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Accueil du site > Actualités > Economie > Get satisfaction ! Pour en finir avec le pouvoir d’achat

Get satisfaction ! Pour en finir avec le pouvoir d’achat

I. PRODUIRE, ACHETER

Le pouvoir d’achat n’a que récemment fait son apparition comme thème de société, introduit par un grand distributeur puis récupéré par les commentaires médiatiques et politiques. Depuis, peu d’analyses sur cet écran de fumée alors qu’un nouveau concept, le pouvoir de « satisfaction », sera esquissé dans ces lignes. Le lecteur avisé aura compris l’emploi des guillemets. Je ne suis pas satisfait de la notion de satisfaction. Alors je parle de « satisfaction ».

L’économie s’est toujours pensée comme la conjonction de choses produites et de biens échangés. Des multiples questions se sont posées sur les différents volets liés à la production et aux échanges. Pour produire, il faut investir, il faut un dispositif technique, que ce soit pour l’usine de haute technologie fabriquant des disques durs ou pour un agent de surface dont le savoir-faire est incontestable, même si ce type d’activité paraît plus abordable. L’économie est assurée par les entreprises privées dans un système libéral. Une entreprise emploie des travailleurs, rémunère les investisseurs, et doit faire des bénéfices, ne serait-ce que pour ne pas déposer le bilan. Les biens produits sont échangés au niveau d’une interface complexe mobilisant des transports, des systèmes de distribution, des vitrines de présentations à supports multiples, publicitaires notamment. L’échange est une transaction au cours de laquelle des biens sont échangés contre une quantité de monnaie qu’on appelle le prix ou bien la valeur d’échange. Celle-ci dépend de beaucoup de facteurs intrinsèques, coûts de production, transport, promotion ; mais aussi d’un ajustement qui, en fonction de l’offre et de la demande, module cette valeur d’échange.

Marx avait distingué une autre valeur, dite d’usage, autrement dit une valeur qui relève plus du qualitatif que du quantitatif. Comment déterminer l’utilité d’un bien durable comme un lit, un vélo, un appareil radio, un enregistrement sur CD, ou alors d’un bien à usage éphémère, par exemple la bouteille de champagne qui n’agit sur les papilles que le temps où les bulles restent en contact avec le palais (quoique, après il y a le souvenir), ou alors les vacances dans les îles. La valeur d’utilité est complexe, faisant entrer beaucoup de facteurs, ceux liés à la nature même du bien et ceux liés à la mise en usage du bien, avec une évidente implication de l’utilisateur. Un home cinéma ravira un cinéphile alors qu’un mélomane n’y trouvera aucun plaisir et lui préférera une chaîne haute fidélité. Un féru de cyclisme sur route n’aura cure d’un vélo d’appartement qui, lui, saura ravir une personne ayant peu d’expérience du vélo, mais souhaite faire quotidiennement un peu d’exercice. Alors que la valeur d’échange est purement objective, quantifié en valeur monétaire, la valeur d’usage est un mixte associant la nature de l’objet et ce qu’il apporte en termes de satisfaction, au sujet.

L’économie qui se veut scientifique n’accorde pas de place spéciale à la valeur d’usage. L’acquéreur d’un bien sur le marché ne compte qu’à concurrence du montant de la transaction effectuée. L’économiste se fout de l’usage d’un bien et du moment que la transaction a été effectuée, il importe peu qu’un appareil électrique reste dans son emballage ou qu’une automobile soit fracassée dans un platane. La somme des transactions permet de calculer le chiffre fétiche des politiques, la croissance. Quant à l’inflation, elle fut la bête noire des économistes et des politiques puisqu’elle mange l’épargne, autant qu’elle limite le pouvoir d’achat.

Venons-en à ce fameux pouvoir d’achat, en tête du box office des préoccupations des Français selon la presse qui ne cesse d’en parler et les politiques d’en faire un étendard permettant de prouver leur bonne volonté face aux désirs et difficultés que connaissent les Français. Le pouvoir d’achat est difficile à mesurer, contrairement à la croissance qui mesure l’augmentation du PIB sans pour autant donner une signification concrète en termes de retombées sur les ménages. La croissance est un chiffre qui nivelle la nature des biens et services produits. Tout y passe, y compris les accidents de la route, les longues maladies, etc. L’inflation est un chiffre qui est apparenté au pouvoir d’achat. Pour la calculer, les statisticiens sélectionnent un panel de produits censés représenter les achats les plus courants des consommateurs. Ce n’est jamais qu’une moyenne. La hausse de denrées moins soumises à la concurrence compense la baisse des prix pour les produits où une féroce compétition concourt à baisser les coûts de production, sans compter les effets de la mondialisation et la dynamique des pays émergents. La quantification du pouvoir d’achat implique un degré de complexité supplémentaire. Ce pouvoir quantifie le rapport entre la solvabilité des consommateurs et le prix des biens mis sur le marché. Grosso modo, il correspond à la moyenne des revenus disponibles divisé par la moyenne des valeurs d’échanges. On comprend que cet indice du pouvoir d’achat est complètement transparent vis-à-vis des disparités de revenus et des choix de consommation individuels. Ce chiffre prête à caution, encore plus que l’inflation du reste recalculée par des instances non gouvernementales. On connaît bien l’indice des prix mesuré par la CGT.

L’évaluation du pouvoir d’achat ne dit pas plus que le chiffre de la croissance. Il ne signifie rien excepté une donnée statistique qui, on le comprend aisément, fait pratiquement double emploi avec celui de la croissance puisque celle-ci est redistribué et que, si la croissance est positive, le pouvoir d’achat augmente d’année en année, ça c’est sûr. Pour le reste, les disparités sont criantes, dépendant non seulement des écarts de revenus, mais aussi de la part prise par des dépenses incompressibles, le logement, être locataire ou propriétaire, les transports si nécessaire, etc. A cela, on ajoutera la modulation de ce pouvoir par le jeu de l’épargne et du crédit. On peut différer dans le temps une partie de son pouvoir d’achat, taper sur l’épargne ou alors mettre de côté en vue d’un projet substantiel. En conclusion, le pouvoir d’achat semble plus relever de la subjectivité, d’un vécu ressenti, sans lien obligatoire avec les réalités, un peu comme l’insécurité. Il est des situations où les citoyens se sentent moins en sécurité alors que les chiffres indiquent le contraire. Et cette comparaison entre notion n’est pas fortuite car la baisse du pouvoir d’achat suscite inquiétudes et se ressent comme une forme d’insécurité. La part subjective est donc importante. Ensuite, il est vrai qu’individuellement, ceux dont le budget est moyen, voient très bien leurs dépenses se limiter, justement parce certains postes incompressibles augmentent, énergie, taxes locales, bientôt les denrées alimentaires. Et comme ce qui compte, ce sont les à côté, parfois le superflus, souvent les petits plaisirs que l’on s’offre et donnent du piment à la quotidienneté, alors si ce poste de dépense diminue, le moral baisse. Quant aux ménages les moins bien lotis, ce n’est pas le superflu, mais l’indispensable sur lequel il faut serrer et, là, ça devient déprimant, ce que l’on peut comprendre.

Cette notion de pouvoir d’achat n’apporte rien si ce n’est d’alimenter les propagandes politiques, les discussions de café et les propos de journalistes qui veulent se la jouer proximité, au plus près des Français. Les politiciens y voient manière à agir, s’attaquer au pouvoir d’achat comme on s’attaque à l’insécurité. On se souvient d’une époque où les faits divers de délinquance occupaient, trop selon certains, les écrans médiatiques. De nos jours, on verra se multiplier les reportages mettant en scène quelque ménage devant se serrer la ceinture, narrant un temps idyllique où Madame pouvait aller tous les mois chez le coiffeur et ainsi de suite...

II. LE POUVOIR DE « SATISFACTION »

Une chose paraît acquise, c’est le flou lié à cette notion de pouvoir d’achat tel qu’il est décliné comme un facteur ambiant de l’économie, placé dans les discours médiatiques et quantifié par des statistiques. Par contre, un ménage sait à peu près quel est son pouvoir d’achat, autrement dit, ce qu’il peut dépenser dans différents postes en fonction de ses revenus et qu’il dépense en fait. Le pouvoir d’achat est en fait équivalent à la somme des biens acquis, qu’on additionne en comptant chaque objet et qu’on mesure en termes de monnaie comme la somme des valeurs d’échanges investies dans les transactions. Par exemple, pour un ménage à quatre, sur un mois, 120 repas à domicile, 120 sur le lieu d’étude ou de travail, 10 séances de ciné, 100 litres d’essence, 5 livres, 30 quotidiens, deux pantalons, six chemises, une robe, etc. Somme dépensée par ce ménage, 1 500 euros, soit à peu près la différence entre le revenu du couple et les dépenses incompressibles, logement, impôts.

Voilà maintenant comment construire une notion nouvelle, celle du pouvoir de « satisfaction », en nous calquant sur la distinction entre valeurs d’échange et d’usage. Dans l’exemple ici proposé, la quantification du pouvoir d’achat de ce ménage est neutre. Elle n’indique rien excepté une recension d’objets et leur coût total. Cette configuration est à comparer avec la valeur d’échange. Maintenant, faisons entrer en ligne de compte la relation des membres de ce ménage face à ce qui est consommé. L’utilité des objets intervient, mais plus que l’utile, notion quelque peu obsolète (quoique), c’est la satisfaction qui indique le résultat subjectif lié à la consommation de biens et service. De ce point de vue, à pouvoir d’achat équivalent, le degré de « satisfaction » peut varier sensiblement d’un ménage à un autre, et surtout d’un individu à un autre. Ce constat vaut pour des objets identiques. Mais aussi, la modulation est prise en compte dans le contexte d’une philosophie de la consommation. Il est possible, à revenu égal, d’augmenter sa « satisfaction » si on choisit avec soin les biens acquis, et aussi si on fait un effort pour aller vers le produit qui, à « satisfaction » égale, est le moins cher.

Un autre volet se précise, faisant intervenir une fois de plus le sujet. L’homme est pris dans sa dimension désirante et volitive. Le degré de « satisfaction » dépend non seulement des biens consommés, mais de la possibilité d’avoir satisfait ses désirs. Et là, l’affaire se corse, impliquant la perturbation des désirs et affects par les médias et leur pub, ainsi que la nature envieuse de l’humain et, pour parler comme Freud, le principe de plaisir. Dans la notion de pouvoir de « satisfaction », la quantité de choses désirées intervient. Si bien qu’on peut augmenter son pouvoir de « satisfaction » en limitant ses desiderata, en jouant (Freud encore) sur le principe de réalité, autrement dit, la conscience d’avoir un budget limité.

Le pouvoir de « satisfaction » est l’indice qui implique l’intégralité du sujet consommateur. De plus, on comprend aisément que ce pouvoir est entre les mains de chacun, moyennant quelques conditions minimales de revenus. Il va de soi que les ménages en situation de pauvreté ou de précarité ne sont pas concernés. Il appartient à chacun de trouver cette sagesse prosaïque, inspirée par l’épicurisme, visant contrôler ses désirs, en y associant une sagesse stoïcienne inclinant à reconnaître que le pouvoir d’achat ne dépend pas de nous, et qu’il faut accepter la situation et œuvrer pour la part de choix et de désirs qu’on peut décliner personnellement et satisfaire. Enfin, il faut admettre qu’en certains cas, le pouvoir d’achat dépend de la personne, mais c’est le fait d’une minorité qui exerce une profession indépendante où le carnet est rempli et la marge de manœuvre possible, minorité à laquelle on ajoutera ceux qui sont salariés dans une entreprise, elle aussi au carnet rempli et qui peuvent faire des heures supplémentaires (comme le monsieur dans la pub il le raconte sur les ondes radiophoniques). Toute la subtilité de Sarkozy étant d’élargir le groupe des lauréats du travailler plus en qualifiant les salariés ayant engrangé des RTT, puis ceux qui ont accumulé des participations dans les entreprises. Mais attention, le père Noël ne passe pas deux fois.

Cette notion de pouvoir de « satisfaction » offre un tout autre recadrage sur cette question du pouvoir d’achat. La marge de manœuvre pour chacun y est étendue et dans le contexte actuel où les désirs sont insolvables par l’économie, il est préférable de pratiquer l’économie de ses désirs pour vivre plus sereinement en se contentant de limiter et choisir sa consommation, ce qui n’empêche pas d’accéder à des plaisirs, gorgées de bière et même plus, pour peu qu’on ait le don d’inventer sa vie et de vivre ses inventions.


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27 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 11 décembre 2007 09:36

    Vous dites « Le pouvoir d’achat n’a que récemment fait son apparition comme thème de société »

    C’est faux,car cela a toujours existé,car sans pouvoir d’achat il n’existe aucune possibilité d’obtenir un niveau de vie qui évite la pauvreté.

    A partir de ce mauvais constat vous faites une erreur d’analyse


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 11 décembre 2007 09:44

      Le pouvoir d’achat est une notion relativement nouvelle dans le paysage médiatique français. En effet cette notion est d’abord apparue dans les campagnes publicitaires des enseignes de super marchés (principalement Leclerc), puis est apparue de façon très rapide dans les discours politiques et publique à peu près au tout début da la campagne présidentielle, en 2006. Sa diffusion fut tellement rapide qu’elle est devenue une notion dont il est difficile de se soustraire. On pourrait d’ailleurs rapprocher l’imposition de cette notion a celle de « sécurité » lors de la précédente campagne.

      La nouveauté de cette notion n’a pas conduit a de grandes analyses à ce jour mais il est cependant très intrigant de voir de quelle façon elle s’est diffusée. Il semblerait d’ailleurs qu’elle a largement remplacé d’autre notions comme les salaires ou les revenus voire la pauvreté dans le discours public.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Pouvoir_d’achat


    • manusan 11 décembre 2007 13:12

      Sans être cynique (un peu quand même), c’est devenu plus important que la notion de liberté, de démocratie, ou de citoyenneté.


    • tvargentine.com lerma 11 décembre 2007 10:13

      Pas aussi récent que cela

      « Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), institué par la loi du 11 février 1950 sur les conventions collectives, devait être fixé par référence à un budget-type. Il fut en fait indexé sur des indices de prix. »

      d’ou la notion de pouvoir d’achat


      • Gazi BORAT 11 décembre 2007 17:52

        @ Lerma

        Ca n’arrive pas tous les jours.. mais je suis aujourd’hui totalement d’accord avec vous..

        La notion de « pouvoir d’achat » et sa transcription plus simplifiée « panier de la ménagère » étaient récurrents dans le discours politique dès les années trente..

        gAZi bORat


      • ZEN ZEN 11 décembre 2007 10:28

        « il est préférable de pratiquer l’économie de ses désirs pour vivre plus sereinement en se contentant de limiter et choisir sa consommation, ce qui n’empêche pas d’accéder à des plaisirs, gorgées de bière et même plus, pour peu qu’on ait le don d’inventer sa vie et de vivre ses inventions. »

        Allez dire cela aux quelques sept millions de Français qui vivent (?) avec parfois moins que le RMI...Pour moi, ça va heureusement,merci, j’ai une modeste pension qui me permet de suivre cet idéal épicurien, cette liberté d’esprit qui est un luxe inaccessible pour beaucoup..

        http://www.inegalites.fr/


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 11 décembre 2007 10:40

          Zen, j’ai évoqué la situation des précaires dans le billet, rassure-toi, je ne les ai pas oubliés

          «  »Quant aux ménages les moins bien lotis, ce n’est pas le superflu, mais l’indispensable sur lequel il faut serrer et, là, ça devient déprimant, ce que l’on peut comprendre.«  »


        • Jacques 11 décembre 2007 11:05

          Le pouvoir d’achat et les lamentations de ceux qui n’en ont pas assez, est venu à point nommé pour justifier les grèves de ces dernières semaines.

          Il était difficile en effet de justifier ces mouvements sociaux, par le simple maintien d’avantages ‘acquis’ (garantie de l’emploi, retraite avantageuses, durée de cotisation plus courtes, calcul sur les 6 derniers mois,....). Alors pour faire diversion et éviter de rendre les grévistes encore plus impopulaires en les exposants comme de simples corporatistes qui s’efforcent de maintenir leurs privilèges, on a fait diversion avec quelques fiches de paies sncf brandies avec indignation.

          D’ou ce retour en grâce du ‘pouvoir d’achat’. Il en faudrait en effet en finir avec la prédominance de cette notion. Il est aujourd’hui bien plus essentiel de bénéficier de la garantie de l’emploi et d’une retraite plus précoce : la se trouve la vrai richesse et les vrais nantis.


          • floruf floruf 11 décembre 2007 11:30

            On peut appeller cela comme on le veut selon les époques(« pouvoir d’achat » aujourd’hui) mais ce que les français désirent c’est du pognon !! Rien de neuf sous le soleil, depuis toujours tout est trop cher et (ou) on ne gagne pas assez ! Le seul véritable indice de satisfaction de nos chers compatriotes c’est de savoir combien de fois ils vont pouvoir aller à Carrouf dans le mois !


            • La Taverne des Poètes 11 décembre 2007 12:00

              Intéressante analyse reposant sur la distinction entre utilité et satisfaction. La façon d’appréhender le pouvoir d’achat et la sécurité est effectivement le plus souvent subjective. Ainsi, pour la sécurité : si on offre aux gens des téléfilms violents, des images de banlieues qui brûlent tous les jours aux JT, ils se diront en insécurité. Réduisez significativement ce tapage médiatique et rassurez les gens avec l’image d’un homme fort, et y compris en leur mentant sur les chiffres de la délinquance, et peu à peu ils diront qu’il y a une meilleure sécurité. Le pouvoir ne leur a pas apporté plus de sécurité : il les a surtout rassurés. En réalité, n’est-ce pas aussi ce que les gens demandent : d’être rasurés ?


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 11 décembre 2007 12:52

                Demian’t get no satisfaction, Demian’t get no satisfaction. ’Cause he try and he try and he try and he try. Demian’t get no, Demian’t get no.


              • Zalka Zalka 11 décembre 2007 17:50

                Faut vraiment être tordu pour trouver quoique ce soit d’excitant à Mick Jaeger actuellement.


              • Zenobia Zenobia 11 décembre 2007 20:09

                DW vous avez des vapeurs ??? des nausées ??? un dégoût forcené de tout ce qui n’est pas de votre facture, qui n’est pas non plus toujours digeste, il faut bien le reconnaître ???

                Frustration de l’andropause, peut être précoce chez vous... Il vous faut prendre quelques potions pour rétablir l’équilibre de votre taux de testostérone....


              • alberto alberto 11 décembre 2007 13:17

                Interessant cet essai de qualifier/quantifier le « pouvoir d’achat » !

                J’entrevois pour ma part un élément concret intervenant dans la perception de ce concept qui n’a pas été abordé ici : la mensualisation à tout va des différentes prestations.

                Dans un premier temps seules les prestations dites « incompressibles » avaient été acceptées (de plus en plus) d’être mensualisées : impôts sur les revenus, puis locaux, puis assurances autos-habitation-santé puis les fluides (eau-gaz-électricité)...

                Aujourd’hui les citoyens sont constament sollicités (pour ne pas dire harcelés) pour mensualiser ainsi leurs prestations d’abonnements aux différents opérateurs de téléphonie, fournisseurs d’accès à internet, frais dits de gestion pour des packs de services (?) bancaires...Même certaines organisations humanitaires m’ont proposées de « mensualiser » mes dons ! Aussi la grande distribution semble vouloir s’y mettre !

                Ajouter à celà les souvent inévitables « crédits » à la consommation, et une famille se retrouve souvent à poil en fin de mois pour assurer ses besoins fondamentaux (ceux qui devraient passer prioritairement avant tous les autres !) du fait de tous ces suceurs de sueur qui ont bien vérouillés leurs rétributions !

                Sans possibilité de gèrer ses dettes, de quitter rapidement un service devenu superflu, avec des difficultés pour changer facilement de prestataires, avec cette sensation de se sentir prisonnier d’un carcan de créanciers et de voir que l’accroissent de ces obligations s’effectue en sens inverse de ses dépenses « libres », cet environnement pése lourdement sur la perception qu’a le pékin moyen sur son « pouvoir d’achat ».

                Et la réduction progressive et simultanée des prestations sociales supposée servir de béquille à ceux qui ne pourraient plus assumer leurs dépenses « incompressibles » accentue à l’évidence ce ressenti de diminution de pouvoir d’achat.

                Merci Bernard Dugué dont je lis toujours les articles avec plaisir.


                • L'Hérétique L’Hérétique 11 décembre 2007 18:19

                  Il y a des choses intéressantes dans votre article, mais il y a un point que je récuse. Vous écrivez :

                  « En conclusion, le pouvoir d’achat semble plus relever de la subjectivité, d’un vécu ressenti, sans lien obligatoire avec les réalités, un peu comme l’insécurité. Il est des situations où les citoyens se sentent moins en sécurité alors que les chiffres indiquent le contraire. Et cette comparaison entre notion n’est pas fortuite car la baisse du pouvoir d’achat suscite inquiétudes et se ressent comme une forme d’insécurité. »

                  Je suis très défiant quant à ce raisonnement : sous prétexte qu’une part non-négligeable de subjectivité rentre dans la notion de pouvoir d’achat, vous êtes tout prêt à faire un déni de réalité, de la même manière que la gauche expliquait autrefois que les électeurs des quartiers populaires fantasmaient quand ils votaient pour le FN.

                  Quant à prôner une sagesse très stoïcienne (très élitiste, au demeurant, car le stoïcisme n’est absolument pas une philosophie populaire), n’est-ce pas botter en touche ?

                  Les besoins évoluent, et c’est la nature même des sociétés marchandes capitalistes. On ne peut pas figer le besoin à un instant T et faire comme si tout le reste était superflu.


                  • qualj qualj 11 décembre 2007 18:46

                    « Le pouvoir d’achat » Tout est dit ! De quel pouvoir supranormal parlons nous, laissons l’argent à ceux qui savent l’investir ou le flamber, et laissons surtout les personnes qui ne souhaitent pas le « pouvoir » d’achat ! Ca parait insensé de vouloir un pouvoir si ridicule ! Pour ma part regarder les actes d’achat me rendent déjà epuisé et ruiné ; et si on se mettait vraiment à consommer pour le plaisir, ??? on frole la folie cosummariste, oui allez y , plaignez vous encore et encore de ne pouvoir consommer !! faites greves et occupation !! Et si on faisait greve en bloquant une grande enseigne pendant une heure ( manque à gagner pour la société : des milliers d’euros !) plutot que de faire chier le citoyen , je propose un bonus de pouvoir d’achat à qui ose taguer une affiche pub , qui pense à castrer le connard qui surenchérit son produit , qui pense à boycotter les produits ricains, qui pensent que acheter européen est et deviens civique, qui pensent que pendant noel ce seront ancore les meme dehors à se geler les couilles , et les memes à vomir leur foie gras au champagne( faute de gout) qui pensent une seconde à donner un millieme de leur consommation festive à un tiers ? Oui soyez tranquilles , tout continue comme ci de rien n’était , alors claquez 150 , 500, 3000 euros pour tous vos cadeaux et n’oubliez pas que la croissance se souviendras de vous ! faites un veux : que rien ne change !


                    • carlota 11 décembre 2007 20:34

                      Bonjour, Je m’interesse à la question du journalisme citoyen. J’aimerais mieux cerner les raisons qui poussent à participer, par des articles, à ce nouveau moyen d’information. POur cela, il faudrait que je puisse rentrer en contact avec des rédacteurs d’Agoravox. Voici mon adresse : carlota_zuck@hotmail.fr

                      Votre témoignage m’aiderait beaucoup, vous aurez juste à répondre à quelques unes de mes questions.

                      Merci.


                      • moebius 11 décembre 2007 21:44

                        Ah ! la satisfaction ! vous avez faim, que je pren ici un example, hop vous mangé des ravioli et hop avalé et hop vous avé pu faim. Hop là vous voila satisfé le ventre il est plin.... Tien que je me di maintenant je me taperé bien la bonne, vous avé de nouvo fin mais cé une otre fin cépu l’estomaque, il est plin mé cé le sexe qui est plin mé la i veu dechargé un peu des raviolis sous forme spermatic et hop que ji vé et hop et hop et apré hop la une cibiche et apré ote chose et encore encore encore jusque vous soyé mort. Et quand on est mort on a pu fin ? mé la cé les ver de la terre une petite fin sauf les mort vivants et les vampire mais cé du fo cé du cinéma. maintenant cé les ver eux qui en se tortillan sous votre peau dans le merdié de vo organe en putréphaction qui peuvent satisfaire leur petite fin a eu et pour ça il on pas bessoin d’avoir un porte moné tout remplis de pouvoir d’acheter qui sone cling cling...... Mais par contre pour la valeur d’usage ça il sont en plein dedans


                        • moebius 11 décembre 2007 22:42

                          ...ont en a fini avec le pouvoir d’achat ?..


                          • Asp Explorer Asp Explorer 11 décembre 2007 23:11

                            Tiens, récemment, je suis tombé sur un article de « l’expansion », qui est un journal sérieux, et qui traitait du sujet. Il disait en substance que « les classes moyennes » ont vu leur pouvoir d’achat baisser, ce qui expliquait la morosité de l’économie. Oui, c’est vrai, m’offusqué-je, prenant mon propre cas de parisien vivant dans un clapier sombre et humide.

                            http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/la-classe-moyenne-en-france-parent-pauvre-de-la-redistribution-socio-fiscale_136053.html

                            Au fait, c’est quoi « les classes moyennes » ? Fort heureusement, « l’Expansion », qui est un journal sérieux donc, nous l’explique. Il y a en fait deux méthodes. Soit on fait 30/40/30 (c’est à dire qu’on prend la population générale, on enlève les 30% qui gagnent le plus et les 30% qui gagnent le moins, et restent les 40% de classe moyenne). Dans ce cas, on est dans la classe moyenne si on gagne entre 1050 et 1650 euros par mois. Deuxième possibilité, on peut faire 10/80/10. Dans ce cas, la classe moyenne est plus large, puisqu’elle regroupe les revenus entre 750 et 2360 euros par mois.

                            Et en lisant ces chiffres, je suis tout de même un peu surpris. Parce que dans aucun des deux cas, je ne fais pas partie de la classe moyenne. En temps normal, je touche un peu plus de 2400 (net) par mois. Ferais-je partie des nantis ? Je n’ose le croire. Je refais mes calculs, car j’ai dû me tromper quelque part, et je m’aperçois que j’ai en effet oublié quelques détails :

                            • Je suis payé sur 13 mois, donc en moyenne c’est plus proche de 2650.
                            • Je n’ai pas pris en compte les heures supplémentaires (et j’en ai fait cette année).
                            • Je n’ai pas pris en compte les primes (et il y en aura cette année) .
                            • Je n’ai pas pris en compte le solde de tout compte que j’ai touché en début d’année quand j’ai donné ma dem de mon précédent employeur (10000 euros net).
                            • Je n’ai pas pris en compte les 9000 euros que j’ai gagnés à la bourse.

                            Donc, objectivement, je dois bien en convenir, j’appartiens aux 10% du dessus, voire même probablement aux 5% du dessus du dessu. Mais d’où me vient donc cette sensation de précarité, moi qui suis assis sur une montagne de fric ?

                            Peut-être au fait que, malgré mes revenus plantureux, tout cet argent ne me permettrait guère, finalement, que de me payer un modeste 2-pièces exigu, sombre et humide dans un quartier qui craint de Paris, en m’endettant sur 20 ans.

                            C’est donc ça être riche au XXIe siècle : avoir le droit de vivre dans un logis ouvrier du XIXe siècle. C’est-y pas beau le progrès ?


                            • Fred 12 décembre 2007 15:45

                              la vie est belle asp smiley

                              Enfin si votre histoire est vraie, vous devriez arriver à faire mieux que vous achetez un deux pièces miteux à Paris. Comme disent mes collègues, vivez en banlieue. smiley

                              Tristement vous faites parti des nantis puisque vous gagnez au dessus de 3000€ net.


                            • Brif 15 décembre 2007 14:55

                              Si vous viviez à la campagne, vous seriez richisime... Le choix de Paris (la plus jolie ville du monde) se mérite ! Plus sérieusement, je maintiens que les français sont globalement riches. Seulement, il ne le savent pas et jouent à se plaindre tout le temps. Lorsqu’on veut bien remettre la « consommation » à sa véritable place, notre chance et notre richesse deviennent éclatantes. Même avec 1000€ par mois on est riche dans notre pays. Larichesse est aussi un état d’esprit : regarder ce que l’on a et pas seulement les « objets » que l’on a pas.


                            • Asp Explorer Asp Explorer 15 décembre 2007 14:57

                              En banlieue ? J’ai pas dit que j’étais RMIste non plus...

                              Rigolade mise à part, je ne vois pas ce que je gagnerai à vivre en banlieue, où il y a sûrement une « super qualité de vie », sauf qu’on n’en profite pas pour cause de trois heures par jour dans les trains. En outre, vivre en banlieue nécessite l’achat et l’entretien d’une automobile, dont ma parisiannité me permet de me passer. Grosse économie.


                            • Asp Explorer Asp Explorer 15 décembre 2007 14:58

                              Si je vivais à la campagne, je ne serai pas richissime, vu que je n’aurai jamais trouvé de travail.


                            • vieuxcon vieuxcon 12 décembre 2007 00:56

                              Article intéressant, mais... Dans la première partie vous vous contentez d’une vision année 1970 de la circulation de l’argent. A l’époque on estimait qu’une ponction du flux de circulation d’environ 4% suffisait pour rénumérer le capital.

                              Aujourd’hui ces ponctions atteignent 22% à 25% et j’ai entendu parler de 32% pour certains cas. Cette situation ne date que d’une dizaine d’année, à l’époque où est apparu le slogan « votre argent doit travailler plus ».

                              La circulation de l’argent perd donc à chaque tour entre 18 et 22% par rapport aux années 70. C’est donc soit les salaires soit l’investissement qui sont grignotés, bien que la productivité ait gommé une partie de ce phénomène.

                              pour la seconde partie de votre article, vous sous estimez sans doute la part des personnes vivants près du seuil de pauvreté. En France on avoisine les 35%


                              • Gandalf Tzecoatl 12 décembre 2007 09:21

                                Le pouvoir d’achat est une condition de survie de l’homo economicus, puisque le système marchand tend à bannir le don et le troc.

                                Rappelez vous que le système bancaire prélève de 25 à 45% d’un produit hors-taxe, l’état prélevant 45-50%.

                                Que vous reste-t-il ? Les miettes.


                                • ewropano 13 décembre 2007 23:10

                                  Il me semble que c’est ce que le courant post soixante-huitard a tenté : court-circuiter la consommation, aller vivre à la campagne en simplifiant ses besoins, profiter des satisfaction que la nature offre gratuitement (entre autres la liberté sexuelle...).

                                  On y annonçait même la disparition programmée du travail, qui, dans l’ère post-industrielle annoncée, ne dépasserait plus dix heures hebdomadaires, le reste étant fait par des robots et des ordinateurs...

                                  Les expériences se multipliaient, bénéficiant de l’indulgence sceptique et amusée des pouvoirs publics. Certains pouvaient même se vanter de vivre sans rien faire, en profitant du système.

                                  « On vit une époque formidable » disait le dessinateur Reiser dont je conseille la lecture aux plus jeunes qui souhaitent connaître l’ambiance de cette époque.

                                  On ne l’entend plus trop dire aujourd’hui.

                                  Appramment, ça a échoué, d’une part parce que rien ne marche du premier coup, d’autre part du fait des individus et de la société :
                                  - du fait des individus, parce que ceux qui participaient à ces expériences, plus hédonistes que militants, avaient tendance à se disputer et à laisser tomber dès qu’ils n’y trouvaient plus leur compte pour une raison ou pour une autre.
                                  - du fait de la collectivité, car elle supportait cela de plus en plus mal, faute de moyens de motiver ceux qui restaient à faire le boulot indispensable.

                                  Alors vint la réaction néolibérale et avec elle le chômage, le sida et le terrorisme qui nous ont fait reprendre goût, bon gré mal gré, au Travail, à la Famille et à la Patrie ( pour résumer).

                                  Avec l’augmentation du pétrole, on va bientôt être forcés de limiter nos besoins. Surtout quand la nourriture des pauvres va être mise en concurrence (libre et non faussée ?) avec le carburant des riches. Il y a des gens qui prônent la décroissance pour s’adapter à cette situation, mais cela semble trop austère pour enthousiasmer les foules. On y va donc à reculons et avec résignation, alors qu’on pourrait le faire avec enthousiasme...

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