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Grèce, une semaine historique

Cette semaine qui s'ouvre comme en forme de signe par un jour férié sera décisive pour la Grèce, l'euro et l'Union Européenne. Non que j'anticipe obligatoirement une sortie d'Athènes de l'UE, un éclatement de l'euro ou un effondrement des marchés dans les quelques jours à venir mais une « histoire » devrait commencer à s'imposer.

De quelle histoire s'agit-il ?

De celle qui émergera entre les 2 qui s'affrontent et dont nous attribuerons la paternité médiatique à d'un côté Alexis Tsipras, leader de Syriza (Gauche radicale) et de l'autre, la maternité – galanterie oblige - à Christine Lagarde, directrice générale du FMI.

Que disent ces histoires ?

Pour Christine Lagarde, que les Grecs sont les premiers responsables de leur situation et que la voie du rétablissement passe notamment par le fait qu'ils payent leurs impôts (Selon l'interview qu'elle a donné au Gardian « Its payback time ; don't expect sympathy »), l'ancienne Ministre française de l’Économie rajoutant que le sort des enfants africains la préoccupait plus que celui des Grecs.

Pour Alexis Tsipras, le plan de rigueur conjointement élaboré par le FMI et l'Union Européenne pour débloquer les dizaines de milliards dont la Grèce a besoin pour faire face à ses échéances doit tout simplement être annulé, parce qu'il rend la vie de ces concitoyens insupportable.

Résumons ces positions antagonistes autrement, Alexis Tsipras fait porter la responsabilité de la situation grecque aux banques et au système financier international pendant que Christine Lagarde pointe le laxisme et l'impéritie du peuple et des autorités grecques.

Une semaine cruciale ?

La Grèce va-t-elle quitter la zone Euro ? La Grèce doit-elle quitter la zone Euro ? Même si à première lecture, la différence entre ces 2 questions ne saute pas aux yeux, ce seul verbe résume l'immense défi qu'ont à relever les responsables politiques, grands argentiers et autres communicants.

Pourquoi la situation grecque impacte-t-elle autant les marchés ?

Question centrale puisque beaucoup de personnes ne parviennent pas à comprendre comment les difficultés d'un pays qui représente moins de 2% du PIB de l'Union Européenne peuvent à ce point déstabiliser l'ensemble du système financier mondial.

C'est que la Grèce va donner le ton, les pays vont-ils continuer à courir, les yeux fermés, sur le bord de l'abîme de leurs dettes ? Multipliant les instruments de bourse qui opacifient chaque fois davantage la mécanique, mutualisant de plus en plus les milliers de milliards à rembourser afin de donner l'impression qu'en partageant la charge, elle serait individuellement moins lourde.

Quelle est la dette de la seule zone euro ?

Elle est passée de 6'481milliards en 2008 à 8'215 milliards en 2011, ces chiffres ne vous disent rien ? Comparons-les alors au PIB de cette même zone euro, le PIB étant en quelque sort le « chiffre d'affaire » de l'Union Européenne.

Dettes = 8'215 milliards, PIB = 9'419 milliards...

Les dettes de la zone euro représentaient à fin 2011 87,2% de son PIB !

Qui de l'avenir ?

Cette chronique a pour seul but d'encourager tout un chacun à adopter une vision élargie et personnelle sur les soubresauts qui agitent l'économie mondiale depuis la crise des subprimes en 2007 et la symbolique faillite de la banque américaine Lehman Brothers en 2008.

Il est fondamental que le citoyen s'empare de ce sujet et cesse de considérer que « tout ceci nous dépasse », nous sommes tous acteurs de notre devenir. Assumons ce rôle pour que demain ressemble à la vision que nous en avons.

Que voyons-nous, qu'en pensons-nous et qu'en faisons-nous ?




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Les réactions les plus appréciées

  • Par vincem13 (---.---.---.210) 28 mai 2012 12:09

    Les propos de Lagarde sont une hypocrisie intellectuelle pure ! Se servir des enfants africains pour dédouaner les banques de leurs responsabilités et faire porter le seul chapeau aux grecs... comme si Lagarde et le FMI se préoccupaient de la faim en Afrique... LOL


    Les grecs, comme beaucoup d’autres peuples d’Europe ou d’ailleurs, devraient dire « merde » à leurs créanciers, et sans doute sortir de l’Euro, car si rester dans l’Euro signifie déconstruire tous les avantages gagnés auparavant... où est l’intérêt. Où est l’intérêt de continuer dans un système où ils donneront toute la richesse produite aux banques privées ?

     
  • Par ROBERT GIL (---.---.---.191) 28 mai 2012 10:11

    La partie qui se joue actuellement en Europe est digne de figurer dans les annales du poker, et le coup de la Grèce semble être la carte-maîtresse qui donnera au « vainqueur » d’après ce grand coup de bluff un sérieux avantage pour la suite du jeu. En effet avec la rumeur concernant les travaux de l’Eurogroupe sur une sortie possible de la Grèce de la Zone Euro et la tenue d’une réunion « informelle » des dirigeants européens, les marchés espèrent à travers ce « coup de poker » faire « se coucher » son adversaire, la démocratie............
    Voir :
    http://2ccr.unblog.fr/2012/05/28/grece-le-coup-de-poker-des-marches/

  • Par vincem13 (---.---.---.210) 28 mai 2012 12:12

    Le seul mot de « démocratie » que vous employez est déjà à proprement parler faux dans le cas des pays européens. Ce n’est pas le peuple qui fait ses lois, il est juste bon à élire ceux qui font des lois pour plaire aux plus puissants. Le système démocratique est déjà mort, depuis plus d’un demi-siècle en France.

  • Par cliquet (---.---.---.148) 28 mai 2012 11:23

    La soi-disant crise de l’euro n’est en fait qu’un phénomène purement mécanique lié à sa rigidité.
    On peut même ajouter qu’il a probablement été créé pour cela, car, d’aprés la pensée officielle ( élaborée par les « think tanks » libéralistes de l’école Friedmanienne, financée par le systéme bancaire international qu’on appelle « les marché » et diffusée « ad nauséam » par des relais d’opinion membres ou invités de ces mêmes think tanks) il faut, pour sortir de la crise, réaliser tout de suite l’état fédéral européen. Rappelons quand même le thème de la réunion de Kyoto de la Commission Trilatérale :"« Le système démocratique des Etats est-il compatible avec le développement de la mondialisation ? » La réponse a été naturellement « non ». Car c’est bien le véritable enjeu cette crise apparente. Pour que les marchés puissent régner sans partage, la démocratie doit disparaitre. Le système démocratique est , par nature, égalitaire et redistributif. Il a permis l’émergence d’une classe moyenne qui, par ses impôts, a permis de financer un système social entièrement sur des fonds publics qui échappe donc aux banques privées. Le fédéralisme, par les transferts de souveraineté qu’il implique, est, de fait, incompatible avec le maintien de nos démocraties et la Grèce constitue l’exemple type ce cette incompatibilité.

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