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Accueil du site > Actualités > Economie > Gorille dans le brouillard : dix mythes sur la Fed

Gorille dans le brouillard : dix mythes sur la Fed

Ils sont venus, ils sont tous là… Ils serrent les coudes autour de la grabataire Réserve Fédérale des États-Unis, guettant un ultime hoquet de la grande inconnue. L'imposant gorille est malade. il en perd sa traditionnelle pudeur et expose ses turpitudes aux yeux du monde. Que faire, que lui donner ? Une perfusion ? Des prières ? L'extrême onction ? Doit-on sauter de joie et crier bon débarras ? Edward Flaherty, docteur en science économique et professeur à l'université de Charleston, avait déjà tenté d'écarter ce qu'il pensait être les anathèmes de sorciers paranoïaques. La bête n'est pas si laide, disait-il.

Flaherty avait donc recensé, en l'an 2000, les principaux racontars qui, selon lui, souillaient l'honneur de la presque centenaire. Résultat : dix petits potins. Chiffre qui ne devrait étonner personne, la « God blessed » Amérique, même blessée, ne perd pas sa foi. « In God we trust, mais voyons voir ce qui se passe ici-bas », a dû se dire le brave Edward. Voici la liste dressée par ses soins des, toujours selon lui, canulars au sujet de la, pas si vielle que ça, Dame de trèfle.

L'acte fondateur de la Fed de 1913 fut le fruit d'une réunion secrète entre les banquiers de Wall Street et quelques sénateurs.

En Géorgie, l'américaine, une rencontre secrète entre la crème des banquiers de Wall Street et Nelson W. Aldrich, sénateur pour Rhodes Island, a lieu, en 1910, dans les installations d'un luxueux complexe sur l'île de Jekyll, explique E. Griffin dans son désormais célèbre The Creature from Jekyll Island ( 1995, Appleton : American Opinion Publishing, Inc ). Il s'agissait de la cupide élite financière tentant de faire main-basse sur le contrôle du système financier américain. 

Trois ans après la panique de Wall Street de 1907, qui signifiât la pire dépression économique jusqu'alors endurée par les États-Unis, l'atmosphère était tendue. Les grandes banques du pays s'étaient imposé des vacances forcées en suspendant leurs opérations. John P. Morgan avait réagi en injectant, par le biais de prêts, du liquide dans les coffres des banques et en faisant appel aux prêtres et aux pasteurs pour calmer, à doses massives de sermons, le peuple paniqué qui se ruait aux guichets pour réclamer son argent. Cette réaction avait empêché la situation d'empirer mais le doute était semé. Qui allait éviter la redoutable panique bancaire, la prochaine fois ? À Washington et à Wall Street, on commençait à penser à la création d'une institution publique chargée de renforcer la liquidité du système bancaire, si tout cela venait à se reproduire.

Nous sommes donc en 1910. Un mouvement, rassemblant républicains, Wall Street, et les démocrates de l'est du pays, exige une réforme. Mais la confiance du peuple américain envers ses banquiers a fondu comme neige au soleil. Les démocrates ont récupéré la majorité face aux républicains et bloquent les tentatives de réforme de ces derniers, tout en en reconnaissant un besoin certain. Le sénateur Nelson Aldrich, Frank Vanderlip de la National City, aujourd'hui Citibank, Henry Davison de la Morgan Bank, et Paul Warburg de la Kuhn, Loeb Investment se rencontrent secrètement sur l'île de luxe. Ils y dressent le plan d'un futur système de banque centrale, en toute discrétion car ils savent que la Chambre des Représentants rejettera toute proposition associée, peu ou prou, à Wall Street : le plan Aldrich. Ce plan dessinait un système composé de quinze banques centrales régionales - National Reserve Associations - dont le rôle serait de délivrer des prêts d'urgence, en cas de besoin, aux banques membres ainsi que la convoitée mission de création de la monnaie, tout cela coordonné par une assemblée nationale de banquiers.

Mais, rien n'est jamais longtemps secret au pays des ragots et le mouvement pour la réforme était beaucoup trop connu pour que le plan puisse rester sous la couverture politique du nom de Aldrich. L'affaire, ébruitée, fut rejetée par la Chambre des Représentants. Le populiste Woodrow Wilson, du parti démocrate, ne pouvait accepter autant de pouvoir entre les mains des banquiers. Néanmoins, le plan « secret » fut conservé comme ligne de travail, en vue de la réforme que tout le monde savait inéluctable. Le complot des banquiers était tombé à l'eau.

Le système qui émerge de la bataille est composé de huit à douze banques de réserves régionales - Regional Reserve Banks -, pratiquement autonomes, détenues par les banques opérant dans ces régions et dont les actions sont coordonnées par un Conseil de la Réserve Fédérale - Federal Reserve Board - nommé par le Président des États-Unis. Á l'origine, composaient le Conseil, le Secrétaire du Trésor, le contrôleur de la monnaie, et d'autres fonctionnaires nommés par le Président en représentation de l'intérêt public.

Le système fédéral de réserve sera donc, d'une part privé et d'autre part, sous contrôle public. Wilson signe le projet de loi le 23 Décembre 1913. La Réserve Fédérale des États-Unis était née.

L'acte fondateur de la Fed fut approuvé illégalement.

Pour notre brave Edward, il s'agirait de la plus idiote de toutes les théories de la conspiration touchant à la Fed. La Constitution des États-Unis exige la présence d'au moins la moitié des membres de la Chambre des Représentants et du Sénat ( le quorum ) pour voter l'approbation ou le rejet d'un projet de loi. La Chambre approuva la loi par 298 voix à faveur, contre 60, le 22 décembre 1913 ( Money bill goes to Wilson today New York Times, pp. 1-3, Dec. 23, 1913 ). Le jour suivant, à 10 heures, le Sénat ouvrait les débats, terminant par approuver la loi, à 14 heures 30, sur le score de 43 voix pour, contre 25 ( Wilson signs currency bill New York Times, pp. 1-2, Dec. 24, 1913 ). Edward nous explique que l'erreur des partisans de la nullité de cette votation, provient de la confusion entre le quorum et la majorité des votes. Chaque État disposant de deux représentants et l'union de l'époque étant formé de 48 états , le quorum ( la moitié des sénateurs ) est atteint puisque 43 + 25 font 68. Mais ce n'est pas tout, continue Flaherty, car la position de 23 d'entre les sénateurs absents fut enregistrée et consignée dans les archives. 11 « yeas » à faveur, contre 12 « nays » ( Congressional Record, 63rd Congress, 2nd Session, Dec. 23, 1913, pp. 1487-1488. ). Le Sénat au complet aurait donc, aussi, approuvé la loi.

Une banque centrale et le papier-monnaie sont anticonstitutionnels.

Suivant la ligne d'interprétation de Thomas Jefferson de la constitution des États-Unis, certains assurent que le Congrès ne doit disposer que des pouvoirs que la constitution énumère explicitement. Donc pour eux, la Fed est anticonstitutionnelle, puisqu'elle n'y figure pas, et le gouvernement ne peut que battre monnaie en or ou en argent. Le papier-monnaie serait donc illicite. Edward Flaherty s'enflamme et se lance dans un long et technique exposé dont nous ne retiendrons que les points les plus importants.

Dans la constitution n'apparait pas clairement défini ce que ses auteurs entendent par le terme « valeur ». Traditionnellement, c'est le poids de la pièce. Edward ne conteste pas cette interprétation, mais rappelle que la seule signification pertinente de « valeur » dans le contexte de la monnaie est sa valeur dans le commerce, également connu sous le nom de pouvoir d'achat, que le gouvernement ne peut réguler par une simple loi approuvée par le Congrès. Le seul outil dont dispose le gouvernement pour ce faire, est la modification de la masse monétaire. L'article I, sect. 8, Cl. 18 de la constitution accorde au Congrès le droit de voter une loi si elle est « nécessaire et appropriée pour l'exécution de ses pouvoirs énumérés ». Une loi créant un Bureau de la Monnaie, par exemple, est nécessaire et appropriée pour que le Congrès exerce son droit de battre monnaie. Cet argument peut justifier la création d'une banque centrale qui facilite le contrôle de l'expansion et la contraction de la masse monétaire et sert à réguler l'activité du secteur bancaire.

Faire valoir que la Constitution autorise seulement la frappe de pièces d'or ou d'argent est une interprétation erronée, nous dit Flaherty, comme l'indique clairement le tribunal fédéral dans le cas U.S. contre Rifen ( 577 F.2d 1111. C.A.Mo. 1978 ) :

La Constitution des États-Unis interdit aux Etats de déclarer de cours légal quoi que ce soit d'autre que l'or ou l'argent, mais ne limite pas le pouvoir du Congrès de déclarer ce qui est légal pour toutes les dettes ... Les Notes de la Réserve fédérale sont des dollars imposables. ( Loi sur la Monnaie de 1965, § 102, 31 USCA § 392 ; USCA. Art. 1, § 10 ).

Puis un trait d'humour dans Foret contre Wilson, ( 725 F.2d 400. C.A.La. 1984 ) :

La pièce d'or ou d'argent ne constitue pas la seule monnaie légale aux États-Unis ; par conséquent, l'appelant, qui offre 2,80 $ en pièces de dix cents d'argent sur une propriété saisie nécessitant une enchère minimum de 80.000 $ en vertu du droit de la Louisiane, n'avait pas droit au titre de propriété.

Edward, plaisantin, propose de remplacer les billets de 1 $ de la Réserve Fédérale par une pièce de monnaie de 1 $ estampillée sur un document. Apparemment, dit-il, cela rendrait les adversaires du papier-monnaie, heureux.

La Fed est la propriété de banques privées.

Outre ce qui est déjà exposé dans le premier point de cette liste, Edward Flaherty croit bon d'ajouter que les banques régionales de la Réserve Fédérale sont, effectivement, de propriété privée, mais elles sont contrôlées par le Conseil des gouverneurs, un organisme fédéral dont les membres sont nommés par le Président et confirmés par le Sénat. Le Conseil établit la politique monétaire que les banques de la Réserve Fédérale exécutent. 

Il donne un exemple en se supposant créant une nouvelle banque privée à Charlotte, Caroline du Nord. La loi l'oblige à s'associer avec la banque de la Réserve Fédérale du district de Richmond. Serait-il, pour autant, propriétaire de la Réserve Fédérale ? Non, dit-il, je serais copropriétaire, avec d'autres banques ainsi que l'État, du réseau de distribution correspondant à la succursale de la banque régionale de la Réserve Fédérale du district de Richmond. Pas plus. 

La Fed est, pour lui et selon les propres statuts de cette institution, un organisme semi-public dont le Conseil est nommé par le Président des États-Unis. Les banques privées doivent se plier aux décisions du Conseil pour tout ce qui se rapporte à la politique monétaire qui est la fonction la plus importante de la Fed ( 12 USCA §301 y 12 USCA §302 ).

La Fed est contrôlée par des étrangers.

Un peu outré, Flaherty rappelle que le Système de la Réserve Fédéral est le principal organisme de réglementation du secteur bancaire américain. Elle a une importance singulière dans la politique monétaire et de nombreux économistes pensent que son influence est considérable sur le cours du cycle économique.

Gary Kah (1991) et Eustace Mullins (1983) allèguent qu'une secrète élite bancaire internationale possède et contrôle la Fed. Kah prétend que des étrangers possèdent directement la Fed de New York, la plus grande et plus importante d'entre la douzaine de régions. Par ce biais, les collaborateurs internationaux contrôleraient l'ensemble de la Fed et se bénéficieraient de ses profits gigantesques. Eustace Mullins est, lui, d'accord sur l'importance de la Fed de New York, mais prétend qu'elle est détenue indirectement par des étrangers, par le biais d'un club bancaire européen qu'il appelle la « London Connection », qui contrôlerait la politique de la Fed depuis l'étranger.

Kah prétend avoir identifié les principaux actionnaires de la Fed de New York : Banques Rothschild de Londres et Berlin, Lazard Brothers de Paris, Israel Moses Seif d'Italie, Warburg d'Hambourg et Amsterdam, Lehman Brothers de New York, Kuhn, Loeb de New York, Chase Manhattan et Goldman, Sachs de New York (Kah, p. 13). Il décrit ces groupes comme « actionnaires de classe A » de la Fed new-yorkaise (p. 14). 

Edward trouve cela curieux parce que les actions de la Fed ne sont pas classées de cette manière. Elles peuvent être soit « actions pour membres » soit « actions publiques », mais il n'existe pas d'actions de « classe A ». Toutefois, les administrateurs de la Fed sont répartis en classes A, B et C selon la façon dont ils sont nommés ( 12 USCA § 302 ). Cela peut être la source de la confusion de Kah. 

Mullins dresse une liste très différente. Pour lui les 8 premiers actionnaires de la Fed de New York sont : Citibank, Chase Manhattan Bank, Morgan Guaranty Trust, Chemical Bank, Manufacturers Hanover Trust, Bankers Trust Company, National Bank of North America et Bank of New York. Selon lui ces institutions en 1983 possédaient un total de 63% des actions de la Fed de New York. Ces banques américaines, à leur tour, seraient détenues par des institutions financières européennes. Grâce à que les banques commerciales élisent le conseil d'administration de la Fed de New York, la « London Connection » serait en mesure d'utiliser leurs agents américains pour choisir les administrateurs de la Banque et, finalement, contrôler l'ensemble de la Fed.

La prémisse de Mullins est que les banques membres contrôlent la politique de la Fed. Rien de plus faux, s'écrie Edward. La Fed n'est pas contrôlée par la Fed de New York, mais par le Conseil des gouverneurs et les « Federal Open Market Committee » (FOMC). Le Conseil est un groupe de sept membres nommés par le Président et approuvé par le Sénat. Il détermine le taux d'intérêt des prêts aux banques commerciales et caisses d'épargne, sélectionne les ratios de réserves obligatoires, qui détermine la quantité de dépôts des clients qu'une banque doit garder sous la main, et décide également la masse de nouvelle monnaie que peuvent délivrer, chaque année, les banques de la Fed (12 USCA § 248). Le FOMC est composé par le Conseil, le président de la Fed de New York, et quatre présidents des autres banques régionales de la Réserve Fédérale. Il détermine la quantité d'obligations de l'État que les banques de la Fed peuvent acheter ou vendre, ce qui constitue le principal outil de la politique monétaire (12 USCA § 263).

Pour conclure Flaherty assène : « l'assertion selon laquelle un cartel bancaire international contrôle la Réserve Fédérale est fausse. »

La Fed n'a jamais fait l'objet d'un audit. 

« Chaque année, le Congrès propose une loi pour l'audit de la Fed », écrit Thomas Schauf, « et chaque année elle est rejetée ». Pourquoi ? Les théoriciens du complot comme Schauf, Gary Kah (1991), et Pat Robertson (1994) disent que la raison est que la Fed est impliquée dans un complot international visant à subvertir la souveraineté des États-Unis et à créer un gouvernement mondial. Pour cela, la Fed ne permettrait jamais au Congrès un audit de ses activités.

Flaherty ne l'entend pas de cette oreille et rappelle que depuis sa création en 1913, la Fed a été soumise à une série de vérifications des états financiers et de rendement par le Congrès, le pouvoir exécutif et des cabinets comptables privés, bien que les commis à cette tâche ont changé au fil du temps. De 1913 à 1921, le Conseil des gouverneurs, qui définit la politique monétaire et réglemente les activités des banques de la Fed, a été vérifié annuellement par le Département du Trésor américain. En 1921, le Congrès a créé le « Government Accounting Office » ( GAO ) et lui a assigné l'audit du Conseil jusqu'en 1933. La loi bancaire votée par le Congrès en 1933, soustrait le Conseil de la juridiction de la GAO. De 1933 à 1952 les équipes de vérification des douze banques de la Fed ont examiné annuellement les livres du Conseil. De 1952 à 1978, le Conseil, après autorisation du Congrès, a décidé d'employer des cabinets d'expertise comptable reconnus à l'échelle nationale, pour effectuer les vérifications, afin de garantir une surveillance indépendante. Cela a fourni une évaluation externe de la pertinence et de l'efficacité des procédures d'examen. En 1978, le Congrès vote la loi « Federal Banking Agency Audit Act  » ( 31 USCA § 714 ) et redonne au GAO la responsabilité d'audit de la Fed. Cette loi augmente significativement l'accès du GAO aux banques de la Fed, au Conseil, et au FOMC.

Depuis lors, le GAO a mené plus de 100 audits financiers et de performance de ces trois composants du système de la Fed.

La Fed perçoit un intérêt sur la monnaie.

Pour Flaherty, ce mythe est celui qui a alarmé plus de personnes que n'importe quel autre. Les gens se disent : la Fed est une banque, non ? Les banques ne prêtent pas d'argent gratuitement, non ? Notre monnaie n'est mise en circulation que lorsque le gouvernement emprunte, avec intérêt, à la Fed, non ?. Cela signifierait, donc, que les citoyens payent des intérêts sur la monnaie qu'ils utilisent.

Schauf pense que la Fed fait partie d'une conspiration bancaire internationale. Cette question de l'intérêt sur la devise est également soulevée par le prédicateur évangélique Pat Robertson dans son livre Le Nouvel Ordre Mondial et par Jacques Jaikaran dans Le Virus de la Dette.

Ces allégations sont-elles fondées ? se demande le pauvre Edward, débordé. Certaines d'entre elles le sont, finit-il par avouer. Le département du Trésor imprime des Federal Reserve Notes et les vend ensuite au système de la Fed pour un coût moyen d'environ 4 cents la note. Toutefois, la Fed doit présenter, à titre de garantie, un montant de titres du Trésor équivalent à la valeur de la devise achetée. La Fed perçoit des intérêts sur la totalité des titres du Trésor qu'elle détient, y compris ceux détenus en garantie. C'est le maximum que l'on puisse concéder à ces allégations, nous dit Flaherty, légèrement condescendant. 

Mais il reprend : ce que ces critiques ne disent pas, c'est que presque tous les bénéfices nets de la Réserve Fédérale sont remboursés au Trésor. Cela se fait par un accord entre le Conseil des gouverneurs et le Trésor. 

Si la Fed ne percevrait pas d'intérêt au gouvernement, il n'y aurait pas de dette publique.

Flaherty dénonce l'idée fausse, très répandue, qu'il y aurait un rapport entre la Fed et la dette nationale. L'argument de ce mythe dit que, comme le gouvernement doit payer les intérêts sur l'argent qu'il a emprunté au fil des ans, le déficit budgétaire d'aujourd'hui est plus élevé que ce qu'il serait sans cet intérêt.

Mais Edward rappelle que, tout d'abord, la Réserve fédérale détient très peu du montant total de la dette nationale. La Fed ne détient qu'environ 8,7% des obligations du gouvernement actuellement ( 2001 ) en circulation. Cela signifie que la majeure partie des paiements d'intérêts ne vont pas à la Réserve fédérale, mais à d'autres détenteurs d'obligations.

JFK fut assassiné pour stopper sa tentative d'usurper le pouvoir de la Fed d'émettre la monnaie.

Notre démolisseur de mythes attaque un gros morceau : le décret présidentiel 11.110 ou, la Fed comme mobile de l'attentat de Dallas, rien que ça. Jim Marrs, dans Crossfire : Le complot qui a tué Kennedy, suppose que, par ce décret, John F. Kennedy aurait ordonné au secrétaire du Trésor d'émettre environ 4,2 milliards de dollars de certificats d'argent comme une forme de monnaie à la place des notes de la Réserve fédérale. Marrs s'interroge : cet ordre pourrait-il faire partie d'un vaste plan du Président pour réduire l'influence de la Réserve Fédérale en augmentant le pouvoir du Trésor d'émettre la monnaie ? L'ordre fut signé le 4 Juin 1963. Quelques mois plus tard Kennedy était assassiné. Le lien s'établit immédiatement et l'hypothèse selon laquelle la Fed serait impliquée dans l'attentat pour récupérer son pouvoir sur l'émission de monnaie, s'étend rapidement.

Aucun américain ne rigole au sujet de JFK. Edward, non plus. Il a l'air fâché. Ce décret, bougonne-t-il, en modifiait un autre de Harry Truman signé en 1951 ( E.O. 10.289 ) qui habilitait le Secrétaire du Trésor à exercer certaines fonctions présidentielles sans l'approbation, ratification, ou quelconque autre acte du Président. Aucun des pouvoirs attribués au trésorier par ce décret avait trait à la politique monétaire. L'ordre exécutif 11.110, a trait à la personne qui peut prendre de telle mesure, le trésorier, mais ne crée pas ce pouvoir monétaire, qui existait déjà. Kennedy modifie ce décret dans le but de réduire les certificats en circulation, et non pas de les augmenter. Le bon docteur Flaherty rappelle aussi que ce décret ne fut pas supprimé par Lyndon Johnson mais demeura dans les livres jusqu'en 1987, quand fut entrepris un grand nettoyage général des ordres exécutifs ( EO 12608, 9/9/87 ).

Ed Flaherty attribue, aussi, à Marrs quelques erreurs factuelles dans son récit qui suggèrent qu'il ne comprend pas grand-chose à la Réserve Fédérale et au système financier. Puis de terminer par cette impitoyable sentence : dans l'introduction de son livre, Marrs conseille au lecteur de ne pas faire confiance à ses écrits, ce qui semble être un excellent conseil. Il est vache.

La tirade légendaire de McFadden.

Louis Thomas McFadden fut membre de la Chambre des Représentants dans les années vingt et trente. C'est un des héros de théoriciens de la conspiration de la Réserve fédérale, lance Flaherty, goguenard. Républicain, de Canton, en Pennsylvanie, il fut président de la « United States House Committee on Financial Services », de 1920 à 1931, puis simple membre du même Comité à partir de 1932. Il utilisa sa position dans sa croisade contre la Réserve Fédérale. Gary Kah pense que, peut-être, cela lui coûta la vie.

Le 10 Juin 1932, la Chambre débattait un projet de loi qui élargirait les types de titres de la Réserve Fédérale. McFadden saisit cette occasion pour lancer une tirade 25 minutes contre la Fed : « Monsieur le président, nous avons dans ce pays l'un des établissements les plus corrompus que le monde n'ait jamais connu. Je me réfère à la Réserve fédérale et aux banques de la Réserve Fédérale. Le Conseil des gouverneurs a fraudé au gouvernement des États-Unis, suffisamment d'argent pour payer la dette nationale. Les déprédations et les iniquités de la Réserve Fédérale et ses banques, agissant de concert, ont coûté à ce pays, l'argent suffisant à payer la dette nationale plusieurs fois. Cette institution a appauvri et ruiné le peuple des États-Unis, s'est mis lui-même en faillite, et a contribué à la faillite de notre gouvernement. Il l'a fait par le biais des défauts de la loi en vertu de laquelle elle opère, la mauvaise administration de cette loi par le Conseil et les pratiques corrompues des vautours riches qui la contrôlent ». Ça ne pouvait que devenir légendaire, en effet.

Cruel, Edward commence par en amincir la portée en jugeant qu'une fois retirés le cabotinage et les hyperboles, il ne reste plus grand chose de la tirade. Puis se fend d'un arithmétique calcul basé sur les recettes et dépenses, en millions de dollars, entre 1914 et 1931 : recettes 970,7 - dépenses 363,3 = bénéfice 607,4 ; rémunération en dividendes 102,0 + paiements au Trésor 147.1 = 249,1 ; bénéfice 607,4 - paiements 249,1 = 358,3 non répartis par la Fed. Les banques de la Réserve fédérale ont empoché 359 millions de dollars ! « Oh my God !  » pourrait-on s'écrier. 

Mais le bon docteur, impassible, nous rassure : « la dette nationale en 1932 était de 19,5 milliards de dollars, même si la Réserve fédérale aurait versé tous ses profits au gouvernement durant toute cette période, cela n'aurait suffit qu'à payer 3% de la dette nationale. On est bien loin de l'apocalyptique calcul de McFadden.

C'était il y a plus de dix ans. Les mythes ont-ils la vie dure ou la généreuse aspersion d'insecticide, perpétrée par le brave docteur Flaherty, ne fut-elle rien d'autre qu'un léger enfumage ? That is the question !

Mor Aucon.

 

Sources en ligne :

- Edward Flaherty on Political Research Associates - http://www.publiceye.org/conspire/flaherty/Federal_Reserve.html

- Edward Griffin : Meet Edward Flaherty, conspiracy poo-pooist http://www.freedom-force.org/freedomcontent.cfm?fuseaction=meetflaherty&refpage=issues

- Edward Flaherty : A Brief History of Central Banking in the United States - http://odur.let.rug.nl/%7Eusa/E/usbank/bankxx.htm

- Ellen Brown : The Fed now owns the world’s largest insurance company but who owns the Fed http://www.webofdebt.com/articles/time_to_buy_the_fed.php

- Historical Beginnigs - The Federal Reserve - http://www.bos.frb.org/about/pubs/begin.pdf ( PDF, 12,9 MO )

- The Federal Reserve System - Purposes & Functions - http://www.federalreserve.gov/pf/pdf/pf_complete.pdf ( PDF, 29,8 MO )

- Board of Governors of the Federal Reserve System - http://www.federalreserve.gov


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42 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 15 juin 2011 11:24

    pour ceux que ça interressent voici aussi une petite histoire de la banque de France, et des interets privés qui s’y accolent :

    http://2ccr.unblog.fr/2010/10/19/lhistoire-de-la-banque-de-france/


    • plancherDesVaches 15 juin 2011 12:40

      Alauteur.

      Et les 9000 milliards de dollars qui ont disparus des comptes de la FED. On les a retrouvés... ???

      Alors affirmer qu’il y a audits ou contrôles....


      • Mor Aucon Mor Aucon 15 juin 2011 15:40

        plancherDesVaches,

        Il faut prouver ces accusations, sinon ce n’est qu’une tirade de McFarren de plus. Alors quelles sont les preuves ? D’où viennent-elles ? De youTube et DailyMotion ? De la mouvance US de l’évasion fiscale promue au rang de combat pour la liberté ?

        La dette américaine tourne aux alentours des $ 13 000 Milliards. Ce prétendu détournement de fonds serait 70 % de cette dette. Est-ce que vous vous rendez compte de ce que cela voudrait dire ? Les USA ne sont pas le Zimbabwe et le congrès et le Président des US ne sont pas Mugabe et sa bande. Les américains ont, peut-être, une réputation consolidée de naïfs, mais quand il s’agit de sous, les congressistes ne sont pas tout à fait dupes.

        La Fed perd de l’argent de partout : http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110209trib00059 9974/le-plus-gros-detenteur-de-la-dette-americaine-n-est-plus-la-chine-c-est.html . D’une manière qui peut être assimilée, par un économiste, à une escroquerie, oui.
        Les banques, pas la Fed, vont payer des dividendes très consistants ($ 135 Milliards), alors que l’économie tourne à vide, surgonflée par injection massive de masse monétaire basée sur rien du tout. Et la oui, il y a un problème de contrôle de la part de l’autorité monétaire ( Fed et trésor ) C’est ce qui met en colère l’américain de base et la sus-citée mouvance en profite allègrement pour lancer ses traditionnelles histoires.
        Toutefois, ce n’est pas une si mauvaise nouvelle que ça pour l’Europe ( très relativement, enfin on verra bien, de toutes façons mieux vaut s’y préparer au lieu de mettre le feu à nos banques ). Les agences de notation commencent à se retourner vers les USA, elles nous lâcheront, peut-être, un peu la jambe, espérons.

        D’autre part, je n’affirme pas gratuitement que des audits de la Fed sont effectués. Je vous donne des dates, des organismes et des liens qui vous permettent d’essayer de recouper ces données. Si, vous les pensez fausses, prouvez-le. Je n’ai pas à démontrer qu’il se pourrait qu’il soit possible que probablement puisse se passer n’importe quoi.


      • plancherDesVaches 15 juin 2011 16:31

        « Les USA ne sont pas le Zimbabwe et le congrès et le Président des US ne sont pas Mugabe et sa bande. »

        Heeeu...
        Je m’excuse par avance, mais ... si.

        Et si toutes les nations émergentes réagissent négativement contre eux, ainsi que les peuples partout sur terre d’ailleurs, ce n’est pas pour rien.

        J’en suis désolé pour vous. Le dream de l’argent facile est fini.


      • Mor Aucon Moraucon 15 juin 2011 17:18

        Je ne dream pas. Je trimme et je rêve en dormant, pas en argent. Votre message ressemble à ceux du Tea Party d’aujourd’hui. Ce sont eux qui vous font rêver à la chose publique ? Vous allez vous réveiller brusquement et en nage. Je dis ça, je ne dis rien. Cherchez voir qui ils sont, pour votre bien, je vous assure.


      • Mor Aucon Moraucon 15 juin 2011 17:20

        Pardon pour le Tea Party. Çe ne vous était pas dirigé. C’était pour Rastapopulo, un peu plus bas.


      • plancherDesVaches 15 juin 2011 23:10

        Juste aujourd’hui sur La Tribune. Un journal de référence un peu plus impartial que son concurrent.
        http://www.latribune.fr/technos-medias/internet/20110615trib000629463/pourquoi-les-cybercriminels-ont-un-faible-pour-les-etats-unis.html
        « Selon la CEIS, si »les opérations de blanchiment d’argent sont traditionnellement associées aux paradis fiscaux (...), le pays le plus recherché par les cybercriminels n’apparaît sur aucune liste noire de l’OCDE". Et pour cause ! Il s’agit des Etats-Unis. Ou plus précisément d’une quinzaine de ses Etats dont la législation très permissive favorise le développement de la cybercriminalité. Les auteurs de ce livre blanc pointent notamment du doigt les plus libéraux d’entre eux : le Delaware, la Californie, la Floride et l’Etat de New York."

        Comme si les banquiers n’avaient pas déjà repéré le truc depuis longtemps...

        Et associer cybercriminel et hacker, le motif est dérisoire...
        Un hacker n’a besoin que d’un PC et une connection. C’est tout.


      • rastapopulo rastapopulo 15 juin 2011 14:00

        Il n’y a pas besoin de complot pour savoir que c’est le système de banques centrale privé anglais qui a été choisi par la FED.

        C’est évidement pas ce qu’envisageait la constitution des USA.

        Désolé.


        • Mor Aucon Mor Aucon 15 juin 2011 15:51

          L’argument anticonstitutionel est totalement démonté par Flaherty. Vous avez le lien vers ses travaux. C’est le point le plus fouillé et technique d’entre tous. En bon américain, la constitution, pour lui, est plus que sacrée et même si les allégations de cet argument sont très bêtes, il ne ménage pas le papier. Moi je passe la main sur ce point. C’est leur constitution, pas la mienne. Armez-vous de courage, il en faut, d’un bouquin de droit américain et allez-y. Démontez l’argumentation d’Edward le touche-à-tout.


        • rastapopulo rastapopulo 15 juin 2011 16:52

          C’est évidement intéressant de débattre sur le coté juridique mais moi je parle historique.

          Que ce soit avec les pionniers du Massachusetts ou Lincoln, l’opposition contre les anglais s’est aussi traduit par le système de crédit à ces époques. Et les USA ont gagnés par protectionnisme industrielle et crédit publique.

          Je doute donc très fort de l’interprétation privatisé actuelle.

          De même que reléguer les nations a du sociale sous prétexte que la finance prend soin du reste n’est jamais le raison première d’une nation.


        • Mor Aucon Moraucon 15 juin 2011 17:27

          il y a un bout de ce que j’ai répondu à plancherDesvaches, plus haut, sur le sujet du Boston Tea Party qui vous était adressé. Vous pouvez le reprendre ici, si vous voulez.


        • Mor Aucon Moraucon 15 juin 2011 17:32

          Je voulais aussi vous dire que l’Histoire sans l’histoire du Droit, se rapproche de la collection d’anecdotes. Tout va ensemble. Chercher les bases juridiques d’un concept est très différent. C’est un travail de juriste dont je ne me sens pas capable, à ce niveau. 


        • rastapopulo rastapopulo 15 juin 2011 19:39

          Sans doute que la moindre référence historique est maintenant estampillé de cette étiquette même quand c’est l’exacte opposé de leur idées.
           
          Quelle réussite pour interdire tout débat de fond !

          Mais étudiez plutôt l’économie politique américaine inspiré de List et qui a influencé en retour Bismarkt.


        • Mor Aucon Moraucon 15 juin 2011 20:39

          Ou celle de Philippe le Bel ou Louis vingt douze comme m’a conseillé un autre. Retour aux source, non ?


        • Digger 15 juin 2011 17:28

          La distinction public-privé est devenue oiseuse depuis que les établissements et organismes publics travaillent directement dans l’intérêt du privé.

          http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20101014.OBS1278/guillaume-sarkozy-futur-beneficiaire-de-la-reforme-des-retraites.html

          Votre acharnement à vouloir prouver que la Fed sert l’intérêt général est digne d’admiration.

          Mais pour vous citer : « les banques régionales de la Réserve Fédérale sont, effectivement, de propriété privée »

          Quant à servir l’intérêt général, la Fed faisait le contraire de ce pour quoi elle avait été créée dès le départ (si vous êtes Chinois ou Allemand première langue, excusez) :

          http://en.wikipedia.org/wiki/Causes_of_the_Great_Depression

          « When this money shortage caused runs on banks, the Fed maintained its True Bills policy, refusing to lend money to the banks in the way that had cut short the 1907 panic, instead allowing each to suffer a catastrophic run and fail entirely. »

          Même les économistes monétaristes parlent au minimum d’incompétence :

          « They did not claim the Fed caused the depression, only that it failed to use policies that might have stopped a recession from turning into a depression. »

          « But in 1928-32, the Federal Reserve did not act to provide liquidity to banks suffering runs. In fact, it did the opposite, preceding the whole crisis by its own sudden contraction of the money supply »

          Et ainsi de suite dans l’histoire. Je discute souvent avec un vieil ami. Sa théorie est qu’il n’y a jamais de malveillance, que de l’incompétence. Il y a toujours un bon sourire sur son visage épanoui.


          • Mor Aucon Moraucon 15 juin 2011 17:44

            « Votre acharnement à vouloir prouver que la Fed sert l’intérêt général est digne d’admiration. »


            Non. Je ne m’acharne pas à ça. Lisez mieux. Je m’acharne à que l’on puisse dénoncer ce qui peut être dénoncé et non pas des mirages.

            Merci pour le lien, mais je ne comprends pas l’allemand et encore moins le chinois.

            Le problème du laxisme de la Fed et du trésor à l’heure de contrôler les marchés financiers est à la base de la crise des subprimes et provient, en grande partie, de son système semi-public antédiluvien que je l’ai déjà dénoncé dans une autre bataille.

            L’incompétence est une tare universelle, je suis d’accord. Mais ne sous-estimez pas la capacité de nuisance des égoïstes, faussement appelés individualistes. 

          • Mor Aucon Moraucon 15 juin 2011 18:06

            « But in 1928-32, the Federal Reserve did not act to provide liquidity to banks suffering runs. In fact, it did the opposite, preceding the whole crisis by its own sudden contraction of the money supply »


            C’est justement le travers des politiques exclusivement monétaristes et austères que Keynes dénonçait. Depuis que Hayek fut remis à la mode à partir des années 80, la vague néolibérale a tout emporté. Cherchez le video de rap sur youTube Keynes vs Hayek où keynes perdrait par KO, mais on volerait la victoire à Hayek. Déprimant. Il y a une version sous titrée en français très intéressante.
            Depuis la crise de 2008, la Fed fait le contraire et est devenue le principal détenteur de dette américaine par sa politique (pour lui donner un nom) d’expansion de la masse monétaire, dépassant même la Chine. Ça va barder, je crois. Mais je ne suis pas devin. On verra.

          • Digger 15 juin 2011 19:20

            « Depuis la crise de 2008, la Fed fait le contraire et est devenue le principal détenteur de dette américaine »

            Vous avez raison. La faillite oblige la Fed à jouer enfin le rôle d’une banque centrale. C’est à crever de rire.


          • Mor Aucon Moraucon 15 juin 2011 20:41

            et bien allez-y, ne vous gênez pas. Mais tout seul, moi je reste en vie. Ça m’intéresse encore un peu, ce cinéma.


          • Mor Aucon Moraucon 15 juin 2011 20:49

            Vous confondez. Le rôle d’une banque centrale n’est pas détenir un énorme morceau de la dette. C’est justement la spirale folle où se sont mis les USA pour créer de la masse monétaire. J’en conclue que vous n’avez pas lu le lien vers l’article de la Tribune, posté plus haut, où c’est expliqué. Vous devriez, c’est important.


          • Digger 15 juin 2011 23:43

            Les banques centrales ont des rôles différents selon les pays et les époques. Vous vous référez à une conception américaine et libérale du rôle de la banque centrale.

            Moi je me réfère à ceci : http://www.gaullisme.fr/2011/05/12/larnaque-de-la-dette/


          • Mor Aucon Moraucon 16 juin 2011 02:28

            Justement, l’autonomie d’une banque centrale est vitale pour que le gouvernement ne puisse pas mettre pas la main dans la caisse ou faire tourner la planche à billet. Autonome ne veut pas dire incontrôlée. Les audits sont là pour ça. Mais la banque centrale doit avoir le pouvoir de résister aux intentions démagogiques qu’ont souvent et même toujours, les politiques en place au pouvoir.


            Le problème de la Fed est particulier aux USA parce que son système est particulier. En haut il est plus ou moins comme une banque centrale européenne, les premiers à en avoir créé. Le Président et le congrès nomment les gouverneurs de la Fed. Mais au niveau des régions, le contrôle est difficile voire impossible dans le cas de certaines opérations. Les banquiers des régions ( ce ne sont pas des provinciaux, la Fed de NY est énorme, par exemple ) font des magouilles infectes ( prêts hypothécaires aux NINJAS, dans le cas de la crise de 2008 ), les cachent grâce aux mécanismes de constitution des actifs, qui deviennent pourris et sont lancés dans le circuit financier. Ils ne vont pas se dénoncer eux mêmes, donc ça passe jusqu’à ce que la bulle éclate. 

            La Fed est contrôlée et contrôle à son tour, mais ce contrôle a tellement de manières d’être déjoué qu’il arrive ce qui arrive, la catastrophe. Comme les US ne peuvent pas mettre tout le monde en prison, un en prend pour tout le reste. Mais ils savent très bien qui sont les grands coupables, restés dehors.

          • Mor Aucon Moraucon 16 juin 2011 14:35

            Rappelons, au passage, que nous devons au grand Charles, par ailleurs très honnête avec les sous, la Constitution qui nous embête tant. On pouvait le croire sur parole, quand il disait que ce n’est pas à son âge, que l’on entreprend une carrière de dictateur. Mais, et ses successeurs ?

            D’autre part, honnête avec les sous, est une chose, intègre en est une autre. Pas mal, de divisés l’apprendront à leur dépens durant une époque malheureuse, où nous égorgions les uns aux autres. Mais ce n’est qu’un détail, les uns n’avaient qu’à se laver les pieds, les autres remballer leur honneur démodé, d’autres encore rester d’accord avec leurs frères. A la fin les valises ont gagné. Comprenne qui pourra, mais la note fut salée. D’ailleurs, on n’a toujours pas fini de la payer. 

          • Walid Haïdar 15 juin 2011 22:56

            @ mor aucon et plancher des vaches, au sujet des 9000 milliards :



            une invitation à creuser le sujet pour les motivés et éviter les raccourcis pour tous.

            • plancherDesVaches 15 juin 2011 23:24

              "Une situation qui a permis au républicain libertaire Ron Paul (71 ans), ennemi juré de la Réserve Fédérale, de revenir sur le devant de la scène avec une proposition d’amendement permettant au Congrès d’auditer la FED. Position redevenue très tendance ces derniers mois.
              « Ce que je veux, c’est savoir ce qu’ils font », tonnait récemment le grand pourfendeur de l’interventionnisme et du fédéralisme. "Ils peuvent créer de l’argent à partir de rien, font des promesses et donnent des garanties à des entités privées, des banquiers internationaux, d’autres gouvernements et d’autres banques centrales. Nous avons le droit de savoir exactement ce qu’ils font« . »

              Mince... J’avais raison... smiley


            • Walid Haïdar 16 juin 2011 00:01

              vous citez un revendication de Ron Paul, qui défend votre position, pour prouver que vous avez raison ?


              Je pense aussi que le contrôle public sur la FED est une vaste plaisanterie de fait (quoiqu’en dise la théorie).

              Mais sur les 9000 milliards que vous évoquiez, je ne dis pas que c’est du vent, je dis que c’est moins simple que ce que suggérait votre affirmation péremptoire.

            • Mor Aucon Moraucon 16 juin 2011 00:23

              Savez-vous ce que veux dire chez eux, pourfendeur de l’interventionnisme ?


              Ça veut dire, buffet libre, on se sert tout seul et quand on veut. Et revoilà Ron Paul ultra-libertaire, mais à l’américaine ce qui n’a rien à voir avec ce que l’on entend en Europe par libertaire. Ce sont des anarco-capitalistes, c’est le fric qui est libre. Les gens qui n’en ont pas peuvent circuler et ne pas jouer les empêcheurs de tourner en rond. Comme ils prônent que l’unique raison de l’État est la défense de la propriété privée, pas de problème, on envoie la police à ceux qui ne marchent pas dans la combine. C’est ça pourfendeur de l’interventionnisme. De l’interventionnisme de l’état dans les affaires, donc évidemment, ils ne veulent de la Fed ni en peinture. Alors, la Fed est déjà beaucoup trop impuissante à contrôler les requins et voila que la solution serait qu’elle disparaisse. Une économie sans banque centrale, quel délice. On fait ce qu’on veut, quand on veut, avec ce qu’on veut tant qu’on a de l’argent.
               
              C’est ça ce que vous voulez ? Dites-le moi clairement que j’arrête de vous embêter avec des idioties comme la conscience sociale. 

              Ceci dit vous n’avez pas non plus raison. Ces gens-là mentent comme des arracheurs de dents. Je vais chercher d’où sort cette salade. Greespan n’a pas de sous-domaine de house.gov. Dommage pour l’article qui pérore ce n’est pas un fake, comme par hasard. Ils se vendent tout seuls tellement ils sont bêtes les conspiranoïaques. Voila ce que j’en pense de votre scoop des 9000 Milliards de dolars au soleil avec Dewaère à la plage.

              Pauvre monde !

            • Mor Aucon Moraucon 16 juin 2011 00:33

              Walid, ce qu’il y a au-dessus ne vous était pas adressé. Vous auriez pu m’avertir que c’était un piège votre lien. D’autre part je n’ai jamais défendu que la Fed est peinte en rose. Au contraire et je le répète : ce qui se dénonce doit être des réel, et non pas des paranoïas idiotes et malintentionnées. Regardez comme ça marche bien les manipulations zeigeistienne. Les héros de la liberté ont le cerveau bouffé par les requins.

              Allez hop, moinssez-moi de dix en dix qu’on en finisse. C’est à en pleurer et même pas de rire. 

            • Mor Aucon Moraucon 16 juin 2011 14:20

              Et ? Qu’en déduit votre puissante pensée, sous votre couvre-chef protégée ? 

              Willy n’aurait pas dû, il en est confondu, au fond de son trou du c...

              • Mor Aucon Moraucon 16 juin 2011 17:36

                Mais non, il est vachement moins que nul, regardez-en le score. Alors, merci d’avoir rétabli l’égalité.


              • Mor Aucon Moraucon 17 juin 2011 15:56

                Bon, ça y est, vous avez découvert les grands problèmes du monde, ô combattants de la pauvreté ? Ils ne sont pas clairs avec vous, les pauvres. Je doute fort qu’il n’y en ait plus qu’aucun parmi vous. Et vous avez le culot d’appeler les gens idiots utiles...


                • France libre 13 août 2011 13:34

                  @tous les intervenants
                  Ce « Mor Aucon » est un troll qui vient ici faire son job.
                  Tous ses arguments sont spécieux ou mensongers.
                  Il ne répond jamais aux objections sur le fond : il s’en tire toujours par des affirmations péremptoires ou par des pirouettes visant à tourner son contradicteur en dérision sans lui répondre.

                  J’ai coincer ce « Mor Aucon » sur un autre article.
                  Tous les lecteurs devraient aller regarder le passionnant fil de discussion avec cet individu pour voir comment, de message en message il a fini par se dévoiler : http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/le-chateau-de-cartes-s-effondre-la-98836

                  Je l’ai donc démasqué et cela l’a fait déguerpir comme un cafard sur lequel on jette un coup de projecteur. « Mor Aucon » est un troll qui reçoit très probablement un peu de tune d’une officine proche des services US. Son taf, c’est d’écumer les tchats pour dire que la France est une grosse merde nationaliste et impérialiste, et pour vanter les charmes de l’UE-USA. Par exemple, il vient ici de consacrer son premier article à faire de la pub pour la FED !

                  L’ambassade US est en ce moment en train de mettre le paquet pour faire de la propagande dans les banlieues françaises et sur les tchats en ligne. Nous y voici.

                  En tout cas aucun d’entre nous ne doit le lâcher. Il va probablement changer de pseudo parce que, sinon il nous retrouvera dans ses pattes à chaque fois. Mais, même sous un autre pseudo, nous finirons tous par le repérer car son sale boulot ne peut pas passer inaperçu.

                  Ce type est un Ganelon, un traître à son propre pays.


                  • Mor Aucon Mor Aucon 13 août 2011 16:44

                    Euh, France libre, allez-vous bien ?


                  • gorgonzola 13 août 2011 15:15

                    Si vous voulez lire de la vrai info sur la FED, je vous conseille plutôt ce livre qui est maintenant traduit en français : Les secrets de la Réserve Fédérale
                    Une vraie enquête qui se lit comme un roman et le travail de plusieurs années pour son auteur.


                    • Mor Aucon Mor Aucon 13 août 2011 16:42

                      Eustace Mullins est un illuminé. J’ai déjà longuement expliqué pourquoi. Si vous ne faites que gober ses sornettes, vous en êtes un autre.


                    • gorgonzola 13 août 2011 18:54

                      Vous l’avez expliqué ? ah bon où ça ?


                    • Mor Aucon Mor Aucon 13 août 2011 19:48

                      Il y a une partie dans l’article et une autre dans les sempiternelles bagarres entablées avec les défenseurs du libertarianisme américain qui pullulent ici. Ne faites pas l’innocent, vous ressemblez furieusement à tous ces illuminés qui se laissent berner par le préfixe « liber ». Larouche, par exemple, adore Mullins. Sarah Pallin, aussi. Et Michelle Bachmann et Ron Paul, etc...


                      • gorgonzola 14 août 2011 01:54

                        Sarah Pallin et Ron Paul des illuminés ?! Ok passons. Concernant Mullins son ouvrage est surtout une collection de constats factuels, appuyés par un véritable dictionnaire des citations et des biographies. En ce sens, les critiques contre Mullins doiventt forcément porter sur les faits prioritairement. Le style et l’éventuel antisémitisme de l’auteur importent peu : la question est de savoir si les faits qu’il rapporte sont vrais ou faux. D’ailleurs au sujet de l’antisémitisme présumé de cet ouvrage, attendu que le mot « juif » s’y trouve 4 fois sur 430 pages... je vous laisse tous le monde tirer leur conclusion.

                        Je n’ai rien d’autre à ajouter, le reste a déjà été dit. Ah si, je n’aime pas Larouche.


                        • Mor Aucon Mor Aucon 14 août 2011 02:21

                          Oui tous ceux que j’ai cité sont des illuminés et de plus, dangereux et malhonnêtes. Quant à l’antisémitisme de Mullins, je m’en contrefous. Ça ne le définit que comme un misérable, c’est son problème. Je veux parler de son postulat qui est que la Fed de New York serait depuis sa création entre les mains de banques étrangères ce qui leur permettraient de dicter la politique monétaire des Etats-Unis. Personne n’a à prouver que c’est faux tant qu’il ne se daigne pas à prouver quoi que ce soit sinon à aligner des noms qu’il sort de son chapeau. Pourtant, il est facile de voir rien qu’avec les noms qu’il donne ( la liste est dans l’article ) que ce n’est que du délire. Alors débrouillez-vous.

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