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Accueil du site > Actualités > Economie > Fin de partie pour l’Euro

Fin de partie pour l’Euro

L’existence même de l’Euro se retrouve aujourd’hui menacée. Cette monnaie unique servant de trait d’union entre des économies très diverses est ainsi sur le point de rendre l’âme. Faute de mécanisme inhérent à l’Union Européenne qui permette les transferts fiscaux, l’Euro est en donc aujourd’hui réduit à diffuser de la crise économique et bientôt des chocs politiques en lieu et place de stimuler la croissance et la prospérité… Le rêve européen s’est donc transformé en instrument de torture tourné contre des nations qualifiées d’irresponsables et qui ne doivent être secourues qu’en ultime recours afin d’éviter aux pays « sains » d’être contaminés par leurs déficits. Complétons cette description tragique par l’évocation de taux d’intérêts européens ayant été remontés – de manière invraisemblable et par deux fois ! – ces derniers mois et par une austérité (imposée aux nations indisciplinées) qui achève d’y étouffer toute perspective de croissance en aggravant irrémédiablement la dynamique de leurs déficits.

Le défaut de conception européen – selon lequel un pays en difficulté ne peut faire appel à la politique monétaire ou bénéficier de transferts budgétaires afin de régler ses problèmes intérieurs – est en train de déboucher sur une crise majeure, économique et financière certes, mais également politique car ces nations se rendent compte qu’elles ne reçoivent aucun soutien en échange de l’abandon de leur souveraineté. Il va pourtant de soi que seuls des mécanismes de transferts de liquidités en direction de ces nations en grand péril sont susceptibles de remédier à leur perte de solvabilité tout en inversant des courbes du chômage et des revenus qui évoluent dans un sens extrêmement défavorable et bien-sûr inverse. Pire encore puisque les tentatives de la part de ces pays fragilisés de relancer leur consommation intérieure ont été vertement balayées d’un revers de main par les pays « exemplaires » ayant systématiquement et partout imposé une rigueur ayant achevé d’asséché leur paysage économique.

Un rappel élémentaire des différences fondamentales entre pays souverains et nations ayant abdiqué tout contrôle sur leur politique monétaire aurait cependant permis d’éviter l’implosion européenne. L’insolvabilité des pays d’Europe périphérique n’aurait effectivement jamais été remise en question s’ils avaient été pleinement soutenus par une Union Européenne qui dispose du privilège d’imprimer à volonté une monnaie liquide et convertible qu’elle est à même d’injecter en direction de ses membres nécessiteux. Un groupement de pays bénéficiant de cette faculté de créer une devise, couvrant une telle zone géographique et reflétant une telle force de frappe ne peut jamais fait faillite, sauf de son propre gré comme le démontre le récent épisode américain où le Congrès rechignait à relever le plafond de l’endettement. Le Japon, dont les ratios des dettes ramenés au P.I.B. sont plus du double des nations les moins enviées des PIIGS, ne s’acquittent-il pas – grâce à un Yen qu’il imprime en masse – de taux négligeables sur sa dette souveraine ? Un pays bénéficiant d’une assise certaine – et qui a la chance d’emprunter dans sa propre devise ! – sera ainsi toujours en mesure de créditer des comptes, de payer ses intérêts et ses factures via l’activation de sa planche à billets…

L’Union Européenne n’a cependant pas voulu faire appel à cette solution basique et, aujourd’hui et à ce stade, elle ne le peut plus car elle manque de temps ! Alors la BCE s’est certes remise à acheter les Bons du Trésor de ces pays fragilisés afin de tenter de rassurer quant à leur solvabilité mais elle ne fait que gagner un tout petit peu de ce temps précieux qu’elle et tous les dirigeants de l’Union ont négligemment gaspillé. Cette fièvre acheteuse – qui ne règle en rien les problèmes de fond – la met en outre dans une position très inconfortable car, très clairement, elle devient de facto un acteur majeur dans les enjeux fiscaux et budgétaires intra européens. Voilà donc cette institution qui– sans aucun mandat électif – décide, à la faveur de ces achats de Bons du Trésor émis par tel ou tel autre pays, de transferts de liquidités en faveur de telle ou de telle autre nation alors que des décisions cruciales et sensibles de cette nature se doivent d’être de la seule responsabilité des élus européens et nationaux… En l’absence de toute autre institution européenne, la BCE est pourtant aujourd’hui le seul et unique instrument dont on fait usage (à contre emploi, presque contre nature et au milieu des tirs de barrages allemands) comme courroie de transmission financière au sein des membres de l’Union.

Pourtant, ces mêmes allemands qui ne tarissent pas de critiques envers les grecs ou les portugais et leurs gouvernements laxistes taxés de ne pas assez payer d’impôts, de ne pas travailler assez dur ou de se la « couler douce » en profitant de prêts fort avantageux consentis pas les banques du Nord, ces allemands devraient sérieusement revenir à la réalité et saisir les schémas de fonctionnement de leur modèle à l’exportation. L’attitude allemande n’est-elle pas déconcertante alors même que ses propres comptes ne sont précisément excédentaires que par la grâce de ces nations qualifiées de dépensières et vivant au-dessus de leurs moyens ? La balance commerciale de l’Union par rapport au reste du monde étant plus ou moins équilibrée – c’est-à-dire qu’elle exporte hors de son territoire autant que ce qu’elle en importe – et l’Allemagne étant de très loin le principal exportateur européen, cette situation n’est rendue possible qu’à la faveur d’une solide demande intérieure émanant des autres pays européens qui, si elle devait décliner sérieusement, menacerait dangereusement les intérêts allemands. Comment ces nations indisciplinées seraient-elles en mesure de réduire leurs déficits massifs – et donc de forcément modérer leur fièvre dépensière – dans une conjoncture où le partenaire commercial dominant (l’Allemagne) se doit de continuer à enfler ses excédents sans pouvoir compter sur un Euro qu’il n’est pas capable de dévaluer sur les marchés internationaux ?

L’Allemagne est ainsi un des passagers de ce paquebot qui chavire – passager de première classe certes – mais qui sera affecté comme tous les autres par la coulée à pic du projet européen… L’Union et les technocrates qui la dirigent en sont néanmoins toujours au stade du déni en dépit de mesures d’austérité imposées à des populations meurtries qui exacerbent encore et toujours plus les déficits tout en parachevant la fracture politique du continent. Ainsi et malgré le stade très avancé de la maladie, voire la situation moribonde de l’Union, les dirigeants européens et nationaux font toujours preuve d’une absence pitoyable et de volonté politique et d’inventivité conceptuelle pour sauver l’Euro. Et pour cause puisque le pays le plus riche de cette Union est comme tétanisé et que ses dirigeants sont systématiquement en retard d’une bataille par rapport aux évènements. Sans oublier bien-sûr leurs sempiternelles admonestations en direction des peuples et des gouvernements du « Club Med » et leur rejet catégorique et sans appel de toute innovation qui pourrait permettre à ces pays de respirer un peu mieux (et de stabiliser les marchés) comme l’augmentation du Fonds de Stabilité ou la mise en place des « eurobonds »…

Il est donc plus que probable que l’Allemagne se retirera prochainement de l’Union monétaire, croyant ainsi sauver son économie et conforter ses citoyens industrieux, tout en cherchant à recapitaliser ses banques. Elle attirera vraisemblablement dans son orbite les pays du Benelux et l’Autriche et sera ainsi à même de reconstituer un bloc autour d’un deutschemark tout puissant qui rachètera à bon marché le reste des actifs européens. Une sorte d’ « anschluss” économique.


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33 réactions à cet article    


  • lechoux 20 août 2011 19:15

    Très bonne analyse, bravo !!!!

    Sauf pour : « Quand l’Allemagne devenant à nouveau l’éléphant continentale verra se diriger vers elle le feu des boulets anglo-saxons. »
    Je ne suis pas certain que les anglo-saxons voient d’un mauvais œil le ramassage de l’économie de la France et du Sud de l’Europe. Je dirais même qu’ils aident les allemands à mettre la main sur les richesses des nations concernées.


  • lechoux 21 août 2011 10:17

    Bravo pour votre résumé historique des événements ouest européens.

    Vous avez raison sur toute la ligne dans le fond, autant concernant les anglais que les américains. D’ailleurs, ces derniers ont créé une guerre à notre porte pour couler notre économie et en plus ils ont trouvé ces crétins de français pour être en première ligne !

    De Gaulle était le dernier gouvernant purement français, à part peut être Mitterrand, quelque peu.

    En contre partie, vous vous méprenez complétement en stratégie, ce que pourtant vous avez correctement analysé dans la première et dernière partie de votre message :

    « RIEN, aucune puissance continentale ne doit être assez forte pour remettre en cause les intérêts Anglais. »

    "Si les Allemands reprennent du casque à pointe, la perfide Albion redeviendra tout sucre et miel avec nous et les Russes pour casser le danger.« 

    Vous avez déduit que par intérêt une nation peut virer sa cuti ou son kilt, au choix.

    Je veux dire par là, pour confirmer mon intervention, que les anglais ont intérêt à aider les allemands à casser les français, pour l’instant. Et pourquoi pas de créé une guerre entre ces deux nations, comme dans un passé récent.

    Je vous conseil de lire Sun Tzu. Par exemple : »Rassures ton ennemi, laisses le croire qu’il est le plus fort« .

    Bien à vous.

     »1000 ans que ça dure. C’est têtu un Anglais."

    Ils ont du sang français, ce sont les rois francs qui ont créé l’Angleterre, ne l’oubliez pas.


  • Alpo47 Alpo47 20 août 2011 11:00

    L’euro, instrument pour les « marchands » a été un grand facteur d’inflation (au moins le double de l’officielle) pour les européens (je rentre du marché fermier). Qu’il disparaisse donc ... Evidemment, les économistes du Système nous prédisent l’apocalypse ... histoire de mettre l’ambiance. Manipulation, comme d’habitude.

    La question n’est plus de savoir s’il va s’effondrer, mais quant et comment ?

    Le plus grand souci des peuples européens, c’est la collusion des politiques et du système financier, qui, in fine, tire les ficelles. Ceux ci, toute honte bue, veulent répondre à l’effondrement du projet européen, par ... plus d’europe.
    On ne peut pas attendre de décision favorable de leur part, sans la leur imposer. Or, aucun leader (sauf marginaux)j ne vient porter un autre projet, définir une autre politique.

    Tiens, Laurent Joffrin, dans le Nouvel Obs, cherche peut être à rattraper ses dernières bourdes en pondant un excellent papier, bien qu’incomplet.


    • Antoine Diederick 20 août 2011 16:02

      Laurent Joffrin a écrit un très mauvais papier qui ne rend absolument pas compte de la réalité....

      c’est vide, du vent, je le crois (je le connais pas) assez intelligent pour ne pas avoir écrit cela, à mon avis un stagiaire....

      comment est-il possible d’écrire un papier qui ne correspond absolument pas à la réalité européenne...

      et encore, supprimons le mot « européenne », à la situation tout court...

      demain vous aurez oublié son contenu....

      désolé, mais cela me fait bondir ce genre de texte....

      de quoi parle-ton ?


    • Antoine Diederick 20 août 2011 16:06

      ou comment expliquer la situation en faisant un détour aux EU.....

      il noie le poisson....la gauche française donnant des leçons à la droite us....rigolo non ?

      allez retour au fondamentaux....

      je crois que je vais prendre des vacances....

       smiley smiley

      c’est fou tout de même les leaders d’opinion....


    • Alpo47 Alpo47 20 août 2011 20:05

      Et bien ... monétiser la dette et mettre en place une réforme fiscale qui rende l’impot proportionnel va dans le bon sens, même si cela ne suffira pas.
      Enfin, dans le sens des intérêts de la majorité, pas de ceux des rentiers, évidemment ...


    • gonehilare gonehilare 20 août 2011 11:20

      « ...les dirigeants européens et nationaux font toujours preuve d’une absence pitoyable et de volonté politique et d’inventivité conceptuelle pour sauver l’Euro. »

      L’Euro est une monnaie de technocrates...

      Censé renforcer, voire accélérer la cohésion politique de l’U.E, on se rend compte aujourd’hui que ses fondations n’ont pas été prévues aux normes antisismiques.

      Un mortier qui s’avère être de bien piètre qualité, structurellement incapable d’enrayer la chute des pierres de l’édifice Européen .

      A quoi bon, dans ces conditions, s’obstiner à vouloir « sauver » ce qui a été mal conçu à l’origine ? 


      • lechoux 20 août 2011 19:19

        Connaissez-vous le blairisme ? C’est un discours de gauche et une politique appliquée de droite, voire...

        Pourquoi donnez-vous crédit aux discours ? On reconnaît un arbre à ses fruits.


      • Kobayachi Kobayachi 20 août 2011 15:29

        Fin de partie pour l’Euro ?

        Vous seriez pret a parier votre argent sur la fin de l’Euro ?
        Moi oui, je suis pret a parier toutes mes economies sur le fait que l’Euro va survivre. Si cela vous interresse Mr. Santi, contacter moi et on pourra metre cela sur papier.

        A moins bien sure que vous meme ne croyez pas a ce que vous ecrivez et votre but n’est que de jouer avec la peur des gens (qui n’ont surement pas votre niveau d’education economique ou le miens)


        • Pyrathome Pyrathome 20 août 2011 16:56

          A moins bien sure que vous meme ne croyez pas a ce que vous ecrivez et votre but n’est que de jouer avec la peur des gens (qui n’ont surement pas votre niveau d’education economique ou le miens)

          Un tel « niveau d’éducation » vous autorise t-il à faire autant de fautes d’orthographe ?
          à vous priver des accents ?
          Vous feriez peut-être un très bon élève de cours préparatoire avec un « tel niveau » d’éducation, tentez votre chance !! smiley


        • Michel Santi Michel Santi 20 août 2011 17:44

          Pyrathome : ceci est joliment dit...


        • lechoux 20 août 2011 19:22

          Je crois plutôt qu’il s’agit d’un financier qui utilise un clavier QUERTY.
          Vous savez, pour cette langue officielle des affaires, vous en avez sûrement entendu parlé.


        • lechoux 20 août 2011 19:25

          @ Kobayachi : N’allez surtout pas dévoiler la réalité à celui qui ne veut pas la voir. Je lis depuis longtemps Mr Santi.
          Soit il a vendu son âme au diable, soit il prêche le faux pour connaître(ou plutôt confirmer) le vrai.
          C’est un bon stratège, vous avez sûrement entendu parlé des Phéniciens...


        • Kobayachi Kobayachi 21 août 2011 14:29

          Je vous l’accorde, il s’agit certainement d’un manque de respect envers les lecteurs de ce forum que d’écrire un message a la va vite sur un clavier Qwerty sans utilisé le correcteur d’orthographe.
          De plus ma langue maternelle n’est pas le français, j’habite en Allemagne depuis quelques années après avoir vécu plusieurs années en France et aux USA.

          Mais sur le fond, je maintiens ce que j’ai dit : cet article n’apporte aucun argument valide, rationnel ou vérifiable pour prédire la fin de l’Euro. De plus il oublie d’expliquer le fonctionnement de notre système monétaire pour inciter le lecteur à avoir une réaction purement émotionnelle.

          De la même manière les medias en générale nous informent que la seule solution pour l’Euro est d’avoir une unification fiscale et politique européenne pour soutenir notre monnaie, sans jamais se donné la peine d’expliquer pourquoi. 


        • lechoux 22 août 2011 15:26

          Vous utilisez bien la langue française pour un étranger, mieux que certains français.

          Vous critiquer sur votre orthographe c’est avouer un manque d’arguments. Et ce qu’il faut savoir sur les français, c’est qu’ils sont prêts à vous critiquer parce que vous avez une perspicacité qu’ils n’ont pas. Les français sont plutôt bovins, suiveurs et se croient les meilleurs du monde. Alors, lorsqu’ils ont affaire à plus intelligent qu’eux, c’est anormal, étant donné leurs paradigmes. Hypocrisie quand tu nous tiens !

          En ce qui concerne l’euro, sa fin est probable et défenderait les intérêts des pays partie prenante. Faire peur sur cette fin, comme le fait Mr santi, fait partie du show organisé pour nous faire avaler une pilule un peu trop grosse, ou bien parce qu’ils sont pressés.

          « De la même manière les medias en générale nous informent que la seule solution pour l’Euro est d’avoir une unification fiscale et politique européenne pour soutenir notre monnaie, sans jamais se donné la peine d’expliquer pourquoi.  »

          Du show tout ça, l’intégration accélérée, c’est ce qu’ils projettent.


        • HELIOS HELIOS 20 août 2011 17:07

          ... L’euro est loin d’etre fini...

          D’ailleurs, rous nos problemes ne viennent pas directement de l’euro, tout le monde l’a bien compris, mais de l’independance perdue des banques centrales nationales.

          Les pays de la zone euro, les 17 pays donc, peuvent parfaitement retrouver un fonctionnement serein en utilisant l’euro comme monnaie faciale.
          Cela demande evidement quelques ajustements techniques et surtout une grande volonté politique que les technocrates de Bruxelles ne veulent entendre ...

          S’il faut, de façon urgente, remettre en cause « L’euro », c’est a travers differents concepts absoluments intolerables, mais la monnaie, elle ne souffrira pas de cette remise en cause.

          Militons des maintenant pour « sortir » de l’euro.... ce mauvais euro que nous connaissons, mais gardons notre monnaie , "l’euro’ qui nous sert parfaitement.


          • lechoux 20 août 2011 19:28

            "Cela demande evidement quelques ajustements techniques et surtout une grande volonté politique que les technocrates de Bruxelles ne veulent entendre ..."

            Parce que vous croyez que les technocrates de Bruxelles défendent les intérêts des européens.

            Vous êtes crédule ou, je crois, plutôt zélote.


          • Blé 20 août 2011 17:24

            Il me semble qu’une bonne partie des français avaient compris que l’ euro n’ était pas mis au service des peuples mais au service de la finance. Les évènements depuis 2008 confirment que leur « non » à la monnaie unique était légitime même si tous ne comprennent pas (comme moi) toutes les subtilités financières et économiques.

            Une remarque : jusqu’à présent quelque soit la situation catastrophique des pays de la zone euro endettés, seuls les peuples de ses pays se serrent la ceinture. Pour casser le modèle sociale européen, s’il n’ y avait pas la dette, je reste persuadée que les puissants de la finance auraient trouver une autre stratégie, l’ essentiel étant de maintenir les populations entre l’ enclume et le marteau.


            • lechoux 20 août 2011 19:37

              Oui, vous avez raison : l’outil « dette » est le moyen de vol des richesses des nations par les ultra-libéraux. Voyez le DVD sur la casse de l’Argentine, tout y est expliqué.

              En résumé :
              A/ 1 pesos = 1 dollar
              B/ les produits importés sont au même prix que les produits nationaux
              Ca/ la population achète des produits importés de meilleure qualité et au même prix que les produits nationaux
              Cb/ destruction de l’économie nationale par absence d’achat des produits nationaux
              Cc/ perte d’emploi, endettement des personnes
              D/ développement de l’endettement privé (pour ceux qui travaillent encore) et national en dollar (indirectement)
              E/ dévaluation du pesos parce que l’endettement n’est plus tenable
              F/ envol de l’endettement en dollar
              G/ mainmise sur les richesses des nationales

              Avec la complicité des gouvernants, vous vous en doutez.


            • gazatouslesetages gazatouslesetages 20 août 2011 17:41

              bof, l’euro n’est que monnaie papier qui n’aura bientôt plus aucune valeur (comme le dollar d’ailleurs).
              sa mort est donc déjà bien entamée.


              • lechoux 20 août 2011 19:38

                Moi aussi, mais dépêchez-vous de matérialiser votre nouvelle richesse car d’autres l’ont déjà fait.


              • Michel Santi Michel Santi 21 août 2011 10:11

                Une rigueur qui serait salutaire pour « dégraisser » une finance devenue mastodontique...


              • lechoux 20 août 2011 20:01

                Bravo Mr Santi, vous venez d’inventer l’Euro-bashing.

                Je ne crois pas que vous ayez vendu votre âme au diable, votre sang vous a donné en héritage une certaine aisance dans les affaires. C’est un article qui se défend bien par sa longueur. Mais permettez-moi quelques remarques :

                "L’attitude allemande n’est-elle pas déconcertante alors même que ses propres comptes ne sont précisément excédentaires que par la grâce de ces nations qualifiées de dépensières et vivant au-dessus de leurs moyens ?« 

                Bien dit ! La balance commerciale allemande a toujours été positive depuis 25 ans, comme celle du Japon. Les allemands se comportent comme un seul homme : acheter toujours moins (de matière premières principalement) que ce qu’il vendent après transformation(générant donc de l’emploi).

                 »cette situation n’est rendue possible qu’à la faveur d’une solide demande intérieure émanant des autres pays européens qui, si elle devait décliner sérieusement, menacerait dangereusement les intérêts allemands. « 

                Vivement le retour du Deutsch Mark !

                 »Comment ces nations indisciplinées seraient-elles en mesure de réduire leurs déficits massifs – et donc de forcément modérer leur fièvre dépensière – dans une conjoncture où le partenaire commercial dominant (l’Allemagne) se doit de continuer à enfler ses excédents sans pouvoir compter sur un Euro qu’il n’est pas capable de dévaluer sur les marchés internationaux ?« 

                Ha ! Ha ! Ha ! L’euro permet aux allemands de vendre leurs voitures en France au prix des voitures françaises !

                  »Et pour cause puisque le pays le plus riche de cette Union est comme tétanisé et que ses dirigeants sont systématiquement en retard d’une bataille par rapport aux évènements. « 

                Vous me surprenez comme suisse ! Connaissez-vous si mal les allemands ?

                 »Sans oublier bien-sûr leurs sempiternelles admonestations en direction des peuples et des gouvernements du « Club Med » et leur rejet catégorique et sans appel de toute innovation qui pourrait permettre à ces pays de respirer un peu mieux (et de stabiliser les marchés) comme l’augmentation du Fonds de Stabilité ou la mise en place des « eurobonds »…"

                Que les allemands disent aux nations de l’Europe du Sud (vous remarquerez le respect que je leur porte ; je veux bien éventuellement les appeler les GIPS) d’arrêter d’acheter les produits germains, ils y gagneront en travail.

                "Il est donc plus que probable que l’Allemagne se retirera prochainement de l’Union monétaire, « 

                Ha ! Ha ! Ha ! C’était prévu à la création de l’Euro, puisqu’1 € vaut 2 DM.

                 » Elle attirera vraisemblablement dans son orbite les pays du Benelux et l’Autriche et sera ainsi à même de reconstituer un bloc autour d’un deutschemark tout puissant qui rachètera à bon marché le reste des actifs européens. Une sorte d’ « anschluss” économique".

                Bien vu ! Un nouvel empire austro-hongrois, en quelque sorte.

                Continuez !

                Votre ingénuité me fait beaucoup sourire monsieur Santi.


                • Michel Santi Michel Santi 21 août 2011 10:14

                  lechoux : je ne sais pas si je suis ingénu et tant mieux si je vous fais sourire mais je suis persuadé que les Allemands, dépassés par les évènements, vont céder à leurs vieux démons (d’où le terme d’anschluss) et sortir de l’Euro...


                  Le phénicien franco-Suisse vous salue

                • lechoux 21 août 2011 10:21

                  Mais je vous donne tout à fait raison sur la sortie des allemands de la zone euro, c’est ce que j’ai écris. Ils sont persuadé que c’est leur intérêt et c’est ce qu’ils ont prévu à la création de l’euro, ce que j’ai écris également.

                  Vous êtes ingénu lorsque vous vous adonner à l’euro bashing pour répéter tel un perroquet ce que disent à longueur de temps les ultra-libéraux américains.


                • pmxr pmxr 20 août 2011 20:18

                  Vous avez raison  ! Même Jacques DELORS semble t’il, partage votre analyse !


                  • lechoux 22 août 2011 15:28

                    Je n’ai aucune accointance avec Mr Delors. Même si il sait de quoi il parle parce qu’il a été présent lors de la création de l’euro, je n’abonde pas dans son sens lorsqu’il dit que l’Europe est finie. Il fait partie du système euro bashing, c’est un accointé.


                  • pmxr pmxr 20 août 2011 20:31

                    Détruire tout ca qu’il a été fait en en de nombreuses années, sera le résultat !
                    Honte tout de même à nos députes européens, qui discutent de la taille des pots de yaourt,
                     plutôt que des choses importantes !


                    • REMY Ronald REMY Ronald 20 août 2011 20:55

                      Bonjour Michel Santi.
                      J’ai aimé votre article.
                      Bien que très dense, je l’ai cependant trouvé incomplet.
                      L’élément qui manque explique votre conclusion = disparition prévisible (et bénéfique) de l’Euro.

                      M’autorisez-vous à mettre le doigt sur cette « petite absence » et à vous suggérer que la survie bénéfique de l’Euro est difficile mais encore possible.
                      Ce qui manque dans votre texte -de qualité, je le répète-, ce sont des propositions alternatives permettant de corriger les erreurs accumulées par tous les gouvernements de droite et de gauche depuis 1990 (voire 1973).
                      Ces propositions alternatives existent-elles ? 
                      Dans les médias, je ne les ais pas vues.
                      Ce qui incite très logiquement à vous donner raison.
                      Mais, néanmoins elles existent, et sont envoyées depuis longtemps à chaque parti parlementaire. En vain. Cette non visibilité médiatique vous excuse donc très largement pour « l’absence » dans votre article.

                      L’état de délabrement général actuel (Delors estime que l’Europe est au bord du gouffre, mais pour nous, la crise est mondiale est non uniquement continentale) nécessite une restructuration financière et monétaire européenne urgente.

                      Je vais tenter de synthétiser le plan proposé par les « sociétaux » (vieux groupuscule trans-partis sans auditoire) :

                      Rachat de toutes les dettes d’Etat (y compris allemandes) pour les remplacer par un prêt global sans rémunération d’intermédiaires bancaires ou spéculatifs. En clair : Euro-Obligations (EuroBonds). Mais pas n’importe comment comme nous lisons par ci par là, c’est-à-dire sans « EuroBombes » financières potentielles :

                      1°) un taux d’EuroBond à moins de 1%.
                      L’énorme économie budgétaire générée par la disparition de la « montagne d’intérêts actuels » des dettes nationales financera la restructuration financière et économique de l’Europe toute entière  :

                      2°) pour moitié vers le remboursement de la dette elle-même (en capital) et

                      3°) pour moitié vers un plan de relance systématique (notamment éducation, recherche, environnement, industrie, emploi, logement)

                      4°) le tout couplé à un contrat de bonne gouvernance type « règle d’or » encore à négocier

                      ==> a/ pour éviter tout dumping fiscal entre les membres de la coopérative bancaire européenne

                      ==> b/ pour éviter l’erreur US de n’alimenter que les « Banksters » spéculatifs et non l’économie réelle.

                      (NB/ Ne discuter que de la « règle d’or » serait stérile. Cela consiste à ne parler que de rigueur budgétaire, au profit du seul remboursement des dettes aux banques, au dépend de tout projet de relance collective. Le complément que nous proposons est indispensable, sous peine de légitime rejet populaire).

                      Les « EuroBonds d’investissement » représenteront une immense ressource complémentaire à la légère taxation des flux financiers (enfin sérieusement abordée) et à une future forte taxation des abus spéculatifs (vieille revendication à ne pas oublier par les partis)

                      Oui, ne nous cachons pas derrière des postures hypocrites : ce dispositif que nous proposons (voir lien) représente une avancée vers une gouvernance économique collégiale, donc vers une Europe fédérale
                      (Une Europe fédérale qui ne sera jamais aussi unitaire que les USA, l’URSS, le Brésil, etc, afin de sauvegarder un maximum de souveraineté nationale (ce qui est une bonne chose ; voir argumentaire dans les réponses aux nombreux commentaires « NONistes ») :

                      http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/eurobonds-une-solution-urgente-et-99148?debut_forums=10#forum3024971

                      Hélas, ce plan de restructuration financier et monétaire européen proposé par les « sociétaux » est urgent. Il ne peut attendre une nouvelle année pour de simples raisons électorales et politiciennes. Les citoyens doivent donc s’informer rapidement pour empêcher les gouvernements de prendre encore de mauvaises décisions dans la précipitation :

                      Bonne lecture, réflexion commune et débat
                      (but idéal : des solutions constructives concrètes et la mobilisation des citoyens).
                      A+ Cordialement.


                      • lechoux 21 août 2011 10:30

                        Bonne intervention, merci.

                        Malheureusement pour vous, vous ne vous posez pas les bonnes questions.

                        Pour quelle raison les gouvernants européens ne prennent pas des décisions qui défendent les intérêts des européens ?
                        Pourquoi les états européens doivent faire appel au marché pour s’endetter et non à la banque centrale ?

                        " Les citoyens doivent donc s’informer rapidement pour empêcher les gouvernements de prendre encore de mauvaises décisions dans la précipitation"

                        Pour quelle raison devrions nous nous substituer à nos gouvernants qui sont grâssement payés pour prendre des décisions ?

                        Pourquoi devrions nous donner des idées à ces mêmes énergumènes alors qu’ils payent à prix d’or des prestations de consultants ?


                      • gonehilare gonehilare 21 août 2011 16:45

                        Hélas, ce plan de restructuration financier et monétaire européen proposé par les « sociétaux » est urgent. Il ne peut attendre une nouvelle année pour de simples raisons électorales et politiciennes. »


                        Hélas ! Les voies d’eau se multiplient sur le paquebot Europe, la « restructuration » attendra (si elle a lieu) pour les raisons que vous soulevez.

                        2012/2013, c’est le cap indiqué par la boussole que nos grands Timoniers ne quittent plus des yeux !

                        En attendant « Yvette Baroin et son orchestre » s’affairent à saouler les passagers sur l’air du « tout va bien madame la France ! » tout en priant secrètement que la vague ne vienne pas détraquer l’accordéon avant l’arrivée au port électoral.

                        Le plus triste, c’est qu’il en est encore à croire sérieusement que ce sera différent avec la crémière Au Bry ou l’autre pâte molle de Hollande, sans parler du gras DSK en passe de recouvrer son passeport...

                        Quid aujourd’hui des 25 milliards d’€ de dépenses supplémentaires programmées, du retour à la retraite à 60 ans, des prévisions budgétaires établies sur une croissance de 2,5% etc... ? Détourner l’attention avec de faux débats, genre « règle d’or budgétaire », voilà où ils en sont !

                        La profession de foi électorale de l’ex Mlle Delors est imprégnée de cette même orthodoxie technocratique, celle qui a prévalu à la création de l’Europe « protectrice » de Papa, lequel n’en peut plus aujourd’hui de bouffer son chapeau..

                        A quelques détails cosmétiques près, la moisissure du fromage PS est donc la même que celle du fromage UMP, seul diffère l’emballage stické de promos rouge-démagogique. Compter sur cette clique d’épicemards pour « restructurer », c’est perdre son temps.

                        Pour autant, échanger les AOC de l’U.E. contre un « blended » estampillé « Europe Fédérale », c’est renoncer encore plus avant à nos spécificités contre promesse de « jours meilleurs », air bien connu et déjà entendu... 

                        S’impose avant tout un sérieux coup de balais dans cette oligarchie technocratique (française et européenne) inféodée aux Banksters, qui s’accroche au pouvoir comme les palourdes aux rochers, virer tous les Van Rompuy (de science) à petits pieds, dire « niet » à tous les bateleurs et bateleuses embusqués serviette au cou dans l’attente du futur banquet qui se prépare et délivrer un message électoral très clair à ceux qui s’obligeront à des projets d’intérêt général dans un pur esprit républicain et démocratique.

                        Totalement utopique, je sais....


                      • TSS 22 août 2011 00:50

                        le tout couplé à un contrat de bonne gouvernance type « règle d’or » encore à négocier

                        On inscrit pas ce genre de connerie dans la constitution !

                        la constitution ce n’est pas un contrat commercial... !!


                      • lechoux 22 août 2011 15:32

                        Pour info :

                        « Il n’est pas de moyen plus subtil et plus sûr de renverser les bases d’une société que de corrompre la monnaie. Cela engage dans la destruction toutes les forces occultes de la loi économique et d’une telle façon qu’il n’est pas un homme sur un million qui soit capable de la diagnostiquer ». Lénine, cité par Keynes cité par Greespan dans « Le temps des turbulances », chapître 14.

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