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Accueil du site > Actualités > Economie > G7 ou G20, les Etats resteront impuissants face aux marchés

G7 ou G20, les Etats resteront impuissants face aux marchés

La préparation du sommet du G20 à Londres début avril fait couler beaucoup d’encre et suscite des espérances parfois démesurées. Nous montrons dans cet article qu’il faut relativiser ces attentes au regard de l’histoire économique et financière. Dans le meilleur des cas, le sommet du G20 n’aboutira qu’à un "toilettage" du système actuel. Il détourne l’attention du problème principal : celui des déséquilibres externes entre pays développés et pays émergents, illustré par la balance commerciale déficitaire entre les Etats-Unis et l’Europe d’une part, la Chine d’autre part. 

La réunion du G7 qui s’est tenue à Rome le 13 février dernier n’a débouché que sur un communiqué lénifiant appelant les grands Etats développés à agir de concert face à la crise économique et à se garder de tout protectionnisme, tout en renvoyant les décisions sur le fond au prochain sommet du G20 qui doit se tenir à Londres début avril. 

A vrai dire personne n’attendait grand chose de cette réunion "intermédiaire" entre deux sommets du G20, le G7 ayant depuis longtemps perdu la main sur la gestion des grands problèmes économiques mondiaux. On retiendra surtout les signaux d’apaisement envoyés à la Chine, qui devient un partenaire incontournable, avec ses réserves de change de près de 2000 milliards de dollars et sa balance commerciale largement excédentaire.

Les enceintes consultatives de type G7, ou même G20 élargi aux grands pays émergents, sont d’une efficacité très relative en l’absence d’accords véritablement contraignants. Ces réunions servent surtout de forums pour échanger des informations entre responsables politiques, ministres, et hauts fonctionnaires. C’est une sorte de pendant public au Forum de Davos, qui avait intégré depuis longtemps les pays émergents, au point de consacrer ses manifestations successives aux BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), et de créer un véritable "Davos d’été" dans la ville chinoise de Tianjin.

Historiquement, les grandes conférences internationales qui ont abouti à la refonte du système financier international se comptent sur les doigts d’une main : la conférence de Gênes en 1922 qui a tenté sans succès de ressusciter l’étalon-livre, la conférence de Bretton Woods en 1944 qui crée le système de l’étalon-dollar, et la conférence de Kingston en 1976 qui sonne le glas du système financier international, en transférant aux marchés financiers le pouvoir de fixer librement les parités de change entre les grandes devises. Les Etats capitulent face aux marchés !  

La marchéïsation et la privatisation financière commencent donc dans les années 70, et s’accompagnent d’un développement exponentiel des produits dérivés, utilisés initialement pour fournir des couvertures de taux et de change aux entreprises commerciales déboussolées par les fluctuations erratiques des marchés. Mais la finance de spéculation (speculative finance) prend vite le dessus sur la finance de couverture (hedge finance), faisant dire à Marvin Minsky dès la fin des années 70 que le système financier était désormais entré dans une période d’instabilité chronique, génératrice de crises à répétition.

Il est symptomatique de constater que l’une des deux seules véritables avancées en matière de régulation internationale, dans la période post-Bretton Woods, ne vient pas des Etats mais d’acteurs non étatiques, parapublics et privés, qui créent l’International Accounting Standards Committee (IASC) en 1973. L’IASC, renommée IASB en 2000, se développe alors comme une véritable organisation internationale, mais reste dominée par les grands réseaux d’audit, les fameux Big Five - aujourd’hui Big Four après la disparition d’Arthur Andersen en 2003. l’IASB se présente comme une alternative "internationaliste" à l’expansion rampante des normes comptables américaines - les US GAAP - dont elle finit néanmoins par adopter la plupart des normes, y compris la très controversée...fair value !

L’autre grande avancée est, il est vrai, le résultat des consultations entre les argentiers et les contrôleurs bancaires des grands Etats, réunis au sein du Comité de Bâle, qui se sont mis d’accord (Bâle I en 1988 et Bâle II en 2004) pour mieux réguler leurs banques, à travers l’application du ratio de solvabilité, dit ratio "Cooke" (Bâle I) puis ratio "McDonough" (Bâle II), et d’un ensemble de mesures supposées renforcer la culture de la gestion des risques. Mais ces normes prudentielles ont plutôt favorisé le développement de l’innovation financière dans le but de contourner ces restrictions : titrisation des créances hypothécaires (les fameux "subprimes") et mise au point de véhicules hors bilan opaques. Les départements de trading et de structuration des banques ont ainsi pu échapper à tout contrôle et mettre en place des stratégies aboutissant aux fiascos que l’on connaît (affaire Leeson en 1995, affaire Kerviel en 2008).  

En réalité, dans le monde hyper- financiarisé d’aujourd’hui, les Etats n’ont que très peu de prise sur les 10 trillions de dollars qui s’échangent chaque jour sur les marchés financiers. Parler dans ce contexte de "Bretton Woods II" comme le suggèrent certains responsables politiques, témoigne non seulement d’une profonde méconnaissance de la réalité économique, mais aussi d’une forme de schizophrénie. Le retour à un contrôle des transactions financières impliquerait en effet, d’abord et surtout, une résolution des déséquilibres économiques mondiaux (excès de consommation d’un côté, excès d’épargne de l’autre). Or il ne peut y avoir de correction de ces inégalités sans un transfert de pouvoir d’achat massif des pays développés vers les pays émergents, au premier rang desquels figurent la Chine. Aucun responsable politique occidental n’oserait prendre ce risque !

Gageons donc qu’en l’absence de gouvernement mondial, et n’en déplaise aux utopistes de tous bords, les sommets du G7 ou du G20 ne déboucheront dans le meilleur des cas que sur une correction à la marge des défaillances du système actuel (renforcement des exigences en fonds propres des banques, surveillance accrue des fonds d’investissement, amendements à la fair value, etc). Mais les marchés financiers resteront les vrais maîtres du monde, G20 ou pas.

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G7 ou G20, les Etats resteront impuissants face aux marchés

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48 réactions à cet article    


  • John Lloyds John Lloyds 23 février 2009 11:38

    "G7 ou G20, les Etats resteront impuissants face aux marchés"

    ... Voire continueront, par laxisme organisé, à encourager le marché à perpétuer ce hold-up planétaire, pour venir ensuite quémander au bon peuple, au profit des pauvres banquiers, les centaines de milliards qui sauveront la machine à broyer, qui pourra vampiriser ainsi la génération suivante.

    Mesdames et Messieurs, nous vous distribuons les pelles pour creuser la tombe de vos enfants, merci de bien vouloir vous mettre en rang, et de commencer l’ouvrage.


    • plancherDesVaches 23 février 2009 12:28

      Effectivement.
      Mais comment pourrait-il en être autrement sachant que les états ont été pris en otage par la finance... ?

      Et tout comme dans une entreprise, "si l’on veut balayer un escalier, on commence par le haut". Le dirigeant décide de sa politique salariale. Ou, s’il a des actionnaires, il est à leur service pour qu’ils fassent de plus gros dividendes.
      Ainsi, ce ne sont ni les états, ni les employés de la finance qui sont en quoique soit responsables des bulles ou des dépressions qui les suivent...

      Dernières nouvelles du front :
      Jean-Claude Trichet (mots équivalents pour éviter la censure du copyright) : "si la baisse du crédit continue, cela affaibliera (dixit :) "la raison d’être du système tout entier".
      Le Royaume-Uni craint des mouvements de révolte populaire au printemps.


      • chmoll chmoll 23 février 2009 13:09

        Ils auraient pu faire un G20, au bistrot du coin ct pareilPurée que j’écrit mal !!!


        • Thierry LEITZ 23 février 2009 13:27

          L’admiration pour l’argent et ses symboles est bien trop forte dans les sociétés occidentales et maintenant dans les classes montantes des pays "émergeants" pour qu’un autre orientation soit décidée.

          Les hommes au pouvoir admirent l’argent des entrepreneurs de haut vol qui eux, n’attendent rien de plus qu’un "dégagement législatif" favorable à leur liberté de gestion (ou d’exploitation). En échange de ce dégagement ces chefs économiques favoriseront par tous moyens l’accession au pouvoir de ceux qui leur offrent des gages suffisants de sincérité idéologique.

          Le problème est aussi dans les classes populaires qui n’ont pas encore cultivé ce regard lucide sur la richesse, regard qui, débarrassé de toute jalousie, les amèneraient à refuser les excès de privatisation de la richesse, celle-ci étant toujours une oeuvre COLLECTIVE.

          Ainsi, dans ce flou, voire cet aveuglement de l’esprit, on admire la richesse et ses symboles, en omettant les dommages collatéraux qu’elle induit : injustice viscérale et inégalités insupportables, origine des tensions et des impasses du système, condamnant d’avance toute réforme digne de ce nom.

          La modération et la modestie, pour tous, est la seule voie possible de progrès. Les différences de revenus n’étant fondées que sur l’utilité publique (réelle, donc toute relative, et forcément modérée) et la différence des talents et aptitudes (qui du fait de leur dissémination effective, n’ont rien d’exceptionnel comme le pousse à croire certaines... rémunérations). Limitation des écarts salariaux à 30x, imposition des transactions financières, fermeture des paradis fiscaux, progressivité dans l’impôt comme dans l’attribution de l’aide sociale, règles sociale minimales et universelles, pas de "réformes", une révolution !

          On est donc bien à des années lumières des références idéologiques du G7, et sans doute encore du G20, les dirigeants des "BRIC" ayant bien assimilé la culture élitistite de l’occident et ses privilèges.


          • Martin D 23 février 2009 13:49

            ce système pourri changera le jour ou une grande catastrophe arrivera, genre une révolte des peuples...


            • faxtronic faxtronic 23 février 2009 14:21

              une revolte n est pas une catastrophe, c est juste un pretexte pour les grands de ce monde de sortir les armes.


            • faxtronic faxtronic 23 février 2009 15:46

              exactement, donc il faut les prendre de vitesse, et faire rougir l atlantique de leur sang. Pas une revolte, mais une revolution sans pitie, au culte du sang faisont hommage.....

              pouf pouf je m egare, Pol Pot a echoue, nous ne feront pas mieux. Non il faut se retirer du monde, et ne pas pleurer sur leurs morts. Et arretons de vouloir les sauver. 

              Il y a toujours 2 camps


            • faxtronic faxtronic 23 février 2009 15:47

              nous sommes des esclaves. Liberons nous de nos chaines. Et comme toutes chaines, elles sont uniquement dans nos tetes.


            • faxtronic faxtronic 23 février 2009 15:48

              Il faut apprendre a renoncer a ce qui est impermanent.


            • plancherDesVaches 23 février 2009 16:58

              Ne cédez pas au subjectif.

              Des 1789 locaux sont maintenant envisageables par des pays du G20.
              Ainsi, la Chine a relevé de 20% l’allocation aux chomeurs, et la Russie a augmenté le budget de la police.

              Nous nous devons de rester factuel et circonstancié pour être crédible.


            • souklaye souklaye 23 février 2009 13:58

               Les circonstances atténuantes et la gueule de bois post Obamania nous enseignent que le statu quo semble le seul avenir envisageable, les gesticulations stéréotypées des experts et des charlatans masquent la panique générale.

              Les médias, eux, sont toujours dans la phase du flirt avec la gravure de mode d’ébène (munie de l’option politicien) et d’édito en édito ils esquissent La question : qui mettra la langue en premier ?

              Les administrés Américains, ou non, du nouveau chef du monde libre – maître du monde, ce n’est plus à la mode – n’ont pas choisi entre le flagrant délit de masochisme et le fanatisme silencieux comme modèle de gouvernance.

              Le G20, le G4, le G7, les 5G, les nationalisations miraculeuses, les recapitalisations hasardeuses, l’aide humanitaire ou le paquet social et l’empathie solennelle des soirs d’allocution voudraient nous faire croire que le temps d’une réunion au sommet, les États ont repris la main sur le marché.

              http://souklaye.wordpress.com/2009/02/22/preference-mondiale-et-residence-nationale/


              • goc goc 23 février 2009 14:16

                LE problème c’est que se profile une nouvelle phase de la crise, celle de la bankroute des pays de l’est et des pays de l’amerique du sud, et donc avec eux, celle des banques europennes exposés à ourtrance dans ces marchés

                donc si le G20 ne prend pas de mesures efficaces contre cette faillite annoncée, on peut craindre pour la suite des evenements. Et meme si les USA n’ont pas de "billes" dans ces etat de l’ancien bloc sovietique, une deroute des banques occidentales fera forcement des degats partout. y compris chez eux, et dnc agravera d’autant la crise europeenne


                • plancherDesVaches 23 février 2009 14:31

                  Vous avez raison d’essayer de sauver vos billes.


                • JL JL 23 février 2009 15:01

                  Sur votre conclusion : ""Gageons donc qu’en l’absence de gouvernement mondial,...""

                  Peut-on penser que ce gvt mondial sera celui le Big One, le dernier des Big Four  ?

                  "Depuis 1989, des fusions ont réduit le nombre des principaux cabinets d’audit comptable de huit à quatre."


                  • Philou017 Philou017 23 février 2009 15:25

                    "Gageons donc qu’en l’absence de gouvernement mondial"

                    Il y a des masos qui en veulent toujours plus. Pas assez de s’être fait entuber par la commission Européenne (qui insistait il y a peu pour ne pas dépasser les 3% de déficit), et d’autres institutions aussi opaques et incontrolables que le FMI ou la Banque Mondiale. Il veulent un gouvernement mondial qui sera encore moins controlable et qui sera à l’évidence au service de devinez qui ?
                    1 - Des peuples
                    2 - De l’intérêt général
                    3 - de l’écologie
                    4 - De la finance

                    (Les réponses 1 à 3 rapportent 0,001 point, la réponse 4, 20 points).

                    Le gouvernement mondial est une fausse bonne idée. Apparaissant rassurante et pavé de bonnes intentions (sauver l’économie mondiale), il sera hors de tout controle et ses décisions ne pourront pas être discutées (comment, vous vous opposez à ce qui a été décidé dans l’inté^rt du MONDE ???). Ce coup-ci, ca serait un adieu définitif à la démocratie.

                    Terribles ces masos...


                  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 24 février 2009 01:36

                    JL, extrait.

                    S’il apparaît aujourd’hui que les Big Four sont très puissants dans le domaine de l’audit financier et comptable, des problèmes de manque de concurrence font débat et notamment se pose la question des conséquences d’une hypothétique "nouvelle affaire Enron". Toutefois, les observateurs du secteur s’accordent à dire que l’émergence d’un cinquième réseau global est fantaisiste. "

                    Il faut savoir se servir de l’énergie de celui qui attaque pour le renverser. Le Gouvernement mondial est inéluctable. C’est un grand ordinateur central auquel nous seront tous raccordés ( c’est déjà fait ) . Plutôt que de le nier, allons dans son sens. A sa tête seront, non des comtables, non des financiers, non des présidents, mais l’informatitien génial qui aura conçu le code inviolable comme celui de la bombe de Damoclès Nucléaire.

                    Ce Big Four est voué à s’auto manger en Big two, voire même Big one, si l’un d’eux mange l’autre, ce qui serait à craindre puisque, plus de concurrence possible. Ces audits aujourd’hui participent, entre autres, à écrouler de l’intérieur des grosses entreprises poutant brillantes, pour racheter à moindre frais les brevets comme ceux de GEMPLUS et UNIROSS, leaders mondiaux dans des domaines cruciaux et français...

                    A+.


                  • Philou017 Philou017 23 février 2009 15:14

                    "Les pays européens du G20 ont décidé qu’il fallait "500 milliards de dollars" au Fonds monétaire international (FMI). C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre britannique Gordon Brown, lors d’une conférence de presse à l’issue d’un sommet à Berlin."

                    Rien que cela. Les dits-européens se gardent bien de dire pourquoi il y a besoin de telles sommes. Il apparait que le casino mondial qui sert de systeme financier n’est pas au bout de ses avanies, et qu’il va falloir que le contribuable mette la main au portefeuile pour renflouer nos chers banquiers. Tout cela dans l’opacité la plus complete (Où un dirigeant européen s’est adréssé au peuple pour justifier ces 500 milliards ?).
                    D’ailleurs, si quelqu’un peut me donner un ordre de grandeur de ce que cela signifie 500 milliards. Moi, je ne sais plus.

                    D’un autre coté, les EU supplient la Chine de continuer à subventionner son déficit :
                    Les États-Unis appellent la Chine à continuer de financer leur dette
                    "Nous allons faire face à un accroissement de notre endettement. (...) Ce ne serait pas dans l’intérêt de la Chine si nous n’étions pas capables de faire repartir notre économie", a fait valoir la secrétaire d’État américaine, Miss Clinton.

                    On se demande où est la morale et l’auto-équilibrage tant vanté du marché, dans tout cela.

                    La fantastique bouffonnerie du libéralisme apparait dans toute son horreur. Un point positif dans cette crise.


                    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 23 février 2009 15:25

                      C’est le secret bancaire qui est la cause du mal et a permis l’émergeance des paradis fiscaux si contestés aujourd’hui. http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/02/23/la-suisse-se-dechire-sur-son-secret-bancaire_1159154_1101386.html .

                      Extrait : " Depuis 2001, l’accord dit "d’intermédiaire qualifié" oblige les banques suisses à signaler au fisc tout compte ouvert par un citoyen américain. Mais, à la page 94 du rapport, un schéma réalisé par l’UBS indique qu’entre 2002 et 2005 les comptes déclarés ont été séparés des comptes non déclarés."


                      • Triodus Triodus 23 février 2009 16:38

                        Au risque de me répeter : ça sera difficile : TOUTES les banques des pays de l’U.E (et surtout Françaises et Allemandes !!) y sont très présentes.

                        Nos belles banques "Françaises" qui ont une "saine gestion", vous croyez qu’elles n’opèrent que dans l’hexagone ? 

                        Elles vont déjà depuis longtemps récupérer leur part du gâteau dans les paradis fiscaux !!

                        Alors oui, mais là ça sera plus difficile de retirer ses propres billes du jeu, hein ?, parce qu’en réalité, on y joue tous, à ce même jeu.

                        Cordialement,
                        T.


                      • Internaute Internaute 23 février 2009 17:38

                        Le secret bancaire n’existe plus. Il existait en Suisse à la génération précédente lorsqu’on pouvait ouvrir des comptes à numéro, c’est à dire que le banquier lui-même ne connaissait pas votre identité. C’est cela le vrai secret. La contrepartie était que si vous perdiez votre numéro vous ne pouviez plus avoir accès à votre compte.

                        Même une descente du Mossad à l’UBS n’aurait pas permis de connaître les clients de l’UBS.

                        Cela est fini et bien fini. Le seul intérêt de la banque en Suisse est que ce sont de vrais professionnels capables de faire pour vous toutes les opérations imaginables dans le monde entier. De ce côté là, ils sont à des années-lumières du Crédit Agricole ou de la BNP qui ont déjà beaucoup de mal à faire un simple virement en Euros d’un compte en France sur un autre compte en France.


                      • Internaute Internaute 23 février 2009 17:40

                        Les paradis fiscaux n’existent que parcequ’il y a des enfers fiscaux.


                      • plancherDesVaches 23 février 2009 20:32

                        Je sens que vous 3 allaient pouvoir me dire comment il a été possible que certains états empêchent (provisoirement) l’achat de titres à découvert (à terme ou avec Saint Endettement).

                        Et que certains états râlent maintenant contre UN paradis et non la globalité de ceux-ci.....

                        Ca gène, hein, non ?


                      • plancherDesVaches 23 février 2009 20:47

                        Je vous redonne le lien vers un article des paradis...

                        http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=51962

                        Vous comprendrez mieux pourquoi une saine concurrence a pu s’instaurer entre paradis et secrets...


                      • Nathan Nathan 23 février 2009 16:47

                         G7 ou G20, Les Etats sont prisonniers des médias.


                        • Philou017 Philou017 23 février 2009 19:23

                          Je dirais plutôt le contraire.

                          Je pense qu’il doit falloir chercher pour trouver un article de presse portant un regard critique sur la récente décision d’attribuer 500 Milliards de $ au FMI, et l’opacité complete autour de cette décision.

                          Le parlement a longuement débattu pour trouver un pauvre milliard pour le RSA. Mais pour renflouer (sans aucune assurance) le systeme financier international, on débloquer des centaines de milliards à la pelle.

                          Mérite pas une petite critique ?

                          Il est vrai que le gouvernement subventionne aussi nos médias ( www.agoravox.fr/article.php3 ). C’est sans doute pas pour rien...


                        • Le péripate Le péripate 23 février 2009 17:01

                          De l’économie, ça ! Bien plutôt de la mauvaise propagande étatolâtre. Aucune analyse, aucune valeur ajoutée, un papier scolaire d’un stagiaire journaliste. 


                          • plancherDesVaches 23 février 2009 17:29

                            Péripate : essayez de nous démonter ce système dans le détail...
                            Le fossoyeur de Lehman Brothers a dit que ça allait prendre plusieurs années. (et ça arrange bien certains)

                            Le synthétique a parfois du bon. L’enrichissement à l’extrème et la peur de "perdre" expliquent tout. 8 mots, et tout est résumé. smiley


                          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 23 février 2009 18:02

                            @ titien, enfin plutôt au péripate,

                            j’aurais bien aimé connaitre votre avis sur ce sujet : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=51991#commentaire2013525 . Vous avez souvent le même type de cinglante critique que les sujets débattus, ètes vous des leurs ?


                          • Le péripate Le péripate 23 février 2009 19:28

                             Planchers des vaches. Dans le détail ! Ca ne va pas être facile dans un simple commentaire.

                            Cependant, deux remarques.

                            La suite des rencontres internationales sur les systèmes monétaires est l’histoire de la dépossession de la monnaie-marchandise de la société vers les états et les banques centrales, dépossession qui se traduit par un changement de la nature de la monnaie (et la possibilité d’une économie inflationniste.)

                            Le "grand jeu " entre la Chine et les USA (et les occidentaux au sens large). La Chine sous évalue volontairement sa monnaie, ce qui lui permet d’accumuler des masses considérables de devises, qui servent essentiellement à acheter les obligations et bons du Trésor des états occidentaux, qui se financent ainsi ( les autres sources de financement sont l’impôt, bien sûr, la dette, et l’impôt d’inflation). C’est pourquoi les états occidentaux protestent très mollement contre les manipulations monétaires chinoises. Il est à noter que cela a aussi pour effet de rendre artificiellement attractifs les produits chinois, et nous le payons en terme d’emploi. Un véritable cercle vicieux où le marché a peu à voir, et les états beaucoup.
                            Je n’ai pas bien compris la remarque sur "le fossoyeur de Lehman"

                            Lisa Sion. Je regarde très peu la télé (comme elle me nourrit très mal, je lui rends la pareille). "des leurs" ? Je ne comprends pas.


                          • plancherDesVaches 23 février 2009 20:23

                            Péripate.
                            La position de la Chine est particulière : les dirigeants sont capables de sacrifier une ou plusieurs générations à leur désir de faire grandir le pays, ce qui renforce leur pouvoir. (notez, chez eux, 100 morts, ils s’en foutent, ça ne représente même pas une personne en proportion chez nous) (ça vous parait dur, mais IL FAUT OUVRIR LES YEUX)
                            Ainsi, la propagande va bon train. Et on bloque internet, ça garde le contrôle des esprits.
                            Le fait de tenir en soit-disant otage les économies des Grands Pays Développés qui nous sommes va, de toute façon bientôt atteindre ses limites...
                            25 des 2000 milliards en leur possession viennent d’être prétés à la Russie contre du pétrole, et, même si ça vous parait peu, ça n’est qu’un début.

                            Pour le fossoyeur de Lehman, grande société de 158 ans d’âge, il s’agit de l’administrateur chargé de la liquidation des biens de la société.
                            J’aurai (au passé) voulu vous filer un lien vers un article de presse, mais ils ont disparus...
                            Ainsi, ce brave homme, dont je peux retrouver le nom dans mes archives depuis le 15 septembre, a dit que faire l’état des lieux précis et exact du cadavre de Lehman Brother prendrait des années.


                          • Le péripate Le péripate 23 février 2009 20:48

                             Je comprends mieux. 
                            L’économiste Shumpeter a théorisé la destruction créative. Si plus d’entreprises inadaptées et/ou mal gérées, comme Lehmann, n’étaient pas portées à bout de bras par nos gouvernements, nous irions mieux.


                          • Philou017 Philou017 23 février 2009 20:52

                            Le Péripate n’a toujours pas compris que les états sont aux services des nababs du systeme économique en général, et du systeme financier en particulier.

                            Ca a toujours été comme cela, mais c’est encore plus flagrant à notre époque. C’est la logique du systeme : quand on laisse la liberté aux "élites économiques" , elles en profitent pour asservir le monde et maximiser leurs bénéfices au dépens du social, de l’emploi et des salaires. Le gigantesque casino à fonds perdus de la finance est le résultat logique de la liberté laissé aux financiers aux dents longues.

                            LP fait semblant d’ignorer des évidences aujourd’hui claires pour tout le monde, ce qui lui permet de faire l’éloge d’un systeme libéral idéaliste et sans aucun rapport avec la réalité, comme le lui démontre pourtant clairement les évenements de notre époque.

                            Il n’y a pire sourd qui ne veut entendre.


                          • plancherDesVaches 23 février 2009 21:15

                            Philou017, vous avez presque tort et pas tout à fait raison.

                            Le principe d’entreprise est bon, il met l’énergie des hommes en commun. Que ces bénéfices soient pompés au max sur le dos des salariés, là, y’a abus.
                            Et ce n’est pas un principe de syndicats qui ont juste repris le filon.
                            Simplement, le financier va faire de l’argent sur tout se (et ceux) qui passe....

                            Welcome in the new freedom and the americain dream, we garantee you a job, a house and all that you can dream to have a wonderful life...

                            Un gars sur un journal financier vient de découvrir que les US ont lancé la titrisation des endettements de consommation... et il était horrifié smiley


                          • Le péripate Le péripate 23 février 2009 21:26

                             Philou, qui lui comprend tout, a certainement une excellente explication au fait qu’il n’est jamais content quelque soit le gouvernement, une explication lumineuse au fait que les régimes selon ses voeux soient des horreurs inhumaines. Philou est un malin à qui on ne la fait pas.


                          • Philou017 Philou017 23 février 2009 21:43

                            Le principe d’entreprise est bon, il met l’énergie des hommes en commun.
                            Il y a d’autres moyens , comme la coopérative. Mais bon passons..

                            Simplement, le financier va faire de l’argent sur tout se (et ceux) qui passe....

                            Exactement, s’il n’y a pas régulation, orientation et controle de l’évolution économique par un état responsable devant le peuple, c’est le n’importe quoi. Ce qui se passe était largement prévisible.
                            C’est presque inévitable, et pas tout à fait évident pour tout le monde.


                          • Philou017 Philou017 23 février 2009 21:54

                            Dans les années 80, je lisais des articles qui faisaient l’éloge de la mondialisations et mettaient en exergue les pays émergents qui allaient devenir "de nouveaux riches". Le principal pays cité en exemple était l’Argentine...
                            Je savais que ca ne marcherais pas. Parce que la logique du systemes et des sociétés humaines telles qu’elles existent ne le permettent pas. De plus, une économie basée uniquement sur la recherche du profit ne peut que se fourvoyer.

                            La mondialisation via le libéralisme a été une formidable opération d’intoxication du point de vue de l’information des citoyens. Mon humble mérite consiste à n’avoir jamais cru à ces fadaises.


                          • Le péripate Le péripate 23 février 2009 22:28

                             Très bien la coopérative. Une entreprise avec plusieurs propriétaires, et qui travaillent dans leur propriété. S’ils arrivent à se mettre d’accord...
                            La régulation par l’état ? Keynes lui-même, sans doute interventionniste mais néanmoins économiste, convenait que l’intervention de l’Etat dans l’économie n’était efficace qu’à la condition d’être limitée dans le temps (conjoncturelle) et dans l’espace (précisément définie).
                            Basée uniquement sur le profit ? Mais c’est l’économie. Et qui ne décrit pas le monde en son entier. L’économie n’a rien à voir avec aider son voisin, éduquer ses enfants, aimer, vibrer en écoutant un concerto, etc...

                            C’est à tort, en effet, que l’on compare le capitalisme existant à une situation purement idéale où il n’y aurait jamais d’erreur de gestion, jamais de dissimulation comptable, jamais de faillite, jamais de licenciements, jamais de baisse de valeur des actifs. Car l’erreur est humaine, elle est nécessairement présente dans toute organisation sociale et elle est bien souvent un élément essentiel de tout processus d’apprentissage. Ne poursuivons donc pas la chimère d’un monde idéal sans problème, mais demandons-nous plutôt quel est le système qui donne le plus de chances à tous de poursuivre efficacement leurs propres objectifs. La réponse est simple : c’est le capitalisme, car il repose – plus que tout autre – sur la discipline de la responsabilité individuelle, parce que l’erreur y est sanctionnée et parce qu’il incite à la création de connaissances (éventuellement à partir des leçons tirées des erreurs)."

                            Pascal Salins

                            J’entends toujours des dénonciations d’une part, et d’autre part des protestations comme quoi la solution désirée n’est pas le communisme. Alors, c’est quoi ?


                          • Philou017 Philou017 24 février 2009 00:54

                            "Basée uniquement sur le profit ? Mais c’est l’économie."
                            C’est juste votre vision de l’économie. Il fut un temps ou le désir de rendre service, de trouver des innovations qui étaient vraiment utiles, où fournir des marchandises de qualité etait un motif de fierté (qui se souvient des manufactures, dont certaines sont restées celebres ?)
                            Cela n’empêchait pas de gagner de l’argent. Aujourd’hui, on vend beaucoup... de camelote, qui se jette tres vite apres usage. Le résultat exact d’une course au profit et à la consommation.

                            des dénonciations d’une part, et d’autre part des protestations comme quoi la solution désirée n’est pas le communisme.
                            Ca, c’est l’antienne des médias et des gouvernants, assénée sans relache depuis 30 ans afin de faire avaliser le libéralisme comme "il n’y a que cela qui marche".

                            Le capitalisme des années 60-70, surtout familial, était soumis aux orientations et aux choix du gouvernement. Celui-ci avait un role de leader dans les domaines de la recherche, du développement et de tout un tas d’instruments de gestion de l’économie.
                            Ca marchait tres bien, et ca n’empêchait ni la démocratie, ni la libre-entreprise, même si une bureaucratie trop lourde aurait gagnée à être allégée.

                            Comme autre systeme, il y a le socialisme libertaire, qu’on appelle aussi l’anarchisme. Contrairement à l’idée répandue, c’est un systeme extrêmement organisé où la démocratie doit s’exercer à tous les échelons de la société. Ce systeme n’a pu être mis en oeure à cause des limitations des gens, mais aussi pour beaucoup à cause de la désinformation propagée par les puissants et des nombreuses contre-vérités qui y sont associées.

                            Au niveau de ce qu’on appelle le socialisme, on a expérimenté peu de choses, et toujours dans de mauvaises conditions. Alors que le capitalisme a connu de nombreuses formes et variantes partout dans le monde.

                            Le seul vrai obstacle à l’instauration de nouvelles formes d’organisation, c’est les intérêts du systeme, particulierement ceux des puissants qui font tout pour garder en place un systeme qui leur convient.

                            D’ailleurs qui a installé le libéralisme et la mondialisation ? Les industriels et les financiers, qui y voyaient leur intérêt. Et qui ont trouvé des relais chez les politiques, qui sont souvent leurs obligés. Personne d’autre et surtout pas le peuple à qui on a évité de demander son avis, lui enjoigneant seulement de ratifier des traités.


                          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 24 février 2009 01:08

                            "des leurs", de leur trempe.

                            En effet, ils sont placardisés sur la toile parce qu’ls représentent une opposition à la pensée unique. Ils en sont souvent cinglants, comme vous, n’ont pas leur langue dans la poche, ne prennent jamais de gants, http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=21952 même face à un politique chevronné et j’aurais bien aimé savoir ce que vous pensiez d’eux, même sur l’article en question.



                          • Le péripate Le péripate 24 février 2009 07:21

                             Lisa, il faudra donc que je regarde cette émission. Quant à l’article, j’avoue, manquant de références télévisuelles, ne pas y avoir compris grand-chose. Mais, d’après ce que vous en dites, il se pourrait, en effet, que je sois des leurs, sous réserves, bien sûr.

                            Philou, vous êtes anarchiste. Très bien, il faut juste comprendre que socialisme et anarchisme c’est un oxymoron. Proudhon siègeait à côté de Bastiat, et ils se sont beaucoup influencés.

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