mesnil-Saint-Germain (actuellement en Essonne) affirme : « La vie des pauvres doit être plus sacrée qu’une partie de la propriété des riches. »


            • Atlantis Atlantis 26 avril 2009 09:18

              La journée du 1er mai pour laquelle 8 syndicats appellent à manifester de façon unitaire sera sans aucun doute historique.

              Je sais pas dans quel monde vous vivez. L’objectif des puissants (et les syndicats en sont les complices, faut être aveugle pour pas le voir), depuis des années, vise une et une seule chose : le maintien de leur pouvoir. ça tout le monde l’a compris. Ce que personne ne voit ou ne veut voir (confondant l’éléphant avec un mur, tellement il est gros dans le couloir) c’est que tous les faisceaux convergent vers un néoféodalisme.

              La clé comme toujours, sera de savoir de quel coté sera l’armée. Si elle soutient le peuple ignare, on virera vers le chaos et probablement guerres voire guerres civiles. Si elle soutient les puissants, ceux qui n’ont pas commencé à zapper vers de l’alternatif (i.e la grande majorité) seront les grands perdants.


            • Gandalf Tzecoatl 22 avril 2009 12:40

              Il est sympathique d’intellectualiser par derrière les grognes, et d’espérer en tirer les ficelles. Quels sont les seuls leitmotivs de ces grognes ? Du travail et du pouvoir d’achat.

              Est ce bien raisonnable à l’heure où on parle d’épuisements des ressources, de réchauffement climatique, de 7ème continent, de disparitions de milliers d’espèces ?


              • Blé 23 avril 2009 07:04

                Une réflexion et un petit calcul d’un téléspectateur anglais.

                " La planète compte 6,7 milliards d’habitants. Si on prend seulement les 700 milliards de dollars américains pour soutenir les banques et qu’on les divisent par les 6,7 milliards de personnes qui vivent sur terre, cela équivaudrait à 104 millions de dollars par habitants. Si on avait remis cet argent à chacun des habitants de la planète, non seulement on aurait éradiquer la pauvreté mais tous les habitants de la terre seraient devenus millionnaires" !!

                Cette réalité que l’on ne veut pas voir.


                • Radix Radix 26 avril 2009 14:06

                  Bonjour Blé

                  Désolé mais celà ne fait que 104 dollars par habitant !

                  J’ai fait la même erreur !

                  Radix


                • frédéric lyon 26 avril 2009 09:07

                  « Précédemment, je n’étais pas à même de reconnaître avec la clarté désirable, la distinction entre ce capital proprement dit, dernier aboutissement du travail productif, et le capital dont l’existence et la nature reposent uniquement sur la spéculation.
                  J’en étais désormais capable grâce à un des professeurs du cours dont j’ai parlé, Gottfried Feder.
                  Pour le première fois de ma vie, je conçus la distinction entre le capitalisme international de bourse et celui de prêt.

                   — Adolf Hitler, Mein Kampf, tome 1, chapitre VIII, p. 208-209

                  « Lorsque j’entendis le premier cours de Gottfried Feder sur « la répudiation de la servitude de l’intérêt du capital », je compris immédiatement qu’il devait s’agir ici d’une vérité théorique d’une importance immense pour l’avenir du peuple allemand. La séparation tranchée du capital boursier d’avec l’économie nationale présentait la possibilité d’entrer en lutte contre l’internationalisation de l’économie allemande,
                  [...]
                  La lutte contre la finance internationale et le capital de prêt est devenu le point le plus important de la lutte de la nation allemande pour son indépendance et sa liberté économique. »
                   — Adolf Hitler, Mein Kampf, p.212


                  • frédéric lyon 26 avril 2009 09:20

                    Certains penseurs libéraux comme Ludwig Von Mises ou Friedrich Hayek ont développée l’idée que le national-socialisme et le socialisme, au delà des mots, avaient un mode de gouvernement similaire pour celui-là, une parenté idéologique pour celui-ci.

                    Pour le premier, socialisme et nazisme impliquent le même mode de gouvernement : « La marque essentielle du socialisme est que seule une volonté unique agit. Peu importe de savoir de qui c’est la volonté. ... L’organisation et l’ordre planifié sont substitués à l’« anarchie » de la production et aux diverses initiatives des gens...

                    En désignant ce directeur par le terme de société (comme font les marxistes), ou les mots d’Etat (E majuscule), de gouvernement ou d’autorité, on est enclin à oublier que le directeur est toujours un être humain, et non une notion abstraite, une mythique entité collective. »

                    (Mises, l’action humaine, XXV, 3)


                    • frédéric lyon 26 avril 2009 09:58

                      « Nous sommes socialistes, nous sommes des ennemis, des ennemis mortels de l’actuel système économique capitaliste avec son exploitation des personnes faibles économiquement, avec l’injustice des salaires, avec son immoral classement des hommes suivant leur fortune et leur argent au lieu de leur responsabilité et de leur travail et nous sommes résolus à anéantir ce système quelques soient les circonstances. »

                      Gregor Strasser, 1927.

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