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Accueil du site > Actualités > Economie > Finance islamique : une alternative crédible ?

Finance islamique : une alternative crédible ?

Au contraire de ce qui a bien pu se produire récemment en Occident au moment de la crise financière, la finance islamique permettrait d’éviter que la finance n’impacte l’économie réelle dit-on. Estimée à 700 milliards de dollars sur le marché mondial, elle est fondée sur deux principes fondamentaux : l’interdiction de l’intérêt c’est-à-dire de l’usure mais aussi la responsabilité sociale de l’investissement. Dans ce cadre, il est admis que la rentabilité financière d’un investissement doit nécessairement être reliée au résultat du projet concret associé. C’est bien dans ce cadre que l’islam interdit les transactions tant civiles que commerciales faisant recours à l’intérêt (ribä), à la spéculation (gharar) ou au hasard (massir). Il est donc d’autant plus admis qu’il est impossible de voir dans cette finance la cause principale d’une crise économique et encore moins celle de Dubaï. Ainsi, elle constituerait aux yeux des observateurs une alternative crédible aux systèmes financiers occidentaux. 

Nous ne voulons pas ici remettre en cause l’existence même de la finance islamique. Par exemple selon Timur Kuran, professeur de sciences-politiques à l’université de Duke, spécialiste des questions relatives à l’Islam, il est établi que les principes théoriques de la finance islamique ont une histoire relativement courte, ayant été formulés en grande partie par le théologien pakistanais Sayyid Abul Ala Maududi à partir des années 1940. Il semblerait que la première banque islamique moderne fût créée en Égypte, à Mit Ghamr aux alentours de 1963. A titre d’exemple, les soukouk sont assez bien connus en Occident, l’équivalent islamique d’une obligation où l’intérêt devient un profit prévu à l’avance à risque quasi-nul. Cette forme d’obligation est particulièrement utilisée pour les financements immobiliers. En 10 ans, le marché mondial des soukouk a atteint un encours de 112 milliards de dollars, et d’ici à 2010, il devrait totaliser 200 milliards de dollars.

Si les marchés de capitaux occidentaux ont souvent privilégié la rentabilité pour les investisseurs, sans se préoccuper suffisamment du risque, surtout, en développant toute une palette de produits dérivés saucissonnés comme des andouillettes, la finance islamique demeurerait bien plus prudente : d’abord, la valorisation et la cotation de ces produits doivent être adossées à des actifs physiques réels, des biens immobiliers ou des matières premières, comme le pétrole ou le blé. Dans ce cadre, tout bénéfice qui proviendrait d’autres produits financiers - en particulier l’intérêt - serait considéré comme de l’usure.

Mais comme pour les autres produits financiers islamiques, la valorisation des soukouk repose donc sur les actifs physiques, et non sur la dette encourue. Le mécanisme s’apparente à celui des contrats de cession-bail portant sur des actifs qui peuvent être des biens dont le loyer servira à payer les souscripteurs de l’emprunt, les biens étant rachetés une fois les soukouk arrivés à maturité. Sauf que la valeur des actifs physiques détermine les forfaits, commissions, loyers, et autres valeurs financières. La valeur d’une obligation dépendra de la valeur de la société émettrice avec partage des profits entre créanciers et débiteurs, la valeur du loyer dépendra de la valeur du bien immobilier selon le même principe, la valeur d’un crédit à rembourser et son système de partage de profit dépendra des profits réalisés par l’entreprise…

Que s’est-il donc passé à Dubaï, bastion et égérie des heures de luxe et de gloire de la finance islamique ? Cette finance si pharaonique mais impétueuse en même temps : 39 milliards de dollars de dette accumulée pour Dubaï’s world (principale monopole économique de cet Etat présent dans tous les secteurs d’activité) et l’incapacité pour sa principale filiale de rembourser des soukouk d’un montant de 2,3 milliards d’euros ! Dérisoire pour une économie au pays des folies des grandeurs. Car si tous les observateurs sont unanimes à avancer qu’en Occident la crise financière a entrainé la crise économique du secteur réelle, à Dubaï, c’est bien la dévalorisation des actifs réels sous jacent aux contrats financiers islamiques qui a poussé la finance à l’implosion. La crise immobilière précéda la crise de crédit. L’économie précéda la finance et non l’inverse comme en Occident. Il est donc bien présomptueux d’en parler en terme « d’alternative crédible ». 

Pascal de Lima est économiste en chef – Altran Financial Services – et enseignant à sciences-po


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23 réactions à cet article    


  • FALCO FALCO 6 mars 2010 11:01

    Pas besoin d’islam la ou à côté des banques « traditionnelles » on peut créer des coopératives de banques, des mutuelles, des banques associatives...la ou l’on peut exiger des banques « traditionnelles » des régles du jeu différentes pour certaines actions
    On s’en fout de l’islam. Pas besoin de lui. Surtout lorsque l’on voit les arnaques dans les pays du golfe ou lors du pélerinage de la mecque. L’islam n’est certainement pas gage d’honnêteté, loin de la.
    Argent et religion ???
    J’ai pas envie de financer cette idéologie.


    • katalizeur 6 mars 2010 11:59

      @ l’auteur

      bonjour a vous et bonjour a tous.....

      merci de vous interesser a la finance islamique...bien que n’etant ni economiste, ni enseignent a science-po, je vais tacher par petite touche porter la contradiction a votre article...

      1° remise au point : «  »les principes theoriques de la finance islamique ont une histoire relativement courte «  »

      effectivement si on examine cela sous l’angle relatif ,l’histoire de la finance islamique est courte, seulement 14 siecles....


      • Canine Canine 6 mars 2010 17:05

        « effectivement si on examine cela sous l’angle relatif ,l’histoire de la finance islamique est courte, seulement 14 siecles.... »

        Whaou, quand on pense que l’histoire de la finance commence environ en 1900 (avec le début des sociétés dites « personne morale de capitaux » à la place des sociétés en commandite), c’est impressionnant. A moins que ce ne soit qu’une confusion de terme.


      • katalizeur 6 mars 2010 19:42

        @ canine

        bonsoir

        effectivement c’est impressionnant, mais de quoi parlons nous ? sous le terme generique de quoi s’agit il ? que se soit islamique ou non cela importe peu.....

        1°) c’est quoi la finance ?La finance désigne les méthodes et les institutions qui permettent d’obtenir les capitaux nécessaires dont on ne dispose pas....mais ton soucis c’est la datation

        ex :

        Le Marchand de Venise est une pièce de théâtre de William Shakespeare écrite entre 1594 et 1597. Classée comme comédie dans le premier in-folio de 1623, elle partage certains aspects avec les autres comédies romantiques de l’auteur, mais contient également des passages d’une grande intensité dramatique.

        Le personnage du titre est le marchand Antonio. Pour rendre service à son protégé Bassanio, il emprunte de l’argent à l’usurier Shylock. Certain de pouvoir le rembourser, il signe un contrat où il autorise son créancier à lui prélever une livre de chair en cas de défaut de paiement.

        donc nous ne sommes pas en 1900, mais en1500......

         si les religions du lvre ont interdit l’usure et la speculation c’est que c’est pratique etaient deja comtemporaines a moise (ls), a jesus (ls) et a mohamed (lsws) concernant cette derniere elle date bien de plus de 14 siecles.....

        DIEU est le plus savant......j’ai bien precisé que je n’etais ni economiste ,ni financier, mais un simple ouvrier en batiment....


      • katalizeur 6 mars 2010 12:32

        soukouk

        ce produit est non conforme aux recommendation de base que vous avez presenté :

        par d’ USURE qui est le gain d’argent sur l’argent ; pas de speculation La SPECULATION est une activité humaine consistant à imaginer, à anticiper les réactions et activités d’autrui, comme si nous étions à sa place ; pas de HASARD, le hasard etant de ce retrouver dans une situation non prevue....

         appliquons vos recommandations au cas dubaiote du borg el arab :

        ce projet n’a aucune utilité reelle sinon celle de faire de l’argent avec l’argent ( riba.) avec comme support un projet babylonnien, pas d’utilité sociale reelle.....donc illicite.....

        le projet specule sur la progression des prix de l’immobilier et du taux de remplissage des locaux, donc il anticipe sur les reactions et les activités d’autrui...donc illicite

        le projet se trouve dans une situation non prevue....donc de hasard....donc illicite...

        les soukouks dubaiote sont comme le canada dry....il ressemble a de la finance islamique, ils ont un decor islamique, un emballage siglé islamique.....mais cela n’est pas de la finance islamique....


        • Antoine Diederick 6 mars 2010 15:50

          a Pasou, pour le moins.....en effet

          en fait, les autorités françaises veulent attirer le fruit de la rente pétrolière sur la France et donc, il faut que Monsieur Charette se mette au travail...

          Ah , les vendéens....seront toujours aussi réactionnaires smiley


        • Antoine Diederick 6 mars 2010 17:52

          a Catalisateur,

          et donc vous confirmez donc bien que la finance islamique n’a rien à voir avec le finance islamique, pour tout dire ....


        • katalizeur 6 mars 2010 19:46

          @DERCHE

          je confirme que je ne parle pas aux cons...surtout quand ils n’ont rien a dire


        • FALCO FALCO 6 mars 2010 16:55

          Si l’argent des bédouins peut servir la France...aprés tout...il y a pas mal de moutons à tondre.


          • Canine Canine 6 mars 2010 17:07

            La finance islamique, c’est un bidule de banquier pour être sur de ne rater aucun euros, aucun dollar, aucun dinar, fut-il dans la poche d’un vieux rabzouz.


            • vero87 6 mars 2010 18:53

              bien d’accord avec Falco et Pasou !
              ras le bol de la finance juive, de la finance catho, de la finance protestante ou de la finance islamique
              à quand une finance citoyenne, républicaine !


              • FALCO FALCO 6 mars 2010 19:10

                nous connaissons la finance « islamique » mais c’est quoi la finance Juive, catho ou protestante ?
                Y a t’il des banques cathos ?


              • Antoine Diederick 6 mars 2010 19:28

                a Véro 2000687

                euhhhhhh et re euuuuuuh


              • katalizeur 6 mars 2010 19:47

                @ falco

                la finance qui est entrain de foutre le monde sens dessus dessous....


              • FALCO FALCO 6 mars 2010 21:13

                des banques protestantes et Juives ???
                mais...en allemagne et dans les pays sous tutelle islamique existe t’il des kibboutz ???

                C’est trés Juif le kibboutz trés SIONISTE ..hein, morice ? 
                J’aime bien moi, l’esprit pionnier...l’esprit : ISRAEL.

                Ils sont marrants avec leurs banques...islamiques. Tu parles d’éthique, toi.

                EH oui, une fois de plus...


              • FALCO FALCO 6 mars 2010 21:31

                VILI, ma belle, c’est quoi le nom de cette banque ... ça m’intéresse !
                et ici et en Allemagne.
                Si tu as une adresse en Suisse ...


              • kitamissa kitamissa 6 mars 2010 18:59

                aprés la finance islamique,la bagnole islamique,le vélo islamique,le bordel islamique,les godasses islamiques( babouches ...),les avions islamiques ( là gare aux tours et buildings) les trains islamiques ,les PV islamiques,les flics islamiques,les voitures d’enfants islamiques,les piscines islamiques ( ça existe aussi) les chiottes islamiques ( ou chiottes à la turque)les lunettes islamiques,les fringues islamiques( y’en a déjà plein et c’est pas très seyant ) la bouffe islamique ( trop tard,y’en a déjà trop) les putes islamiques,les maquereaux islamiques (il y en a encore,mais ce sont les Albanais qui tiennent le pavé ) ,les preservatifs islamiques,les godemichets islamiques,les strings islamiques ( les beurettes en portent) les scooters islamiques ( planqués dans les caves pour être maquillés !)le pinard islamique ( ils préfèrent le whisky bu en douce dans les halls des cités ) la bière islamique ( pareil,consommée en cachette !...)......encore un pett effort et ça vient tout doucement mais ça vient .....

                ah oui !..j’oubliais..Agoravox islamique ( hé hé ,c’est déjà partiellement là ! )


                • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 6 mars 2010 19:12

                  Maxim,

                  Le vélo islamique existe depuis 2007 smiley


                • Antoine Diederick 6 mars 2010 19:33

                  A Cosmic,

                  le Vélicéraptor n’a rien à voir avec le bicycle.....d’ailleurs Cosmic, je vous le demande quand allez vous enfoucher un vélo.....pour tous les chemins....cela vous changera des doigts d’honneur et des donneurs de sperme  smiley

                  Hey, da-aag, meisje !

                  Paris ne vous vaut rien, allez à la campagne et respirez....

                  amicalement...


                • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 6 mars 2010 22:32

                  Antoine,

                  Si vous souhaitez me conseiller amicalement sur l’endroit où je devrais vivre et sur ce que je devrais faire de mes jarrets, faites-le par mail, amicalement smiley


                • Antoine Diederick 9 mars 2010 20:30

                   smiley smiley smiley

                  je crains qu’à tout vous auriez réponse smiley


                • kitamissa kitamissa 6 mars 2010 19:25

                  bonsoir Cosmic et Ranta ...

                  alors ,pour ce qui est du vélo ....aux débuts de la bicyclette,on fabriquait également des selles pour l’anatomie féminine ..

                  ça se passait dans les arrières boutiques des marchands de cycles sérieux...

                  on enveloppait de la terre glaise dans un chiffon,et la dame était invitée à relever ses cotillons et à y poser son séant avec application pour y fixer l’empreinte de son intimité ,une fois le moulage terminé,le sellier n’avait plus qu’à en exécuter la forme définitive !

                  il était inconvenant à cette époque de porter un pantalon pour les femmes !

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