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Accueil du site > Actualités > Economie > Fret SNCF : Mme Idrac a trouvé la solution

Fret SNCF : Mme Idrac a trouvé la solution

Mme Idrac, entre deux séances de négociation pour résoudre le problème des régimes spéciaux des employés de la SNCF, continue à réfléchir à comment résoudre son autre problème, la déconfiture annonçée du Fret SNCF, pour lequel malgré plusieurs années d’efforts, la succession de différents managers pour résoudre le problème, des injections d’argent régulières du contribuable et des promesses de redressement tout aussi régulières, on ne voit toujours pas le bout du tunnel.

Il se trouve que la SNCF avait créé en 1998 une filiale de fret ferroviaire à 100 % baptisée VFLI, en principe pour assurer des transports vers des sites industriels privés. On peut se demander pourquoi créer cette filiale pour gérer cette activité ? En quoi ne pouvait-elle être assurée par Fret SNCF ? Ou bien était-ce une prémonition de M. Gallois à l’époque qu’on ne pourrait se sortir du bourbier du fret sans jeter aux orties le statut SNCF ?

Car l’interêt de la VFLI c’est - comme on dit en langue de bois -, bénéficier d’un "modèle économique" très différent de celui du fret SNCF. En clair, le personnel sera exclusivement de droit privé et les effectifs seront optimisés grâce à la "polycompétence" des conducteurs. Exactement ce qui manque à Fret SNCF ! Grâce à cette optimisation des moyens et au savoir-faire ferroviaire des cadres détachés de la SNCF, VFLI a pour ambition de concurrencer les nouveaux arrivants sur le marché du fret, Véolia, Secorail, ECR, etc., et de devenir l’un des trois principales entreprises de transport ferroviaire en france dans les cinq ans.

Dans un premier temps, VFLI est censé ne s’intéresser qu’aux trafics massifs de moins de 300 km, ceux, nous dit son DG, qui peuvent se faire dans la journée sans relais au niveau des conducteurs. Tiens, il doit y avoir là un obstacle statutaire et/ou une prime conséquente au changement de conducteur qui rendrait les contrats de transport multiconducteur non compétitif.

Bonne vie donc à VFLI qui a pour objectif d’atteindre 100 millions de chiffre d’affaire et 1 100 personnes à l’effectif d’ici à 2010.

Gageons sans grand risque que cette filiale prendra le relais en totalité de Fret SNCF dans les cinq ans également quand tout le personnel aura été reclassé dans la SNCF voyageurs...

A suivre

 


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20 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 19 décembre 2007 13:35

    La rigidité des statuts de fonctionnaires et du fonctionnement de la SNCF oblige à faire ce genre de chose partout.

    Car,à la base,il n’y a qu’une petite minorité qui bloque l’évolution de la société et des services publics.

    Bientôt dans ce pays tout sera automatisé à cause de cette minorité qui défendent des interets particuliers d’une autre époque.

    Aujourd’hui,l’Europe impose la concurrence et accepter les valeurs de l’économie de marché c’est accepter de faire du service.


    • Traroth Traroth 20 décembre 2007 11:06

      Ce que vous dites est tellement idiot qu’on ne sait même plus par où commencer pour répondre.


    • 19 décembre 2007 15:26

      @Lerma,j’en suis persuadé maintenant est un membre de l’ump payé pour surveiller agoravox et lister tous les pseudo qui ne sont pas en accord avec le nabot !!!


      • Forest Ent Forest Ent 19 décembre 2007 15:26

        Depuis quelque années, le trafic fret est ouvert à la concurrence, qui a aujourd’hui environ 3% du marché. L’activité fret SNCF a elle diminué de plus de 50% en 5 ans. Cette diminution provient du fait que la SNCF a été contrainte de séparer les comptes fret et voyageur, les deuxièmes subventionnant traditionnellement les premiers. Cette contrainte provenait elle-même d’une obligation de transparence comptable nécessaire ... pour la concurrence. L’effet direct actuel de la libéralisation du fret est donc -47%. Mais on est juste au début, et il est normal d’attendre encore quelques années pour pouvoir faire vraiment un bilan. Il ne me semble pas irréaliste d’imaginer que l’activité fret globale en France puisse perdre encore 47% en 5 ans.

        En tout cas, cet article n’éclaire en rien un sujet somme toute assez complexe. Il se contente de justifier ses conclusions par elles-mêmes sans aucun analyse. J’ai bien compris que les ultralibéraux n’aiment pas les statuts. Je remarque aussi qu’ils ont horreur des faits, surtout quand ils ne les arrangent pas. Comme par exemple le fait avéré que la libéralisation des marchés de l’énergie et des télécoms a eu pour effet de faire monter les prix.


        • tmd 19 décembre 2007 18:20

          Pour autant l’augmentation des prix dans l’énergie, je suis d’accord. Par contre dans les telecom, si le marché ne s’était pas ouvert je doute très très fortement que France Telecom nous offrirait actuellement des abonements mensuels à 30 euros comprenant appels illimités, Internet haut débit et TV.


        • Forest Ent Forest Ent 19 décembre 2007 21:18

          A mon avis, ça n’a rien à voir avec le RTC. Le métier de FAI était un métier nouveau, qui s’est greffé sur le RTC sans empiéter sur la gestion d’infras.

          Pour la VoIP, c’était la filer en prime ou voir skype prendre le contrôle. De toutes façons, la phonie avait basculé sur GSM, où elle est vendue beaucoup plus cher que sur RTC, bien que coûtant beaucoup moins.

          Quand à la télé, elle est filée en prime parce qu’elle ne coûte pas grand chose et donne des espoirs de VoD ou de maîtrise de la diff. Ce n’est pas un marché.

          Dans cette histoire, c’est plus l’évolution techno qui a joué que la règlementation.


        • hurlevent 19 décembre 2007 22:40

          « Je remarque aussi qu’ils ont horreur des faits, surtout quand ils ne les arrangent pas. »

          Hahaha. Trop drôle. La déconfiture du fret SNCF, c’est que le service au client est insuffisant. Alors que par les compagnie privées ferroviaires concurrentes (Veolia, Connex, etc...) le service est bien meilleur.

          Je suis cheminot à la SNCF et je déplore cet état de fait, mais il faut reconnaitre qu’en raison de tous les avantages offerts aux conducteurs, on est aujourd’hui dans la merde, alors que les compagnies privées concurrentes, elles, réussissent.

          J’ai cependant bon espoir que les mentalités et les pratiques vont changer dans les années à venir à la SNCF.


        • Forest Ent Forest Ent 19 décembre 2007 23:35

          J’ai un très gros doute sur votre profession, mais ça n’a aucune importance. Si vous avez raison, d’ici quelques années, Veolia et autres auront non seulement récupéré le marché perdu par la SNCF, mais l’auront même augmenté. Donc plutôt que de ressasser des fantasmes idéologiques, attendons les faits, comme dans les autres secteurs libéralisés. smiley

          Est-ce qu’en 2012 on pourra enfin parler d’un bilan de l’UMP, ou bien vous nous ferez encore le coup du « Chirac c’est pas nous, on a un nouvel homme fort providentiel » ? smiley


        • Jocrisse Jacques 19 décembre 2007 22:27

          Expérience personnelle du frêt SNCF.

          Il y a une quinzaine d’année, j’exerçais la fonction de responsable logistique dans un grand groupe industriel sur un site disposant d’un embranchement. A la demande du responsable Frêt SNCF local, nous avions établi un contrat de service dans la mesure ou nous recevions en grande quantité des produits volumineux.

          Souvenez-vous, c’était l’époque de la mise en place du « juste à temps » ou "Flux tendus. Je peux vous dire que pendant plusieurs mois, j’ai très mal dormi parce que ces flux approvisionnaient plusieurs centaines de personnes. J’ai eu droit à tout : wagons perdus, non livrés,non livrés à temps, enlevés avant d’être vidés,non enlevés pendant plusieurs jours (on ne peut donc pas recevoir ceux qui doivent arriver), destinés à d’autres et réciproquement ..... Et le clou, grève d’1 seule journée. Dans ce cas, priorité aux voyageurs à la reprise et il faut rechercher à quels endroits les wagons ont été abandonnés : total 1 semaine de retard, grosses perturbations de nos ateliers accompagnées d’une mémorable remontée de bretelles par le patron du site. Le lendemain, je dénonçais le contrat au grand désespoir du commercial du fret parfaitement conscient des graves insuffisances.

          Je souhaite vivement que des solutions puissent être trouvées et que le personnel de la SNCF comprenne qu’il doit fournir une prestation de bonne qualité et une continuité de service à leur clients qui eux-mêmes vendent leurs produits à leurs propres clients. La seule différence avec la SNCF, c’est que les clients nous font réellement vivre.

          Néanmoins, je persiste à penser que le frêt est un chantier incontournable à développer.

          Bon courage, Mme IDRAC !


          • Parpaillot Parpaillot 19 décembre 2007 23:35

            @ Jacques :

            Commentaire intéressant et instructif. Merci !


          • Forest Ent Forest Ent 19 décembre 2007 23:42

            Tout ceci est exact.

            Dans le même temps les TGV roulent à l’heure et ne se perdent pas. Si le fret a tant de problèmes, c’est tout simplement que :

            « La seule différence avec fret-SNCF, c’est que les clients nous font réellement vivre. »

            le fret coûte des sous à la SNCF et qu’elle n’a aucun intérêt à le faire rouler. Il a été longtemps subventionné par les autres activités pour faire plaisir à quelques députés-maire qui ne voulaient pas de camions sur leurs coûteuses RD. Tout cela est bien fini. Pour l’instant, on peut admettre que Veolia est en phase de démarrage, d’ici 3 à 5 ans, nous pourrons établir un bilan réel de la libéralisation.


          • pad 20 décembre 2007 10:32

            Une petite apparté concernant le postulat de forest ent : « Comme par exemple le fait avéré que la libéralisation des marchés de l’énergie et des télécoms a eu pour effet de faire monter les prix. » Si pour l’énergie, l’augmentation des prix est indéniable mais il me semble pas forecement evidemment du uniquement à la libération du marché, pour les télécom j’affirme le contraire. L’ouverture du marché à clairement permis une baisse des prix grace aux changements de regles. Et si cela est du au fait qu’il s’agisse maintenant plus de FAI que d’ORT, il n’en reste pas moins que cette ouverture du marché à permis à la France d’avoir les couts parmis les plus bas du monde concernant la téléphonie et l’accès à internet !


            • Forest Ent Forest Ent 20 décembre 2007 14:55

              Pour ce qui est de l’énergie, l’augmentation du prix du gaz est bien sûr liée en partie à celle des hydrocarbures, mais cela ne peut en aucun cas être invoqué pour l’électricité qui est chez nous à 80% nucléaire.

              Pour ce qui de IP, c’était un service nouveau, et pas une libéralisation d’un marché existant. Je suis d’accord sur le fait que la concurrence a permis d’obtenir de meilleurs prix que si FT avait été le seul FAI, parce que - un il n’y avait pas de ticket d’entrée - deux les infrastructures publiques existaient. Ca n’a pas été le cas en GSM où l’on a limité artificiellement le nombre d’opérateurs et recréé un oligopole.

              Dire que la téléphonie en France est la moins chère me laisse songeur. J’aurais plutôt tendance à penser que le GSM en France est parmi les plus chers en occident. Je serais très intéressé d’avoir si vous en disposez un comparatif des tarifs sur divers pays OCDE.


            • c.d.g. 20 décembre 2007 18:53

              en allemagne la telephonie GSM est plutot moins chere qu en france car plus de concurrence Au contraire, on ne connait pas ici les offre triple play comme en france.

              Ca commence doucement a venir, mais a des tarifs sans commune mesure. En F pour 30 € on a telephone fixe gratuit sur l europe, TV et internet (free.fr par ex). Ici pour tel europeen et internet je suis deja a 34 € (et l operateur historique est a pres de 50 €).

              Pour la TV en plus (et pour bien moins de chaines que pour free, c est 60 € !)

              Je pense que la difference entre les 2 pays n est pas au niveau technique mais bien au niveau de la concurrence plus ou moins forte. Pendnat tres longtemps Deutsch Telekom a reigne en maitre ici. Il n vaient pas de raison d innover et de se tirer une balle dans le pied

              Pourtant la population etant plus urbaine qu en france, logiquement l ADSL aurait du apparaitre plus tot ...


            • Forest Ent Forest Ent 20 décembre 2007 20:10

              Nous sommes d’accord. Relativement à d’autres pays, il y a en France aujourd’hui plutôt une bonne concurrence sur les FAI et mauvaise sur le GSM.

              Il faut néanmoins rester vigilants car nous sommes en phase de forte concentration des FAI. Quand Iliad se fera manger, on pourra craindre la formation d’un nouvel oligopole chez les FAI.


            • tchoo 20 décembre 2007 11:06

              Si l’ouverture à la concurence des services publics était un gage de meilleure efficacité vis à vis des clients cela se saurait. Les exemples ailleurs ne manquent pas. Le fret était-il un service public ? c’est la véritable question...


              • toubakouta 20 décembre 2007 11:08

                Article interessant. Le fret ça marchera en France le jour où la SNCF n’interviendra plus dans l’activité.

                Beaucoup d’entreprises ne font plus appel à la SNCF car elles ont trop peur de voir leur marchandises bloquées pour des motifs dérisoires par quelques extremistes du style SUD-Rail.

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