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Google entre en guerre contre Microsoft !

En annonçant le lancement de Google Apps Premium, Google déclare ouvertement la guerre à Microsoft. La bureautique était jusqu’alors la chasse gardée de Microsoft mais c’était sans compter sur les appétits de puissance de Google. Retour sur la guerre entre le géant du Web et le géant du logiciel, qui n’attendait que l’étincelle pour s’enflammer...

Google à l’assaut de la clientèle de Microsoft :
L’annonce a fait l’effet du bombe : Google s’attaque pour la première fois de manière frontale à l’empire Microsoft. Le géant du Web, qui avait toujours démenti vouloir proposer une suite bureautique, revient sur sa position en proposant le “Google Apps Premium Edition”.
Objectif : séduire les TPE et PME en leur fournissant une solution clé en main. La cible visée est donc exactement la même que celle de l’ennemi juré Microsoft.
Google proposait déjà depuis début 2006, diverses solutions collaboratives en ligne mais la firme a cette fois-ci décidé de réunir ses différentes applications dans un pack et de le proposer aux entreprises.
Coût de la solution : 50€ par an et par utilisateur. Pour l’occasion, Google a donc modifié son business model en proposant pour la première fois une solution payante.
Les applications déjà proposées dans le Google Apps gratuit sont les suivantes :

La version payante offre les avantages suivants (voir article de GNT) :
  • Espace de stockage par utilisteur de 10 Go contre 2 Go pour la version gratuite
  • la prise en charge d’ API permettant d’intégrer les applications Google dans les systèmes d’informations des entreprises.
  • Une hotline mise disposition 24h/24 et 7j/7

Google affirme disposé d’une base de 100 000 clients parmi lesquels General Electrics, Procter & Gamble, Médiamétrie, Essilor, l’hôpital de San Francisco... Le but est de convaincre ces derniers de passer à la solution payante. Le premier utilisateur de Google Apps étant bien sûr Google lui-même et ses 10 000 employés.

Concurrence frontale avec Office Live :
En novembre dernier, Google avait déjà nargué Microsoft en annonçant 24 heures avant le lancement d’Office Live sa solution entreprises alors baptisé “Google Apps for your domain”.
Google dispose de deux arguments forts pour s’octroyer le marché alors réservé à Microsoft : le prix tout d’abord car la licence d’Office Live premium coûte 40 $ par mois et par utilisateur alors que Google Apps ne coûte que 50 € par an. D’autre part, les logiciels proposés par Google sont collaboratifs, chaque membre pouvant modifier les documents de travail.
Google compte aussi sur la simplicité d’utilisation en hébergeant la solution et en prenant en charge la maintenance. Seule inconnue : les entreprises seront-elles prêtes à stocker des données sensibles sur les serveurs de Google ?
On peut également prévoir une intégration prochaine de wikis pour entreprises (grâce au rachat de Jotspot) et d’un logiciel de présentation similaire à Power Point (voir article sur Presently)

Google et Microsoft : des modèles stratégiques opposés
Microsoft est le leader du logiciel et ne compte pas migrer vers le “tout Internet”. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Office Live ne propose pas une version en ligne de la suite bureautique mais simplement un pack tout-en-un à destination des PME.
Le succès de Microsoft tient à son système d’exploitation et à l’interopérabilité des terminaux (PC, mobile, console...). Microsoft mène donc une stratégie d’encerclement visant à imposer sur chacun des terminaux l’utilisation d’un OS unique : le sien !
Google mise quant à lui sur le tout-Internet. La firme vise à s’affranchir des PC pour fournir grâce au Web une palette de services couvrant les fonctionnalités offertes par Microsoft. L’intérêt de Google est que se développe l’accès du Web et les terminaux légers.
Google préconise un système sans disque dur où toutes les données et applications seraient accessibles en ligne grâce à n’importe quel terminal.
C’est pourquoi les négociations avec les opérateurs mobiles sont si stratégiques et sont soumises à des jeux d’influence. Le fait que Google fournisse gratuitement le Wi-Fi à la ville de San Francisco est parfaitement en phase avec les objectifs de la firme.
Les FAI ont pleinement leur rôle à jouer dans cette guerre pour le leadership de l’informatique et de l’Internet. Et ces derniers sont pour le moment plus enclins à soutenir Microsoft.
Dans plusieurs domaines, Google rentre en concurrence avec les FAI : c’est le cas par exemple avec YouTube et Google Video, concurrent direct des systèmes de VOD des FAI.
De même, le système de paiement Google Checkout ne réjouit pas franchement les fournisseurs d’accès. Or Microsoft négocie intelligemment avec les FAI en collaborant sur le développement de logiciels. D’où la possibilité que Google devienne un FAI à part entière pour défendre au mieux ses intérêts.

Une stratégie indirecte de déstabilisation ?
11 milliards de dollars ! C’est ce que rapporte chaque année la suite Office à Microsoft. Plus que le chiffre d’affaires de Google en 2006 ! Outre le fait de développer ses revenus, Google cherche peut-être à déstabiliser Microsoft pour accroître son contrôle du Web.
En attaquant frontalement Microsoft sur son terrain de prédilection, nul doute que Bill et ses acolytes vont devoir remettre le paquet sur un domaine qu’ils pensaient acquis. Ils devront alors se détourner en partie du développement de MSN-Live Search, principale menace pour Google. Une des tactiques de Google pourrait être de faire diversion pour écraser Live Search.
De l’histoire de Microsoft, Google est le concurrent le plus sérieux. Fort de ses 150 milliards de dollars de sa capitalisation boursière, de sa trésorerie de plus de 10 milliards de dollars et de son emprise du Web, Google est le seul acteur capable de bousculer Microsoft.
Les deux entités affirmaient jusqu’alors que leurs domaines de compétences n’entraient pas en concurrence. Mais Google en a décidé autrement en prenant l’offensive.
Il était inévitable qu’une guerre éclate entre les deux colosses américains, et bien malin celui qui pourra en prédire les conséquences !

Affaire à suivre...

Voir aussi l’article de Christian Jegourel

Youri Regnier

Googlinside

par youri (son site) mercredi 28 février 2007 - 41 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par (xxx.xxx.xxx.15) 28 février 2007 11:00

    Google et Microsoft sont à fuir autant l’un que l’autre, pourquoi donc leur consacrer des articles de ce genre, comme s’ils étaient les seuls à exister ? Pour une suite bureautique, par exemple, prenons Open Office, programme libre très puissant disponible gratuitement pour tous.

    Am.

  • Par Pierre R. (xxx.xxx.xxx.186) 28 février 2007 11:20

    Pour aller dans le sens de votre proposition, le vrai débat qui devrait s’engager est le suivant : pourquoi les gouvernements favorisent-ils Microsoft au détriment du logiciel libre ? La gestion des deniers publics devrait passer un souci d’économies. Si plus de gouvernements optaient pour Linux avec des suites bureautiques Open Source, cela permettrait

    a) de réaliser des économies considérables (des licences accordées par Microsoft sont restrictives et abusives)

    b) un effet d’entraînement auprès des industries et des entreprises, soucieuses de réaliser des économies pour accroître leurs ressources en développement

    c) à la communauté des logiciels de jouir des mêmes privilèges de développement que les grandes multinationales

    d) à un public plus large de s’intéresser de s’intéresser à ce secteur important et méconnu que sont les logiciels libres.

    Hier, mardi, Clubic.com relayait cette information qui démontre bien les enjeux en présence :

    Depuis la signature de l’accord entre l’éditeur de Windows et Novell, Steve Ballmer a laissé entendre à plusieurs reprises que Linux violait impunément la propriété intellectuelle de Microsoft. Sans jamais préciser sa pensée, ou donner les moyens aux développeurs de Linux de corriger leurs travaux en cas de réelle violation. Les développeurs de Linux sont tout à fait au courant de la façon dont fonctionne leur logiciel, et peuvent très bien expurger ce dernier de quelques pans de code si ceux-ci se révélaient entrer en conflit avec la propriété intellectuelle de Microsoft. Ils en appellent aux grands noms du libre tels que Richard Stallman et Linus Torvalds ou encore à des personnalités dont la sympathie pour l’univers de Linux est de notoriété publique, telles que Larry Page et Sergey Brin, les deux fondateurs de Google ; et les invitent à ne plus tenir compte des rodomontades de Microsoft si celui-ci ne s’empresse pas de les préciser.

    Pierre R.

  • Par toto (xxx.xxx.xxx.117) 28 février 2007 12:21

    d’autant qu’au lieu de payer des licences hors de prix, on pourrait à la place payer des développeurs pour qu’ils améliorent les logiciels libres existant, ce qui créerait des emplois tout en économisant de l’argent.

  • Par toto (xxx.xxx.xxx.117) 28 février 2007 11:09

    c’est vrai, pourquoi ne pas parler du logiciel libre ? Open Office est une suite bureautique très puissante, gratuite, et personnellement je la préfère largement à Microsoft office... http://fr.openoffice.org/

    De plus, les systèmes d’exploitation GNU/Linux sont gratuits et particulièrement adaptés aux entreprises (peut-être un peu moins aux jeux video), et gratuits. Alors cessons de jeter l’argent par les fenêtres en payant une licence par ordinateur à Micro$oft alors qu’il y a plein de logiciels gratuits... ça pourrait réduire pas mal le déficit français rien qu’en appliquant cette mesure à l’administration, dont une partie est déjà sous linux...

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